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 Into the wild we fight



Benedict W. Brown
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01.08.19 13:20
Parfois, tout n'est qu'une question de timing. Un homme en stoppe un autre dans un couloir, un ordre est donné. Et l'on ne peut se soustraire à celui-ci, n'étant pas au sommet de la chaîne alimentaire. Pour l'instant. Alors l'on se plie aux ordres malgré de réelles réticences. Ce n'est pas mon rôle que de sortir en expédition, cela n'a jamais été le mien. Je ne suis pas un combattant, ma force me provient de ma tête. Alors pourquoi Seth désire-t-il m'envoyer à l'extérieur ? Une mission de repérage. Ou peut-être pour m'écarter ? Il se méfie de moi, il me sait intelligent et je sais qu'il ne me croit pas entièrement dévoué à sa cause. Bien que pour moi il ne soit qu'un homme cruel, je n'ignore pas que nous nous ressemblons. Lui comme moi, nous nous battrons pour survivre. A la différence que je me bat pour mes soeurs. Se bat-il pour quelqu'un d'autre que lui-même ? Peu importe, nous sommes prêts à tout. En cela, je ressens parfois une similitude entre nous. Je n'hésiterai pas un instant à sacrifier quiconque pour les miens. Et pour l'heure, il me faut me plier aux règles.

Une mission simple. Certains hommes auraient déniché un coin en forêt où l'on pourrait établir un nouveau poste. On nous envoie alors en reconnaissance, trois soldats dévoués au tyran et cet homme de lettres qui réprouve leurs méthodes. J'ignore pour quelles mystérieuses raisons je me retrouve dans ce camion, en direction de la forêt. En bien mauvaise compagnie.
Face à moi, Klaus. Ancien militaire, quarantenaire. Cet homme, je l'ai étudié, longuement. J'ai cru pouvoir m'en faire un allié, les premiers temps, au vu de son expérience. Ce fut une effroyable erreur lorsque j'ai réalisé les traumatismes qui ont alors déformé sa vision de la réalité. Pour lui, tout est susceptible d'être une menace pour lui-même. Extrêmement instable, il ne contrôle plus ses actes, ses émotions prenant le pas sur la raison. Je l'ai vu plus d'une fois perdre le contrôle. Ecraser des crânes sous sa botte pour le simple plaisir de ressentir une victoire face à un ennemi. Il n'a plus aucun respect pour la vie, les guerres ont ravagé son esprit.
A sa droite, sourire carnassier aux lèvres, un ancien taulard. Un meurtrier. Un monstre au service d'un autre, Torgeir aime les conflits. Il aime frapper, fort, de cette barre de métal qui ne le quitte jamais. Et si par malheur elle lui échappe, sa rage le prend aux poings. Costaud, de plus de deux mètres, il a cette carrure du combattant féroce. Je n'ai aucune confiance en lui. Klaus reste possiblement raisonnable, je peux lui parler. Torgeir ne semble vivre dans ce monde apocalyptique avec ce seul plaisir de pouvoir exploser des morts en toute impunité. Ou des vivants.
A ma gauche, un troisième homme. Plus calme, moins imprévisible. Je ne lui fais pour autant pas plus confiance qu'aux deux autres, cet homme n'est pas moins dangereux. Tactique, il use d'un arc lorsqu'il sort en expédition. Maxwell a l'air de cet homme réservé et silencieux, il garde bien souvent ses sentiments enfouis. Ses intentions sont cependant claires, son allégeance également. Il soutient Seth. C'est un bon chien, influençable. Il n'a d'yeux que pour cet homme qui lui promet la sécurité et l'abondance.
Ces hommes, combattants acharnés, n'ont guère besoin de mon aide. Et pourtant, me voici. Sans doute pour ramener un peu de raison dans ce trio de dégénérés fanatiques. Ce ne sont que des moutons, guère plus que des pions sans réelle cervelle pour diriger une opération. Me hisser dans les sphères semble donc porter ses fruits ? Il n'est pas dans mes habitudes de me rattacher à un espoir d'avancement dans mes projets. J'ignore ce que Seth mijote, peut-être n'est-ce qu'une coïncidence. Peu importe.

- Eh, Brown, t'as pas intérêt à nous retarder ni à t'mettre dans mes pattes si j'veux dézinguer un abruti d'virulent ou un débile. J'sais toujours pas pourquoi t'es avec nous, mais joue pas au héros si l'envie t'en prend.

Je tourne mon regard, froid, vers Torgeir. Je n'ai jamais craint personne et cela ne commencera pas dès aujourd'hui.

- L'on a sûrement préféré mettre un homme d'esprit à la tête de cette patrouille de l'enfer histoire que tu ne fasse pas exploser les autres en dix minutes, mon ami.

J'entrevois un sourire se dessiner sur les lèvres des deux autres alors que le taulard se lève à l'arrière du camion pour répliquer. Ce dernier se stoppe net, Torgeir manque de partir vers l'avant. L'idée de le voir traverser le pare-brise est ma foi séduisante, je n'ai cependant pas l'envie de l'expliquer en rentrant. Les portes arrières s'ouvrent sur une femme au fort gabarit. Elle sourit après avoir craché par terre.

- Sortez vos culs de là, on a à faire.

Et vite, nous voilà en route. La formation se fait sans que l'on ait besoin de donner des ordres, chacun connait son rôle dans la mission. Le groupe se sépare, pour couvrir une plus grosse surface. Nous ignorons à qui nous pourrions avoir à faire, virulents ou humains. Miranda, la conductrice, et Maxwell partent dans une direction, nous nous retrouvons à trois en direction du nord. Torgeir et Klaus paraissent calmes, pour l'instant.
Les minutes s'égrènent, nous parcourons les bois depuis une quarantaine de minutes. Lorsque Klaus met genou à terre. Il passe sa main dans des traces que je n'avais qu'à peine remarqué. Le militaire se relève, ses sourcils se froncent alors qu'il inspecte les environs du regard. Nous nous sommes stoppés, attendant des explications.

- Nous ne sommes pas seuls.

_________________

Rien n'imprime si vivement quelque chose à notre souvenance que le désir de l'oublier.

©endlesslove.

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Khaaleb Talarion
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02.08.19 10:59
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   Ben et Khaal

   


Khaaleb ferma la porte de son chalet derrière lui, fit tourner deux fois la clefs dans la serrure puis l’en retira, passant la chaine à laquelle elle était accrochée autour de son cou. Autrefois, l’ancien garde forestier ne fermait jamais la porte de sa maison. Elle était toujours ouverte, au cas où quelqu’un en aurait eu le besoin. Il ne craignait pas les voleurs, car de toute façon il n’avait à l’époque rien de valeur à voler. Mais aujourd’hui, quand on savait qu’une boite d’antibiotique  devenait plus précieux que de l’or, il valait peut être mieux mettre le peu de possessions qui restait sous clefs. Enfin, pour que ça changeait. Le grand brun savait bien qu’une porte fermée n’arrêterait jamais quiconque de rentrer et de se servir, mais au moins ça évitait de trouver un mort sur son canapé à son retour.

Tournant le dos à la porte, le jeune homme laissa son regard courir sur les abords de la petite clairière qui entourait le chalet. Les beaux jours revenants, la nature avait poussée, parsemant le paysage de touches vertes. De grandes fougères envahissaient les sous-bois, éclatant là où des flaques de soleil perçaient la voûte des arbres. Un peu partout autour de la terrasse, dans de grandes jardinières que le trappeur avait fabriquées à l’aide de petits rondins de bois, grandissaient des plantes consommables dont il avait trouvé les graines dans un magasin de jardinage en ville. Trop occupé à survivre sur le court terme, personne n’avait pensé à voir plus loin. Sa production restait encore très sommaire, l’été n’étant pas encore arrivé, mais il avait déjà de quoi subvenir à son propre apport de vitamines. Descendant les marches du perron, il fit le tour des plantations, inspectant les pousses de salade qui arrivaient, cueillant quelques radis qu’il croqua avec délice, repositionnant les tiges des haricots sur les tuteurs qu’il avait installé. A cela s’ajoutait les carottes, rutabagas, panais, et autres plans de fèves et de pomme de terre. Tout cela lui donnait un travail colossal, mais la culture avait au moins ça de le tenir en activité ce qui l’empêchait de brouiller du noir tout seul dans sa forêt. Enfin tout seul, il l’était de moins en moins souvent. Depuis qu’il avait recroisé la route de certains vieux amis, ils leur arrivaient de venir lui rendre visite, ce qui était toujours une joie pour lui. C’était d’ailleurs pour ses amis, ceux de la Lyssa et ceux de Highgates, que l’amérindien passait autant de temps dans son jardin. Il espérait pouvoir leur apporter le résultat de son labeur à l’été. C’était aussi en ce sens qu’il tentait de mettre au point un système de traitement de l’eau à l’aide de bassin de roseaux. Le projet en était encore à ses balbutiements, mais il avait trouvé la technique dans un livre trouvé à la bibliothèque que les gamins de l’hôpital lui avait permis de consulter.

Une fois sa petite tournée d’inspection terminée, Khaaleb s’empara de son arc et de ses flèches, passa son tomahawk à sa ceinture où se trouvait déjà son couteau et s’enfonça dans la forêt. Bien qu’il trouvait de la satisfaction dans le jardinage, le jeune homme n’en restait pas moins bien meilleur chasseur et il était l’heure d’aller inspecter ses collets. Avec le temps, et les passages impromptus de visiteurs involontaires, le grand brun avait peaufiné les pièges qui entouraient sa propriété. Elle était à présent si bien camouflée et protégée qu’il était presque impossible de s’en approcher sans savoir qu’elle était là. C’est que depuis peu, même la forêt devenait dangereuse. Il y avait les morts bien sur, mais pas que. L’amérindien avait toujours eu jusqu’à maintenant la chance de tomber sur des têtes connues et amies, autant que ça reste ainsi.

Avançant dans les sous-bois sur des chemins bien connus, le chasseur allait le pas silencieux et le cœur léger. C’était une belle journée. Il faisait encore frais mais un ciel d’un bleu azur s’étalait comme un papier peint entre la cime des arbres. Ça et là, des rayons de soleil perçaient entre les branches, réchauffant le sol couvert d’aiguilles et sa peau dès qu’il les traversait. Sans s’en rendre compte, et bien malgré lui, un sourire apparut à ses lèvres. Tout allait bien.

Après quelques minutes de marche, il arriva enfin à un des premiers collets qui étaient disposés un peu partout dans les bois. Ils étaient installés à des endroits stratégiques, de préférence là où passaient les bêtes et non les humains, vivants ou morts. Les collines qui entouraient Kelowna offraient une faune encore riche et préservée de l’invasion des marcheurs, qui avaient toujours plus de mal à grimper les pentes qu’à squatter les villes. Mais ce collet là était vide, tout comme le suivant, et celui après encore. Allant d’échec en échec, la bonne humeur de Khaaleb diminua progressivement. Chasser à l’arc ne le dérangeait pas, mais il n’avait croisé aucune bête sur son chemin. Il n’allait quand même pas rentrer bredouille ?! Décidant de pousser un peu sa recherche plus loin, l’amérindien stoppa soudain ses pas en entendant un cri résonner entre les troncs. Ce n’était pas humain, plutôt animal, et ça avait peur. Inquiet de ce que ces sons atroces allaient pouvoir attirer comme autre monstruosité, le trappeur se précipita vers la source de tout ce bruit. Il arriva bientôt en haut d’un petit ravin qui créait un dénivelé fort dangereux dans les bois. Y jetant un œil, il vit un jeune élan essayer de s’en extraire sans grand succès. La bête bramait de peur, et le cri résonnait dans le trou comme un haut parleur.
Après s’être assuré de pouvoir remonter, l’ancien garde forestier descendit dans le ravin et essaya, à pas lent et sans gestes brusques, de s’approcher de l’animal qui se débâtait toujours. Alors qu’il n’était plus qu’à quelques pas, le jeune homme se rendit compte que l’orignal saignait. Une de ses longues pattes, sans doute brisée par sa chute, l’empêchait de sortir de là. Cette fois, la bonne humeur avait totalement disparut, et Khaaleb poussa un profond soupir. Comme pour les équidés, était impossible de réparer ce genre de blessure chez ce genre de cervidés.
Immobile, sachant ce qui lui restait à faire, le trappeur resta quelques instants à observer l’animal. L’élan avait-il comprit qu’l n’y avait plus d’autres solutions possibles ? L’amérindien l’ignorait, mais elle finit par se calmer. Elle ne bougea pas non plus lorsqu’il s’approcha encore plus près, à moitié courbé, murmurant des mots dans sa langue maternelle, elle ne bougea pas non plus lorsqu’il l’acheva.
Il y eu un soubresaut, et elle s’effondra, sans vie, libre. Merde.
Que faire d’une telle bête ? Le laisser là ne ferait qu’attirer des morts ou des parasites. Le ramener et le manque ? Même jeune, un élan représentait une quantité énorme de viande. Et il ne pourrait le ramener jusqu’à chez lui sans craindre d’attirer l’attention, ou que la viande se gâte. Il allait falloir faire ça ici. Poussant un profond soupir las, le trappeur se mis à la tâche.
La première étape fut de sortir la carcasse du ravin, puis de trouver un lieu assez protégé pour être sur de ne pas être dérangé par de marcheurs. Il trouva l’endroit non loin, c’était une sorte de bosquet qui avait poussé autour de grosses pierres lisses, parfait pour y poser et y préparer la viande. Malgré sa force, Khaaleb soufflait comme un bœuf en tirant la bête que la mort rendait plus lourde. Une fois qu’il l’eut allongé sur une grande pierre plate, il tira son couteau de son étui et entama le travail en ouvrant le ventre de la bête.
Très vite, alors qu’il sortait les boyaux de la cage thoracique, ses mains comme le bout de ses manches se tintèrent de rouge. C’était un spectacle terrible, mais le chasseur n’en était pas à sa première fois et tout ça lui faisait ni chaud ni froid. Le principal était de préparer et de fumer la viande avant que des mouches n’aient l’idée de venir pondre dedans. Installant des branches qu’il ramassa sur place dans le creux d’un des rocher, il alluma un feu avec ses pierres à silex et un peu d’amadou qu’il avait toujours dans sa sacoche. Rapidement, une fumée s’échappa du foyer, suivie d’une flamme qui consuma les branches. Laissant le feu bruler tranquillement, à l’abri dans son rocher, le grand brun retourna à la découpe du pauvre élan. Mais alors qu’il était en train d’essayer de détacher une des pattes au niveau de l’articulation de l’épaule, il entendit un bruit derrière lui. Un bruit qui n’avait rien à voir avec la marche ou le grognement d’un rodeur. C’était mécanisme d’une arme automatique qu’on charge.


   
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Benedict W. Brown
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13.08.19 7:59
Sourcils froncés, j'inspecte également les alentours. Rien, pour l'instant. Je fais cependant suffisamment confiance à l'expérience du militaire pour ne pas mettre sa parole en doute. Et ignorer cet avertissement pourrait nous être fatal, mieux valait vérifier les alentours et s'assurer que nous étions hors de danger. Pour peu que je me soucie de leur vie, à tous les quatre. Ce ne sont pas des enfants de coeur et, par bien des aspects, je serais soulagé de me débarrasser de quelques uns d'entre eux. Miranda mis à part, les trois autres sont obnubilés par Seth et sa quête de pouvoir, lui vouant un dévouement extrême. Certains apprécient tout particulièrement la mort... et bien plus encore, la donner. Justice, c'est ainsi qu'ils la nomment. Ils pensent la rendre. Quand à Miranda, sa loyauté va à la loi du plus fort. Et aujourd'hui, il s'agit de Seth Mansfield. Alors, si par malheur notre expédition m'enlève une de ces épines du pied, je n'en serais que plus reconnaissant à qui de droit. Pourtant, je me dois de porter ce masque d'allégeance, de veiller à la sécurité de ces quatre soldats et de m'assurer qu'ils rentrent en un seul morceau. Ou en vie, dans tous les cas. Et, je redoute autre chose. Que nous découvrions un groupe plus nombreux. La forêt est dense, elle est forcément habitée. Et si nous trouvons un groupe de survivants... Seth désirera s'emparer de leur lieu. Ce serait impensable, cela ne ferait qu'accroître son emprise sur la ville. Je ne me pardonnerai pas non plus les morts qui pourraient survenir d'un affrontement. Nous devons vérifier les craintes de Klaus, rapidement. Gardant le regard fixé sur les arbres, je demande plus d'informations.

- Morts ou vivants ?

Le militaire, toujours un genou à terre, prend quelques minutes pour inspecter à nouveau les traces. Mouvement du menton, il se relève, s'approche de moi, s'arrête à ma gauche. De ces compagnons, il est sans doute le seul en lequel je pourrais placer une confiance toute relative, bien que teintée d'une dose colossale de méfiance. Il reste imprévisible, violent.

- C'est sûrement vivant. Les traces sont trop propres, j'aurais pu ne pas les voir. Un mort fout la merde. Que ce soit une bête ou un humain, c'est quelque chose de plutôt imposant. Donc humain ou gros animal.

Je prend une minute. Elaborer un plan qui ne conduirait pas à une boucherie, compte tenu de l'effectif à ma disposition. Je jette un oeil à Torgeir, visiblement impatient de trouver ce quelque chose qui nous précède. Soudain, je donne plusieurs ordres, puisque ce rôle me revient. M'emparant de mon talkie-walkie, je le règle sur le canal de Maxwell. D'autres ordres sont donnés. Cela fait, un signe au militaire, celui-ci se met immédiatement en quête d'une piste à suivre. Qui ne tarde pas. Les minutes s'écoulent, nous progressons en silence. A plusieurs reprises, je parle dans le talkie, recevant des "bien reçu" de la part de l'autre groupe. Une vingtaine de minutes s'écoulent lorsque nous sentons une odeur de braises. Un signe de la main, les deux hommes se stoppent net, second signe, le militaire se glisse parmi les feuillages et les rochers, seul. A peine dix minutes plus tard, le voilà de retour.

- Un homme, seul. Je crois qu'il découpe une bête et la fume.

Je me racle la gorge, prend un nouvel instant de réflexion.

- Bien. Espérons qu'il n'est là que pour chasser et qu'il ne sera pas un danger pour nous, mieux vaut toutefois nous assurer qu'il ne se passe rien de fâcheux. Vous me laisserez parler.

Torgeir ricane, je le fixe du regard.

- Une objection ?

- C'est amusant de te voir jouer au petit chef, Brown.

- Tu préfères prendre la tête du groupe ? Crois-moi, je ne me plais pas dans ce rôle. Mais de toi à moi, je suis le plus futé et je préfère rester en vie, cette vie que je ne te confierai pas. Je te laisse les muscles et le reste. Laisse-moi gérer les plans de cette foutue expédition.

L'agacement brûle mes veines, c'est assez de l'entendre jacasser. Le plan est mis en place. Maxwell et Miranda, postés en hauteur, l'archer prêt à tirer. Ils n'avaient aucun point de vue sur l'homme, dissimulé par les rochers et le bosquet. Impossible de tirer. Leur rôle, attendre. Torgeir s'est posté plus loin, derrière un arbre, cet homme est bien trop imprévisible, je ne le veux pas dans mes pattes.
Nous voici donc, le militaire et l'avocat, se frayant un passage parmi les arbres. Nous glissant jusqu'à l'homme, dos à nous. Je m'arrête, cinq mètres de distance. Klaus fait de même, je sens sa présence derrière mon épaule et soudain, j'entend son arme automatique se charger. Mon sang ne fait qu'un tour. Quel imbécile...
Je me retourne, le fusille du regard. Il m'ignore, garde son attention fixée sur l'homme face à nous. A mon tour, je lui fais face, lève les mains en signe de paix.

- Bonjour. Nous ne sommes pas ici...

Dans la périphérie de mon oeil, je vois le canon d'une arme se relever doucement. Et je prend conscience d'une chose. Ils ne m'écouteront pas. Je ne suis pas leur chef, pas même un des chiens de leur leader. Ils ne m'écouteront pas. Pour eux, cet homme est une menace aux plans de leur idole.
Vif, je me retourne, relève d'une main l'arme vers le ciel. A l'instant même où Klaus tire.

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Khaaleb Talarion
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26.08.19 10:33
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  Ben et Khaal

 


Le bruit de l’arme automatique stoppa net le geste, précis et contrôlé, de Khaaleb découpant un des cuissots de la bête, séparant la chair de l’os blanc. Ce son, le grand brun avait appris à le craindre comme celui des raclements de gorges des morts qui en suivaient souvent l’appel. Ne jouant pas lui-même de cet instrument là, préférant des armes que certains auraient appelées rustiques, il ne gouttait gère à leur pratique, trop bruyante et manquant d’honneur.
Sentant son cœur bondit d’un coup dans sa poitrine, il attendit une seconde puis deux. Il savait qu’il y avait désormais de très forte chance pour qu’une arme soit braquée dans son dos, prête à faire feu et à l’abattre. Jetant un coup d’œil à ce qu’il avait sous les yeux, il se rendit compte que si son carquois et son tomahawk étaient toujours à sa ceinture, son arc lui, était posé sur un rocher non loin. Impossible de le récupérer sans éveiller l’attention de celui qui le braquait. *Merde* s’entendit-il penser. Serrant les dents, il se maudit d’avoir relâché ainsi sa vigilance et sans lâcher le manche de son couteau, les bras le long du corps, il se tourna très lentement vers les deux hommes qui venaient de s’arrêter à quelques mètres de lui.

Les espoirs qu’il avait entretenu un instant de découvrir un membre connu d’une des communautés de Kelowna s’envola. Des deux hommes aucun lui était familier, et tout deux représentaient une menace. Celui qui portait l’arme en joue était un gaillard solide et bien bâtie que la tenue comme la position assurée pouvait supposer des connaissances militaires. Encore qu’aujourd’hui, presque tout le monde savait tenir et manier une arme automatique avec plus ou moins de crédibilité. Mais Khaaleb, qui avait par l’intermédiaire de Terry, fréquenté plusieurs anciens soldats, savait reconnaitre l’œil de celui qui a l’habitude des combats, et de ceux qu’on mène contre les vivants. Ce serait, en cas de corps à corps, un adversaire redoutable, car si le natif le dépassait en taille, il était certain que l’autre le métriserait en termes de technique. Mais encore fallait-il qu’il arrive au corps à corps, avant d’être fauché par une balle.
La voix du deuxième homme attira son attention, et son regard glissa une seconde vers lui. Grand, maigre, les membres longs et étirés, il n’en paraissait pas fragile pour autant. Pas un guerrier comme l’autre sans doute, mais le quotidien avait du forger comme tous ceux qui comme eux, affrontait l’apocalypse. Il se tenait droit, les yeux presque à même hauteur que lui, les paumes ouvertes. Son grand front et son regard qu’il voulait serein et conciliant poussait à moins de prudence. Etait-ce une ruse ? Pour mieux le duper et être sur de ne lui laisser aucune chance d’en réchapper. C’était possible, et dans les manières de beaucoup d’autres. Pourtant, il sentit chez la grande perche un regard inquiet posé sur le canon de l’arme que le militaire braquait toujours vers lui. Quelque chose ne se passait pas comme prévu.

Alors, avant que Khaaleb ait pu faire quoi que ce soit, le négociateur détourna le canon de l’arme qui le visait, déviant la trajectoire de la balle qui partie d’un coup. Le grand brun sentit un souffle vibrer dans l’air non loin de sa tempe, soulevant une mèche de cheveux, puis entendit le choc mat du projectile s’écrasant dans le tronc d’un arbre. Heureux d’avoir échappé à ce tir qui l’aurait sans nul doute emporté d’un coup, il ne se laissa cependant pas le temps de souffler et réagit au quart de tour. Le mouvement de la grande perche avait forcé l’autre à dévoiler une faiblesse dans la protection de ses vêtements. Profitant que les deux hommes échangeaient un regard de colère, le natif fit sauter son couteau dans sa main, le saisissant par la lame, et le ramenant derrière sa tête, le lança droit sur le militaire dont le regard revenait déjà vers lui. Malheureusement, l’autre, qui avait vu venir le coup, se dévia très légèrement, et au lieu de se planter dans son flanc, la lame de silex se ficha dans le biceps de l’homme qui ne pu retenir un cri.
Désarmé, le regard du chasseur glissa vers le négociateur qui esquissa un mouvement pour se mettre entre eux. Son souffle court, ses yeux qui glissaient à gauche, à droite, puis revenait sur lui, et ce geste qui lui avait sauvé la vie, celui là n’était sans doute pas son ennemie, en tout cas bien moins que l’autre, et il semblait aussi lui indiquer que d’autres dangers approchaient. Khaaleb comprit, les deux hommes n’étaient pas seuls. Se retournant d’un coup, le grand brun se rua vers le rocher où était posé son arc et l’empoignant, couru aussi vite qu’il le pu vers la forêt qui les entourait, évitant une salve de balles qu’il sentit passer dans son sillage. Il devait fuir, le plus loin et le plus vite possible, fuir sans se retourner. Mais il n’était pas si loin que ça du chalet, et il ne pouvait courir sans laisser des traces qui les mèneraient rapidement à son refuge.
Essayant toutefois de mettre le plus de distance possible entre ses assaillants et lui, il courait tout en tournant ses possibilités dans sa tête. Il était seul au milieu des bois, n’avait qu’une quinzaine de flèches et était pris en chasse par un ennemie dont il ignorait la force de frappe. Décidément, peu de chose jouait en sa faveur, à la différence que ces bois, il les connaissait sans doute mieux qu’eux. Prenant la décision qu’il valait mieux en éliminer un maximum avant de s’en retourner, il essaya d’orienter ses pas, le plus silencieusement possible, vers un endroit qu’un des regards du négociateur avait indiqué. Contournant au maximum, plié en deux derrière les bosquets et les grandes fougères qui poussaient sous les bois, il finit par remarquer deux silhouettes que les branchages dissimulaient. Aux armes qu’elles portaient et à leur démarche, ceux là n’étaient pas des morts, et puisqu’ils se dirigeaient vers l’endroit d’où les coups de feu avaient été tirés, ils pouvaient tout à fait appartenir au même groupe. S’approchant à pas de loup, Khaaleb arriva vite à leur hauteur. Les deux silhouettes avançaient vite, la plus massive devançant la plus mince. Ce fut cette dernière que le trappeur choisit. Quittant la protection des bosquets, il bondit sur un jeune homme qui n’eut pas le temps de réagir. Il le plaqua au sol et qui asséna un violent coup de poing à la tempe, l’assommant d’un coup. Sur que l’autre avait du entendre l’assaut et se retourner, l’amérindien sauta sur ses pieds, levant déjà sa main serré autour du manche de son tomahawks qu’il brandissait.
Mais l’arme resta pourtant figée en l’air. Le visage de l’autre lui était apparu, d’abord surpris puis déformé dans un mélange de peur et de haine. Une femme. Haletant, le cœur battant la chamade, l’amérindien resta figé une seconde, retenant son geste. Ce fut une seconde de trop. La femme tira.

EDIT : Après jet de dès, le destin a voulu que la balle touche Khaaleb.
 
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Benedict W. Brown
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02.09.19 9:27
Le bruit mat de la balle s'écrasant dans un tronc résonne à mes oreilles. Le regard que je lance à Klaus brûle d'une colère meurtrière. Et alors que je m'apprête à grogner contre cet imbécile, je vois son regard à lui, qui revient vers l'inconnu. Vif, je me retourne, je n'ai que le temps de voir ce couteau filer droit, vers le militaire. Mon coeur rate un battement dans ma poitrine, Klaus dévie légèrement, évite ce coup qui lui aurait été fatal. Le couteau se plante dans son biceps, Klaus hurle. Je l'observe une seconde, reporte mon attention sur le géant. S'il m'attaque, je n'ai aucune chance. Nos regards se croisent, j'esquisse un mouvement, me met devant Klaus. Autant que les choses soient claires. L'instant semble bloquer dans le temps, nous nous observons, j'entendrai presque ses réflexions dans la symphonie du bois. Cet homme pourrait bien me tuer. Et mes nombreuses années de combat n'y changeraient rien, je ne suis qu'une brindille face à lui. L'hésitation qui brûle dans son regard ne fait que me confirmer qu'il n'est certainement pas un ennemi, il ne nous aurait pas attaqué. C'était une erreur de venir le déranger. Mais au moins, a-t-il compris que je n'étais pas là pour le tuer.
D'un geste de la tête, je lui indique que d'autres dangers approchent. Je lui indique leurs positions, mais ne souris pas. L'homme se retourne. J'inspire. Il se rue vers le rocher, s'empare de son arc, court. Pour protéger ma couverture, paraître aussi fidèle que possible à notre leader face au militaire, je m'apprête à lui courir après. Une salve de balles explose mes tympans, je n'ai pas le temps de réagir. Les balles fusent dans la direction du géant. La silhouette de l'homme disparait de mon champ de vision. Je réagis, me rue vers Klaus, tenant toujours son arme d'une main, visage déformé par la douleur. Vif, je lui arrache son arme des mains, la surprise se lit dans le regard qu'il me lance alors. Puis survient la colère. La sienne, mais surtout, la mienne. Je garde son arme en main et de l'autre, le prend au col.

- C'est quoi ton problème ?

Il nous met tous en danger. De ses tirs, il peut rameuter des morts. Ou une horde. De ses tirs, il prévient de notre position. Et cet homme qu'il a failli tuer, probablement n'est-il pas un ennemi.

- J'ai donné des ordres ! Ne pas tirer, me laisser parler, que ne comprends-tu pas dans ces simples mots ?! J'ai laissé Torgeir derrière parce qu'il est imprévisible, mais je constate que tu es aussi inconscient que lui !

Je le relâche violemment, il titube avant de se rattraper. Un grognement me prouve qu'il peut encore bouger. Je fais un pas, puis deux.

- On peut pas le laisser ici, Brown ! On a eu des ordres.

Me retournant lentement, je plante mon regard dans le sien.

- Seth n'est pas ici. JE donne les ordres, ici. Et on ne tue pas n'importe qui, on ne tire pas sur n'importe quoi. Tu vas nous attirer des morts, abruti !

Le sang froid me quitte, je ferme les yeux. Inspire profondément. Et lorsque je les rouvre, je m'empare d'un bandage dans mon sac. Je vais devoir rattraper leur merde et m'assurer qu'ils ne tuent pas le géant. Ou que celui-ci n'extermine pas tous ces abrutis. Je m'approche de Klaus, dépose son arme contre un arbre. Lui intimant de ne pas bouger, j'empoigne le couteau. D'un coup sec, je tire. Il hurle. J'observe quelques instants l'arme, avant d'essuyer sa lame sur le pantalon de Klaus. Il me lance un regard, j'appuie sur la plaie de mon pouce. Il hurle à nouveau et entendre ce cri me procure un étrange sentiment. Je range la lame dans ma ceinture, m'empresse d'arrêter le saignement de sa plaie. Et alors que je termine les premiers soins, reprend le fusil de Klaus en main, un mouvement dans les buissons nous surprend. La large silhouette de Torgeir s'en extirpe.

- J'ai entendu des coups de feu, il est où le mec ?

Je souffle, remarquant avec agacement que personne ici ne considérait mes ordres comme tels. Agacé, je me reprend et lui explique en quelques mots la situation. Il grogne, profère quelques insultes. Un coup de feu le stoppe net dans ses jurons. Je me tourne instinctivement dans la direction du coup, inquiet. Il s'agit forcément de Miranda. J'entrouvre mes lèvres pour donner quelques nouvelles consignes, en vain. Je n'en ai pas le temps. Torgeir disparait entre les arbres, court, son arme en main, dans la direction du tir. Je jure à mon tour.
Sans réfléchir davantage, je m'empare du bras valide de Klaus, ce dernier profère des menaces à mon intention. Je les ignore.

- Fermes-la. Tu ne serres plus à rien, je te raccompagne au camion et tu y restes.

L'ordre est cinglant, je refuse de l'avoir dans mes pattes. Et j'ai bien assez de deux hommes instables pour en avoir un blessé à surveiller. Une fois Klaus dans le camion, son arme rendue, je retourne sur mes pas, mon couteau de chasse en main. Il me faut retrouver Torgeir avant qu'il ne commette le pire, mais surtout, Miranda et Maxwell. Tout en marchant, je m'empare de mon talkie-walkie de ma main libre.

- Miranda, j'ai entendu un coup de feu. Quelle est votre position ?

Pas de réponse.

- Je répète, quelle est votre position ?

_________________

Rien n'imprime si vivement quelque chose à notre souvenance que le désir de l'oublier.

©endlesslove.

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Khaaleb Talarion
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11.09.19 10:28
Into the wild… we fight !

  Ben et Khaal

 


D'abord, il y eu le bruit. Puissant, agressif, meurtrier. Un bruit comme un cri suraigu de quelques créatures chthoniennes, comme une porte qui se claque dans un courant d'air imprévu et qui se répercute en écho entre les troncs verticaux des arbres. Une détonation dans le silence pesant des bois.
Une sensation étrange suivi le bruit, comme si une force invisible lui traversait les chairs et la peau, passant un hameçon dans son épaule gauche, tirant dessus, le faisant reculer comme un ivrogne. C'était une sensation désagréable, insupportable et oppressante, un peu comme quand on se sent contraint dans un songe, quand on ne se sent plus maître de ses gestes.
Le souffle de Khaaleb se coupa en même temps que la balle pénétrait dans son corps pour en ressortir immédiatement par l'arrière.
Il lui fallut un instant pour se rendre compte de ce qui venait de se passer. Pour se rendre compte qu'on venait de lui tirer dessus, et que pourtant, il n'était pas encore mort. Sans doute cette femme qui l'avait pris pour cible avait-elle loupé son coup, car il aurait mieux valut pour elle soit ne rien faire, soit viser la tête ou le cœur. Quelque chose de chaud et de poisseux commença à couler contre son torse et le long de son dos, tintant son tee-shirt d'un rouge sombre et morbide. Pourtant, l'amérindien ne regardait pas sa blessure. Il ne regardait rien d'autre que cette femme qui venait de lui tirer dessus, le regard dur, l'arme toujours braquée sur lui, prête à recommencer.
Cette fois, le grand brun ne lui laissa pas le temps de prendre l'avantage et d'appuyer une nouvelle fois sur la détente. D'un geste incroyablement leste quand on prenait en compte son gabarit, il bondit sur son agresseur, réduisant d'un seul pas la distance qui les séparait, et se saisissant de ses poignets pour dévier l'arme qu'elle tenait à deux mains, il abattit la lame de sa hache de haut en bas, avec une force d'ours, directement dans sa tempe. Un cri rauque d'animal sauvage vibra dans sa gorge. Le métal de l'arme pénétra le cuir chevelu comme un vulgaire steak, écrasant plus que coupant le côté de la boite crânienne.  La mort frappa la femme d'un coup net, comme la foudre qui tombe. Le corps, projeté par la force du coup, tomba au sol à deux mètres de là et s'affala misérablement comme une vieille poupée de chiffon, les yeux révulsés dans la soudaineté de l'action.


Interdit et hagard, figé au milieu du chemin jonché d'aiguilles de pin, Khaaleb regarda quelques instants le corps dont il venait de prendre la vie, horrifié par la violence dont il venait lui même de faire preuve. Quittant le cadavre, ses yeux tombèrent sur le tomahawk qu'il tenait dans son poing serré. Comment se faisait-il qu'il ne tremblait pas ce poing ? Alors que du sang et des cheveux maculaient la lame d'ordinaire brillante de la hache. Une violente envie de vomir le pris, mais il n'eut pas le temps d'y prêter attention.
Le silence était revenu et avec lui une douleur fulgurante qui lui traversa tout le côté gauche du torse. Elle avait tardé à venir, la douleur, attendant le bon moment pour se présenter à son nouvel hôte, mais elle était bien là. Le relâchement lui avait ouvert les portes du système nerveux agressé, il ne lui restait plus qu'à s'y faire une place. Serrant les dents, le trappeur regarda ce trou dans son habit qui laissait voir un autre trou, sanglant, juste en dessous. Doucement, il essaya de bouger les doigts de sa main gauche , puis son coude, voir ce qu'il pouvait encore faire. Mais une nouvelle décharge, cuisante, lui coupa à nouveau le souffle. Ça se présentait mal. La balle était ressortie, et ne semblait pas avoir touché de zones vitales, mais elle avait malgré tout laissé des dégâts dans son passage. Il fallait se tirer de là. Seul, avec sa connaissance des bois, il pouvait prétendre à éliminer pas mal de ses assaillants. Mais ainsi blessé, il valait mieux faire profil bas et disparaître discrètement sans laisser de traces. S'il ne manquait pas de courage, l'ancien garde forestier n'était pas suicidaire. Récupérant l'arme que la femme avait lâché et la glissant à sa ceinture, il s’apprêtait à s'élancer dans les buissons quand il les vit.


Trois morts. Un homme en costume trois pièces déchirés et une femme aux longs cheveux noirs à qui il manquait un bras. Un peu plus loin, un monstre énorme, chauve et obèse, avançait plus lentement que les deux premiers. Ils étaient encore à bonne distance et même s'ils avaient forcément du entendre la détonation, ils ne semblaient pas avoir remarqué sa présence pour le moment. Mais l'espoir de les voir passer leur chemin s'envola dans un grésillement de talkie-walkie. Le moyen de communication, toujours accroché à la ceinture de la femme qui lui avait tiré dessus crépita, brouillé par des interférences. Une voix en sorti néanmoins, une voix qu'il ne reconnu pas même s'il l'avait entendu quelques minutes plus tôt. Le volume, réglé au maximum, couplé avec la neige, attira l'attention des trois virulents qui tournèrent leurs yeux aux veines explosées vers lui. Crachant un juron, Khaaleb, fit volte face, tournant le dos aux rôdeurs avec la ferme intention de leur fausser compagnie le plus vite possible. Mais c'est alors qu'il se retrouva nez à nez avec un quatrième virulent qu'il n'avait pas entendu venir et qui s'était tranquillement approché de lui dans son dos, sans doute guidé par la délicieuse odeur du  sang frais. Essayant d'ignorer la douleur qui l'envahissait toujours un peu plus à chacun de ses mouvements, l'amérindien eu tout juste le temps de poser ses mains sur les épaules osseuses de la créature pour l’empêcher de se jeter toutes dents devant sur sa gorge. Heureusement pour lui, et malgré sa blessure qui l'handicapait, il avait une force bien supérieure à celle du rôdeur qu'li repoussa dans un grognement de gorge. La bête réussit à se maintenir debout, mais n'eut pas le temps de retenter une approche que le chasseur lui assénait déjà un violent coup de hache dans le crâne. L'assaut avait été bref et vite repoussé, mais il avait fait son mal. Les trois autres, attirés par l'action, étaient déjà sur lui. L'homme au costume fut le plus rapide et lui agrippa le bras, approchant déjà des chicots pourris et épars de sa peau si alléchante. Un nouveau coup de tomahawk le stoppa net, écrasant son front dans une contorsion ridicule mais malheureusement, la lame y resta plantée. Sentant le manche lui glisser des doigts en même temps que le corps tombait au sol, Khaaleb se retrouva désarmé, alors que la femme l'attrapait par derrière. Ne lui laissant pas le temps de mordre, le grand brun passa ses bras au dessus de sa tête pour attraper sans ménagement celle de la morte, et se penchant en avant, tira d'un coup sec pour la faire basculer au dessus de lui. Le corps fit un soleil pour venir s'écraser devant lui sur le sol, et alors qu'elle agitait déjà son seul bras décharné vers lui, le géant se redressa et laissa son pied retomber de tout son poids sur son visage tuméfié. Un coup, deux coup, trois. La morte de bougea plus du tout. Un raclement de gorge lui rappela alors la présence du dernier mort. Le souffle court, des mèches de cheveux collés par la sueur sur le front, le bras gauche de plus en plus douloureux et couvert de son propre sang qui y gouttait misérablement, le trappeur se retourna vers la créature qui avançait vers lui, maladroite et grotesque. Bien que ces corps en putréfaction étaient désormais une part importante de leur quotidien, et qu'ils s'habituaient tous plus ou moins à côtoyer les plus horribles des visions, il y avait quelque chose dans celle ci qui révulsa le grand brun. La peau livide de l'homme était tendue comme gonflé par de l'eau, poisseuse et luisante de merde et de pus. Des plaies béantes purulentes de vers et de chaires blanchâtres infâmes zébraient chaque membre,  et d'un trou béant dans son abdomen sortaient des viscères rependant une odeur d'enfer. Réunissant ce qui lui restait de forces, Khaaleb sortit de son carquois une des flèches à pointe de silex qui lui restait, et tout en serrant la branche le plus fermement possible, il se jeta sur le monstre, le saisissant à la gorge, le forçant à reculer dans un cri. Le virulent heurta violemment le tronc d'un arbre couvert de résine, et incapable de s'en dégager, tendit ses bras difformes vers lui. Relevant sa flèche et mettant toute la force dont il était capable dans son geste, l'amérindien planta la pointe dans l’œil mort du rôdeur, plongeant toujours plus vers l'intérieur de son orbite, soufflant comme un buffle, jusqu'à ce qu'enfin la pierre atteigne ce qu'elle était venu chercher, le cerveau. L'énorme corps cessa ses gesticulations ridicules et glissa le long de l'écorce qui arracha de grands lambeaux de chaires pourries à son dos.


Haletant, épuisé, le grand brun regarda dégoutté la créature à ses pieds. Quelques secondes, son cerveau peina à reprendre conscience, son regard se troubla, et des picotements envahirent le bout de ses doigts. Il devait partir, vite et loin. Il devait se tirer de là. Il devait.


Mais à ce moment là, une nouvelle douleur, comme un grand choc, le frappa au dos et l'envoya voler au sol. Le souffle coupé, sentant dans sa bouche un goût métallique, le géant s'écrasa sur les aiguilles de pins. Une odeur d'humus lui envahit les narines. Que venait-il de se passer ? D'un coup de pied, on le retourna sans ménagement et il se retrouva allongé sur le dos, battant des paupières en essayant de comprendre, peinant toujours à respirer.


« Alors mon salaud !! C'est toi qui a foutu tout ce merdier hein !!?? et bah jte jure mon gars, tu vas vite regretter d'avoir voulu jouer au plus fort avec nous !! » Et comme pour associer un geste à ses paroles, l'homme brandit la longue barre de fer qui lui servait d'arme au dessus de la tête et l’abattis sur le corps douloureux de Khaaleb. Réagissant à temps, l'ancien garde forestier se recroquevilla sur lui, projetant son visage et sa tête de ses bras repliés. L'autre ne semblait pas vouloir le tuer tout de suite, et scandait des insultes en rythme avec ses coups avec une sorte de joie malsaine dans la voix. Trop occupé par le fait d'encaisser, il ne comprenait pas un mot sur deux, mais l'un d'eux retint son attention. Protectors.
Il fallut une seconde de plus à Khaaleb pour faire le lien avec ce groupe agressif dont on parlait parfois avec crainte et ressentiment à la Lyssa. Il lui fallut encore une seconde pour réagir.
Alors que la barre de fer fendait une nouvelle fois l'air, prête à percuter une articulation choisi avec plaisir par l'agresseur, l'amérindien dégagea son visage et tendit la main gauche, se saisissant de l'arme que l'autre essaya vainement de dégager. Grimaçant, le trappeur tira un coup sec et violent sur la barre, attirant l'autre vers lui. Lorsqu'il fut assez proche, profitant de l'effet de surprise et rassemblant toutes ses forces, il frappa, poing serré, dans la mâchoire de l'autre. Un craquement sinistre résonna entre les arbres. L'homme, plié en deux, jurant tout ce qu'il connaissait d'insultes, alla se retenir à un tronc en se tenant le bas du visage d'une main.
Le regard toujours trouble, l'amérindien compris qu'il devait profiter de la situation, mais une violente quinte de toux le secoua. Il lui était de plus en plus difficile de bouger. Chacun de ses membres le mettait à la torture, et pourtant, il devait le faire, il devait se relever.

 
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Benedict W. Brown
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18.11.19 12:35
Le canal reste silencieux. Et le coup de feu résonne toujours dans mon crâne, invitant toutes sortes de scénarios macabres, dans lequel je me retrouve acteur par mégarde. Doucement, je commence à regretter ma présence dans cette forêt, aux côtés de ces déséquilibrés. Je recommence, deux, trois fois, à parler dans le talkie-walkie, en vain, je ne parviens pas à joindre Miranda. Je n'y parviendrai jamais. Alors, je me met en route, ma main rangeant le talkie à ma ceinture, l'autre resserrant sa prise sur mon long couteau de chasse. Il me faut les retrouver. D'un pas pressé, je me met en route, poursuivant la piste du coup de feu, tous les sens en alerte. Je n'ai jamais été un bon pisteur ni même un traqueur avisé, il m'est donc difficile de retrouver la piste de quelqu'un, ou de quelque chose. Cependant, en cet instant, je me fie à mon ouïe, aux grognements indistincts qui me parviennent. Un coup de feu pour tuer un homme, ou pour tuer un rôdeur. L'évidence même dirige mon instinct à suivre cette piste, qu'importe ce que j'y trouverai au bout. Les grognements s'intensifient, se mêlant à des bruits de mastication... J'avance, prudemment, contourne les arbres et derrière les feuillages, prend attention à ne pas me faire surprendre par un mort. J'avance, discrètement, le coeur battant la chamade dans ma poitrine bien que mes membres restent figés dans cette position d'alerte constante. Alors que je dépasse un énième grand pin, mon regard tombe sur une vision d'horreur. Une vision dont nous avons l'habitude, en ces temps d'apocalypse, et pourtant à laquelle nous ne nous faisons pas, car nous le savons, tout cela est absurde. Une apocalypse zombie ? C'est impossible. Et parfois, nous prions pour que tout ceci ne soit qu'un cauchemar malsain... Pourtant, tout est là. Les rôdeurs, les rues désertes, les armes, la guerre. La mort.

Figé, mon corps reste planté là quelques secondes, face à ma vision. Et, à quelques mètres de ma position, le corps inerte de Maxwell. Son arc gisant non loin de lui. Et au-dessus de son corps tressaillant encore légèrement, deux morts dévorant la chaire, maculés du sang de l'ancien protecteur. Un regard aux alentours m'apprend que nul autre que moi observe la scène. Alors, je m'avance, ma main serrant fermement mon couteau. Mes pas dans l'herbe interpèlent le premier virulent qui se retourne, grognant, visage recouvert de sang frais. Il m'observe de ses yeux translucides, tend son unique bras dans ma direction avant de se relever en titubant dangereusement. Je recule doucement, le laisse se trainer loin du corps et de son compagnon décharné. Et lorsqu'il se jette sur moi, je le repousse d'un coup de pied dans l'estomac. Il tombe au sol, déboussolé. Me précipitant vers lui, bras relevé vers le ciel, je laisse retomber la lame qui s'enfonce dans son crâne d'un bruit écoeurant. Le second rôdeur relève la tête, remarque ma présence. Et sans prendre le temps d'attendre qu'il parvienne jusqu'à moi, je me précipite dans sa direction, enfonce de la même manière mon couteau de chasse dans son crâne décomposé, aussi mou que du beurre. Il s'effondre.
Mon regard se retourne vers le corps gisant là, tressautant, effrayé de la mort. Maxwell est encore en vie. La gorge arrachée, du sang maculant ses vêtements. Son regard se plante dans le mien, suppliant ma clémence. Je ne ressens rien, en le regardant. Je ne pense rien. Dans ses yeux, je ne vois que le mal qu'il a commis au nom de son Roi, je ne parviens plus qu'à y voir un monstre. A l'instar de celui qui gît, enfin mort, à ses côtés. La gueule béante, le visage tuméfié, la peau décomposée. Ils ne sont pas si différents l'un de l'autre, finalement, pour moi. Et je me tiens debout, au-dessus de ces deux corps. Maxwell tend une main dans ma direction. Mon âme se réveille, je m'avance et m'accroupis au-dessus de lui. Je l'observe quelques instants avant de me pencher, plantant mon regard dans le sien. Glacial.

- Je suis navré.

Il s'étouffe dans son sang, sa gorge gargouille lorsqu'il tente de prononcer le plus petit mot. Rien ne vient. Nos regards restent connectés, le silence des bois nous englobe et je ne fais pas le moindre geste dans sa direction alors qu'il lève sa main. Je suis réellement désolé. Cet homme était simplement influençable, incapable de penser par lui-même. Un chien à la solde d'un monstre, il a tué, pour lui. Il a torturé. Mais cet homme aurait pu être autre chose, il aurait pu devenir quelqu'un de bien s'il n'avait pas été si faste à donner sa confiance aux mauvaises personnes. Mais dès l'instant que sa loyauté était établie, l'archer s'est trouvé cruel.

- Tu n'aurais pas dû lui donner ta confiance, Maxwell Smith. C'était une erreur.

Il agonise, crache du sang. Et soudain, succombe à la mort. Je soupire, abat mon couteau dans la tempe de cet homme que j'ai connu. Un homme qui n'a été pour moi rien de plus qu'un homme à changer. Ou à éliminer, un jour ou l'autre, si le changer ne suffisait pas, car il était une menace, bien trop proche de cet homme qu'il faut destituer. Je me relève, ignore son corps et m'empare de son arc que je glisse dans mon dos, ainsi que ses munitions. Une belle arme, moderne. De nouveaux bruits attirent mon attention, je me retourne vivement, couteau de chasse en main. Mon coeur bat à tout rompre. Rien. Je fais quelques pas, et je la vois. Miranda. Gisant sur le sol, le crâne fendu. Je ne détourne pas le regard, jusqu'au moment où un flot de jurons me parvient très nettement, derrière ces arbres, me faisant me retourner. Et sans attendre un instant de plus, je me rue vers cette voix que je connais trop bien pour ne pas la reconnaître. Je déboule dans une petite clairière, découvre une nouvelle scène. L'homme de la forêt au sol, visiblement blessé, Torgeir se détache d'un arbre, s'approche de sa proie, se tenant la mâchoire. Et je la vois, sa main, glisser dans son dos pour s'emparer de son arme qu'il tend droit devant lui tout en avançant, visant le géant à terre. Mon sang ne fait qu'un tour. Vif, je range mon couteau, dégaine mon fusil.

- Torgeir ! Stop !

Je tiens l'ancien taulard en joue. Il se retourne, abaisse son arme, plante son regard dans le miens, menaçant. Dans ses yeux, je peux y lire la rage, et sur sa mâchoire, le coup que lui a porté l'homme à terre. La surprise se mêle à sa colère lorsqu'il s'approche de moi.

- Brown, qu'est-ce que tu fous ?! Laisse-moi achevez cette vermine !

Sourcils froncés, je garde Torgeir en joue alors qu'il s'avance dans ma direction.

- Arrêtes-toi ici.

Le taulard se stoppe net, comprend que je ne plaisante pas.

- Putain, tu fais quoi !

- Je t'empêche de faire une connerie.

Les secondes s'écoulent, je ne le quitte pas du regard. Lui, serre les poings.

- Tu n'vas pas tirer, c'est pas dans ton...

- Tu crois ? Je parierai pas à ta place. Vous avez déjà attiré les rôdeurs avec vos conneries, alors peu m'importe de les rameuter avec un coup de feu. Et tu ne m'es pas indispensable. J'avoue que je ne t'aime pas. Tu es dangereux, tu nous mets tous toujours en danger avec tes pulsions meurtrières. Tu resteras quelqu'un de mauvais aujourd'hui comme dans ton passé, Torgeir.

Il grogne, sa colère grandit dans son regard, je m'en rend compte. Miranda est morte, Maxwell aussi. De ces quatre-là, je n'aurais souhaité que la disparition de Torgeir. Cet homme mérite de disparaître, cet homme ne mérite pas la vie alors que d'autres la perdent. Lui, il prend des vies. Et je ne peux pas le laisser repartir d'ici, pas après mes mots. Pas après cet incident. Je refuse qu'il tue cet homme, derrière lui, je refuse qu'il nous mette en danger. Qui sait, peut-être fait-il parti d'un groupe plus imposant, armé, qui s'en prendrait à l'aéroport. Que représente donc la vie d'un taulard cruel contre celles de ceux qui comptent pour moi ? Rien.
Torgeir avance.

- Sale rat, je savais que t'étais pas net. Je vais te le faire regretter, crois...

PAN. Le coup part. La balle se plante dans l'épaule de Torgeir, il pousse un râle avant de s'écrouler sur un genou. Il se tient l'épaule, prend quelques secondes. Et se relève avant de se jeter dans ma direction, poings serrés, visage tordu par la douleur dans son épaule. Il tente un coup que j'évite, seulement, il parvient à me faire lâcher mon arme. Merde. Je le vois dans son regard, le mastodonte est prêt à me rompre le cou. Pourtant, reprenant tous mes réflexes de boxeur, je me met face à lui. Prêt à riposter.

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Khaaleb Talarion
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27.12.19 6:09
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   Ben & Khaal

   


(Une petite mise à jour de mon front s'imposait...)

L'odeur de l'humus, fort et prégnant, se mêlait au goût d'acier du sang dans sa bouche. Une toux grasse s'arracha de la gorge, rependant une décharge électrique dans son corps meurtri, lui coupant le souffle comme un coup de poing dans le ventre. Un liquide visqueux glissa de ses lèvres, sang et bile, collant à son visage des déchets naturels de la forêt. Allongé sur le sol, face contre terre, Khaaleb se sentait trembler de tous ses membres, paniqué de voir ses forces le quitter rapidement. Une chaleur douloureuse irradiait de la blessure par balle qui continuait à déverser de lui cette eau rouge et pâteuse sans laquelle il finirait bientôt par sombrer. Il devait fuir, il devait sauver sa peau ! Mais en avait-il encore seulement la force ? Ce dernier coup qu'il avait porté à son agresseur lui avait réclamé tout ce qui lui restait, il se sentait désormais vide de toute énergie, comme si les plaies sur sa peau déversaient autre chose que du sang sur les fondations des sous-bois. Il avait espéré que le coup assommerait l'homme, il n'en était rien malheureusement. Il pouvait entendre ce dernier jurer, il voyait presque sa silhouette tordue dans l'angle de son champ de vision. Il allait bientôt finir ce qu'il avait commencé, il allait le tuer.
Le souffle court et rauque, le cœur battant à en crever, l'amérindien le vit se saisir de quelque chose dans son dos et malgré le voile qui tombait sur ses yeux, il aperçu cette arme qu'il pointait sur son corps déjà à moitié mort.

Était-ce comme ça que ça se terminait ? Achevé comme un animal qu'une voiture aurait percuté et projeté sur le bord de la route ? Pathétique et impuissant ? Non... NON !! Il refusait de l'accepter, il refusait de cesser le combat, même s'il le savait perdu d'avance. Serrant les dents dont sortait une mousse rougeâtre, les yeux exorbités par la douleur, la colère et la frustration, Khaaleb tendit la main loin devant lui. Attrapant une épaisse racine qui ressortait de terre, il se tira en avant, traînant ce corps lourd qui ne répondait plus. Il devait continuer d'avancer, il devait essayer !! Il refusait de mourir comme ça ! Pas ainsi, pas de la main d'un aussi piètre être humain. Il préférait encore se faire bouffer par des marcheurs. Misérable, il rampait entre les feuilles mortes et les branches, agrippant à tout ce qu'il pouvait, les mâchoires crispées si fort qu'elles finiraient vite par se briser. Et derrière lui, il y avait toujours ses pas, lents et savourés, de l'autre qui se rapprochait. Comme c'était étrange de sentir sa mort juste derrière soi, si proche. Comme c'était détestable cette jubilation de l'autre de le sentir à sa merci.
Saisissant le tronc maigre d'un arbrisseau, il sentit l'écorce lâcher dans la poigne, glisser contre sa peau, y enfonçant de minuscules échardes. S'il en avait encore eu la force, il aurait sûrement juré, mais même ça il n'y arrivait plus. Des picotements commençaient à engourdir tout son corps, et un froid vicieux s'y installait. C'était la fin du périple.
Khaaleb aurait voulu garder les yeux ouverts, faire face à celui qui avait été son bourreau, mais tout ce qu'il voyait c'était le bas des arbres poussant droit sur le sol couvert de mousse et de feuilles. Ses paupières, trop lourdes, humides de larmes de rage, se fermèrent d'elles-mêmes, dévoilant derrière leurs volets clos des visages qui lui apparaissaient dans des halos fantomatiques. Quitte à mourir, autant le faire en pensant à ceux qu'on avait aimé vivant.


L'ancien garde forestier n'entendit pas le nom prononcé qui résonna en écho entre les troncs. Il ne vit pas non plus le corps de son agresseur se figer et se retourner vers le nouvel arrivant qui le tenait en joue. Il ne pu se demander pourquoi est-ce que cet inconnu, qui semblait de toute évidence appartenir au même groupe que le fou à la barre de fer, prenait sa défense à lui plutôt que celle de ses camarades. Son immense corps avait cessé de trembler. Il avait perdu connaissance, se laissant aller dans les brumes de la fin, étrangement rassuré. Il n'y avait plus de douleurs ni de larmes là où il allait. Il n'y avait que le vide et le silence. Il allait enfin retrouver les siens, ceux qui l'attendait depuis si longtemps, ceux qui était parti trop tôt.


Ce fut le coup de feu, puissant et destructeur, qui le réveilla comme un boulet de canon. Toujours immobile, figé dans une posture ridicule et tordue, il lui fallut quelques secondes pour comprendre qu'il n'était toujours pas mort. Chaque respiration lui était un calvaire, plantant des épines acérées dans ses côtés et dans ses poumons, mais au moins il respirait encore. Il avait accepté la mort, mais cette dernière ne voulait pas encore de lui. La douleur était toujours là, présente dans chaque partie de son corps, tout comme ce cœur qui battait toujours plus fort et toujours plus vite, mais cette fois, Khaaleb réussi à les écarter de sa conscience. Il écouta, percevant les paroles de deux hommes, leurs grognements plutôt, comme à travers l'eau d'une baignoire. Il comprit malgré tout l'essentiel de la conversation. Le négociateur les avait rejoint, et il menaçait à son tour le bourreau qui ne semblait pas l'entendre de cette oreille. Essayant d'ouvrir les paupières, le trappeur se rendit compte qu'une des deux ne répondait pas aux ordres de son cerveaux et restait close, sans doute trop gonflée. Qu'importe, un œil était bien suffisant pour voir les silhouettes des deux hommes se faisant face, prêt à se jeter l'un sur l'autre, ce qui ne tarderait pas à arriver. Le bourreau se projeta d'ailleurs d'un coup sur son nouvel ennemi, et ne mis pas longtemps à le désarmer. La carrure filiforme du négociateur ne jouait pas en sa faveur face à la brute épaisse qui s'approchait de plus en plus de lui, mais il ne se laisserait pas faire, il pouvait le voir dans son regard. A un contre un, et sans arme, il n'avait pas beaucoup de chance, mais à deux. Ce mec venait de lui sauver la vie pour la deuxième fois en moins d'une heure, il était temps de lui rendre la pareille.


Lentement, le visage couvert de ses cheveux souillés, Khaaleb rassembla ses longs membres sous lui, cherchant dans tout son être ce qui lui restait de force et de détermination. Des sensations de déchirures faisaient trembler chacun de ses gestes, mais il refusait d'y céder. Soufflant comme un bœuf, hurlant sans qu'aucun son ne sorte de sa gorge, il poussa sur ses bras, contractant chacun de ses muscles qui criaient au supplice. Il finit par se mettre debout, immense, terrifiant, couvert de sueur, de terre et de sang, un œil aveugle, l'autre posé sur les deux corps qui s'affrontaient devant lui. Avec une rapidité que ni ses blessures ni sa taille ne semblaient rendre possible, il fondit sur eux, et ouvrant grand ses bras de colosse, il en entoura le torse et la nuque du bourreau. Surpris, ce dernier essaya de se débattre, ne comprenant pas tout de suite ce qui se passait, mais la prise du géant était trop forte, et il serrait, serrait de toutes les forces qu'un homme résolu, un homme qui n'avait plus rien à perdre, pouvait avoir. L'amérindien serrait, serrait encore, torse et gorge, plaquant son corps contre celui de l'autre, soufflant et hurlant un cris animal en même temps que l'autre sortait des gargarismes inarticulés, le soulevant de terre comme une marionnette désobéissante. Sourd aux coups qu'il essayait de lui donner, sourd aux pieds qui le frappaient, battant dans le vide, Khaaleb serrait, encore et encore, transporté par une rage sourdre, profonde et primitive. Il serrait, étouffant l'autre, faisant craquer le cartilage de sa gorge. Dans un dernier cris, alors qu'il le sentait sombrer,  il le fit reposer pieds à terre, et desserrant la prise de son bras sur son torse, il saisit fermement sa mâchoire et le haut de son crâne, et tourna, tourna, tourna. L'autre n'eut pas le temps de penser, pas le temps de crier. Un craquement sinistre résonna, et la lumière de vie de ses yeux s'éteignit. Le géant lâcha, et le bourreau tomba au sol, désarticulé comme une poupée de chiffon. Sans prendre le temps de regarder sa victime, le sang encore bouillant d'adrénaline, l'amérindien chercha la barre de fer avec laquelle le dénommé Torgeir l'avait roué de coups. Lorsqu'il la trouva, il s'en saisit, et retournant vers le corps sans vie, il la leva au dessus de lui et l'abaissa avec toute la violence qui lui restait, visant ce crâne où le virus ne tarderait pas à s'activer. Il frappa, frappa encore, il frappa comme un dément, il frappa jusqu'à ce que le sang de l'autre se mêle au sien, et qu'une matière répugnante sorte de sa boite crânienne. Os, sang, cervelle. Là, il planta la barre, restant crispé dans ce dernier geste de longues secondes. Figé dans sa propre horreur.


S'arrachant enfin à la contemplation morbide de ce qu'il avait fait, Khaaleb lâcha sa prise et fit quelques pas en arrière, hagard, reprenant la conscience de son corps et de la douleur qui l'habitait. Il devait pourtant encore tenir. Ce n'était pas fini. A bout de force et de souffle, il redressa la tête vers l'homme qui lui faisait face. Qu'allait-il faire à présent ? Qu'allaient-ils faire ? Ils s'étaient entraidés sans se connaître, et pourquoi ? Les raisons semblaient encore floues au grand brun. De plus en plus las et faible, il s'appuya contre un tronc tout proche, se tenant les côtes d'une main tremblante.


« Où sont les autres ? » demanda-t-il d'une voix rauque qui le surpris lui-même. En plus du cadavre à ses pieds, il avait aussi tué une femme de ce groupe et assommé un garçon. Mais il ignorait ce qu'était devenu l'autre homme, le premier qui l'avait attaqué et qu'il avait blessé avant de s'enfuir. Il ignorait aussi s'ils étaient plus nombreux encore. L'idée de se retrouver en face de nouveau ennemis précisément à ce moment là ne l'enchantait guère. Il savait qu'il n'aurait plus la force d'affronter un nouveau combat.

Un craquement dans les bois le fit sursauter. Il pris alors conscience du bruit dont il avaient été à l'origine. Ne pas encore voir de rôdeurs à l'horizon relevait du miracle, il ne fallait pas tenter la chance plus loin.


« Je f'rai mieux de partir... j'veux pas refaire une mauvaise rencontre... ça... ça va aller... j'habite pas loin...» Articula-t-il non sans difficulté. Il se sentait de plus en plus mal. De la sueur perlait à son front et son teint palissait à vue d’œil. Il avait trop forcé et perdu trop de sang. Il ne pourrait pas rentrer jusque chez lui dans cet état. Il le savait. A moins qu'une aide lui soit apportée ?

 
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Benedict W. Brown
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29.04.20 15:54
Le taureau fonce, tête baissée, cornes à vif, face à sa proie. La rage s'est emparée de lui, la raison s'est volatilisée, ne laissant la place qu'à une colère explosive. Sa proie n'a aucune chance, sa proie ne peut pas s'en sortir. Il fonce, le taureau, il fonce de toute sa masse, s'élance et piétine lourdement le sol. Il piétine et n'a d'yeux que pour celui qui lui fait face, cette proie qui n'a qu'une seule option. Mourir. Mourir sous ses sabots, mourir sous ses coups. C'est un traître, maintenant il en est sûr. Le taureau fonce et se rend enfin compte de la vérité : l'inoffensif cerf n'était qu'un loup parmi les moutons. Lui qui l'a pris pour un simple anglais incapable de plus que de se soumettre aux plus forts, une brebis, il n'en est rien. Et il s'en rend compte. Le cerf est un loup, l'homme est un traître. Il cachait bien son jeu... Et le taureau ne peut pas laisser passer ça, il doit réagir. Et foncer tête baissée sur le traître. Pour l'exterminer, une bonne fois pour toute, pour l'éliminer et recevoir les louanges de son Roi. Lui, c'est quelqu'un. Lui, il est digne de régner. Et lui, le taureau, il est plus que les autres, il mérite d'être à sa place, il mérite de devenir l'un de ses fous, l'un de ses sbires. Là est son but... Monter les échelons, parce qu'il le mérite. Il est fort, féroce, le taureau sait ce qu'il veut. Et en cet instant, il veut écraser l'insecte sous sa botte. Le regard teinté de sang, il se jette sur lui.

Torgeir se jette sur moi. En position, poings serrés, je l'attend. Et lorsqu'il fonce droit sur moi, je l'évite souplement. Il termine sa course à quelques centimètres d'un arbre et se retourne, pour me faire face, la rage au ventre. Je le vois, sur son visage. La mort sera l'issue de ce combat et je refuse que ce soit la mienne. Viens, Torgeir, viens m'affronter. On verra qui de la brute ou du cerveau s'en sortira vivant. Il ne se fait pas prier et le combat enfin commence. De son poing de géant, il assène un coup dans le vent, destiné à mon crâne. Envoyant mon poing sur son épaule blessée, il pousse un grognement, tente une fois de plus de m'atteindre. En vain, je bouge bien trop vite pour lui. Peut-être possède-t-il les muscles, mais je suis bien plus rapide. C'est un avantage indéniable. Le combat s'éternise, les coups pleuvent, s'enchainent, il est plus coriace, je ne tiendrai pas éternellement et s'il m'atteint... je suis perdu. Un homme mort. Un seul de ses coups m'assommera à coup sûr, et alors, il ne tardera pas à m'achever. Alors j'esquive, pare, tente quelques manoeuvres, l'atteint parfois. J'avais l'habitude d'adversaires bien moins imposants, lors de ces combats illégaux dans les sous-sols de Chicago... Et soudain, je ne le vois pas venir. Son poing s'écrase, puissant, contre ma poitrine, me coupant net la respiration. Comme buvant la tasse, mes poumons tentent de reprendre de l'air, ma gorge siffle, la douleur fuse. Un deuxième coup, dans la mâchoire, me fait reculer, la douleur fait vibrer tout mon corps. Il n'attend pas, se rue vers moi, un nouvel assaut dans le ventre me plie en deux. C'est fini... Je vais mourir ici...
Et devant mes yeux, des visages s'imposent à moi. Celui de ma mère, au sourire éclatant. Ce sourire que Lucy seule sait imiter. Ma Lucy... Que fera-t-elle sans moi ? Que feront-elles, mes deux soeurs ? Et papa... Je vais mourir ici, le crâne écrasé sous la botte de cet homme, loin des miens. Un nouveau choc me prend dans l'estomac, je m'effondre au sol, le souffle coupé. Mon esprit se voile et je ne vois que les visages de ceux que j'aime. Et au milieu des yeux aimés de mon sang, je croise son regard... Et toutes mes pensées se figent, redessinent les contours de son visage, peignent son sourire... Esther. Je la vois comme pour la première fois et un tout nouveau mal s'empare de moi. J'ai été aveugle...

Son pied me cueille dans les côtes, m'envoie valser plus loin. Je refuse de mourir. L'adrénaline s'empare de moi, je me relève, me tenant les côtes, la douleur irradiant mon corps. C'est à ce moment-là que je le vois, debout, immense, terrifiant, couvert d'un mélange de terre, de sang et de sueur. Rapide, malgré ses blessures, il court dans notre direction alors que Torgeir s'apprête à me donner le coup de grâce. Il court, ce géant terrifiant, ouvre grand ses bras, en entoure le torse et la nuque du féroce protector qui se débat alors comme un boeuf, l'incompréhension se figeant sur son visage. La prise de l'homme des bois est trop forte et soudain, je la vois sur son visage. Cette détermination. Et ses bras qui serrent, encore et encore, torse et gorge, mêlant ses propres cris aux grognements qui seuls semblent pouvoir s'échapper de la gorge entravée de Torgeir. Il le soulève, le protector donne des coups, rien n'y fait. Le géant ne le lâche pas, serre encore et encore. Sur son visage, je peux y lire une rage sans commune mesure, je ne fais pas le moindre geste. Cette mort est la sienne. Lui, a été attaqué. Lui, s'est fait prendre en chasse. Tenant mes côtes d'une main, grimaçant et reprenant mon souffle, j'observe la scène en simple spectateur et croise le regard de Torgeir, cet homme qui auparavant me pensait l'un des siens. Et je souris lorsqu'il articule des insultes à mon intention, seul un gargarisme incompréhensible s'échappe de ses lèvres bleues.

Le géant serre encore et encore. L'autre étouffe entre ses bras, le cartilage craque. Et l'homme est emporté dans l'inconscience, son dernier cri résonne entre les arbres. L'homme emporté par la rage dépose le protector à ses pieds, il gît à présent dans la terre. Et doucement, il se saisit de son crâne, tourne et tourne. Le dernier craquement sinistre met fin au combat. Torgeir tombe au sol, sans vie, et sans perdre la moindre seconde, l'homme des bois s'empare de la barre de fer de l'ancien taulard, revient vers le corps sans vie pour frapper d'une violence inouïe sur le crâne de sa victime. Une fois. Deux fois, trois fois. Il frappe de toute sa rage et je l'observe toujours, après avoir ramassé mon arme à présent rangée dans mon dos. Et j'attend. Les sangs se mêlent, les coups pleuvent, le crâne explose. Et doucement, la colère s'apaise. Je me tiens loin, en silence. Et j'attend toujours face à l'horreur de la scène. Les os se mêlent à la cervelle, le sang tâche la terre. Et enfin, tout se termine. L'homme plante la barre dans le sol. Le silence de la forêt reprend ses droits, aucun grognement ne perturbe la pureté de la nature, seul le sang l'entache alors avec cruauté. Le temps semble s'enraciner, les secondes deviennent des minutes. Et lorsqu'enfin l'homme quitte la contemplation de cet acte morbide, il lâche prise, redresse la tête et se tourne dans ma direction. Je ne prononce pas le moindre mot, attend qu'il fasse le premier pas. Compte-t-il me réserver le même sort, moi qui était avec cet homme ? Non. Je lui ai sauvé la vie, il a sauvé la mienne. Mon souffle reprend un rythme normal et à présent que l'adrénaline est retombée, je ressens chaque contrecoup des poings féroces de Torgeir. Il a atteint mes vieilles blessures, les ravivant. En a ouverte de nouvelles. Je la sens bouger, cette côte dans mon corps. Peut-être deux ? Ma mâchoire brûle. Et je le vois, lui, qui s'appuie contre un tronc proche, se tient les côtes d'une main tremblante. Il est dans un sale état. Et enfin, il prend la parole, pour laisser échapper une question d'une voix rauque trahissant le martyre de son corps.

- Nous n'étions que cinq.

Il n'attaquera pas, malgré les doutes qui semblent nous préoccuper tous les deux, un accord a été passé. Nous nous sommes mutuellement sauvés la vie, ce n'est pas pour nous entretuer maintenant.

- Le mec juste là, la femme, j'imagine que son crâne c'est un cadeau de ta part. Et deux autres mecs. Le premier abruti que t'as blessé, je l'ai enfermé dans notre camion, beaucoup plus loin d'ici. Et le deuxième... disons qu'il ne nous posera plus de problèmes. Il est mort.

Un grognement lointain gronde, je me retourne. Le bruit a attiré du monde... et soudain, le géant met des mots sur mes pensées. Il ne faut pas trainer ici. L'homme se relève non sans difficulté, la sueur visible sur son front, le teint si pâle. Il a perdu trop de sang. Et merde... Mains en l'air pour lui faire comprendre une dernière fois que je ne compte pas le blesser plus qu'il ne l'est déjà, après tout, je me suis mouillé pour lui sauver la vie, lui, un inconnu qui pour moi ne devrait rien être d'autre qu'un ennemi, et je m'approche. De près, je constate ses blessures. Il est dans un état pitoyable... peut-être même pire.

- Ca va pas aller, tu as vu ta tronche ? Si tu fais la moindre rencontre, tu y passe. Je ne me suis pas dressé contre ceux de mon groupe pour sauver un inconnu, pour le laisser mourir seul en rentrant chez lui. Je vais t'aider, c'est la moindre des choses, après ça.

Les grognements se rapprochent, nous devons nous dépêcher. J'aide l'homme à récupérer ses quelques affaires, un rôdeur se rapproche. D'un coup de couteau, il s'effondre. Seulement, il n'est pas seul, ses amis se rapprochent au loin. Alors, soutenant l'homme de la forêt, son bras passé sur mes épaules, nous prenons la direction de son campement ou quoique cela puisse être. Je ne peux pas le ramener ailleurs, bien que je ne sache pas encore s'il vit seul ou non... Peut-être me mène-t-il à un piège. Seulement, j'aime à penser que c'est un honnête homme. Alors, nous avançons entre les arbres et lorsqu'un mort se rapproche trop près de nous, je dépose le géant contre un arbre pour m'occuper de la menace, l'éliminer. Avant de reprendre l'homme et le soutenir, grimaçant à la douleur de mon corps. Je peux tenir, je ne perd pas de sang. Lui, en revanche... J'ai peur qu'il ne s'effondre avant que nous parvenions chez lui. Je grince des dents sous son poids et mes propres blessures, il commence à se laisser aller. Tiens bon, je ne pourrais pas te porter.

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08.05.20 12:10
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Maintenant que l'adrénaline quittait ses veines, Khaaleb sentait la douleur revenir, cuisante, dans chacun de ses muscles. Là où la barre de fer avait frappé, telle une main cruelle et sans retenue, il sentait des vibrations, comme des décharges électriques, vibrer à travers tout son corps. Peut être avait-il une côte cassée, peut être deux. Le pire était sans nul doute la plaie qu'avait causé la percée de la balle dans son épaule et d'où sortait un liquide chaud et poisseux qui coulait le long de son buste en souillant ses vêtements déjà couverts de terre et de sueur. Se savoir encore debout lui faisait penser qu'aucun organe vital n'avait été touché lors de l'affrontement, mais rien ne pouvait le confirmer. Se sentant glisser doucement le long du tronc de l'arbre, l'amérindien savait que ses dernières forces, celles qu'il avait utilisé pour achever son adversaire, le quitteraient bientôt. Déjà, sa tête lui tournait, et il battait des paupières pour en chasser la brume qui venait d'y tomber doucement. Incapable de reprendre sa respiration, conscient qu'il risquait à tout moment de perdre connaissance, il n'en gardait pas moins son regard braqué sur l'homme qui se trouvait toujours en face de lui. Le dernier. Le premier.

Il aurait pu l'achever d'un coup cet homme, d'un claquement de doigt, en utilisant ce fusil qu'il venait d'arracher au sol de la forêt. Il aurait pu en finir, supprimer cette menace qui avait tué et blessé trois personnes de son groupe. Peut être aurait-il du le faire, profiter de cette fragilité dans laquelle il se trouvait présentement. Une pression du doigt, un nouveau coup de feu résonnant entre les arbres, puis le silence et la mort. Khaaleb n'aurait même pas pu bouger, il lui aurait tendu les bras à la mort, incapable qu'il était du moindre geste de défense.
Pourtant, ne se passa rien. Il n'y eu pas de coup de feu entre les arbres, il n'y eu rien d'autre que ce regard échangé. Entre deux respirations sifflantes, le géant commençait à comprendre que cet homme qui lui faisait face, avec ses grandes jambes maigres, était d'une toute autre carrure que celui qui gisait non loin de là le crâne défoncé. Ils étaient peut être du même groupe, mais ils étaient aussi différents que le jour et la nuit. Après tout, n'était-ce pas cet homme qui avait engagé la discussion en premier ? Cet homme qui avait détourné le canon que l'autre, le militaire, avait braqué sur lui. Il n'avait aucune intention de le tuer. Mais, se demanda alors le grand brun, jusqu'où irait sa clémence ?

Les doigts contractés contre l'écorce de son support de fortune, essayant par tous les moyens possibles de ne pas sombrer, l'ancien garde forestier écouta l'autre lui faire le détail de leur petite bande. Ainsi, il n'y avait plus de menace ? Bien... c'était déjà ça. Mais malgré le soulagement que cette réalité lui apporta, il n'en éprouva aucune joie, le regard de la femme qu'il avait tué, peur et crainte mêlée, hantait encore de trop son esprit. Khaaleb avait toujours mis un point d'honneur à ne jamais tuer pour autre chose que se défendre, pour sauver sa peau et même si dans le cas présent ce principe s'appliquait, il sentait que quelque chose cette fois était différent. Que cette fois il y aurait de plus lourdes conséquences à payer que des cauchemars le réveillant la nuit tombée.

Ce fut alors qu'un bruissement de feuilles mortes, accompagné de ce gargarisme si caractéristique, attira leur attention. Il paraissait évident que leurs petits différents avaient attiré un public de morts qui seraient bientôt sur eux. Le grand brun ne put dès alors retenir son cœur, déjà palpitant, de battre encore plus fort. Il savait qu'il n'avait plus la force pour ce type de rencontre, qu'il n'avait plus la force pour rien en fait. Les dents serrées, il voulu saisir le manche de son poignard, mais ce dernier avait du tomber de son étui un peu plus tôt dans la bataille. Peut être que l'autre l'aiderait à surmonter un ou deux rôdeurs, mais les sens affûtés de l'homme des bois présentaient qu'ils seraient bien plus nombreux que ça à les rejoindre prochainement.
Tournant son visage vers cette grande perche, il s'étonna de le voir approcher, paumes ouvertes et tendues vers lui. L'espace d'un instant, Khaaleb le regarda interdit, ne comprenant pas sa volonté. Après l'angoisse qui avait surgit de leurs routes croisées, il ne s'attendait définitivement pas à tant d'aide de sa part. Il aurait bien voulu refuser, lui dire de se tirer de là et de sauver sa peau, mais lui dire une telle chose s'était aussi se condamner lui, et il n'avait pas survécu jusque là pour mourir d'une façon si sotte. D'un rapide mouvement de la tête, il acquiesça. Se remettre en mouvement, passer son bras autour des épaules de l'autre et le laisser le soutenir, était aussi bienvenu qu'extrêmement douloureux. N'ayant d'autre choix pour supporter la masse que représentait le trappeur, la grande tige avait posé sa main sur son flanc, offrant à ses côtes une occasion de se rappeler à lui. La douleur lui coupa un instant la respiration, mais il n'était plus question de traîner. Après avoir récupérer ses affaires, ils se mirent en chemin. La progression était lente et difficile, autant à cause du terrain accidenté des sous-bois que de l'état dans lequel ils étaient tout les deux. Heureusement pour Khaaleb, son nouvel allier tenait encore la barre, et éliminait tous les rôdeurs qui d'aventure arrivaient à les rattraper. Parfois, il les achevait d'un simple coup de couteau lorsqu'ils étaient trop proches, parfois, lorsque leur nombre grandissait de trop, il était obligé de le déposer contre un nouvel arbre. Repartir était à chaque fois plus compliqué. Les jambes immenses du géant se transformaient progressivement en gelé, en même temps que sa tête dodelinait de plus en plus fort, son menton cognant contre son torse. Pourtant ils avançaient, encore et toujours. Ils avançaient parce qu'ils n'avaient pas d'autres choix, pas d'autre voie à suivre. De temps en temps, redressant la tête au prix d'un terrible effort, le trappeur indiquait à sa béquille vivante la direction à prendre, tendant un doigt d'où perlait des grosses gouttes de sang.

Mais petit à petit, les morts se firent moins nombreux, et le décors plus familier. Ils approchaient enfin de son domaine. Comme s'il avait soudain sentit l'odeur de son foyer l'appeler, Khaaleb parvint à retrouver un peu de contenance, repoussant de sa volonté l'inconscience qui le guettait. Arriver jusque là était une chose, mais il s'agissait à présent de ne pas se laisser avoir par ses propres défenses.

« On arrive... 'tention où tu mets les pieds... des pièges... » marmonna-t-il en indiquant à son compagnon les dangers à éviter. « Par ici... » Avançant encore plus doucement entre les bosquets serrés et les haies qui entouraient son terrain, les deux hommes finirent par dépasser les barrières et à arriver en lieu sur. Bientôt, une lumière plus vive vint se poser sur eux, signe qu'ils sortaient de la forêt pour parvenir enfin à la petite clairière au milieu de laquelle se trouvait son chalet. Jamais encore l'ancien garde forestier n'avait trouvé sa maison aussi accueillante et bienvenue. Bien qu'il n'était pas encore tiré d'affaire, se savoir chez lui, loin de la menace des morts, était un réconfort qui lui donna la force de grimper les quatre marches du perron. L'espace d'une seconde, alors qu'il se saisissait de la poignée de la porte d'entrée, il se demanda si c'était une bonne idée d'avoir conduit un inconnu dans son repère, mais après tout, cet inconnu venait de lui sauver la vie à plusieurs reprises. S'il n'était pas digne de confiance, alors plus personne ne l'était sur cette terre maudite. Du bout des doigts, qui y laissèrent d'ailleurs une empreinte rouge foncé, il repoussa la porte, dévoilant l'intérieur de la maison à l'homme qui le soutenait toujours.

Comme l'extérieur pouvait le laisser supposer, tout ici, sol, murs, plafond, était en bois. La pièce, bien que sombre à cet heure de la journée, n'en demeurait pas moins chaleureuse. On y voyait un grand canapé en tissu ainsi que des fauteuils couverts d'épais plaids en laine entourant une table basse devant une cheminée où rougeoyaient encore les braises du feu du matin. Il y avait aussi plusieurs bibliothèques, des meubles en bois brut, couvert d'outils et de bibelots évoquant la culture de l'amérindien. Une grande table, en bois elle aussi, séparait l'espace salon d'une petite cuisine simple mais fonctionnelle. Si les lieux avaient sans aucun doute beaucoup de charme, et auraient pu sans mal émerveiller un visiteur opportun, Khaaleb lui ne perdit pas de temps en visite ni en parlotte. Pointant le canapé, il laissa l'autre l'y conduire et l'y déposer. Ce dernier mouvement avait déclenché une nouvelle vague de souffrance auquel il répondit par une grimace crispée et les yeux clos.
Au bout de quelques instants, il rouvrit les paupières, la poitrine soulevée par de profondes inspirations qui mettaient chaque partie de son corps à la torture. Croisant le regard de l'autre, il prononça un « merci » qui ne sembla produire aucun son en sortant de sa gorge, comme s'il était soudain devenu muet. Sa tête lui tournait toujours, et les odeurs familières et rassurantes du salon lui donnaient envie de se laisser aller au sommeil, mais le contact humide sur ses vêtements l'en empêcha. S'endormir maintenant était sans nul doute aussi dangereux que de rester dans les bois avec tous ces rôdeurs autour de lui. Il fallait arrêter l’hémorragie.
La grande perche l'avait déjà tellement aidé, mais il allait encore avoir besoin de lui. Il se racla la gorge, sourd au goût de l'acier sur sa langue.

«  Il y...Il y a des bandages dans la salle de bain... c'est la porte du fond à côté de l'escalier... ils sont... ils sont sous l'évier... Y a aussi du fil et des aiguilles dans une petite boite en fer dans le meuble... là...» sa voix grave était faible, mais pourtant on y sentait encore gronder quelque chose, comme une détermination qu'il allait chercher dans les tréfonds de son être. La silhouette de l'homme disparue de son champ de vision, et s'armant de courage, Khaaleb se redressa péniblement sur les coussins du canapé. D'un coup d’œil, il regarda le trou dans sa chemise teintée de rouge et de brun. Il fallait dégager ça. Du bout des doigts, il parvint à se saisit d'un couteau de cuisine à la lame brillante qu'il avait laissé sur la table basse. Les dents serrées, soufflant sous l'effort, il déchira par à coup le tissu de sa chemise et ensuite de son t-shirt, lui révélant enfin la plaie causée par l'impact de la balle.  Un filet pâteux en sortait toujours, et continuait de couler le long de son torse et de son bras gauche, reposant inutilement sur sa cuisse. D'un regard, il avisa une bouteille sans étiquette qui traînait non loin, et après l'avoir récupéré, il retira le bouchon de liège avec les dents. Une odeur forte et entêtante, proche de l'anti-gel en plus fruité, vint picoter ses narines. Pas le temps de faire bouillir des plantes, il allait devoir employer la méthodes expresse. Quand on savait le temps qu'il prenait pour produire cet alcool, il en avait le cœur serré de l'utiliser à ses fins, mais les autres possibilités manquaient cruellement. Après avoir avalé une bonne rasade qui lui brûla la gorge en même temps qu'elle y glissait, l'amérindien pencha le goulot de la bouteille sur la plaie. Une douleur foudroyante, comme si on lui arrachait un large morceau de chaire, lui traversa toute la poitrine. Une flopée de jurons, en anglais comme dans sa langue maternelle, sortit de sa bouche. Il serra les dents et le poings. Progressivement, la sensation de déchirement s'estompa sans totalement le quitter.

Ce fut à ce moment là que l'autre revint de la salle de bain, portant avec lui ce que Khaaleb l'avait envoyé chercher.
« J'vais avoir besoin de toi pour le dos... » dit-il après avoir reposé la bouteille au liquide ambré sur la table basse. Voyant les serviettes qu'il avait également rapporté, le trappeur en attrapa une et la roulant en boule, il l'appuya avec force contre le trou dans sa peau. La douleur était vive, mais pas autant que la morsure de l'alcool. De sa main valide, il essaya d'ouvrir une petite boite dans laquelle se trouvaient des aiguilles et du fil. Se recoudre à vif était loin d'être une partie de plaisir, mais il valait mieux ça que de devoir cautériser la plaie, chose qu'il préférait éviter dans la mesure du possible. Pour l'avant, au jugé, ça paraissait faisable à l'amérindien, mais pour le dos, il allait devoir laisser l'autre en juger. Les doigts glissant à cause du sang, il parvint malgré tout à se saisir d'une longue et fine aiguille. Il la cala entre le pouce et l'index de sa main gauche, avant d'essayer non sans difficulté de passer un fil dans le chas. La tâche était loin d'être aisée.
Sentant la pression que la grande perche appliquait dans son dos, il reprit la parole, sans toutefois un regard pour l'homme. Une question lui taraudait l'esprit.

«  Pourquoi t'as fait ça ? J'veux dire... pourquoi tu m'aides ? » Après tout, cet homme ne le connaissait pas. Et plus encore, il appartenait au groupe de ces gens qu'il venait de tuer. Alors bien sur, on ne pouvait pas s'entendre avec tout le monde dans une communauté, mais prendre tous ces risques pour lui sauver la peau, c'était une forme d'humanité à laquelle l'ancien garde forestier n'était plus du tout habitué. « Au fait... j'm'appelle Khaaleb... »

 

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Benedict W. Brown
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26.05.20 17:54
Pourquoi l'aider ? Pourquoi le soutenir ? Beaucoup l'auraient laissé mourir là, dans les bois. Beaucoup auraient tiré. Alors pourquoi l'aider ? La compassion, la bienveillance, et bien d'autres sentiments encore étreignent mon âme. Malheureusement il ne s'agit pas là d'une action tout à fait altruiste, bien qu'elle y paraisse et que je tente de m'en convaincre. J'ai besoin d'aide, besoin d'alliés. En ces temps, alors que le Roi convoite toutes les terres, tous les hommes, j'ai besoin de trouver des hommes et des femmes qui valent bien plus que ce que ce monde est en train de faire de nous tous. Des gens de valeurs, loyaux, des gens possédant encore une conscience. Et ce géant des bois, il semble en posséder une. De conscience. Qui plus est, je ne pouvais pas le laisser mourir dans ces bois, c'est en partie ma faute s'il est dans cet état, j'aurais dû retenir ces protecteurs, malgré leur manque de confiance en moi. Et à présent, me voilà avec trois morts sur les bras, un blessé dans un camion et un inconnu aux portes de la mort.

Le couteau de chasse s'enfonce dans le crâne d'un énième rôdeur. Rengainant mon arme, je reviens vers le géant m'attendant contre un arbre. Alors que je le soutiens à nouveau et que nous reprenons la route, il m'indique la direction à prendre d'un doigt tremblotant d'où tombe de grosses gouttes de sang. Les morts sont moins nombreux à mesure que l'on progresse, mais nous ralentissons beaucoup trop. Et soudain, la voix du mastodonte brise le silence installé dans cette forêt depuis le début de cette marche terrible, il me prévient des pièges. Indiquant les dangers à éviter, guidant notre marche, je suis scrupuleusement ses indications. Les bosquets se resserrent, les haies sont grandes et nous avançons bien plus doucement encore. Enfin, nous dépassons des barrières et parvenons au but, débouchant sur une petite clairière au milieu de laquelle se dresse une maison étrangement chaleureuse dans un contexte d'apocalypse. Grimpant les marches du perron, je le laisse ouvrir la porte et me dévoiler son monde. A l'intérieur, tout est en bois. Sol, murs, plafond. Mais tout ici est accueillant et c'est une impression si étrange, comparé à l'aéroport. Tout semble moins... dramatique. Je prend quelques secondes pour admirer le grand canapé en tissu, ces fauteuils croulant sous les plaids en laine, cette large table basse devant la grande cheminée que l'on devine encore brûlante de la veille, les bibliothèques ornées de bibelots en tous genres et cette petite cuisine dans le fond. Cet endroit semble hors du temps, hors du monde. Je ne perds pas une seconde de plus et emmène le blessé sur le canapé, l'aidant à s'y assoir. Lorsque je me redresse, je grimace au souvenir des coups portés par Torgeir. Pourtant, je me tiens là face à l'homme, m'inquiétant davantage de ses blessures que des miennes, bien que je ne connaisse pas même son nom. Nos regards se croisent, le géant laisse échapper un "merci" muet, je lui répond d'un signe de tête signifiant "pas de problème".

- Il faut soigner tes blessures.

Le quitter ainsi reviendrait à le condamner, comme dans la forêt, cet homme n'a plus la moindre force pour se soigner lui-même. Je me suis donné la peine de venir jusqu'ici, autant faire les choses jusqu'au bout. Et malgré Klaus dans le camion à m'attendre, blessé lui aussi, je n'hésite pas une seconde avant de décider lequel des deux bénéficiera en premier de mon aide. Sans attendre, je me dirige vers la porte du fond, celle indiquée par le grand brun, pour lui rapporter ce qu'il me demande. J'ouvre la porte, ne prend pas même le temps d'observer la pièce, me baisse et ouvre le meuble en question sous l'évier. Je trouve rapidement les bandages, les aiguilles et le fil dont je m'empare, ainsi que de plusieurs serviettes, avant de revenir dans la grande pièce principale. A mon retour, l'homme a déjà déchiré sa chemise et commencé à s'occuper de la plaie, proférant quelques jurons, une bouteille en main. Sa grosse voix parvient enfin à émettre quelques sons. Déposant les serviettes et le reste sur la table basse face au géant, je m'exécute et m'empare de la bouteille qui, je le suppose, doit être de l'alcool, ainsi que d'une des serviettes propres. Ainsi que l'a déjà fait l'homme pour le trou à l'avant de sa poitrine, je désinfecte la plaie et y appose la serviette que j'appuie d'une force douce. Lorsque je l'observe commencer à recoudre sa plaie à vif, je décide que je ferais de même. Si c'est ce qu'il veut, autant le faire des deux côtés. Fort heureusement pour lui, la balle a traversé son épaule, c'est un travail en moins à effectuer. J'appuie encore un moment sur sa plaie à l'aide de la serviette lorsque le géant reprend la parole alors qu'il débute son travail de "couturier". Ou de boucher. La question me surprend que de moitié.

- Il faut croire que je fais encore partie de ces derniers et rares imbéciles qui croient encore en l'humanité et la bienveillance dont elle peut parfois encore faire preuve.

La serviette se colore doucement d'un rouge sombre. Appuyant un peu plus, je m'empare d'une seconde serviette.

- Mon nom est Benedict.

Le sang cesse peu à peu de couler, moins en tous les cas. Je me penche alors pour m'emparer à mon tour d'une aiguille et du fil. La blessure est à vif, mais la plaie peut être refermée plus ou moins proprement. Je n'ai jamais eu à recoudre personne, mais je sais reprendre quelques ourlets. Prions pour que cela soit suffisant. Calant l'aiguille entre mes doigts, je prend attention à passer le fil dans celle-ci. J'y parviens après trois reprises. Ainsi fait, je dépose ma main sur son épaule, lui lance un regard avant de commencer à le recoudre. Mes mains se colorent de son sang, l'aiguille glisse parfois entre mes doigts. Mais je le recouds.

- Je ne suis pas comme eux. Ces hommes sont cruels, dirigés par un despote avide de pouvoir, bien qu'il clame haut et fort qu'il ne souhaite que remettre un peu d'ordre dans le chaos. Nous faisons partie d'un groupe bien plus grand, composé de bien des hommes et des femmes. La loi du plus fort y règne et ses lois me répugnent. Il n'a aucune conscience...

Est-ce raisonnable de parler si librement à un homme que je ne connais qu'à peine ? Peu importe, peut-être s'avérera-t-il un allié. Il me faut essayer.

- Je t'ai aidé parce que tu ne nous as pas menacé, nous sommes venus à toi. Je ne souhaitais que te parler, ils ont agit comme des idiots. Je t'aide parce que j'aspire à un tout autre mode de vie pour l'humanité, mais surtout ma famille, que la peur constante de se faire exploser la cervelle par un fou et sa batte de baseball cerclée de barbelés. Je t'aide parce que je refuse d'ignorer la compassion qui nous préserve de cette folie qui emporte bien trop d'hommes. Ceux-là n'étaient devenus que des bêtes assoiffées de pouvoirs et de sang, incapables du moindre sentiment autre que la rage.

Je termine de panser la plaie, l'aide à terminer de son côté avant de m'emparer des bandages. Doucement, avec attention, je termine ces premiers soins et m'occupant de bander son épaule. Et lorsque c'est enfin fait, je me permet de m'assoir sur l'un des fauteuils, mes jambes éreintées par le combat et la marche. Nos regards se croisent.

- Mon instinct et ma justice m'ont poussé à te venir en aide, à toi plutôt qu'aux autres parce que j'ai vu dans ton regard un autre homme que ces monstres-là. Et l'aspect de ta cabane en dit long sur toi, mon ami, cette chaleur et ce bienêtre qui s'en dégage. Tu ne me semble pas dépourvu de bienveillance et de compassion.

Un ami, peut-être ?

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Khaaleb Talarion
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18.06.20 6:07
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   Ben & Khaal

   


Le liquide alcoolisé coula sur la plaie dans son dos et une douleur plus vive encore, comme une nouvelle claque, comme une décharge électrique, vrilla toutes ses terminaisons nerveuses. Khaaleb n'était pas du genre douillet. Il pouvait même se targuer d'être une force de la nature, mais il était désormais arrivé au bout de ce que son corps pouvait supporter. Aussi, malgré son désir de ne pas passer pour une âme faible et fragile devant cet inconnu, le géant jura sans vergogne pendant que l'autre désinfectait sa blessure avant d'y apposer une des serviettes qu'il avait apporté. Il se passa quelques secondes. Quelques secondes pendant lesquelles il ne se passa rien d'autre. Quelques secondes d'attente pendant lesquelles la douleur, bien que toujours présente, s'estompait un peu. La morsure de l'alcool se dissolvait dans ses chaires meurtries. L'homme des bois respira alors à nouveau, rouvrant les paupières qu'il avait fermé, mais ne desserrant pas moins les dents. Ce n'était pas encore terminé.

D'une main peut être un peu plus tremblante qu'il ne l'aurait souhaité, le trappeur serra l'aiguille entre son pouce et son index et la planta avec conviction dans un des bords du trou dans sa poitrine. Ça faisait mal, mais pas plus que le passage du désinfectant artisanal. C'était surtout une sensation étrange et dérangeante de sentir le fil passer à travers sa peau, à vous faire tourner la tête. Et de fait, sans doute à cause de tout ce sang perdu, et de tout ce qu'il avait fait et vu ces dernières heures, la tête du grand brun lui tournait. Mais préfèrent mourir plutôt que de montrer encore un signe de faiblesse, bien trop têtu dans sa fierté, Khaaleb se concentra sur ce qu'il était en train de faire, ainsi que sur le discours dans lequel le dénommé Benedict s'était lancé.
Malgré l'état dans lequel il était, il ne pu retenir un léger rictus, presque invisible, lorsque l'autre évoqua sa nature altruiste et bienveillante. Y en avait-il encore seulement en eux ? De cette dernière goutte d'humanité et de compassion ? L'amérindien en doutait de plus en plus. Son sauveur était peut être un homme bon, doté d'un sens de l’entraide et du partage, mais ce n'était pas sa bienveillance qui l'avait poussé à laisser le plus jeune de l'expédition mourir sous ses yeux dans les bois. Mais ça, ça Khaaleb ne le savait pas puisqu'il n'avait pas été là pour le voir, et il devait bien reconnaître que de tous les hommes qu'il avait croisé ces derniers temps, celui-ci ne semblait pas avoir sombré dans la folie commune des survivants. Peut être que lui était encore du bon côté de la barrière, peut être que lui avait encore du temps. A cet instant, il était incapable de savoir si cette intuition était la bonne ou non. Tout ce qu'il voyait, c'était les faits, et dans les faits, Benedict l'avait sauvé par deux fois, et même plus encore. Il ne l'avait pas abandonné dans la forêt pour se tirer, il l'avait conduit jusqu'à chez lui, et encore maintenant, il l'aidait. Quelques fussent les tords de cet homme, ils étaient bien minimes fassent à ses bonnes actions.

Lorsqu'il eut finit de faire le dernier nœud, l'ancien garde forestier regarda le résultat de son travail. Ce n'était vraiment pas un chef d'oeuvre, et ça laisserait sans doute une cicatrice affreuse, mais au moins la plaie pourrait se refermer, et avec un peu de chance, sans qu'une saloperie de bactérie ne vienne y faire son nid. C'était quitte ou double maintenant. Passant l'aiguille sous un petit filet d'alcool, il la tendit à Ben ainsi que la bobine de fil. Il y avait l'arrière à faire, et ça, l'homme des bois savait qu'il ne pouvait pas le faire lui même.

« Si tu t'en sens capable... » grogna-t-il de sa voix d'ours. C'était encore beaucoup demander, mais puisque l'autre semblait décidé à l'aider, autant qu'il y aille jusqu'au bout. Il était arrivé plus d'une fois au trappeur de devoir se recoudre, lorsqu'il était trop loin d'un hôpital ou d'un poste de secours en forêt, mais malgré cette habitude, ce n'était jamais une partie de plaisir dans la pratique. Alors se faire recoudre sans anesthésie, par quelqu'un dont ce n'était apparemment pas le métier, autant dire que le grand brun dégusta dès l'instant où l'autre planta l'aiguille dans son dos. Serrant le poing, il le posa sur ses lèvres derrières lesquelles il serrait les dents à s'en faire crisser les mâchoires. Le géant avait beau être couvert de tatouages, la sensation était particulièrement difficile à supporter. Encore une fois, il essaya de se concentrer sur les paroles de son infirmer de fortune qui lui parlait de ce groupe auquel ils appartenaient, lui et les autres qui l'avaient attaqué dans les bois. De toute évidence, Ben ne semblait pas les porter dans son cœur. La façon dont il en parlait, dont il expliquait leurs règles absurdes et dont il dépeignait leur leader, termina de convaincre Khaaleb sur la dangerosité de cette communauté. Les Protectors. Il avait entendu l'homme à la barre de fer prononcer ce nom alors qu'il le matraquait sans vergogne. Ce n'était pas la première fois qu'il rencontrait ce nom d'ailleurs. Il lui était déjà arrivé de l'entendre murmuré entre deux portes à Highgate.
Mais alors pourquoi est ce qu'un type bien comme son sauveur restait avec une bande de malades comme ceux de l'aéroport ? Alors qu'il le recousait toujours, Ben répondit à sa question silencieuse. Une famille. Il avait une famille qu'il devait aider et protéger. Sans doute que sans eux il aurait déjà quitté les rangs de ce fou furieux à la batte. Mais avec une famille, on ne pouvait rien faire de stupide. On ne pouvait pas se lancer à corps perdu dans des vendettas sanglantes. Il y avait plus important, plus précieux. Et pourtant, pourtant il l'avait aidé, cet homme, il s'était dressé contre ceux de son groupe, pour le sauver lui un inconnu. Pourquoi ?

Je t'aide parce que je refuse d'ignorer la compassion qui nous préserve de cette folie qui emporte bien trop d'hommes.

Relevant les yeux, l'amérindien regarda le reflet de l'homme qui était en train de le recoudre dans la vitre d'un cadre photo qui était posé sur le manteau de la cheminée. Silencieux, il essayait de comprendre qui était cet homme étrange, comme sorti d'un autre temps, qui était en train de lui parler. Il n'y avait plus personne pour s'exprimer comme ça aujourd'hui, plus personne pour croire vraiment et sincèrement en la bienveillance et la compassion. Lui-même, tout idéaliste qu'il était, il avait fini par cesser d'y croire dès la seconde où il avait vu le corps sans vie de sa nièce gisant sur le sol froid de l'infirmerie. Et pourtant, pourtant ces mots que disaient l'autre parlaient et résonnaient en lui, comme une vieille rengaine, comme un souffle lointain qui vous murmure d'espérer encore, que tout n'est pas perdu. Le géant poussa un soupir.
Etait-il encore possible de penser comme ça ? Etait-il encore possible d'y croire vraiment, quand on avait soi-même autant de sang sur les mains ? L'ancien garde forestier ignorait à combien d'hommes et de femmes est-ce que Ben avait arraché la vie, sûrement autant qu'il aurait fallu pour protéger sa famille, mais dans son cas, Khaaleb avait perdu le compte.
Il les voyait souvent, tous ces gens qu'il avait tué. Il les voyait apparaître dans ses cauchemars, chuchoter à son oreille. Maudits sont les hommes qui tuent leurs semblables. Et l'amérindien, comme presque tous ceux qui demeuraient désormais sur Terre, était maudit. Pas de pitié ou de compassion pour les assassins. Benedict avait fait le choix de le sauver lui, mais ne méritait-il pas la mort lui aussi, tout autant que les corps qui gisait dans les bois ? Qui méritait donc de mourir ou de vivre ? Il y avait aujourd'hui tant de vivants à mériter la mort, et tant de mort qui auraient mérité la vie. Pouvait-on la leur rendre ? Non, certes non.

Alors que l'autre terminait de le panser, le géant attrapa un paquet de cigarettes qui traînaient sur la table basse et en glissa une des dernières entre ses lèvres avant de tourner le paquet vers Ben qui venait de se laisser tomber dans le fauteuil à côté de lui, visiblement épuisé par tout ce qui venait de leur arriver. D'un geste, il attrapa le briquet posé devant lui et alluma le bout de la clope dont s'échappa une fumée blanche et épaisse. Le tabac était sec et poussiéreux, mais dans l'état qu'il était, cette bouffée de fumée lui faisait du bien, l'apaisait. Tout doucement le géant reposa son dos contre le dossier du canapé, grimaçant au contact du tissu. La douleur était toujours là, vibrant dans chacun de ses muscles au moindre mouvement, accentuée par la fatigue, mais il n'avait pas grand chose à faire pour soulager ça désormais. Il lui fallait se reposer, et croiser les doigts pour éviter l'infection. Soufflant un épais nuage de fumée, il attrapa la bouteille et porta le goulot à ses lèvres. La liqueur ambrée coula dans sa gorge, le réchauffant de l'intérieur.

« Mouai... la maison ne fait pas l'homme... » grommela-t-il en réponse à la remarque de Ben sur son chalet. Il fallait reconnaître que les lieux étaient bien plus accueillants et chaleureux que bien des endroits où vivaient des hommes désormais, mais ça ne faisait pas automatiquement de lui quelqu'un de bien. D'un geste qui lui arracha une nouvelle grimace, il tendit la bouteille à l'autre qu'il observa quelques secondes pendant qu'il terminait son discours. Une fois qu'il eut fini, le géant laissa planer quelques nouvelles secondes de silence. Quelques secondes pendant lesquelles les deux hommes se regardèrent, essayant sans doute de comprendre qui ils avaient en face d'eux. Difficile aujourd'hui de savoir en qui placer sa confiance. Mais étrangement, et pas uniquement parce qu'il lui avait sauvé la vie, Khaaleb sentit que cet homme qui se trouvait assit dans son fauteuil était de ceux en qui il pouvait compter. Un allier. Peut être même un ami.
Un fin sourire étira sa lèvre encore couverte d'une couche de sang séché. Attrapant une serviette plus très blanche, il la porta à sa bouche pour essayer de l'enlever. Un de ses yeux commençait à se fermer doucement, gonflé en réponse aux coups qu'il avait reçu. Au bout d'un moment, il poussa un soupir.

« Tu parles beaucoup... mais j'aime bien ce qu'tu dis. » Un nouveau silence pendant lequel l'homme des bois porta sa cigarette à ses lèvres. « Si plus de gens pensaient comme ça, p't'être qu'les balles serviraient juste à tirer sur les morts... » Sans qu'il puisse se retenir, son regard se porta sur une des photographies qui leur faisait face, une montrant Leslie, souriante et heureuse, entourée de son père et de son oncle. Si seulement... Si seulement il avait pu faire quelque chose à temps. Peut être que sa nièce serait toujours en vie ? Il savait que ce genre de pensée n'était pas bonne à avoir, mais voilà, malgré ses efforts, il ne parvenait pas à les retenir, ces pensées. Se dire qu'il aurait peut être pu faire quelque chose, se dire qu'il aurait donné tout ce qu'il avait pour prendre cette balle à la place de Les. Mais ce n'était pas lui qui l'avait pris, pas cette fois ci. Ce n'était pas lui qui pourrissait désormais dans le terre. « Ta famille... ils sont en sécurité là bas ? » Il releva les yeux vers ceux de Ben. « Tu devrais y retourner avant qu'ils commencent à se demander où t'es et pourquoi tu mets autant d'temps... j'voudrais pas... j'voudrais pas qu'il arrive quelque chose aux tiens parce qu't'as fait le choix d'm'aider. T'inquiète pas pour moi... ma famille à moi n'est pas très loin. » Sa famille. Sa famille aujourd'hui était réduite à un seul homme en la personne de son ex-beau-frère, et bien que cela faisait longtemps qu'il voyait Terry comme son frère à part entière, il devait bien constater qu'ils s'étaient quelque peu éloignés depuis quelques temps, sans que Khaaleb ne comprenne vraiment pourquoi.

Sans bouger le reste de son corps meurtri, il tendit la main vers Benedict pour l'inviter à la serrer.

« Merci... pour tout ce qu't'as fait. J'ai une dette envers toi maintenant mon ami. Si je claque pas avant, oublies pas que si t'as besoin un jour, tu trouveras toujours de l'aide ici... »
 

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