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 Little talks.



Benedict W. Brown
The pain doesn't go away

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25.02.19 19:48
Main comme seul ancrage contre un mur semblant si abstrait, je tente de rester debout. La douleur dans ma poitrine est trop forte. Cette brûlure, si intense, comme un brasier au coeur de mon âme. Je marche dans ces couloirs déserts, chancelant, pas à pas. Et j'ai honte. Honte de cette bouteille presque vide dans ma main, de cet autre cadavre dans l'une des nombreuses poubelles pleines de l'aéroport. Honte de mes actes...
Je me sens sale. Et lorsque je croise mon reflet dans une glace, je détourne le regard. Cet homme me dégoute... Tous ces faux-semblants, toutes ces manières. Pour quoi... Je n'ai jamais eu de gênes au mensonge, aux masques. Pourtant, la douleur est présente, toujours. Dans l'ombre, elle m'assaille lorsque parfois je baisse ma garde. Et aujourd'hui... aujourd'hui je n'ai qu'une image en tête. Le doux visage de ma mère.

Les remords sont terribles, puissants. Et la nuit lorsque je m'endors, je crains de retrouver sa voix dans la brume de mes cauchemars.
J'ai tué ma mère.
Tout a été si rapide... Je me souviens encore de cette seconde fatidique, lorsque ma main s'est emparée du fusil. De la sensation d'un poids énorme dans mes mains, du contact froid de la crosse contre mon doigt. De son regard, livide, sans la moindre trace de son âme. Un simple corps articulé par des pulsions meurtrières. Ce n'était plus notre mère... Et pourtant, je suis bouffé par la haine. Envers le monde, envers cet injuste destin, envers moi. Cet homme que je croise dans mon reflet. Je nourris cette haine sans limites et ne parviens pas à stopper le flot douloureux de mon coeur. Je ne me reconnais plus.
Je me souviens de chaque détail... et de n'avoir pas hésité une seule seconde. J'ai tiré. C'était si facile, si rapide. Je perçois encore le sifflement strident vriller mes tympans, je sens encore l'odeur âcre du tir.

Ô Jane... comment puis-je m'en sortir... Le mériterai-je seulement ? J'ai tué ma mère.

J'avance encore, dans ce couloir, m'enfonce toujours plus loin de la vie de communauté. Personne ne doit me voir ainsi... Si faible, pathétique. J'ose délaisser le mur de ma main, la passe dans mes cheveux encore terriblement bien coiffés. J'ouvre deux ou trois boutons de ma chemise, il fait affreusement chaud. Et alors que je me glisse à nouveau dans un recoin, je sens le monde vaciller. Est-ce seulement le monde ou l'alcool me ferait-il délirer ? J'aimerais sombrer. Perdre connaissance, oublier ces peurs qui me paralysent...

J'ai tué la mère de mes soeurs. Mes craintes les concernent, toutes les deux. Que pensent-elles de moi ? De ce terrible geste ? M'en veulent-elles ? Je ne pourrais le leur reprocher, car après tout, j'ai tiré sur maman. J'entend à nouveau le bruit sec de sa nuque contre le sol. Que se souviennent-elles ? Je n'aurais pas dû tirer alors qu'elles se trouvaient encore dans la pièce... J'aurais dû les en sortir, j'aurais dû réagir plus tôt. Mais comment prendre pareille décision ? Je l'ai su, dès les premiers symptômes. Qu'elle ne s'en sortirai pas. J'ai perçu cet espoir dans l'oeil de ma Lucy, cette combativité dans celui de notre soeur. Et l'amour tendre dans le sourire de notre père. Je n'aurais pu briser leurs espoirs...
Qu'elles me haïssent, je ne leur en veux pas. Leur survie seule m'importe, leur amour pour moi passe en second plan. Tout a toujours été en seconde place. Mon sang, ma famille. Mes soeurs. Beaucoup nous ont regardé d'un oeil mauvais, je les comprend. Qui pourrait croire que nous sommes liés par les liens familiaux ? Je suis si différentes d'elles... Mais je les aime.
Qu'elles me haïssent. Je me battrai toujours pour elles, qu'importe ce qu'elles pensent de moi. Qu'importe mon regard dans la glace. Et pourtant...

Je bois cette dernière gorgée, le cadavre glisse lentement de mes mains. Je resserre mes doigts, refusant que le verre n'éclate sur le sol. Cela ne ferait qu'attirer l'attention. Et je me dois d'être discret, de rester cet homme brave, droit, confiant. Ils doivent me voir comme tel. Un homme de devoir.
Cette douleur dans ma poitrine se rappelle à moi. Ce coeur. Déchiré en deux endroits. D'abord pour toi, ma Jane, toi qui était mon univers. Et pour maman. Elle qui était ma vie. Mon âme me fait souffrir... Tu ne me reconnaitrais pas, Jane.

J'entre dans une pièce, je ne l'identifie pas. Déserte. Ma tête tourne terriblement, je me sens vaciller. Et doucement, je m'adosse au mur, mon corps glisse vers le sol. Je tombe. La morsure glacée de la dalle me réveille l'espace de quelques secondes, le temps d'exploser mon poing à terre. La douleur remonte le long de mon bras, réveille mes muscles. Et je laisse la bouteille glisser. Un liquide chaud s'échappe de mes phalanges. Depuis combien de temps suis-je ici ? Dix minutes, trente, une heure ? Peu importe...

La honte s'empare de moi, encore, lorsque j'observe ce poing blessé. La colère dévore mon corps, les remords hantent mon âme. La solitude m'est vitale, relâcher la pression est presque apaisant. Je relève alors la tête, fixe le plafond. Et des larmes s'échappent le long de mes joues, le long de mon cou. Et glissent sur mon torse.
La douleur est toujours là, au creux de cette poitrine douloureuse...

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©endlesslove.

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Lucy Murphy
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04.03.19 19:06

Little talks

Je défile dans les couloirs à la recherche d’une occupation. Les autres de mon âge sont partis se rendre utiles où ils le doivent mais moi, je ne sais pas ce qui m’a été attribué pour aujourd’hui. Hier c’était la lessive, avant-hier le ménage à la cuisine, et aujourd’hui ? M’a-t-on oubliée ? Je me balade donc dans ces couloirs interminables, me mettant sur la pointe des pieds, faisant virevolter mes cheveux, tournoyant sur moi-même. Je m’ennuie très rapidement. Où sont-ils tous ? Je soupire et m’arrête, me retournant, cherchant la moindre âme en peine. Mais il n’y a personne.

Agacée, je me remets en route, faisant claquer l’un de mes élastiques contre ma peau, sans effet. Je longe le couloir, laissant ma main se balader sur la matière froide dont il est composé. Je cherche de la compagnie car j’ai peur que seule, je ne repense à ma mère ou a n’importe quoi qui composait ce temps-là. J’ai encore trop mal de revoir les images. C’est encore beaucoup trop récent pour que je ne puisse me laisser y penser. Alors il me faut quelqu’un pour m’occuper l’esprit, m’interdire d’y repenser.

Un bruit finit par attirer mon oreille, bien plus loin. Intriguée, je me laisse porter par la curiosité et reprends la marche. Je ne vois rien ni personne. Ai-je rêvé ? Pourtant, un second bruit me fait tourner la tête vers la droite. Je ne suis pas seule, définitivement pas. Je n’arrive pas à identifier de quel bruit il s’agit et gentiment, la peur s’installe dans ma tête. Est-ce vraiment un membre de l’aéroport ? Vais-je me retrouver face à l’une de ces saletés de zombies ?

La gorge nouée, la main toujours collée au mur, j’évolue doucement, tourne à un angle et finis par découvrir une petite pièce que je n’avais jamais vue. Et c’est là que je le vois, que la vision me paralyse. Mon frère, mon Ben. En sanglot. En une fraction de seconde, les larmes montent vers mes yeux devant cette vision d’horreur que je n’avais simplement jamais imaginée voir. « Ben ? » Ma voix transperce de silence si lourd. Cette voix qui semble venir du plus profond de mes entrailles.

Mon regard fait vite le tour de la pièce, aperçoit le cadavre de bouteille et mon cœur se serre toujours plus. J’ai mal de le voir ainsi mais encore plus de savoir qu’il en est arrivé à ce point. Lui toujours droit, lui toujours propre. Et puis mon regard se pose sur sa main et mon cœur semble se faire serrer par un étau, toujours plus, jusqu’à ne plus pouvoir battre.

Alors d’un pas rapide, les derniers mètres qui me séparent de mon frère sont franchis et je m’agenouille à ses côtés, jette un dernier regard à sa main puis lui attrape le bras. « Bouge pas. » Mes fesses se posent sur le sol froid de l’aéroport, mes jambes se plient sous mon corps et doucement, ma main vient se poser sur la joue de Benedict. « C’est rien… » Je n’en sais rien, je ne sais pas ce qui le tourmente. J’ai bien une idée, lui qui n’a jamais rien montré, même pas à la mort de Jane. Les fantômes du passé sont certainement revenus jusqu’à lui pour lui faire vivre un enfer. Sauf que cette fois, il n’est pas seul. Ma main glisse le long de sa joue et vient attraper son poignet alors que mon autre main prend la place sur son visage. « Ca va aller, j’te promets Ben. » S’il a besoin de tout lâcher, je suis là, prête à assumer ça, que j’aime ce qui en ressortira ou pas. Ben a été là pour moi depuis mon enfance, c’est à moi de lui retourner la pareille.

Codage par Libella sur Graphiorum

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04.03.19 19:45
Le mal persiste. Et lorsque je la vois, lorsqu'elle entre dans mon champ de vision, la honte se décuple. Je n'ai qu'un désir, m'enfuir. Prendre mes jambes à mon cou, afin que jamais elle ne me voit ainsi. Elle ne doit pas... Elle ne peut pas. Je dois rester ce pilier pour elles, garder cette force qu'elles perçoivent en moi. Je suis l'ainé, je dois... je dois...
Ma tête se tourne, je ne parviens pas à la regarder. Je suis incapable de me lever, la terre tourne autour de moi. Mon corps ne me répond plus, mon esprit déboussolé par les effets de l'alcool. Et lorsque ma Lucy s'approche de moi, je sens la morsure des larmes brûler mon visage. Le flot s'écoule, interminable. Je ne suis que le spectateur d'une affreuse tragédie. Marionnette entre les mains d'un terrible diable, se riant de moi.

Ma Lucy s'agenouille près de moi, je tourne plus encore mon regard vers le sol. J'entend sa voix, mon coeur éclate. Elle ne devait pas... elle n'aurait jamais dû savoir. Me voir ainsi, si faible. Incapable de retenir ces émotions fulgurantes. Lucy ne doit pas me voir épris de ces maux dévorant mes entrailles. Pourtant, elle est là. Et je n'y peux plus rien car à présent, me voilà incapable de bouger le moindre de mes muscles. Mon corps entier est une tonne, le poids considérable de mes cauchemars.
Je la sens qui se saisit de mon bras, je me laisse faire. Ne lui jette toujours pas un regard lorsque les larmes ruissèlent toujours. Sa main se dépose sur ma joue humide, je ne bouge pas. Et sa voix me parvient, si douce. Sa main glisse, s'empare délicatement de mon poignet lorsque sa seconde main se dépose sur mon visage. Je frissonne, sa voix seule résonne sous mon crâne et cette fatale vérité. Elle me voit tel que je suis.
Mon masque se fend, je prend une profonde inspiration et le silence s'installe. Je n'ose toujours pas la regarder droit dans les yeux, ma concentration tend vers mon esprit embrumé. Rien n'est dans l'ordre, toutes mes pensées s'effondrent lorsque j'essaye de les mettre en place. Je ne suis plus qu'un être d'amertume, rongé par le remord. Et épris d'un courage dont je n'aurais cru faire preuve, je relève mon regard bleu glacial. Fixe Lucy, en proie à des douleurs terribles. Ma poitrine brûle.

- Lucy...

Gorge sèche, ma voix s'éraille, les mots s'échappent. Mon poing blessé se serre, ma respiration accélère légèrement. Et je ne la quitte plus du regard, humide de larmes. Elles ne cessent de tracer des lignes de feu sur mes joues, s'étalant sans doute sur la main froide de ma petite soeur.

- Ma Lucy... Je...

Ma Lucy. Mon souffle, ma vie. Susan et Lucy. Celles par qui je me vois, dans leurs pupilles familières. Leur bonheur seul compte, elles seules importent. Je n'ai que rarement fait cas de ma propre existence... jusqu'à Jane. Et depuis sa mort, plus rien ne compte davantage que mes cadettes.
Et pourtant, alors que je plonge mon oeil endolori dans le sien, je ne vois que la douleur. Les remords, le malaise. Et la souffrance d'une perte. J'inspire, ma main glisse lentement vers la sienne, s'en empare. J'ignore la douleur de ma blessure, ne grimace pas. J'entremêle mes doigts aux siens, goûte l'espace d'un instant au silence.

- Pardonne-moi... je t'en supplie, ma Lucy, pardonne-moi...

Le monde tangue, je m'accroche à elle, sa main dans la mienne, seule ancre pouvant m'amarrer à la réalité. Et je baisse ma garde, laisse tomber le masque.

- Je suis désolé... je suis désolé, Lucy...

J'ai besoin de prononcer ces mots, j'ai besoin de les lui dire. Qu'importe sa réponse, je n'en attend aucune. Qu'importe son opinion de moi. Il me faut le lui dire. Lâche prise, Benedict, relâche prise. Un sanglot secoue ma poitrine, un râle racle ma gorge. Et je tousse, m'étouffe. La tempête se calme, les vagues se tarissent. Et mon visage n'est plus menacé des larmes, elles ne coulent plus. Je me sens toujours aussi lourd sur ce sol terriblement froid.
Ma seconde main glisse doucement dans la chevelure de Lucy. Je suis prêt à tout pour mon sang, pour mes soeurs. Elles sont tout... ma raison, ma vie. Et je crains leur jugement plus que le miens...

- Je ne t'en voudrais pas si tu me hais... je suis désolé, luciole...

Quelqu'un devait le faire. Il m'était inconcevable de leur laisser ce rôle, il était mon fardeau. Non le leur. Mon devoir était de les protéger, mon devoir est de les protéger. Je devais mettre fin aux souffrances de maman.

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Lucy Murphy
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19.04.19 17:58

Little talks
Je reste un moment ainsi, ma main sur sa joue, l’autre autour de son poignet. J’attends ce je-ne-sais-quoi qui pourrait faire toute la différence. Car je n'ai simplement jamais vu mon frère ainsi, c’est une première et je me trouve désemparée. Je ne sais pas quoi faire, ce dont il a besoin. Je n’en sais, je suis perdue face à ce tourbillon de sentiments qui semblent le tourmenter. Mais il a toujours été là pour moi et c’est de mon devoir de lui rendre la pareille. Mon frère va mal, je ne sais pas encore pourquoi, mais je ne peux pas le laisser comme ça.

Pourtant, alors que je le pensais au plus bas, c’est un nouveau flot de larmes qui ruissèle le long de sa joue. Mais mon Ben, que s’est-il passé pour que tu en arrives là. Il n’ose pas me regarder, je le sais qu’il a honte, je le sens. Je le connais par cœur, même si cet épisode est nouveau. Il ne devrait pas avoir honte, il devrait pouvoir craquer devant nous sans se sentir coupable. Chacun à le droit à ses faiblesses. Il soupire et je continue de le regarder, de ces yeux doux que lui seul connait. Car je ne suis pas un ange tous les jours. Mais avec mon frère, c’est différent.

Et puis il se décide à relever le regard vers moi et j’en ai des frissons. La douleur se reflète jusqu’au fond de ses pupilles. Il a mal, tellement mal, mais je ne sais pas de quoi. C’est ça qui me fait peur. Que s’est-il passé dans sa tête pour qu’il ne trouve plus de moyen de revenir à la raison ? Que s’est-il passé pour qu’il se sente autant démuni et décide de se plonger dans ces vices ?

Sa voix transperce le silence, cette voix éraillée, sortie tout droit de ses entrailles. Pour prononcer mon prénom. Habituellement, l’entendre me fait du bien, mais là, dit ainsi, ça ne me fait que du mal. Son poing se serre autour de ma main et rapidement, mes yeux font l’aller-retour entre les iris bleues de Benedict et son poing blessé. Il doit avoir terriblement mal, mais l’alcool semble avoir pris le dessus. Je me mordille lentement l’intérieur de la lèvre, sentant de plus en plus l’impuissance face à la situation se manifester dans ma tête. Je ne sais pas quoi faire face à la détresse de mon frère.

Et il reprend la parole, prononce une seconde fois mon prénom. Il commence une phrase et je sais ce qu’il va dire. Il va s’excuser. Je ne sais pas encore de quoi, mais il va le faire. Toute cette culpabilité au font de ses yeux. Mais je ne dis rien, attends sagement qu’il se confie, qu’il partage ce qui ne va pas. Ma main contre sa joue se met doucement à caresser sa peau avec le pouce, pour l’encourager. Et les secondes passent, il ne parle pas. Mais sa main blessée vient s’enrouler entre mes doigts, les serrer fort. Doucement, mes doigts se serrent également contre les siens. Je suis là, Ben. Pour toujours.

Il attend encore de longues secondes avant d’enfin reprendre la parole et comme je le pensais, il s’excuse. Il me supplie et c’en est trop pour mon cœur. Une larme roule lourdement sur ma joue, s’écrase plus bas, bien vite rejointe par une seconde. Merde Ben. Que se passe-t-il ? Il chavire et je le retiens comme je peux. Et encore, il s’excuse et je sens tout le poids des remords dans sa voix. J’ai tellement mal pour lui, ma main en tremble. Il tousse et ma main lâche ma joue pour se poser sur son épaule, l’aider à se reprendre, puis gentiment le replacer contre le mur.

Sa main se glisse dans mes cheveux, je ferme un instant les yeux avant de les rouvrir lorsqu’il parle une nouvelle fois. Et le sol s’écroule sous mon poids. Une larme roule encore sur ma joue. Ce surnom, mais surtout, ces paroles. Comment peut-il penser une seule seconde que je vais le haïr. Je fais le lien avec notre mère, depuis le temps, je me demandais quand ça allait sortir et apparemment, c’est aujourd’hui. Je le savais qu’il s’en voulait terriblement, son regard l’avait trahi à la seconde où ma mère était tombée. Je comprends donc qu’il flanche après tout ce temps à ne rien dire. Mais qu’il pense que je le hais ? Quel monstre serais-je si c’était le cas.

Alors j’inspire difficilement, me redresse et doucement, mes deux mains viennent se glisser de chaque côté de son visage. Le mien s’approche du sien et d’une voix douce mais stricte, je parle. « Je ne te hais pas, Ben. » Je reste ainsi quelques secondes, le regard planté dans le sien. « Si tu parles de maman, tu as fait ce qu’il fallait pour qu’on s’en sorte. » Le ton baisse légèrement, se veut plus doux. « Papa était pas capable de le faire, il a fallu faire un choix, et c’est toi qui l’a pris. On en serait pas là sans toi. » C’est lui qui a fait qu’on en soit là aujourd’hui, lui qui a pris les bonnes décisions au bon moment alors que Papa était complètement sous le choc. « Maman n’est peut-être plus là, mais c’est grâce à toi qu’on est en vie. Tu nous as sauvés, tu m’entends. » Lentement, mon pouce droit vient essuyer le long sillon de larmes de sa joue. « Tu n’as rien à te reprocher, encore moins à te faire pardonner. »

Je fais une pause, respire lentement, sentant une dernière larme rouler sur ma joue avant de me pencher en avant et poser mes lèvres sur le front de mon grand frère. « Je t’aime, Ben. Pour toujours et à jamais. » Et je recule, tente un petit sourire, peu convaincue. « Ne l’oublie jamais. »

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07.05.19 17:46
Le contact de ses mains glissant de chaque côté de mon visage, froides, me réveille l'espace d'un instant. Et je les vois, dans ses yeux, ces larmes, creusant des sillons douloureux sur son propre visage, reflet des miennes. Ma gorge se resserre, je crains son jugement... Je crains la haine dans sa voix, dans ses pupilles. Et pourtant, rien ne vient. Aucune colère, pas la moindre fureur. Seule la bienveillance, l'amour. Et des mots. Quelques syllabes qui font vaciller ma raison, flancher mon coeur. J'inspire longuement, tente de retenir un nouveau sanglot, en vain. La voix de ma Lucy déferle dans mon esprit comme un baume cicatrisant, je semble presque sortir de ce gouffre sans fond qui me dévore lentement.
Je ne te hais pas.
Cinq mots. Je m'y accroche, désespérément. Et ceux qui suivent sont bien plus puissants encore, chacun d'entre eux semblant chasser cette amertume qui me hante. Dans sa bouche, ses mots me donnent l'impression d'être un héros. Dans ses yeux, je vois un homme qui me ressemble et qui pourtant, n'est pas moi. Un homme qu'elle idéalise, bien trop parfait pour ce qui grouille en moi. Je pourrais tuer pour elles, je le sais. Je pourrais faire exploser des montagnes, pour elles, je le sais. Je sens cet homme, caché dans l'ombre, capable du pire pour ce qu'il a de plus précieux. Pour celles qui en valent la peine, pour ceux qui sont son unique raison de vivre.
Je ne suis pas un héros.

Je reste muet face à ma soeur, mon regard fixe le sien, je me raccroche au contact de sa peau contre la mienne. Et lorsqu'elle se penche vers moi, je ne bouge pas. J'en suis incapable. Ses lèvres se déposent sur mon front, je sens un calme s'emparer de mon corps alors que mon esprit torturé s'agite toujours. Et que le monde tourne, toujours trop vite. Elle m'a remise contre le mur, je l'ai senti. Je glisse lentement vers le sol, mais elle est là, pour me relever. Ce rôle qui était alors le miens, devient sien. Le roc s'effrite, la coque se fissure. Et la rose tient bon.

Je t’aime, Ben. Pour toujours et à jamais. Ne l’oublie jamais.

Son sourire déstabilise mon coeur lorsque je me prend ses flèches dans l'âme. Je t'aime. Comment ? J'ai le sang de maman sur les mains. Je le sais, pourtant, c'était la seule solution. Quelqu'un devait le faire. Je recommencerai, mille fois. Et si cela avait été quelqu'un d'autre, je l'aurais fait. Si cela avait été moi... je me serais donné la mort. Pour elles. Sans la moindre hésitation. Pourtant... il s'agissait de maman. Celle-là seule qui la première m'a aimée, celle-là seule qui était un monde pour nous.
Son sang trempe mon âme. Et ces mains, devant moi, je les observe, ces mains coupables. Sans cesse, je me le répète. Benedict, tu n'as pas eu le choix, c'est ainsi, maman est mieux là où elle est, qu'importe où elle est. Je me souviens de son regard... Lucy a les yeux de maman. Je plonge mes pupilles pâles dans les siennes, je la vois. Les mots me manquent pour exprimer ma douleur, pour exprimer ma reconnaissance. En Lucy. Un poids s'échappe de mes épaules si lourdes, ma petite soeur ne me hait pas. Et dans son regard, je ne perçois pas la moindre lueur de colère, d'amertume. Tous ces sentiments néfastes brûlants dans ma poitrine. Ces sentiments que je m'inflige, en punition. Et qui me rappellent en permanence pour quelles raisons je me bat, pour quelles raison je fais ces choix.

Son sourire, il semble si fade, différent. Je tente de me redresser, en vain. Mes muscles ont lâché prise. Ma main glisse au sol, se pose sur celle de ma cadette.

- Merci...

Mon âme s'allège doucement, légèrement. Et je relâche sa main, fuis à nouveau son regard, pour le planter dans ce cadavre exquis gisant à mes côtés. Cette bouteille, vice que je parvenais à fuir, ces derniers mois. L'alcool est cependant un confident bien moins loquace, bien plus pratique... J'ai fuit trop longtemps. Ma raison revient à moi, mes idées s'éclaircissent un peu. Mais mes yeux, pourtant, fixent la bouteille.

- Tout ce que j'ai fait, je le referais. Je n'ai fais que mon devoir, ma luciole, je n'ai fais que tenir ma promesse de vous protégez... il m'incombe de prendre soin de vous. De faire ce qu'il faudra pour vous, qu'importe les conséquences... et pourtant...

J'inspire, éloigne les sanglots que je sens poindre. L'alcool désinhibe, je ne parviens plus à retenir ce flot de mots. Ce flot de vérités.

- ... je ne peux m'empêcher de m'en vouloir. J'aurais dû la sauver, elle aussi... J'aurais dû la sauver, Lucy. J'aurais dû la sauver.

Mon regard s'accroche à la bouteille vide, je crois distinguer le reflet de maman dans le verre. Et lorsque je ferme les yeux, je vois clairement son visage qui m'observe. Doux, apaisant, avant que la pensée ne vire au cauchemar. Qu'elle ne m'assaille des remords tortionnaires.

- Je t'aime au-delà de tout, ma soeur. Je me sais capable du pire pour Susan et toi... Pour toujours et à jamais, je t'aime. Je vous aime. Vous aimerais. Eternellement, qu'importe vos pensées à mon sujet...

Quelle scène pathétique. Pitoyable. Un sourire se fraye un passage sur mon visage tordu par les émotions qui me traversent alors, je ris doucement, amèrement.

- J'aurais aimé que tu ne me vois pas ainsi...

Je tourne ma tête, loin d'elle. Fixe le mur. N'est-ce pas un mauvais rêve ?

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01.06.19 15:38

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Face à mon frère, je me sens démunie. Son mal me parait si profond et moi si faible, que puis-je y faire ? Benedict est ce grand frère que j’ai toujours admiré, qui a toujours tout fait pour passer notre bonheur avant le sien, qui a toujours été bienveillants, mais aujourd’hui, je ne le reconnais pas. Les murs sont tombés, le coffre s’est ouvert et Ben laisse enfin sortir ses démons. Il le fallait, depuis le temps, qu’il le fasse était devenu une nécessité. Pourtant, je suis profondément blessée de le voir ainsi désemparé et surtout, j’ai peur de ne pas réussir à le relever. Et si mon frère ne s’en remettait pas ? Et si la tristesse et la culpabilité restaient dans un coin de son cerveau, le rongent de l’intérieur sans qu’on ne puisse rien y faire ? Je ne veux pas le perdre, pas lui. Sans mon pilier, ma défense, mon tout, je ne suis rien. Alors si mon frère s’effondre, je m’effondre avec lui.

C’est pourquoi face à lui, face à ce regard de détresse, j’ai peur. Mes mots semblent lui faire du bien, mes gestes semblent le soulager, mais quelle est mon importance face à un tel fardeau ? Il se redresse, sa main vient se poser sur la mienne et il me remercie. Je ne sais pas de quoi encore. Certainement d’avoir été là, comme il l’a été pour moi à de nombreuses reprises. Mais c’est de courte durée car déjà, son regard fuit le mien, se perd sur la bouteille qui git non loin.

Il reprend la parole et un gouffre s’ouvre en-dessous de moi. Il est perdu, si loin. Je ne l’ai jamais vu dans cet état. Je l’écoute, en silence, le laisse soulager son cœur même si chacun de ses mots me fait l’effet d’un poignard transperçant mon cœur. Une nouvelle larme roule sur ma joue pendant qu’il m’avoue s’en vouloir. Il n’ose toujours pas me regarder et j’attends, patiemment, qu’il termine ce qu’il a à dire. S’il doit vider son esprit, qu’il le fasse. Que je sache à quelle ampleur je dois faire face.

C’est lorsqu’il rit, qu’il tourne son regard loin du mien et me dit que je n’aurais pas dû le voir ainsi que je me penche à nouveau vers lui pour placer mes mains de chaque côté de son visage et le forcer à tourner la tête en ma direction. J’attends quelques secondes, fixent ses pupilles avant de prendre la parole. « Et pourquoi je devrais pas te voir comme ça, Ben ? Pourquoi tu n’aurais pas le droit toi aussi de relâcher la pression de temps en temps ? Pourquoi tu devrais supporter tout le poids du monde sur tes épaules sans pouvoir décompresser ? Tu es humain, et c’est ce qui te rends si différents de ces saloperies qui ont tué maman. Car ce n’est pas toi qui l’as tuée, tu m’entends ? Tu as simplement achevé ses souffrances. Elle était morte bien avant que tu ne lui donne le coup final. » Je fais une pause, inspire, expire, retiens une énième larme, avant de reprendre. « Tu ne pourras pas sauver tout le monde, Ben. Jamais. C’est notre vie maintenant. La mort nous entoure et je sais que tu fais tout ton possible pour nous garder en vie. Mais tu n’es pas tout puissant. » Je ne lâche toujours pas son regard, le force à ne pas détourner les yeux. « Ce n’est pas pour autant que tu n’as pas de valeur à nos yeux. Tu es notre héros, à ta manière, que tu mettes le monde sens dessus-dessous ou pas. Tu es humain, que tu le veuilles ou non et à mes yeux, tout ce qui comptes, c’est que tu sois vivant. » La larme finit par couler, trop dur pour moi de la retenir. « Tu as le droit d’être triste, choqué, déçu ou que sais-je, mais t’en vouloir ? Non. Tu n’en as pas le droit car tu as fait ce qu’il fallait. Maman n’aurait pas survécu et ce n’est pas par ta faute. C’est la faute à la vie, à ce nouveau monde, à ce virus. Alors si tu as besoin d’en vouloir à quelqu’un, fais-le contre ce virus, bats-toi contre lui et trouve comment le détruire pour que plus jamais nous ni personne n’ait à revivre ce que nous avons traversé. » Doucement, mon pouce vient une nouvelle fois caressé sa joue. Douceur pour faire contraste avec la dureté de mes paroles. « Le monde va mal mais tu n’en es pas responsable. » Je ne souris plus, car Ben doit comprendre.

Les secondes passent et lentement, mes mains lâchent son visage, viennent retrouver la dureté de ses doigts, s’enrouler entre les siennes. « Laisse-moi t’aider à rentrer. Je resterai avec toi une fois que tu seras installé dans ton lit. » Et cette fois, un fin sourire perle au coin de mes lèvres. Ben a besoin de se reposer, de retrouver ses esprits et je suis prête à l’aider à se déplacer jusqu’à sa chambre.

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08.06.19 7:39
Tête tournée loin de son regard à elle, mes yeux se ferment. Mon être entier se consume de l'intérieur, le mal se répand en moi malgré tous les mots de ma soeur. Sentir cette impuissance est atroce. L'impuissance à rester debout, l'impuissance à garder mes soeurs loin du danger, l'impuissance d'être fort... Je sens mes forces diminuer. Ma conscience me rattraper. Je le sais, mes choix étaient justes, pour les miens. Je les referai. Cela ne m'empêche pas pour autant de trouver des remords à mes actes. Et à ceux que je vais commettre.
Mes yeux restent clos lorsque je sens à nouveau les mains froides de ma soeur glisser sur mes joues, tourner mon visage vers le sien. Mes paupières s'ouvrent, face à elle, plongent dans ses pupilles. Elle me fixe de son oeil sombre, entrouvre les lèvres. Un flot de paroles déferle et m'atteint de plein fouet. Ses mots entrent dans mon coeur, mille aiguilles acérées plantées à vif. La terre tourne toujours, je cherche à fuir, elle m'en empêche. Ivre, je n'ai pas la force nécessaire pour tourner mon corps, ma tête. Ses mains me tiennent en étau. Mes muscles se tendent, veulent se réveiller. Seul mon regard est assez fort.

Tu ne pourras pas sauver tout le monde. Je ne souhaite sauver que les justes et, s'il le fallait, je sauverai le monde. Ma soeur marque un point important... je ne peux pas tous les sauver. Mais je peux les protéger ? Protéger ceux que j'aime. Protéger ceux qui sauront reconstruire une société saine, sûre. Mettre les mauvais hors d'état de nuire. Mettre un terme à leurs rêves de fous, trouver ceux qui sauront rebâtir le monde. Les sauver, eux. Pas tous, seulement eux... Pour que mes soeurs puissent vivre dans un monde qui ne les menace pas de mort à chaque seconde. Dans le monde de Seth...

Une larme roule sur la joue de Lucy, mon coeur se fend. Je trouve la force de relever mon bras, pour recueillir cette larme de mon doigt. Avant de s'écrouler à nouveau sur mon corps inerte. Luciole parle toujours, m'assène le coup final. Je ne l'ai pas quitté du regard un seul instant. Ignorant si ses mots me rassurent ou me blessent, je ne peux qu'admirer cette jeune femme qui pour moi était encore une enfant il n'y a pas si longtemps. Quand a-t-elle grandi si vite ? Comment ne l'ai-je pas remarqué plus tôt ? Oh ma Lucy, tu as tellement changé, grandi. J'ai oublié de te regarder.
Elle ne me sourit plus. Ses mots sont durs, son pouce caressant ma joue si doux en contraste. Son discours se tarit, le brasier s'éteint. Et moi, je ne la quitte pas du regard lorsque le silence prend quelques instants sa place. Ses mains relâchent mon visage, mon regard ne relâche toujours pas le sien. Je n'ai plus de larmes, je n'ai plus de sanglots. Je n'ai que ses mots, que son visage face au mien. La douce voix de ma luciole parvient à moi, comme un déclencheur. Je pose doucement l'une de mes mains sur le sol. Sans un mot, je me met à genoux, face au mur. Mains appuyées contre celui-ci, je retrouve les forces dans mes jambes, supplie mes muscles de ne pas me lâcher. Je sens les mains de ma soeur dans mon dos, me soutenir. Je me relève, doucement, Lucy s'assurant que je ne retombe pas à terre.
Face au mur, debout sur mes deux jambes, je ferme les yeux un instant, j'inspire. J'expire. Je me retourne, fait face à ma Lucy, m'assure toujours d'une main contre le mur. Et l'espace d'un instant, le silence s'éternise, j'observe cette jeune femme que je ne semble pas reconnaître tant elle est adulte aujourd'hui. Et je fais un pas vers elle, la prend au creux de mes bras. Je la serre contre mon coeur, si fort. Ne la relâche pas.

- Lucy...

Je semble retrouver mes esprits, l'alcool s'évadant doucement de mon esprit embrumé. Je parviens à mettre mes pensées dans un ordre correct. Sans relâcher mon emprise sur ma luciole, déposant mon menton sur sa tête, je laisse les mots sortir.

- Merci. Pour ces vérités. Il n'est pas facile pour un ainé de montrer ses faiblesses... de dévoiler ses démons... j'aurais voulu que tu me crois sans failles, voilà pourquoi je ne voulais pas que tu me vois ainsi... je dois me rendre à l'évidence et baisser les bras, je ne peux pas te cacher cela.

J'ai besoin d'elles. Elles me rappellent qui je suis, ce que je suis. Mes soeurs, Esther. Toutes les trois, elles me rappellent constamment ce qui importe. J'ai besoin d'elles, plus que quiconque. Et mon père, cet homme qui m'a élevé lorsque je n'étais pas même son fils, j'ai besoin de lui. De sa force. Je suis son fils.

- Je ne peux pas sauver tout le monde, je le sais. Je ne suis pas fautif, je le sais. J'avais peut-être besoin d'une piqûre de rappel... Oh Lucy, vous êtes ce qu'il me reste, je traverserai des mondes pour vous. Je détruirai des monarchies pour vous. J'écraserai des hommes pour vous. Je serais bien des choses, pour m'assurer de votre protection. De votre bonheur. Et j'oublie que...

Je ne la relâche toujours pas, resserre mon étreinte.

- J'oublie que je ne suis rien sans vous. Que vous êtes tous aussi forts que moi, parfois même plus. Je ne suis le héros de personne, je ne serais jamais un héros. Je me bat pour votre survie, au dépend de celle des autres s'il le faut. Je ne suis pas un héros, je ne suis que votre grand frère. Luciole...

Toujours dans mes bras, je soulève tendrement son menton pour parvenir à plonger mes pupilles dans les siennes.

- Tu es mon héros, ma force. Toi. Je me bat pour vous. Et tu me rend si fier, chaque jour. Je me rend compte que je ne t'ai pas vue grandir, que tu es devenue une femme. Je suis tellement fier... Tu me rend fier.

Je sens l'émotion gagner ma gorge, ma voix s'éraille. Et un sourire tendre se fraye un passage au coin de mes lèvres.

- J'ai besoin de toi.

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13.08.19 4:27

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Il me parait choqué, Ben. Par la dureté de mes mots ou par autre chose. Mais il se réveille, petit à petit. Je le vois au fond de ses yeux que quelque chose se réveille. Et pour me le prouver, il se tourne face au mur et tente de se lever. Je m’empresse de le soutenir, l’aider à se mettre debout. Un fin sourire se glisse sur mes lèvres alors qu’il semble remonter doucement la pente. Le fait qu’il soit droit sur ses jambes est déjà un très grand pas comparé à son effondrement de tout à l’heure. Il s’y prend lentement, à son rythme et je le laisse faire, patiemment. Il revient de loin, le retour est donc lent. Mais nous avons toute la vie devant nous, non ?

Et puis après ce qui me semble une éternité, mon grand frère se tourne vers moi et doucement, m’attrape entre ses bras. J’enroule mes bras autour de son corps et profite de cette étreinte, profite de me sentir à nouveau si petite face à lui, de me sentir comme la petite sœur. Et puis il parle, ouvre sa bouche et je l’écoute, sans le lâcher, en profitant même pour fermer les yeux quelques secondes en sentant son cœur battre contre mon oreille. Ses paroles me touchent, me vont droit au cœur. Des déclarations qui me font du bien, qui me prouvent encore une fois à quel point nous sommes si forts ensemble.

Et puis il se détache de moi, me relève le menton et je plonge mon regard dans le sien, retrouve ses iris bleutées et cette souffrance au fond des yeux. Même s’il aimerait le cacher, elle est toujours là. Et puis ces nouvelles paroles qui m’arrachent une autre larme. La force de ces déclarations. Ca me fait du bien d’entendre qu’il est fier de moi, qu’il remarque que moi aussi je change, que malgré que cette vie soit très dure aujourd’hui, elle m’a permis de me surpasser, de devenir plus forte, plus avisée.

Et il sourit, alors doucement, je l’imite. « J’ai aussi besoin de toi Ben, ne pense pas un seul instant que je peux me passer de toi. » Que ferais-je sans mon grand-frère ? Je ne saurais pas où aller, en qui je peux avoir confiance, de quoi je suis capable. Je me construis seule, mais il est et restera à jamais mon exemple. Je suis perdue sans lui.

Je soupire, sans lâcher son regard. Et puis j’attrape sa main. « Allez viens. Rentrons. » Dormir lui fera du bien. Après toutes ces émotions, il en a bien besoin. Alors on se met en route, à son rythme, un pied après l’autre. Je lui glisse de temps à autre un petit regard, un petit sourire, pour l’encourager, mais on fait le trajet en silence, jusqu’à sa chambre, dans laquelle je m’engouffre avec lui. Je l’installe sur le lit, lui enlève ses chaussures puis vient me glisser dans le lit à ses côtés. « T’es en sécurité à présent Ben, je veille sur toi. Tu peux dormir. » Je lui souris, encore une fois, avant de me pencher vers lui et de déposer un baiser sur son front. « Ca te fera du bien. Et je reste là, promis. »

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27.08.19 19:23
L'instant pourrait durer l'éternité, cristallisé au coeur d'un fin dôme de verre. Son regard dans le miens, je prend une minute pour m'imprégner de cette étincelle qui illumine son iris. Et elle sourit. De ce sourire si tendre, si fort qui la caractérise. De ce sourire qu'elle n'offre peu. Si sincère, si vrai. Un sourire destiné à un père. Une soeur. Un frère. Ce sourire qui n'appartient qu'à nous, sa famille. J'inspire profondément, ne la quitte pas du regard. Ne la laisse surtout pas s'échapper de mon étreinte. J'ai besoin de cet instant calme, rare, nous avons besoin d'un moment de répit. Son sourire guérit mon coeur meurtri, un peu. Lucy brise le silence, Lucy brise cette bulle temporelle qui un instant s'était installée. Et prononce de nouvelles paroles, en écho aux miennes. Je souris à mon tour, imitant ses lèvres. La tête ne tourne presque plus, la fatigue des émotions me rattrape. Et l'alcool coule encore dans mes veines, vicieux compagnon.

- J’ai aussi besoin de toi Ben, ne pense pas un seul instant que je peux me passer de toi.

Tout se grave en moi. Pourtant, je le sais, cela. Instinctivement. Nul besoin de me le dire, mais cela fait du bien. De se sentir utile, de savoir que nos efforts ne sont pas vains. De travailler pour une cause qui en vaut la peine. Lucy. Eux. Je serais perdu sans eux. Elle soupire soudain, ma Luciole, ne relâche pourtant pas mon regard qui la fixe toujours si intensément. Comme une ancre dans la nuit, comme un phare dans la tempête. Pour l'instant, je suis incapable de prononcer le moindre mot, l'émotion me prenant à la gorge. Le tamtam qui jusqu'alors frappait contre mes tempes s'éloignant doucement. Lucy attrape ma main. Je me laisse faire, sa voix me parvient à nouveau.
Allez viens. Rentrons.
Alors qu'elle fait le premier pas, je relâche tout et mon corps la suit sans la moindre résistance. Ma main dans la sienne, l'autre contre le mur, je tangue dans un océan sombre. Ma Luciole guidant mes pas de sa lumière. Nous avançons doucement dans les couloirs, elle prend la peine de m'attendre. De prendre le temps. Et, je remarque que nous ne croisons personne. Quelle heure est-il, au juste ? Je tente de regarder ma montre, en vain. Tout est flou. Ma main claque contre le mur lorsque je manque de trébucher, un gémissement s'échappe de ma gorge. Un pique de colère s'empare de moi, agacé qu'elle me voit ainsi. Toujours cet égo, cette perfection maniaque. Lucy s'est arrêtée devant moi, me tenant toujours la main. Je croise son regard. Un signe de tête, je lui intime que tout va bien. Alors, nous reprenons notre déambulation dans ce couloir terriblement long. Lucy est parfaite. Un regard, un sourire, un encouragement. Et je me sens si pathétique... si faible... malgré ses attentions. Malgré ses mots. Je suis tombé bien bas. Le trajet se fait en silence, mes pensées tournent dans cet amas visqueux d'alcool qui imbibe encore mon esprit trop rempli.

Face à moi, soudain, la porte de ma chambre. Depuis quand marchons-nous ? Combien de temps s'est-il écoulé ? Je ne me souviens pas même d'où mon corps s'est effondré. Quel piètre modèle je fais... Lucy ouvre la porte, nous nous engouffrons dans la pièce. Lumière allumée, je plisse les yeux de douleur. Et je me laisse faire. Doucement, elle m'installe sur le lit. Mon esprit s'embrume tant. Doucement, elle ôte mes chaussures. Je suis incapable de le faire seul. Allongé là, je regarde ce plafond si blanc. Immaculé. Et soudain, je la sens qui se glisse à mes côtés. Mon coeur bat fort, dans ma poitrine. Depuis quand est-elle si grande ? Ne me suis-je pas déjà posé cette question ? Je ne sais plus. Oh ma Lucy... Sa voix résonne à côté de moi, me rassure une fois de plus. Prononce des promesses, veille sur moi... Je ferme les yeux. Ma main se glisse doucement vers celle de ma soeur, mes doigts enlacent les siens. Mon corps ne peut rien faire de plus que cela, en cet instant. Trop engourdit.
Le matelas tangue, je la sens qui se penche vers moi, ses lèvres se déposent sur mon front. Y déposent un baiser. Derniers mots, elle se colle à moi, sa tête se glisse sur mon bras étendu, se colle contre mon torse. Le monde tangue. Pourtant, ma Luciole me maintient un court instant dans la réalité. Et je souris, yeux clos.

- Ne vas pas raconter ça à notre soeur...

Je prend une grande inspiration, parler me demande plus d'effort que je ne l'aurais cru. La fatigue commence à peser.

- ... elle... me le rappellerait constamment et ne m'écouterait encore moins...

Mon torse se soulève d'une nouvelle inspiration, plus lente. Mon corps s'éteint doucement, s'endort seul. Mon esprit lui, s'égare un instant et s'embrume plus encore qu'auparavant. Tout tourne et tourne, toutes mes pensées s'évaporent. Et je souris. Presque rassuré, presque serein. Mais toujours honteux de ce qu'elle a pu voir... Dans un dernier souffle avant de sombrer, un murmure s'échappe d'entre mes lèvres.

- Lucy... je t'aime. Pour toujours et à jamais.

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