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 Time after time



Benedict W. Brown
The pain doesn't go away

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01.03.19 18:47
Une fois encore, je rêve de toi. Une fois encore, je ne ferme pas l'oeil de la nuit. Ici, je ne serais sans doute jamais serein. De quoi donc est fait le futur ? Qu'allons-nous vivre ? Est-ce sûr pour nous de rester ici, à l'aéroport, au coeur des conflits ? Rien n'est étonnant qu'un homme prenne le pouvoir en temps d'apocalypse, je m'y suis attendu. La surprise est davantage dûe fait que nous nous retrouvions coincés au coeur du despotisme de cet homme.
Je ne suis que peu rassuré quand à notre avenir, à l'avenir de mes soeurs. Ce n'était pas celui que je comptais leur offrir. Tout mon travail, inutile. Toutes ces années de sacrifices, en vain. Et leurs chances sont gâchées... Je n'y peux rien. Il m'est impossible d'un retour en arrière, il me faut simplement trouver le moyen d'assurer leur sécurité et pour l'heure, nous sommes en sécurité à l'intérieur de l'aéroport. Tant que je maintiens une illusion, tant qu'ils me croient des leurs. Et depuis longtemps, j'enfile des masques.

Mais que sont-ils, pendant la nuit... Je ne suis qu'un homme. Les masques tombent toujours. Et la nuit, je baisse ma garde, dans mon sommeil.
Jane, mes cauchemars sont terribles lorsque tu t'éloignes. Je la vois, dans mes nuits, quand tu n'es pas là. Son regard me glace le sang, sa main si blanche frôle mon visage. Son corps gelé. Et toujours ce bras qui se lève, tend un fusil. Le doigt appuie sur la détente. Coup de feu. Je me réveille, un cri coincé dans ma gorge. Sueur sur le front, mains tremblantes, coeur explosant ma poitrine.
Cette nuit, pourtant, je ne vois que toi. Les fantômes me hantent, je ne dors plus. De lourdes cernes tirent mon regard, Lucy s'inquiète pour moi. Je le vois, je le sens.

Je fixe le plafond. Quelle heure est-il ? Une impulsion fait réagir mes muscles, je me relève d'un bond. J'ose un regard en direction du lit de mon père, il n'est plus dans la pièce. Je crains qu'il ne remarque mes nuits agitées. Pourtant, si cela était déjà le cas, il n'en a pas fait allusion. Je lui en suis reconnaissant.
Je quitte le lit, fait quelques pas, me passe les mains dans les cheveux, ils poussent bien trop vite. Long soupire, je regarde ma montre. Bientôt dix heures. Le monde continue toujours de tourner, les hommes vieillissent encore. Ma main glisse sur mon visage, ma barbe commence à faire son apparition. Fronçant les sourcils, je prend le temps de me raser. Attention futile en temps de guerre, pourtant, j'y tiens. Tu te plaignais toujours de ma barbe, ma Jane, elle te piquait la joue. Je continue à me raser, je ne parviens pas à me défaire de cette habitude. Et j'en conviens qu'il me sied mieux de ne pas être débraillé. Cette apparence de gentleman est primordiale, ma posture, mon attitude. Tout compte. L'homme observe avant de comprendre, l'apparence est la première impression d'un interlocuteur. Alors, je me rase, coupe mes cheveux lorsqu'ils sont trop longs.

Lucy ne trouve rien à y redire, notre soeur en revanche trouve mon attention absurde. Peut-être a-t-elle raison, elle en rit. Pourtant, je perçois cet éclat dans son regard lorsqu'elle le pose sur moi... La rancune l'habite. Et j'en comprend les raisons. Il est hors de question pour moi de la forcer à comprendre mon geste, ou encore à me pardonner. Le temps seul fera sa loi, jusqu'au jour de l'affrontement. Car elle viendra, cette heure où nous parlerons.
Ce serait malhonnête d'ignorer mes sentiments face à la haine profonde que je lis chez ma soeur, à cette amertume qu'elle place dans chacun de ses mots. Notre amour reste intact, pourtant, elle me garde responsable. Je le devine.

Je suis préoccupé. Et mes nuits n'aident guère à la réflexion, bien au contraire. Mon esprit est embrumé par les fantômes et le remord. Je ne suis pas apte à trouver des solutions viables pour notre survie.
Nouveau soupire. J'ai besoin de sortir d'ici, de voir autre chose que ce plafond blanc. Et mes pensées se réfugient là où elles filent lorsque j'ai besoin d'air. Un premier sourire s'étire sur mes lèvres, j'ai besoin de l'entendre, de la voir. Elle me fait du bien à l'âme, depuis le premier jour. Ni une soeur ni une amante, elle te ressemble cependant plus que je ne l'aurais cru. Elle est une amie, la seule en qui je place toute ma confiance. Tu l'aurais aimée...
Je termine ma toilette, menton rasé de près, avant d'enfiler ma chemise, de sauter dans mes chaussures. Prêt, je passe le pas de la porte et avance d'un pas sûr dans les couloirs de l'aéroport. Ma destination est sûre, je n'ai aucune hésitation. Je ressens ce besoin de la voir, de lui parler. Pour ne pas boire...

Ma main tremble légèrement lorsqu'enfin je parviens à la bibliothèque, certain de l'y trouver. Je fais quelques pas, l'aperçoit. Mon sourire s'étire, large sur mes lèvres, laissant apparaître mes fossettes aux coins de mon visage. Je lui fais un signe lorsqu'elle me voit à son tour.

- Tu es bien matinale. As-tu bien dormi ?

Nous nous sommes vus la veille encore. Je m'avance vers elle, posture d'une droiture exemplaire. Je sens mes cauchemars s'éloigner doucement lorsque je plonge mon regard dans le sien.

_________________

Rien n'imprime si vivement quelque chose à notre souvenance que le désir de l'oublier.

©endlesslove.
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Esther M. Cohle
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Ancien métier : PDG des entrerprises Cohle
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11.03.19 12:26
Time after time
   Benedict et Esther

   



   A la bibliothèque, sur ce qui faisait office de bureau, se trouvait des manuels scolaires pour apprendre à lire. Depuis qu’elle avait découvert que le jeune garçon que Seth avait recueilli ne savait ni lire ni écrire, Esther avait décidé de combler ses lacunes. Ce ne fut pas évident de convaincre le jeune Winter de la nécessité d’une telle démarche et elle devait bien reconnaitre que ce n’était pas tous les jours facile car elle devait apprendre à gérer ses coups de colère et surtout de frustration mais à force de patience, de douceur et d’encouragement, elle était parvenue à de jolis résultats. Elle ignorait ce qui était arrivé à ce gamin car il n'en parlait pas et Esther refusait de perdre sa confiance en se montrant trop curieuse ou envahissante mais il était évident que Winter avait vécu des choses difficiles et douloureuses qu'elle ne pouvait même pas imaginer et c‘est pourquoi elle essayait à sa manière de lui apporter un peu de bonheur et de lui montrer que tous les gens n’étaient pas aussi mauvais que ses géniteurs. Quel genre de parents ne scolarisaient pas son enfant ? Quel genre de vie avait-il mené jusqu’à aujourd’hui pour être à tout juste 18 ans, analphabète ?

Esther avait également remarqué que le jeune homme fuyait tous les contacts physiques. Esther, qui était d'un naturel tactile, avait dû apprendre à se contrôler pour ne pas l'effrayer et ne pas le faire sursauter à tout bout de chant tout comme elle avait comprit qu'elle ne devait pas non plus surgir derrière lui par surprise pour ne pas l’effrayer. Il était évident que Winter avait été un enfant battu et maltraité, rien que d’en avoir conscience, sans connaitre les détails sordides, ça lui brisait le cœur, ce qui lui faisait redouter davantage encore de découvrir la manière dont il avait perdu son oeil. La cadette des Cohle n’était pas une femme violente mais elle savait que si elle devait se trouver face aux bourreaux de Winter, elle pourrait se montrer aussi impitoyable que Victoria. Comment pouvait-on lever la main sur son enfant de la sorte ? Cela lui paraissait inconcevable et aussi surprenant que cela puisse paraitre pour une fois, il y avait désormais quelqu’un qu’elle détestait bien plus que Seth. Malheureusement le jeune homme vouait une fascination sans faille pour Seth et quand on connaissait les penchants destructeurs de ce dernier ainsi que la mauvaise influence qu'il pouvait avoir sur son entourage, en pervertissant avec ces idéaux des personnes équilibrés et saines d'esprits, elle ne pouvait pas dire qu'elle s'en réjouissait. Même les personnes les plus sensées finissaient par tomber sous son jouc, tel que le frère d'Alec ou tout simplement sa soeur...
Et ce pour une simple raison, c'est parce que la plupart des gens, et elle ne faisait pas exception à la règle, recherchaient leur place dans ce monde et de ce fait, étaient attirés par les structures sociales élaborés qui leur permettait d'appartenir à un groupe, d'avoir un rôle à jouer. Un être privé de son libre arbitre intellectuelle se retrouve très vite à s'accroche à ses maigres certitudes pour survivre. Winter était encore jeune et c'est pourquoi il était important de lui ouvrir l'esprit et cela commençait par l'éducation. Outre le fait qu'il était vitale pour sa propre survie d'apprendre à lire et écrire, Esther souhaitait le voir s'ouvrir l'esprit et réfléchir par lui-même

Une présence la tira hors de ses réflexions et instinctivement la jeune femme releva la tête en direction de l'homme qui se trouvait sur la pas de la porte. Accueillit par un immense sourire dès qu'elle le reconnu, Esther referma son petit manuel et se leva aussitôt de son bureau pour le rejoindre. Esther avait fait la connaissance de Benedict ici, dans cet aéroport. Lui aussi faisait parti des nombreux rescapés qui avaient échoué ici. Au fil du temps il avait fini par devenir un ami précieux avec lequel elle appréciait beaucoup d'échanger et de discuter. Il avait des opinions toujours très intéressantes même si elle ne les partageait pas forcément, mais ils avaient tous deux suffisamment de savoir vivre et de respect mutuel pour accepter l'opinion de l'autre sans chercher pour autant à l'imposer. Il n'était pas rare non plus que tous deux aient des discussion en langues étrangères afin de continuer à pratiquer des langues dont ils n'avaient désormais plus l'usage. Cela pouvait paraître idiot et inutile mais outre le fait qu'il s'agissait d'un excellent exercice intellectuel, cela leur permettait également d'avoir des conversations plus privés qui se tenaient loin des oreilles indiscrètes. Il y avait très peu de choses dont elle ne parlait pas avec Benedict, et les cours qu'elle donnait à Winter en faisait parti. Principalement par respect pour le jeune homme qui n'avait pas besoin de voir ses lacunes être ainsi exposé aux yeux de tous, il avait sa fierté et elle sa discrétion.

- Et toi tu es toujours aussi élégant, constata-t-elle.

Benedict devait probablement être l'un des rares hommes pour ne pas dire le seul, à prendre encore soin de son apparence dans ce monde dévasté. En plus d'être un homme intelligent et cultivé, il était courtois, avait des manières charmantes, et restait élégant en tout temps.

- Oui merci, et toi ? voulut-elle savoir non pas par politesse mais sincèrement soucieuse tout en l'invitant à la suivre.

Elle le conduisit vers le petit placard qui se trouvait au fond de la pièce et qui lui servait de remise dans laquelle elle entreposait des ouvrages qu'elle avait choisi de garder mais qui n'avait plus véritablement d'intérêt comme les livres de cuisine ou de cinéma. S'y trouvait également des ouvrages qui avaient déjà leur emplacement sur les rayonnages de la bibliothèque mais qu'elle possédait en plusieurs exemplaires au cas où d'autres personnes auraient souhaiter les consulter. Prenant une boite en carton sur laquelle elle avait inscrit le nom de l'ancien avocat, elle laissa la porte du placard ouvert et posa son bien sur la table.

- J'ai repensé à notre discussion d'hier soir, lui apprit-elle en glissant une de ses mèches blondes derrière son oreille sans se départir de son sourire et... je ne sais pas si ça pourra vous aider toi et Clara mais j'ai trié tous les ouvrages, livres et magazines confondus, que j'ai pu trouver sur l'agriculture, les serres, certaines méthodes... il y a même plusieurs articles sur l'agriculture canadienne et un autre sur l'agriculture en milieu difficile . Tout est là. Je n'y connais vraiment rien, mais peut-être que cela pourrait nous être d'une quelconque utilité

Esther savait que Benedict avait à coeur de faire en sorte qu'ìls parviennent à vivre de manière auto suffisante, s'ils y parvenaient peut-être bien que Seth n'aurait plus d'excuses pour asservir les autres communauté... même si elle n'y croyait pas réellement

   
   
   
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Benedict W. Brown
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15.03.19 17:51
Le dos droit, je me tiens face à elle et je sens mes épaules se détendre. Mon sourire ne se force pas à rester en place, il y reste naturellement, alors que ma respiration ralentit légèrement. Esther remarque toujours mon apparence soignée, elle ne s'en moque pas et pour cela, je lui en suis reconnaissant. Cette vieille habitude me rassure, même si je ne suis pas prêt à l'avouer. Je leur laisse croire que c'est un tic du gentleman qu'ils voient en moi, par mesure de précaution. Seulement, garder cette apparence qu'Elle a toujours connue, me rassure. Ma mère. Voir ce reflet qu'elle voyait en moi est une ancre, pour ne pas sombrer définitivement dans les remords qui m'assaillent. Et cette terrible dépression qui me pèse.
Une longue inspiration soulève ma poitrine, l'expiration lente me fait du bien. Et je fixe toujours mon amie.

- Je vais bien, merci, la nuit a été un peu courte, mais je sens que l'énergie me revient soudainement.

Un demi-mensonge. Je le sais, je peux être honnête avec elle. Je lui fais part de mes inquiétudes, de certains de mes états. Oserai-je dire qu'elle en sait plus que n'importe qui à mon sujet ? Je le crains et cela me rassure. Sa présence et sa bienveillance me rassurent, nos échanges me font du bien. Pourtant, certains aspects de moi-même lui échappent, car je refuse simplement qu'elle ne les apprenne. Pour la protéger de mes maux, les siens lui suffisent.
Mes démons... L'alcool. Je fais attention, qu'aucun habitant de l'aéroport ne le découvre et j'en suis le premier étonné. Combien de temps encore pourrais-je rester discret ? Je ferais de mon mieux. Mais Esther, j'espère qu'elle l'ignorera toujours. Qu'en penserait-elle ? Que penserait-elle si elle apprenait comment est morte ma mère ? Je crains que son regard ne change. Je tremble de percevoir mon regard dans le sien. Parce qu'elle, elle me connait bien mieux que certains et son opinion compte.

Elle m'a conduit vers le petit placard, au fond de la pièce. Elle se saisit d'une boite en carton, j'y lis mon nom. Elle le dépose sur la table, attise ma curiosité à son paroxysme. Et je souris lorsque je l'écoute. Esther s'est donné bien du mal pour me dénicher ces ouvrages, articles et autres écrits utiles à mes recherches. Je m'empare d'un article, le survole légèrement. L'habitude des études ne m'a jamais quitté, mes yeux captent les informations principales dans un vague survole du texte. Et lorsque je relève mon regard, je fixe Esther, un sourire au coin des lèvres.

- Tu es merveilleuse. Tu as recherché ces ouvrages après notre discussion d'hier soir ?

Deux légers rires secouent ma poitrine.

- Comment puis-je rivaliser avec une telle attention ?

Clin d'oeil, mon sourire ne quitte plus mon visage, oubliées les craintes de la nuit. Coincées derrière une porte à demi-close. Mes mains feuillètent les nombreux articles et ouvrages triés à mon attention, mon regard à demi attiré par les mots couchés sur le papier. J'ai bon espoir de trouver une solution viable sur le long terme, j'en suis convaincu. Tout est possible. Que m'importe s'il me faut alors participer à de quelconques expéditions à l'extérieur, je le ferais. Si cela peut garantir la sécurité vitale de mes soeurs, mon père et Esther. Et de ceux que je considère comme mes amis.

- Je n'y connais absolument rien, je te l'avoue sincèrement. Après tout, les livres de droit n'apprennent en rien l'agriculture et tous ses secrets, mais quelqu'un doit s'y coller. Je suis inutile partout ailleurs, autant mettre mes capacités sur des combats plus importants. Comme celui-ci. Mais vraiment, merci. Je pense que ces ouvrages vont m'être d'une grande aide. Puis-je te les laisser dans le placard pour l'instant ?

Pensif, je l'observe quelques minutes avant de reprendre la parole.

- Il va me falloir te remercier, j'y réfléchirai. Que dirais-tu de sortir prendre l'air ?

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Esther M. Cohle
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22.03.19 18:33
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Benedict et Esther




La surprise qui se peint sur le visage de Benedict en découvrant ce que contenait le carton étiqueté à son nom, étire davantage encore son sourire. Surprendre ses proches, ses amis, leur faire plaisir ou être d'une quelconque utilité pour eux a toujours été une source de bonheur pour elle. Esther scrutait la moindre réaction de son ami pendant que ce dernier feuilletait avec intérêt les livres qu'elle avait soigneusement sélectionné pour lui. L'homme parcourait certains articles d'un oeil vif et rapide pendant qu'une petite ride de concentration striait son front preuve de son intense réflexion sur le sujet. Esther ignorait si ce qu'elle avait préalablement trié pourrait s'avérer d'une quelconque utilité ou si au contraire tout cela était parfaitement inutile mais elle espérait sincèrement que ça pourrait les aider, au moins un peu. Dans quel but ? Certainement pas celui de restreindre la soif insatiable de conquête de Seth, Esther ne se faisait aucune illusion à ce sujet. Même s'ils parvenaient à se rendre auto-suffisant, elle ne doutait pas une seule seconde que le leader des Protectors éprouveraient toujours ce besoin de conquête, ce besoin irrépressible de dominer et de soumettre les autres à sa volonté. Avant c'était pour les protéger des communautés hostiles, ensuite pour les nourrir, la prochaine fois ce sera pour s'approprier toutes les armes... Seth était comme Attila le Huns ou Alexandre le grand,... il avait besoin de conquérir sans cesse, encore et toujours et il ne s'arrêterait que lorsqu'un autre aura pris sa place. Pour le meilleur ou pour le pire ? Ça ils ne le savaient pas encore mais Esther doutait franchement que puisse un jour venir où elle regretterait cet homme s'il venait à disparaître.
Alors même si elle avait conscience de tout ça, pourquoi avait-elle cherché à aider Benedict ? Tout simplement parce qu'elle savait ce que c'était que de vouloir se rendre utile, combien il était nécessaire d'avoir un objectif qui soit utile à la collectivité car elle lui ressemblait sur ce point, ça leur permettait tout simplement d'avoir l'esprit occupé à autre chose qu'à la situation dans laquelle ils se trouvaient. Et puis si jamais ils parvenaient à faire en sorte que leurs cultures soient enfin viables, qu'ils n'aient plus à piller toutes les réserves des autres communautés qui s'étaient retrouvés sous leur joug pour survivre, cela permettrait indéniablement à plus de monde de manger à leur faim... Améliorer leur quotidien n'était pas une manière de soutenir Seth dans son désir irrépressible de conquête, du moins pas à ses yeux. Après tout, ce n'était pas comme s'il s'agissait de trouver le moyen de lui créer une fabrique d'armes, pour elle s'était totalement différent, elle était parvenue à s'en convaincre.

- Oui, je savais que j'avais vu des livres sur le sujet et plus j'y pensais, moins je trouvais le sommeil, alors... voilà,
fit-elle en haussant les épaules comme s'il ne s'agissait pas de grand chose

Et à ses yeux, c'était le cas, elle n'avait pas fait grand chose. Elle n'avait pas fais ça pour recevoir une quelconque reconnaissance mais uniquement parce qu'elle en avait la possibilité. D'ailleurs lorsque ce dernier lui fit comprendre qu'il souhaitait la remercier la stupeur effaça presque aussitôt son sourire, pour preuve qu'elle ne s'attendait absolument pas à une telle proposition

- Tu n'as pas à rivaliser voyons. Si tu y parviens je ferais partie de ceux qui bénéficieront du fruit de tes recherches, et là, ce sera moi qui ne sera pas comment te remercier, mais je sais déjà que tu me rétorquera alors, que je t'avais aidé en te confiant ce document. Donc, je ne dirais qu'une chose : Tu n'as pas à me remercier, c'est un travail d'équipe, fit-elle dans un grand sourire avant que son regard ne soit attiré par un article que Benedict tenait en main et sur lequel il s'était arrêté pour lui poser sa question. Oh regardes, fit-elle en attirant son attention sur l'article en question, j'ai trouvé celui-ci particulièrement pertinent. Cela devrait être possible non ?

La réponse qu'il lui formula la pris totalement au dépourvue. Esther fut profondément peiné par ce qu'elle entendait, à aucun moment elle ne se serait attendu à ce que Benedict se sente... inutile ? Comment pouvait-il penser cela ? A bien y réfléchir, si elle voulait être parfaitement honnête, elle comprenait parfaitement ce qu'il éprouvait, lui, un ancien ténor du barreau, un homme qui avait pour habitude de maitriser absolument toutes les situations se retrouvait aujourd'hui à la fois impuissant mais aussi totalement dépassé... Posant sa main sur son bras tant pour attirer son regard qu'en guise de soutient, elle ne pris la parole que lorsque ses yeux croisèrent les siens

- Ne dis plus jamais que tu es quelqu'un d'inutile, Benedict, parce qu'il n'y a rien de plus faux. Tu as un rôle à jouer et ton savoir tu dois le garder précieusement jusqu'au jour où la civilisation renaitra de ses cendres. Seth adore imposer des règles, mais ce sont ses règles, or nous savons tous les deux qu'il n'y a pas de civilisation sans loi ni justice et par conséquent sans droit. Pourquoi ne rédigerais-tu pas une sorte de code civile adapté à notre nouvel environnement, à notre nouvel manière de vivre ? Un jour nous pourrons peut-être en faire usage, proposa-t-elle

Car oui, Esther était persuadée qu'un jour, tout reviendrait à la normal. Cela ne se produirait peut-être pas pendant leur génération ni pour la suivante mais un jour, les hommes rebâtiront une véritable société où la loi du plus fort n'aura plus court. Et ce seront des hommes comme Benedict qui rendront ça possible

- J'aimerai beaucoup, lui sourit-elle. Je remets tout ça dans le placard, tu sais où ils sont si jamais tu les cherches et tu peux même les prendre dans ta chambre si tu as envie de travailler le soir, il n'y a aucun problème

Après avoir à nouveau rangé les ouvrages dans le placard, elle prit son manteau et tous deux quittèrent la bibliothèque pour marcher un peu sur l'ancienne piste d'atterrissage

- Si on m'avait dit un jour, que j'arpenterais cette piste je ne l'aurais jamais cru,
s'en amusa-t-elle. Tu as beaucoup voyagé toi ? Où es-tu déjà aller ?
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Benedict W. Brown
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14.04.19 19:30
La réaction d'Esther me prend au dépourvu. Le contact de sa main sur mon bras semble me retenir, attirant mon attention. Mon regard fixe le sien, je deviens muet. Ses mots me touchent plus que je ne m'y serais attendu, je n'ai plus l'habitude que l'on me parle ainsi. Seule ma mère savait le faire. Parfois, Lucy essaye. Cela ne produit pas le même effet, malgré qu'elle soit ma soeur. Et c'est bien pour cette raison que l'effet diffère, je suis le grand frère, il est de mon devoir d'être celui qui dispense les leçons et les conseils. Vieux jeu ? Probablement.
Je l'écoute et trouve un sens en ses paroles. Un sens qui s'était dérobé à moi depuis peu, je m'en rend soudainement compte. Parce que certains en oublient l'avenir et les possibilités d'une nouvelle société, l'espoir d'un nouveau monde. Peut-être ai-je perdu cet espoir à force de me battre dans ce monde d'apocalypse, un monde de combats interminables. Je fixe toujours Esther du regard, muet, un vague sourire planant sur mes lèvres.
Rédiger un nouveau code civile. En voilà une idée bien étrange, dans de pareilles circonstances. Et pourtant, elle ne m'est pas si absurde, car après tout, il faut des règles et des codes pour qu'une société fonctionne. Des lois qui mettent chaques femmes et hommes au même niveau. Tout ce que ne sont pas celles de Seth... Peut-être serais-ce nécessaire d'adapter un nouveau code civil à notre nouvelle vie.

Mon silence perdure, esprit perdu dans ses propres pensées. Esther en profite alors pour reprendre la parole, accepter ma proposition. Et lorsqu'elle range mon dossier dans son placard, je ne la quitte pas du regard.

- Merci, Esther.

Elle prend son manteau avant que nous quittions la bibliothèque, nos pas nous menant vers l'ancienne piste d'atterrissage. Ses paroles résonnent encore en moi, comme un baume à mon coeur. Être utile est une idée qui gonfle nos âmes, en ces temps troublés. Et je n'échappe pas à la majorité, j'ai besoin de me sentir utile. D'aider ceux qui comptent pour moi.
Le vent caresse ma peau alors que nous évoluons sur la piste d'un pas tranquille. Et la discussion tourne, prend un virage de souvenirs. Je souris.

- Personne n'aurait cru que les avions cesseraient de s'y poser, encore moins que nous commencions à tenter de le transformer en champs agricoles. C'est vrai qu'il est étrange de marcher sur cette piste. J'ai encore l'impression qu'un avion s'y posera.

Le monde ne sera plus jamais ce qu'il a été un jour. Ou dans de nombreux siècles, peut-être. Les voyages sont aujourd'hui une idée absurde ou une bien belle utopie. Pourtant, la simple idée de partir quelque part fait un bien fou à l'esprit, imaginer une plage de sable fin, un coucher de soleil par-delà l'océan, un piste de neige vierge de toute trace de skieurs ou encore un mont à gravir pour le simple plaisir de la marche, du défi. Le plaisir est devenu une denrée rare, le voyage un simple souvenir emprunt de bonheur.

- Plutôt, oui. Ma femme aimait beaucoup voyager, surtout en orient. Nous sommes allés plus d'une fois en Chine, Shanghai est vraiment belle... était.

A quoi ressemblerait-elle aujourd'hui, cette si grande ville ? Et les autres ? Jane, tu aurais été blessée de voir le monde d'aujourd'hui. Toutes ces villes que tu adorais, ces pays qui te faisaient tant rêver. Ces cultures que tu prenais plaisir à découvrir, tous ces longs étés. Tu te moquais de ma façon de te regarder, toujours. Tu me rappelais qu'il était de mon devoir de profiter de ces images, de les imprimer dans ma mémoire. Au lieu de cela, je ne voyais que toi. Toujours. Regard illuminé d'un bonheur sans nom. Je remercierai presque le ciel de t'avoir prise à moi, tu ne connais pas ce monde qui t'aurais tant déçue...

- Hong-Kong, Bangkok, Tokyo. L'Amérique du Sud, aussi. Elle aimait le Brésil.

Je ris en pensant à ce jour...

- Je lui ai fait ma demande lors de l'un de nos voyages, au Pérou. Elle a cru que je plaisantais, j'ai bien cru qu'elle me dirait non. Je n'oublierai jamais son rire nerveux lorsqu'elle a compris que ce n'était pas une blague.

Les souvenirs s'emparent de moi, inondent mes pensées de douces images. Je n'ai jamais cessé de penser à toi, ma Jane. Je n'ai jamais cessé de me plonger dans nos souvenirs, lorsque je ne te vois pas au détour d'un couloir. Mon esprit me joue des tours.
Je plonge mes mains dans mes poches, mes yeux se plissent lorsqu'un rayon de soleil m'éblouit.

- Merci, pour tout à l'heure. Pour le coup de pied... Je pense que j'avais besoin d'entendre quelque chose comme ça. J'ai l'impression que tout m'échappe constamment lorsqu'avant je contrôlais tout... et c'est difficile...

Je me racle la gorge, ne jette pas un regard à Esther. Nous marchons toujours. Il est difficile pour moi d'accepter de me soumettre, du moins en apparence, à un homme tel que Seth. Terriblement difficile.

- Tu as aussi voyagé ?

Je reprend le cours de notre conversation, je crains de parler plus de certains des sentiments qui m'habitent.

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Esther M. Cohle
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Benedict et Esther




L'émotion qui avait brillé dans le regard de Benedict à l'idée de porter leur pierre à l'édifice du monde de demain ne lui avait pas échappé et l'avait fait sourire. Il n'y avait rien de plus douloureux que de voir un homme comme Benedict se sentir inutile alors qu'il n'y avait rien de plus faux. Il avait tant de choses à apporter... Peut-être pas dans le domaine de l'agriculture où il n'y connaissait pas grand chose, mais dans son champs de prédilection à lui : le droit.
Malheureusement, Seth et ses règles avaient le don particulier de faire se dévaloriser les gens de valeurs qui refusaient de se transformer en brutes épaisses dans le seul but de faire appliquer ses dictats. Il se sentait inutile, pourtant il n'y avait rien de plus faux, c'était même tout l'inverse, et elle était là pour le lui rappeler . Il en fallait de la force et du courage pour ne pas se laisser influencer, Alec était de ces hommes tout comme Benedict, guère étonnant que les deux hommes étaient si proches, il se ressemblaient beaucoup...
Pour sa part, Esther refusait de croire que désormais, c'était ça leur monde. Peut-être avait-elle besoin de se raccrocher avec force et conviction à ce qu'elle avait toujours connu pour ne pas sombrer elle aussi mais elle ne pouvait concevoir que l'avenir serait désormais la vie qu'ils connaissaient aujourd'hui. Il y avait forcément un espoir, il y avait toujours un espoir... ils pouvaient soit attendre qu'ils viennent frapper à leur porte, soit le provoquer. Leur monde tel qu'ils l'avaient toujours connu avait certes été détruit mais tous ensemble ils pouvaient le reconstruire et pour qu'il soit viable pour tous, Benedict avait un rôle capitale à jouer. Le regard qu'il avait posé sur elle, ce sourire confiant qu'elle n'avait encore jamais vu se dessiner sur ses lèvres avant aujourd'hui et ce merci si plein de reconnaissance lui avait fait chaud au coeur

Bien que les températures s'étaient vraiment radoucit, les deux adultes bravèrent le froid pour marcher tranquillement le long de la piste atterrissage, ce qui ne manqua pas de les amuser. Qui aurait cru qu'un jour ce serait autorisé ? Qui aurait cru qu'un jour ils en seraient là ? Parfois Esther se réveillait avec l'espoir d'avoir fait un véritable cauchemar mais les jours passaient et le cauchemars lui, se répétait inlassablement. Préférant ne pas assombrir ce moment alors qu'elle était en si agréable compagnie, la jolie blonde se concentra sur chacune de ses paroles, et à vrai dire, perdant son regard sur deux carcasses d'avion qui s'étaient rentrés dedans, Esther se demanda si il y avait encore des avions viables dans les hangars, et si quelqu'un était capable de les piloter. Mais pour aller où ? Est-ce qu'il existait d'autres groupes comme les Protectors dans le pays ? Des personnes encore plus dangereuses que Seth ? En son for intérieur Esther ne pouvait pas le concevoir mais elle avait apprit qu'il ne fallait jamais jurer de rien. Levant un regard navré sur l'homme qui se tenait à ses côtés, un faible sourire se dessina sur ses lèvres alors que Benedict se reprenait, remplaçant la beauté présente de Shangai par un temps du passé. Nul ne savait ce qu'il était advenu des autres pays, ni même dans quel état ils se trouvaient que ce fut Shangai, Paris, Milan ou encore New-York, mais cela ne devait etre guère différent de ce qu'ils connaissaient ici...
Il y avait quelque chose de réconfortant à attendre parler cet homme de sa défunte épouse, Esther n'avait jamais eut le plaisir de la rencontrer mais avec tout ce que Benedict lui révélait sur elle, la jeune femme était persuadée qu'elles se seraient vraiment bien entendues. Mais plus que tout, elle réalisait à quel point cette femme avait de la chance d'être aimé à ce point par un homme comme lui. Il n'y avait pas un seul jour qui passait sans que Benedict ne l'évoque avec amour et douceur. Elle ne pensait pas que cela puisse exister ailleurs que dans les comédies romantiques ou à travers les livres de Jane Austen et pourtant cet amour là était vrai, pure et sincère. Bien sur tout n'était pas parfait, dans aucun couple, aussi heureux puissent-ils être, ça ne l'était, mais Benedict et sa femme s'approchait de cette perfection.... ça lui fendait le coeur de savoir que la vie avait été cruelle avec eux en arrachant la regrettée Jane à son âme soeur. Il était évident qu'elle lui manquait cruellement aujourd'hui encore, malgré toutes ces années
Loin de se laisser aller à la mélancolie, un petit rire s'échappa de ses lèvres en écoutant Benedict lui narrer son anecdote concernant sa demande en mariage. Il lui avait semblé avoir vu un beau livre de photographie sur le Pérou et même la Chine si elle ne se trompait pas. Quand elle rentrerait, elle le chercherait et offrirait celui sur le Pérou à Benedict. Elle ne doutait pas un seul instant que parmi tout cet épais recueil de photographies, se trouverait des lieux rattachés à de tendres souvenirs qui n'appartenait qu'à luiet si cher à son coeur.

Le soleil qui s'était caché derrière les nuages jusqu'à présent était soudainement réapparut, se réverbérant dans la neige en un éclat éblouissant. Portant sa main en visière afin de pouvoir observer l'homme qui s'était arrêté pour faire quelque chose à laquelle elle ne s'était absolument pas attendu : le remercier pour ses paroles prononcées un peu plus tôt dans la bibliothèque.

- Tu es le premier homme que je connais qui me remercie de le faire crouler sous le travail, on parle quand même de réécrire intégralement le code pénale,
le taquina-t-elle avant de lui faire une promesse en posant sa main sur son bras. Je serais toujours là pour te rappeler qui tu es, et tout ce que tu as à apporter dans ce monde et puis tu sais, fit-elle en croisant ses bras devant elle, tu n'es pas le seul dans ce cas et à se te sentir dépassé... Beaucoup de choses nous échappe, c'est normal de ce sentir complétement dépassé, tu n'es pas le seul à ressentir cela. Ce monde est nouveau pour nous et si certains s'y adaptent très bien, comme si ce monde apocalyptique était fait pour eux, ce n'est pas le cas de la majorité d'entre nous. Et puis tu sais ce qu'on dit, seul le fou est sur de lui, plaisanta-t-elle tout en reprenant sa marche

Et qui plus que Seth était sur de lui ?
Fermant cette petite aparté, Benedict revint sur la conversation qu'ils avaient laissé en plan et Esther ne pu s'empêcher de grimacer à sa question avant de lever sur lui un regard qu'elle plissa légèrement à cause de la forte réverbération du Soleil qui semblait bien décidé à ne pas les quitter pour son plus grand plaisir.

- Est-ce que le Lac Okanagan et Big White ça compte ? Je ne me suis jamais éloignée de Kelowna, je ne sais pas pourquoi... je me prenais peut-être trop au sérieux, m'incombant de responsabilités qui n'étaient pas les miennes. J'ai voyagé par procuration grâce à Victoria. Ma soeur a été une grande voyageuse avant de revenir ici et...

Esther s'était interrompue subitement, réalisant qu'elle s'apprêtait à révéler un pan du passé de Victoria que sa soeur n'apprécierait probablement pas. Personne ne savait qu'elle avait fondé une famille ni ce qui était arrivé par la suite. Esther savait qu'elle pouvait se fier à Benedict, tout comme elle savait qu'il ne répéterait rien de ce qu'elle s'apprêtait à lui dire mais, elle ne pouvait pas faire ça. Si ça l'avait concerné elle, et uniquement elle, elle n'aurait pas hésité mais ce secret-là il appartenait à Victoria, c'était à elle, et à elle seule de choisir d'en parler ou non. Ce n'était certainement pas à elle de prendre la décision à sa place.

- Et puis ensuite mon père est tombé malade, j'ai dû prendre la succession de l'entreprise et on peut dire que j'étais littéralement vissé à la chaise de mon bureau, alors les voyages... je t'avoue que non... mais je le regrette aujourd'hui. Vous entendre parler, toi et Alec de toutes vos expériences, de tous vos voyages, me donne la sensation d'y avoir été avec vous, ça me console un peu. Et toi ? Est-ce qu'il y a des choses que tu n'as pas pu faire à cause de l'infection et que tu regrettes ?
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Benedict W. Brown
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16.07.19 10:10
Les mots d'Esther forcent mon sourire à s'élargir sur mon visage. Crouler sous le travail n'a jamais été un problème pour moi, j'aime m'occuper l'esprit. Et malgré que je sois devenu avocat davantage par besoin que par un désir profond, je trouve un certain plaisir à me plonger dans le droit. J'ai toujours aimé les mystères, les défis, être avocat m'apportait chaque jour un lot de challenges à relever à la hauteur de mon esprit affuté. Je ne suis pas homme à me vanter, pourtant, mes résultats démontraient mieux que des mots mes exploits en tant qu'avocat. Personne ne m'a jamais remis en cause, je me souviens des nombreux clients venant me trouver.
Alors si aujourd'hui l'on me demande de rédiger intégralement un code pénal, je le ferais. Parce que je suis plus apte qu'un autre, mais aussi parce que de tous les hommes qui vivent encore autour de moi, je ne place ma confiance en aucun d'entre eux pour le faire. Qui pourrait faire preuve du recul nécessaire pour faire passer le bien de la communauté et de l'être humain avant le sien ? Je protège mes soeurs. Et jamais pourtant je ne ferais quoique ce soit contre les gens de bien.

Je tourne la tête lorsqu'Esther dépose sa main sur mon bras, croise son regard. Les mots qui suivirent me firent plus de bien encore que ceux qu'elle m'a offert jusqu'alors. Mon sourire s'élargit à mesure que ses lèvres laissent échapper ces vérités. Que ne l'ai-je pas rencontrée plus tôt ? Cette femme a cette capacité à ressortir le bien en moi, cette capacité à réveiller l'homme de bien que j'ai pu être lorsque je m'engageais pour la justice. Ses mots, ses attentions, son regard. Comme un phare. Oh Jane, est-ce toi qui me l'envoie ? Pour me rappeler à ce souvenir fantôme que j'ai été ?

La conversation reprend son cours. L'aparté clos, les sentiments rangés dans le placard à cet effet. Nous marchons à nouveau. Et, mains dans le dos, je relève légèrement le menton vers le ciel tout en écoutant les récits de mon amie. Elle s'interrompt soudain lorsqu'elle parle de Victoria, je baisse mon regard dans sa direction. Quelque chose cloche, mes sourcils se froncent. Et pourtant, je n'en fais rien, je la laisse reprendre le cours de ses pensées alors que nous continuons toujours notre déambulation. Sa soeur reste un mystère, une curiosité qu'il me faut apprivoiser. Sbire de Seth, elle semble impossible à corrompre pour ma cause. Il me faudra trouver ces âmes qui encore sont bonnes, comme Esther. Ces personnes qui croient encore en la bonté, en la possibilité de vivre sans la dictature et la domination.

Son père est tombé malade. Mon doigt, d'instinct, vient jouer avec l'alliance à mon doigt, je sens le contact de celle qui se balance, pendue à mon cou, dissimulée sous mes vêtements. Et mon coeur se serre. Pour toi, Jane. Mais pour Esther, aussi. Pour ces regrets qu'elle ressent, pour ces pays que nous avons vu, qu'elle ne pourra probablement jamais visiter.

- Peut-être que tu le pourras, un jour. Peut-être que le monde se calmera et que nous pourrons à nouveau voyager dans le monde, sereinement. Après tout...

Je lui souris lorsque je plante mon regard dans le sien.

- ... c'est toi qui me parle d'espoir et me rend optimiste, n'est-ce pas ?

Mes yeux se plissent au soleil, la chaleur nous frappe. L'été arrive doucement. Des choses que je n'ai pas pu faire... des regrets... Je souris au ciel, une tristesse infectant mon âme. Des regrets... j'en ai, à n'en pas douter. Plusieurs, qui me hantent et m'assaillent en rêve. De doux épisodes tranquilles. Je rêve de toi, Jane. De toi dans cette robe blanche à fleurs rouges dans laquelle tu aimais parader. Arborant ton chapeau de paille, tes sandales dans tes mains, au bord de la mer. Et ce rire qui secoue ta poitrine, ce rire cristallin qui m'a fait t'aimer au premier regard. Tu m'observe du tien, amoureux. Et je rêve de cet enfant. Une ombre, un visage. Un enfant qui accourt vers toi, dans le sable, t'aspergeant d'eau lorsqu'il parvient enfin à toi. Te saute au cou, tu le prends dans tes bras. Et il tourne soudain son attention vers moi, mon corps paralysé. Il m'observe, me sourit. Et m'appelle...

- L'infection n'y est pour rien.

Elle est morte bien avant. Tu es morte avant tout ça, ma Jane. Et j'en remercierai presque les dieux. Comment aurais-tu pu vivre dans un monde d'apocalypse alors que toi, tu étais si candide. Si belle, si douce. Tu étais faite pour un univers de beauté, un univers de champs de fleurs dans lesquels courir à en perdre le souffle.

- Nous essayions d'avoir un enfant. Jane et moi. Avant qu'elle tombe malade. Nous voulions fonder une famille, elle voulait une petite fille et un petit garçon. Avoir une belle maison dans laquelle ils pourraient trouver de nombreuses cachettes pour jouer à cache-cache, un grand jardin, elle se voyait déjà rouler dans l'herbe avec eux, rire aux éclats et observer les étoiles depuis la cabane qu'elle m'aurait ordonné de construire. Dans l'arbre, la cabane. Une cabane se doit d'être dans un arbre, selon elle...

Je souris, épris de cette profonde mélancolie teintée de nostalgie. Je n'ose jeter un regard à Esther, me contente d'observer les nuages défiler au dessus de nos têtes.

- Je regrette de n'avoir pu atteindre son rêve, notre rêve. Je regrette qu'elle ne soit plus là... et en même temps je ne peux m'empêcher de la savoir heureuse là où elle se trouve. Elle ne vit pas ici, au moins. Elle aurait été dévastée de ce monde...

Ces sentiments, cette vie, ces secrets de mon âme, je ne les partage pas. Et pourtant, avec Esther, c'est différent. Je ne ressens pas le besoin de lui dissimuler quoique ce soit sur mon passé. Je ne ressens pas le besoin de me cacher.

- Nous avions déjà pensé à des prénoms. Enfin, elle. Je lui aurais cédé n'importe lequel, tant qu'elle en était comblée.

Mon sourire se mue doucement, la mélancolie disparue. Laissant place à ce bonheur des souvenirs tendres.

- Sans doute mon seul regret est celui-ci.

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14.08.19 15:38
Time after time
  Benedict et Esther

 



  Le sourire que lui offrait Benedict au fur et à mesure de leur échange lui réchauffait le coeur et avait ce mystérieux pouvoir de voir s'agrandir son propre sourire. Lorsqu'il était venu la trouver un peu plus tôt, Benedict était égale à lui-même, doux, gentil, poli mais à présent quelque chose avait changé, il était... différent. L'espoir d'un futur possible semblait l'avoir revigoré tout en lui ayant redonné confiance en lui. Elle avait pu constater qu'au fur et à mesure de leur échange et de leur balade, une étincelle semblait s'être rallumé en lui avec force et vigueur et Esther en était sincèrement heureuse. Cela signifiait que malgré la noirceur du monde dans lequel ils étaient contraint de vivre, tout n'était pas perdu et tant qu'il y avait de l'espoir et des hommes de bien comme Benedict, les jours sombrent finiraient par ne plus être qu'un mauvais souvenirs.

Esther avait bien remarqué le regard que l'ancien ténor du barreau avait posé sur elle lorsqu'elle avait évoqué sa soeur avant de s'interrompre, mais tout gentleman qu'il était, Benedict n'avait pas cherché à en savoir davantage et l'avait laisser poursuivre son récit comme si de rien n'était. Un petit rire s'échappa de ses lèvres lorsque Benedict suggéra qu'un jour peut-être, elle aurait peut-être à nouveau la chance de voir du pays et de découvrir à son tour, toutes les merveilles que le monde avait à offrir. Esther avait beau essayé de rester optimiste quand à l'avenir, mais elle n'était pas non plus naïve et elle doutait très fortement de voir à nouveau un avion rempli de touristes, voler dans le ciel canadien. Loin de se vexer, Benedict lui adressa un tendre sourire qui ne la laissait pas insensible tout en la réprimandant gentiment. Il avait une manière de vous regarder avec une réelle douceur et une tendre intensité qui ne pouvait laisser personne insensible.

- D'accord, je m'incline, tu as raison,
admit-elle en levant les mains en signe d'abandon, mais avant de songer à organiser nos prochaines vacances, attèle-toi déjà à ce nouveau code civile, tu veux, plaisanta-t-elle avant de laisser son rire résonner dans l'air

Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eut l'occasion de rire de la sorte et à vrai dire, les occasions de rires se faisait de plus en plus rares mais elle réalisait à quel point c'était important. Si l'humeur était aux rires et à la plaisanterie, Esther regretta bien vite d'avoir formulé cette question à la base innocente qui avait franchit ses lèvres. Si elle avait su, si elle avait prit le temps de réfléchir un peu avant de parler, elle se serait abstenue, car à aucun moment elle n'avait souhaité raviver des souvenirs tristes ou douloureux et c'était pourtant ce qu'elle venait de faire en laissant sa bêtise s'exprimer. Comment avait-elle pu lui demander si tout comme elle, il avait des regrets, des choses qu'il aurait aimé faire mais dont l'arrivée des Virulents l'en aurait privé. A quoi avait-elle bien pu penser en posant une telle question ? A rien, et c'était bien ça le problème ! Car les regrets de Benedict n'étaient en rien aussi futiles et dérisoires que les siens, elle aurait pourtant du s'en douter. Elle n'avait jamais quitté Kelowna et ses environs ? La belle affaire ! Si c'était là les seuls regrets qu'elle pouvait avoir, elle pouvait s'estimer chanceuse car ceux de Benedict étaient incontestablement plus profonds et à présent par sa faute, un voile avait à nouveau obscurcit son magnifique regard, si souriant et chaleureux il y avait encore quelques minutes. Confuse, elle se mordilla la lèvre inférieur tout en se maudissant intérieurement. Silencieuse, elle l'écouta dans un silence respectueux. Elle ne connaissait pas Jane, si ce n'était par Benedict les rares fois où il lui parlait un peu d'elle, et n'aurait plus jamais cette chance, pourtant elle sentait que si elles en avaient eut l'occasion elles auraient pu être amies. Savoir qu'ils avaient tenté d'avoir un enfant en vain lui serra le coeur. Pourquoi la vie se montrait-elle parfois si cruelle envers des gens qui ne le méritait pas alors que d'autres, qui n'étaient pas fait pour ça, n'avaient aucune difficulté à devenir parents ?  

- Je suis bien d'accord,
sourit-elle timidement pour appuyer les propos de Jane, malgré ses yeux vitreux qui trahissait à quel point le récit de Benedict ne l'avait pas laissé insensible. Une cabane ne put avoir nullement sa place ailleurs que sur un arbre

Elle avait d'ailleurs fait des pieds et des mains pour obtenir cette cabane et leur père, bien que récalcitrant au départ, ne pouvant rien refuser à sa fille, avait fini par céder. Cela pouvait paraître inconcevable ou surprenant aujourd'hui mais lorsqu'elles n'étaient encore que des enfants, c'était Esther la plus casse-cou des deux soeurs. Une de ses acrobaties lui avait d'ailleurs valu, en plus d'une grosse frayeur, la seule cicatrice qu'elle possédait, située à l'arrière de son cou, mais de cela, peut-être lui en parlerait-elle un autre jour....

- Tu te trompes, le reprit-elle en posant sa main sur son coeur. Cela va peut-être te paraître très cliché ce que je vais te dire mais elle est toujours là. Elle vit ici, et aussi à travers les souvenirs d'elle que tu partages avec ceux qui l'ont connu et aimer ou... qui la découvre à travers tes récits, comme moi. J'aurais aimé la connaître, elle m'avait l'air d'être une femme exceptionnelle


Son sourire ne peut que se muer en tendresse en réalisant à quel point Benedict était dévoué à sa femme. A l'entendre parler, elle ne doutait pas un seul instant que si elle le lui avait demandé, son mari n'aurait pas hésité à décrocher la lune pour elle. Ce genre d'amour, aussi beau et aussi pure était très rare, ce qui le rendait si précieux. Il était regrettable qu'il se soit fini aussi tragiquement. Ce lien qui unissait Benedict à sa femme n'était pas sans lui rappeler le mariage de son amie Alice et son mari qui eux non plus n'étaient jamais parvenus à avoir d'enfant. Longtemps elle avait pensé qu'Abel et Victoria appartenait à cette catégorie qu'elle pourrait appeler d'âmes soeurs mais la perte de leur enfant les avait détruit alors qu'ils auraient du se soutenir. Abel avait fait énormément de mal à sa soeur et elle lui en voulait terriblement pour ça, pourtant elle avait longtemps été persuadé qu'ils finiraient par se retrouver aujourd'hui, elle se demandait si Abel était véritablement fait pour elle. Ne méritait-elle pas un homme comme Benedict, prêt à l'aimer et à la soutenir en toute circonstance ? Ce que Abel n'avait pas été capable de faire de toute évidence.

- Je te souhaite d'un jour connaître ce bonheur, je sais qu'au vu des circonstances cela peut paraître inconcevable mais qui sait de quoi sera fait demain ? Je n'ai aucun doute en tout cas sur le fait que tu serais un papa formidable. Ta femme avait beaucoup de chance. Ça me fait plaisir de t'entendre parler d'elle

Croisant un peu plus ses bras devant elle, elle releva la tête

- Et maintenant Maître Brown, quel est le programme ? Moi, je ne vais pas tarder à rentrer, quelqu'un compte sur mon aide et il n'aime pas particulièrement attendre,
fit-elle en songeant à Winter avec amusement

Le jeune adolescent n'était pas quelqu'un de facile, pourtant Esther était parvenu à se rapprocher de lui, et s'était réellement prise d'affection pour celui qui n'était pas encore tout à fait un homme mais qui pourtant avait grandit bien trop vite.

- Mais j'ai encore quelques minutes à te consacrer,
rajouta-t-elle en prenant un faux airs de femme d'affaire avant de rire de ses propres simagrées et laisser sa douceur naturelle reprendre le dessus. Merci pour cette balade, je ne le savais pas mais j'en avais besoin

 
 
 
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28.08.19 12:02
Le soleil m'éblouit, je me retourne vers cette femme qui me fait retrouver le sourire. Et je vois ses yeux, humides. Je devine l'émotion qui l'assaille à l'écoute de mon récit, je souris, tendrement. Nullement dans mon intention, je ne désirais pas la troubler à ce point-ci. Pourtant, son regard me touche, ses sentiments face à ma femme, face à notre histoire. J'en suis touché à un point qu'elle n'imagine pas. Et je souris plus encore lorsqu'elle acquiesce à l'opinion de Jane à propos des cabanes. Absolument dans les arbres, nullement sur le sol. Elles se seraient toutes deux liguées contre moi, à n'en pas douter, devenues sans aucun doute possible complices. Toutes deux, elles se seraient aimées.

Et soudain, Esther dépose sa main sur mon coeur. J'observe ses doigts, mon regard remonte le long de son bras et retrouve son regard. Je lui souris, tendrement amusé. Mais davantage touché des paroles qu'elle prononce par la suite. Un cliché, mais bien plus encore, une vérité. Jane vivra toujours, grâce aux souvenirs. A ceux qui l'ont connue, à ceux qui transmettront son souvenir. Elle vivra dans ce coeur que touche Esther, sous cette chemise bien trop blanche. Je sens l'émotion monter plus encore dans mon âme, atteindre le coin de mes yeux. Je retiens une larme, devant ses paroles. Une femme exceptionnelle... plus que cela. La perfection dans un monde qui n'en possède plus. Elle s'amusait de cela, de ces attentions que j'avais pour elle. Elle se moquait parfois, s'énervait aussi lorsque j'osais lui faire penser qu'elle ne possédait pas le moindre défaut. Nul n'est parfait. Voilà ce qu'elle affirmait, m'assénant un coup de son poing serré, si petit. Jane était menue, je faisais bien trois têtes de plus qu'elle. Et lorsqu'elle s'énervait, elle m'envoyait son poing contre mon épaule. Je m'amusais à mon tour, la provoquant gentiment. Jamais elle ne m'a fait mal. Parce qu'au fond, elle terminait dans un rire tonitruant. Son rire me manque...

J'inspire profondément, reviens à la réalité lorsque la voix de mon amie me parvient à nouveau. Le visage de mon épouse s'efface doucement de ma mémoire, mon regard embrasse celui d'Esther. Elle sait toujours trouver les mots justes, bien qu'au contraire d'elle, j'espère ne jamais connaître ce bonheur. Être père. Pas tant que ce monde est ainsi. Pas tant que je serais incapable de promettre à cet enfant un avenir serein, sans la crainte de la cruauté de ces hommes. Je souris à nouveau, tristement. Et je rougis, Esther me surprend, prononce des compliments à mon intention. Je ne parviens plus à la quitter du regard alors qu'elle relève la tête. J'ai envie de répondre, je n'ai pas le moindre mot qui me vient, pour la première fois depuis bien longtemps. Depuis Jane. Je n'ai jamais manqué de mots. Et je l'observe, sourcils légèrement froncés, alors qu'elle change soudainement de sujet. Elle rit, prend des airs maniérés avant de retrouver sa douceur naturelle. Celle qui lui va si bien.
Je me reprend, chasse la nostalgie, les souvenirs, l'étonnement. Et je retrouve mon attitude, mes réflexes. Je souris et entre quelques instants dans son jeu.

- Eh bien, mademoiselle Cohle, je m'en voudrais de vous retenir davantage sur votre agenda, surtout si quelqu'un compte sur votre aide précieuse. Je ne peux me la garder égoïstement !

Clin d'oeil, je ris à mon tour, mais retrouve un semblant de sérieux, le visage détendu. L'âme apaisée.

- Je crois me souvenir que l'on m'a trouvé de belles lectures qui vont me prendre beaucoup de temps et d'énergie, je rentrerai avec toi. J'en profiterai pour récupérer cette boite et me plonger dans le travail. Je prendrai tes dernières minutes sur le retour.

Inspirant une dernière bouffée d'air, je relève le nez vers le ciel. Les rayons du soleil réchauffent encore légèrement ma peau avant que je ne me retourne définitivement vers le chemin du retour. Me plonger à nouveau dans ce bâtiment ne m'enchante guère, pourtant, il le faut. Il nous faut revenir à la réalité, recommencer à nous battre pour survivre. Pour les nôtres. Je tourne un regard tendre vers Esther, lui offre un ultime sourire.

- Nous en avions certainement besoin tous les deux. Merci, Esther. Vraiment.

Je retrouve une énergie nouvelle qui m'avait alors abandonné, une énergie qui me surprend et fait naître l'adrénaline en moi. Je me sens pousser des ailes.

- On rentre ?

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