AccueilAccueil  Discord  RechercherRechercher  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
-33%
Le deal à ne pas rater :
Microsoft Manette Xbox One sans fil
39.99 € 59.99 €
Voir le deal
Le Deal du moment :
Les 10 jeux vidéo indispensables pour bien ...
Voir le deal


 

 May God protect you !



Gabriel Spearhead
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
May God protect you !  Tumblr_poaz6rGKdi1xwgs0so1_500

Ancien métier : Soldat dans l’armée de l’air / vétéran de guerre
Occupation : Chef de la sécurité
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Yellowknife, Canada

May God protect you !  Giphy

Messages : 31
Inscription : 17/07/2019
Crédits : Gifs et Avatar trouvés sur giphy x tumblr
Célébrité : Jay Ryan

May God protect you !  X0TurS69 / 509 / 50May God protect you !  BR2xH0t

May God protect you !  DQEbQJ223 / 5023 / 50May God protect you !  GxoDpmC

May God protect you !  Hu1erU722 / 5022 / 50May God protect you !  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
May God protect you !  Empty
29.07.19 12:48
Gabriel bouillonnait. Il avait une envie folle de casser quelque chose… ou quelqu'un. Depuis qu'il était rentré au Temple, il avait été surpris par les changements qui y avaient eu lieu. Personne ne les avait prévenus, ces hommes et lui, de ce qui les attendait. Le vétéran était soulagé d'être rentré en premier avant les autres, car s'ils avaient tous débarqué ensemble, ils auraient soulevé des soupçons et des questionnements, alors qu'un seul homme qui rentre au bercail : ça passe beaucoup mieux. Pendant qu'il entraînait les futurs sentinelles du temple, ou les hérauts comme il se plaisait à les voir, le Temple avait été attaqué par un groupe de survivants impies qui avaient décidé de s'approprier ses richesses et sa force de mains d'œuvre, à ce qu'il avait pu constater. Ce groupe ce faisait appeler les Protecteurs… La bonne blague. Gabriel s'y connaissait en invasion. Il l'avait déjà fait quelques années auparavant dans ses pays arides et ensablés et se prétendre un « protecteur » ou un « libérateur » c'était une bonne vieille recette éculé pour passer pour des gentils alors qu'on a prévu de voler le peuple en question. Ils avaient eu de la chance ! En effet, tous ceux qui auraient pu défendre correctement le Temple étaient au loin avec lui dans les montagnes afin qu'il les entraîne à mieux accomplir cette tâche. Le prophète savait qu'ils allaient se faire attaquer. Les païens sont toujours jaloux de ceux qui ont été choisis par Dieu pour atteindre l'Eden. Ils avaient été guidés par la jalousie et l'envie et étaient venus voler les élus du Temple. Sa première réaction avait été d'entrer dans une colère immense. Il avait voulu tout détruire sur le champ, mais Famine l'en avait dissuadé rapidement. Il/elle avait trouvé quoi dire pour calmer ses désirs de vengeance.

Les cavaliers s'étaient retrouvés secrètement auprès du prophète. C'est là que Gabriel avait appris comment tout s'était passé. Tous était soulagé que Famine ait réussi à calmer Gabriel avant qu'il ne fasse une connerie à cause de sa tendance à être une tête brûlée lorsqu'il était pris de colère. Il aurait voulu agir maintenant. Les Protecteurs semblaient être des adversaires intelligents et organisés. Ils avaient laissé quelqu'un assurer la liaison entre les deux groupes. Ce quelqu'un devait veiller à ce que les fidèles du Temple fassent leur part et donne ce qu'il devait au groupe qui les avait conquit. Gabriel était pour qu'on supprime cette personne rapidement, mais le prophète lui avait demandé de calmer ses ardeurs et de retenir sa colère. Les choses viendraient en temps et en heure. Lui, c'était un homme d'action. Il n'aimait pas attendre, mais lorsqu'il recevait un commandement de son prophète, il écoutait. Il rongeait donc son frein en attendant qu'on lui donne l'ordre de supprimer ses envahisseurs et qui sait, le faire aussi payer leurs affronts. Pour être certain qu'il ne cause pas d'ennui, Famine lui avait demandé d'aller en ville chercher quelque chose qui pouvait servir un plan que les autres Cavaliers avaient envisagé pour sortir le Temple de cette situation. Par ailleurs, il faudrait qu'il retourne rapidement dans la montagne pour avertir ses hommes. Cependant, pour le moment, il obéissait à la demande des autres Cavaliers et de son prophète. Il se rendait donc seul en ville. Il se souvenait de ce à quoi ressemblait Kelowna autrefois avec ces routes, ses commerces et son immobilier florissant. Le premier prophète du Temple, le père de l'actuel tenant du titre, leur avait prédit que l'ambition des habitants et leur orgueil finiraient par être punis. A trop en vouloir, on va à l'encontre des désirs de Dieu.

Il avait eu raison. Lorsqu'on voyait à quoi ressemblait aujourd'hui l'endroit on ne pouvait plus en douter. Il ne restait plus grand-chose de la gloire de la ville de Kelowna. L'apocalypse avait eu lieu et elle avait fait un premier écrémage parmi les hommes. Oh, il restait encore des gens à punir ! La justice de Dieu continuait de faire effet. Elle savait reconnaître les justes des pécheurs ou des pauvres imbéciles qui n'avaient pas su reconnaître son message. Gabriel se déplaçait rapidement et sûrement. Le centre-ville était bourré de virulents, comme certains les appelaient. Tout le monde avait son nom pour eux. Pour Gabriel, ils étaient tous des marcheurs et il n'expliquait jamais à personne pourquoi il les voyait comme cela. C'était un secret, bien à lui, qu'il gardait caché au fond de lui. Quand Famine lui avait demandé d'aller chercher ce truc à la con dans le centre-ville, il avait protesté. Certes, il était resté longtemps dans la montagne, mais il n'avait pas oublié pourquoi il valait mieux éviter cette partie de la ville. Cependant, rien à faire, quand Famine voulait quelque chose, il n'y avait rien à faire, car c'était certainement nécessaire. Famine ne demandait jamais rien qui ne fut pas nécessaire. Il avait râlé pour la forme, puis avait repris son paquetage et avait quitté le Temple en catimini. Il n'en avait pas l'air comme cela, mais il savait se faire discret lorsque c'était nécessaire. Pour le moment, les rues semblaient désertes, mais il savait qu'il ne fallait pas se fier à ce qu'on voyait. Le vétéran trouva l'endroit que Famine lui avait décrit et comme par hasard l'endroit était fermé.

Il essaya d'ouvrir la porte, puis lasse de tenter sans réussir, il finit par la détruire avec l'aide d'un objet contondant qui traînait dans la rue. L'endroit était poussiéreux et sale. Il y avait une sale odeur de mort qui embaumait l'endroit. Gabriel fronça les sourcils et remonta son écharpe pour se couvrir le nez. Il avança en tâtonnant, car l'endroit avait été détruit. Il chercha pendant un moment l'objet en question et fini par mettre la main sur la boite qui le contenait. Gabriel était en train de vérifier si c'était bien ce qu'il devait prendre, quand il entendit un bruit et il vit rapidement qu'il n'était pas seul. Un marcheur était rentré par l'entrée qu'il avait faite. Gabriel retient un soupir et essaya de ne pas faire de bruits. Ces pourritures étaient peut-être aveugles, mais ils savaient faire tout le reste et ils étaient sans cesse affamés. Il savait qu'au Temple, on préconisait de les brûler pour sauver leur âme, mais il avait une théorie à lui, si personne ne vous voit, personne ne peut savoir comment vous vous débarrasser des impurs. Une âme ? La bonne blague ! Dieu n'aurait jamais voulu créer des merdes pareils. Si le quelque chose en question décide de s'attaquer à la plus belle création de Dieu, l'être humain, c'est que ce truc ne mérite pas de continuer à exister. Dans ce cas là, une seule solution : l'extermination. C'est vrai que le feu faisait un bon boulot, mais Gabriel préférait viser le cerveau et le séparer du reste. Plus facile quand il n'y a pas de feu sous la main. Il savait qu'il allait devoir se débarrasser du virulent. Par contre, ça serait plus simple loin de cet endroit encombré. Un choix s'imposait : faire du bruit pour se barrer d'ici et achever le marcheur hors des murs.

Ni une, ni deux, il se lança et fut poursuivit rapidement. Toute l'action ne dura pas plus de 5 minutes avant qu'il n'achève la créature. Il avait eu de la chance, il n'y avait qu'un… enfin c'est ce qu'il avait cru. Car une fois achevée, la créature, il se rendit compte qu'elle était loin d'être seule. Pas le choix, il était repéré et il allait devoir trouver un endroit où se planquer. Des « Putain de merde » tournait en boucle dans sa tête, tendit que Gabriel s'élançait à nouveau en courant, poursuivi bien entendu par les virulents. Famine allait l'entendre quand il allait rentrer. Son gadget ne valait certainement pas qu'il meurt pour lui. Alors qu'il courrait, il remarqua soudain qu'il n'était pas le seul humain du coin...

HJ:
 
Revenir en haut Aller en bas

Khaaleb Talarion
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
May God protect you !  1564648549-khaaleb

Ancien métier : Garde forestier
Occupation : Chasse, pêche, expéditions
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Réserve de Kánesatake, Québec

May God protect you !  Tumblr_pitvtrYs5P1w85r9qo9_250

Messages : 269
Inscription : 20/04/2019
Crédits : Homemade
Célébrité : Jason Momoa

May God protect you !  X0TurS632 / 5032 / 50May God protect you !  BR2xH0t

May God protect you !  DQEbQJ224 / 5024 / 50May God protect you !  GxoDpmC

May God protect you !  Hu1erU733 / 5033 / 50May God protect you !  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
May God protect you !  Empty
02.08.19 9:27
May god protect you

   Gabriel et Khaaleb

   


“Ho, ho, Watanay
Ho, ho, Watanay
Ho, ho, Watanay
Ki-yo-ki-na
Ki-yo-ki-na”


Murmurant comme pour lui même, d’une voix plus ténue qu’un souffle, Khaaleb chantait. Les mots résonnaient dans sa gorge, sans dépasser la limite de ses oreilles. C’était à peine s’il pouvait s’entendre. C’était ainsi qu’il fallait chanter maintenant. Ainsi qu’il fallait faire, en tout cas lorsque vous n’étiez pas dans un endroit sur, un endroit où les morts ne peuvent pas vous entendre. A croire que malgré le trépas, les marcheurs restaient mélomanes, mais sans plus aucune distinction d’oreille. Pour eux le plus atroces des sons étaient la plus pure et la plus belle des musiques et ils accouraient tous bras tendus et mâchoires grinçantes, comme une bande de hippies à un concert de Hendrix.
Alors, puisqu’il était dehors, Khaaleb chantait sans voix ces vieux mots qui résonnaient toujours dans sa tête. De ce qu’il se souvenait, du plus profond de ces lointains souvenirs d’avant, c’était toujours des femmes qui chantaient ses paroles…

“Ho, ho, Watanay
Ho, ho, Watanay
Ho, ho, Watanay
Ki-yo-ki-na
Ki-yo…”


Une comptine pour enfant, une berceuse qu’on lui avait chanté alors qu’il était petit et qu’il n’arrivait pas à dormir. Il ignorait pourquoi c’était celle-ci qui lui était venu aujourd’hui. Il y en avait tellement d’autre, tellement de beaux chants et poèmes de son peuple qui avait fini par disparaitre comme tous les autres. Les mots disparaissaient lorsqu’il n’y avait plus personne pour les entonner. Alors Khaaleb chantait. Il ne voulait pas oublier.
Beaucoup de gens vivaient désormais tournés vers l’avant, beaucoup oubliaient la vie qu’ils avaient menée. Peut être était-ce une façon de ne pas devenir fou, une façon d’aller de l’avant, une façon de moins souffrir de tout ce qu’on a perdu. Mais L’amérindien venait d’un monde qui était déjà mort depuis longtemps, un monde qui avait péri bien avant les morts n’apprennent à marcher et que chute l’occident. Son peuple était mort bien avant la fin de la télé et de la sainte fée électricité. Cela faisait déjà des siècles que ceux de son peuple étaient des morts-vivants-survivants auxquels il ne restait que quelques chansons.

Contournant la carcasse d’une vieille voiture rouillée, Khaaleb poursuivit son chemin dans une des rues sinistrées de ce qui avait été un jour Kelowna. Entre les pillages et les nouveaux habitants, cet endroit n’avait plus grand-chose à voir de l’ancienne ville où il avait autrefois été plaisant de se balader. On faisait comme si c’était normal, comme s’il fallait faire avec et ne rien regretter, mais le grand brun se souvenait. Et dans ce paysage qu’il voyait il voyait aussi ce qu’avait été la ville avant. Les souvenirs et l’instant présent se mélangeaient comme une sorte de tableau en superposition, comme un voile sur la photographie. Là où les vitrines étaient explosés, les enseignes vides, ravagées, brûlées, il revoyait les couleurs, les lumières, les passants entrant des les boutiques, les cafés. Il revoyait les voitures rouler et dépasser les carcasses mortes des machines désormais inutilisables. Il y avait à présent deux mondes dans les yeux de Khaaleb. Maintenant fallait-il qu’il se souvienne dans lequel il vivait.

Les jours, les semaines, les mois défilaient. L’ancien garde forestier ne se souvenait même plus depuis combien de temps il était revenu ici. Le quotidien, un quotidien étrange et inhabituel, avait repris son cours, et il n’y avait rien d’autre à faire que d’essayer de vivre. Au détour de ses journées, il avait recroisé certaines vieilles connaissances, et en avaient fait de nouvelles. Etonnant comment la vie rassemble autant qu’elle éloigne parfois. Comment elle offre autant qu’elle arrache.  

“Ho, ho, Watanay
Ho, ho, Watanay
Ho, ho, Watanay
Ki-yo-ki-na
Ki-yo…”


Des années plus tôt, il lui était arrivé de chanter cette chanson à quelqu’un. Une petite fillette au visage rond et aux yeux rieurs. Il l’avait tenue dans ses bras et toute emmaillotée qu’elle était mise à lui sourire. Tu moins était-ce ce qu’il avait cru. Il fallait du temps aux bébés pour véritablement sourire. Mais le jeune tonton qu’il était en été sur, sa nièce lui avait fait le plus charmant des sourires. Les mots disparurent dans la gorge de l’amérindien. Malgré les efforts qu’il faisait pour essayer de ne pas y penser, il lui était impossible d’empêcher son esprit de revenir sur elle. C’était encore plus dur lorsqu’il se rendait comme maintenant à l’hôpital. Le sang sur sa peau, et la terre meuble sous ses ongles.

Il n’y avait personne dans les rues de Kelowna, personne sinon des fantômes de ce qu’avait été Kelowna. Depuis qu’il faisait ce chemin, il évitait avec soin les zones dangereuses, et celle qui l’amènerait à croiser la route de groupes qu’il préférait éviter. Avec le temps, il finissait par connaitre les lieux, les chemins, chaque tas de gravas, enfin c’était son impression, sans doute aussi erronée qu’était désormais instable son état psychique.
Il avançait, droite, tout droit, droite, gauche, montant un escalier, descendant une échelle de secours. Il avançait.

Mais alors qu’il avançait toujours, Khaaleb la vit, et son cœur s’arrêta. Elle était de dos, pas très grande et assez fluette, immobile. Ces cheveux bruns et emmêlés tombaient dans son dos. Ce pouvait-il que ce soit elle ? Cette chemise n’était-elle pas la sienne ? Il en était sur ! Il reconnaissait les motifs ! Elle avait appartenue à Terry avant qu’elle ne le lui prenne. Le souffle soudain court, l’ancien garde forestier s’avança dans la rue où se trouvait l’apparition, le dos toujours tourné vers lui. Il avait envie de courir, il avait envie de l’appeler, de crier son nom. « Lesl… » Mais plus il s’approchait, et plus le chasseur se rendait compte que l’apparition changeait. Ses cheveux n’était peut être plus aussi bruns qu’il lui avait semblait au premier regard, et cette chemise, non, les lignes n’étaient pas les mêmes. Et la peau, la peau était trop blanche, trop sale. Il s’arrêta. Mais trop tard… la créature avait entendu ses pas, ou bien avait-elle simplement senti sa présence, son odeur. Dans le silence terrible de la ville morte, la morte se retourna sans un raclement rauque de gorge. Une bonne partie de son visage avait été arraché, si bien qu’il ne lui restait plus qu’un seul œil à la pupille laiteuse. Lentement, elle tendit les mains vers lui, et avec ce qui lui sembla être un effort colossal, fit un pas vers lui. Un pas puis deux, puis trois.

Alors, il y eu un autre bruit, quelqu’un qui tape dans une vieille boite de conserve. Le cœur battant à cent à l’heure, Khaaleb détourna le regard l’espace d’une seconde de la morte qui avançait vers lui. Il y en avait un autre, pas loin. Et là, encore un autre. Et encore un autre. Frappé d’horreur, le jeune homme se rendit compte qu’une masse de plus en plus importante s’avançait vers lui, rampant pitoyablement derrière la femme. Comme si tous les morts de la ville s’étaient donné rendez vous pour une fête dont il était semblait-il le plat de résistance.

« Bordel de merde… » jura-t-il avant de se retourner et de prendre ses jambes à son coup. Mais alors qu’il remontait la rue en courant sans prendre la peine de voir si ses nouveaux petits copains lui emboîtaient le pas ou non, il se rendit compte de d’autres arrivaient, débouchant d’un peu partout. Le cœur battant, le souffle court, le chasseur chassé cherchait une porte de sortie, une façon de se cacher et d’éviter une fin façon méchoui. Courant et dérapant sur le sol goudronné, il tournait et retournait, droite, gauche, tout droit. Mais les escaliers étaient bloqués, pas moyen de passer. Il courait, toujours plus vite, esquivant les mains crochues, repoussant ses marques d’affection qu’il ne voulait pas.
Alors qu’il commençait à sentir un point de côté lui percer le flanc, il vit une silhouette à bonne distance courir aussi. De toute évidence, il n’était pas le seul vivant à s’être retrouvé pris au piège de cette horde qui traversait la ville. Oubliant la douleur qui lui tenaillait le bide, il courut vers l’autre le plus vite qu’il le pouvait. Mais arrivant à sa hauteur, il se demanda s’il n’était pas à nouveau en train de rêver.

« Toi ?!! » Cria-t-il surpris malgré la situation qui pourtant se rappela bien assez vite à lui. Ne laissant pas aux deux hommes le temps de parler, les morts s’approchaient toujours, grattant le sol de leurs pieds traînants. Sans rien dire de plus, ils se remirent à courir, courir le plus vite possible, courir pour leur vie. Mais les morts étaient partout et en trop grands nombres, les nouveaux appelaient les habitants permanents, ils se massaient les un autour des autres, avançaient, grognaient, claquaient leurs mâchoires venimeuses.
Alors qu’il était sur le point de perdre espoir, Khaaleb tourna soudain le regard. Une pancarte, des mots écrits en gras : Ecole privée Notre Dame de la Providence… une porte semblait entrouverte.

« Hey !! Par là !! vite !! »
   
Revenir en haut Aller en bas

Gabriel Spearhead
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
May God protect you !  Tumblr_poaz6rGKdi1xwgs0so1_500

Ancien métier : Soldat dans l’armée de l’air / vétéran de guerre
Occupation : Chef de la sécurité
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Yellowknife, Canada

May God protect you !  Giphy

Messages : 31
Inscription : 17/07/2019
Crédits : Gifs et Avatar trouvés sur giphy x tumblr
Célébrité : Jay Ryan

May God protect you !  X0TurS69 / 509 / 50May God protect you !  BR2xH0t

May God protect you !  DQEbQJ223 / 5023 / 50May God protect you !  GxoDpmC

May God protect you !  Hu1erU722 / 5022 / 50May God protect you !  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
May God protect you !  Empty
20.08.19 9:26
Dieu avait un plan, mais parfois il devait vraiment se tailler de bonnes tranches de rire dans sa réalisation. Gabriel n'entendait pas la Voix, car il n'était pas le prophète, mais il était certain d'une chose : c'est que Dieu était certainement un sacré plaisantin. C'était probablement pour cela, alors qu'il essayait de fuir la horde qui lui collait le train que le passé venait ressurgir au milieu du trou du cul du Canada, aussi nommé Kelowna par les trois pelés qui vivaient encore dans le coin. Cela manqua de le faire trébucher alors même que le moindre geste perdu pouvait lui causer des ennuis. S'il y avait bien un endroit où Gabriel ne s'attendait pas à tomber sur Khaaleb, c'était bien ici. En fait, il ne s'attendait plus à croiser quiconque qu'il avait connu autrefois, depuis que l'Apocalypse avait démarré. Cela n'avait aucun sens de croire encore qu'il y avait des survivants de son passé. Par ailleurs, depuis qu'il avait été sauvé de la rue par le père de l'actuel prophète, il n'avait plus personne qu'il attendait. Le prophète avait trouvé les élus et les fidèles qui auraient le droit à un avenir. Les autres, il fallait simplement les oublier et les compter dans le passé. C'était cela qu'il avait fait et il n'y avait plus jamais repensé. Le passé venait suffisamment le troubler le soir quand il ne pouvait pas contrôler son esprit. Il était donc plutôt étrange de le voir débarquer là, en plein milieu de nulle part dans une des folles situations qu'offrait à présent la vie. Gabriel réussit cependant à ne pas se prendre les pieds et finir par terre, ce qui était plutôt une bonne chose, car les morts en avaient après eux ! Sans perdre plus de temps à discuter ou à s'étonner n'était plus possible, il fallait qu'ils fuient tous deux la place. Alors qu'il lui semblait qu'ils courraient depuis de trop longues minutes. Khaaleb lui fit signe de courir vers un grand bâtiment dont le nom ne laissait pas trop de surprise sur ce à quoi il servait avant l'apocalypse : une école, l'école privée Notre Dame de la Providence pour être plus précis.

Gabriel espérait que c’était un signe qu’il soit tombé sur cet endroit et il ne réfléchit pas trop longtemps avant de s’y engouffrer à la suite de Khaaleb par la porte entrouverte, laissant derrière lui, il l’espérait, la horde de morts-vivants qui se faisaient probablement une joie de les dévorer. Gabriel referma la porte derrière lui rapidement et chercha des yeux de quoi la coincer pour ne pas se faire surprendre par leurs poursuivants. Il ne fallut pas plus de dix minutes pour pouvoir effectuer cette action et ce ne fut qu’après seulement qu’il put se détendre et souffler un peu. Il était essoufflé par la course et il devait reprendre son souffle. Le poids du satané bidule que Famine lui avait demandé se sentait encore dans sa poche et il se demandait bien ce qui le retenait de le jeter à terre pour calmer la colère monstrueuse qui montait en lui plus vite qu’un sifflement de cocotte-minute. Il n’en fallait déjà pas beaucoup pour l’agacer habituellement, alors là être forcé de venir en ville pour récupérer un truc dont il ne comprenait pas l’utilité et d’être en plus poursuivit par les mort-vivants à cause de cela, cela avait le don de le rendre fou. Il releva la tête et contempla la situation incongru qui se dessinait devant lui. Il s’était réfugié dans une école privée qui semblait relativement calme et il était accompagné de Khaaleb Talarion ! Ce n’était pas n’importe qui ; Presque une relique d’un passé qu’il ne croyait jamais plus voir. Il semblait n’avoir pas trop subit les dernières années, mais un bon physique peut cacher bien plus qu’il n’y paraît et il en savait quelque chose. Gabriel le dévisageait comme s’il essayait de lire en lui. Ce n’était pourtant pas son fort. Il n’avait jamais été très bon à ce jeu-là. C’est pourquoi il était connut pour son franc parler. Il ne mâchait pas ses mots, car il était plu simple de dire ce que l’on pensait. Il n’aimait pas trop les faux semblants. Probablement parce qu’il avait horreur d’essayer de déchiffrer ou comprendre quelque chose ou quelqu’un de trop complexe.

« Qu’est-ce que tu fous ici ?! » Fut les premiers mots qu’il prononça. « Je pensais que tu aurais succombé. Faut croire que tu es capable de survivre à tout. » Affirma l’ancien soldat avec sa franchise habituelle.

Gabriel essayait d'imaginer quelle personne de son passé, il aurait plaisir à revoir et il n'était pas certain d'en trouver une seule. Il avait été heureux de laisser tout ça derrière lui quand l'apocalypse décrite par le prophète s'était concrétisé. Le père de l'actuel prophète lui avait promis qu'il serait élu parmi les autres et tout cela s'était révélé vrai. Il n'avait donc pas eu de regret à dire adieu à toutes les relations de son passé. Il n'avait pas vraiment eu beaucoup de personnes proches de lui. Enfant, il avait grandi en foyer et dans l'armée, il s'était séparé brutalement de la personne dont il était le plus proche. Le sergent instructeur avait été proche, presque un mentor, mais rien en comparaison de ce qu'il avait trouvé au Temple. Et puis il y avait eu Terrence, Khaaleb et Hawa : trois relations amicales importantes qui n'avaient pas non plus survécu, mais qui en savait bien trop sur lui. Quelle est la meilleure façon de réagir lorsque l'on recroise un ami de longue date que le temps et les secrets ont fini par mettre loin de vous ? Une sacré question dont la réponse n'était pas facile à trouver. Par ailleurs, il n'en avait aucune idée, car cela ne s'était jamais présenté autrefois. Lorsqu'une relation s'étiolait, il la laissait partir et n'y pensait plus que dans ses cauchemars. Gabriel ignorait aussi s'il était content de voir ce vieil ami encore vivant ou s'il était plutôt fâché de le savoir vivant et près de là où lui-même était. Ce qui était certain c'était que le seul sentiment dont il était certain c'est qu'il était plutôt ambigu face à tout cela. Comme il ne savait pas comment réagir, il préféra laisser filer tout ça pour plus tard. Le vétéran ne voulait pas s'enterrer ici. Il avait un destin plus glorieux à accomplir et l'entrée n'était plus praticable. Du coup, une autre sortie allait devoir être trouvée.

« On va pas rester ici. L’endroit à l’air calme, il doit y avoir une autre sortie qui permettrait de sortir d’ici. » Il hésita avant d’ajouter. « Cherchons ensemble où elle se trouve. »

Il avait un drôle de goût amer dans la bouche. Gabriel se maudissait intérieurement de ne pas trop savoir comment réagir en face de Khaaleb. Ils se connaissaient, ils avaient une histoire et elle se dressait entre leur amitié, leur relation et tout le reste. Cela lui prenait la tête. Il passa ses mains dans ses cheveux courts pour calmer son mal-être et il plongea la main dans sa poche comme s'il cherchait une cigarette. Il avait arrêté de fumer, il y avait cinq ans et n'avait jamais plus touché à la nicotine ou même l'alcool depuis qu'il était devenu un fidèle du Temple d'Ezekiel. Ce n'était pas compatible avec ses engagements et avec la foi. Pourtant, bordel, il en aurait bien voulu une maintenant ! Une putain de clope serait le pied là ! Au lieu de cela il allait devoir se concentrer sur autre chose : trouver une sortie pour laisser à nouveau tout cela derrière lui. Il étranglerait Famine dans son sommeil. Voilà ce qu'il devrait faire pour se calmer les nerfs. Il dirait que c'était ce que Dieu avait voulu… Enfin il se contenterait probablement de l'imaginer, car il savait très bien que ce n'était absolument dans le plan. Ils avaient tous besoin de Famine au Temple et probablement de son bidule inutile. Il fallait qu'il se concentre sur la sortie !

« Je ne suis pas allé à l’école depuis une vingtaine d’année, mais j’imagine que toutes les écoles sont construites sur le même modèle. Une idée ? »
Demanda Gabriel.

Plus vite, ils trouveraient la sortie, plus vite tout ceci serait du passé. Gabriel aimait bien laisser dans le passé, ce qu’il n’arrivait pas à gérer dans le présent.
Revenir en haut Aller en bas

Khaaleb Talarion
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
May God protect you !  1564648549-khaaleb

Ancien métier : Garde forestier
Occupation : Chasse, pêche, expéditions
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Réserve de Kánesatake, Québec

May God protect you !  Tumblr_pitvtrYs5P1w85r9qo9_250

Messages : 269
Inscription : 20/04/2019
Crédits : Homemade
Célébrité : Jason Momoa

May God protect you !  X0TurS632 / 5032 / 50May God protect you !  BR2xH0t

May God protect you !  DQEbQJ224 / 5024 / 50May God protect you !  GxoDpmC

May God protect you !  Hu1erU733 / 5033 / 50May God protect you !  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
May God protect you !  Empty
09.09.19 13:48
May god protect you

    Gabriel et Khaaleb

    


Chaque souffle, chaque inspiration était une torture, comme un millier d'abeilles vous piquant l'intérieur des poumons. Une main posée sur le flanc, pressant le point de côté qui lui perçait le ventre comme une lame chauffée à blanc, Khaaleb peinait à reprendre son souffle.  Son cœur ne semblait pas vouloir se calmer et tambourinait encore comme un glas dans sa poitrine, comme s'il avait voulu s'en échapper en faisant éclater ses os. Le dos calé contre la porte qu'ils venaient de barricader derrière eux, l'amérindien essayait de reprendre ses esprits après ce sprint de l'extrême qui avait bien failli être le dernier.
Il ferma les yeux, essayant de se calmer, savourant quelques secondes l'infime plaisir de se savoir encore envie, bien que pas vraiment tiré d'affaire.

Dans quel merdier était-il encore aller se foutre ?

Pourquoi donc avait-il perdu tant de temps en ville ? Ce n'est pas comme s'il débarquait ! Il savait le danger que représentait un simple détour par le centre et ses grandes avenues, si pratique à la formation et au déplacement des hordes. Il en avait conscience à chaque fois qu'il rendait visite à la Lyssa. La Lyssa. Il allait leur en toucher deux mots à sa prochain visite. Bien sur il y avait des avantages à vivre dans un hôpital... mais quand on connaissait les risques de s'aventurer dans le cœur d'une ancienne ville, avec tous ces attroupements de morts ! Est-ce que ça en valait vraiment le coup ? Lui-même en doutait fortement, et cette journée lui donnerait peut être une fois de plus raison. Enfin, ce n'était pas en fulminant ainsi et en cherchant des coupables absents qu'il allait s'en tirer et rentrer indemne à la maison.

Respirant toujours bruyamment, la gorge sèche, l'ancien garde forestier entrouvrit une paupière et regarda rapidement l'homme qui se trouvait à côté de lui. Gabriel Spearhead. Voila bien un visage qu'il ne s'était jamais attendu à recroiser, et encore moins dans ce contexte. Le chasseur aurait dû se sentir rassuré de tomber par hasard sur un vieil ami, et qui plus est ancien militaire -on faisait pire comme compagnon d'infortune- à cela près que Khaaleb n'avait aucune confiance en lui.

Les deux hommes s'étaient rencontrés de ça une éternité, du moins à ce qui lui semblait, par l'intermédiaire de Terry. Si Khaaleb n'avait pas beaucoup changé depuis cette époque, Gabriel était lui un tout autre homme alors. La vie et les horreurs dont il avait été témoin pendant ses années de service l'avaient éprouvées et il semblait décidé à passer plus de temps bourré que sobre. Si l'amérindien n'avait à l'époque aucune idée de ce que son nouveau compagnon de beuverie avait traversé, il s'était donné la mission de l'aider à surmonter cette mauvaise passe. Une amitié sincère avait vu le jour, et si le garde forestier n'avait pas su lui faire arrêter la boisson, au moins avait-il tout fait pour le soutenir, malgré leur fréquent accrochage en matière de religion.

C'était sans doute un des sujets qui avait le plus opposé les deux amis. Le puritanisme dont Gab faisait parfois preuve avait toujours eu le don de mettre le grand brun hors de lui. Il ne comprenait pas comment on pouvait à ce point manquer d'ouverture et d'esprit critique. Comment on pouvait se laisser sombrer dans la passion dévorante de Dieu.
Khaaleb ne croyait pas en Dieu et encore moins aux dogmes de l’Église. Il n'y avait jamais rien vu d'autre qu'une farce destinée à garder les humains dans un troupeau asservi et une justification pour promouvoir la suprématie d'un groupe d'hommes blancs sur tous les autres. La religion et ses principes le rendait fou, lui faisait sortir les crocs, mordant de ses mots le premier adepte essayant de la défendre, cette foutue religion.
Aujourd'hui, le trappeur prenait conscience de l'hypocrisie qui était la sienne alors, et de l'intolérance dont il avait fait preuve avec beaucoup de gens. Car lui-même, sans être religieux, n'avait jamais été non-croyant. Élevé dans le respect de la culture mohawk, il croyait en beaucoup de ses traditions, qu'il avait toujours appliqué à sa vie et son quotidien. Y avait-il alors beaucoup de différences entre lui et les autres ? Sans doute que non.
Mais ce n'était pas la religion qui avait eu raison de son amitié avec Gab. Non, c'était bien plus sombre que ça.
Il lui suffisait de fermer les yeux pour revoir la scène, réentendre les mots. Le vétéran totalement arraché lui confier ce secret qui l'avaient rempli d'horreur. Ça avait été la fin, ça avait la perte. Ils ne s'étaient plus revu depuis, pas une fois, jusqu'à aujourd'hui.

Les paroles de l'autre résonnèrent dans ses oreilles. Avait-il vraiment dit ça ? Quelques années avaient suffit à lui faire oublié le franc parler légendaire de l'ancien militaire, et un sourire amer étira une des commissures des lèvres du grand brun. Prenant une profonde inspiration, Khaaleb rouvrit les paupières, balayant de son regard le couloir qui s'étendait devant eux.

« Tu vois c'est marrant... mais moi j'étais sur que tu survivrais... » ajouta-t-il sans un regard pour son ancien camarade. Ce n'était que la plus pure vérité. S'il y avait bien quelqu'un capable de survivre à tout ce bordel, et surtout de se donner les moyens de survivre, c'était bien Gabriel. Il était prêt à tout pour vivre, et il l'avait déjà prouvé. De ça découlait le manque de confiance que Khaaleb lui accordait. On ne pouvait mettre sa vie dans les mains de quelqu'un qui fait tout pour préserver la sienne.
Se rendant compte qu'il tenait toujours son arc serré entre ses doigts, le grand brun le passa entre ses épaules et sortit son tomahawk. Dans les espaces confinés, il valait mieux opérer à courte portée. Et puis avec de la chance, ils ne rencontreraient personne. Depuis qu'ils avaient pénétré dans le bâtiment de l'ancienne école de Notre Dame de la Providence, il n'y avait eu aucun bruit, aucun son ni signe d'une présence quelconque, vivante ou morte. La traversée se ferait peut être sans encombre après tout. Acquiesçant à la proposition de Gab de chercher une sortie ensemble, l'amérindien avança prudemment dans le couloir désert, gardant toujours le vétéran dans son champ de vision.
Le bâtiment avait souffert du manque d'entretien depuis le début de l’apocalypse. Des fissures lézardaient les murs aux couleurs défraîchies, de la poussières couvrait les plaintes et les poignées de portes, des éclats de verre jonchaient le sol. Plusieurs fois, les deux hommes tournèrent à des embranchements dans savoir vers où s'orienter. Les établissements scolaires avaient souvent eu pour les non-initiés des allures de labyrinthes, et fort était de constater que celui-ci ne faisait pas exception à la règle. Assez rapidement, les deux hommes se rendirent compte qu'avancer à l'aveuglette ne les mènerait à rien et qu'ils allaient vite devoir trouver une sortie s'ils ne voulaient pas avoir à affronter la horde par l'entrée principale. La solution sauta aux yeux de Khaaleb comme un génie hors d'une lampe. Gab avait raison, toutes les écoles étaient construites sur le même principe... et il y avait donc des plans du bâtiment à chaque étage et derrière chaque porte de salle de classe. Avisant un escalier qui montait vers les étages, le trappeur trouva ce qu'il cherchait caché derrière la volée de marches. Dans un cadre légèrement désaxé, un plan mal photocopié de l'école semblait les attendre comme une vieille carte de chasse aux trésors.

« Je dirais qu'on est là » dit-il en pointant du doigt ce qui semblait être des escaliers schématisés « et ça... dans la salle du fond... ça m'a tout l'air d'être une sortie de secours qui donne directement sur l'extérieur... » Tournant le visage vers l'autre, il vit qu'il était arrivé aux mêmes conclusions que lui. Sans rien ajouter de plus, ils partirent vers cette fameuse salle du fond, non sans avoir emporté avec eux la carte sans son cadre.
Plus ils s'avançaient dans les couloirs du bâtiment, plus la lumière se faisait faible, ne filtrant que par légères touches timides sous les portes de certaines salles de classe abandonnées aux volets sans doute mal fermés. L'air, chargé de poussière, était de plus en plus lourd, leur collant à la peau comme si un orage se préparait à l'intérieur même des corridors. C'était étrange de ne rien entendre, rien d'autre qu'un bourdonnement sourd. Sans doute celui de la horde au dehors, loin de l'autre côté des murs. Pourtant, malgré cette protection que leur offrait temporairement le bâtiment, Khaaleb ne se sentait pas en sécurité. Il avait en permanence l'impression qu'ils n'étaient pas seuls, comme si on les regardait à travers les hublots vitreux des portes, comme si on les épiait, juste là, à la limite de leur champ de vision. Il aurait voulu parler à Gabriel, lui poser des questions, essayer de briser la glace en oubliant le passif entre eux, mais quelque chose lui soufflait de rester sur ses gardes. Quelque chose clochait. Mais quoi ?

Au bout d'une marche qui lui sembla durer une éternité, les deux hommes arrivèrent enfin devant la dernière porte, celle qui ouvrait sur la salle pourvue d'une sortie. Leur sortie.
-Mme Jacquemart, Arts plastiques- indiquait la petite pancarte en laiton sur le bois de la porte.
Silencieux, le regard inquiet, il laissa le jeune homme tendre la main vers la poignée, s'en saisir, la tourner. L'instant s'étira, comme au ralenti.

Alors, l'amérindien compris ce qui n'allait pas.

Cela faisait longtemps maintenant que les morts avaient envahit leur vie et leur quotidien. Longtemps qu'ils s'étaient habitué à la présence infâme de leur chair en décomposition. Longtemps qu'ils s'étaient aussi accoutumé à l'odeur.
L'odeur. Il n'y avait eu aucun bruit depuis leur arrivée dans l'école. Aucun. Mais l'odeur elle, l'odeur de la mort, elle était bien là ! Et elle leur sautait à la gorge comme un chien enragé. Il tendit la main pour arrêter Gabriel. Trop tard. La porte était ouverte. Et la mort était là.
    
Revenir en haut Aller en bas

Gabriel Spearhead
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
May God protect you !  Tumblr_poaz6rGKdi1xwgs0so1_500

Ancien métier : Soldat dans l’armée de l’air / vétéran de guerre
Occupation : Chef de la sécurité
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Yellowknife, Canada

May God protect you !  Giphy

Messages : 31
Inscription : 17/07/2019
Crédits : Gifs et Avatar trouvés sur giphy x tumblr
Célébrité : Jay Ryan

May God protect you !  X0TurS69 / 509 / 50May God protect you !  BR2xH0t

May God protect you !  DQEbQJ223 / 5023 / 50May God protect you !  GxoDpmC

May God protect you !  Hu1erU722 / 5022 / 50May God protect you !  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
May God protect you !  Empty
12.02.20 7:42
Gabriel commençait à se dire qu'ils n'allaient jamais sortir de cet endroit. Il n'y avait rien de plus labyrinthique que cette école. L'endroit avait certainement connu des jours meilleurs autrefois. Cependant, il n'était pas ici pour refaire la décoration. Au fond, il s'en fichait pas mal que cet endroit soit délabré. Il se fichait comme d'une guigne de la ville de Kelowna, un patelin paumé du fin fond du Canada. Il en avait vu d'autres des villes insignifiantes dans ce pays et dans d'autres contrées plus lointaine. Ce n'était pas l'amour de l'architecture qui l'avait amené ici. Il n'était là que parce qu'il avait voulu sauver ses fesses et qu'une vieille connaissance de son passé lui avait indiqué l'endroit. Maintenant, il n'avait qu'une envie, amener ses miches loin de ce trou pour retourner au Temple où il se ferait une joie d'exploser contre Famine pour l'avoir entraîné dans toute cette merde. Une bonne petite colère et il pourrait passer à autre chose. Bien sûr, il n'ignorait pas que la colère était un péché et qu'il valait mieux ne pas y céder. Pourtant, c'était plus fort que lui. Il avait parfois besoin d'y avoir recours et même si on lui avait demandé de travailler dessus, la colère finissait toujours par revenir. C'était une vieille compagne que sa vie violente avait bien nourri et qui ne se lassait jamais de lui. Inlassablement, elle revenait le visiter et sous ses conseils peu avisés, il finissait toujours par succomber. Les conséquences n'étaient jamais bonnes. Au bout d'un moment, alors que Khaaleb et lui continuaient de tourner en rond, il finit par lui demander s'il avait une meilleure idée. Pour sa part, il n'avait pas de mal à avouer qu'il n'en avait pas et de toute manière, il savait que c'était autant une bonne chose pour son compagnon que pour lui-même que de trouver une sortie.

Peut-être qu’il aurait posé des questions autrefois, mais aujourd’hui il n’avait pas vraiment envie de savoir comment Khaaleb avait fait pour survivre jusque là. Cela n’avait pas d’importance. Il doutait de le recroiser une fois qu’ils auraient trouvés une sortie sûre. De plus, il y avait des choses que ce dernier savait sur lui qu’il aurait préféré garder pour lui jusqu’à la fin de ses jours. C’était comme de se balader avec une bombe à retardement. On ne sait jamais vraiment quand elle va exploser et il détestait cette situation inconfortable. Plus vite ce serait terminé, mieux cela serait. Ce fut Khaaleb qui trouva un plan qui se trouvait derrière une volée de marches. Il lui montra où ils se trouvaient et où ils pourraient trouver une sortie de secours. C’était une bonne nouvelle ! Gabriel avait hâte d’en finir. Ils s’emparèrent de la carte et reprirent leur chemin en silence. Ils n’avaient rien à se dire. C’était un peu navrant pour un spectateur extérieur, mais il n’y en avait aucun pour les juger véritablement. L’endroit devenait de plus en plus sombre. On se serait cru dans la maison des horreurs qu’on trouve dans chaque fête foraine. De plus, comme l’endroit n’avait pas été lavé depuis un moment, on y retrouvait une poussière importante. Sans âme qui y vive, les bâtiments disparaissaient sous la saleté et se retrouvaient dans un abandon désastreux. C’était le lot de nombreux endroits depuis que l’Apocalypse avait commencé. Ils continuaient tous deux à avancer dans un silence de mort. En fait tout l’endroit résonnait d’un silence glacial qui pouvait presque vous envelopper. Il n’aimait pas cela. Gabriel avait comme un mauvais pressentiment. On se serait cru dans un mausolée et aujourd'hui le rapport à la mort était bien différent d’autrefois.

Pourtant, il continua à avancer sans rien dire. Il ne savait pas s'il était le seul à ressentir cela. Ainsi il préféra ne pas faire part de ses appréhensions. Enfin, après un long moment, ils finirent par arrivée devant la porte qui leur offrirait la sortie. Gabriel essaya de se débarasser du sentiment étrange qui le possédait. Ce n'était peut-être que de la psychose. Dieu savait combien il était facile de se méfier de tout dans le monde actuel, mais il valait mieux aussi ne pas se laisser happer par la peur au risque de ne plus être capable de faire grand-chose. Après tout, ils avaient fini par atteindre leur destination. Pourquoi donc s'en faire encore ? Ils allaient traverser cette salle et en finir avec ces conneries. Enfin, chacun pourrait reprendre son chemin et ne plus jamais se revoir. C'était comme cela que les choses devaient se passer. Il n'hésita donc pas à empoigner la poignée de la porte et à la faire tourner. Alors qu'il était en train de l'ouvrir, Khaaleb tenta de l'en empêcher et il lui jeta un regard noir. Qu'est-ce qu'il lui voulait maintenant ?! Peut-être aurait-il dû garder l'esprit large et se fier un peu plus à ses vieux réflexes, car son compagnon de route avait saisi le danger qui les attendait derrière. Il lâcha la poignet de porte, mais dans un mouvement la porte alla se cogner avec fracas contre le mur et révéla l'horreur qu'elle cachait. Gabriel eut l'impression que le temps se fut suspendu pendant une minute seulement, afin de leur permettre de voir précieusement ce que cachait l'endroit. Il aurait pourtant dû apparaître aux deux hommes qu'il était évident qu'une école entière ne pouvait être vide. C'était normalement un endroit bien vivant. Avant que l'Apocalypse ne se déclenche, il y avait beaucoup de jeunes qui s'y rendrait et l'endroit n'était désert que lors des périodes de relâche. Dommage que l'Apocalypse ou le virus, cela dépendait comment on le voyait, n'attendait pas ces périodes.

Devant eux, se dressait une vision de cauchemar : une classe entière de jeunes adolescents zombifiés qui tourna la tête vers eux dans un bel effet, mais qui ne faisait que renforcer la vision macabre. Ils étaient tous abîmés. De toute évidence, ils n'étaient plus virulents depuis un moment. Qui sait depuis combien de temps ils tournaient en rond dans cette classe. Certains avaient perdu des membres et d'autres avaient de sacrés coupures sur leur corps. Le plus effrayant de tous, était bien entendu la professeure Mme Jacquemart, à qui appartenait cette classe, au vu du petit écriteau qu'il y avait eu sur la porte. Elle avait les cheveux tout emmêlé comme si elle avait été surprise au saut du lit. Si elle avait été une belle femme de son vivant, la mort ne lui réussissait pas beaucoup et elle était la plus hideuse des mortes-vivantes qu'il n'eut jamais vu. C'est elle qui tenta la première de venir lui mordre le bras. Gabriel eut alors un réflexe stupide dont il n'était pas très fier, mais il prit la porte et essaya de la refermer avec violence, mais il s'y prit un peu tard, car il se retrouve uniquement à tenter de la refermer sur le cou de la professeure qui essayait encore de vouloir les mordre. Bien entendu, elle ne devait pas être en reste, puisque tous les adolescents présents dans la pièce les avaient sentis et qu'ils étaient aussi affamés que leur professeur. Gabriel laissa échapper une flopée de jurons plus grossiers les uns que les autres. Il n'allait pas pouvoir refermer cette porte et il sentait qu'ils allaient devoir fuir encore une fois. Il mit un coup de pied bien sentit dans la tête du professeure et relâcha le tout avant de s'enfuir en courant dans la direction opposée. Il sentait que son Khaaleb n'était pas bien loin.

« Putain de bordel ! Dire que je trouvais cet endroit lugubre. Dans quelle merde on s’est encore fichu ! »
Cria-t-il en tentant d’économiser son souffle.

Ils arrivèrent à nouveau à un escalier : monter ou descendre ? C'était un choix cornélien… Qu'il décida de trancher en prenant les marcher qui menaient en haut. Les morts-vivants étaient peut-être lents, mais ils avaient une proie et Gabriel savait qu'ils ne cesseraient pas de les chercher. Ces choses-là avaient toujours faim et rien, si ce n'était la mort, ne parvenait à les arrêter. Ce n'était pas qu'il n'était pas capable d'en venir à bout, mais plutôt qu'il n'était pas capable d'en tuer autant. De plus, il avait toujours eu du mal avec les zombies qui avaient l'apparence d'enfant. Gabriel n'avait aucun mal à tuer des femmes, des hommes ou des vieillards, mais il répugnait à mettre fin à la vie d'un enfant. Il avait beau savoir que ces zombies n'étaient que des pécheurs qui avaient subi le jugement dernier, mais il restait quand même des enfants qui le ramenaient à sa propre existence d'enfant qui en avait bavé. Il ne l'avouerait jamais mais c'était sa plus grande faiblesse… enfin disons l'une d'entre elle, car il n'en manquait pas. Il avait besoin de se planquer quelque part pour reprendre son souffle, sinon il ne pourrait pas s'en sortir. De plus, il fallait penser à un moyen de se débarrasser d'eux, sinon ils ne pourraient pas sortir dehors. Seulement, si une classe pouvait être pleine de zombies, alors d'autres classes pouvaient l'être aussi. Il fallait trouver un endroit où aucun gamin ou professeur ne pouvaient se trouver. Il allait déraper , quand il vit ce qu'il cherchait : un cagibi ! Parfait ! Aucun zombie ne devrait se trouver là. Il attira l'attention de Khaaleb qui était derrière lui et lui montra l'endroit. Un coup d’œil lui permit de se rendre compte que l'endroit était vide et il s'y cacha. En fouillant dans son sac en cherchant une lampe torche avant de se souvenir qu'il n'en avait plus, pas plus qu'un briquet, pour lui éviter la tentation. Ils étaient dans le noir et plutôt à l’étroit.

« Tu as quelque chose pour nous faire de la lumière ? »
Demanda-t-il. « Je n'ai rien dans mon sac. On est tranquille un moment ici. Il faut qu'on trouve autre chose. On n'allait pas continuer à courir comme des dératés jusqu'à ce qu'ils nous choppent. La sortie est bloquée. Il n'y en aurait pas une autre sur ton plan ? »

Une mission tout simple avait dit Famine. La bonne blague ! C'était tout sauf simple et il était encore en train de risquer sa peau pour un truc à la con. Merci bien.

« Il faut aussi qu'on réfléchisse à comment éviter les morts-vivants… » Ajouta-t-il avec une pointe de tristesse.

Il ne s'y ferait jamais. Les enfants ne devraient pas se retrouver mêler à tout ça. C'était contre nature.
Revenir en haut Aller en bas

Khaaleb Talarion
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
May God protect you !  1564648549-khaaleb

Ancien métier : Garde forestier
Occupation : Chasse, pêche, expéditions
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Réserve de Kánesatake, Québec

May God protect you !  Tumblr_pitvtrYs5P1w85r9qo9_250

Messages : 269
Inscription : 20/04/2019
Crédits : Homemade
Célébrité : Jason Momoa

May God protect you !  X0TurS632 / 5032 / 50May God protect you !  BR2xH0t

May God protect you !  DQEbQJ224 / 5024 / 50May God protect you !  GxoDpmC

May God protect you !  Hu1erU733 / 5033 / 50May God protect you !  LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
May God protect you !  Empty
21.03.20 9:43
May god protect you
    Gabriel et Khaaleb

    


La porte de la salle de classe s'ouvrit dans un claquement sinistre qui résonna en écho dans tout le couloir, comme un glas, comme un appel à la soupe. La main toujours tendue vers le bras de Gabriel, le grand brun se figea, glacé par le spectacle d'épouvante qui s'offrait soudain à eux. Dans la pièce qu'ils découvraient, une lumière malade passait entre des rideaux mal tirés, faisant voleter d'épais morceaux de poussière et de peau morte. L'air était pâteux, épais, visqueux, plein des effluves de putréfaction des corps qui étaient entassés là depuis des mois. Lentement, comme s'ils avaient été surpris en plein cours, les élèves tournèrent la tête vers eux, leurs yeux vides emplis d'incrédulité morbide. Mais à la place des peaux roses et des regards brillants, il n'y avait que croûtes purulentes et chairs déchiquetées. Depuis combien de temps étaient-ils enfermés là ? Au vue de leur état de décomposition et de l'odeur abominable des lieux, ça devait faire un sacré bout de temps. Depuis que ce virus avait infecté les hommes, Khaaleb avait vu des choses sales. Avant, il était rare de voir des cadavres, de les voir vraiment. Ce qu'on avait en tête, ce qu'on voulait bien nous montrer dans les films, tout ça n'était rien. C'était propre, lissé, simplifié. Mais comme les hommes chaque virulents étaient différents, chacun avec sa propre monstruosité. Mais sans doute les plus monstrueux, les plus terribles à supporter, étaient les enfants, comme ceux qu'ils avaient devant eux. Les voir soulevait le cœur et le corps, annihilant tout espoir.
Pendant une seconde, il ne se passa rien, rien du tout. Comme si le choc était trop grand d'un côté et de l'autre de la porte. Comme s'il leur fallait le temps de comprendre, de se ressaisir, de foncer sur la chaire fraîche pour les uns, et de fuir à toutes jambes pour les autres. On aurait presque pu entendre le tic-tac de l'horloge, au dessus du tableau blanc, qui indiquait toujours l'heure.
Fort heureusement, quelqu'un était là pour veiller à redynamiser sa classe et ces nouveaux intrus. Une adulte, sûrement l'enseignante, se jeta sur eux, les ramenant tous à une réalité douloureuse. L'état de la femme était pitoyable et presque grotesque, mais assez choquant pour faire avoir aux deux hommes un mouvement de recul. Gabriel, récupérant ses réflexes, avait saisit la poignée afin de refermer la porte. Malheureusement pour lui, la créature avait été plus rapide et l'en empêchait avec abnégation, claquant ses mâchoires pleines de dents noirâtres et pourris. Sa gorge, en partie arrachée et suintante de pus, produisait un râle sordide pareil à celui d'un animal vivant ses derniers instants et luttant pour survivre. La prof, sans doute affamée et trop heureuse de voir se profiler un festin pareil qu'elle ne semblait pas vouloir partager avec la marmaille, faisait tout pour avancer, usant sans doute de tout ce que son corps fatigué avait encore de force. Gabriel tenait bon, mais elle aussi, et elle avançait, les crocs en avant, prête à mordre, des lambeaux de peau de sa tête bloquée entre la porte et le cadre se détachant de sa boite crânienne, emportant des mèches de cheveux broussailleux et éparts.
Un instant, Khaaleb se demanda s'il n'allait pas tourner les talons et prendre ses jambes à son cou. Après tout, c'était sans doute ce que l'autre aurait fait si leurs rôles avaient été inversé. Ne parvenant pourtant pas à abandonner cet homme, il voulut l'aider, mais ce fut à ce moment là que Gabriel, prenant son élan, donna un chassé monumental à la virulente qui lâcha prise et lui laissa le temps de refermer enfin la porte. Sans demander son reste, le jeune homme fit demi-tour et détala, l'ancien garde forestier sur les talons. Il leur fallait se tirer de là et vite. Cette école, qui avait semblé un bon refuge dans un premier temps, s'avérait en réalité un piège dans lequel ils s'étaient engouffrés la tête la première. Derrière chaque porte, au coin de chaque couloir, le géant commençait à entendre des bruissements, des grattements, des râles. Les lieux n'étaient pas vides, bien au contraire ! Ils grouillaient de morts ! Il ne les voyait pas encore, mais il pouvait les sentir, les imaginer, arrivant avec leurs membres brisés et leurs viscères à l'air, attirés par la nourriture comme des insectes voraces. Le pouls de plus en plus rapide, le souffle de plus en plus court, les deux hommes courraient, sans savoir ce qu'ils trouveraient au prochain couloir. Ils étaient perdus dans un décale où la mort pouvait les attendre à chaque croisement. Moins rapide que Gabriel, Khaaleb essayait de le suivre au pas de course, jetant de temps en temps des coups d’œil à la carte des lieux qu'il avait récupéré un peu plus tôt pour savoir où ils se trouvaient.
Sans une remarque, il emboîta le pas de son compagnon lorsque ce dernier décida de gravir les marches d'un escalier. Dans le fond, ce n'était peut être pas une mauvaise idée. Des morts il y en avait sûrement à l'étage, mais au moins ceux d'en bas ne pourraient pas les suivre. S'il fallait reconnaître que les rôdeurs étaient tout en pugnacité lorsqu'il s'agissait d’essayer de les boulotter, ils n'en étaient pas moins contraints par les capacités limités de leurs vieilles carcasses. Plus le temps passait et moins les peaux, chairs et ligaments tenaient, moins ils étaient forts et rapides. Malheureusement, tous n'étaient pas au même niveau de décomposition, mais au moins les plus vieux étaient faciles à semer.

Arrivant à l'étage, le grand brun se laissa conduire dans une petite pièce dont Gabriel referma la porte sur eux. Immédiatement, les deux hommes furent plongés dans l'obscurité. Suivant la demande de l'autre, Khaaleb glissa sa main dans une des poches de son manteau et en tira un briquet qu'il actionna. La lumière chaude de la petite flamme lui révéla l'endroit dans lequel ils venaient de trouver un refuge temporaire, ce que l'odeur forte de détergeant confirma. C'était un petit local d'entretien. Les lieux étaient exigus, surtout lorsqu'on avait la carrure des deux compagnons d'infortunes. Contre l'un des murs, des meubles en métal gris alignaient de vieilles bouteilles de produits de nettoyants, couverts comme tout ici d'une épaisse couche de poussière. Dans un coin, devant une autre porte, un chariot de ménage traînait, sûrement délaissé depuis longtemps.
Laissant là son analyse des lieux, l'amérindien jeta un regard noir à son camarade. Ils étaient bloqués. Se gardant de partager son point de vue, il reporta malgré tout son attention sur la feuille de papier qu'il tenait toujours fermement dans la main et qu'il éclaira à la lumière de son briquet, reprenant progressivement sa respiration. Le plan n'était plus tout jeune, et datait sûrement de la construction du bâtiment, mais il finit par trouver ce qu'il cherchait.

« Là... » Dit-il dans un murmure afin de faire le moins de bruit possible. « Au bout de ce couloir, il y a une sortie de secours... ». Khaaleb se mordit l'intérieur de la joue. C'était presque trop beau.
Se rapprochant alors de la porte par laquelle ils venaient d'entrer dans le cagibi, il y colla une oreille et écouta. Ses craintes se confirmèrent. Sans doute attirés par les claquement de portes, les jurons de Gabriel et les bruits de leur course effrénée dans les couloirs, de nouveaux morts avaient quitté les salles de classes et déambulaient maintenant à quelques mètres à peine d'eux. Se retournant, le géant colla son dos contre la fine barrière en contreplaqué qui les séparait des virulents. Pour le moment, les résidents de cet étage ne semblaient pas avoir découvert leur présence dans le réduit, mais ça viendrait bien assez vite. Il fallait se tirer de là sans tarder.

« Ils sont partout... il va falloir faire une diversion si on veut passer... » chuchota l'ancien garde forestier en croisant le regard de celui qui autrefois avait été un bon ami. Regardant une nouvelle fois le plan à la lumière vacillante de son briquet, il écarquilla soudain les yeux. « Je... je crois qu'j'ai une idée... » Glissant le morceau de papier dans sa poche, il leva le bras et contourna Gabriel non sans difficulté afin d'atteindre le fond du cagibi. Prenant toutes les précautions du monde, il poussa le chariot ménager qui bloquait une autre porte dont il saisit la poignée. « D'après la carte, ça donne sur la réserve d'une salle de sciences. » Donnant son briquet à l'autre, il profita de sa main libre pour serrer dans sa paume le manche de son tomahawk. Prenant une profonde inspiration, il ouvrit.
Une lumière douce l'aveugla une seconde, le faisant craindre une attaque surprise. Mais il n'y avait personne dans la petite pièce dans laquelle il entra. Comme le plan l'indiquait, c'était une réserve, pas plus de 10m2. Une fenêtre, trop petite pour les faire sortir, occupait un coin près d'une autre porte qui devait donner sur une salle de classe. Le reste des murs était recouvert d'armoires et d'étagères encombrées de fioles, de bouteilles et de matériel de chimie. Il n'y avait personne ici, à part un vieux squelette anatomique à la mâchoire inférieure manquante. Immédiatement, en essayant toujours d'être le plus silencieux possible, l'amérindien parcouru du regard le contenu de la réserve, récupérant ce qui lui semblait utile. Posant le tout sur une vieille table de labo à moitié cassé, il commença à ouvrir les bouteilles et à en verser les contenus dans des béchers à la propreté douteuse.
« T'inquiète... j'sais c'qu'fais » dit-il en jetant un regard qui se voulait rassurant à l'autre. C'était vrai, enfin plus ou moins. Gabriel ne s'en souvenait sans doute pas -lui avait-il même jamais parlé de ça?- mais Khaaleb avait fait des études de biologie avant de tout plaquer pour aller s'enterrer dans les bois. Le jeune homme idéaliste de l'époque avait cru pouvoir sauver le monde par la science, mais il avait très vite déchanté, ce qui ne l'avait quand même pas empêcher de décrocher son master. Enfin ça c'était des années plus tôt, mais étrangement, ses cours de chimie ne lui semblaient soudain plus si loin.
Une fois qu'il eu terminé ses petits mélanges d'apprenti sorcier, le trappeur reporta son attention sur son camarade afin de lui expliquer ce qu'il venait de mettre en place.
«C'est presque prêt, il faudra juste que je mette l'accélérateur au dernier moment... bon voilà l'idée, j'ai préparé quelques petits trucs qui devraient foutre assez de bordel pour couvrir notre fuite. On va les mettre sur le chariot du cagibi, et le balancer dans le couloir afin d'attirer leur attention. »
C'était un peu tiré par les cheveux, mais bon, ils n'avaient pas d'autre choix. C'était ça ou foncer dans le tas façon Rambo suicidaire. Aidé de Gabriel, Khaaleb disposa donc les flacons sur le chariot qu'ils débarrassèrent de son chargement initial. Une fois que tout fut en place, ils le poussèrent jusqu'à la porte du réduit. Au dernier moment, le grand brun versa le contenu d'une fiole dans le mélange, et ils ouvrirent la porte. L'espace d'un instant, ils purent apercevoir le couloir où grouillaient les silhouettes décharnées des morts, mais ne se laissant pas le temps d'être vu, ils poussèrent le chariot de toutes leurs forces et l'envoyèrent le plus loin possible avant de refermer la porte sur eux. Se retrouvant à nouveau dans le noir, la lumière du briquet s'alluma. Le dos collé contre la surface lice de la porte, le souffle court, les deux hommes attendaient, sans oser se regarder, espérant un miracle.

Alors, un bruit, comme un gros ballon qu'on gonfle, se fit entendre. Une odeur nauséabonde d’œuf pourri envahit tout le couloir, et vint leur titiller les narines en passant par l'espace sous la porte. Tirant sur le foulard qui était noué à son cou, l'amérindien se protégea le nez et la bouche. Les vapeurs n'étaient pas forcément toxiques, mais elles étaient fortes et donnaient vite mal au crâne. Serrant le manche de son arme dans sa main, récupérant son poignard en lame de silex dans l'autre, il fit un signe à son compagnon d'infortune. C'était le moment. Après avoir échangé un signe de tête, ils ouvrirent la porte et sans prendre le temps de regarder le spectacle grotesque des corps des virulents englués dans une sorte de mousse rosâtre gigantesque à l'odeur infâme, ils filèrent vers la sortie de secours qu'ils avaient repéré, à l'opposé. Comme prévu, les rôdeurs avaient été attiré par l’appât, et leur odorat, malmené par les effluves peu ragoutante, ne les fit pas réagir assez vite, laissant aux deux hommes assez de temps pour s'enfuir.

Arrivé enfin devant la sortie, ils trouvèrent la porte fermée, mais sans perdre une seconde, Khaaleb prit son élan et d'un coup d'épaule, la défonça. L'air froid du dehors lui fit l'effet d'une claque. Ils n'étaient pour autant pas sorti d'affaire : la sortie donnait sur un escalier en métal menant lui-même à la cours de récréation où traînaient depuis longtemps les élèves zombifiés de ce maudit bahut.

    
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

à propos
sac à dos


May God protect you !  Empty
Revenir en haut Aller en bas
 
May God protect you !
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
What Lies Ahead :: Kelowna & Beyond :: Downtown-
Sauter vers: