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 Dernier jours sur terre... [la Lyssa]



Terrence Byers
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06.06.19 7:43
Dernier jours sur terre

   La Lyssa

   



   (Coucou les amis, voici un petit sujet de groupe qui va aborder la disparition de Leslie. Terry ouvrant le sujet avec Khaaleb, il répondra juste directement après moi mais ensuite n’hésitez surtout pas à venir nous rejoindre pour dire adieu à ce personnage)

On pensait être habitué à l'horreur du monde et puis au moment où l'on s'y attendait le moins, lorsque l'on se sentait enfin en sécurité, on découvrait qu'on se trompait, et qu'on avait encore rien vu. Terrence n'était pas naïf, il savait pertinemment que le danger rôdait au dehors, que la menace provenait autant des morts... que des vivants. Les morts, il avait appris à se faire à leur présence même s'il ne sous-estimait pas le danger qu'ils représentaient, mais les vivants, s'était une autre histoire. Un mort ne trichait pas, ils se comportaient tous de la même manière et avaient tous le même but, faire de vous leur banquet du jour. Au moins leur intentions étaient clairs, mais les vivants... il n'y avait pas deux personnalités identiques. Nul ne savait ce qui se passait réellement dans la tête des gens, et bien que Terry jugeait assez justement les personnes qu’il rencontrait et qu'il avait plutôt un bon instinct, il n'en demeurait pas pour autant infaillible. Se sentait-il en sécurité dans cet hôpital ? Pas plus qu'ailleurs. L'intrusion d'Eileen et de ses enfants perdus lui avait prouvé qu'ils n'étaient pas à l'abri d'un incident et ce, malgré toutes les protections dont ils pouvaient faire usage, le niveau zero risque n'existait pas. Certes, il ne pouvait nier qu'ils étaient à l'abri du vent, du froid et de la fatigue. Cachés dans cet immeuble, un petit groupe de survivants débrouillards s'était formé. Ils avaient sécurisé les lieux, avaient un toit sous lequel ils pouvaient dormir sans craindre de se réveiller avec un virulent à leurs côtés, ils avaient de quoi subvenir à leur besoin, et surtout ils n'étaient plus seuls et apprenaient à vivre en veillant les uns sur les autres. Mais à force de se sentir en sécurité, on finissait par endormir sa vigilance, on avait les sens un peu moins en alerte, c'était la raison pour laquelle Terry sortait souvent que ce soit pour partir chasser, pour entrainer Imane, pour permettre à sa fille de garder ses réflexes ou pour partir en expédition avec Kaniel ou James. L'intrusion des enfants perdus avait été une piqure de rappel quand à la sécurité des lieux. Cette fois, ça c'était plutôt bien passé, mais la prochaine, ce ne serait peut-être pas une femme et des enfants qui tenteraient d'envahir les lieux...

Qui aurait pu penser que ce jour-là, la menace ne viendrait pas de l'extérieur mais bel et bien de l'intérieur....

Terrence était sincèrement heureux d'avoir retrouvé son ancien beau-frère qui avait toujours été à ses yeux bien plus qu’un précieux ami, Khaaleb était un membre de sa famille et ce, même après sa rupture avec la mère de Leslie. Lorsque ce dernier avait quitté Kelowna, Terry ne s’était fait aucune illusion sur la chance que leurs chemins puissent se croiser à nouveau et pourtant...
Terry n'avait pas été le seul à se réjouir de son retour, depuis qu’il les avait rejoint, Leslie ne le quittait plus. Il n'était pas rare de les voir sortir ensemble au petit matin pour partir chasser toute la journée pour ne rentrer que le soir. Lorsque le temps ne le permettait pas, ils confectionnaient ensemble des flèches ou partaient dans de longs échanges qui parfois le dépassaient. Plus important encore, depuis que Khaaleb était parmi eux, Leslie avait retrouvé son lumineux sourire et semblait enfin avoir trouvé sa place au sein de la Lyssa, d’ailleurs, il la soupçonnait fortement d’avoir deviné ce qui se passait entre Imane et lui, certains sous-entendus lui ayant quelques peu mis la puce à l’oreille.
Alors que les deux hommes traversaient le couloir de l'hôpital, profitant encore de la lumière du jour avant que la nuit ne les plonge à nouveau dans l'obscurité, des éclats de voix attirèrent leur attention. Si la première, celle d’un jeune homme dont les propos étaient particulièrement menaçants et agressifs, ne lui était pas familière, il n’eut aucun mal à reconnaitre la voix ferme de sa fille qui ne se laissait pas intimider. Après un échange de regard et un froncement de sourcils, les deux hommes accélèrent le pas pour se diriger vers cette pièce qui se trouvait à peine deux portes plus loin de leur position, afin de voir ce qui se passait et au besoin, d’intervenir. Plus ils se rapprochaient de la pièce en question, qui n'était autre que la pharmacie de l’hôpital, et plus la teneur de cet échange musclé s'éclaircit. De toute évidence, Leslie avait surpris le dénommé Gus piocher dans la réserve de médicaments pour chercher des amphét’ dans le but de se faire un shoot. Dès l’instant où il ouvrit la porte, tout se passa très vite et pourtant chaque son, chaque secondes, tournaient comme un film au ralenti dans son esprit.

Le retentissement d'un coup de feu au moment où il ouvrit la porte le surprit et le fit s'arrêter instinctivement sur place, heurtant par là-même le corps de Khaaleb qui se trouvait juste derrière lui. Face à lui, les yeux exorbité d'horreur, dans un hurlement qui n'avait plus rien d'humain, Terry vit son pire cauchemar prendre vie. En voyant tout ce sang jaillir de sa tête pour teinter de vermeille ses magnifiques cheveux bruns et son corps s'affaisser lentement, Terry eut la sensation qu’on venait de lui arracher le cœur et qu'il venait de mourir avec elle. Réagissant instinctivement, il avait agi sans réfléchir, s’emparant de son arme qu'il portait à la cuisse droite il avait pressé la détente, longeant ainsi une balle en pleine tête à ce gosse qui gesticulait de manière désordonnée probablement sous l’effet de la drogue qu’il venait de s’enfiler. Est-ce que le coup qui avait été fatale à sa fille était parti par accident ? Peut-être bien, mais à vrai dire il s'en moquait. Tout ce qu'il savait, tout ce qu'il avait retenu, c'est que ce salopard venait de tirer sur sa fille et sa réaction fut aussi immédiate qu'implacable. Il l'avait abattu froidement, indifférent à tout ce qui se passait autour de lui. Aux cris terrifiés des personnes présentes, aux pleures...  En état de choc, paralysé par la douleur, incapable de réagir, Terry était là, sans être là. Toutes les voix qui résonnaient dans la pièce, lui parvenaient de manière parfaitement inaudibles et déformées. Les silhouettes qui s’agitaient autour de lui étaient floues, le seul corps qu’il voyait parfaitement distinctement c’était celui du Yankee qu’il venait d’abattre sans la moindre hésitation.

Abaissant lentement son bras armé, ses yeux emplis de larmes, Terry se tourna lentement, avec une certaine hésitation, en direction de Leslie, comme s’il espérait que tout ceci ne soit qu’un horrible cauchemar et que le corps qui gisait ainsi sans vie sur le sol, baignant dans son sang, n’était pas celui de sa fille.
Son visage fut très rapidement baigné de larmes pendant que des sanglots silencieux le faisaient tressaillir. S’effondrant à son tour à genoux, son arme glissa de ses doigts et fut abandonnée sur le sol alors qu’un sanglot déchirant sortit de sa gorge.


   
   
   
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Khaaleb Talarion
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10.06.19 11:12
Dernier jour sur terre

   La Lyssa

   



 Sourire, rire, ou encore cette simple action banale de parler, d'actionner ses cordes vocales pour émettre des mots, communiquer avec ses semblables. Autant de choses simples dont Khaaleb avait perdu l'habitude et auxquelles il reprenait vite goût. Après ses mois d'errance, retrouver Terry et Leslie, les deux seuls membres encore en vie de ce qui restait de sa famille était un cadeau. S'il avait cru en Dieu, il l'aurait sans doute remercié pour cela, mais le jeune homme n'avait jamais été très croyant. Les jours qui passaient lui donnaient toujours un peu plus raison.

Cela faisait maintenant quelques temps que l'ancien garde forestier était de retour dans son ancienne ville, ou du moins dans ce qu'il en restait. L'invasion des morts et le manque d'entretien des lieux avait laissé Kelowna dans un triste état. Ville fantôme où marchaient les spectres. Mais ces paysages de maisons délabrées et de rues saccagées étaient à présent commun. L'horreur était devenue la norme, la barbarie leur quotidien. C'était à se demander pourquoi est ce qu'ils ne s'étaient pas déjà tous fait sauter la cervelle une bonne fois pour toute pour se sauver de ce qui restait de ce monde de merde. L'espoir peut être, l'espoir que quelque chose de mieux puisse encore arriver. Ça et une bonne dose d'instinct de survie.
Ce n'était pas l'instinct de survie qui avait poussé Khaaleb à suivre son ancien beau-frère dans le centre ville de l'ancienne Kelowna mais bien l'espoir de revoir sa nièce Leslie. Il avait beaucoup appréhendé ces retrouvailles. Il craignait qu'elle lui en veille toujours de les avoir abandonné, elle et son père.
Le sourire qu'elle avait eu en le voyant, l'émotion sur les traits de son visage rayonnant, la façon dont elle s'était jeté dans ses bras, tout ça lui avait fait bien vite comprendre qu'il avait eu tord de s'inquiéter. Il n'était resté que la joie.
Il était compliqué d'exprimer l'attachement que l'amérindien pouvait avoir pour sa nièce. Le jeune homme avait autrefois rêvé lui aussi d'avoir une famille, sans jamais y parvenir avant l'effondrement du monde. Leslie, au delà d'être tout ce qui lui restait d'une sœur qu'il avait beaucoup aimé, avait toujours été à ses yeux la fille qu'il n'aurait sans doute jamais. Elle était pour lui tout ce qu'il restait à sauver du monde. Sa joie et sa fierté. Un des dernier fragments de son passé qu'il voulait conserver. Qu'il devait protéger. C'était pour elle, et pour l'amitié qu'il avait pour son père qu'il avait accepté de venir à l'hôpital, sans pour autant laisser derrière lui ses doutes quant à la sécurité des lieux.
Plus que le bâtiment, c'était les gens que Khaaleb craignait. Reprendre contact avec ce qui restait de leur civilisation n'était pas quelque chose d'évident pour le trappeur. Il avait passé trop de temps seul , si bien qu'il craignait les vivants bien plus que les morts. Sa première rencontre avec ceux de la Lyssa, cette nuit où un groupe d'enfants s'était introduit dans l'hôpital, avait d'ailleurs laissé un goût amer dans sa bouche. Un nouveau constat de la dégénérescence de leur société où chaque individu se bat pour conserver son morceau de pain, sa couverture, son toit. Était-ce anormal d'agir ainsi ? Non, sans doute pas, du moins pas dans le monde là. Mais c'était un fait que l'individualisme des hommes ressortait d'autant plus depuis ces derniers mois, et même les entreprises de rassemblement, comme la Lyssa, n'étaient à ses yeux qu'une façon de se voiler la face. Car où allaient-ils ? Ceux pour qui on refusait de faire une place sous le toit de fortune. Que devenaient-ils ? Ceux pour qui ont refusait de partager les trois orties trouvées sur le bord du chemin. Et ceux qui avaient la chance d'entrer dans le groupe, pouvait-on vraiment leur faire confiance ? Peut-on vraiment dire qu'on connaît quelqu'un, qu'on lui confie sa vie, celle de ses proches, dans un monde comme celui où ils erraient tous ?
Rester entre quatre murs avec tous ces gens qu'il ne connaissait pas était une situation très anxiogène pour lui, le forçant à rester constamment sur ses gardes. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il serait reparti dans la forêt immédiatement. Mais ça ne tenait plus qu'à lui désormais. C'était à l'hôpital que sa famille avait trouvé refuge et qu'ils vivaient, ce serait donc à l'hôpital qu'il resterait.
Après quelques jours assez difficiles, il lui avait cependant fallut reconnaître qu'il y avait véritablement des gens biens qui avaient trouvé refuge au sein de cette communauté. Sans trop se mêler à eux, Khaaleb avait pu constater que ce que Terry avait dit à leur sujet était juste et les jours passants, il baissait progressivement sa garde, surtout grâce à Less' qui faisait tout pour que son oncle s'intègre.
C'était dingue ce que le jeune fille avait changé en un an. Elle avait grandit avec ce monde et semblait en détenir les codes. Que ce fut en survie ou en tir, elle avait fait d'énormes progrès, rivalisant avec son père lorsqu'il s'agissait de tirer à l'arbalète. Ce dernier avait de quoi être fier. D'autant plus que malgré les horreurs qu'elle avait dû traverser, elle restait égale à elle-même, juste, le cœur bon, un miracle quand on savait comment d'autres gosses pouvaient tourner.
Elle était aux yeux du trappeur, tout ce à quoi l'avenir devait ressembler. Une raison de se battre, une raison de rester.

***

Khaaleb et Terry marchaient dans les couloirs de l'hôpital. Ce qu'ils se disaient, on ne le retiendra pas, ça n'avait sans doute pas d'importance, en tout cas plus après ce qui se passa ce jour là. Ils riaient cependant, ils riaient parce que la situation leur permettait encore. La chance improbable de retrouver les siens après des mois à traverser le monde mort était au delà de tout, au delà des espoirs. C'était un répit que l'amérindien savourait comme le plus subtil des nectars et dont il ne voulait gâcher la moindre goutte. Mais la chance comme la vie ne sont que le putes vicelardes et mauvaises, elles vous lâchent aussi facilement qu'elles vous sourient, vous laissant l'âme comme le porte-monnaie vides.
Dès qu'il entendit les éclats de voix, dans une pièce à quelques mètres à peine du couloir dans lequel ils se trouvaient, le sourire le garde forestier disparu. Immédiatement, le sentiment de peur lattant qui s'était doucement endormi depuis quelques jours se réveilla, le prenant violemment à la gorge, lui serrant les boyaux. Un échange de regard avec son frère lui fit comprendre que comme lui, il avait sentit que quelque chose n'allait pas. L'une des deux voix était celle de Leslie. Ils étaient trop loin pour comprendre distinctement les mots qui étaient dit, mais le ton de la menace traversait sans mal les cloisons et les portes. Sans plus de concertation, les deux hommes se précipitèrent vers la source du danger, poussant les portes à la volée, l'un derrière l'autre.
Ils arrivèrent à la porte ouverte de la pharmacie au moment où un coup de feu, assourdissant, résonnait. Le bruit sembla se prolonger comme un écho lugubre, comme si on avait appuyé sur l'une des pédales d'un piano désaccordé. Puis plus rien, le néant. Quelques instants de silence, à peine le temps d'une respiration. Et alors un bruit sourd, lourd, un corps tombant au sol.
Terry s'était figé juste devant lui, dans l'encadrement de la porte, si bien qu'il l'empêchait de voir ce qui se passait à l'intérieur de la pièce. Mais alors que son frère levait son bras armé vers le jeune homme qui avait tiré, Khaaleb pu discerner étendu au sol le corps immobile de sa nièce, ses longs cheveux bruns recouvrant son visage.

Immédiatement, sans même chercher un instant à stopper l'ancien militaire dans son geste à l'encontre du gamin qui tremblait de tout son corps, le trappeur fit demi-tour et se rua dans le couloir d'où ils venaient d'arriver.
Il devait trouver quelqu'un et vite. Leslie était touchée, mais ils se trouvaient dans un hôpital, il y avait des médecins ici, il y aurait forcément quelqu'un pour la soigner, pour la sauver. Poussant les battants des portes, Khaaleb se sentit crier « à l'aide ! » sans pour autant entendre les mots sortir de sa bouche « à l'aide !! s'il-vous-plait à l'aide !! » continua-t-il, incapable de savoir s'il criait vraiment ou s'il était soudain devenu muet.
A chaque pas qu'il faisait, il sentait le sol devenir mou sous ses pieds, son cœur battre, de plus en plus vite, battre comme s'il allait éclater. L'adrénaline éclipsait la peur, mais chaque seconde qui passait le rendait plus anxieux. Il n'avait pas vu la blessure de Leslie, il ne l'avait pas même entendu crier. Terry était avec elle, il pourrait l'aider à tenir le temps que lui trouve quelqu'un. Il fallait aller vite. Où était donc ce foutu médecin ? Pourquoi est-ce que personne ne semblait répondre à ses appels à l'aide ?

Alors à quelques mètres de lui, une porte s'ouvrit et un homme de bonne stature en sortit, attiré sans doute autant par sa présence bruyante que par les deux coups de feu qui avaient retenti à peine quelques secondes plus tôt.
« Kaniel !! c'est Leslie !! Elle est touchée !! Vite, un médecin !! A la pharmacie !! » Ses mots étaient presque criés, hachurés, et pourtant précis. L'homme qui lui faisait face sembla les comprendre, car il hocha la tête. Il cru même entendre quelque chose, mais Khaaleb n'était pas en état d'entendre quoi que ce soit. Sans perdre plus de temps, le jeune homme retourna sur ses pas. Il devait y retourner. Il ne pouvait pas la laisser, il fallait qu'elle tienne jusqu'à l'arrivée du médecin. Il y en avait un bon ici. Un peu jeune, mais c'était un bon médecin, il allait pouvoir la guérir, il allait pouvoir la sauver. Ce n'était peut être pas grand chose après tout. Il n'était pas sur de ce qu'il avait vu. Peut être était-elle seulement touchée au bras, ou à l'épaule. On pouvait survivre à ça. Elle allait survivre. Ça ne pouvait pas se passer autrement, c'était impossible. Le son de ses pas courants dans le long couloir résonnait contre les murs comme les battement d'un cœur hors d'haleine. Mais si ce n'était pas une blessure grave, pourquoi donc est-ce que Terry avait tiré sur le gosse ? Non, ça ne pouvait pas être grave. Elle ne pouvait pas. Il allaient la sauver ! Elle seule devait être sauvée !! Ils devaient la sauver !! Ils...

Khaaleb arriva devant la porte ouverte de la pharmacie. Autour de lui, il y avait des sons, de plus en plus d'agitation. Les coups de feu, ses appels à l'aide, ils avaient attirés l'attention des autres. Pourtant, figé qu'il était face à cette pièce, il n'y avait qu'une seule chose que le jeune homme semblait pouvoir entendre.

Terry pleurait. Le dos secoué de sanglots, il pleurait. De sa bouche, de sa gorge sortaient de petits bruits roques, comme ceux d'un animal blessé.
Incapable de respirer, le visage crispé dans une expression d'incrédulité, le trappeur avança dans la pièce. Dans les bras de son frère se trouvait le corps de Leslie, dont les yeux encore ouverts le regardaient sans jamais plus pouvoir le voir. L'impact de la balle avait laissé un trou dans son front, une goutte perlant le long de sa peau blanche. Souillure infâme.
Sur le sol où se trouvaient éparpillées des boites de médicament, l'une de ses mains reposaient, paume contre terre, ouverte, immobile, tendue vers le corps inerte de son assassin.
Elle était morte.


Soudain, l'air entra à nouveau dans les poumons du garde forestier. De grandes respirations, qui a chaque passage semblaient comme de grands coups de couteaux lacérants les parois de ses poumons. Il avait l'impression qu'un chien venait de lui arracher les entrailles et jouait avec, le narguant salement comme une vermine qu'il était. Une envie de vomir l'envahit, en même temps que montait en lui une colère sourde.
« Non...pas ça... » s'entendit-il prononcer sur un ton de supplicié « pas...ça ». Son regard allait d'un cadavre à l'autre, bloquant sur ce trou dans le front de sa nièce, comme s'il n'arrivait pas à comprendre, comme si ce n'était pas concevable. Elle n'était pas morte, ce n'était pas possible, pas possible ! « non, non, non... » Qu'est ce qui avait bien pu se passer ? Pourquoi est ce que ce gamin malingre avait tiré sur elle ? Khaaleb sentait ses mains trembler, son cœur battre comme s'il voulait sortir de sa poitrine, sortir de cette cage aux barreaux tranchants, autant de rage et de colère, d'incompréhension, qu'il ne pouvait plus les contenir. « NOOOOON !!!!! » cria-t-il comme si le cri sortait du plus profond de lui-même. Sans prendre en compte que le gamin était déjà mort, le trappeur se rua sur lui et rassemblant toutes ses forces, il lui assena un coup de pied violent en plein dans le ventre, puis un autre, et encore un autre, ponctuant chaque coup de « POURQUOI??!! » et de « pourquoi t'as fait ça ?? » « T'avais pas le droit » « pourquoi !!!??? » "POUUURQUOI !!". Puis tombant à genoux, le natif ferma le poing et frappa le visage de cet homme déjà mort qu'il aurait aimé tuer de ses mains car il lui avait arraché quelque chose de bien plus précieux que sa propre vie. Alors qu'il continuait à crier, les coups se faisaient plus violents, plus brutaux. Insensible à la douleur dans ses phalanges, ni aux larmes qui embrumaient ses yeux, Khaaleb n'entendait plus que le martèlement de ses poings sur la chair mole et sanglante du visage du garçon. Des os craquaient salement. Qui il était, les raisons qui l'avaient poussé à tuer Leslie, ça n'avait aucune importance, tout ce qui comptait c'était de lui rendre en coup ce qu'il avait fait. A chaque coup, il espérait le voir revenir, voir ses yeux morts s'ouvrirent à nouveau, un râle sortir de sa bouche pour pouvoir le tuer à nouveau. Mais le gosse ne reviendrait pas, et Khaaleb frappait toujours.

Soudain, le grand brun sentit des bras forts le maintenir et essayer de le relever. Aveugle qu'il était à tout ce qui l'entourait, il essaya de se débattre, de crier mais à l'instant où il cessa de cogner, il sentit ses forces l'abandonner. Il le pouvait plus rien faire. C'était lui maintenant qui poussait des râles, phrases et grognements incompréhensibles, les mots étant incapables de sortir correctement de sa bouche. Il avait tellement mal. Bien plus mal que ce jour où il avait trouvé, en arrivant à la réserve de Kánesatake, tous les membres de sa famille transformés. Il avait si mal. La colère laissait place à un déchirement, une tristesse au delà des mots.
Dans un dernier mouvement, il parvint à se dégager de l'emprise qu'on avait sur lui, et se tint debout seul. Il resta là quelques secondes. Une partie de lui voulait rejoindre Terry, mais il n'y arrivait pas. Approcher le cadavre de Leslie le terrorisait.
Levant des yeux vers ceux des autres, il croisa un regard qu'il identifia comme celui de Kaniel. Il voulu dire quelque chose, mais ce n'était plus possible. Il aurait voulu lui en vouloir, leur en vouloir à tous, à toute cette communauté stupide. Il aurait voulu s'en vouloir, mais qu'auraient-ils pu faire. Le seul coupable était mort. Il n'y avait plus rien à faire.

Alors, Khaaleb quitta la pharmacie et fit quelques pas dans le couloirs désormais bondé, titubant comme un homme ivre. Il sentait les autres s'écarter sur son passage mais il s'en fichait. Il y avait un trou au milieu de sa poitrine, et un autre au milieu de son front.
Incapable d'aller plus loin, sentant ses jambes ployer sous son poids, le grand brun tomba presque au sol, rassemblant ses jambes contre lui. Levant les mains, il se rendit compte qu'elles étaient rouges et poisseuses. Les plaquant contre son visage, il sentit le sang de l'homme qui avait tué son sang se coller à sa peau. Inconsciemment, il commença alors à chanter un vieux chant de morts, dans la langue des siens, et ceux qui étaient proches de lui pouvaient entendre ces paroles étranges sans les comprendre, comme une litanie païenne d'une tristesse sans nom. Au bout d'un moment, le chant s’arrêta, et la voix grave de l'homme se tu, faisant écho au silence de son âme.

Alors, comme s'il était désormais seul. Khaaleb pleura.
   
   
   
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23.06.19 6:54
Un premier coup de feu, un second. Des pas qui s’affolent, un homme qui hurle à l’aide et qui semble se perdre dans ces nombreux couloirs encore éclairés par les rayons du soleil. Kaniel était posé à une fenêtre avec son arme, ses jumelles, profitant du petit vent pour respirer de l’air frais et laisser ses idées vaquer tout en surveillant le grand parking en bas du bâtiment. Son coeur a manqué un battement lorsqu’il est parti en arrière -après avoir refermé la fenêtre. Lorsqu’il a poussé la porte du couloir pour voir le nouveau, Khaaleb, dans tous ses états. Un visage avec des traits que l’envoyé spécial n’avait jamais vu jusqu’à présent. Est-ce pour ça qu’il s’est d’abord inquiété, avant d’entendre les mots de l’ami de Terrence ? C’est Leslie, elle est touchée… C’est tout ce qu’il avait eu besoin d’entendre avant d’attraper son talkie-walkie et de contacter les autres par radio. Les autres, un autre. C’est directement à @”James Walsh” qu’il s’adresse lorsque sa voix se fait entendre.

“ - On a besoin de James, bouge à la pharmacie !” Il est empressé, inquiet, déjà en mouvement. Kaniel est en train de courir lorsqu’il parle à travers l’appareil une nouvelle fois. “ On a une blessée !”

Son arme est collé contre son torse quand il court, parce que Kaniel n’est pas sur un terrain de guerre. C’est l’inquiétude qui le fait courir si vite derrière Khaaleb, qui le pousse à ne ralentir que lorsqu’ils se retrouvent bloqué à cause de ces personnes qui sont arrivées avant lui, parce qu’il était trop loin pour être le premier aux côtés de son ami. De son frère de coeur, de son frère d’arme. Ce qu’il voit d’abord en arrivant dans la pharmacie -après s’être frayé un chemin jusque là, c’est toutes les éclaboussures de sang qui recouvrent les murs à deux endroits différents.

Lorsque les yeux de Kaniel se baissent pour la première fois, c’est le corps de ce gamin, cet adolescent en perdition qu’il a déjà prit la main dans le sac quelque jours plus tôt, qu’il voit en premier. Il n’a pas le temps de beaucoup le contempler dans la mort, parce qu’il se retrouve roué de coup par Khaaleb qui ne se retient plus. Puis, ses yeux glissent et c’est sur le dos de Terrence qu’il pose enfin son attention. Il aurait d’abord du être à la recherche de la jeune femme en entrant ici, mais il ne voit d’elle que sa queue de cheval qui dépasse des bras son père, voûté au dessus de ce corps sans vie.

Kaniel a reculé de quelques petits pas jusqu’à ce que son dos à lui se retrouve collé au mur. Ce n’est qu’à cet instant qu’il a l’impression de pouvoir respirer, de sentir ses poumons se développer pour prendre de cet oxygène qu’il a tant besoin. L’ancien militaire ne retrouve possession de ses mouvements, de ses réflexions, que lorsqu’on vient arrêter Khaaleb dans sa folie. Que lorsque ce dernier s’en va, pour laisser le cadavre de l’assassin de Leslie sans la moindre possibilité d’être identifié. Mais Kaniel, il ne pourra jamais oublier le visage de celui qui a prit cette vie qui avait tant de valeurs. Celui a qui il a donné une dernière chance quelques jours plus tôt.

Celui qui aurait du partir, mourir, bien avant qu’il ne soit tenté de se réinfiltrer à l’intérieur de la pharmacie. Bien avait qu’il ait pu avoir le choix, de tirer ou non, sur Leslie. Parce que Kaniel n’a aucun doute ; il n’y a pas eu d’accident ici. Si le jeune est venu avec une arme pour récupérer sa dose, c’est qu’il savait très bien ce qu’il faisait. Mais Kaniel se sent coupable, parce que s’il n’avait pas été assez idiot pour offrir une dernière chance à ce gamin, c’est la gamine de Terry qui serait toujours là.

Alors, Kaniel, il a du mal à faire le tour de Terrence. A voir le visage de sa fille, encore les yeux ouverts. Et même s’il en a vu des morts, depuis tant d’années maintenant, celui-ci lui fait une drôle d’impression. Celui-ci le marque et lui donne encore plus peur de ce qui pourrait arriver à Alice. La menace est partout, même à l’intérieur. Elle aurait pu être là à la place de Leslie. Accroupis face à son ami, face à ce frère envers qui il aura toujours une dette, Kaniel pose ses yeux sur le visage de l’ancien militaire. Le regarde. N’ose pas le toucher. Ne sait pas quoi dire.

“ - Faut l’emmener ailleurs…” Souffle-t-il en ne pouvant supporter tous ces gens à l’extérieur, comme s’ils étaient témoins de son crime à lui. “ on peut pas rester ici…”

Sa main a d’abord atterri sur l’épaule de son frère, quelques secondes comme si ça pouvait lui donner du courage, comme si ça pouvait enlever à Kaniel de la culpabilité. Puis, il a trouvé le sien pour enfin poser ses yeux sur le visage de Leslie, au trou dans la tête, visage ensanglanté. Ses doigts glissent, tremblent presque lorsqu’il vient fermer les yeux de la jeune femme du bout de sa peau. Il ferme aussi les siens pour retenir des larmes qu’il ne veut pas laisser voir à cause de son ressenti.

Mais Leslie n’est pas le seul corps qu’il faut bouger de là. Déjà, Kaniel tourne son visage vers l’assassin. Qui aura le courage de s’approcher de ce morceau de chair qui n’a plus rien d’un visage humain ? Si personne n’approche, Kaniel s’en occupera. Portera ce corps en lambeau, comme il portera à jamais le poids de cette mort de sa conscience. Il a participé à ce massacre en donnant plus de temps à l’adolescent pour faire du mal. Il a donné trop de confiance, lui qui n’en donnait jamais.
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  La Lyssa

 



(Je relance le sujet, mais si vous voulez encore y participer ou si vous souhaitez intervenir n'hésitez pas, je pense qu'il y aura encore deux tours grand maximum)

 
"C’est plus difficile que je ne le croyais et ça part tellement vite. Il y a un léger contre coup qui m’a fait un peu sursauter"

"Je vais rechercher les flèches."

"Ca fait longtemps que tu as appris à tirer ?"

"C’est dangereux de me faire rire alors que je m’entraine, pa’"

"J’aime quand tu me parles de l’Afrique et de mamie, mais tu ne m’en parles pas assez. Tu restes toujours très flou."

"Comment était mamie ?"

"Mais bon, tu étais encore petit, normal que tu aies eu du mal"

"Au moins, tu as appris des choses avec lui. Même si c’est un gros connard, tu peux m’apprendre à me défendre aujourd’hui !"

"Que je suis en colère contre moi car la peur l’a emporté sur le reste."

"Je n’étais pas prête. Je suis contente que ma deuxième flèche ait touché le mordeur, mais j’étais trop tremblante et il était trop proche. En gros, j’ai pris peur !"

"C’est bon, je sais que j’ai fait des erreurs, pourquoi me les refoutre dans la gueule ainsi ?"

"J’ai pas faim, mais toi, dis-moi, tu n’as rien d’autre à me reprocher ?"

"Je sais très bien que j’ai fait une erreur, je sais très bien que je ne l’ai pas tué et heureusement que tu étais là, mais je l’ai touché merde, c’est pas rien non plus. Tu peux pas me demander d’être la meilleure à l’arbalète, comme toi, juste en un cours. Je fais ce que je peux et crois moi, je ne te décevrai plus la prochaine fois, je  vais vraiment m’entrainer pour ça. Mais pas besoin de me le dire comme ça !"

"Poker ? Mais que gagne celui qui finit vainqueur ?"

"Je savais que tu me retrouverais !"

"Ce doit être une simple grippe"

"Qu'est-ce qui t'es arrivé ?"

"Moi j’ai quelques jours pris mon campement dans cet arbre. Là au dessus, je ne craignait pas les virulents. Je pouvais aussi voir sans être vue toutes les personnes qui s’approchaient, je pouvais me placer à mon aise pour tirer si j’étais en danger."

"Je l’ai trouvé en arrivant ici, il servait sûrement à observer la nature. Quand il n’y a pas un bruit, on voit souvent des petits animaux et des oiseaux avec d’étranges couleurs se déplacer en bas. J’aimais bien cet endroit, je pouvais voir sans être vue, j’ai eu de la chance de tomber sur cette plateforme."

"Tu vois je l'ai toujours et je me suis améliorée"

"Moi, tu sais, là-bas, ici, ailleurs, je m’en fous. On est à deux, c’est le plus important. Et puis, le monde normal, c’est ça maintenant. Tu pourrais rester enfermer dans une communauté, toi ? Dans un semblant de vie normale pour moi ?"

"Dommage qu’il y ait pas tous les ingrédients pour faire le bouillon que maman me faisait quand j’étais malade. J’aurais bien été malade juste pour en avoir, tu t’en souviens ?"

"Une femme qui t’a tapé dans l’oeil ?"

"Tu m’y emmèneras un jour ? J’aimerais rencontre Catherine et Noah !"

"Heureusement que ta fille a eu l’intelligence de nous faire nous arrêter alors !"

"Fais attention papa ! Il y a des survivants qui vivent ici !"

"Tu seras toujours mon héros, papa !"

La voix de Leslie résonnait dans son esprit avec une précision telle qu'il avait la sensation qu'elle se trouvait là, juste à coté de lui, pourtant, elle n'était plus... et plus jamais il n'aurait le plaisir d'entendre résonner sa voix qu'elle fut teinté d'humour ou de reproches...
Le couperet était tombé, foudroyant et implacable. Il avait la désagréable sensation que le sol s'ouvrait sous ses pieds pour l'entrainer dans d'abyssales ténèbres. Les yeux brûlants de larmes, ses lèvres tremblaient, et il se mit à haleter doucement tout d'abord, puis de plus en plus rapidement, comme si la respiration commençant à lui manquer. Complétement perdu, il fixait sa fille alors que des larmes chaudes et amères se mirent à couler sur ses joues.

- Nooonnn, lâcha-t-il de sa voix rauque dans un sanglot plaintif

Brimé par une sensation d'étouffement et d'oppression, le corps secoué par les sanglots, Terry se mit à pleurer, libérant toutes ses émotions et cette souffrance que la perte de sa fille lui infligeait. Il serra compulsivement le corps de cette dernière contre lui, comme s'il pouvait la ranimer alors qu'il avait parfaitement conscience qu'il n'y avait plus rien à faire. Ses grands yeux ouvert en direction du plafond semblait le fixer sans parvenir à le voir. Plus jamais elle ne verrait la lumière du jour, plus jamais il n'entendrait son rire résonner, plus jamais il ne verrait ses yeux briller, plus jamais son regard ne se tourneraient vers l'avenir, ils étaient éteints pour toujours.
Pourquoi ? Pourquoi elle ? Qu'est-ce qu'elle avait fait ? Elle avait tant à offrir et tant de merveilleuses choses à accomplir alors... pourquoi ?! Pourquoi la mort l'avait-elle fauché ? C'était encore beaucoup trop tôt !! C'était aux parents de mourir avant leurs enfants, l'inverse n'était pas normal... Leslie avait encore tant de choses à vivre, tant de choses à découvrir et à connaître mais ça n'arriverait plus jamais.... Plus jamais

Les yeux brouillés par les larmes, plongé dans un état second, Terry n'avait plus la moindre conscience de ce qui se passait autour de lui. Tout ce qu'il voyait, c'était un kaléidoscope d'images et de souvenirs qui le rattachait à sa fille et qui ne faisait accentuer à chaque fois un peu plus, cette souffrance insupportable qu’il ressentait. Il avait l'impression que son coeur était désormais prisonnier d'un étau qui ne cessait de se resserrer autour de lui sans la moindre pitié, maintenant sur ce dernier une pression toujours plus grande jusqu'à ce qu'on ne le lui arrache de sa poitrine. Il ne voyait ni n'entendait plus rien, indifférent aux cris et aux coups que Khaaleb portait sur ce salopard qu'il avait abattu, ce salopard qui lui avait arraché ce qu'il avait de plus précieux en ce monde. Il se montrait tout aussi indifférent envers toutes ces personnes présentent autour d'eux, qui n'osaient franchir la porte qui séparait le couloir de l'infirmerie dans laquelle s'était déroulée la tragédie. Indifférents aux sanglots discrets et respectueux qui se trouvaient derrière lui, ainsi qu'aux murmures qui s'élevaient au loin... Tout ce qu'il voyait c'était le corps sans vie de sa fille qu'il serrait si précieusement contre lui, pleurant comme jamais auparavant. Au loin un chant indien parvint jusqu'à ses oreilles, le chant de Khaaleb, dont les paroles qui lui étaient pourtant inconnues, parvinrent à résonner en lui comme un échos à sa propre douleur.

Ce ne fut que lorsqu'il sentit une pression sur son épaule que Terry tressauta et prit conscience que quelqu'un se trouvait à ses cotés et lui parlait... ces yeux vides se posèrent sur Kaniel dans les yeux duquel pouvait se reflétait une véritable souffrance et de la compassion. Terry était incapable de formuler le moindre mot, seule une longue plainte se contenta de franchir ses lèvres tandis que ses larmes, elles, redoublèrent des l'instant où Kaniel passa sa main sur les yeux de sa fille pour les lui fermer à jamais. Terrence ne réagit pas lorsqu'une autre personne s'approcha de lui, du moins, jusqu'à ce qu'il ne tente de prendre le corps de Leslie. Levant brusquement son visage creusé par de nombreux sillons de larmes, Terry ne le laissa pas faire et le repoussa d'un mouvement sec, sans le moindre ménagement

- Laissez-la tranquille !


- Terry... murmura la voix

- J'ai dit : laissez-la tranquille !! Ne la touchez pas ! Foutez l'camps ! Tous ! Et débarrassez-moi cette merde d'ici !


Son cri désespéré déchire l'air. Dans les couloirs, tout le monde s'agglutinait pour voir ce qui se passait dans la petite salle et pour quelle raison Terry avait crié. Il lui sembla que Kaniel se chargea de faire évacuer la salle avec efficacité, et si certains se reculèrent dans un silence respectueux d'autres se contorsionnaient littéralement pour tenter d'assouvir une curiosité malsaine
Tout ce que Terry désirait c'était qu'ils disparaissent tous, qu'on le laisse tranquille, qu'on le laisse dire adieu à sa fille... une dernière fois

Combien de temps resta-t-il ainsi dans cette pièce, entouré de ses proches et de ceux qui partageaient sa douleurs d'avoir perdu Leslie ? Il n'en su rien, tout ce qu'il savait c'est qu'il se sentait complétement vidé émotionnellement parlant. Il ne savait plus où il en était ni même ce qu'il ressentait entre un immense vide, colère, folie furieuse, envie de meurtre, souffrance et culpabilité. Au bout d'un moment, il se releva. Ses jambes douloureuse le soutenaient de manière incertaine, s'emparant d'un drap qui se trouvait sur une civière, il revint vers sa fille. Lâchant un nouveau sanglot, il se baissa à nouveau au-dessus d'elle et l'enveloppa à l'intérieur de ce suaire improvisé.
Leslie dans se bras, il quitta cette maudite salle, s'avançant à l'aveugle, sans voir personne, le long de cet interminable couloir, au milieu d'une haie de curieux qui détournaient le regard sur son passage, Terry quitta l'hôpital suivit par ses proches qui ne désiraient pas le laisser seul ou qui s'étaient liés d'amitié avec sa fille au cours des derniers mois.
Terry savait précisément où il voulait qu'elle repose... Dans cet endroit magnifique qu'elle lui avait fait découvrir, au pied de cet arbre qui lui avait servit de refuge lorsqu'ils avaient été séparé et qu'elle guettait son retour.



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26.08.19 9:27
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  La Lyssa

 


Roulé en boule, gémissant comme un animal blessé, Khaaleb pleurait. Ses grandes jambes, incapables pour le moment de se remettre debout, étaient repliées contre lui dans une position fœtale étrange compte tenue de la massivité de ses membres. Le dos courbé, tête penchée, il se couvrait les yeux de ses mains qui rouges du sang poisseux de l’autre, maculaient à son tour son visage de rouge. Des larmes lourdes coulaient sur sa peau, le long de l’arrête de son nez, creusant des sillons bruns dans la peau devenue rouge. Un masque horrible, à l’image des sanglots qui lui déchiraient la gorge et lui secouaient de dos. Il manquait d’air, mais l’air ne rentrait pas dans ses poumons, et quand il le faisait, c’était autant de coup de couteaux qu’on lui plantait dans le corps et dans le cœur. La douleur mentale, immense, semblait envahir chaque cellule de son corps bien plus cruellement que l’aurait fait une douleur physique. Elle était insupportable cette douleur, pourtant, bien qu’il aurait crié à s’arracher la voix pour qu’elle s’arrête, autant il voulait aussi la sentir cette douleur, la sentir et ne plus sentir qu’elle. Ne plus respirer, ne plus gouter, ne plus toucher, ne plus voir que le néant, et sentir la douleur dans sa chair.

Khaaleb avait vu déjà bien des gens mourir devant lui. Il avait aussi vu plus de cadavres qu’il pouvait en donner un chiffre exact. Il avait vu ceux pourrissant de sa famille, avançant vers lui les bras tendus et la mâchoire claquante, comme s’ils étaient heureux de le retrouver. Cette image était terrible, elle le hantait au plus profond de lui et de ses songes, mais pourtant, il n’avait pas pleuré alors, il n’avait pas eu l’impression qu’on lui arrachait une partie de son être. Peut être parce qu’il s’était alors attendu à trouver les siens morts, qu’il s’y était préparer. Mais cette fois il n’avait pas eu le temps, pas une minute, même pas une seconde, pas même un au revoir. Leslie était là, puis l’instant d’après elle n’y était plus, ne subsistant que la carcasse vide de sa dépouille.

Le temps s’étira, les minutes passèrent. Personne ne bougeait dans le couloir mal éclairé de l’hôpital, personne n’osait, ne sachant que faire, comme les observateurs silencieux d’une veillée funèbre impromptue. Personne ne semblait faire attention à lui, ou bien avait-on peur de l’approcher ? Le spectacle qu’il avait donné quelques instants plus tôt, défigurant encore plus le visage du meurtrier déjà mort avait de quoi repousser. Mais le trappeur n’en avait cure. Tout à sa douleur, il sentait pourtant leur présence, les frottements de tissu, les murmures aux oreilles. Et tout cela lui devint insupportable. Une impression d’étouffement le prit à la gorge, en même temps qu’une violente nausée lui serrait les boyaux. L’air confiné de l’endroit, ces gens qui y vivaient, Khaaleb ne pouvait plus le souffrir, plus maintenant, plus jamais. Il voulait prendre ses jambes à son coup, partir, quitter cet endroit qui avait vu mourir ce qu’il y avait eu de meilleur dans sa vie. Sa joie et ses sourires, le pétillement d’un regard. Sa nièce qu’il avait aimée comme sa fille était partie, alors pourquoi rester ?
Alors, une voix, d’abord lointaine, puis de plus en plus forte se fit entendre à son oreille. Elle ne venait pas du couloir, pas même des pièces qu’il desservait. La voix venait de l’intérieur de sa tête, et y résonnait, clair et douce. La reconnaissant, il sentit son cœur s’arrêter tout comme les sanglots. La voix chantait un poème, un poème qu’il avait lui-même chanté à la voix quand elle avait perdu sa mère, des années plus tôt. Il avait serré sa petite main dans la sienne immense, il avait chanté, il avait parlé. Parlé des coutumes et des traditions, parlé de ce qu’il advenait des morts, une fois leur âme sortit de leur corps. Il avait parlé de la quiétude qu’on ressentait alors, de la sensation de libération. Sa sœur, la mère de Leslie, n’avait pas grandit dans la réserve de Kanesatake au sein du peuple Mohawk, mais elle en connaissait les pratiques, elle les aimait, et pour cela il les avait enseigné à sa fille. Pour cela ils avaient chanté ensemble ces mots le jour de sa mort, pour cela la voix de la jeune fille résonnait à présent dans son cerveau, chantant cette fois pour lui seul, comme une berceuse pour le faire revenir, pour lui éviter de basculer avec elle dans le monde où il ne pouvait la suivre.

« Je ne suis pas là, je ne dors pas !
Je suis les milles vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux dans la neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d’automne,
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l’étoile qui brille la nuit !
N’allez pas sur ma bombe pour pleurer,
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort. »

Les larmes se tarirent dans les yeux de l’amérindien. Toujours recroquevillé sur le sol, il entendait maintenant distinctement ce qu’il se disait autour de lui, les chuchotements, les mots, les pleurs des autres. Rassemblant ses forces, il posa ses deux paumes sur le revêtement lisse du couloir et poussa sur ses bras. Ses yeux tombèrent sur les articulations de ses doigts. La peau en était arrachée, mais pourtant il ne sentait aucune douleur. Mais la douleur reviendrait en son temps. Pour le moment, il n’y avait que le chant, juste ce chant dans sa tête et la voix de celle qui le chantait pour le guider. Une fois debout, de toute sa hauteur, il vit la silhouette de Terry sortir de la pharmacie, une sorte de grande chrysalide blanche dans les bras. Le natif n’attendit pas que les autres se mettent en route et d’une longue foulée, presque inconsciente, il avança à la suite de son ami portant le cadavre de sa fille. Plusieurs autres suivaient, certains toujours en larmes, se soutenant les uns les autres. D’autres, qui avaient été chercher des armes et des pelles se rajoutèrent au cortège funèbre. Ils avançaient, traversant les corridors et les salles, parfois vides, parfois croisant des regards interrogateurs, horrifiés, tristes. Khaaleb était indifférent à tout ce qui l’entourait. Ses yeux, braqués sur la forme blanche dans les bras de Terry, ne sillaient pas au milieu de ce visage méconnaissable.
Ses lèvres remuaient, marmonnant les mots qu’il entendait dans sa tête, répétant le poème de plus en plus fort, jusqu’à ce qu’un souffle fasse finalement vibrer ses cordes vocales douloureuses. L’amérindien recommença à chanter, doucement, mais assez pour que ceux qui l’entouraient entende, assez pour que l’âme de Leslie, qui attendait avec eux qu’on la mette en terre, l’entende elle aussi. Bien sur, aucun de ceux du cortège ne pouvait comprendre le sens de ce qu’il chantait, puisqu’il chantait dans la langue de son peuple, de ses mots et ses syllabes plus vieilles que le monde. Pourtant, il chantait.
 
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19.12.19 16:40
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La Lyssa




Terry n'aurait su dire comment il était arrivé jusqu'ici, il avait avancé machinalement, sachant précisément où il se rendait, portant dans ses bras ce qu'il avait de plus précieux en ce monde, sans prêter la moindre attention à la menace que pouvait représenter les virulents qui s'approchaient du petit cortège et que d'autres se chargeaient d'éliminer pour lui. Tout ce dont il avait conscience à travers ses larmes qui inondaient son visage et brouillaient sa vue en le maintenant dans cette sombre réalité, c'était ce chant funéraire qu'il ne connaissait que trop. La première fois qu'il l'avait entendu, c'était le jour de l'enterrement de la mère de Leslie. Sa voix et celle de Khaaleb s'étaient élevées de concert d'une seule et même voix, c'était beau et triste à la fois. Il n'en connaissait pas la traduction littérale pourtant cette chanson lui parlait, elle résonnait en lui comme un écho lourd et familier. Plus Leslie grandissait et plus sa mère lui manquait car elle arrivait à un âge ou l'absence de cette figure féminine se faisait cruellement ressentir. Elle avait beau ne pas s'en plaindre pour ne pas l'inquiéter, elle ne pouvait rien lui cacher, même si elle restait convaincue du contraire. Lorsqu'elle se croyait seule et que sa mère lui manquait, elle fredonnait cet air que Khaaleb était entrain de chanter en ce moment pour elle. Etait-ce son esprit qui lui jouait des tours, mais il avait la sensation d'entendre sa voix rieuse accompagner celle de son oncle. Le corps de Leslie toujours dans ses bras, il leva les yeux sur ce ciel gris qui semblait pleurer avec lui et qu'il pouvait apercevoir au travers du feuillage de cet immense chêne centenaire au pied duquel il s'était arrêté.
Le paysage n'avait pas changé et pourtant Terry ne le regardait déjà plus de la même manière parce que plus rien ne serait jamais pareil. L'espoir qui l'habitait un an plus tôt lorsqu'il était parti à sa recherche et qu'il avait fini par remonter sa piste qui l'avait mené jusqu'ici, avait désormais disparu pour laisser la place à un immense vide que rien ne parviendrait jamais à combler. Le rire de sa fille ne résonnerait plus jamais, elle n'était plus et en un sens, il avait la sensation d'être mort avec elle.
Comment vivre sans sa lumière, sans sa douceur ? En avait-il seulement envie ? Quel sens avait désormais son existence ? Elle était son soleil, sa fierté, sa raison d'être...

S'accroupissant, il déposa respectueusement le corps de la défunte au pied de l'arbre, puis, sans prononcer le moindre mot, il récupéra une des pelles qu'un jeune de la Lyssa avait eu l'idée de prendre avec lui. Enfonçant la pelle dans le sol, il commença à creuser en silence, Kaniel s'apprêtait à lui emboiter le pas mais en croisant le regard de Khaaleb, l'ancien reporter se contenta de tendre à l'homme la pelle qu'il avait ramassé décidé à laisser sa place pour permettre à l'oncle de la jeune fille de se joindre à son beau-frère. Kaniel aurait été prêt à en faire autant et à unir ses forces aux leurs mais préféra s'abstenir au dernier moment, conscient qu'à trois, dans un si petit espace, ils ne feraient que se gêner et se marcher dessus, alors Kaniel décida de s'occuper de leur sécurité puisque manifestement aucun d'eux n'étaient capable d'affronter un virulent en cet instant. En silence, sous le regard de ce dernier qui les accompagnait, les deux hommes se mirent à creuser sans relâche pendant que d'autres s'occupaient à confectionner une stèle en bois en forme de croix ou des couronnes de fleurs en tressant les fleurs sauvages qu'ils avaient cueilli pour orner la future tombe. Terry ne faisait pas attention à tout ce qui se passait autour de lui, il n'avait même pas conscience que ses plus proches compagnons, ceux qu'il considérait comme les frères qu'il n'avait jamais eut, l'aidaient autant qu'ils le soutenaient, en silence, dans cette tâche à la fois cruelle mais indispensable. Le temps s'écoulait inexorablement sans pour autant ralentir les efforts fournit par les deux hommes qui s'attaquèrent à une couche de terre très humide dans laquelle s'entrecroisaient de grosses racines qui ralentirent considérablement leur progression mais qui n'entamaient en rien leur détermination. Au bord du trou, le tas de terre s'amoncelait faisant presque disparaître les deux fossoyeurs à l'intérieur du trou qu'ils étaient entrain de creuser. Lorsque Terrence estima que ce fut suffisamment profond, il s'en extirpa et alla chercher la dépouille de sa fille. Avec précaution, comme s'il craignait de la réveiller, il s'agenouilla pour la serrer une dernière fois dans ses bras. Ses larmes qui s'étaient tarit menacèrent à nouveau de couler et il ne fallu par longtemps pour qu'elles se mettent à rejaillir. Etouffant une plainte déchirante Terry serra précieusement sa fille contre lui tout en se balançant légèrement d'avant en arrière pendant un temps que nul ne vint troubler. Ce fut comme si plus rien n'avait la moindre importance, comme si tout était suspendu. Ce ne fut que lorsqu'il se sentit capable de se relever sur ses jambes flageolantes, et surtout capable de déposer sa fille dans sa dernière sépulture, qu'il se releva. Présent dans le trou qu'ils avaient creusé, Khaaleb tendit ses bras pour accueillir la jeune femme sans heurt afin de lui permettre de se reposer dans sa dernière demeure. Une fois que l'amérindien ce fut à son tour extirpé de sa tombe, les deux hommes, cette fois accompagné de Kaniel, reprirent leurs pelles. Avec Respect, tous laissèrent à Terry le soin de jeter la première poignée de terre qui fut accompagné d'un sanglot, puis, se fut au tour de Khaaleb suivi de Kaniel et d'Imane... puis tour à tour de toutes les personnes présentes. Lorsque la dernière personne à se plier à ce rituel passa, les trois hommes, armés de leurs pelles se rapprochèrent et lentement, ensemble, ils bouchèrent le trou, recouvrant pour toujours et à jamais, le corps de celle qu'ils avaient tous trois aimé à leur manière. Le regard vide, les lèvres pincées, Terry se concentra sur son ouvrage pour ne pas s'effondrer. Une fois terminé, il observa cette modeste tombe ornée d'une croix que quelqu'un avait confectionné pour elle et sur laquelle des gerbes de fleurs y furent tour à tour déposé. Seule la main d'Imane, posée sur son bras afin de le soutenir dans cette épreuve, le fit réagir, lui rappelant par ce simple geste qu'il n'était pas tout seul pour affronter cette épreuve. Pour la première fois ses yeux se posèrent sur Khaaleb tout d'abord, qui, était tout aussi anéanti que lui, avant de rencontrer le regard grave de Kaniel qui lui apportait également silencieusement son soutient.

Sous un ciel de plomb, le petit groupe se tenait face à cette croix sous laquelle avait désormais été ensevelit Leslie Ann Byers. Toutes les personnes qui s'étaient attachées à la jeune fille tout au long de ces derniers mois, qui l’avaient côtoyé et qui tenaient un tant soit peu à elle, avaient assisté à son enterrement. En sa qualité de père, Terry avait parfaitement conscience qu'il aurait dû prendre la parole afin de rendre un dernier hommage à sa fille, mais outre le fait qu’il ne se sentait pas plus capable de parler d'elle, de ce qu'elle représentait pour lui, que ses jambes de le porter, il n’était pas dans sa nature de prendre la parole en public pour y étaler ainsi à la face du monde ses sentiments et ses pensées les plus intimes, à plus forte raison lorsqu'il se retrouvait aussi impliqué émotionnellement. A genoux devant la tombe, tête baissée, le visage dissimulé derrière ses long cheveux qui pendaient tristement devant lui, le regard vitreux, il était présent sans vraiment l'être, laissant l'opportunité à ceux qui le souhaitaient, de prendre la parole à sa place afin d'évoquer cette jeune fille volontaire et courageuse qu'ils avaient eut la chance de côtoyer ces derniers mois. Malgré son air absent qui pouvait induire en erreur, Terry les écoutait tous autant qu'ils étaient, décrire celle qu'ils avaient connus : tantôt la fille débrouillarde et pleine d'entrain, tantôt la fille serviable toujours prête à aider ceux qui en avait besoin, ou encore l'artiste secrète qui aimait parfois s'isoler. Plus il les entendait parler d'elle et plus la douleur remontait au plus profond de son être, lui compressant impitoyablement le coeur et la poitrine, le chagrin le gangrénant intérieurement. Les yeux humides, les lèvres tremblantes, sa main posée sur la terre fraichement retournée donnait l'impression qu'il cherchait à préserver cette connexion qu'il avait encore avec elle, mais en vérité, cette main fermement encrée dans la terre lui permettait avant tout de le soutenir pour l'empêcher de s'effondrer davantage. Silencieusement, Terrence pleura la perte de son enfant, ses larmes salés se mêlant à la pluie fine et froide qui tombaient doucement. Progressivement, quelques personnes commencèrent à se retirer mais lui ne bougea pas d'un cil. Incapable d'esquisser le moindre geste, il resta là, assis, sous la pluie, à fixer inlassablement au travers de ses larmes, cette tombe qu'était désormais la sienne, sans prêter attention à ce qui l'entourait pas plus qu'à cette nuit qui commençait doucement à tomber.




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