AccueilAccueil  Discord  RechercherRechercher  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
-20%
Le deal à ne pas rater :
20% de réduction sur IROBOT Aspirateur ROOMBA 606
199.99 € 249.99 €
Voir le deal


 

 Of monsters and men



Autumn J. Després
Sweet Little Demon

à propos
sac à dos
Of monsters and men 1555628555-deuxieme

Occupation : S'occupe du temple et des préparations des messes
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Montréal

Of monsters and men 1555628595-ezgif-3-2316a271d0eb

Messages : 170
Inscription : 16/04/2019
Crédits : doomdays-rpg
Célébrité : Kiernan Shipka

Of monsters and men X0TurS612 / 5012 / 50Of monsters and men BR2xH0t

Of monsters and men DQEbQJ221 / 5021 / 50Of monsters and men GxoDpmC

Of monsters and men Hu1erU72 / 502 / 50Of monsters and men LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Of monsters and men Empty
20.05.19 12:24
Le choc manque de me renverser lorsque le camion entre en collision avec quelque chose. Quoi que ça puisse être, je l'ignore. A l'arrière du camion, je ne vois rien. A l'intérieur, je me recroqueville dans mon coin, tentant de m'éloigner le plus possible de ces monstres qui m'entourent. De ces hommes et ces femmes, envahisseurs de notre petit monde. De notre bulle où nous ne faisions rien à personne. Je leur jette parfois un regard, le détourne aussitôt qu'ils croisent le mien. Mes mains se crispent sur le tissu des manches de ma veste que j'ai tiré jusqu'à dissimuler mes bras. Petite, fais-toi plus petite que tu ne l'es. Ils ne te remarqueront pas, ils ne feront pas attention à toi. Et je ressens encore ce sentiment terrible d'être à leur merci, de n'être qu'une petite chose à croquer sous la dent. D'une bouchée.
Papa était contre, il voulait m'accompagner. Mais qu'est-ce que j'aurais fait alors, face à Winter ? Avec mon père dans mes pattes ? Pourtant, je le comprend... Mieux qu'il ne le pense, je comprend mon père. Il m'a perdue, m'a recherchée. Retrouvée. Et aujourd'hui, je comprend la protection qu'ils pensent devoir me donner, maman et lui. Je comprend. Pourtant, je me sens suffoquer. Je me sens étouffer dans leurs bras, je ne suis plus la même petite fille qui courrait dans le jardin à la pelouse si verte, devant cette maison si blanche. J'ai grandi, papa et maman refusent de le comprendre. Ils voient toujours cette petite fillette en moi, celle qu'ils ont perdu. Et ne parviennent pas à comprendre, je crois.

J'ai insisté pour venir seule, pour voir Winter. Depuis nos retrouvailles, je ne cesse de penser à lui. A nous, à notre passé commun. Son visage me hante, son regard me fixe dans la nuit. J'ignore ce qu'il se passe en moi, je ne parviens pas à me l'ôter de l'esprit. De tous, il est le seul à pouvoir me comprendre, le seul à pouvoir m'écouter. Lui seul me rend à l'aise à toutes mesures. Au temple, il existe quelques rares personnes en qui j'ai confiance. Madeline, Asael. Caïn, à une autre mesure. Pourtant, il y a bien des choses que je refuse de leur partager, l'idée de seulement leur faire entrevoir la noirceur en moi me fait frémir. Parce que je le sens, je ne suis plus aussi pure qu'avant. Mes pensées tournent et s'avilissent en permanence...

La tête du lièvre sort du toit, il saute dans le camion et s'amuse à danser autour des hommes assis. Il danse et rit, comme toujours. Le reflet de la folie, le reflet du mal grouillant dans mon âme. Je le hais... et parfois, je l'aime. J'ignore réellement ce que je ressens pour cette chose, pour ce démon. J'ignore encore ce qu'il est... Une véritable entité ou le simple fruit de mon esprit ?
Aujourd'hui, il parvient à me faire oublier où je suis. Et avec qui. Aujourd'hui, il me distrait et mes mains se décrispent sur les manches de ma veste.
Le camion freine, je sors de mes rêveries. Je croise le regard d'une femme, presque menaçant. Elle doit penser que nous sommes des fous, au temple. Des idiots. Peu m'importe, mes croyances sont les miennes. Et c'est bien la seule chose que l'on ne m'a jamais prise. Un homme ouvre le camion, la lumière entre, je plisse mes paupières, laissant lentement mes yeux s'habituer à la lumière du jour.

Les uns après les autres, nous descendons du camion. Je lève les yeux devant la grandeur de l'aéroport et suit les autres jusqu'à l'entrée. L'on m'a laissée venir, pour Winter. Ce n'est pas la première fois que je viens, peut-être la troisième. Donc tout est convenu et après tout, que craindraient-ils d'une gamine de seize ans ? Je m'avance jusqu'à la porte, garde les bras le long de mon corps. Le lièvre me suit, fait des pirouettes, jonglant avec une théière et trois tasses à thé. Ils me fouillent toujours, lorsque je viens. Je déteste ça...
Devant l'entrée, un homme me stoppe. Je sursaute, recule. Normalement, c'est une femme. Normalement, c'est toujours une femme. Je la cherche du regard, je sens ma gorge se serrer lentement. Et...

Les battements de mon coeur sautent, l'air se refuse soudainement à moi.

- Si j'm'attendais à ça.

Sourire carnassier, sa voix me glace le sang. L'homme, cinquantenaire, passe sa main dans sa barbe.

- Tu t'souviens de moi, gamine ?

Comment ne pas m'en souvenir... son regard, sa voix. Je me souviens encore des murmures qu'il glissait à mon oreille, pervers. Je me souviens du moindre détail, mon corps ressent chacune des souffrances infligées. Cet homme est un sadique...

- T'as perdu ta langue ? Viens me dire bonjour.

Je recule, pense à m'enfuir. Qu'importe les hordes, les rôdeurs. Je me frotterai mille fois à ces monstres qu'à celui-ci. L'homme se rapproche de moi, je recule encore. Et percute une femme, elle me grogne dessus. Soudain, je sens une main s'emparer de mon bras, me tirer en avant. Je suis incapable de lui résister, il est beaucoup trop fort pour moi. Et je suis bien trop faible. Il glisse sa gueule près de mon oreille, murmure quelque chose. Un sanglot prend ma gorge alors que mes yeux se ferment... Mes pieds ne touchent presque plus terre.
Tout recommence. Ce type m'a violée. Tant de fois. Client régulier, il me demandait toujours à la morue. J'ose ouvrir un oeil, je croise le sien. Et j'y vois cette étincelle qui m'a toujours terrifiée.

- Si tu veux passer, va falloir payer. Comme au bon vieux temps, jolie poupée.

Un cri explose ma gorge. Je ne suis plus une poupée, je ne suis plus sa chose. Alors je hurle, fort. Et il me tire derrière un camion, me met la main sur la bouche, m'ordonne de la fermer. Je le mord, crie plus fort encore. Je sens la claque qu'il m'assène, la douleur brûle. Mais je hurle toujours.

- Putain, tu vas la fermer !

_________________

Autumn, we're all mad here

©endlesslove.

Wlawards 2020:
 
Revenir en haut Aller en bas

Seth Mansfield
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Of monsters and men Tumblr_pq08w2DHfe1vnzgcbo1_250

Ancien métier : Educateur spécialisé
Occupation : Leader des Protecteurs
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Vancouver

Messages : 167
Inscription : 13/04/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Jeffrey Dean Morgan

Of monsters and men X0TurS627 / 5027 / 50Of monsters and men BR2xH0t

Of monsters and men DQEbQJ237 / 5037 / 50Of monsters and men GxoDpmC

Of monsters and men Hu1erU729 / 5029 / 50Of monsters and men LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Of monsters and men Empty
30.05.19 6:42
Of monsters and men
 
Seth & Autumn


 



  Plusieurs semaines s'étaient écoulées depuis que les Protectors s'étaient emparés du Temple. Cette communauté n'avait pas été bien difficile à asservir mais une guerre d'un tout autre genre s'apprêtait à voir le jour désormais. Seth était-il inquiet par la menace que représentait Highgate ? Pas le moins du monde. Il ne les sous-estimait pas et toutes les informations qu'il avait pu recueillir sur leur compte laissait entrevoir une communauté qui avait beaucoup à leur apporter tant en effectif qu'en armement et en nourriture. Les soumettre ne serait pas une mince affaire, c'est pourquoi il comptait frapper fort et se montrer particulièrement cruel avec eux, peut-être même bien plus qu'il ne l'avait jamais été jusqu'ici. Il devait les mettre à terre et pour y parvenir il devait faire montre d'aucune pitié mais avant cela il comptait bien aller leur rendre une petit visite et les évaluer de lui-même. Il ne pouvait pas se fier aux seuls dire de Tobias dont il doutait fortement de la loyauté. Le blond semblait tiraillé entre son allégeance à son égard et cette communauté qui n'avait pourtant pas hésité à lui tirer dessus et à l'enfermer pendant plusieurs semaines. Aussi paradoxale que cela puisse paraître, alors que Seth lui avait ouvert les bras, accueillit lui et ses filles, alors que contrairement à beaucoup, Tobias pouvait vivre comme un roi de par le statut que lui avait donné Seth, et qu'il avait toujours été bien traité, le leader des protectors sentait bien que le blond était inexorablement attiré par cette communauté qui l'avait pourtant traité comme ce qu'il était, un ennemi. Tel le papillon attiré par le feu de la lumière Tobias semblait prêt à s'y frotter au point de s'en bruler les ailes....

Quittant les murs sécuritaires de l'aéroport; Seth se dirigea d'un pas assuré en direction d'une des entrées principales qui contrôlait les allées et venues de son fief. Personne ne pouvait sortir, entrer ou péter sans qu'il ne le sache ! Seth jeta à peine un regard à ces cadavres enchainés à la clôture du périmètre extérieur de l'aéroport qui gesticulaient en faisant claquer leurs mâchoires tout en tendant vainement leur bras dans l'espoir d'attraper autre chose que de l'air. Le vent qui venait dans sa direction, apportait avec lui l'odeur pestilentiel de ces charognes vivantes ainsi que l'étrange musique que produisait leurs râles et dont la sonorité avait désormais remplacé les tubes mythiques de Mick Jagger ou David Bowie.
Il était rare de voir Seth se rendre à l'entrée mais il savait qu'un camion de chargement provenant du Temple était attendu. Ce n'était cependant pas tant le chargement en lui-même qui l'intéressait mais plutôt l'un de ses éclaireurs qui devait être récupéré en chemin par le chargement, pour lui parler d'Highgate. Alors qu'il pouvait apercevoir ce qu'il avait appelé la douane à 300 mètres de là où il se trouvait et d'où il fallait pouvoir montrer patte blanche pour entrer, des cris féminin provenant de derrière un camion attirèrent son attention. Bifurquant de son trajet initiale, Seth rejoignit le camion isolé et découvrit un spectacle qui lui glaça les sang. A l'arrière du camion, la jupe remontée jusqu'aux cuisses dévoilant une paire de jambes diaphane, une gamine, qui ne devait pas avoir plus de 16 ans, était allongée sur le dos. Au-dessus d'elle se trouvait un porc d'une cinquantaine d'année du nom de Christopher. L'homme venait de la frapper en lui ordonnant de se taire pendant qu'une de ses mains glissait entre ses cuisses et que l'autre pelotait sa poitrine à travers le tissus de sa chemise, La boucle de sa ceinture pendait de part et d'autre de son pantalon qui tombait lâchement sur ses fesses.
Attrapant l'agresseur par le col de son pull d'une main ferme, il le repoussa en arrière, loin du corps de la jeune fille et le fit tomber sur le sol poussiéreux à ses pieds. Immobile, le toisant de toute sa hauteur, le regard assassin, Seth serra un peu plus fermement sa batte dans le creux de sa main ganté de noir.

- Je.... Bredouilla un peu stupidement cette stupide larve qui gisait piteusement à ses pieds

Réalisant quel spectacle pitoyable il devait offrir à son leader, l'homme reboutonna maladroitement son pantalon de ses mains tremblantes tout en sentant les sueurs froides couler le long de son dos au fur et à mesure que Seth le fixait, et dont les yeux semblaient le transpercer comme des lames affutées.

- On... on ne faisait que s'amuser... bredouilla-t-il.

- Quand une femme gueule comme un porc qu'on est entrain d'égorger, ça signifie qu'elle, elle ne s'amuse pas ! Ta mère t'a jamais appris ce que ça signifiait quand une femme beuglait « non » ?!

- Je.... je suis désolé...
Bredouilla-t-il sans plus oser lever son regard sur cet homme qui l'intimidait et qui tenait sa vie entre ses mains. C'est... une vieille amie....

En l'entendant prétendre qu'il connaissait cette petite blondinette, Seth haussa un sourcil avec scepticisme tout en glissant son regard sur la jeune victime qu'il reconnaissait, maintenant qu'il voyait mieux son visage, pour l'avoir déjà aperçu aux cotés de Winter. Elle appartenait à la communauté du Temple, d'ailleurs sa manière de se fagoter ne trompait personne.

- Tu le connais ?
Demanda-t-il à l'adresse de la jeune fille en le désignant avec sa batte de Base-ball.

Seth sentit une incommensurable fureur brûler en lui. Il n'était pas un saint, il avait commis bien des horreurs depuis que les virulents avaient envahit leur monde, mais tous ces actes étaient justifiés, aucun n'était gratuit. Non, pas un seul. Et s'il avait recours à la barbarie ce n'était jamais sans raison, mais le viol.... le viol était à ses yeux le pire comportement qu'un homme pouvait avoir. Il ne servait qu'à satisfaire ce besoin de dominer et à assouvir les bas instincts de ces petites raclures de son espèce qui ne méritait pas d'autres sort que celui d'être exposé avec les autres charognes sur la clôture de l'aéroport  

- Bon dieu mais qu'est-ce que tu crois que j'essaie de faire ici ? T'es trop con pour comprendre ? Non ne répond pas à la question de toute évidence c'est le cas ! On doit travailler avec ces gens ! Je veux une fonder une communauté capable d'accomplir de grandes choses mais ce n'est pas en violant leurs femmes et leurs enfants qu'on y parviendra espèce d'enfoiré ! Ce comportement est juste intolérable ! Le viol va à l'encontre de nos règles. Les règles... tu te souviens des règles, espèce de connard ?!

- Je... je suis désolé... sanglota l'homme en levant piteusement sa main devant son visage comme si cela pourrait le protéger d'un éventuel coup. Je vous promet que ça ne se reproduira plus....

- ça j'en suis sur du con ! Approuva Seth qui n'avait pas l'intention de donner à cet enfoiré l'opportunité de recommencer

Adressant un sourire carnassier à l'égard de cet homme dont le sort était déjà scellé, l'homme à la batte, se tourna en direction de la jolie petite blondinette qui se tenait à ses côtés. Son regard de velours se fit plus tendre et son sourire bien que toujours inquiétant et n'augurant rien de bon, paraissait plus sincère également

- Je suis désolé que tu ai eu à subir ça, je veux que tu saches que nous ne sommes pas des monstres et que je ne tolère pas ce genre de d'agissement. Comment t'appelles-tu ?


Autumn...
C'était bien trop gros pour que ce soit le fruit d'un simple hasard. Winter, Autumn, deux des quatre saisons... deux gosses d'approximativement le même âge et qui se fréquentaient alors que Winter n'était pas du genre à se lier facilement avec les étranger, or c'est deux-là étaient très proches, suffisamment en tout cas pour qu'il le remarque. Cela ne pouvait signifier qu'une chose, ils avaient un passé commun, un passé auquel, de toute évidence cet homme avait également contribué. Se penchant légèrement vers elle, il murmura à son oreille de manière suffisamment forte toutefois pour que Christopher l'entende, sans quitter ce monstre du regard d'où brillait un amusement évident

- Dis-moi Autumn, qu'en penses-tu ?Cet homme mérite-t-il le pardon de Dieu ou doit-il être jugé pour son crime ? Attention, Autumn, je ne te demande pas d'ânonner bêtement toutes ces conneries qu’on t'a enseigné toute ta vie. Je veux que tu réfléchisses et que tu me dises ce que toi,
fit-il tel un diable tentateur en pointant son index vers elle, tu veux réellement. Vivre ou mourir ?

- Pitié, sanglota le monstre en implorant la clémence de celle qui fut durant toutes ces années son pauvre jouet impuissant
 
 
Revenir en haut Aller en bas

Autumn J. Després
Sweet Little Demon

à propos
sac à dos
Of monsters and men 1555628555-deuxieme

Occupation : S'occupe du temple et des préparations des messes
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Montréal

Of monsters and men 1555628595-ezgif-3-2316a271d0eb

Messages : 170
Inscription : 16/04/2019
Crédits : doomdays-rpg
Célébrité : Kiernan Shipka

Of monsters and men X0TurS612 / 5012 / 50Of monsters and men BR2xH0t

Of monsters and men DQEbQJ221 / 5021 / 50Of monsters and men GxoDpmC

Of monsters and men Hu1erU72 / 502 / 50Of monsters and men LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Of monsters and men Empty
20.06.19 15:40
*Poupée de chiffon, poupée de chiffon, poupée de chiffon !*

Le lièvre hurle. Des larmes salées roulent dans ma bouche ouverte qui a cessé de hurler. Personne ne viendra. Personne, alors je me débat. Je le griffe au visage, il me frappe encore. Mon visage me brûle, je l'ignore. Le monstre s'approche, me prend par le poignet, me le tord terriblement. Je pousse un énième cri au travers de sa main qu'il me colle encore contre le visage, pour me faire taire. Vainement. Il me jette alors au sol, mon crâne se choque au camion contre lequel il m'accule. Au sol, je tente de rouler, il me bloque les jambes des siennes, me prend les deux poignets dans une seule de ses mains. La détresse s'empare de moi, je me revois dans cette chambre, ligotée, à la merci de ce type... C'est un homme cruel. Il m'a toujours violentée lorsque certains se contentaient de faire leur affaire avant de partir. Lui, c'est un monstre.
Il me maintient sûrement, sa main libre glisse sous ma jupe, qu'il remonte au niveau de mes cuisses. Je ne crie plus, me bat toujours pour résister. En vain. Il relâche mes poignets, je sens la pression de ses doigts peloter ma poitrine. Je ferme les yeux, tourne le visage. Je suis à sa merci...

Soudain, le monstre disparait. Plus de mains, plus de cette chaleur dégoutante. Les cris du lièvre se taisent, je ne bouge plus, allongée sur ce sol. Yeux clos. Je prie notre dieu, qu'il ne s'agisse que d'une nouvelle hallucination. Sauf que je perçois le bruit sourd d'un corps se ramassant au sol, loin de moi.
J'ouvre les yeux. Je sursaute lorsque j'aperçois cette haute silhouette se dressant dos à moi. Est-ce Lui ? A-t-il entendu mes prières ? Grand, puissant, il vient de me sauver. Mon coeur bat la chamade, les larmes ne glissent plus sur ma peau d'ivoire. La silhouette illumine presque ce trou à rats, elle m'éblouit. Et je sens mon coeur hurler de reconnaissance.
Le monde recommence soudainement à tourner, la silhouette ne brille plus, son dos redevient celui d'un homme. Ce n'est pas Lui. Mon attention se focalise sur la batte et le regard terrifié de mon violeur. Il bredouille stupidement face à mon sauveur, ce dernier prend enfin la parole. Et s'acharne sur le monstre, voix empreinte d'une rage hors contrôle. Le monstre bredouille encore.
Je me pétrifie lorsque l'homme à la batte se tourne enfin vers moi, me lance un regard. D'un geste, je baisse ma jupe jusqu'à mes pieds, rouge aux joues. Je me relève en prenant appui contre le camion, reste collée contre ce dernier. Le sauveur m'adresse une question, mes yeux sont incapables de le quitter. Si je le connais ?

- Non.

Aucune hésitation, pas le moindre balbutiement. Je tremble comme une feuille et pourtant, mon regard ne brûle que d'une haine terrible et sans fin. Je me sens... en confiance. Presqu'en sécurité, derrière l'homme à la batte. Dans son regard, je ne vois pas de monstre. Je vois la force, la puissance brute. Et le monstre est devenu une larve face à lui. Je ne risque plus rien, je crois. Et mon sauveur se retourne vers l'insecte, de sa voix forte hurle presque.
Mes sourcils se froncent lorsque j'entend ses paroles. Il veux fonder une communauté ? Ce qu'il essaye de faire ? Et lentement, je commence à comprendre. Cet homme... ce n'est probablement pas n'importe qui. Plus je l'observe, plus les descriptions que Winter m'en a fait collent à son visage... Serait-ce ?
Le monstre insecte sanglote, lève sa main tremblotante devant son visage, se replie sur lui-même. Je ne le reconnais plus. Il semble un tout autre monstre, un tout autre homme. Son assurance, sa cruauté, tout a disparu. Rien ne reste. Il est pathétique.

Mes doutes s'évanouissent. Cet homme est Seth Mansfield. Qui d'autre rendrait un monstre pitoyable ? Qui d'autre se balade avec une batte ?

Je m'avance lentement, curieuse, une admiration naissante dans mon être. Je m'avance et me retrouve aux côtés de celui qui m'a sauvée du monstre. Il se tourne à nouveau vers moi. Je sursaute lorsque je perçois cette étincelle dans son regard, de la tendresse. Plus de rage. Une tendresse qui aurait pu me déranger, sachant de quel homme il s'agit. A la place, mon coeur rate un battement. Son sourire reste inquiétant, pourtant, je me sens rassurée auprès de lui... Il me parle encore.

- Autumn. Et merci pour...

Je ne parviens pas encore à prononcer plus de mots, toujours mal à l'aise face à mon violeur. Combien de fois a-t-il payé pour mon corps ? Je ne me souviens plus. Beaucoup trop de fois... Je ne me sentirai jamais en sécurité tant qu'il sera là, tant qu'il sera... vivant.

*Là, un petit coup juste là, il tombera, suppliera, trépassera ! Tu n'y pense pas ?*

Le lièvre pointe de sa tasse de thé la jugulaire du monstre. Je souris, retiens un rire nerveux dans ma gorge. Sursaute encore lorsque l'homme à la batte se penche légèrement vers moi, murmure à mon oreille, un murmure assez fort pour que le monstre l'entende. Je jubile lorsque j'observe son visage à mesure que les mots sortent de la bouche du leader. Je prend quelques secondes, me délecte de ce pauvre mot prononcé par mon agresseur. Pitié.

- Pitié.

Je reprend sa supplication, ne le quitte pas des yeux, ne bouge pas du côté de l'homme à la batte. Je me sens forte, à côté de lui.

- T'as eu d'la pitié pour moi, espèce de connard ? T'as eu de la pitié quand t'as glissé ta main entre mes cuisses alors que je hurlais en te suppliant ?

J'ai envie de vomir, je sens encore la marque de sa main sur mon entre-jambe. Mon regard plonge dans le sien, pourtant, je m'adresse maintenant à Seth. Je suis sûre qu'il s'agit de lui, à présent.

- Cette merde ne mérite pas le pardon de Dieu. Et j'crois pas que notre Seigneur doive tenir le couperet, il juge, mais je refuse qu'il donne la sentence. Et... putain, j'suis assez grande pour pouvoir juger sans Lui.

Je jure beaucoup, pour une gamine du temple. Ma mère hausse un sourcil à chaque fois que je m'y met, pourtant, je recommence. J'en ai marre de ressembler à cette petite blondinette fragile. J'en ai marre que l'on me prenne pour ce que je ne suis pas. Et je ne suis pas faible, je ne le suis plus. Peut-être y a-t-il un signe de notre Seigneur à cette rencontre ? Cet ancien monstre du passé revenu pour me rappeler la douleur, ce sauveur qui gonfle mon coeur de force, rien qu'à l'observer.
Pourtant, je ne le regarde pas lui, mais cette larve triste qui se tortille devant nous, prononçant ce stupide mot en balbutiant.

- Je veux vivre. Et je veux me venger.

La peur qui éclate dans la pupille de Christopher provoque une réaction chimique dans ma poitrine. Qu'est-ce que c'est ?

*Oh Autumn, tu mords, tu mords, oh Autumn, tu jubile, tu jubile !*

La voix du lièvre me pousse, me provoque, là où normalement je l'ignore, je me surprend à caresser la douce idée de vengeance. Cette douce et agréable idée que le démon sème jour après jour dans mon esprit et que je tente d'éloigner. En cet instant, je n'ai jamais autant ressenti cette haine dans mon estomac, cette envie de frapper, de vengeance. Ce besoin de justice. Et je me sens forte, puissante, aux côtés de l'homme à la batte. Je me sens... invulnérable. Et mes mains, elles ne tremblent plus. Mon regard se fait froid, indéchiffrable.

- Je veux qu'il ressente la douleur, je veux entendre sa voix me supplier encore et encore alors que je lui arracherai son arme dégueulasse qu'il a pointé sur moi, je veux l'entendre crier quand il recevra les coups, aussi impuissant que je l'ai été...

Mon coeur sombre, brûle, devient cendres. Je ne ressens plus de pitié, je ne ressens plus de sentiments amicaux. Je ne sens que la rage, la haine, l'envie de sang.

- Je veux lire la peur dans son regard.

Ma gorge s'enflamme, le lièvre ne dit plus rien, boit son thé en observant la scène.

- Je veux qu'il hurle.

Plus rien en moi n'est candide, plus rien en moi n'est enfantin. Je ne suis plus une gamine. Je ne suis plus l'enfant de Dieu. Entourée des ténèbres, je ressens le pouvoir s'immiscer dans mes veines. Et je jouis du pouvoir.

_________________

Autumn, we're all mad here

©endlesslove.

Wlawards 2020:
 
Revenir en haut Aller en bas

Seth Mansfield
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Of monsters and men Tumblr_pq08w2DHfe1vnzgcbo1_250

Ancien métier : Educateur spécialisé
Occupation : Leader des Protecteurs
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Vancouver

Messages : 167
Inscription : 13/04/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Jeffrey Dean Morgan

Of monsters and men X0TurS627 / 5027 / 50Of monsters and men BR2xH0t

Of monsters and men DQEbQJ237 / 5037 / 50Of monsters and men GxoDpmC

Of monsters and men Hu1erU729 / 5029 / 50Of monsters and men LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Of monsters and men Empty
15.07.19 11:58
Of monsters and men
 
Seth & Autumn


 



 C'est une petite voix fluette, presque imperceptible, qui répondit à sa question mais dans laquelle pourtant, ne transparaissait aucune trace de sanglot ou d'hésitation. C'est une réponse ferme et brève qui tranchait avec le son de sa voix et son apparence juvénile. Mais si sa voix n'était pas tremblotante, son corps lui, chancela et la pauvre créature dû prendre appuie contre le camion qui avait bien faillit être la scène d'un acte des plus abjecte, pour ne pas s'effondrer. Elle lui avait répondu sans trahir la moindre hésitation et Seth avait envie de la croire, non pas parce qu'il s'agissait d'une jeune fille sans défense ou parce qu'il ne la croyait pas capable de mentir, mais plutôt parce que cela sous-entendrait que cette raclure n'en n'était pas à sa première fois, et s'il s'en référait à l'âge de cette gamine, soit c'était récent, peut-être depuis qu'ils avaient mis la main sur le Temple et si cela s'avérait être le cas Clara allait l'entendre car il n'était pas question que ses hommes agissent comme des porcs, soit... c'était encore bien avant tout cela et en quel cas, il avait à faire à la pire créature qui soit sur cette terre

- Elle ment, assura l'homme en le suppliant du regard de le croire.

Lentement, Seth quitta la jeune fille du regard pour se tourner en direction de ce misérable insecte qui rampait devant lui. Ne se rendait-il pas compte qu'il ne faisait qu'aggraver son cas ? Pensait-il sincèrement que la « connaitre » lui autorisait de tels agissements ? Rendait ce genre de choses plus acceptable ? Stupide créature !
Tellement stupide qu'elle lui inspira un jeu cruel, un jeu dont cette fleur à peine éclose pourrait très vite devenir l'actrice principale. Seth avait remarqué dans le regard de cette gamine quelque chose de particulier, une flamme que l'on observait que rarement, mais également quelque chose de malsain, s'il s'en référait au sourire mauvais qui déformait ses lèvres dans un rictus haineux. Cette fille provenait du Temple d'Ezekiel, fagotée comme elle l'était cela ne faisait pas l'ombre d'un doute, pourtant il y avait quelque chose de différents chez cette gamine, elle avait quelque chose que l'on ne retrouvait pas chez les autres fidèles. Différent jusqu'à quel point ? C'était ce qu'il comptait bien découvrir. Tel le serpent d'Eden venu inciter Eve à mordre dans le fruit défendu, Seth prenait un malin plaisir à balayer d'un revers de la main toute une vie dont la religion avait été l'épicentre de son éducation et à piétiner sans vergognes chacune de ses croyances. « Tu ne tueras point » prêchaient-ils ? « si on te frappe tend l'autre joue ? » Et puis quoi encore ? Lui avait une toute autre religion et il était impatient de voir la foi de cette fille vaciller afin de laisser libre court à la colère et à la vengeance qui l'habitait.

Il lui avait donné le choix, elle pouvait décider d'agir comme une de ces stupides bigotes que le Temple avait tenté de conditionner à force de sermons et autres prêchi-prêcha qui n'avaient que pour seul et unique but de lui retirer son libre arbitre et sa liberté de penser en faisant preuve de clémence et en lui pardonnant. Ou au contraire, lui faire regretter ses actes en le punissant comme il le méritait. Il était intéressant de voir la chrysalide se transformer en papillon sous ses yeux. Il y avait chez cette frêle jeune fille en apparence, une force particulière, en grande partie nourrit par cette qui l'habitait mais qu'elle avait enfuie en elle, qui ne demandait qu'à s'exprimer et à exploser. Un mot, un seul mot servit de détonateur pour la faire basculer définitivement. Un simple petit mot prononcé par cet homme dont le sort était déjà scellé : Pitié.
Seth posa sur ce dernier un regard des plus méprisant. Christopher était décidément un condensé de tout ce dont il avait en horreur. Un violeur doté d'un lâche qui suppliait sans faire preuve de la moindre fierté, pour qu'on épargne sa misérable vie. En entendant Autumn répéter ce simple mot, avec un profond dégout, Seth quitta la jeune fille pour observer non sans une certain amusement, la réaction de Christopher. L'être dominant et violent qu'il avait surprit, n'était plus rien, c'était autour de la petite blonde d'être la maîtresse du jeu et plus elle se révélait à lui, plus Seth sentait qu'elle allait peut-être se montrer bien plus cruelle que Christopher lui-même.

- Ooooowww Putain d'bon dieu !
S'exclama le leader des Protectors. Ouaah putain, ça s'est envoyé !

Plus Autumn vomissait son dégout et plus Seth s'en délectait. Une attitude qui lui plu davantage encore lorsqu'elle s'adressa à lui, sans toutefois s'embarrasser à se tourner dans sa direction, préférant visiblement continuer de fixer l'objet de son aversion. Elle avait beau appartenir à cette secte de religieux, être une de ces fidèles qui honorait l'objet de leur culte et ses soi-disant bienfaits, elle n'était pas une gentille brebis qui se contentait d'ânonner bêtement tous ces stupides préceptes. Oh putain ça non ! Elle en avait dans le ventre même ! Et ça, oui, ça, ça lui plaisait !

- Oh putain j'suis bien d'accord ! Et tu sois quoi Autumn ? J'vais t'apprendre un truc, s'en remettre à Dieu c'est des foutus conneries ! Dieu te vengera pas, pas plus qu'il ne t'aidera, la seule personne en qui tu dois croire, c'est toi ! Parce qu'il n'y a que toi qui peut décider de ce que tu vas faire de ta vie, ou... qui peut vivre ou mourir..  Tu peux avoir ce pouvoir... Il n'appartient qu'à toi de décider si tu veux t'en emparer ou si tu as trop peur pour le faire. Il n'y a que toi qui peut décider de vivre où rester une pauvre petite victime toute ta vie

Très attentif, Seth haussa un de ses sourcils broussailleux en l'entendant répondre qu'elle désirait se venger, ne faisant par là-même que conforter ce qu'il avait d'abord fortement soupçonné, à savoir, qu'il ne s'agissait pas de la première fois. On n'atteignait pas un tel degrés de haine lorsque c'était la première fois et qu'en plus on échappait de peu au viol car dans les fait, il n'avait pas eut le temps d'agir. De plus, la première fois, les filles abusées étaient bien trop choquées pour parvenir à réagir, elles se recroquevillaient sur elles-mêmes, pleuraient, sanglotaient, mais pas elle. Elle, elle était aussi froide que du marbre, pétrie de haine et vengeance...
Les mots qu'elle employa aurait pu en inquiéter plus d'un, mais pas lui. Des jeunes pétri de haine et de colère, bon dieu qu'il en avait croisé dans sa chienne de vie, et pour certains, c'était on ne peut plus justifié. Il avait assez d'expérience pour comprendre qu'il existait un passif sordide entre ces deux-là dont une autre certitude en ressortait : . Ce n'était pas la première fois qu'il la touchait. Il y avait dans son regard profond un feu ardant brulant de haine qui la consumait et qu'elle avait besoin d'extériorisé. Elle ne désirait pas simplement le voir se prendre une bonne raclé ou mourir, non elle voulait le faire souffrir ! Jusqu'où était-elle prête à aller ?

- Tu veux qu'il souffre ? Bien, mais je ne le ferais pas à ta place
approuva-t-il en se positionnant devant l'homme avant de se tourner vers Autumn. Approches-toi

Obéissante, la jeune blonde le rejoignit, parvenue à une certaine distance, Seth lui présenta son arme, cette batte de base-ball qui avait appartenu jadis à son fils et qui était désormais sienne. Cette arme qui suscitait tellement de terreur auprès des siens et qui avait contribué à faire de lui l'homme qu'il était aujourd'hui

- Elle s'appelle « Justice », parce que c'est elle qui fait régner la justice ici. J'ai édicté des règles, toutes les personnes qui vivent ici en ont pris connaissance et doivent les suivre ou en assumer les conséquences. Tu trahis une règle ? Y pas de seconde chance, et c'est elle qui m'aide à les faire appliquer. Ou irions-nous sans règles ? Sans elles, nous courrons à notre perte, mais pour être efficaces, elles doivent être respectés


- Pitié...
sanglota la victime.

- Personne ne peut la toucher sans que je l'y autorise, t'en sens-tu digne Autumn ?
Lui demanda-t-il en la fixa sévèrement dans les yeux comme s'ils n'étaient plus que tous les deux, comme si Christopher n'existait pas.

Se laisserait-elle intimidé ou aurait-elle le culot de s'en emparer. Un sourire se dessina sur ses lèvres en la voyant enrouler sa main autour du manche. Bien que visiblement impressionnée, et elle pouvait l'être assurément, la jeune femme s'en empara avec le respect qu'il lui était dû, ressentant, à n'en pas douter, le pouvoir que cette arme vous procurait dès l'instant où on la détenait. Il n'était pas donné à tout le monde de pouvoir toucher « Justice » et d'ordinaire, lorsque cela arrivait cela ne se passait généralement pas aussi bien.
Elle aurait pu en faire usage contre lui, c'était un pari risqué diraient certains, mais pas aux yeux de Seth. A vrai dire, cette perspective ne lui avait même pas effleuré l'esprit. Pour l'heure, ce n'était pas à son encontre qu'était tourné toute cette haine qu'elle éprouvait, qui plus est, Seth avait suffisamment confiance en lui pour parvenir à l'arrêter si elle commençait à devenir une menace mais il la pensait suffisamment intelligente pour ne pas tenter quelque chose d'aussi stupide.

- Que ressens-tu ?
Susurra-t-il en se penchant vers elle. Que te dit-elle ?

Comprenant que son sort était scellé, Christopher voulut profiter de cet instant où ils ne faisaient plus attention à lui pour tenter sa dernière chance. Dans un sursaut de désespoir, il bondit, entamant une course folle qui s'arrêta à peine commencé. La résonance d'un coup de revolver se mit à claquer dans l'air, et dans un cri de douleur, l'homme s'effondra sur le sol en se tenant la cuisse tout en gémissant et en pleurant.

- Ce n'est pas parce que je préfère utiliser « Justice » que je ne sais pas tirer. Viens.


Rejoignant l'homme qui rampait lamentablement sur le sol, Seth s'avança en dodelinant légèrement, visiblement amusé par la perspective du spectacle qui s'offrait à lui, Autumn sur les talons. Comme il était à prévoir, le coup de feu qu'il avait tiré et l'agitation qu'ils avaient provoqué, attirèrent les regards des quelques rares personnes présentent. Deux Protectors avaient aussitôt accouru en direction de Christopher, le maintenant en joue, prêt à faire feu s'ils tentaient quoi que ce soit. Tous deux ignoraient ce que ce maudit chien avait fait, mais cela n'avait aucune importance. Ils étaient du côté de Seth et c'était à lui qu'allait leur loyauté. Si leur Leader lui avait tiré dessus, ce n'était pas sans raison.

- NON !
Hurla-t-il de sa voix de stentor en levant sa main dans leur direction.

Il aurait été bien trop simple pour Christopher de mourir d'une balle en pleine tête, mais il ne lui ferait pas ce plaisir. Les rejoignant, il s'accroupit devant celui qui vivait actuellement ces derniers instant et bon sang il allait regretter ce qu'il avait fait. Oh oui, il allait le regretter chèrement. L'attrapant par les cheveux, il l'obligea à se coucher sur le ventre, bien à plat, les bras et les jambes tendus

- Tu veux qu'il souffre ?
Demanda-t-il à Autumn. Alors commence par frapper sur les membres

- Pitié !! PITIEEE !
Hurla-t-il en larmes.

- Il a posé ses sales pattes sur toi, moi je commencerais par ça. Une main après l'autre,
poursuivit Seth, tout en faisant un signe de tête à Ginger de maintenir l'homme à terre afin qu'il ne puisse plus bouger.

Posant un genoux sur son dos, et sans la moindre hésitation, la femme maintint fermement le bras du futur supplicié en silence

-  Vas-y,
l'invita-t-il en se relevant afin de se reculer pour mieux profiter du spectacle. Montres nous ce dont tu es capable, Autumn. Venge-toi de tout ce qu'il t'a fait subir

La proie était devenue chasseur. C'était au tour de la victime de devenir bourreau et Seth était curieux de voir comment elle allait s'en sortir. Prendrait-elle peur ? Allait-elle se dégonfler ? Y prendrait-elle du plaisir, ou se contenterait-elle de faire ce qu'elle a faire ? Il allait bientôt le découvrir.


 
 
Revenir en haut Aller en bas

Autumn J. Després
Sweet Little Demon

à propos
sac à dos
Of monsters and men 1555628555-deuxieme

Occupation : S'occupe du temple et des préparations des messes
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Montréal

Of monsters and men 1555628595-ezgif-3-2316a271d0eb

Messages : 170
Inscription : 16/04/2019
Crédits : doomdays-rpg
Célébrité : Kiernan Shipka

Of monsters and men X0TurS612 / 5012 / 50Of monsters and men BR2xH0t

Of monsters and men DQEbQJ221 / 5021 / 50Of monsters and men GxoDpmC

Of monsters and men Hu1erU72 / 502 / 50Of monsters and men LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Of monsters and men Empty
29.07.19 20:55
Le pouvoir. Il m'enivre, mon esprit vacille. Et pourtant, je n'ai jamais été aussi lucide qu'en cet instant même. Tout brûle dans ma poitrine, je sens une douleur assaillir mon coeur. Les souvenirs, les souffrances. Et alors que je le regarde, ce monstre, que je ne le quitte pas des yeux, je me laisse conduire par l'autre. L'homme à la batte mène la danse, je me surprend à trouver celle-ci enivrante. Il se positionne soudain devant le violeur, se tourne vers moi et attire enfin mon regard lorsque je m'approche de lui, irrésistiblement attirée. Fascinée, je sens ma respiration s'emballer l'espace d'un instant. Je suis incapable de lui résister, je lui obéis et me retrouve à nouveau à ses côtés.
Il me présente son arme. Je manque un battement de coeur, mon poing se resserre. J'en ai entendu parler, de cette batte de baseball. Un cauchemar aux mains de cet homme. Un cauchemar pour tous. Le leader parle, de sa voix si grave. Impressionnante. Je ne peux m'empêcher d'observer ses lèvres bouger, poing toujours serré.
Justice.
J'en ai besoin. J'ai soif de justice, soif de vengeance. Pas de seconde chance. Je jette un coup d'oeil à l'immonde vermine au sol, sanglotante. Reviens à Seth. Pas de seconde chance. Les règles sont primordiales. Et lorsqu'il me confie que personne n'a le droit d'y toucher, à sa batte, j'ai le bras qui tremble. Et mon souffle s'emballe lorsqu'il me demande...

- ... t'en sens-tu digne, Autumn ?

Il me fixe sévèrement, son regard me glace le sang. Et l'espace d'un instant, je crois me trouver hors du monde, dans une bulle où seuls lui et moi existons. Le temps s'arrête, mon souffle aussi. Je détourne le regard, fixe la batte. Des frissons parcourent mon échine, différents des autres. Comme un appel. J'ai envie de tendre la main, d'ouvrir mes doigts, de m'emparer de l'arme.
La bulle éclate, je m'éveille du rêve. Ma main s'est emparée de la batte, mes doigts se sont enroulés autour du manche. Je ne contrôle plus rien, je me sens éprise d'une liberté soudaine. Et dans mon bras, je ressens comme une chose qui remonte le long de mes veines. Une puissance nouvelle. Mes doigts se resserrent plus encore autour du manche, mon poignet effectue quelques mouvements. Je me sens forte. Et soudain, la voix de Seth me fait sursauter, un murmure à mon oreille.

- Je...

Je ne quitte pas le bois usé de la batte du regard. Qu'est-ce que je ressens ? Une force irréelle. Que me dit-elle ? Frappe.

- Elle demande justice.

Mon regard se perd dans le vague, se noie dans les nervures du bois. Je sursaute lorsqu'une détonation résonne, me sortant de ma rêverie. Un cri de douleur reprend l'écho. Mon coeur s'emballe, je croise le regard du violeur, gémissant et pleurant sur le sol, se tenant la cuisse. Et je me rend soudainement compte qu'il venait de tenter de s'enfuir, stoppé net par Seth. Et son revolver.
Tout se passe trop vite. J'ai cette impression désagréable de sortir de mon corps, d'observer la scène. Silencieuse. Seth s'avance vers le monstre, je le suis. Attirée, envoutée. La scène attire des regards, quelques silhouettes s'amassent autour du théâtre. Deux hommes maintiennent Christopher en joue, Seth hurle, lève la main, les rejoint. Attrape le monstre par les cheveux, l'oblige à se coucher sur le ventre. Bras et jambes tendus. Tout se passe trop vite. Seth me pose des questions, le violeur hurle, en larmes.

Je me revois, moi, repliée sur ce lit alors qu'il se rhabille. En larmes. Pauvre marionnette, pauvre chose. Poupée de chiffon. En larmes. Il n'a eu aucune pitié, aucun remord. Il s'est servi. Mes sourcils se froncent alors, mon visage se referme. Et la colère seule s'empare de moi, la haine dévore mon coeur. Lentement, je m'avance, la batte pendant le long de ma jambe. Une silhouette maintient le monstre à terre, je ne la regarde même pas. Mon attention reste bloquée sur ce corps tremblant, visage contre le sol. Hurlant ce mot qui s'est tant de fois échappé de mes lèvres. Et je m'approche encore, pas après pas. Seth se relève, recule. Me laisse la place.

- Montres-nous ce dont tu es capable, Autumn, Venge-toi de tout ce qu'il t'a fait subir.

A chaque pas, je ressens le contact du sol sous ma semelle. Le temps s'arrête, plus rien n'existe autre que cet instant. Cette vengeance. La justice. Nous sommes trois dans cette bulle. Le monstre, mon saveur et moi...
Une ombre s'agite. Main crispée sur la batte, je relève le menton, fixe cette silhouette qui s'avance vers une autre. Deux grandes oreilles dressées au ciel. Le lièvre. Devant lui, une fillette aux cheveux dorés. Je la reconnais, mon coeur s'arrête. L'innocence brille sur son visage. Innocence, candeur, bienveillance. Le lièvre ne rit plus, le lièvre ne danse plus. Il prend la fillette par la main, sourire paternel défigurant son museau. Il l'emmène, loin. Pour qu'elle ne puisse prendre part à la scène macabre, laissant seule cette part d'elle, si sombre. Blessée, maltraitée. Hurlant sa revanche. Ma revanche. Je reste seule.

Je reviens dans le monde, hallucinations chassées. Dressée au-dessus de lui, une femme maintient fermement le violeur au sol. Je l'observe, le silence s'installe. Et je me rend compte pour la première fois que nous ne sommes plus seuls, la terre devenue théâtre aux multiples spectateurs, regards curieux observant l'acte premier.
Autumn n'existe plus. Tout mon être est rage et je me tiens là, debout, plus grande que lui. Plus forte que lui. Batte en main, main tremblante. Je raffermis ma prise, je maitrise mon corps. Mes frissons s'estompent, mes tremblements cessent.

- PITIE ! AIDEZ-MOI !

Personne ne vient à son secours, personne ne montre le moindre signe. Personne n'oserait. Car à mes côtés se dresse le terrible Seth, un homme d'une puissance incomparable. Un homme qui vient de me sauver. Un homme qui m'offre l'opportunité de laisser enfin exploser cette rage qui me consume lentement, m'éloigne des miens à mesure que le temps passe. Personne ne comprend... ce besoin d'exprimer ma colère.

- PITIE, JE VOUS EN SUPPLIE ! J'AI RIEN FAIT, ELLE MENT !

Le goret hurle, le goret couine. Je m'avance vers la tête, pose le bout de la batte sur son crâne. Ma voix s'élève, calme. La voix d'une enfant, bien trop douce. Bien trop candide.

- Tu veux pas la fermer, putain.

J'entrevois des sourires, j'entrevois des visages étonnés. Je jure beaucoup, pour quelqu'un du Temple. Je m'en fous. Contournant le corps agité du violeur, jouant avec la batte, je me délecte de son impuissance. Je lance un regard discret à mon sauveur, retourne mon attention vers mon violeur. Je me réjouis de ses cris. Ce ne sont plus les miens. Ni mes cris ni mes pleurs. Les siens. J'ai été sa victime, sa chose. Aujourd'hui, tout a changé. Aujourd'hui, les rôles sont différents. Aujourd'hui...

- Oeil pour oeil.

Le coup part, mon corps entier s'arque, prend de l'élan, la batte fait un tour complet. Se ramasse violemment contre le sol. Un bruit d'os résonne, un cri explose. Et je regarde à terre, je regarde la main déformée par le coup. Figée, mon esprit s'agite. Est-ce bien ? Ne devrais-je pas pardonner ? Ne devrais-je pas...
Un sourire se fraye un passage sur mes lèvres rosées. Je me souviens de la douleur de ces deux années de torture... Lentement, je fais le tour de son corps agité de spasmes. Il gémit, il supplie. Et pleure. Ce n'est plus un homme, ce n'est plus personne. Il redevient ce qu'il a toujours été pour moi, un monstre. Un animal répugnant. Mes pas se stoppent près de son autre main, la femme n'a pas bougé. Le tient toujours fermement. J'abat une seconde fois ma rage sur les os de son autre main. Nouveau craquement sonore. Cette fois, je donne deux coups. Trois. Quatre. Mes cheveux s'emmêlent devant mes yeux. Un souffle s'échappe de ma gorge essoufflée par l'effort.

- Dent pour dent.

L'adrénaline s'empare de mon corps, mes deux mains se saisissent de l'arme. Je frappe à nouveau cette main qui trop souvent a caressé mon corps, qui trop souvent m'a frappée. Si fort... Je m'arrête. J'inspire, mon coeur s'emballe. La rage me consume, mon regard s'enflamme. Et ma voix, devenue rauque, prononce quelques mots.

- Retournes-le, s'te plait. J'veux l'voir en face.

Lui qui aimait me voir, lui qui se délectait de mes larmes. Cet homme infâme, cet homme cruel. Lui qui s'est repu de ma souffrance... je veux le voir hurler mon nom. Je veux voir son visage, la douleur dans ses traits. Je veux déceler cette lueur dans son regard, celle-là même qui s'éteignait si vite dans le mien. La supplication. Je veux voir lentement l'espoir fondre, je veux qu'il ferme les yeux. Et qu'il subisse. Comme moi je l'ai fait, à chaque fois. Impuissante.
La femme s'exécute, aidée d'un autre homme. Ils le retournent. Et ensemble, le maintiennent au sol. Et je le vois, son visage. Maculé d'un mélange répugnant de poussière et de larmes. Et je la vois, cette fois-ci. La peur dans ses yeux. La peur de moi. Et je souris, toujours. Un sourire aigre, amer. Un sourire épris de haine. Je m'approche de lui, contourne son corps une nouvelle fois. Plus proche. Mon regard se stoppe sur la plaie, au niveau de sa jambe. Et je dépose l'extrémité de la batte juste à côté du trou béant. J'appuie, lentement. Plus fort, encore. Le sang coule, le monstre grimace. Et finit par hurler. Je relève l'arme, frappe. Cinq fois. Le sang coule, gicle. Ma jupe se colore, témoin d'un acte.
J'inspire profondément, m'approche de son visage. Je m'accroupis, nos regards ne sont plus qu'à une vingtaine de centimètres l'un de l'autre. Je plonge mes yeux dans les siens, j'y lis de la fureur.
Il me crache au visage.
D'un revers de manche, je nettoie ma peau souillée pour la dernière fois. Je le regarde, le coeur battant à tout rompre, prêt à exploser ma poitrine. Et alors, je plaque ma main contre sa joue, trouve une force surhumaine pour lui tourner le visage et me pencher vers son oreille. Pour que lui seul puisse m'entendre.

- Ca c'est pour moi. Pour mon bonhomme de neige. Et pour tous les autres.

D'un coup de mâchoire, je lui mord l'oreille. Mes dents arrachent la chair, je sens couler le sang sur mon visage avant même que je ne me relève. D'un mouvement du poignet, je tente de nettoyer le rouge sur mon menton. Je ne fais que l'étaler.
Je m'empare à nouveau de la batte de mes deux mains et d'un pas assuré, marche au-dessus de lui. Me place entre ses jambes. Les spectateurs attirés par la sentence comprennent alors et, sans la moindre hésitation, j'élève l'arme au-dessus de ma tête. Frappe. De toutes mes forces. Encore, encore, encore, encore. Je frappe. Il hurle. Encore. Je me sens incapable de stopper la course de ma haine, incapable de stopper la course de Justice. Une larme coule sur ma joue, se mêle au sang étalé. Tous ces souvenirs, si forts. Douloureux. Toute cette colère, refoulée. Elle s'échappe, explose. Comme une folle éruption.
Mes bras se fatiguent. Combien de coups ai-je donné ? Peu importe. Il a arrêté de hurler. Mes mains s'accrochent à l'arme, mes bras tremblent. Mes jambes tremblent. J'entend comme pour la première fois ma respiration haletante, je sens un battement à mes tempes. Et je le regarde, à terre, misérable. Son entre-jambe ensanglantée. Tous mes souvenirs me submergent, j'essuie une nouvelle fois mon visage de ma manche.

Je me sens si bien...

_________________

Autumn, we're all mad here

©endlesslove.

Wlawards 2020:
 
Revenir en haut Aller en bas

Seth Mansfield
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Of monsters and men Tumblr_pq08w2DHfe1vnzgcbo1_250

Ancien métier : Educateur spécialisé
Occupation : Leader des Protecteurs
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Vancouver

Messages : 167
Inscription : 13/04/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Jeffrey Dean Morgan

Of monsters and men X0TurS627 / 5027 / 50Of monsters and men BR2xH0t

Of monsters and men DQEbQJ237 / 5037 / 50Of monsters and men GxoDpmC

Of monsters and men Hu1erU729 / 5029 / 50Of monsters and men LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Of monsters and men Empty
09.10.19 15:23
Of monsters and men
 
Seth & Autumn


 



 Autumn avait tout de ce papillon qui, attiré par la lumière du feu, s'en approchait dangereusement avant de s'y consumer. Ses mains graciles qui s'étaient légèrement tendues en direction de Justice, étaient hésitantes, son corps tout entier paraissait craindre ce pouvoir enivrant qu'on lui présentait et qu'il lui suffisait de saisir pour s'en emparer. Mais si tout son être envoyait un certain message, son regard lui, révélait tout son contraire. Il ne faisant montre d'aucune hésitation sur ses véritables intentions, avant même qu'elle n'en prenne conscience elle-même. Il y avait quelque chose de fascinant à voir cette petite oie blanche qui avait consacré sa vie à louer un Dieu imaginaire être tenté par le mal personnifié, reniant par là-même tous ses principes religieux qu'on lui avait inculqué depuis son enfance. Certains dirait que tel le diable, en l'invitant à se venger, Seth avait détruit la dernière parcelle de bonté qu'il y avait en elle pour y faire éclore à la place, un monstre mais il n'y avait rien de plus faux. Il n'était que la main tendue qui lui permettait d'avancer, de se libérer de ses entraves et de détruire ses chaînes. Celui qui l'avait transformé était le même être que celui qui l'avait brisé, et qui gisait là, piteusement, à leurs pieds, après avoir lamentablement tenté de se faire abattre pour tenter d'échapper à la sentence qu'il méritait.

Très peu de privilégiés avaient eut l'occasion de prendre en main sa plus fidèle amie, mais lorsque cela se produisait, il y avait toujours une bonne raison. Il n'y avait rien de plus efficace pour briser psychologiquement une personne que de la forcer à tenir entre ses mains cette batte teintée de rouge du sang de ses proches où des lambeaux de chairs et de peaux restaient encore accrochés aux fils de barbelé qui l'habillaient si redoutablement. Plus occasionnellement, avoir le privilège de tenir Justice entre ses mains était une marque de confiance, parce que pour une raison particulière, Seth avait besoin d'avoir les mains libres et qu'il n'était pas envisageable une seule seconde d'abandonner sa précieuse arme dans un coin. Pour l'heure, seuls Winter et Victoria avait eut cet immense privilège car n'en doutez pas, s'en était un. Toutefois, jamais encore personne n'avait été autorisé à manipuler Justice. Il n'y avait que lui pour la faire s'abattre sur ses ennemis et quiconque aurait été assez fou pour tenter de s'en emparer afin de rendre soi-même justice, aurait eu le déplaisir de goûter à la sentence de la belle. Alors pourquoi offrir cet ultime privilège à cette gamine qu'il n'avait encore jamais côtoyé avant aujourd'hui ? Qui n'était rien pour lui ? Tout simplement parce que Seth ne s'interdisait jamais rien, qu'il suivait ses impulsions du moment et qu'en cet instant, à cette minute même, il avait envie de jouer et de voir un ange se teinter de sang au sens propre comme au sens figuré. Il avait repéré quelque chose de particulier en elle, un feu brûlant qui ne demandait qu'à exploser pour tout emporter sur son passage mais à quel prix ? C'était ce à qu'il s'employait de découvrir ; savoir jusqu'où cette petite était prête à aller. Mais ce n'était pas la seule raison. Cet homme avait essayé d'abuser d'elle, encore, ici, en ce lieux alors que pourtant, Seth avait toujours condamné ce type de comportement qu'il jugeait impardonnable et digne de la pire des raclures. C'était aussi contre ça qu'il luttait en amenant de l'ordre dans ce pays qui avait sombré. Sans règles, les hommes se comportaient comme des animaux, c'est pourquoi il fallait quelqu'un pour tous les tenir, quelqu'un d'assez fort pour leur imposer des règles qu'il leur faisait respecter à la lettre et cet homme, c'était lui. Ses décisions, ses lois, bien que nécessaires pour créer un nouvel ordre, ne plaisaient pas à tout le monde, il en avait bien conscience, mais bien stupide était celui qui pensait faire l'unanimité. Toutefois, aucun de ses opposants n'était assez fou pour oser se dresser contre lui et ça, c'était à la peur qu'il inspirait qu'il le devait. Plus la mise en scène de ses punitions ou exécutions étaient cruelles, plus il marquait au fer rouge leurs esprits et plus il annihilait toute volonté de rébellion.  

Découvrant ses dents dans un immense sourire qui se fendait en un rictus diabolique Seth ne pouvait que se délecter de la réponse que la petite oie blanche lui avait offert « Elle réclamait justice ». Oh putain que oui, elle réclamait justice, elle avait même soif de sang mais qui serait la plus assoiffée des deux ? Autumn ou Justice ? Tel le diablotin perché sur l'épaule gauche de la jolie blonde, Seth n'avait eu de cesse de lui murmurer des mots qui n'avaient que pour seul et unique but, de l'inciter à révéler son vrai visage en lui permettant de laisser libre cours à toutes cette colère qui l'étouffait. Pour se faire, elle se devait d'emprunter un chemin qu'elle n'aurait probablement jamais imaginé. Cette gamine, qui aurait très bien pu avoir l'âge d'être sa fille, n'avait pas besoin de lui raconter son histoire, car tout, dans son attitude, révélait le passé qui l'unissait à cette vermine. Si Seth n'avait aucune pitié pour les violeurs, il y avait une catégorie d'individus qu'il exécrait davantage encore, c'était bien les pédophiles. Découvrir qu'il avait abrité ce genre d'individu parmi les siens, lui donnait la désagréable impression de s'être fait flouer et faisait bouillir une sourde colère en lui mais elle n'était en rien comparable et ce qu'éprouvait cette gosse. Si quelqu'un devait se venger, c'était bien elle. C'était la raison pour laquelle, il avait choisi de lui en donnait l'opportunité mais si elle s'avérait trop faible pour oser faire ce choix, alors il le ferait à sa place... néanmoins, il était près à parier que ce ne serait pas nécessaire. Son apparence fragile était à l'exact opposé de ce qu'il avait décelé en elle. Derrière cette apparence fluette se cachait cette même froide détermination que possédait Winter auquel elle lui faisait beaucoup penser et c'était aussi l'une des raisons pour lesquelles il était persuadé qu'elle ne le décevrait pas.

Son regard noir se durcit de manière implacable lorsqu'il se posa sur cette loque humaine qui suppliait qu'on l'épargne en tentant vainement de s'en sortir par des mensonges qui ne trompaient personne. Contrairement à ce que Christopher semblait s'imaginer, Seth n'était pas le genre d'homme à se laisser aussi facilement berner. Hormis Dyan, personne ne connaissait son ancienne profession, mais en tant qu'éducateur spécialisé, Seth avait suffisamment côtoyé et travaillé avec des jeunes en difficultés pour reconnaître les signes qui ne trompaient pas, pour savoir lorsqu'un gosse avait vécu des horreurs sans qu'il n'ait à lui dire quoique ce soit. Tout comme il savait reconnaître lorsqu'un un adulte tentait de lui mentir pour dissimuler une vérité honteuse, comme en cet instant
Le premier coup s'abattit sans la moindre hésitation sur cette main qui l'avait si souvent touché, la broyant aussi implacablement qu'une broyeuse. Mutilé, l'homme hurlait, suppliait pour qu'on vienne l'aider mais personne ne bougerait le petit doigt pour lui. Ce ne fut nullement pour s'en assurer que le leader des Protectors balaya de son regard la petite assemblée de curieux venus assister à cette mise à mort. Non, s'il les observait ainsi, tour à tour, c'était uniquement pour observer les traits de leurs visages se déformer et se délecter de leur réaction à tous. Il espérait pour eux qu'ils avaient le coeur bien accroché parce que oh putain oui, du spectacle ils allaient en avoir. Et en cela, la scène qui suivit ne le déceva pas, et ce ne fut pas le geyser de sang qu'Autumn faisait naître à chaque fois que le bois et le fer frappaient la chair qui l'intéressait mais bien plus le dialogue unilatérale qui s'échappait des lèvres de la petite blondinette. La gamine tremblante et apeuré qu'il avait trouvé un peu plus tôt et sauvé des griffes de ce prédateur, laissait éclater désormais toute la rage et la haine qui la consumait, plus rien ne paraissait pouvoir l'arrêter. Désirer voir le visage de son tortionnaire être déformé par la souffrance en disait long sur les capacités de cette gamine. Tel un prédateur tournant autour de sa proie avant la mise à mort, Autumn jouissait de la peur qu'elle lui inspirait ainsi que de ce pouvoir qu'elle détenait désormais et dans lequel elle s'enivrait. Un sourire amusé s'étira sur les lèvres de Seth lorsqu'elle  appuya sur la blessure par balle qu'il lui avait infligé mais alors qu'elle levait la batte prête à le frapper à nouveau, Seth l'en empêcha en posant sa main ferme sur celle qui détenait actuellement Justice entre les siennes

- Ne malmène pas "Justice",
lui expliqua-t-il d'une voix paternel. Si tu continues à t'acharner de la sorte, tu vas la fragiliser. Regardes, tu dois la tenir de cette manière, lui expliqua-t-il en plaçant ses mains sur le manche, et ton mouvement doit être souple, comme ça...

Un nouveau cri déchira l'atmosphère oppressant et malsain qui régnait, puis après s'être assuré que la blonde avait parfaitement suivit ses instructions, il lui laissa à nouveau la batte restant à ses côtés tout en se décalant suffisamment pour la laisser libre de ses mouvements. Les coups se mirent à pleuvoir une fois encore, puis, lentement, la jeune femme se pencha sur sa victime. La pitié ne faisait pas parti de son vocabulaire, elle n'en n'avait pas encore tout à fait terminé avec lui. Se penchant au-dessus de ce corps mutilé, elle lui murmura des paroles que lui seul était en droit d'entendre, puis, telle une amante farouche, elle attrapa son oreille entre ses lèvres. Des lèvres assassinent qui lui arrachèrent une partie de son oreille avec ses dents, telle une bête fauve. La bouche désormais matinée d'un rouge vermillon, la jeune femme prit place entre ses jambes mais cette fois, elle ne comptait pas assouvir les désirs pervers et malsain de cet animal et le regard de Seth quitta cette immonde bouillabaisse qu'était devenue Christopher pour fixer la jeune femme qui allait appliquer sa sentence finale en le privant à jamais de sa virilité. Les coups se succédèrent avec la même haine farouche et cette rage indescriptible qui l'habitait à la différence que cette fois, Justice était elle aussi de la partie. La larme qui s'écoula sur ce visage juvénile qui possédait encore les dernières rondeurs de l'enfance ne lui échappa guère mais Seth fit comme s'il n'avait rien vu, la laissant accomplir sa vengeance jusqu'au bout. Le corps de Christopher se mit à tressaillir une dernière fois, mais cela faisait un moment déjà que l'homme ne hurlait plus, l'homme était mort de la manière qu'il méritait. Les coups continuaient pourtant à s'abattre encore et encore sur sa dépouille puis petit à petit les coups perdirent de leurs forces et cessèrent enfin, pendant qu'un silence de mort régnait désormais autour d'eux.

- Putain, t'en a fait de la bouillit,
constata-t-il en soulevant légèrement de sa botte ce qui restait de la hanche de cette sale petite merde. Débarrassez-moi de ça ! Ordonna-t-il à l'adresse des personnes présentent. Voilà le sort que je réserve aux violeurs et pédophiles, dites ce que vous avez vu, que tout le monde le sache, et maintenant retournez à vos tâches

Aussitôt, la foule présente s'exécuta et se disperça laissant le soin à 3 de ses soldats de s'occuper du cadavre. Rejoignant Autumn, Seth récupéra avec précaution sa précieuse Justice toute dégoulinante de sang et de chair fraîche qu'il fit tournoyer dans sa main avant d'inviter son nouveau bourreau à le suivre

- Viens avec moi.


Sans un mot de plus, il ouvrit la marche jusqu'à sa voiture qu'il avait prit pour venir jusqu'à ce coin éloigné de l'aéroport et qu'il avait garé un peu plus haut, juste devant le camion qui avait été le début de la fin pour Christopher. Ouvrant la porte arrière, il déposa sa batte sur le fauteuil puis, la refermant juste après, il s'installa au volant de sa voiture. Une fois qu'ils furent bien installé tous les deux, il mit le contact et démarra.

- Alors, comment tu te sens ?
Lui demanda-t-il. C'est grisant n'est-ce pas ?

Elle ne pouvait pas lui mentir, il connaissait mieux que personne cette sensation que l'on éprouvait à faire appliquer une sentence. Il avait vu le plaisir et la satisfaction se peindre sur son visage à chacun des coups qu'elle avait donné

- C'est à ça que je m'emploie, à protéger les gens. Tu sais, ce n'est pas pour rien qu'on s'appelle les Protectors, et pour les protéger, il faut des règles. Des règles fermes que l'on applique sans la moindre hésitation, comme tu l'as fait. Tu sais, ce que tu as fais aujourd'hui, ce n'est pas donné à tout le monde. Les faibles se cachent derrière le pardon, mais toi, tu as trouvé le courage et la force nécessaire pour donner à ce salopard un châtiment à la hauteur de son crime. Ne crois pas que je me réjouis de ce genre de spectacle mais c'est un mal nécessaire. Ces règles n'ont pas été établit pour permettre à un coupable de récidiver comme notre société trop laxiste le faisait par le passé, ces règles ont été édicté pour l'empêcher de recommencer. Elles peuvent paraître cruelles et dures pour certains, mais elles sont nécessaires si l'on veut établir un nouvel ordre mondial. Mais pour cela, il faut que l'on prospère et que toutes les petits communautés qui se sont regroupés et qui vivent en autarcie autour de nous, ne forment plus qu'un tout avec les Protectors afin que l'on applique tous les mêmes règles. Tu es d'accord avec ça ? Lui demanda-t-il en glissant son regard dans sa direction pour observer sa réaction. Tu sais, il y aurait une place pour toi à l'aéroport si tu le souhaites. Tu es beaucoup plus forte que tu ne le penses, tu es capable d'accomplir de grandes choses, comme Winter. Tu connais Winter n'est-ce pas ? C'est lui que tu es venues voir ? C'est pour ça que tu es là ?

 
 
Revenir en haut Aller en bas

Autumn J. Després
Sweet Little Demon

à propos
sac à dos
Of monsters and men 1555628555-deuxieme

Occupation : S'occupe du temple et des préparations des messes
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Montréal

Of monsters and men 1555628595-ezgif-3-2316a271d0eb

Messages : 170
Inscription : 16/04/2019
Crédits : doomdays-rpg
Célébrité : Kiernan Shipka

Of monsters and men X0TurS612 / 5012 / 50Of monsters and men BR2xH0t

Of monsters and men DQEbQJ221 / 5021 / 50Of monsters and men GxoDpmC

Of monsters and men Hu1erU72 / 502 / 50Of monsters and men LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Of monsters and men Empty
25.10.19 4:32
Ma tête tourne, si vite. Et lorsqu'enfin je reviens dans le monde, je prend conscience du silence. Je prend conscience de tous ces regards tournés vers moi, la petite fille du temple serrant si fort cette batte célèbre entre ses mains juvéniles. Et je sens mon visage tourner au rouge, mes joues me brûler intensément. Le silence m'envahit, m'emporte. Me dévore. Et je sursaute lorsqu'une voix de stentor résonne dans cette cour, impressionnante. Effrayante. Je me retourne vivement vers lui, me prend son regard de plein fouet. Seth s'est avancé vers le monstre toujours couché au sol, le soulève légèrement de sa botte. Et moi, je ne bouge plus, crispée. Tétanisée. Il donne des ordres, l'homme, et moi je l'observe. D'actrice principale, je suis devenue spectatrice de mon jugement. Et lorsque le leader annonce cette sentence, une promesse de vengeance, il me donne l'impression, l'espace d'un instant, d'être protégée. Puis, tout redevient normal. Je ressens l'oppression des lieux, le trop de gens, les bruits du monde qui recommencent à envahir mes oreilles. Et je redeviens la petite chose fragile, je redeviens Autumn. Et je distingue très nettement les oreilles du lièvre dépasser de derrière la tête d'une femme qui m'observe quelques instants encore. Elle part, dévoile le dingue dans son dos. Il me fait un signe, un sourire. Il semble étrangement calme, étonnement normal... Juste avant qu'il ne commence à hurler, fort. Si fort... J'ai envie de me boucher les oreilles, de crier à mon tour. Tout ce que je parviens à faire, c'est de froncer les sourcils, douloureusement. Et de le laisser faire son cirque.
Justice glisse doucement de mes mains, je sursaute lorsque je m'aperçois qu'il est là, face à moi. Seth. Et qu'il reprend son amie, dégoulinante de sang et de chair fraiche. Il la fait tournoyer dans sa main, je le regarde faire sans bouger le moindre doigt. Et soudain, il m'invite à le suivre. Mon coeur manque un battement, s'emballe. Pourquoi ? Que me veut-il ? Je n'ai pas envie de le suivre, je veux trouver mon prince. Je veux retrouver ses bras, son oeil rassurant. Je veux le voir...

Le choix ne s'offre pas à moi. Lorsqu'il ouvre la marche, je me sens comme attirée, le suis. Nous parvenons devant une voiture, mon coeur accélère plus encore alors qu'il l'ouvre. Je passe par la droite, ouvre la portière passager et me glisse sur le siège. Les portes claquent, nous voici dans le véhicule qui démarre. Sa voix se glisse en moi, à nouveau. S'insinue dans la moindre parcelle de mon âme, envenime mon esprit. Et moi, je l'écoute, avide d'entendre ce qu'il a à me dire. De comprendre ce qu'il me veut. Ses questions me déstabilisent cependant. S'intéresse-t-il réellement à moi ? Ou cherche-t-il quelque chose ? Je ne parviens plus à réfléchir, face à lui. Il m'impressionne, m'effraye. J'ai peur. Et mes mains tremblent terriblement, je tente de les dissimuler dans le tissu de ma jupe. Elles se crispent et s'accrochent à mes cuisses au travers de la jupe. J'entrevois des tâches de sang sur mes vêtements... Je dois répondre.

- Ca... fait du bien.

Pathétique... Je ne parviens pas à mettre de mots sur les sentiments qui m'habitent, encore bien trop flous pour moi. Et lui, il sourit alors que je ne parviens pas à le regarder dans les yeux. Je fixe mes mains, le sol de la voiture, le tableau de bord. Tout sauf lui. Et lorsqu'il se remet à parler, mon attention s'aiguise, je bois ses paroles. Il m'explique ce qu'il fait ici... Protéger les gens. Avec des règles, fermes, appliquées sans la moindre hésitation. Comme je l'ai fait... Ce n'est pas l'impression qu'ils donnent depuis l'extérieur, bien au contraire. La fille du temple ne voit que des monstres en eux, des opportunistes, des voleurs. En aucun cas des protecteurs... Mais la fille à la batte, elle a un regard bien différent. Elle rougit, lorsqu'il lui avoue que ce qu'elle a fait, ce n'est pas donné à tout le monde. Pourtant, elle ne le regarde toujours pas. Trouver le courage et la force pour donner un châtiment. Aurais-je pu le faire sans que l'on vienne m'aider ? Je me serais laissée faire, comme toujours. Et après, je me serais recroquevillée dans mon coin, des larmes brûlant ma chair. Mais lui, Seth, il est venu pour me sauver. Et m'a donné l'arme. Justice. Peut-être faut-il des règles plus dures, peut-être aurait-il fallu des règles plus cruelles, pour me sauver jadis.
L'homme veut réunir toutes les communautés. Il veut qu'elles ne forment qu'un avec les Protectors, pour appliquer les mêmes règles. Pour un nouvel ordre mondial. Il a une idée, une envie. Il veut protéger les gens. Est-ce vrai ? Sommes-nous protégés, au temple, ou de simples pions ? Des esclaves à la solde de ces voleurs qui nous prennent notre nourriture ? Je ne parviens plus à penser. Je ne parviens plus à distinguer le bien du mal. Je sens son regard se poser sur moi, insistant, lorsqu'il me demande mon avis. Et je rougis encore, il me croit plus forte que ce que je suis. J'inspire. Mes poings se resserrent.

- Oui, je voulais voir Winter. C'est mon ami.

Je ne m'étonne pas qu'il le sache, il doit tout savoir, pour appliquer ses règles, j'imagine. Et pour être à sa place, leader d'un groupe si effrayant. Je ne relève toujours pas mon regard, coeur battant encore si fort contre ma poitrine. J'essaye de ne pas penser au corps de mon violeur, j'essaye d'ignorer les images. De profiter encore des dernières sensations d'adrénaline pour prendre mon courage. Et enfin regarder Seth qui ne m'a pas quitté des yeux, silencieux.

- Je n'peux pas rester ici, j'ai des personnes que j'dois retrouver chez moi. Ils comptent sur moi. Et je me plais au temple.

C'est calme, avec pleins de cachettes. Et surtout, la nature. Des arbres dans lesquels grimper, des fleurs à dessiner. Des restes d'une beauté passée d'un monde à l'agonie. J'oublie intentionnellement de répondre à sa toute première question. Parce qu'à l'heure, je ne parviens pas à savoir si c'est bien ou mal. Tout est trop flou, indistinct. J'aimerais demander à Gabriel... Savoir ce qu'il en pense. Lui, il sait toujours... Mon coeur s'emballe encore, je fixe à nouveau mon regard dans celui de Seth.

- Dites...

J'hésite, ignorant ce que je peux dire ou non. Parce qu'après tout, les rumeurs courent sur cet homme. Des rumeurs affreuses, à glacer le sang. Pour moi, il est un monstre, qui dévore les enfants malheureux qui s'égarent dans la forêt. Un monstre aux crocs acérés, brillant dans la nuit noire. Un monstre cruel qui brûle le monde, termine de le détruire. Et non un protecteur... Me serais-je trompée ? J'ai souvent peur qu'ils nous fassent du mal, qu'un jour, ils nous exterminent tous. Ils sont tellement plus forts, ces gens-là. Nous ne sommes qu'un peuple de brebis, les habitants du temple ne sont pas des guerriers. Et même si je crois que nos cavaliers nous défendent contre tout, que Gabriel est notre Protecteur, ils ne feraient pas le poids contre tous ceux qui grouillent à l'aéroport...

- Vous comptez faire quoi de nous ?

Nous. Le temple. Je sais qu'il n'a pas besoin que je précise, c'est évident.

_________________

Autumn, we're all mad here

©endlesslove.

Wlawards 2020:
 
Revenir en haut Aller en bas

Seth Mansfield
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Of monsters and men Tumblr_pq08w2DHfe1vnzgcbo1_250

Ancien métier : Educateur spécialisé
Occupation : Leader des Protecteurs
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Vancouver

Messages : 167
Inscription : 13/04/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Jeffrey Dean Morgan

Of monsters and men X0TurS627 / 5027 / 50Of monsters and men BR2xH0t

Of monsters and men DQEbQJ237 / 5037 / 50Of monsters and men GxoDpmC

Of monsters and men Hu1erU729 / 5029 / 50Of monsters and men LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Of monsters and men Empty
13.12.19 10:48
Of monsters and men
Seth & Autumn





Seth jeta un regard en coin à la jeune fille tétanisée qui se trouvait assise à ses côtés alors que son sourire lui s'était élargit en l'entendant reconnaître à demi-mot qu'elle était soulagée d'avoir mit fin aux jours de cette pourriture qui avait bien trop longtemps respiré le même air qu'eux. Les mains glissées dans l'épais tissu de sa jupe de nonne, le regard baissé, comme apeurée, il était difficile de croire que quelques minutes plus tôt c'était la même fille qui s'acharnait sur le cadavre d'un homme avec une batte de base-ball, au point d'en faire de la chair à pâté. Dès l'instant où Autumn s'était emparée de sa belle, dès l'instant où il lui avait laissé le choix et de rendre justice, la petite pieuse avait laissé de côté toute inhibition pour laisser s'exprimer toute sa colère, et cette haine refoulée, sans accorder la moindre importance aux regards que l'on pourrait porter sur elle, sans s'inquiéter un seul instant d'être jugé ou du qu'en dira-t-on. Mais à présent que l'adrénaline était retombée, qu'elle s'était défoulée, qu'elle se retrouvait face à ses actes et ses conséquences, elle était redevenue cette petite fille craintive et soumise que le Temple se plaisait à mouler en leur fourrant toutes ces putains de conneries en tête.

- C'est ce genre de regard terrifié qui donne envie aux gens d'être cruel, j'pari qu'on te l'a jamais dit ! Par contre, fit-il remarquer dans un sifflement admiratif, celui que t'avait quand tu lui as réglé son compte, fiouuu, ça c'était autre chose ! Crois-moi, plus personne te fera chier après ça ! Alors qu'est-ce que t'as ? C'est la colère de Dieu que tu crains ? Pourquoi serait-il en colère ? Qui te dit que tu n'as pas été la main qui n'a fait qu'appliquer sa sentence ? Si t'avais semé la mort à tout va, si tu t'en étais pris à un innocent j'dis pas, mais c'est pas le cas et crois-moi, oh putain oui, ce serait plutôt mon courroux que t'aurais à redouter, bien plus que celui de ton Dieu. Maintenant, fais ton possible pour pas briser l'image que j'ai de toi, t'es une putain de dure à cuire, avoir peur de moi serait une énorme déception

Si Seth n'hésitait jamais à employer la violence pour soumettre les plus récalcitrants, il ne tolérait pas pour autant l'excès de violence si ce n'était pas nécessaire ni le meurtre gratuit. Sans lui pour les encadrer, sans l'application de ses fameuses règles, les Protectors s'entretueraient ! Si Seth cherchait effectivement à soumettre les autres communautés c'était dans le seul et unique but de protéger ce qu'il avait si patiemment réussi à construire et à ériger. Le monde avait changé et désormais les hommes étaient livrés à leur plus viles instincts. Si dans une société de consommation à outrance on était capable de tuer pour une paire de pompe de marques et 20$ en poche, aujourd'hui c'était encore pire. Tout était convoité et l'autre était devenu une menace potentielle dont il fallait se débarrasser... Seth ne partageait pas cet état d'esprit, et c'est ce qu'il essaya de faire comprendre à Autumn. Qui ils étaient, ce qu'ils faisaient et pourquoi ils le faisaient. Détruire toute une communauté et sa source principale de subsistance, n'avait aucun intérêt à ses yeux ! Contrairement à beaucoup, Seth était très clairvoyant à ce sujet, ils avaient besoin des autres survivants pour survivre, ils avaient besoin de tout ce qu'ils pouvaient leur apporter : leur force, leur récolte, leur gibier, leurs armes... Les morts avaient envahit le monde c'est pourquoi les survivants devaient se réunir pour faire front, mais pas n'importe comment. Ils devaient s'unir sous son égide, sous ses règles, afin de devenir chaque jours plus fort pour protéger ce qu'ils possédaient et qui pourrait susciter la convoitise chez autrui, et pour cela, il fallait attaquer et soumettre avant d'être attaqué car aujourd'hui, seul prévalait la la loi du plus fort.

A nouveau Seth quitta la route des yeux pour observer sa jeune passagère qui se reflétait dans le rétroviseur intérieur. Sa voix encore juvénile retrouvait doucement de l'assurance alors qu'elle lui confirmait la raison de sa venue jusqu'ici qui n'était autre que son jeune protégé. Winter... Seth savait très peu de chose sur lui et à vrai dire, depuis qu'il l'avait recueillit et pris sous son aile, il ne lui avait jamais poser la moindre question. Il n'avait pas sauvé Winter des griffes de cette femme pour s'apitoyer sur son sort ou le prendre en pitié mais pour lui donner l'opportunité de prendre sa vie en main et de faire des choix, et pour se faire il devait se projeter dans l'avenir et certainement pas se complaire à vivre dans le passé. Qui plus est, il n'avait pas besoin de longues discussion avec Winter pour en venir à ses propres conclusions. Il savait que son jeune protégé et la fille du Temple étaient amis, qu'ils se fréquentaient et au vu du comportement de Winter si différent avec les autres d'avec elle, Seth n'avait aucun doute sur le fait qu'ils se connaissaient avant l'apocalypse et qu'ils partageaient bien plus qu'une simple complicité. De jeunes voisins ? Cette option aurait pu paraître plausible mais il n'imaginait pas du tout Winter grandir parmi ces mormons pas plus que Christopher du reste et compte tenu de la mésaventure à laquelle il avait assisté, il savait, sans l'ombre d'un doute, qu'Autumn connaissait Christopher et qu'elle avait été son jouet sexuel... Winter l'avait-il connu lui aussi ?

- Vraiment ? Un ami ? Rien de plus ? A qui tu comptes faire avaler ça ?
Lui demanda-t-il le sourire goguenard

L'amitié homme-femme, Seth n'y avait jamais cru une seule seconde de toute sa vie et encore moins aujourd'hui à 50 piges ! La seule fois où ce genre de chose arrivait c'est parce que l'un des deux avait viré de bord, mais le reste foutaise, et encore moins à cet âge où les hormones vous travaillaient méchamment.

- Ça fait longtemps que vous vous connaissez ?
Chercha-t-il à savoir tout en se doutant bien qu'il n'obtiendrait pas de réponse très développé à sa question. Elle avait d'ailleurs cela en commun avec Winter. Je voudrais apprendre à mieux te connaître, après tout, tu es proche de Winter et Winter est comme un fils pour moi

Aussi surprenant que cela puisse paraître, Autumn se montra plus bavarde lorsqu'il fut question de s'installer à l'aéroport. Un projet à laquelle elle ne semblait pas adhérer, et ce, malgré la présence du jeune borgne. Au moins il ne pouvait pas lui reprocher d'être indécise ou de ne pas savoir ce qu'elle voulait. Au fur et à mesure, la petite huitre prête à se renfermer dans sa coquille à la moindre occasion, reprenait de l'assurance, cette même assurance qu'il avait pu déceler avant qu'elle ne fasse le choix de s'emparer de justice. Au moins, lorsque quelque chose lui tenait à coeur, la jolie blonde sortait de sa réserve et de toute évidence sa vie monotone dans ce couvent en était une, ainsi que leur devenir.

- Winter aussi compte sur toi,
lui répliqua-t-il. Tu comptes passer toute ta vie là-bas ? Bordel, viendra un jour où il faudra bien couper le cordon. T'as toujours vécu là-bas ? Chercha-t-il à sa voir.

Arrêtant sa voiture devant l'entrée de l'ancien aéroport, il coupa le contact et observa la jeune femme qui l'avait interpellé manifestement prête à lui poser à son tour un question qui avait son importance. Haussant un sourcil, il l'observa durant un instant avant de se tourner vers elle afin de mieux lui faire face

- Et que crois-tu que je compte faire de vous ?
Lui demanda-t-il en retour bien décidé à ne pas lui apporter la moindre réponse avant qu'elle ne l'ait fait. Réponds ! Et que ça saute !

Ce ne fut que lorsqu'il obtint satisfaction, qu'un petit rire amusé franchit ses lèvres

- Pourquoi voudrais-tu que je fasse du mal aux gens qui vivent au Temple d'Ezekiel ? Vous êtes des nôtres désormais. Nous apportons la sécurité à ceux qui en ont besoin nous apportons la civilisation dans ce monde, nous sommes, les Protectors, mais on peut pas le faire sans quelques règles, des règles qui sont là pour nous maintenir en vie. Tu sais, dehors il existe des groupes dangereux qui kidnappent les gens bien, les enferment pour les torturer et les contraindre à leur révéler tout ce qu'ils peuvent dire sur leur communauté afin de mieux les piller, les massacrer, saccager, brûler, tuer et violer sans vergogne, sans parler de ces foutus charognes. Vous avez eux beaucoup de chance. Crois-moi, nous on est les gentils dans l'histoire. Bien sur, on peut pas espérer se la couler douce en échange, c'est pour ça qu'il faut bosser dur et nous remettre une partie de vos récoltes, alors dis-moi, qu'est-ce qui te fais croire que voudrais vous faire du mal ? Est-ce que Clara vous a donné des raisons de douter de ma parole ? Comment ça se passe avec elle ?



_________________
Of monsters and men Xqq3
Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas

Autumn J. Després
Sweet Little Demon

à propos
sac à dos
Of monsters and men 1555628555-deuxieme

Occupation : S'occupe du temple et des préparations des messes
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Montréal

Of monsters and men 1555628595-ezgif-3-2316a271d0eb

Messages : 170
Inscription : 16/04/2019
Crédits : doomdays-rpg
Célébrité : Kiernan Shipka

Of monsters and men X0TurS612 / 5012 / 50Of monsters and men BR2xH0t

Of monsters and men DQEbQJ221 / 5021 / 50Of monsters and men GxoDpmC

Of monsters and men Hu1erU72 / 502 / 50Of monsters and men LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Of monsters and men Empty
29.02.20 5:22
Quand je parle, il me coupe. Et quand j'essaye de rassembler mon courage pour parler, il me fait peur. Ce type, il me glace le sang, toutes ces histoires que j'ai entendu sur lui, toutes ces rumeurs, et maintenant que j'ai tenu sa précieuse arme mythique entre mes mains, je comprend qui il est. Ou je crois comprendre. De lui émane un pouvoir hors norme, une assurance dépassant celle des plus fous et son sourire, ces yeux qui m'observent, tout en lui fait recroqueviller mon petit corps dans le siège sur lequel je me suis assise, contre mon gré. Le monstre peut-être n'est-il qu'un homme déguisé ? Dans tous les cas, il recommence à me poser des questions alors que je répond à peine à répondre aux premières. J'essaye de les ignorer, pour ne pas oublier de répondre correctement, ou dans tous les cas, comme la peur me laisse le faire.
Il ne semble pas dupe, quand à mon lien avec Winter. Il rit et je ne relève pas, il me demande depuis combien de temps on se connait, je ne répond pas, j'ai promis de ne rien dire, à mon ami, de ne surtout pas parler de notre sombre passé à qui que ce soit, et à vrai dire, je n'ai pas envie d'en parler. Je n'ai pas envie que l'on sache... qu'ils pensent juste que je me suis faite kidnappée, je m'en fiche, c'est la réalité. Mais qu'ils sachent pour la chambre rouge... pour la douleur et la peine, pour les tortures et les viols, hors de question. Alors, à Seth, je ne dis rien et je continue de répondre. Et il dit qu'il veut mieux me connaître, je tremble à cette idée. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il veut de moi ? Je ne suis que la fille Després, je n'ai aucune valeur... on me l'a bien fait comprendre, depuis longtemps. Alors, qu'est-ce qu'il veut ? Je continue de répondre en ignorant mes mains qui se crispent davantage encore sur le tissu de ma jupe sale, gardant un oeil sur l'homme, fixant pourtant toujours ces taches rouges sur mes vêtements qui trahissent mon acte de vengeance accomplit. Il me pose encore et toujours plus de questions... et me coupe tout le temps, ça m'énerve. Je n'aime pas que l'on me coupe, bien que j'en ai l'habitude. Les adultes pensent tous que je suis une petite chose à protéger, c'est tout le temps pareil. Ils oublient que j'ai seize ans, je ne suis plus une gamine. Alors, ils me coupent tout le temps, pensent que je ne peux pas parler comme eux, que je ne peux pas penser. Pire encore, je suis une fille. Et au temple, tout est différent pour les filles. Des petites choses fragiles à protéger des péchés... Et s'ils voyaient ce que je viens de faire, que diraient-ils ? Maintiendraient-ils toujours le même discours ?

La voiture s'arrête devant l'entrée de l'ancien aéroport. Le monstre à côté de moi coupe le contact, m'observe encore et moi, j'aime pas ça. Je déteste le contact et encore pire, que l'on m'observe. Mais que puis-je dire... Cet homme est imprévisible et je ne suis qu'une gamine, je ne fais pas le poids, je dois me plier à son jeu et répondre à ses questions. Mais plus les minutes filent, plus je me pose cette question... tu y prends goût, Autumn ? Répondre à ses questions, être son attention... parce qu'il est si fort, si impressionnant.

*Tu veux lui ressembler, avoues-le... Petit gâteau ?*

Je sursaute et resserre mes poings lorsque la voix nasillarde résonne dans mon crâne, je ne le vois pourtant nulle part, ce foutu lièvre.

- Non, j'ai pas toujours vécu là-bas. On y est arrivés juste avant que l'épidémie commence, un an avant, peut-être.

Pourquoi dire la vérité ? Celle-ci n'engage à rien, contrairement à certaines. Et cet homme, il veut des réponses, il parait qu'il n'accepte pas les refus d'obtempérer, à ce qu'on m'a dit. Et je n'ai pas envie qu'il me touche si je n'obéis pas... Il a haussé un sourcil, à ma question. La première que je lui pose et la seule à laquelle je demande une réponse honnête, maintenant. Parce qu'on a tous le droit de savoir à quoi s'attendre. Le pire, dans la chambre rouge, c'était d'ignorer le monstre qui allait entrer. Allais-je me faire battre ? Me plier à des ordres douloureux ? Je n'avais qu'une seule certitude: la douleur. Là, face à Seth, je ne sais rien et ça me frustre, parce que je veux savoir. J'ai besoin de savoir. Il se tourne vers moi, je me sens obligée de le regarder dans les yeux.

*Le monstre le monstre le monstre ! C'est pas moi, c'est lui ! Ou toi ?*

J'inspire profondément et sursaute lorsque j'entend une voix qui crie, me donne un ordre. Ce n'est pas celle du lièvre dans ma tête, mais celle de Seth. Je m'accroche à ma cuisse et tient son regard, je ne lâcherai pas. Je suis forte, je ne suis pas une petite chose fragile. Je peux tenir son regard, alors je le fais. Non sans que mes mains ne tremblent alors qu'elles resserrent leur emprise sur mes jambes.

- J'sais pas, c'est pour ça que j'demande. On entend beaucoup de choses et puis les gens peuvent être cruels, surtout depuis cette putain d'épidémie.

Je m'en fous de jurer, je le fais tout le temps, au grand regret de mon père. Il aimerait que j'arrête. Si je n'ai pas le droit, qui l'a ? Après tout ce qu'on m'a fait subir... Peu importe ce qu'il m'arrivera, rien ne sera pire. Alors, je reprend mon courage, je ne quitte plus son regard glacé et la voix du lièvre disparait pour nous laisser en tête à tête.

- Vous pourriez faire tout c'que vous voulez, de toute façon.

Et il rit. Le monstre, ce protecteur, le leader de tous ces gens, il rit de moi. Je rougis, ressens une légère point de colère consumer une partie de mon esprit, je la canalise et la range dans un coin, comme toutes mes émotions. Et le discours de l'homme me fait hausser un sourcil sans que je ne le remarque. La sécurité, la civilisation ? Tout ça n'existe plus, les monstres sont partout, vivants ou morts. Les monstres gouvernent la terre et la bienveillance déjà triste d'autrefois s'est fait la malle. Alors de quoi parle-t-il ? Des règles... Et il prononce ce mot. Kidnapper. Torture, contrainte, piller, massacrer, saccager, brûler, tuer. Violer. C'est à moi de rire, intérieurement. Tous ces mots me parlent... plus qu'à n'importe qui, parce qu'on m'a fait subir tout ça. Elle me l'a fait subir. Et il parle de chance, d'être tombés sur eux, parce qu'ils sont les gentils. Ai-je le droit de rire devant lui ? Je n'ose pas le faire, mais j'en ai envie. Et pourtant... chacun de ses mots trouvent une place dans mon esprit, sans que je ne m'en rende compte...

- Tout le monde veut faire du mal, aujourd'hui, pourquoi pas vous. Et on n'est pas des vôtres, vous avez pris possession du Temple. C'est différent.

Encore des questions. Mais cette fois, je tiens bon et je le fixe dans ses yeux qui m'effrayent toujours autant et m'attirent aussi irrésistiblement.

- Y a plus de gentils ni de méchants, y a que des survivants... Y a les forts et les faibles. Y a ceux qui survivent et ceux qui crèvent. La civilisation peut plus être comme avant, même avec des règles. Et vous... vous êtes forts.

Ce discours, jamais je ne l'aurais tenu devant mes parents, jamais au Temple. Dur, impitoyable, ces mots, je le sais et j'en ai conscience, ils sont forts. Ne dis-t-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Et même si je n'en suis plus une depuis longtemps, si tout le monde me traite ainsi, n'en suis-je pas une tout de même ? Puisque l'on veut me traiter ainsi... J'en ai marre d'être gentille, j'en ai marre d'être bien élevée et de me taire. Alors, les mots commencent à sortir de ma bouche.

- Clara, c'est la brune là ? J'l'aime pas. Mais elle a rien fait, elle, c'est les autres types. Elle, elle croit même que j'suis une gamine qu'il faut à tout prix protéger... Quelle imbécile. Y en a un qui m'a mis une gifle, il voulait frapper mon père parce que mon père voulait calmer une situation qui s'envenimait. J'me suis interposée. Dès qu'on ouvre un peu notre gueule et qu'on n'est pas des moutons, vos mecs nous menacent... C'est quoi, ça, pour vous ? On ne fait pas partie des vôtres et on le sera jamais, parce que les vôtres ne veulent pas de nous.

De toute façon, on va tous crever, non ? Alors à quoi bon s'emmerder. Je tremble quand même, alors que je regarde Seth dans les yeux, les mots se succèdent entre mes lèvres, sans que je parvienne à les stopper et je sens que je ne devrais pas être aussi bavarde, que je ne devrais pas dire tout ça.

- Vous vous dites les gentils, mais vous avez des gens mauvais avec vous.

Comme Christopher...

_________________

Autumn, we're all mad here

©endlesslove.

Wlawards 2020:
 
Revenir en haut Aller en bas

Seth Mansfield
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Of monsters and men Tumblr_pq08w2DHfe1vnzgcbo1_250

Ancien métier : Educateur spécialisé
Occupation : Leader des Protecteurs
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Vancouver

Messages : 167
Inscription : 13/04/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Jeffrey Dean Morgan

Of monsters and men X0TurS627 / 5027 / 50Of monsters and men BR2xH0t

Of monsters and men DQEbQJ237 / 5037 / 50Of monsters and men GxoDpmC

Of monsters and men Hu1erU729 / 5029 / 50Of monsters and men LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Of monsters and men Empty
30.03.20 14:43
Of monsters and men
Seth & Autumn





Si Seth se fiait à chacune des paroles que prononçait la petite blonde assise à ses côtés, il prêtait tout autant d'attention à ce qu'elle ne disait pas, tout en décodant sa gestuelle. Autumn n'en n'avait pas conscience, mais tout son corps parlait pour elle. Il y avait dans son regard beaucoup de colère, mais pas une colère tournée contre lui, une colère qui était dirigée contre la faiblesse des gens en général et contre la sienne en particulier. Une faiblesse qui permettait à des types comme Christopher d'abuser de leur position pour faire des choses que lui-même ne pouvait tolérer. S'en prendre à des gosses c'était bien quelque chose qu'il se savait incapable de faire. Il les aimait beaucoup trop pour s'en prendre à eux. S'il avait exercé ce métier qu'avait été le sien par le passé, c'est parce qu'il rêvait de sauver tous ces mômes que la vie avait si injustement et impitoyablement broyé. On n'exerçait pas le métier d'éducateur dans l'espoir d'une ascension sociale et encore moins pour la paye. Etre éducateur c'était une véritable vocation. Il en fallait pour descendre dans la rue, aller à la rencontre de tous ces jeunes en mal d'éducation, pour entrer dans ces maisons et ces quartiers que les honnêtes gens préféraient éviter, et surtout il fallait de la persévérance et du bagou pour parvenir à les motiver de faire quelque chose de leur vie et de s'en sortir.
Combien de fois n'avait-il pas donné de sa personne en battant le pavé au beau milieu de la nuit pour trouver des toxicos, parler avec eux, les conduire vers des endroits plus sains afin qu'ils y passent la nuit ? Pour les aider. Tu fais pas ça, si tu n'as pas la motivation.
Un putain d’éduc, ça va en foyer de l’enfance ou maison d’enfant à caractère social, ça récupère tous les gosses qui vivent dans l'insécurité, et ça essaye de leur redonner le sourire, et plus important, la confiance en soi et en l’autre, en passant toute ses soirées avec eux. Certains, grâce à son intervention, étaient parvenus à reprendre leurs vies en main et à faire quelque chose de leur avenir. Il avait gardé des contacts avec la plupart d'entre eux, et quelle fierté éprouvait-il lorsqu'il les voyait exercer un métier dans lequel ils s'épanouissaient afin ou fonder à leur tour une famille sans répéter les erreurs qu'avait commis leurs parents avec eux. Il leur avait donné un futur, c'était indéniablement la plus belle de ses récompenses, et c'est ce qui lui donnait l'envie de se battre pour chacun d'entre eux.

Mais tout ne se passait pas toujours aussi bien. Etre éducateur c'était par définition, une prise de risque en soi puisque son rôle était d'accompagner de jeunes adultes vers l’autonomie. Parmi tous ces jeunes qui, pour une raison ou une autre, s'étaient retrouvés en difficultés et qu'il avait eut pour mission d'aider, certains n'étaient pas parvenus à s'en sortir. Il n'y avait rien qui l'énervait plus que d'entendre son entourage le bassiner avec des paroles toutes faites, prétextant que ce n'était pas sa faute, que ces gosses avaient choisi la vie qu'ils s'étaient donnés, ou qu'ils n'avaient pas eut de chance et qu'il ne pouvaient endosser la responsabilité de leurs choix... Foutaise ! Ce que ces gens ne comprenaient pas c'est que des petites choses qui, pour la plupart des gens, paraissaient aussi évidentes que d'aller au cinéma ou à la piscine, nécessitait une extrême vigilance de sa part. Tous ces jeunes ne réagissaient pas de la même manière et certains pouvaient avoir des réactions aussi violentes qu'inattendues, et tous ceux qu'il n'était pas parvenu à aider, il l'avait vécu comme un cuisant échec personnel. Parce que cela signifiait qu'il n'avait pas été capable d'anticiper.
Son premier échec, il s'en rappellerait probablement toute sa vie... le gosse s'appelait Daniel, il était afro-américain et putain que ce gosse était doué ! S'il avait eut la chance de naître dans un foyer stable et équilibré, et pas dans les bas-fond du trou du cul du monde, il aurait pu faire de brillantes études... au lieu de ça, il vivait avec un père violent et une mère terrorisée qui préférait voir son fils prendre les coups à sa place. L'assistante sociale qui s'était occupée de son cas était parvenue à le retirer de ses parents mais dans quel état... le gosse reproduisait sur les autres cette violence dont il avait été bien trop longtemps la victime avant que les adultes ne s'en rendent compte et ne se décident enfin à l'arracher à ce foyer destructeur. Seth avait récupéré un gosse agressif, coléreux et difficile qui ne jurait que par des provocations et ses mauvaises fréquentations. Après quelques semaines passées avec lui, Daniel avait changé. Le gosse agressif, bagarreur et provocateur qu'il avait accueillit commençait à avoir foi en l'avenir et en ses capacités. La dernière fois qu'il l'avait vu, le gosse pensait enfin à l'avenir désirant faire de sérieuses études pour devenir ingénieur ou architecte,... Dix jours plus tard, son cadavre avait été retrouvé dans une ruelle, suite à une rixe qui avait mal tourné...
Ce gosse méritait tellement mieux que de finir ainsi... il ne l'oublierait jamais, pas plus que Raphaelle, qui était parvenue à le tromper comme jamais personne avant elle... Raphaelle était une gamine qui vivait dans la rue en se vendant au plus offrant. Pour oublier ces problèmes, elle se shootait. Le cliché classique misère, sexe et drogue... Ce sont les flics qui l'avaient ramassé, elle n'avait que 15 ans et pourtant elle se droguait et se prostituait depuis deux ans déjà. Elle était complétement ravagée par cette vie qu'elle avait été contrainte de mener pour survivre. Raphaelle avait pensé pouvoir s'en sortir en le séduisant, mais elle était tombée sur un os. Oh elle savait y faire pour séduire un homme, cette jolie métisse avait des yeux d'un vert ensorcelant, et si Seth était loin d'être un saint, il y avait bien des choses qu'il ne ferait jamais. Répondre aux avances d'une gamine en faisait parti. Elle s'est sevrée à deux reprises, essayant de toute ces forces de s'en sortir avant de rechuter lamentablement dans ces vieux travers pour finalement se suicider en se tranchant les veines. Il n'était pas parvenu à lui faire croire que la vie pouvait être belle, Raphaelle ne s'était jamais remise des abysses de la noirceur humaine qu'elle avait côtoyé pendant ces deux ans.

Certes, au fils des ans et de la pratique, Seth s'était endurcit, mais sa colère face à l'injustice de ce monde, face à ses échecs lorsqu'il en avait, elle, était toujours encrée en lui. A quoi se résumait ses journée de putain d'éduc ? A écouter, dédramatiser, prendre sur lui, s'agacer contre les institutions, crier, rire, torcher le cul, donner des douches, trouver des fringues décents, aider au shoots propre sans porter de jugement, donner des couvertures et de la nourriture, faire des réunions à se tirer une balle, voir son métier et surtout tous ces gosses tomber dans l'oubli de la société, essayer d'aider à construire des individus. Ëtre éducateur s'est travailler avec le coeur, les tripes, l’instinct, le bon sens, l’intelligence, la psychologie, ça comprend rien à l’économie tant cela paraît loin de leur quotidien, ça prend son courage à deux mains et ça fait comme il peut. Ca merde parfois, avec les résidents, avec les collègues, avec les supérieurs, mais ça c’est normal. Un putain d’éducateur, il travaille avec l’humain au quotidien et il se démerde comme il peut avec les moyens du bord. Un putain d’éduc ne fait pas son métier pour la gloire, et est agacé quand on lui dit « c’est un beau métier que tu fais, bravo ». Généralement, un putain d’éduc, il fait ça parce qu’il sait le faire, parce que ça lui plait d’avoir les mains et le nez dans la merde, surtout quand il voit qu’il arrive à en sortir malgré tout. Il fait ça parce que ça l’intéresse et parce qu'il veut aider, si ce n'était pas le cas, il ne survivrait pas. Des gosses, putain, il en avait vu défiler, et des gosses comme Autumn, il en avait vu beaucoup trop. Pourtant, il pouvait sentir que malgré cette peur qui lui nouait l'estomac et ses tremblements, elle prenait un peu plus d'assurance. Contrairement à ce qu'elle pouvait laisser penser, elle était bien plus forte qu'elle n'en n'avait l'air, elle n'en n'avait juste pas encore conscience.

- Faux ! Les hommes sont mauvais par nature, et ça n'a rien à voir avec ce putain de virus, tu es pourtant bien placée pour le savoir, lui fit-il remarquer sans en dire plus.

A quoi bon ? Même si elle ne lui en n'a jamais parlé, il avait côtoyé suffisamment de gosses abusés pour en reconnaître un lorsqu'il en voyait un.

- Ensuite, baisse d'un ton si tu veux pas que je me foute en rogne,
la prévint-il alors qu'elle s'était laissée emporter par l'émotion en évoquant ce qui leur était arrivé à elle et son paternel. Tu vois, c'est pour ça que les règles sont nécessaires, et que je les fais respecter. Tu les violes, tu en subis les conséquences et crois-moi, ceux qui le font ne sont pas prêt de recommencer, tu les respectes, tu n'as pas de soucis à avoir. Mais putain là où t'as raison, fit-il en la pointant du doigt, c'est lorsque tu dis qu'il y a les forts d'un côté et les faibles de l'autre. Putain ouais, toi t'as tout compris ! Y a ceux qui survivent et ceux qui crèvent. Et toi Autumn, à quel groupe veux-tu appartenir ? Aux faibles ou aux forts ? Lui demanda-t-il en la fixant droit les yeux tandis qu'une lueur pétillante traversait ses prunelles. Moi j'ai ma petite idée, tu as ta place parmi les Protectors, tu n'es pas faite pour servir, tu vaux bien mieux que ça. C'est vrai, une gamine de ton âge je m'attends pas à la voir débarquer seule jusqu'ici et encore moins dézinguer une saloperie sans sourciller, mais toi tu l'as fais. J'ai jamais eu de fille mais si j'en avait eut une, j'aurais aimé qu'elle te ressemble, t'es pas n'importe qui, tiens, fit-il en lui balançant la barre chocolatée qui se trouvait sur le tableau de bord

Peu importait son âge, cette gamine en avait dans le ventre. Il avait pu s'en rendre compte lorsqu'elle s'était vengée de Christopher, et elle continuait à le lui prouver en cet instant. Bien qu'elle n'en menait pas large en sa présence, elle ne faisait pas dans son froc pour autant. Elle répondait à ses questions non pas en lui disant ce qui lui plaisait et ce qu'il voulait entendre mais ce qu'elle ressentait réellement, lui dévoilant la manière dont les choses se passaient au Temple sous la direction de Clara.
Etait-il en colère contre ses hommes à la lumière de ce que venait de lui révéler Autumn ? Non, pas le moins du monde, mais c'était à Clara de les tenir en laisse et d'empêcher les débordements, de part et d'autres !

- Tu as raison, on ne traite pas les gens comme ça, à moins qu'ils ne le méritent. Déjà de base, il n'y aurait pas du avoir de situation qui s'envenime. Quand je dis quelque chose, on discute pas, on s'exécute sans ouvrir sa gueule. T'es une fille intelligente et t'as raison lorsque tu clames que la civilisation ne pourra plus jamais redevenir comme avant, qui le voudrait d'ailleurs ? Des putains de capitalistes ? Oui probablement, c'était eux qui gouvernait le monde avec leur putain de pognon. Avant, suffisait d'avoir du fric ou un bon avocat pour tronquer la justice, mais aujourd'hui, la justice c'est moi. Tu penses que c'est le bordel dehors ? T'as conscience qu'il y a des types pas très recommandables parmi les Protectors ? Je parle pas de Christopher, ça, je t'assure, j'en suis vraiment désolé. Si j'avais su, crois-moi qu'il y a longtemps qu'il aurait servit de bouffe aux charognes. Non, je parle plutôt des durs à cuir, comme celui qui t'as frappé. Imagine ce que ce serait sans moi pour les tenir ? Ce serait un carnage. Bien sur que toi et les tiens faites parti des nôtres mais au même titre qu'il existe des faibles et des forts, il y a les dominants et les dominés. Toi, si tu le voulais, tu pourrais appartenir aux dominants. T'es une bonne femme mais putain t'as une sacré paire de couille, bien plus que la plupart de tous ces types que tu vois ici, et je respecte ça ! Tu l'as prouvé ici, en réglant son compte à cet enfoiré, en répondant à mes questions avec franchise, et je peux encore le constater quand tu me racontes que tu t'es interposée pour protéger ton père, je serais curieux de savoir... qu'est-ce qu'il a fait ton père quand tu t'es prise cette gifle ? Moi à sa place, j'aurais buté celui qui aurait osé toucher ma fille, et lui ?


N'ayant pas eut vent de la moindre altercation, Seth était prêt à parier que l'homme avait laissé faire, en s'excusant platement pour ne pas envenimer davantage la situation. A moins que Clara ne lui rapportait pas tout ce qui se passait là-bas,... il était peut-être temps qu'il la convoque pour en savoir plus et qu'il se rende en personne chez les fermiers pour juger par lui-même comment ça se passait sous l'égide de la brunette et au besoin faire quelque rappel à l'ordre. Son regard s'arrêta alors sur Rebecca qui passait à proximité de leur voiture et qui s'apprêtait à entrer dans le grand bâtiment.

- Rebecca, l'appela Seth en lui faisant signe de venir. Amène-là se nettoyer et trouve lui des vêtements propres, quand ce sera fait, conduit là à Winter. Je compte sur toi pour t'occuper de notre invitée. Puis l'homme se retourna vers la jeune fille, Rebecca va te conduire à Winter, moi j'ai des choses à régler, on se reverra très bientôt



_________________
Of monsters and men Xqq3
Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas

Autumn J. Després
Sweet Little Demon

à propos
sac à dos
Of monsters and men 1555628555-deuxieme

Occupation : S'occupe du temple et des préparations des messes
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Montréal

Of monsters and men 1555628595-ezgif-3-2316a271d0eb

Messages : 170
Inscription : 16/04/2019
Crédits : doomdays-rpg
Célébrité : Kiernan Shipka

Of monsters and men X0TurS612 / 5012 / 50Of monsters and men BR2xH0t

Of monsters and men DQEbQJ221 / 5021 / 50Of monsters and men GxoDpmC

Of monsters and men Hu1erU72 / 502 / 50Of monsters and men LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Of monsters and men Empty
12.06.20 6:22
Les hommes sont mauvais par nature... Je ne parviens plus à me défaire de son regard, captivant, oppressant. Il s'est emparé de mon âme, le diable... il s'est emparé de mon âme et je sens la morsure de ses griffes s'agripper à elle alors que mon coeur bat plus vite lorsqu'il hurle "faux !". Je ne sursaute plus, mais mes mains tremblent encore, mes doigts crispés sur mes cuisses. Je ne serais pas surprise de retrouver des marques d'ongles incrustées dans ma peau... Je rougis un peu plus alors qu'il me dit de baisser d'un ton et moi, je m'enfonce encore plus dans mon siège sans pour autant quitter son regard. J'ai dit que je serais forte, à partir de maintenant. Et ça commence par le regarder droit dans les yeux... même s'il doit se mettre en rogne. Que croit-il ? S'il est si malin et qu'il a compris que je suis une putain de pauvre victime alors il doit bien avoir deviné que ce ne serait pas la première fois que je ferais face à un homme dix fois plus fort que moi en rogne... A qui je vais faire croire ça ? Je me chie dessus...
Sa voix à lui n'hausse pas alors que pourtant, elle me semble plus dure qu'avant. Et il m'explique à nouveau l'importance de ses foutues règles, pourquoi il les fait respecter. Et soudain, il me pointe du doigt, je sursaute, il ne fait rien. Il me pointe simplement du doigt. Autumn, calme-toi, bon dieu ! Lui, il t'a bien fait comprendre qu'il te fera rien... Arrêtes de sursauter stupidement, arrêtes de trembler comme une gamine idiote, arrêtes de planter tes ongles dans ta peau. T'es ridicule. Toi, tu veux être forte, alors sois forte ! Mais je me contente de le regarder, la bouche définitivement close, incapable de parler avant qu'il m'ait fait comprendre que c'était de nouveau à mon tour. Et je commence à comprendre toutes ces histoires autour de lui, racontant la cruauté, mais surtout, le pouvoir qu'il a sur les autres. C'est un truc autour de lui, un truc dans son regard, sur son visage, la façon qu'il a de sourire en coin. C'est un tout. Et je comprend pourquoi les gens en ont peur... J'aimerais qu'on me craigne aussi. Pour que plus jamais personne ne m'approche, pour que plus jamais personne ne pense pouvoir prendre le dessus sur moi. Comme personne ne pense prendre le dessus sur Seth Mansfield. Qui le pourrait ?

Il dit que j'ai tout compris et je ne peux pas m'empêcher de sourire, mais là, il me pose la question. Celle qui est devenue la plus importante aujourd'hui. A quel groupe veux-tu appartenir ? Aux faibles ou aux forts ? Il me fixe dans les yeux, m'attrape plus sûrement encore et je sais qu'il la voit, la réponse. Elle brûle dans mon corps, mon âme et mon coeur. Je veux être forte. Je veux survivre et je ne veux plus qu'on m'écrase, jamais. Et le diable qui m'observe, il répond à ma place, qu'il a une petite idée. Pourquoi je sens mes joues me brûler encore plus qu'avant ? Je rougis... Est-ce que c'est des compliments qu'il me sort là ? Je sais pas trop, mais c'est le premier qui me dit ce genre de choses. Le premier qui ne voit pas qu'une gamine qu'il faut à tout prix protéger contre le moindre bobo... contre le moindre monstre du placard.

- ... J'ai jamais eu de fille mais si j'en avait eut une, j'aurais aimé qu'elle te ressemble, t'es pas n'importe qui, tiens !

Je rattrape la barre chocolatée qu'il me lance, ses mots résonnant dans ma tête, si forts.

*Lui, il t'aurait cherché cherché cherché ! Lui, il t'aurait pas abandonné abandonné abandonné ! Demande-lui d'être ton papa ! Ce sera mieux que que que*

Une seconde, je ferme les yeux, pour chasser la voix du lièvre qui résonne dans ma tête. J'aime papa. Il ne m'a pas abandonné, il pouvait pas me retrouver. J'aime papa... Il m'a cherché, je le sais, je l'ai toujours su. Papa m'a cherché, partout, dans les foules, sur tous les visages, en vain. Je sais qu'il m'a cherché... Je ne veux pas d'un autre papa. J'aime papa...

*PAPILLON !*

Longue inspiration, je rouvre les yeux et les fixe à nouveau dans ce regard captivant qui m'observe toujours. Je tiens la barre de chocolat entre mes mains, il reprend la parole avant que je n'ai le temps de dire quoique ce soit. Mes sourcils se froncent doucement, plus encore lorsqu'il clame que la justice, aujourd'hui, c'est lui. Avant aujourd'hui, j'aurais hurlé que non, seulement... il m'a offert ma justice à moi. Et le porc a payé pour ce qu'il a fait. C'est comme ça, la justice aujourd'hui et je le comprend maintenant. Au Temple, personne ne la donne. J'observe le visage du diable et j'ai moins l'impression que c'est un démon. Il m'a défendue, il m'a donné ce que je voulais. Ce que personne d'autre n'a pu me donner jusqu'ici...
Les hommes sont mauvais par nature, plus encore aujourd'hui. Et il faut quelqu'un pour les tenir en laisse. Quelqu'un comme lui, comme Seth Mansfield. J'acquiesce à ses mots. Y a des monstres chez lui, des monstres qu'il tient en respect, des monstres qui lui obéissent et qui probablement ne me toucheront jamais. Parce qu'aujourd'hui, ils ont sûrement tous compris, ceux qui nous ont observé dans la cour. Seth ne laissera jamais rien m'arriver... pas parce qu'il veut me protéger, il veut que je me défende toute seule. Mais personne ne touche à un enfant, ici. J'ai l'air d'une enfant.

- ... Toi, si tu le voulais, tu pourrais appartenir aux dominants. T'es une bonne femme mais putain t'as une sacrée paire de couille, bien plus que la plupart de tous ces types que tu vois ici, et je respecte ça !

Je souris, amusée, et mes joues sont toujours aussi colorées. Une sacrée paire de couilles... Et il parle de papa. Quand j'ai pris la gifle, il s'est interposé. Il a crié, fort. Mais il n'a rien fait, il n'aurait pas risqué une tuerie pour une gifle. Il n'aurait pas risqué la vie des autres... encore moins la mienne. Aujourd'hui, les gens blessent les autres par leurs proches. C'est cruel et facile. Créant une peur suffisante pour garder les moutons dans le troupeau. Papa n'est pas un mouton, il est intelligent. Mais ce n'est pas un combattant... Maman, elle, elle l'aurait buté, l'homme qui m'a giflée.

- Il n'a pas voulu créer plus de problèmes... Vous l'avez dit, vous avez des hommes mauvais que vous tenez avec vos règles et tout. Ils auraient pu faire regretter à mon père de buter un des leurs... et vous l'savez bien.

J'aurais aimé qu'il le bute... j'aurais aimé qu'il fasse quelque chose, pour une fois. J'aurais aimé que les monstres regrettent de m'avoir touchée... Je sens encore la marque brûlante de sa main contre ma joue. Je sens encore toutes les marques qu'ils ont tous laissé sur mon corps, la douleur est encore là.

*Tu veux te venger, petit papillon ?*

Oui. Je veux me venger du destin, de l'univers, du monde entier. Je veux me venger de tout ce qui m'est arrivé, je veux plus. Beaucoup plus. Je veux plus être une poupée... une princesse... une chose... Je veux pas être un papillon. La chrysalide, je la sens qui se forme doucement, renforcée par une nouvelle confiance. Et j'ai hâte de découvrir en quoi je vais me transformer. De découvrir ma nouvelle force.
La voix de l'homme à la barbe fait à nouveau trembler les portes du véhicule, mais il ne s'adresse pas à moi. Une femme s'approche, il lui demande de m'emmener avec elle, pour que je me nettoie, me trouver des vêtements propres... et me conduire à mon chevalier. Mon coeur fait un bond dans ma poitrine, ma respiration accélère, parce que je vais bientôt le voir. L'homme se retourne vers moi.

- Merci.

Mes doigts se décrispent, relâchent mes cuisses et d'un main plus assurée qu'avant, j'ouvre la portière de la voiture. Je met un pied à terre et sort de là, quitte le siège et le piège. Seulement, avant de rejoindre la femme, je me retourne une dernière fois et croise le regard du diable qui me sourit.

- Merci de c'que vous avez dit. Sur c'que vous faites ici et... sur moi.

Je claque la porte et, d'un pas pressé, rejoins la femme qui roule des yeux au ciel lorsque je parviens à sa hauteur.

- Me fais pas perdre mon temps, dépêche-toi.

- Vous embêtez pas pour les habits, j'en ai pas besoin.

Elle me regarde, hausse un sourcil et soupire.

- Comme tu veux. Viens, faut qu't'enlève le sang que t'as sur la tronche.

La femme n'attend pas et entre dans le grand bâtiment. Je me retourne, la voiture est toujours là et lui, il m'observe toujours de son regard si profond... je donnerai cher pour savoir à quoi il pense, là, maintenant. Nos regards se croisent pour la dernière fois et je sens un étau se resserrer autour de mon âme... Ai-je pactisé avec le diable ?

Je me retourne vivement, entre dans le bâtiment. Une seule et unique idée en tête. Retrouver mon chevalier pour me sentir enfin en sécurité.

_________________

Autumn, we're all mad here

©endlesslove.

Wlawards 2020:
 
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

à propos
sac à dos


Of monsters and men Empty
Revenir en haut Aller en bas
 
Of monsters and men
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
What Lies Ahead :: Kelowna & Beyond :: North Kelowna :: International Airport-
Sauter vers: