AccueilAccueil  Discord  RechercherRechercher  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Le deal à ne pas rater :
Amazon Music Unlimited offert pendant 3 mois
Voir le deal


 

 Way down we go



Kaniel Castellan
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Way down we go  W98Cvs

Ancien métier : Journaliste, Envoyé-Spécial du Gouvernement.
Statut civil : Célibataire.
Lieu de naissance : Kelowna.

Messages : 97
Inscription : 10/12/2018
Crédits : signy
Célébrité : Jon Bernthal

Way down we go  X0TurS60 / 500 / 50Way down we go  BR2xH0t

Way down we go  DQEbQJ20 / 500 / 50Way down we go  GxoDpmC

Way down we go  Hu1erU70 / 500 / 50Way down we go  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Way down we go  Empty
08.02.19 13:04
Le taxi est arrêté de l’autre côté de la rue, depuis une dizaine de minutes déjà. Le conducteur avait voulu partir directement après s’être arrêté, mais Kaniel avait réussi à gagner du temps en disant qu’il fallait laisser tourner le compteur, qu’il payerait l’attente comme si le taxi avait réellement roulé. Et il était alors resté assis là, à regarder la maison d’en face comme s’il ne la connaissait pas, comme s’il y était complètement étranger. Mais son coeur bat à l’intérieur de cette dernière, comme il bat aussi fort au fond de sa poitrine. Kaniel, il a bien plus peur d’avancer vers la bâtisse, qu’il avait peur en mission. Parce que pour lui, et sa façon de voir les choses, sa vrai vie se trouve ici. Même s’il en a été éloigné pendant si longtemps, c’est comme si son métier n’était qu’une bulle aux yeux du plus important. Malheureusement pour Kaniel, sa famille ne le voit pas de la même manière. Pour eux, il a quitter sa famille à qui il ne tenait pas pour vivre sa véritable vie.

“ - Il faudrait descendre, maintenant.” Reprend l’homme qui fume grossièrement sa cigarette, après avoir baissé le son de la radio. “ C’est pas que j’veux pas gagner ma journée, mais ça servira à rien d’rester là mon gars. Soit tu rentres, soit tu repars d’où tu viens. ”

Un conseil cru, sec, sorti de nul part, qui fait tourner la tête de Kaniel, pour qu’il pose son regard sur l’homme devant lui à travers le miroir qui se situe à l’avant. Il parle avec tant de familiarité alors qu’ils ne se connaissent même pas. Mais n’est-ce pas ce qui fait que ce conseil est le plus important de tous ? Le chauffeur de taxi ne fait que dire une vérité que Kaniel avait besoin d’entendre. Cela ne sert à rien de rester planté là, à attendre, pour finalement s’en aller. Il aurait alors mieux fait de rester là où il était. Là où on le croyait mort. Les faux papiers qu’il a dans son sac de sport sont tout ce qu’il lui a fallu pour entrer dans le pays. Sauf qu’une fois qu’il aura frappé à cette porte, la fausse identité ne tiendra plus.

Le journaliste a dit au fumeur de garder la monnaie, sans rien dire de plus avant de quitter le véhicule en emportant son sac avec lui. La portière claque et le taxi s’éloigne. Kaniel, il aurait voulu dire plus, au moins remercier le mec du conseil et d’avoir perdu du temps comme ça à rien faire. Mais il est resté muet, comme d’habitude. Une capuche sombre cachant son visage des maigres rayons du soleil. Une barbe de quelques jours qu’il n’a pas prit le temps de raser, et ce sac transportant le strict nécessaire ainsi que ses caméras et enregistrements. Voilà comment il remonte la petite allée qui l’engage vers la porte d’entrée.

La distance qui le sépare du bois de la porte semble s’allonger à chaque fois qu’il fait un pas. Son coeur palpite aussi vite que s’il courait encore dans la jungle. Mais tout ce qu’il veut voir derrière cette porte, cette dernière chose qui le sépare de sa famille, c’est le visage ridé mais plein d’amour de sa mère. Ses bras tendus vers lui pour l’agripper de ses petits doigts frêles et tordus à cause de toutes ces années vécues sur terre. Kaniel n’imagine pas une seule seconde que sa mère ait pu disparaître de ce monde, pendant son absence. Il n’imagine pas la claque que la réalité va lui mettre d’ici quelques secondes, alors qu’il lève la main pour cogner sûr cette lourde porte en bois. Mais malheureusement, elle disparaît avant qu’il n’ait eu le temps de la toucher, car quelqu’un semble l’ouvrir au même moment. Les retrouvailles avec quiconque ouvre cette fichue porte seront plus rapides que prévu.
Revenir en haut Aller en bas

Charlie Castellan
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Way down we go  Tumblr_p88pfj5YVg1tpauoco4_250

Ancien métier : Concessionnaire automobile
Occupation : Mécano + expédition
Statut civil : Marié
Lieu de naissance : Kelowna

Messages : 151
Inscription : 04/02/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Ben Barnes

Way down we go  X0TurS619 / 5019 / 50Way down we go  BR2xH0t

Way down we go  DQEbQJ232 / 5032 / 50Way down we go  GxoDpmC

Way down we go  Hu1erU720 / 5020 / 50Way down we go  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Way down we go  Empty
01.03.19 6:33
Le retour d'un fantôme

   Les frères castellan

   



   La lumière blafarde de l'écran de télévision contrastait avec les lumières du salon qui brillaient de mille feux dans la pièce. Tout le monde était scotché devant les dernières nouvelles qui n'étaient guère rassurantes. Des morts qui revenaient à la vie... en entendant ça pour la toute première fois, Charlie n'avait pu s'empêcher de ricaner en se demandant ce que le journaliste avait fumé ou depuis quand est-ce que la chaine d'info passait des conneries pareilles. Etait-ce une manière originale de promouvoir un nouveau film d'horreur ? Et puis très rapidement le doute ne fut plus permis. Il fut question de virus, de guerre bactériologique... Mais tout cela semblait si loin d'eux... Ce qui se passait en Turquie ne risquait pas d'arriver jusqu'ici, c'était un peu comme voir les bombardements qui avaient lieux dans les pays du Moyen-Orient, c’était triste mais tellement habituelle, qu’il n’y prêtait même plus attention, après tout, ça ne les concernait en rien. Pourtant cette fois les choses étaient différentes. Etait-ce parce que Lesli avait perdu la vie là-bas en faisant son devoir ? Ou parce que des mort avaient été aperçu en Europe, en Australie et même ici, chez eux sur le continent nord-américain. Le gouvernement prenait les mesures nécessaires pour endiguer la propagation de cette pandémie et les nouvelles se voulaient rassurantes mais comme tout le monde, Charlie espérait simplement voir cette sombre histoire se terminer au plus tôt afin de laisser tout ceci derrière eux au plus vite afin qu'ils puissent reprendre à nouveau le court de leurs vies.

Assis dans son fauteuil, son père regardait l'écran de télévision où des images d'une rare violence étaient retransmises. On y montrait des scènes de carnages et de pillages, des magasins pris d'assauts, des voitures qui prenaient feux et l'armée qui tentait d'endiguer cette violence gratuite... une violence quotidienne inquiétante qui ne se passait plus dans un pays étranger en voie de développement mais dans des pays riches comme les Etats-Unis. Alice était assise aux côtés de sa sœur près de leur père, lui se tenait un peu plus en retrait, comme s’il veillait sur ces personnes qui lui étaient chers. Contrairement aux autres, ce n'était pas l'écran de télévision sur lequel ses yeux étaient rivés mais sur les photos de familles qui étaient encadrées et posées sur le rebord de la cheminée où des visages souriants le fixait. On avait l'impression de ne pas changer mais finalement les photos étaient là pour vous prouver le contraire et vous dévoiler que les années passaient et laissaient des traces, inexorablement. Sa famille avait pleuré la perte de deux de ses membres en très peu de temps. Leur mère tout d'abord avait laissé derrière elle un vide immense, un vide que son père peinait à surmonter mais comment le lui reprocher ? Charlie ne doutait pas que s’il devait se retrouver à sa place, il éprouverait exactement le même sentiment, il serait tout aussi égaré, apathique et vide. Depuis le départ de leur mère, cette maison était devenu un véritable musée à sa mémoire, rien n'avait changé de place, toutes ses affaires étaient toujours là où elle les avait laissé, si bien que Charlie avait constamment l'impression qu'elle n'allait pas tarder à surgir de l'une des nombreuses pièces de la maison d'un moment à l'autre.
Quand à Kaniel, le rapport que Charlie avait avec sa disparition était très différent. C'était son frère et il l'avait aimé bien sûr, mais il n'était pas suffisamment proche de lui pour ressentir le même vide, la même peine, que celle que la disparition de leur mère avait laissé. En choisissant cette voie qu'avait été la sienne, c'était un peu comme si Kaniel avait délibérément précipité cette fin inéluctable qui les attendait tous. Il avait toujours vécu sa vie de manière égoïste, sans se soucier des autres, seules les femmes de leur famille avait assez de générosité pour lui pardonner ses sempiternelles écarts, mais à présent qu'il n'était plus là, Charlie regrettait que leurs différences les ai autant éloignés.

- Je vais sortir le chien, fit-il en se dirigeant vers le couloir tout en sifflant et en tapant sur sa cuisse

Le labrador qui avait immédiatement compris ce dont il s'agissait l'avait aussitôt rejoint en faisant la fête. Enfilant son blouson il attrapa la laisse et ouvrit la porte. La porte c'était à peine entrouverte que l'animal s'était précipité vers l'extérieur sans pour autant aller bien loin et pour cause...
En ouvrant la porte, Charlie réalisa que quelqu'un se tenait là, et s'il avait pu s'agir de n'importe qui, jamais, au grand jamais il n'aurait imaginé une seule seconde que ce fantôme du passé pour lequel il venait d’avoir une pensée, puisse un jour revenir d'entre les morts.
Interdit, Charlie observa l'homme aux traits marqués qui se tenait devant lui. Etait-il entrain de faire un cauchemar ?

- Kaniel.... lâcha-t-il finalement d'une vois éteinte, avant de réaliser qu'il ne rêvait pas et qu'il s'agissait bien de son frère qu'ils croyaient tous mort, qui se tenait devant lui.

Sans attendre davantage, les bras de Charlie vinrent étreindre son frère. Vivant, il était toujours vivant !

- Mais... comment ? On nous avait dit... murmura-t-il tout en le relâchant

On leur avait dit qu'il n'avait pas survécu et pourtant il se tenait bel et bien là, devant lui, en chair et en os, et en forme. Se reculant afin de permettre à Kaniel d'entrer il referma la porte derrière lui tandis que leur soeur attiré par les échanges s'était approchée pour venir voir par elle-même qui leur rendait visite

- Charlie avec qui tu parles ? Oh mon dieu !!!

Son exclamation lui avait fait lâcher le plateau qu'elle tenait en main attirant définitivement l'intention des autres membres de cette famille qui n'avaient pas encore pris conscience qu'un miracle venait de se produire



   
   
   

_________________
Way down we go  ODXVW7d
Revenir en haut Aller en bas

Kaniel Castellan
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Way down we go  W98Cvs

Ancien métier : Journaliste, Envoyé-Spécial du Gouvernement.
Statut civil : Célibataire.
Lieu de naissance : Kelowna.

Messages : 97
Inscription : 10/12/2018
Crédits : signy
Célébrité : Jon Bernthal

Way down we go  X0TurS60 / 500 / 50Way down we go  BR2xH0t

Way down we go  DQEbQJ20 / 500 / 50Way down we go  GxoDpmC

Way down we go  Hu1erU70 / 500 / 50Way down we go  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Way down we go  Empty
21.03.19 11:07
La porte s’ouvre et tout ce que Kaniel a le temps de voir, c’est ce chien de famille qui passe l'ouverture de la porte, et qui s’engouffre vers lui avec un tel bonheur qu’il remue son train arrière dans tous les sens. Sa queue bat le vent, même encore alors qu’il s’est levé sûr ses deux pattes arrière pour être plus grand et sauter sur le torse de Kaniel. Le sac de ce dernier tombe à terre lourdement, mais les quelques vêtements qui se trouvent à l’intérieur amortissent le choc et laisse le matériel électronique en sécurité. Tant bien que le militaire n’y fait pas attention, alors qu’il se contente de récupérer le chien à l’aide de ses mains pour que le choc ne soit pas trop violent. Malgré l’excitation de l’animal, Kaniel parvient à le faire reposer ses deux pattes au sol, et alors qu’il se baisse pour poser un genoux à terre, l’aîné des Castellan passe pour la première fois depuis des années sa main dans les poils de ce chien qu’il a vu grandir, vieillir, autant que lui-même avait pu le faire. Le chien est heureux, ça se voit, il aboie une fois de plaisir tellement les papouilles de Kaniel lui font plaisir.

“ - Kaniel…”

Un simple soupire, une intonation, une voix si familière se fait entendre. C’est alors que Kaniel arrête de caresser le chien, qu’il arrête de sourire pour tourner la tête vers la porte toujours ouverte, qui laisse voir la silhouette de Charlie en son centre. Un frère perplexe, perdu, ces expressions se voient sur son visage. Toujours aussi jeune, bien que malgré tout marqué par quelques rides qui montrent à quel point il a grandit. En une fraction de seconde le voilà debout, et après ce geste, ceux sont les bras de son frère qui viennent le prendre. Le serrer fort, et immédiatement, les bras de Kaniel font le tour du plus jeune pour partager cette accolade tant attendue, et pourtant si redoutée.

“ - Mais... comment ? On nous avait dit..”
“ - Je sais, je sais…” Souffle-t-il en ayant toujours son oreille collée à celle de Charlie. “ J’ai vu ça sur le web…” C’est tout ce qu’il a à dire sur le sujet, pour l’instant. Officiellement, Kaniel, il est toujours porté disparu, présumé mort par les autorités et le gouvernement canadien. “ Mais je suis là, maintenant.”

Il se retrouve enfin à l’intérieur de cette maison, le chien laissé dehors pour profiter du jardin et surtout, qu’il se calme avant de revenir à l’intérieur. Kaniel avait récupéré son sac et l’avait posé juste à côté de l’entrée, de façon à ce que personne ne se prenne les pieds dedans, puis, il s’était redressé en sursaut à cause du fracas du plateau qui tombe à terre. L’homme a tout juste le temps de se redresser avant d’être percuté par tout le poids de cette petite soeur -qui a pourtant bien grandit aussi, qui se jette sûr le plus âgé avec une force dont il n’aurait pas pensé qu’elle use un jour. Mais il la récupère, et ils se serrent tous les deux dans un de ces câlins qui lui avaient tant manqué. Il la sent pleurer de bonheur aux larmes qui coulent dans son cou, mais il la repose bien vite à terre pour la laisser reprendre ses esprits. Elle est déjà en train de poser les mêmes questions que Charlie -preuve qu’ils ont bel et bien été élevés ensemble, mais Kaniel lui répond la même chose, à quelques trucs près. Là, debout dans l’entrée, il ne veut pas s’éterniser sûr les détails. Et après tout, que pourrait-il bien leur raconter ? Qu’il a vu la guerre, et qu’il a connu l’enfer ? Ils doivent déjà le savoir, avec tout ce qui s’est passé depuis. Et puis, Kaniel, il ne pourrait pas raconter ce qu’il s’est passé. Comment parler de ce qu’il a vu, alors que lui-même est incapable de le comprendre réellement ? Ses enregistrements sont bien là, pourtant, pour le prouver.

Si Alice n’est pas encore là -parce qu’elle était occupée à l’étage, c’est la silhouette du père de famille qui fait son entrée dans la petite pièce, sans qu’ils n’aient eu le temps de la quitter. Puis, un silence lourd s’impose, ou même la plus jeune a stoppé son enthousiasme pour attendre la réaction du patriarche. Réaction qui ne tarde pas à surgir. S’il était resté là, interdit, sans un mot, il avait regardé son fils avec un regard noir. S’il avait eu des balles à la place des yeux, Kaniel serait mort fusillé sur place. Mais tout ce que le plus vieux de la famille trouve à faire, c’est de tourner les talons pour quitter l’entrée et passer par la porte arrière de la maison pour aller dans le jardin. Il s’éloigne, s’enfuit, parce qu’au fond il n’accepte pas d’avoir perdu sa femme et de voir le pire de ses enfants revenir à la vie.

“ - Où est maman ?” Finit-il par demander en regardant Charlie, et sa soeur, tour à tour. Surpris de ne pas la voir déjà là, il commence à s’avancer dans la maison pour la chercher. " Maman ?"
Revenir en haut Aller en bas

Charlie Castellan
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Way down we go  Tumblr_p88pfj5YVg1tpauoco4_250

Ancien métier : Concessionnaire automobile
Occupation : Mécano + expédition
Statut civil : Marié
Lieu de naissance : Kelowna

Messages : 151
Inscription : 04/02/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Ben Barnes

Way down we go  X0TurS619 / 5019 / 50Way down we go  BR2xH0t

Way down we go  DQEbQJ232 / 5032 / 50Way down we go  GxoDpmC

Way down we go  Hu1erU720 / 5020 / 50Way down we go  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Way down we go  Empty
07.06.19 14:56
Le retour d'un fantôme

  Les frères castellan

 



 (Comme Romane ne nous a pas rejoint, je poursuis, mais n'hésites surtout pas à intervenir quand tu veux si tu souhaites toujours nous rejoindre petite soeur ^_<)


Charlie aurait été bien incapable de décrire en cet instant la tempête de sentiments qui l'habitait et qui faisait actuellement rage en lui, telle une mer déchainée que rien ne pouvait arrêter. Lorsqu'on lui avait annoncé la mort de Kaniel, Charlie en avait été touché, mais il n'en n'avait pas pour autant été bouleversé. On admirait sa force et son courage de parvenir à refouler son chagrin de la sorte, d'être l'homme fort sur lequel chacun des membres de sa famille pouvaient s'appuyer mais la vérité était qu'il ne partageait pas leur peine. Kaniel et lui avaient toujours eut une relation complexe, ils ne se haïssaient pas mais ils n'étaient pas proches pour autant. S'ils n'avaient pas été de la même famille, s'ils ne partageaient pas le même sang, il ne faisait aucun doute qu'ils ne se seraient jamais fréquentés. Dire qu'il n'avait pas affecté par l'annonce de sa mort serait un mensonge mais il ne l'avait guère été plus que s'il s'était s'agit d'un collègue de travail. Charlie s'en était voulu d'avoir réagit de la sorte, tout comme il regrettait de ne plus jamais avoir la possibilité de se rapprocher de celui qui avait toujours été comme une énigme pour lui. Ils avaient grandit ensemble et pourtant, il était comme un étranger...

Aujourd'hui, alors qu'il avait fait son deuil depuis bien longtemps, Kaniel revenait d'entre les morts. Dire qu'il était sous le choc était un euphémisme. Comment ? Pourquoi ? Que s'était-il passé ? Tant de questions se bousculaient dans sa tête pourtant cela n'avait finalement aucune espèce d'importance présentement, et à bien qu'il s'en étonna lui-même, il fut le premier à enlacer son frère dans une étreinte fraternelle. Pas parce qu'il le fallait, pas parce qu'il tenait à entretenir son image ou parce que c'est ce qu'on attendait de lui, mais parce qu'il en éprouvait réellement le besoin. Il avait besoin de s'assurer qu'il ne rêvait pas, il avait besoin de s'assurer que cette illusion beaucoup trop réelle pour en être une, n'était pas le fruit de son imagination. Quand il sentit les bras de Kaniel répondre à son étreinte maladroitement et sa voix résonner dans ses oreilles, une émotion, qu'il ne le croyait pas capable de provoquer chez lui, l'étreignit au point de lui faire monter les larmes aux yeux. Des larmes qu'il s'interdit toutefois de laisser couler.

Abrégeant cette accolade fraternelle qui ne leur ressemblait pourtant pas, mais qui n'en n'était pas moins sincère, ce fut autour de leur soeur de foncer sur le miraculé pour l'étreindre à son tour en laissant libre cours à ses émotions. En les observant, Charlie, réalisa que malgré toutes ses frasques, malgré l'incompréhension qui régnait entre lui et chacun des membres de cette famille, on pouvait clairement annoncé que le fils prodigue était de retour. Le fils préféré de leur défunte mère et le frère chérie de Romane. Aurait-elle réagit de la même manière si cela avait été lui qui franchissait cette porte ? La question s'était imposé à son esprit dès qu'il les avait vu s'enlacer devant lui, et presque aussitôt il regretta cette pensée emprunte de jalousie. Ne pouvait-il donc pas se réjouir tout simplement du retour de ce frère qu'ils pensaient tous perdu à jamais ? Chassant ces sentiments qui n'avaient pas leur place en cet instant, Charlie posa sa main sur le bras de son frère en lui souriant. La fratrie était à nouveau réuni, ils avaient une nouvelle chance de tout recommencer de zéro, c'était à eux de ne pas la gâcher.
Les retrouvailles furent interrompus par l'arrivée de pas lourds dans le couloir, tous trois se tournèrent de concert vers l'homme qui venait de faire son apparition dans le couloir de la maison et dont la seule présence parvint à jeter un froid glaciale lors de cette réunion pour le moins chaleureuse. Stoïque, les regards convergeant tous sur leur paternel, aucun d'entre eux ne bougea, retenant leur souffle en attendant la réaction de ce dernier. Allait-il fondre en larmes ? Serrer son fils dans ses bras ? Les deux hommes allaient-ils se demander mutuellement pardon ? Les minutes se transformèrent bien vite en heures dans l'esprit du concessionnaire, mais lorsque le couperet tomba, il en vint presque à regretter la fin de ce suspens insoutenable, car tant qu'il y avait du suspense, tant qu'ils ignoraient encore tous comment le vieil homme allait réagit, l'espoir était là, mais à présent, à présent il avait disparu comme un nuage de fumé. L'homme avait bifurqué pour s'en aller en direction du jardin avec autant d'indifférence que s'il s'était s'agit du facteur qui se tenait sur le pallier. Une réaction qui fit naitre un fort sentiment de déception chez chacun de ses trois enfants. Jetant un regard sur Kaniel et Romane, Charlie, partie à la suite de leur père pour tenter de le rejoindre

- Papa !!


Son fils s'en revenait d'entre les morts et c'était là tout ce qu'il était capable de dire ? N'éprouvait-il donc pas un peu de joie, de bonheur et de soulagement à la seule perspective de savoir que son fils ainé avait survécu ? Qu'il n'était pas mort comme tout le monde le croyait ? Lui non plus n'avait pas une relation très forte avec son frère ainé, mais il restait son frère
Alors que la main de Charlie s'apprêtait à ouvrir la porte que le patriarche venait de refermer derrière lui, l'homme suspendit son geste en entendant la question que venait de poser l'ex reporter. Soudainement immobile, comme paralysé, il se retourna légèrement, échangeant un regard lourd de sens, à la fois embarrassé et peiné avec sa soeur avant de se porter sur Kaniel qui, à l'expression de son visage, venait de comprendre qu'il se passait quelque chose de grave. Se retournant totalement, il revint sur ses pas pour plonger un regard navré sur son frère.

- Maman n'est plus. Elle nous a quitté trois mois après l'annonce de ta disparition


Kaniel le saurait s'il n'était pas parti à l'autre bout du monde. Charlie s'était retenu de justesse pour ne pas dire le fond de sa pensée. Il ne désirait pas l'accabler de reproche, surtout pas aujourd'hui, pas maintenant mais s'il ne s'était pas montré aussi égoïste en faisant passer ses besoins avant ceux de sa famille tout ceci ne serait pas arrivé. Où était-il quand leur mère le pleurait le soir en se rongeant les sangs pour lui qui était parti dans ce pays en guerre et où chaque jour il risquait sa vie ? Leur mère n'était plus réellement la même depuis son départ, même si elle tentait de cacher sa peine du mieux qu'elle le pouvait, personne n'était dupe. Où était Kaniel quand elle le réclamait sur son lit de mort ? Elle n'était pas parvenue à accepter la prétendue mort de son premier enfant et quoi qu'en dise les médecins, le chagrin l'avait tué. Elle n'avait pas supporté l'annonce de sa mort et s'était laissé mourir, souhaitant probablement le rejoindre... que dirait-elle si elle pouvait les voir ? Rien, elle sourirait probablement, heureuse de savoir que son fils préféré avait survécu, et ce même si cela avait du lui couter la vie à elle. Dans le fond, Kaniel était aussi égoïste qu'elle. Des gens les aimaient mais ils s'en fichaient

- Il est trop tard maintenant. Si tu veux la voir, elle est au cimetière...

Le regard noir que lui retourna sa soeur, l'obligea à se reprendre et à prendre un ton plus compatissant et à taire les reproches qu'il éprouvait à son égard à ce sujet.

- Elle t'a réclamé tu sais. Elle te pensait mort, pourtant elle espérait te voir, à croire qu'elle savait.... Je suis désolé

Il était sincèrement désolé d'avoir à lui annoncer une telle nouvelle le jour de son retour. Ce n'était pas ainsi qu'il aurait souhaité lui le apprendre, mais y avait-il seulement une bonne manière d'annoncer ce genre de chose ? Il en doutait. Tournant son regard en direction de la porte qui menait vers le jardin, Charlie poursuivit.

- Il ne s'en remet pas... laisse-lui un peu de temps, finit-il par rajouter en posant finalement ses yeux dans ceux de son frère
   
   
 

_________________
Way down we go  ODXVW7d
Revenir en haut Aller en bas

Kaniel Castellan
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Way down we go  W98Cvs

Ancien métier : Journaliste, Envoyé-Spécial du Gouvernement.
Statut civil : Célibataire.
Lieu de naissance : Kelowna.

Messages : 97
Inscription : 10/12/2018
Crédits : signy
Célébrité : Jon Bernthal

Way down we go  X0TurS60 / 500 / 50Way down we go  BR2xH0t

Way down we go  DQEbQJ20 / 500 / 50Way down we go  GxoDpmC

Way down we go  Hu1erU70 / 500 / 50Way down we go  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Way down we go  Empty
23.06.19 9:33
(puisque Romane n'est jamais venue, elle reste un pnj :oui:)

L’affreuse nouvelle tombe dans les oreilles de Kaniel, alors qu’il avait vu son frère partir à la suite de leur père. Il aurait cru qu’il allait se retrouver seule avec Romane pour avoir la réponse à sa question, pour le suivre dans la maison jusqu’à ce qu’il trouve sa mère assise quelque part parce qu’elle aurait du mal à bouger à cause de l’âge. Ce n’est pas la plus jeune de famille qui a donc le déshonneur de lui annoncer cette douloureuse nouvelle, mais ça ne veut pas dire qu’il n’est pas dans tous ses états aussi. Dans les yeux de Kaniel, on pourrait presque voir le cheminement de ses idées s’y refléter. Trois mois seulement après son violent kidnapping sa mère, cette femme forte et de caractère, est partie dans un monde où elle aurait aimé retrouver son fils. Trois mois, c’est tout ce qu’il aura fallu à son coeur pour dépérir, pour s’éteindre, parce qu’elle avait perdu l’étincelle de sa vie.

Comment Kaniel ne pourrait-il pas s’en vouloir, penser que tout est de sa faute ? Tout l’a toujours été, de toutes manières. Cette nouvelle explique un peu plus le comportement de ce paternel, l’envoyé spécial a détourné une nouvelle fois ses yeux vers la porte par laquelle son père s’était échappé. Il comprend, s’en veut lui-même, mais partage la même colère de sa personne que ce vieil homme qui ne supporte pas d’avoir perdu la moitié, le pilier de sa vie. Personne ne pourrait comprendre ce qui l’a poussé à choisir cette voie, à s’enfuir loin de sa ville natale. Lui seul sait que c’est pour sa famille. Pour son frère, pour sa soeur, et peut-être même un peu pour ce père sans amour. Parce que lui en était plein à l’époque, de cet amour dévastateur et puissant, envers cette femme portant déjà une alliance à son doigt. Il ne s’est pas choisi lui-même en partant, il a choisi les siens. Et même si personne ne peut le comprendre, il ne peut s’empêcher de se joindre à l’avis général ; si Kaniel n’était pas parti peut-être que sa mère serait toujours là. Peut-être qu’il ne ressentirait pas le regard de son frère comme un poids. Mais ce n’est pas l’image de l’amour qu’il porte à Alice, ni-même de la trahison qu’il a fait en partant pour le compte de l’état, qui le frappe de plein fouet. C’est l’image d’une pierre tombale, dans le cimetière de Kelowna, avec le nom de sa mère écrit en lettres dorées.

“ - Elle t'a réclamé tu sais. Elle te pensait mort, pourtant elle espérait te voir, à croire qu'elle savait.... Je suis désolé.”
“ - T’excuse pas mon frère…”

Il a besoin de le dire, Kaniel. Et il aurait presque voulu du regard, et des mots assassins de son frère. Il est pourtant soulagé d’être sauvé par Romane, dans le fond. Mais il se reproche à lui-même tout ce qu’il s’est passé à cause de la mort de sa mère. Cette femme n’aurait pas du partir. Pas par chagrin.

“ - Il ne s'en remet pas... laisse-lui un peu de temps.”
“ - Il ne le fera pas.” Souffle Kaniel, sans pour autant enlever son regard de son frère. “ Tu le sais aussi bien que moi. “
“ - Il le fera…” Reprend Romane, comme si elle voulait appuyer les dire de son frère. Peut-être que c’est parce qu’elle a toujours été la plus confiante de tous. “ on est une famille, on doit se serrer les coudes.” Elle a l’air confiante, tente de sourire à travers ses larmes.
“ - Il a raison de pas le faire, Romane.” Dit-il en se tournant vers sa jeune soeur. Mais ça ne l’empêche pas de dévier son regard sur Charlie de temps à autre, pendant qu’il parle, pour montrer qu’il s’adresse à tous les deux au même rythme. “ C’est de ma faute… il a raison de m’en vouloir, comme Charlie le fait aussi. Je m’en veux aussi, alors… tu devrais le faire aussi.”

Ses yeux étaient posés sur la plus jeune, lorsqu’il a dit ces mots. Il a une air compatissant, Kaniel, comme il en a toujours eu un avec elle. Mais il croit sincèrement à ce qu’il est en train de dire. Puis il regarde son frère, avec la même manière, parce qu’il ne lui en veut pas de lui en vouloir. Il sait aussi que ça ne change rien à l’amour, étrange, qu’ils peuvent se porter l’un à l’autre.

“ - Je suis prêt à porter ça. Pour vous, et pour lui aussi.” Dit-il en parlant de leur père. “ Je suis désolé pour vous. Pour maman, et j’irais la voir…”

Dans la pièce d’à côté, il y a toujours la télévision et les informations qui font du bruit. Assez pour que Kaniel entende quelques mots qui attirent son attention. Et c’est pour ça qu’il met un “mais” à la fin de ses excuses, de sa volonté d’aller sur la tombe de sa mère. Parce qu’il a besoin de voir ce qu’on dit à travers l’écran. Alors, il s’éclipse de l’entrée, suivie par Romane, pour arriver dans le salon où les images horribles, les incompréhensions, tournent en boucle. Kaniel soupire. Tout ça lui rappel tellement ce qu’il a vécu pendant ce temps, que la coïncidence ne peut pas être là.

“ - Je pensais pas que ça irait aussi vite…” Souffle-t-il, une nouvelle fois, sans vraiment aller au bout de sa pensée. “ Qu’est-ce qu’ils ont dit, exactement ?”
Revenir en haut Aller en bas

Charlie Castellan
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Way down we go  Tumblr_p88pfj5YVg1tpauoco4_250

Ancien métier : Concessionnaire automobile
Occupation : Mécano + expédition
Statut civil : Marié
Lieu de naissance : Kelowna

Messages : 151
Inscription : 04/02/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Ben Barnes

Way down we go  X0TurS619 / 5019 / 50Way down we go  BR2xH0t

Way down we go  DQEbQJ232 / 5032 / 50Way down we go  GxoDpmC

Way down we go  Hu1erU720 / 5020 / 50Way down we go  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Way down we go  Empty
19.07.19 14:56
Le retour d'un fantôme

  Les frères castellan

 



  Il était assez exceptionnel de voir Kaniel être bouleversé, abattu... D'aussi loin qu'il se souvienne, Charlie gardait à l'esprit le souvenir d'un frère imperturbable, qui n'en faisait qu'à sa tête et que rien ne parvenait à atteindre, pas même une femme. Kaniel était un roc, un solitaire qui malgré ses insupportables défauts, parvenait à se faire aimer plus que les autres par leur mère, leur soeur....
ça l'avait toujours agacé d'ailleurs, car malgré ses réussites tant sociales, que privé ou même dans sa carrière, et bien qu'il recevait à chaque fois la reconnaissance qu'il méritait ce n'était jamais comparable à toute l'intention que l'on accordait à Kaniel et ce même quand ce dernier essuyait des échecs. Aux yeux de Charlie, il n'y en n'avait toujours eut que pour lui, faisant naître en lui un sentiment d'envie et de jalousie.
Bien qu'assommé par l'horrible nouvelle, son frère ne s'effondra pas, pas plus qu'il ne versa de larmes. Cela ne signifiait pas pour autant que son frère était quelqu'un d'insensible, au contraire, Charlie était bien placé pour le savoir, seulement, il n'était pas comme eux et ne réagissait pas comme la plupart des gens. Kaniel ne savait pas ce que c'était que d'aimer une personne sans condition, de la faire passer avant ses propres besoins égoïste, peut-être que cela changerait le jour où il tomberait amoureux. Kaniel comprendrait enfin tout le mal qu'il avait involontairement causé autour de lui en agissant comme il l'avait toujours fait, si tant est qu'il existe une femme sur cette terre capable de supporter un tel ermite, mais elle devait surement exister quelque part. Peut-être même n'était-elle pas si loin... C'était tout le bien que Charlie lui souhaitait. Après tout, la vie ne venait-elle pas de lui donner une seconde chance ?

L'annonce du décès de leur mère était loin de l'avoir laissé indifférent, même s'il ne pleurait pas, même s'il ne s'effondrait pas, Kaniel était indéniablement bouleversé par cette nouvelle à laquelle il ne s'était pas du tout attendu et qu'il n'avait pas vu venir. Quand on le connaissait bien, cela se voyait dans le fond de son regard, dans l'expression de son visage. Il était peine, choqué et surprit. Comment aurait-il pu en être autrement du reste, lui qui avait été porté disparu à l'autre bout du monde. Se souciait-il seulement de ce qui se passait ici ? Charlie était prêt à parier que pas une seule fois il ne s'était inquiété pour eux en se demandant si tout allait bien. Il ne niait pas que durant ces jours de détentions au cours desquels les rebelles l'avait retenu prisonnier, Kaniel avait du beaucoup penser à eux, chérissant probablement les souvenirs qu'il avait eut avec chacun d'entre eux et particulièrement avec leur mère ou Romane, peut-être même avait-il pensé à lui dont les relations n'avaient pas toujours été au beau fixe avec tendresse, cependant, il était prêt à parier que Kaniel  les imaginait tous en sécurité, s'attendant probablement à tous les retrouver tel qu'il les avait abandonné quand il avait choisi de s'en aller, oubliant un peu vite qu'aucun d'entre eux, n'était immortel. Preuve en était, s'il s'était inquiété un tant soit peu, il n'aurait pas hésité à les avertir de sa survit et de son retour au lieu de débarquer à l'improviste comme il l'avait fait, comme si de rien n'était.

Charlie n'avait rien répondu quand Kaniel l'avait reprit en lui affirmant que leur père ne s'en remettrait pas. Il s'était contenté de fixer durement son frère droit dans les yeux, approuvant silencieusement ces paroles ô combien malheureuses et pourtant terriblement vraies. Bien évidemment que leur père ne s'en remettrait pas, Romane voulait peut-être y croire mais dans le fond tous savaient qu'il n'y parviendrait jamais. Leur mère était l'amour de sa vie, la mère de ses enfants... toutes ces années de mariages ponctuée de hauts et de bas n'avaient en rien altéré l'amour qu'ils se portaient. Lui-même, s'il venait à perdre Alice d'une manière aussi tragique, ne s'en remettrait pas et porterait probablement toute sa colère sur cet enfant à cause de qui il avait perdu sa moitié. Oubliant peut-être un peu vite aussi que cet enfant qui se tenait là, était un bout de lui mais également un morceau d'elle. Qu'elle vivrait toujours un peu à travers chacun d'eux, Kaniel compris. Surtout Kaniel
Ses sourcils se froncèrent légèrement en entendant son frère s'adresser à eux, endossant sans sourciller toute la responsabilité de sa perte. Que croyait-il ? Qu'il allait lui dire que ce n'était pas sa faute ? Etait-ce sa manière de chercher un peu de soutient, de s'entendre dire qu'il n'était pas responsable de tout ce gâchis ? Ces mots sortiraient probablement de la bouche de Romane avec sincérité, mais pas de la sienne, comme il l'avait si bien deviné.
Passant sa main sur son visage qui glissa le long de son menton, Charlie ne pu s'empêcher de sourire en entendant tout ce plaidoyer mélodramatique de l'enfant prodigue, prêt à assumer toute la responsabilité dans cette mort subite, ainsi que la colère justifié qu'ils pouvaient tous éprouver à son encontre

- Arrêtes un peu de jouer les martyrs tu veux !
Lâcha-t-il finalement sur un ton qui trahissait son exaspération. Il n'est pas question de toi cette fois, ou de tes choix égoïstes mais de la perte de notre mère et du vide qu'elle a laissé derrière elle. D'un homme qui ne s'en remettra probablement jamais, elle était le pilier de cette famille, celle qui nous gardait tous unis. Portes déjà ta propre culpabilité, tu as déjà bien assez à faire avec elle et laisse-nous gérer nos peines ! Tu sais, reprit-il en baissant d'un ton, après un silence qui lui avait paru durer une éternité... Je ne t'en veux pas d'avoir été fait prisonnier, je ne t'en veux pas de nous avoir fait croire que tu étais mort, je ne t'en veux pas de revenir ici bien au contraire, mais par contre je t'en veux d'être parti, de lui avoir causé autant de peine, toi son fils préféré. As-tu seulement pensé à elle et à la peine que ça lui faisait ? Pourquoi as-tu toujours éprouvé ce besoin d'aller voir ailleurs ? De mettre ta vie continuellement en danger ?! D'abord l'armée, ensuite tes reportages... C'était trop te demander de mener une vie rangée, ici ?... Tu aurais du nous contacter dès que tu as été libéré ! Pourquoi tu ne l'as pas fait ?! A quoi tu pensais bon sang ?!

Lui, c'était ça qu'il voulait savoir. Il voulait connaître les raisons pour lesquelles Kaniel ne les avait pas contacté pour les informer qu'il était toujours en vie. Ce qui lui était arrivé, comment il avait été libéré... mais comme toujours, dès que ça le concernait, Kaniel s'entourait d'un brouillard que nul ne parvenait à franchir. Agacé de voir ses questions être ignorées, Charlie emboita le pas de son frère pour le suivre jusqu'au salon, Romane sur les talons. Une Romane furieuse après lui, mais qui dans le fond, attendait elle aussi les réponses à ces questions. Kaniel pourtant ne répondit rien, il s'était contenté de ce poster face à lécran de télévision qui déversait des infos en continue dans une pièce vide, du moins, jusqu'à leur retour dans la pièce

- De quoi tu parles ?
Le questionna Charlie avant de poser à son tour un regard plus attentif sur l'écran plat qui diffusait des images que l'on aurait pu penser tout droit sorti d'un film d'horreur mais qui pourtant étaient des images qui étaient devenues de plus en plus courantes...  Oh ça... ne me fais pas croire que tu n'en n'as pas vu d'où tu viens. Ces morts qui se réveillent... L'épidémie s'est développé un peu partout dans le monde : L'Europe, l'Australie, la Chine, jusqu'à Boston. Pour le moment nos frontières nous protègent et le gouvernement prend les mesures nécessaires pour endiguer la propagation de cette pandémie, mais ça n'en reste pas moins inquiétant. On voit de plus en plus de militaire en ville mais Dieu merci, aucun virulent pour le moment. J'espère qu'ils trouveront rapidement une solution, parce que voir ces scènes de pillages, de carnages, et d'exils c'est de plus en plus inquiétant. On parle même d'une base de réfugiés en Arizona, c'est dire. Et toi... c'était comment là-bas ? Ça vient de là-bas non ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que c'est au juste ?


   
 

_________________
Way down we go  ODXVW7d
Revenir en haut Aller en bas

Kaniel Castellan
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Way down we go  W98Cvs

Ancien métier : Journaliste, Envoyé-Spécial du Gouvernement.
Statut civil : Célibataire.
Lieu de naissance : Kelowna.

Messages : 97
Inscription : 10/12/2018
Crédits : signy
Célébrité : Jon Bernthal

Way down we go  X0TurS60 / 500 / 50Way down we go  BR2xH0t

Way down we go  DQEbQJ20 / 500 / 50Way down we go  GxoDpmC

Way down we go  Hu1erU70 / 500 / 50Way down we go  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Way down we go  Empty
30.07.19 8:52
Les mots de Charlie sont durs, et si Kaniel n’y répond pas -comme d’habitude, c’est parce qu’il ne veut pas contredire ce frère qui à tort sur toute la ligne. Depuis des années le cadet pense connaître la réalité des choses, pense que son frère est égoïste et qu’il ne pense pas aux conséquences de ses actes. Le plus éclairé des deux est pourtant celui qui garde le silence. Parce qu’il sait que son départ a gardé sa famille uni -malgré la mort de sa mère qui lui brise l’âme bien plus que la dissolution du monde moderne- , alors que s’il était resté pour être lui-même, les Castellan se seraient brisés sans plus jamais pouvoir se reconstruire. Kaniel part du principe qu’un peu de douleur doit être obligatoire pour éviter une douleur sans fin. Pour lui, c’est ce qu’il a offert à sa famille en partant.

Non, Charlie, ce qui est trop lui demander, c’est de rester ici et d’être lui-même. C’est de lui offrir la liberté et l’amour qu’il devrait être capable de porter. Kaniel a toujours tant tenu à sa famille qu’il s’est effacé pour la laisser vivre. Pour la laisser profiter de tout ce qu’elle avait sans qu’il ne vienne tout briser. Kaniel sait qu’il aurait été impossible pour lui de rester vivre à Kelowna, et d’avoir une vie bien rangée -comme le dit si bien Charlie- parce que ça aurait voulu dire s’emprisonner lui-même. Ses sentiments pour Alice sont si puissants et anciens qu’il n’aurait pas pu faire comme si de rien était. Trahir son frère était certainement la seule chose au monde qu’il n’aurait pu faire.

Doux Charlie, c’est pour toi qu’il est parti.

Devant cet écran de télévision où, au final, on ne voit pas grand chose mise à part des vidéos prises par des individus lambda dans les rues, des images qui se coupent à cause de la mort de leur propriétaire, ou de la liaison internet qui se coupe dans leur région. Certaines images lui rappellent avec douleur ce qu’il a pu voir à l’époque ; mais là la question ne se posent plus. Les morts se relèvent bel et bien. Kaniel ne peut pas s’empêcher de passer sa main sur son visage comme s’il essayait d’enlever quelque chose ; le voile de la maladie qu’il aurait pu contracter là-bas. Lui aussi va-t-il devenir un de ces monstres là ? Incompréhensible ; personne ne peut deviner l’avenir.

“ - [...] Et toi... c'était comment là-bas ? Ça vient de là-bas non ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que c'est au juste ?”

La fin de cette tirade donne encore des questions auxquelles il ne veut pas répondre. Kaniel lance un léger regard en coin à son frère, mais ne peut empêcher ses yeux de se concentrer une nouvelle fois sur ce qu’il est en train de voir. Le monde tombe, et les autorités semblent en faire quelque chose d’assez minimaliste. Quelque chose de contrôlable. Mais ce que Kaniel a vu là-bas n’a rien de quelque chose dont on peut prendre le contrôle. C’est un truc dont tout le monde devrait avoir peur, parce que vu la vitesse à laquelle c’est venu jusqu’ici…Kaniel a de grands doutes sur la continuité des choses. Et c’est pour ça qu’à cet instant, il ne garde pas le silence.

“ - C’est pour ça que j’ai pas pu t’appeler.” Sa voix est rauque, mais c’est surtout parce que prononcer ces mots lui grattes la gorge. “ Plus ça va, et plus ils ferment les frontières. Plus ils bloquent les infos, et coupent les communications. J’pouvais pas prendre le risque d’être bloqué là-bas…”

Romane écoute et ne dit rien. On peut dire que c’est la plus intelligente de la famille, mais surtout la plus sentimentale. On peut bien voir qu’elle est mitigée entre en vouloir à ses frères, et les aimer pour les avoir tous les deux à ses côtés. Mais ça ne l’empêche pas d’écouter, espérant en savoir bien plus mais même en entendant son aîné parler, elle sait qu’il n’ira pas bien loin dans ses explications.

“ - Tout ce qu’ils disent, c’est de la merde…” L’envoyé spécial qui parle de ses compères avec des mots crus pourraient en choquer plus d’un. Mais Kaniel ne dit jamais quelque chose qu’il ne pense pas. “ Ils endiguent rien du tout. Ils peuvent pas le contrôler.”

L’homme le plus âgé attrape la télécommande et coupe le son des informations pour n’en laisser que les images. Ce qu’il entend ne raconte pas vraiment la vérité. Ils tentent de garder le calme dans le pays alors que c’est déjà la guerre civile ailleurs. Les doigts et les mâchoires de Kaniel se serrent parce qu’il sait bien comment ça fonctionne en haut. Mais il sait aussi que ce n’est pas comme ça que tout aurait du se mettre en route pour sauver le plus de personne. Il se souvient du chaos qu’il a pu croiser pour arriver jusqu’ici, des avions qu’il a prit tout juste à temps avant que les frontières ne soient fermés. De ceux qui ont atterris quelques minutes avant qu’on interdisent aux voyageurs d’en descendre. Il aurait voulu que tout aille moins vite. Mais les militaires en ville montrent bien que les choses sont hors de contrôle. Le gouvernement essaye de maintenir des illusions.

“ - Faut qu’on se prépare. Parce que ce que vous voyez là,” Chacun leur tour, Kaniel regarde Charlie, puis Romane. Est-ce qu’ils sont capable de capter le sérieux, et la peur qu’il tente de cacher dans sa voix ? “ ça va arriver. Et bien plus vite que ce qu’ils vous disent à la télé.”
“ - Kaniel…” Lui ne sait pas si, Romane, par ce simple soufflement du prénom de son aîné, a voulu le consoler, l’arrêter, ou si elle l’a simplement questionner sur ce qui allait arriver ensuite.
“ - J’suis sérieux… ils arrêteront pas les morts. Encore moins le virus.” Kaniel ferme ses paupières une seconde parce qu’il aurait voulu garder ce mot pour lui. Mais il les ouvre rapidement, comme si de rien était. “ Y a aucune chance que ça arrive.”
Revenir en haut Aller en bas

Charlie Castellan
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Way down we go  Tumblr_p88pfj5YVg1tpauoco4_250

Ancien métier : Concessionnaire automobile
Occupation : Mécano + expédition
Statut civil : Marié
Lieu de naissance : Kelowna

Messages : 151
Inscription : 04/02/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Ben Barnes

Way down we go  X0TurS619 / 5019 / 50Way down we go  BR2xH0t

Way down we go  DQEbQJ232 / 5032 / 50Way down we go  GxoDpmC

Way down we go  Hu1erU720 / 5020 / 50Way down we go  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Way down we go  Empty
14.08.19 6:41
Le retour d'un fantôme

  Les frères castellan

 



  Kaniel n'avait, comme d'accoutumé, rien répondu lorsque Charlie lui avait asséné ses 4 vérités. C'était toujours ainsi que Kaniel réagissait lorsqu'il ne pouvait rien rétorquer et qu'on le mettait devant le fait accompli, il se refermait comme une huitre. Qu'aurait-il pu répondre de toute manière ? Kaniel ne pouvait rien rétorquer car telle était la vérité mais Charlie pouvait au moins reconnaitre à son frère d'avoir le mérite de ne pas tenter de s'enfoncer dans des excuses bidons qui n'auraient fait que le desservir et l'enfoncer. Charlie n'avait certes pas ménagé son frère mais il était évident que ce dernier avait besoin de faire face à certaines réalités qu'il avait soigneusement occulté durant toutes ces années au cours desquelles il avait pris un soin particulier à mettre cette distances qui ne se comptait pas uniquement en milliers de kilomètres entre eux. Qui d'autre à part lui, aurait pu se charger d'ouvrir les yeux de Kaniel ? Personne. Sa mère n'était plus là et même si elle était toujours parmi eux, dès qu'il s'agissait de son fils chéri, elle se plaisait à porter des œillères. Pour quelle raison ? Pourquoi l'avait-elle toujours autant aimé ? Nul ne le saurait jamais et une part infime de Charlie lui en gardait un peu rancune pour cela. A l'image de leur mère, Romane était bien trop indulgente avec Kaniel, quand à leur père, même s'il n'avait pas tout à fait tort, il était un peu trop brute de décoffrage et la tristesse qui s'était emparée de lui suite à la disparition de sa femme l'avait transformé en un homme coléreux et acariâtre dont toute l'animosité qu'il ressentait était dirigé sur son fils ainé.
Kaniel avait-il compris ce qu'il lui avait dit ? Charlie était prêt à parier que oui. Il se plaisait à croire qu'il avait apprit à décoder certaines des attitudes de son frère et s'il était parvenu à lui couper le sifflet, il avait pu lire dans le regard de son ainé qu'il l'avait parfaitement entendu. Charlie n'avait pas besoin de plus et si cela pouvait permettre à Kaniel de réfléchir un peu sur ses actions passées, en ce qui le concernait c'était grandement suffisant. Aussi laissa-t-il Kaniel changer de sujet sans chercher à l'en empêcher pour s'intéresser cette fois à la nouvelle menace qui s'abattait actuellement sur le monde entier. Après les maladies incurables, le terrorisme, les extrémistes en tout genre, c'était autour d'une nouvelle menace d'un tout autre genre contre laquelle l'Humanité devait désormais faire face. Les images qui défilaient au journal télévisée étaient similaires en tout point, jour après jour, les seules variantes étaient les villes mais que cela se déroule à Tombouctou, au Sénégal, à Melbourne, Paris ou Oslo, il s'agissait toujours des mêmes images surréalistes, effrayantes et bouleversantes. S'il s'était s'agit d'un mauvais film de série B, nul doute que Charlie, à l'esprit bien trop pragmatique et cartésien, ne se serait pas laissé porté par l'histoire du retour de ces morts-vivants et aurait probablement passé toute la durée du film à rire, critiquer le maquillage, le scénario ou encore le jeu des acteurs mais aujourd'hui la différence était de taille et ne prêtait nullement à rire. Les morts arpentaient réellement les rues, provoquant de nombreuses scènes de carnages et d'une violence sans nom. Plus jeune, il lui avait été donné de lire plusieurs romans d'anticipations tournant autour de l'effondrement de la civilisation et tous avaient en commun que sans société, les hommes retournaient à l'état sauvage. Les scènes de pillages à laquelle ils assistaient tranquillement assis dans leur fauteuil, derrière leur poste de télévision, n'étaient pas loin de donner raison à ces auteurs.
Kaniel paraissait totalement absorbé par le reportage qui était actuellement diffusé à la télé, il ignorait même s'il l'avait entendu les réponses qu'il avait formulé. Est-ce que ça lui rappelait des souvenirs ? En savait-il plus long sur le sujet qu'eux-mêmes ? Ce n'était pas impossible

Lorsque Kaniel coupa le son, Charlie pensa naturellement que c'était uniquement pour que ses paroles ne soient pas parasité par les informations mais en réalité, il y avait une autre raison pour laquelle il avait coupé le sifflet à ce vieux Johnson qui couvrait cet événement avec une ferveur qui lui avait fait défaut depuis de nombreuses années. Si son frère reprit la parole, ce fut, étonnement, pour répondre à l'une des questions qu'il lui avait posé précédemment lorsqu'il avait cherché à comprendre et à savoir pourquoi Kaniel n'avait pas tenté de les avertir qu'il était toujours en vie. La réponse qu'il leur formula alors, lui glaça le sang. Elle était inquiétante et en lien avec tout ce à quoi il avait pu assister en se trouvant l'épicentre même, là où tout avait commencé. Fronçant les sourcils pour essayer de déchiffrer les non-dits, Charlie plongea son regard dans celui de son frère. Le visage de Kaniel était grave, étrangement soucieux et ce qui lui ressemblait encore moins, inquiet. Il pouvait lire la peur dans son regard. Lui aussi avait peur ? Tout comme lui, Romane resta silencieuse et observa avec la même appréhension que lui, ce frère si longuement disparu. Les mots que Kaniel prononça à l'encontre du gouvernement et de la désinformations dont on les abreuvait à longueur de journée étaient dures mais justifiés. Et si cette accusation le glaça d'effroi en aucun cas, Charlie n'en fut surprit ni ne chercha à le contredire. En d'autres circonstance peut-être aurait-il débattu avec lui mais pas cette fois. Une petite voix au fond de lui, lui conseillait d'écouter Kaniel jusqu'au bout. Elle lui soufflait avec sagesse que plus qu'aucun autre, il savait de quoi il parlait. Il avait vu, et avait survécu.
Charlie avait peut-être plus de facilité à croire ce que son frère leur disait parce que lui aussi doutait de plus en plus de la maitrise du gouvernement sur cette histoire. Plus les jours passaient et plus les choses empiraient ou peut-être bien restaient-elles égales à elles-mêmes, mais en aucun cas, elles ne s'amélioraient, cet état de fait, il ne pouvait le nier.

- Tu veux dire... qu'il n'y a plus d'espoir ? Lui demanda-t-il d'une voix blanche.

Cela lui paraissait totalement inconcevable mais paradoxalement comment arrêtait-on une armée de morts-vivants ?
Plutôt que de répondre à une question à laquelle il n'y avait pas de réponse, Kaniel leur intima l'ordre de se préparer. Face à cette autorité nouvelle qu'il ne lui connaissait pas vraiment, Charlie suivi la direction du doigt de Kaniel qui était pointé sur l'écran désormais muet sur lequel défilait une armée de morts que rien ne semblait arrêter. Privés des paroles rassurantes dont les journalistes les abreuvaient quotidiennement, les images qui apparaissaient désormais tour à tour, prenaient une toute autre dimension sous le discours de son frère. Cette fois le couperet était tombé, à en croire Kaniel il n'y avait plus le moindre espoir. L'armée ne pourrait jamais arrêter tous les morts qui ne cessaient de se multiplier, et à en croire le sous-entendu de Kaniel, aucun vaccin, pas le plus petit antidote n'était actuellement entrain de voir le jour.

- Alors quoi ? Qu'est-ce qu'il faut faire ? Demanda Charlie complétement perdu. Tu dis qu'il n'y a aucun espoir et qu'il faut se préparer mais se préparer à quoi au juste ? A l'inéluctable ? Non je suis désolé, je ne peux pas y croire...  

Ou était-il plus exact de dire qu'il refusait la seule idée de tout perdre. Perdre cette vie qu'était la sienne, voir s'échapper le futur qu'Alice et lui avaient imaginé... Ils menaient une vie qui frôlait la perfection, ils envisageaient même l'adoption pour pouvoir enfin fonder leur propre famille et là, Kaniel lui disait que c'était impossible ?

- Il y a des camps de réfugiés, gagnons-en un avant qu'ils n'acceptent plus personne, proposa-t-il dans un regain d'espoir.

L'armée avait suffisamment de quoi les protéger, les nourrir... oui mais ensuite ? Viendrait un moment où les ressources s'épuiseraient tant en munitions qu'en nourriture, et après qu'adviendrait-il d'eux ? Kaniel était resté silencieux mais il n'avait pas besoin de parler car le cheminement de ses doutes concernant cette options avaient également fait son chemin dans l'esprit de Charlie

- Alors quoi ? Qu'est-ce que tu proposes ? Qu'on fasse un suicide collectif ? Ironisa-t-il dans un petit ricanement sans y croire un seul instant.

Kaniel n'avait pas survécu à tout ça, n'avait pas parcouru tous ces kilomètres à ses risques et périls dans le simple but de les retrouver afin de mourir auprès de sa famille. S'il était ici c'était pour les avertir du danger imminent qui les menaçait afin qu'ils s'en sortent, tous. Mais comment ? Comment survivre alors que partout dans le monde, le moindre mètre carré de terre était infesté de morts-vivants. La terre.. la terre oui mais... mais pas la mer !

- Et si... et si on se procurait un bateau ? On pourrait attendre en sécurité que les choses se calment

Cela lui paraissait une idée tout à fait plausible. S'ils s'y prenaient sans tarder, s'ils veillaient à préparer de nombreuses provisions ainsi que des tonnes de carburant... ils devraient pouvoir s'en sortir, après tout, les morts ne nageaient pas, ça se saurait et puis un bateau ça devait pas être si difficile à apprendre à manœuvrer...
   
 

_________________
Way down we go  ODXVW7d
Revenir en haut Aller en bas

Kaniel Castellan
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Way down we go  W98Cvs

Ancien métier : Journaliste, Envoyé-Spécial du Gouvernement.
Statut civil : Célibataire.
Lieu de naissance : Kelowna.

Messages : 97
Inscription : 10/12/2018
Crédits : signy
Célébrité : Jon Bernthal

Way down we go  X0TurS60 / 500 / 50Way down we go  BR2xH0t

Way down we go  DQEbQJ20 / 500 / 50Way down we go  GxoDpmC

Way down we go  Hu1erU70 / 500 / 50Way down we go  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Way down we go  Empty
26.08.19 10:45
Romane réagi avec surprise, avec peur, avec retenu. Elle regarde ses frères discuter, écoute, puis a du mal à se concentrer sur tout ce que peut dire Charlie avec précipitation. Elle n’a pas même le temps de réagir à une phrase qu’une autre arrive. Une interrogation, un trait d’humour noir, de la panique et surtout un besoin d’aide. Jamais Kaniel n’avait vu son frère dans cet état -il s’était dit que ça avait dû être pire à a mort de leur mère, mais ce qu’il voit de ses yeux le trouble. Pour tout dire, ce n’est pas son habituel silence qui a plané dans la pièce. C’est son désarroi face à toute cette situation qui ne peut pas vraiment être prise en main. Il a mal, Kaniel, de voir le monde s’effondrer sans pouvoir rien y faire. La mort court après tous ceux qu’il aime, et même s’il ne peut pas la laisser faire, Kaniel sait qu’il n’a pas trente mille façon d’aider sa famille. De tendre la main à ce frère dans le besoin. Même les mots crus et durs prononcés plus tôt par Charlie ne pourrait le faire reculer.

” - Tout ce que vous allez entendre… tout ce qu’on vous dira de faire…” Kaniel commence à parler, mais il a du se reculer jusqu’à ce que l’arrière de ses genoux touche le canapé. Il s’y est laissé tomber, sans avoir le plaisir de pouvoir profiter de ce confort familial dont il a tant manqué. ” Laissez le entrer par une oreille et sortir par l’autre.”

Tout le monde pourrait crier au fou. Dans une telle situation, comment ne pas suivre les ordres du Gouvernement ? Les grands de ce monde vous disent de vous rendre dans des points d’urgences, des points de sécurités mis en place par l’armée. Là où la population sera soit-disant en sécurité ; mis à l’écart de la faim, du deuil, et de la mort. Outre le fait de ne pas avoir confiance en les gouvernements du monde, Kaniel a vu sur tout son trajet de retour que tout ça n’était que mensonge. Certes, les camps de réfugiés sont bel et bien mis en place, mais ils finissent tous par tomber. Soit les militaires les laissent à l’abandon avec des civils à l’intérieur, soit ils se font tous tuer par les morts qui parviennent toujours d’une manière ou d’une autre à entrer à l’intérieur. Avec le temps, les expériences et les choses qu’il a vu dans sa vie, Kaniel sait bien que les regroupements de personnes ne sont pas de bons présages. Le plus grand nombre meurt toujours en premier.

” - Si on va dans un de ces camps, on va tous mourir…” Une réalité qui fait mal à dire et qui est difficile à entendre. Kaniel, il a regardé Romane venir s’asseoir à ses côtés, comme si elle aussi ressentait un poids énorme lui tombant sur les épaules. ” S’échapper sur l’eau non plus, c’est pas une bonne idée. On va faire quoi, le jour où on ne pourra plus naviguer ? J’sais même pas si les choses vont se calmer un jour, mon frère…”

On croirait entendre un champ funèbre. Parce que Kaniel sait qu’il ne se trompe pas dans ce qu’il dit. Il imagine déjà la panique à bord, loin des côtes sans pouvoir revenir. Ou le bateau s’échouant sur une plage remplie de morts. Le monde sera rempli de morts. Il n’y a pas un endroit plus sécuritaire que les autres. Il faut faire un choix, et Kaniel, il semble déjà l’avoir prit pour le reste de sa famille. Lui qui a tant été en retrait doit surprendre, à prendre de telles décisions. A prendre la parole si fort pour qu’on l’entende et le suive. Si ses collègues et amis pouvaient en avoir l’habitude, les siens, ses proches, sa famille, n’ont jamais pu voir le véritable homme qui se cachait derrière leur lâche.

” - Il faut qu’on reste ici...”
” - De quoi ?” Romane semble perdue, presque sortir d’une stupeur incontrôlable.
” - Clôturer les portes, les fenêtres, et le terrain de la maison.” C’est à ce moment-là que Kaniel se relève. Jette un regard à son frère, mais soutient celui de sa soeur plus profondément. Douée avec les outils, elle saura travailler correctement et rapidement. ” Toi, il faut que t’aille chercher ta femme, et sa famille.” Si Kaniel a surement oublié qu’Alice est en haut, il a un pincement au coeur en prononçant ce mot. ” Il faut récupérer tout ce qu’on peut au garage, et en ville. Cet endroit sera assez grands et solide pour nous garder à l’abris… C’est notre seul moyen de nous en sortir.” Le regard qu’il porte à son frère est profond. Il n’y a pas de place à la marge d’erreur. ” Boucher toutes les issues, et attendre de voir comment ça se passe à l’extérieur.”
Revenir en haut Aller en bas

Charlie Castellan
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Way down we go  Tumblr_p88pfj5YVg1tpauoco4_250

Ancien métier : Concessionnaire automobile
Occupation : Mécano + expédition
Statut civil : Marié
Lieu de naissance : Kelowna

Messages : 151
Inscription : 04/02/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Ben Barnes

Way down we go  X0TurS619 / 5019 / 50Way down we go  BR2xH0t

Way down we go  DQEbQJ232 / 5032 / 50Way down we go  GxoDpmC

Way down we go  Hu1erU720 / 5020 / 50Way down we go  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Way down we go  Empty
31.10.19 4:22
Le retour d'un fantôme

Les frères castellan




S'il avait existé la plus petite once d'espoir à voir les choses s'arranger un jour, à croire en tous ces hommes et ces femmes qui oeuvraient pour mettre à jour très rapidement un vaccin, en leur gouvernement et à leur force armée pour mettre un terme définitif à cette folie meurtrière qui semblait les dépasser tous autant qu'ils étaient, Kaniel s'était rapidement chargé de le piétiner sans vergogne. Les camps de réfugiés ? Cela paraissait être la seule chose à faire mais après réflexion, Charlie devait bien reconnaître que son frère avait raison. Se rendre là-bas, espérer y trouver un abris qui les mettrait tous en sécurité était illusoire. Imiter toutes ces masses c'était signer leur arrêt de mort. Et quand bien même si dans le meilleur des cas, ils parvenaient à franchir les grilles de cet Eldorado, ce qui était loin d'être sur, il devait rester réalistes, ces camps ne pouvaient pas accueillir tout un pays. Ils avaient été battit à la va-vite mais n'avaient jamais été conçu pour accueillir toute une population. Qui plus est, Charlie ne pensait pas possible pour l'armée en charge de ces camps d'être capable de gérer toute cette population entassée les uns sur les autres, ils avaient déjà bien assez à faire avec les morts, or dans ce genre de situation, certains vivants pouvaient se montrer totalement incontrôlable et devenir une menace toute aussi dangereuse et mortelle que les morts. Que se passerait-il lorsque les vivres viendraient à manquer ? Il suffisait d'une rébellion pour que l'armée s'en trouve très vite dépassé et que tout se termine en un bain de sang.
Non définitivement Kaniel avait raison, les camps de réfugiés étaient une fausse bonne idée, et c'était le genre d'endroit à éviter à tout prix s'ils voulaient rester en vie.

Prendre la mer ne paraissait pas gagner pour autant les faveurs de Kaniel. Charlie était persuadé que plus que de considérer cette suggestion guère plus sécuritaire que les camps, c'était surtout le fait de ne pas y avoir pensé lui-même qui lui déplaisait autant dans cette idée. Toutefois, Charlie voulait bien reconnaître qu'aussi brillante soit-elle, sa suggestion était un peu bancale car personne dans leur famille n'avait jamais navigué de bateau si l'on faisait l'impasse sur le fait qu'ils n'en n'avaient même pas à disposition. Comment feraient-il lorsqu'ils devraient affronter une tempête ? Ne risquaient-ils pas de tous s'étriper au fil du temps coincé dans une petite cabine ?
Prendre la voiture et s'en aller ? Oui mais pour aller où ? Il ne semblait plus y avoir un seul endroit en ce monde où ils pourraient trouver refuge sans voir les morts partout. Alors quoi ? Quel autre choix avaient-ils ?
La réponse de Kaniel fut sans appel, ce fut d'une voix forte, qui ne trahissait aucune hésitation qu'il leur imposa son idée : rester ici ! Outre cette réponse complétement incongrue, Charlie n'avait pas l'habitude de voir son frère prendre ainsi des mesures quelles qu'elles soient. D'aussi loin qu'il se souvenait, Kaniel avait toujours eut pour fâcheuse habitude de ne jamais prendre la moindre décision, et encore moins pour les autres. Un sourire s'était alors étiré sur ses lèvres pendant quelques secondes, mais ce dernier s'affaissa très rapidement en croisant le regard déterminé de Kaniel. Charlie comprit alors que son frère ne plaisantait pas et était on ne peut plus sérieux. Eprouvant le besoin de s'assoir, il n'en fit rien et se dirigea vers le petit guéridon sur lequel était posé un plateau contenant une carafe d'alcool d'excellent cru provenant de la famille d'Alice et quelques verres. Faisant couler le doux nectar dans un verre, il le porta à sa bouche et le but d'un trait avant de reposer fermement son verre. Il aurait aimé que tout ceci ne soit qu'un veste cauchemar mais c'était on ne peut plus réel. Se servant un deuxième verre, cette fois-ci, il ne le bu pas mais le prit avec lui pour s'assoir sur le canapé. Fixant la robe dorée du doux breuvage qu'il faisait tournoyer dans son verre devant l'écran de télévision dans lequel défilait des images insoutenables. S'emparant de la télécommande, il la coupa purement et simplement avant de fixer son frère tout en pesant le pour et le contre de sa proposition.

Etait-il enchanté à la seule idée de vivre enfermé à double tour dans cette maison en attendant de voir ce qui se passait ? Pensait-il que rester cloitrer ici à attendre bien sagement était la meilleure chose à faire ? Pas vraiment non, mais quelle autre option avait-il pour le moment ? Aucune. Cette situation les dépassait tous et de loin, personne n'était préparait à ça. Cela faisait des jours que l'on voyait le danger se rapprocher dangereusement, que l'on voyait les pays et les frontières tomber les uns après les autres. Au début, comme la plupart des gens, Charlie avait regardé ça de loin. Choqué certes, par les images qui étaient retransmise mais soulagé que cela ne vienne pas bouleverser son quotidien, mais au fur et à mesure que le danger se rapprochait, les choses changèrent à l'image des gens que l'on croyait connaître mais qui se révélait sous un autre jour... Nombreux étaient ceux qui s'en remettent au gouvernement en toute confiance mais Charlie était d'accord avec Kaniel, s'ils leur obéissaient, ils courraient à leur perte. Un client lui avait dit qu'en ce qui le concernait, il comptait monter vers le nord en attendant que les choses se tassent, mais pour aller où ? Là était toute la question, lui-même n'en n'avait pas la moindre idée. En restant ici, ils seraient chez eux, tous ensemble, et ne manqueraient de rien... Mais ensuite ? N'allait-on pas les forcer à évacuer ?
Son regard se leva sur son frère aîné qui l'observait avec le plus grand des sérieux, comme s'il attendait qu'il prenne conscience de toute l'ampleur de cette situation. Des bruits de pas légers, discrets, qu'il aurait pu reconnaître entre mille, résonnèrent légèrement alors que sa femme descendait les escaliers qui menaient à l'étage, ce qui l'incita à prendre la parole avant qu'elle n'apparaisse

- En résumé tu veux transformer cette maison en Bunker ? Très bien, finit-il par répondre, on s'en occupera demain. Les virulents n'ont pas encore franchit notre frontière et peut-être n'y parviendront-ils pas, de toute manière, à cette heure-ci tout est fermé. Et puis sans paraitre désobligeant tu as vraiment une sale tête, ça fait combien de temps que tu n'as pas dormi ?

Probablement trop. Il n'imaginait même pas les conditions de vie qu'avait été les siennes mais peut-être ne désirait-il pas en parler devant Sierra

- On va pas tarder à manger, et je veux pas entendre d'excuses, tu te joins à nous. Le temps d'une soirée, on oublie tout ça pour se consacrer à l'essentiel : ton retour ! C'est peut-être la dernière chose qu'il nous sera donné de fêter avant un bon bout de temps,
fit-il en se relevant du canapé. Alors ce soir, on va trinquer à ton miraculeux retour mon frère, pas question que les morts nous enlève aussi ça.

Il n'était pas dans ses intentions de sortir le champagne, mais de lever au moins un verre à l'attention de ce frère revenu d'entre les morts. Ses relations avec lui avaient toujours été pour le moins compliqués mais il restait son seul et unique frère. Alors oui, la situation ne s'y prêtait pas réellement, entre le deuil de leur mère et ces morts qui revenaient à la vie, mais... nul ne savait de quoi serait fait demain et pour l'heure il ne pouvaient rien faire de plus alors peut-être était-ce justement l'occasion de profiter du temps présent, de cette dernière nuit de répit, pour fêter le retour de l'enfant prodigue comme ce qu'il était, un miracle





_________________
Way down we go  ODXVW7d
Revenir en haut Aller en bas

Kaniel Castellan
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Way down we go  W98Cvs

Ancien métier : Journaliste, Envoyé-Spécial du Gouvernement.
Statut civil : Célibataire.
Lieu de naissance : Kelowna.

Messages : 97
Inscription : 10/12/2018
Crédits : signy
Célébrité : Jon Bernthal

Way down we go  X0TurS60 / 500 / 50Way down we go  BR2xH0t

Way down we go  DQEbQJ20 / 500 / 50Way down we go  GxoDpmC

Way down we go  Hu1erU70 / 500 / 50Way down we go  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Way down we go  Empty
18.11.19 11:07
Cette vie n’a pas d'échappatoire ; ils vont devoir suivre ce plan s’ils veulent tous survivre. Charlie a l’air d’être d’accord. Tout du moins, c’est ce qu’il en ressort une fois qu’il est assis sur le canapé avec son verre d’alcool. Mais la réalité rattrape le journaliste comme les morts qui vous courent désormais après ; si Alice descend les marches sans qu’il ne soit capable de la reconnaître, les mots de son frère savent le mettre mal à l’aise. Kaniel est fait pour se battre, fait pour vivre à l’extérieur, pour prendre les risques que d’autres ne vont pas prendre. Il est plus à l’aise dans un conflit, dans le silence, que dans l’amour d’un foyer peut apporter. Alors quiconque connaît un tant soit peu Kaniel, sait d’avance qu’il était près à contrecarrer les plans de son frère. Mais la simple silhouette d’Alice au coin de ses yeux, lui a interdit toutes contradictions. Tous mots d’ailleurs. Tous mouvements aussi. Il a simplement été capable de la saluer d’un signe de tête en reposant son attention sur Charlie ; comme si c’était la chose la plus importante au monde. La survie n’est-elle pas plus importante qu’un amour interdit ? Un amour non réciproque qui l’a poussé à quitter famille et foyer.

” - [...] Alors ce soir, on va trinquer à ton miraculeux retour mon frère, pas question que les morts nous enlève aussi ça.”
” - Lève pas trop le coude.”

Qu’il était parvenu à dire en mimant un sourire presque coincé. Coincé entre Alice, entre Charlie, et entre Sierra. Coincé entre l’inconscience et la connaissance. Comme une boule au fond de sa gorge qu’il essaye de faire passer avec de l’humour. Avec de l’alcool aussi, parce que Kaniel a attrapé le verre de son frère, lorsque celui-ci fut arrivé à sa portée. Il l’a bus d’un coup sec alors que lui-même n’a jamais été un grand friand de l’alcool, mais il l’a bu quand même. Comme si ça pouvait l'ancrer un peu plus dans la réalité, lui donner le courage qui lui manquait pour réellement faire attention à Alice. S’avancer vers elle pour la prendre dans ses bras, comme tout beau-frère ferait face à une belle-soeur aussi douce et parfaite. C’est tout le contact qu’il a eu avec elle, mais ça n’a rien montré de l’électricité qu’il a ressenti dans tout son corps lorsqu’ils se sont touchés dans cette simplicité.

Une fois le verre reposé à sa place initiale ; près du grand cru que Kaniel aurait été incapable de reconnaître à côté d’une piquette de bas étage, l’ancien homme des forces armées s’est tourné vers sa famille. Un véritablement mince sourire s’est dessiné sur ses lèvres en les voyant tous réunis. En vie, dans ce monde qui commence à partir en vrille. Pendant bien des semaines, des mois pour être honnête, Kaniel n’avait rêvé de rien d’autre que de revenir ici. Chez lui, retrouver sa fratrie. Si l’apocalypse en est le déclencheur, c’est l’amour qui l’a fait traverser la planète dans l’autre sens. Et voir les plus jeunes partageant son sang, là, ça lui réchauffe le coeur. Presque au point d’oublier son père, toujours dans son coin en acceptant pas le retour de son fils aîné. Presque au point d’oublier toute la merde qui commence à faire effet à l’extérieur de cette maison, dans le reste du monde. Pour un soir, Kaniel, il a décidé de laisser Charlie gérer, alors qu’il l’avait toujours fait jusqu’à présent. Pour un soir, Kaniel, il décide de les laisser faire la fête. Plutôt, il se tait parce qu’il ne s’attendait pas à déjà être confronté à la présence de sa belle-soeur ; pourquoi n’arrive-t-il toujours pas à faire l’association parfaite entre Alice, et Charlie ? Il paraît normal que l’un aille avec l’autre, partout et toujours.

” - Laissez moi vingt minutes.” Qu’il précise en se dirigeant vers les marches qu’Alice a descendu tout juste plus tôt.
[b]” - Tu vas avoir assez de temps ?”[b] La plus jeune demande, alors qu’elle sait bien ce que son aîné va répondre. A croire que c’est ça, qui la fait déjà sourire.
” - Trois minutes sous l’eau, et dix-sept sur mon lit.”

Le plus âgé s’est mit lui aussi à rire, très légèrement, en montant les marches. Une vieille habitude perdue avec tout ce temps, entre la plus jeune et le plus vieux, qui le fait sourire jusqu’à ce qu’il monte dans son ancienne chambre qui n’a pas bougé d’un poils. Jusqu’à ce qu’il laisse tomber ses affaires au sol, avec son sac qu’il glisse directement sous son lit. Jusqu’à ce que le poids de la vie s’échappe de ses épaules sous la douche pour lui laisser un premier répit bien mérité.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

à propos
sac à dos


Way down we go  Empty
Revenir en haut Aller en bas
 
Way down we go
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
What Lies Ahead :: Kelowna & Beyond :: South Kelowna-
Sauter vers: