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 Mad world



Autumn J. Després
The pain doesn't go away

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25.08.19 18:46
J'ai toujours aimé les cailloux. Du plus loin que je me souvienne, dans le jardin de la grande maison blanche, j'ai toujours aimé les cailloux. Les grands, les petits, les moyens. Les ronds, les carrés, les bizarres. J'aimais plus encore trouver le caillou le plus plat pour le jeter dans la mare, essayer de faire les mêmes ricochets que papa. Sauf que j'étais bien moins douée que lui. Je crois que je suis comme maman, elle n'y arrive pas non plus. Papa ne m'a pas donné ses gênes de bon lanceur, c'est sûr. Mais c'est pas grave ! J'étais très douée pour les faire tenir les uns sur les autres. Mais moi, ce que j'aimais encore plus que les ricochets et les tours... c'était m'assoir, au soleil, au bord de la petite rivière, sur le plus gros des cailloux, celui élevé tout en haut. Un rocher, dirait papa. Il est toujours très précis, papa.
Le rocher était toujours chaud. J'avais l'impression d'être entourée du soleil, si chaud. Et maman venait lire à côté de moi, à la rivière. Moi, je dessinais. Et papa ? Il plongeait. Et lorsqu'il en avait assez d'être seul dans l'eau, il venait me prendre en otage pour que je vienne jouer à la petite sirène, comme il me disait. J'y pense souvent, à tout ça. A ces années où tout me semblait si nacré de velours. Tout semblait si beau, si étincelant, si parfait. Et après... tout est si noir, si sombre, si douloureux...

Ce matin, je suis sortie du lit avant maman. Elle me colle trop, ces derniers temps. Depuis que les protecteurs sont arrivés. Je crois qu'elle a peur pour moi, qu'elle veut pas que ça recommence. Moi qui disparais, elle qui me cherche. Souvent, je vois cette étincelle dans son regard, quand je ne lui dis pas où je vais... mais qu'est-ce que j'y peux ? Elle comprend pas que je ne suis plus une enfant, elle ne veut pas comprendre. Après tout, j'ai seize ans ! Je suis grande ! Mais elle me suit et me surveille... et moi ça m'énerve.
Alors, ce matin, je me suis glissée hors de mon lit, silencieusement, elle ne s'est pas réveillée. J'ai cru que papa si, il a bougé. Mais il bouge souvent, ces derniers temps. Il ronfle plus, c'est déjà bien. Après m'être assurée qu'ils dormaient bien, je suis sortie, à l'air libre. Que j'aime l'air. Que j'aime sentir le soleil sur ma peau, ces premiers rayons. J'aime encore plus voir l'aube. Sentir l'atmosphère encore humide, mes cheveux qui se frisent et se rebellent sur mon crâne. Dans ma robe rose pâle, je frissonne et referme mon gilet. Et dans mes bras, je ressers mon carnet contre mon coeur, mes crayons dans mes mains et je prend la route vers ce petit coin où nous avons l'habitude de dessiner, avec Caïn. Il m'avait surprise... et je l'ai laissé approché. Depuis, je lui montre c'que j'fais. Mais ce matin, je préfère dessiner toute seule. Parce que quelque chose me préoccupe...

Je suis sur mon petit rocher. Assise en tailleur, carnet ouvert sur une page blanche, je prend un crayon gris. Je fixe la page. Longtemps. Des pensées traversent mon esprit, je n'arrive pas à me concentrer. Ca fait deux jours. Deux jours que je l'ai vu, deux jours que tout se bouscule dans ma tête. Je l'ai rencontré... le grand monstre... mais ce n'est pas un monstre. Non, c'est un homme. Un homme fort, un homme grand. Je me suis sentie si petite face à... Seth Mansfield. Non, ce n'est pas un monstre. Mais de monstre, j'en ai rencontré un quand même, ce jour-là. Enfin... j'en ai revu un. J'ai eu si peur, je sens encore le battement féroce de mon coeur lorsqu'il s'est emparé de moi. Lorsqu'il a glissé sa main sous... mes doigts se resserrent sur mon crayon. Je sens mon corps frissonner encore, mais plus de froid. Le soleil lèche mon visage, réchauffe ma peau.
Il me dégoute. Mais je l'ai exterminé. Il me donne envie de vomir. Mais il ne recommencera plus. Je suis forte.

*Tu es une grande fille, petite poupée !*

Je sursaute, relève mon regard. Et il est là. Il fait le poirier, ses oreilles trainant dans l'herbe étonnement verte. Il m'observe, je le regarde quelques secondes faire le pitre. Il aime ça, me rendre dingue. Je soupire, jette à nouveau un regard sur ma feuille blanche. Ma main tremble, se reprend, commence à tracer quelques traits sur la feuille vierge. Un sourire s'affiche sur mon visage. Les traits se confirment, forment le commencement d'un visage.
Dixie. Ma Dixie. Elle était là, toute proche ! Dixie... la joie que je ressens est sans commune mesure, inexplicable. Ce visage du passé qui pourtant devrait me paralysée, je le sais, car tout me pétrifie. Il me fait du bien. Alors, je le dessine. Tendre, souriante, belle. Elle a grandi...

*Pfff non enfaite.*

Le lièvre se penche sur mon épaule, regarde mon dessin. Dixie, si jolie, si douce. Je ne pense plus au drame, je ne pense plus au sang. Il regarde toujours, s'excite davantage. Il m'énerve...

*T'es qu'une poupée fragile... Tu veux du thé ?*

J'inspire. Fais-le partir, fais-le partir ! Il n'existe pas. Il n'est pas là. Ce n'est pas réel. Je ferme les yeux quelques minutes, inspire. Expire. Je l'entend toujours...

*Un sucre ou deux ? Ou pas ? Ou du lait ? Non, des biscuits. DES BISCUITS ! DES BI-BI-BI-BISCUITS !*

- JE M'EN FOUS DE TES BISCUITS !

Je me lève d'un bond. Le lièvre est devenu soudainement hystérique, lance sa théière sur l'herbe. Dans un bruit de fracas abominable que seule j'entend. J'inspire. Il n'est pas là, personne n'est là. Je suis seule. Je referme les yeux, les rouvre. Il n'est pas là. Je me rassied sur mon rocher, reprend mon carnet à dessin. Et je commence à rire, d'un rire incontrôlable. Mais qu'est-ce qui me prend... C'est la première fois que je lui adresse la parole. Deux jours après cet... incident.

- Tu commences sérieusement à me faire chier, tu sais ?

Il danse, en riant, autour de sa théière cassée.

*DES BI-BI-BI-BISCUITS !*

- T'es complètement dingue... mais si tu l'es c'est que j'le suis peut-être, à moins que tu sois un démon. Et que tu m'emmerdes juste pour me rendre aussi dingue que toi.

Folle.... et pourtant ?

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Romy Harlow
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05.09.19 4:55
Certains jours étaient plus difficiles que d'autres. Certains jours, j'avais envie de tout plaquer. De prendre mes affaires et m'échapper de ce fichu temple. M'éloigner le plus possible de cette secte que j'avais rejoint pour ma survie. Puis, je repensais à ce que j'avais vécu à l'extérieur. Tous ces monstres que j'avais dû combattre et contre qui j'avais bon nombre de fois failli perdre la vie. Cette peur que je ressentais au quotidien. La faim, la soif, le froid, la fatigue. Tout ça ne me donnait pas envie, je ne voulais pas perdre à nouveau mon confort. Je m'étais trouvé à la rue bien trop de fois dans ma vie pour savoir que le temple était une chance que je ne pouvais ignorer. Aussi, je refusais de partir sans Sophie. Aussi horrible que je trouvais cet endroit, je ne le quitterais pas si ma sœur désirait y rester. C'était pour elle que je me trouvais dans cette situation. Je devais assumer ma décision. Pour son bien. Pourtant, chaque matin, le désespoir me gagnait. Aujourd'hui n'était pas une exception.

J'ouvris les yeux doucement, éblouie par les premières lueurs du soleil qui me tombaient sur le visage. Il n'y avait rien de mieux pour me mettre de mauvaise humeur alors que cette journée avait à peine commencée. Je me retournai, à la recherche d'une autre position, dans l'espoir que je me rendormirais. Ce fut impossible. Me souvenir de l'endroit où je me trouvais et de ce qui m'attendait m'éveilla. Alors, je me levai et sans bruit allai me préparer. A défaut de fuir cet endroit, je pouvais m'y balader avant que les autres ne se réveillent.

Sous les lumières de l'aurore et vide de toute trace humaine, le Temple était plutôt joli à voir. Cette simple vision me réconforta et je perdis un peu de ma mauvaise humeur. De toute manière, il ne servait à rien de ruminer. Cela ne changerait pas la situation dans laquelle je me trouvais. Que je le veuille ou non, les fidèles reviendraient me plomber le moral à un moment ou un autre. Autant profiter de ma solitude tant qu'elle durait.

Je m'étais rendu en cuisine, ce lieu que j'haïssais tout particulièrement pour y travailler chaque jour. Romy Harlow en cuisine pendant que les hommes travaillaient, elle était bien bonne celle-là. L'avantage, c'est que j'avais accès à la nourriture et savait où chaque chose se trouvait. Je piquais donc deux cookies puis m’éclipsai, retrouvant la lumière du soleil. Je pensais me trouver un coin tranquille pour grignoter quand j'entendis un cri. Habituée à imaginer le pire, la peur s'installa en moi. Cependant, j'entendais des mots, comme une conversation. Je n'étais pas tout à fait seule finalement. Curieuse de savoir ce qu'il se passait, j'avançais en direction de la voix, finissant par découvrir la jeune Autumn, seule. A qui parlait-elle? A elle-même? Elle parlait d'un démon.

- Mon dieu, qu'est-ce qu'ils lui ont foutu dans le crâne cette fois-ci? je murmurai, pensive.

Autumn était une des rares personnes auxquelles je m'étais attaché au Temple. J'aimais discuter avec elle même si elle m'intriguait. J'avais cette impression désagréable que la secte avait une trop grande influence sur elle. En effet, ce n'était pas la première fois que je trouvais chez cette adolescente quelque chose d'étrange, sans savoir quoi exactement.

- Salut toi, m'annonçai-je en l'approchant avec un sourire avant de lui tendre un des biscuits que j'avais en main. Un cookie? Ce sera notre petit secret.

J'avais envie de lui demander à qui elle s'adressait précédemment mais je n'étais pas sûre que ce soit une bonne idée. Et je ne voulais pas lui faire croire que je l'observais à son insu.

- Qu'est-ce que tu fais ici aussi tôt?

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Autumn J. Després
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21.09.19 4:39
Le ciel percute presque le sommet de mon crâne lorsque la voix me surprend, me faisant sursauter d'une peur bleue. Je me retourne vivement, referme mon carnet sur mes genoux, le serrant fermement entre mes doigts. Et, en vain, je tente de le dissimuler entre les plis de ma jupe alors que je me retourne, toujours assise sur mon rocher, pour faire face à ce visiteur inopportun. Je la reconnais, vite. J'ai toujours eu une excellente mémoire visuelle, même si toujours est un grand mot si l'on considère que je n'ai que seize ans. Quoiqu'il en soit, je n'oublie jamais un visage, gravé en ma mémoire. Et je la reconnais elle aussi, comme tous les autres, je recherche son nom. Fronçant les sourcils, j'entend sa voix, je comprend ses mots. Et je le trouve, son nom. Romy. Corps arqué par la peur, il se détend doucement lorsque je comprend qui elle est. Romy a toujours été gentille avec moi, comme la plupart des gens ici. Mais elle, elle ne me fait pas peur comme les autres, ou beaucoup moins peur que les autres. Je ne la laisse pourtant pas plus approcher que quiconque ici.
Elle me tend un cookie. Mon regard tombe sur le biscuit dans sa main, tendue dans ma direction. Et soudain, j'entend mon ventre gronder à la vue de la sucrerie. J'ai faim. Quelle heure est-il ? Je sais qu'il est tôt. Mais combien de temps s'est-il écoulé depuis que je suis assise sur mon rocher ? Peut-être est-il l'heure de déjeuner. Je souris à l'idée d'un secret, me lève de mon rocher, lui fais face, tend mon bras et m'empare du cookie avant de croquer dedans, affamée. Le chocolat est si bon, sur la langue. Il se fait si rare... Je me souviens avoir aimé ça, beaucoup, lorsque j'étais petite. Ma mère cachait toujours une plaque ou deux dans la cuisine, pour moi. Et tous les soirs, nous mangions un carré, toutes les deux, seules dans ma chambre. Cachées de papa. C'était notre petit secret...

Je relève mon attention sur Romy, qui m'observe toujours. Et qui parle encore. Je serre plus fort mon carnet dans mes bras. Je n'aime pas répondre aux questions, encore moins lorsqu'il s'agit de mes dessins. Je n'aime pas qu'on les regarde. Être invisible me va parfaitement, je ne sais qu'être invisible. Et au moins, là, personne ne se préoccupe de moi. Ou me fait du mal. Quelques instants, je me surprend à prier que la femme disparaisse, me laisse tranquille. Malheureusement, rien ne fonctionne. Parce que les prières ne fonctionnent pas comme ça, ça n'a jamais fonctionné comme ça. Je l'ai appris à mes dépends... quand j'essayais en vain de prier tous les dieux de me venir en aide, là-bas. Chez Elle. Les prières ne fonctionnent pas comme ça.

- Merci. Pour le cookie.

J'avale la dernière bouchée, goûte une dernière fois à la douceur amère du chocolat noir. Vigoureusement, j'essuie ma main sur ma jupe, dans l'espoir d'enlever les dernières miettes et ne surtout pas salir mon carnet de gras. Je regarde Romy, qui est plus grande que moi. J'hésite entre me retourner et courir, et répondre à sa question par un mensonge. Je sais bien ce qu'il va se passer si je lui dis la vérité, que je suis ici pour dessiner. Elle me demandera sûrement ce que je dessine, peut-être voudra-t-elle voir. Et moi, je ne veux pas montrer. Ce carnet, il est à moi. Il garde mes monstres enfermés dedans. Au premier regard entre les pages, elle me prendrait pour une folle...

- Je... rien, j'aime bien profiter du calme avant... avant que tout le monde se réveille. Et que les autres arrivent dans leurs camions.

Les autres. Les protecteurs. Je n'aime pas les nommer, je n'aime pas y penser. Ils me font peur, ces gens sont méchants, violents aussi parfois. La dernière fois, j'ai bien cru que mon père s'en prendrait une... que j'ai prise à sa place. Ils me font peur, je n'aime pas quand ils me regardent, ils me donnent l'impression des monstres enfermés entre les pages de mon carnet. Et ces visions me font frissonner.

- Ca me donne l'impression qu'il s'est rien passé et que tout est normal.

Que le virus n'a jamais existé. Regarder les jardins, les plantations sans la moindre présence humaine, donne cette impression d'un monde encore vierge. Sauf qu'il n'en est rien... Les monstres sont entrés. La mort est partout.

- Tu as volé les biscuits dans les cuisines ? Pourquoi t'es dehors, toi ? Normalement j'suis toujours la seule debout à cette heure, aussi loin des bâtiments.

Je la fixe du regard, serre toujours aussi fort mon carnet. Suppliant à qui voudrait bien m'entendre de faire en sorte qu'elle ne le remarque pas.

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Romy Harlow
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23.10.19 4:37
Ma voix fit sursauter Autumn. Alors qu'elle me faisait face, je comprenais à son regard et à la manière dont elle se tenait qu'elle était sur ses gardes. Ce n'était pas la première fois que je la voyais agir ainsi. J'observais constamment ce qu'il se passait autour de moi et la jeune fille n'avait pas échappé à mon radar. Malheureusement, je n'avais pas encore réussi à comprendre ce qu'elle avait vécu. Je disais cela parce qu'il me semblait évident que quelque chose lui était arrivé pour qu'elle agisse aussi étrangement, car elle était bien étrange, Autumn. Elle n'était pas comme les autres personnes de son âge. Bien sûr, l'apocalypse changeait tout le monde, les plus jeunes y compris. Cependant, elle était à l'abris au sein du Temple, elle n'était pas directement confronté à l'enfer qui nous attendait tous à l'extérieur. Enfin, nous étions à l'abris d'un point de vue physique. Néanmoins, personne n'était à l'abris d'une manipulation mentale dans le coin. Ce Temple était une secte, rien de moins. Pour l'instant, il me semblait que cette influence qu’exerçait le révérend Blumhardt sur la communauté soit la meilleure hypothèse quant au comportement singulier d'Autumn. Mais peut-être était-ce autre chose encore. Ou peut-être étais-je la seule à trouver la jeune femme bizarre, en fin de compte.

Je vis qu'elle tenait un carnet contre elle et son attitude me fit comprendre qu'il valait peut-être mieux ne pas lui poser de questions à ce sujet. J'ignorais ce qu'elle y inscrivait à l'intérieur. Ses pensées peut-être? Une sorte de journal intime? Quoi qu'il en soit, je décidais de ne pas mentionner ce carnet et me contentai de croquer dans mon propre cookie alors qu'elle m'expliquait ce qu'elle faisait ici aussi tôt dans la matinée. J'apprenais qu'elle aussi aimait le calme du lieu et cette douce illusion que rien de mal n'était arrivé dans ce monde. Illusion qui prendrait fin dés que le Temple reprendrait vie et que les Protecteurs arriveraient à nouveau.

- Le soleil m'a réveillé plus tôt que je ne l'aurais aimé. Je suis sorti et, comme toi, je voulais profiter du calme apparent. C'est agréable. répondis-je à sa question juste après avoir avalé la dernière bouchée de mon cookie. Et oui, j'ai volé ces cookies à la cuisine. Ils ne remarqueront rien. Enfin, si tu gardes le secret, d'accord?

C'était déjà bien assez ennuyant de devoir faire semblant de prier plusieurs fois par jour et d'inventer des confessions au révérend sans que je ne reçoive une nouvelle remontrance de sa part. Moins je passais de temps auprès de cet homme, mieux je me tenais. Enfin, s'il n'avait pas des petites informations utiles sur les protecteurs ou tout autre chose d'intéressant à propos du temple. Dans ces cas-là, il valait mieux me tenir près de lui pour écouter aux portes. A croire que j'étais une journaliste qui devait faire un rapport complet à son chef pour ensuite publier et révéler tous ses petits secrets au monde. Alors qu'en réalité, ces informations n'étaient que pour mon propre compte et ne me donnait aucune indication sur comment me sortir de là.

Voyant qu'elle tenait toujours aussi serré son carnet contre elle, je compris qu'elle ne se détendrait pas tant que je serais à ses côtés. Je changeai donc d'avis et mentionnait cet objet qu'elle ne voulait pas que je vois.

- Hey, Autumn, détends toi.
commençai-je avec une voix douce. Je ne vais pas te demander ce que tu caches dans ce carnet si tu ne le veux pas, d'accord?

C'était un petit mensonge. Bien sûr que j'avais envie de savoir, ma curiosité était bien présente mais je ne voulais pas manquer de respect à la jeune femme. Nous avions tous droit à une vie privée. Si elle ne voulait pas partager, je le respecterais. Pour être honnête, je voulais surtout discuter avec elle. Entre mon travail à la cuisine et tout ce qu'il se passait dans ce Temple, je n'avais pas tellement l'occasion de discuter avec Autumn. Et vu mon inquiétude à son sujet, il y avait plusieurs questions que j'avais envie de lui poser.

- En parlant d'eux, qu'est-ce que tu penses des protecteurs?

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04.11.19 13:24
Elle est gentille, Romy. C'est pour cela que je souris, amusée, à son trait d'humour, au sujet des cookies. Personne ne remarquera leur disparition, sauf si je cafte. Et je secoue vigoureusement de la tête pour lui indiquer que son secret serait bien gardé avec moi, que c'est une promesse et que jamais, jamais, je ne brise une promesse. Je n'aime pas particulièrement les menteurs, mais je les tolère. Moi, je mens. Alors ce serait se moquer du monde que de dire que les menteurs sont mauvais... Je ne suis pas mauvaise. Parfois, le mensonge a un sens. Et mes mensonges ont toujours du sens. Dans ce temple aux si nombreux adorateurs de notre dieu, est-ce un trait de génie que d'avouer vois des démons ? Je ne tiens pas à ce qu'ils le sachent, tous ces moutons. Même le révérend ne le sait pas... Malgré tout le respect que j'ai pour lui.
Les menteurs ne me font donc rien. En revanche, ceux qui promettent et ne tiennent pas ces promesses, je les déteste. Ils méritent pas quoique ce soit de ma part. Je déteste les briseurs de promesse. Alors même pour un cookie, je ne dirais rien, parce que j'ai promis. Comme j'ai promis à Winter de ne rien dire de son passé à qui que ce soit, moi, la seule à le connaître réellement. C'est peut-être une pensée égoïste, mais je suis heureuse d'être la seule à tout savoir de lui. Jusqu'aux plus sordides recoins. C'est un truc à nous, rien qu'à nous.

Lorsque je comprend que le silence s'éternise entre nous l'espace d'un instant, je reprend conscience du monde qui m'entoure et sors de mes pensées. Bien plus encore lorsque Romy reprend la parole, mentionnant mon carnet toujours si serré entre mes bras. Mon coeur s'emballe, j'ai l'impression désagréable qu'il fuit de ma poitrine, loin de moi. Il bat trop fort, jusqu'à mes tempes. Elle me demande de me détendre, qu'elle ne va pas me demander c'que je cache dans mon carnet. Mais moi, ça ne me détend pas, parce que ça veut dire qu'elle l'a remarqué malgré tous mes efforts pour le lui cacher. Maintenant, elle sait que je ne veux pas qu'elle en parle. Et si ça aiguisait sa curiosité ? Dans ma poitrine, mon coeur fait toujours la course. Mais je me calme, ça ne sert à rien. Je prend une longue respiration, que j'essaye de garder aussi silencieuse que possible. J'ignore si c'est efficace. En tous les cas, mes bras glissent doucement le long de mon corps et se desserrent. Carnet toujours bloqué entre mes mains, le voilà qui pend au long de mes bras ballants, devant mon ventre. Romy ne va pas te manger, Autumn. Respire. Elle est gentille, elle l'a toujours été avec toi. Respire.
Et je respire.

- D'accord.

Surprise de cette voix qui s'échappe, indépendante, de ma gorge, mon coeur repart. Bon sang, Autumn, tu as fait Justice à un homme. Pourquoi ici, tu redeviens cette chose fragile et apeurée ? Je soupire, plus fort cette fois. Pour chasser cette peur irrationnelle qui s'empare de moi. Je ne veux plus avoir peur. Et je prend mon courage, pour parler encore. Et accepter que je ne puisse pas fuir le monde pour mes cachettes tout le temps.

- Romy ?... Merci.

Au final, peu m'importe qu'elle sache que je ne veuille pas en parler. Tant qu'elle ne demande pas. Et le fait qu'elle respecte ça, me fait du bien. Petit à petit, je me détend et respire à nouveau normalement. Et Romy, elle me pose une question, et moi, je ne sais pas quoi répondre. Ca aurait été si facile, quelques semaines auparavant. Les protecteurs sont des monstres. Voilà ce que je lui aurais répondu. Et pourtant... Winter est l'un des leurs. Et même si je ne le considère pas ainsi, il est persuadé que son leader a raison. Et Dixie... Elle est là-bas aussi. Je la connais, ma Dixie. Je suis sûre qu'elle ne cautionne pas tout ce qu'ils font. Et moi non plus, pas du tout. Pas tout.

- Ils sont dangereux.

Et puissants. Tellement forts. Je me souviens encore du regard que l'Homme a posé sur moi. Je ressens encore la douceur étrange de ses gestes à mon intention, sa voix au creux de mon oreille, étrangement apaisante pour mon âme. Et cet effet qu'il a eu sur moi... Il a fait disparaître le lièvre. Instantanément. Dès l'instant où il a glissé sa batte entre mes doigts. Le lièvre s'est éloigné de moi, emmenant mon étrange jumelle loin de moi. Je déteste ces hallucinations... Qu'est-ce que je pense des protecteurs ? Je n'en sais plus trop rien.

- J'aime pas qu'on entre chez nous pour nous prendre ce qui est à nous, j'aime pas qu'on nous oblige à faire des trucs. Et eux, ils nous obligent. Et puis ils sont toujours là avec leurs armes, alors que nous, on leur fait rien et qu'on reste dans notre coin. J'aime pas qu'ils nous surveille comme si on était leurs esclaves. J'aime pas cultiver nos terres pour eux. Et eux, je les aime pas...

Je crois que c'est ce qu'elle veut entendre. Parce que moi, maintenant, je ne sais pas ce que moi je pense. Alors autant dire quelque chose qu'elle veut ? Et puis... peut-être est-ce maman qui lui a demandé de venir me voir ? Maman s'inquiète trop. Et moi, je n'ai pas envie de lui parler. Je crois qu'elle est jalouse de papa, parce que je lui parle à lui. Et pas à elle. Je crois qu'elle veut me surveiller... Et je ne peux pas lui en vouloir. Je lui en veux pour autre chose... Qu'importe, ce n'est pas maman en face de moi. C'est Romy. Et elle me regarde, alors il faut que je parle. Sinon le silence va trop durer, ce serait bizarre.

- J'ai envie qu'ils partent.

Je la regarde, Romy, dans les yeux. Je suis curieuse, réellement, de savoir ce qu'elle en pense, elle. Alors, je lui demande.

- Toi ? Tu pense quoi d'eux ? Tu crois que Gabriel et les autres devraient faire quelque chose ? Moi j'pense qu'ils doivent s'en aller. C'est pas chez eux, ici. C'est chez nous.

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Romy Harlow
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Ancien métier : Photographe et réalisatrice de documentaires
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14.12.19 9:07
Je sentis qu'Autumn s'agitait et je n'étais pas sûre de comprendre. Qu'est-ce qu'elle cachait de si secret à l'intérieur de ce carnet qui pouvait la faire agir de la sorte? Et le carnet était-il vraiment la cause? Je n'en savais rien. Cette fille était une énigme que je n'arrivais pas à déchiffrer mais je savais qu'au moindre faux pas, je pouvais tout détruire. C'est pourquoi je fis mon possible pour garder un visage impassible alors que je l'observais, comme je l'aurais fait face à une conversation anodine. Lui faire croire que je ne voyais pas du tout son agitation et cette panique qui la traversaient, attendant simplement avec patience qu'elle me réponde, mettant de côté mon inquiétude. Cela sembla porter ses fruits car elle me remercia. Je lui adressai un nouveau sourire. Elle semblait enfin se détendre, ce qui me rassura même si le mystère qui entourait cette adolescente me chiffonnait toujours autant. Je me demandais alors le genre de fille qu'elle était avant l'apocalypse. Comment elle était à l'école, avec ses amis ou ce qu'elle avait comme passe-temps. Cependant, il n'était pas toujours bon de remuer le passé qui semblait bien plus doux que le présent. Je le savais, moi-même je n'aimais pas parler de ce qu'il s'était passé avant. De ma famille. De ma passion. De Dyan. De la prison...

Alors, je préférais parler d'un autre sujet: les protecteurs. J'aimais bien apprendre ce que les membres du Temple pensaient d'eux. Beaucoup étaient d'accord pour avouer qu'ils les craignaient, qu'ils perturbaient la paix instaurée. Cela me faisait rire. De quelle paix parlaient-ils? Oui, nous avions un refuge mais on vivait sous une putain d’autocratie qu'on faisait passer pour une théocratie. A mon avis, c'était une dictature, rien de plus. Je me doutais bien que ce devait être la même chose pour beaucoup de clans de survivants, les Protecteurs étant les premiers, mais c'était pour instaurer l'ordre, pas pour imposer une croyance qui n'avait aucun sens.

En tout cas, l'adolescente, elle, n'aimait pas les protecteurs. Elle trouvait injuste qu'ils nous obligent à faire toute sorte de chose et que l'on cultive nos terres. Sur ce dernier point, elle n'avait pas tort. Mais dans un sens, je comprenais pourquoi ils faisaient ça. Eux aussi avaient besoin de se nourrir pour survivre. Et ils étaient bien décidé à y arriver, peu importe les moyens. Alors, quand elle me demanda mon avis, je décidai d'être honnête. Face à un autre membre du Temple, sûrement me serais-je retenu de dévoiler ma pensée mais je ne considérais pas Autumn comme dangereuse pour ma survie ou celle de ma sœur.

- Je ne sais pas vraiment ce que je pense d'eux. commençai-je en haussant les épaules. Je ne pense pas que leur présence soit forcément néfaste. On ne sait pas ce qui peut nous arriver et si jamais on a un problème, ils pourraient nous aider, justement grâce à leurs armes et leurs effectifs. On est faible face à eux, Gabriel n'arrivera jamais à les repousser même s'il le voulait.

Oh oui, je ne l'y en croyais pas du tout capable. Avoir de la conviction et de la motivation c'était bien. Mais ça ne faisait pas tout. Tant que le révérend n'acceptera pas que tous les volontaires puissent aider à la défense, ils n'iraient pas bien loin. Voilà une chose que les protecteurs avaient compris, eux: même les femmes savaient se battre. J'en faisais part à Autumn, la féministe que j'étais prenant le dessus:

- Les Protecteurs essayent de survivre, comme nous. Alors, dans un sens, je comprend leurs actions. Je pense même qu'ils pourraient nous apprendre des choses bien utiles. A commencer par faire comprendre que les femmes peuvent en faire autant que les hommes. On serait bien plus puissants si la défense n'était pas réservée aux hommes.

Moi-même je me serais portée volontaire depuis bien longtemps. Je haïssais ce foutu job en cuisine.

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Too far away to feel you, But I can't forget your skin. Wonder what you're up to, What state of mind you're in. Are you thinking 'bout the last time Your lips all over me? 'Cause I'd play it in a rewind. Where you are I wanna be ⊹ CODE BY LIZZOU






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12.02.20 18:13
Lorsqu'elle parle, Romy, je l'écoute attentivement. Mon carnet toujours serré contre mon coeur, je fixe mon attention entière sur les mots qui traversent alors ses lèvres. J'ai mon propre avis, pourtant, je suis toujours terriblement influencée par celui des autres, une vieille habitude que j'essaye en vain d'éliminer. J'aimerais être plus forte... et assumer entièrement mes idées. Oh, je les assume et les crie fort, en général, mais pas assez. Ils me prennent tous pour cette gamine que je ne suis plus depuis bien longtemps, une gamine qu'il faut à tout prix protéger. Personne ne l'a jamais fait... ou ceux qui ont tenté n'y sont pas parvenus. Pourquoi aujourd'hui serait-ce différent ? J'en ai marre qu'ils me prennent pour une enfant... Alors, oui, j'ai mes idées. Mais j'aime toujours entendre celle des autres, pour me rassurer peut-être.
Les premiers mots de Romy me surprennent. Comment ne pas savoir quoi en penser ? J'ai toujours cru qu'il y avait deux réponses. Oui ou non. Deux couleurs. Noir ou blanc. C'est ce que l'on m'a toujours appris. Et durant plusieurs années, tout n'a été qu'une longue éternité dans les ténèbres. Tout était non, tout était noir. Et Romy, elle ouvre une nouvelle possibilité qui ne me plait pas. Les protecteurs, qui pourraient nous venir en aide ? Ce sont des monstres, comme ceux qui se faufilaient sous mon lit, lorsque j'étais beaucoup plus petite. Ils me font peur et s'amusent à le faire, avec leurs armes et leurs grosses voix qui grondent dans nos cultures. Je n'ai pas envie d'eux... pourtant, j'entend ses mots et je comprend ses arguments. Nous ne faisons pas le poids, nous ne l'avons jamais fait et ne le feront jamais, car nous ne sommes qu'une bande de croyants soumis à notre dieu et à son messager. Gabriel et les cavaliers ne feront pas le poids, bien que je sois en admiration devant eux et, aveuglée, j'aime à les imaginer nous sauver de ces monstres. Je dois me rendre à l'évidence... Romy a raison. Nous ne sommes rien face à nos assaillants et aux morts.

Je serre mon carnet, encore plus fort, à m'en faire blanchir les phalanges. Les protecteurs essayent de survivre, comme nous. Pourquoi cette phrase me dérange-t-elle autant ? Nous aussi, on essaye de survivre, mais ils viennent, s'invitent sans qu'on ne les ait autorisés à entrer et se servent. On pourrait partager ? Eux, ils se servent, sans rien donner en échange... La suite de sa réponse réveille un autre sentiment en moi. Mes oreilles se dressent, j'écoute plus attentivement et m'accroche à chacune de ses syllabes. Les femmes peuvent en faire autant que les hommes. Je veux être forte, je veux me battre pour ma vie et pouvoir me sauver toute seule, sans l'aide de personne. Ni d'un homme ni d'une femme. De personne d'autre que moi, parce que tout m'a appris qu'une chose: tu seras la seule à être toujours là pour toi. La seule.
J'étais seule, là-bas. Dans cette chambre rouge aux recoins si sombres. J'étais seule et personne n'est venu pour moi, personne ne m'a libérée de mes liens lorsque je hurlais à la mort. Aucun chevalier n'est apparu sur son cheval blanc pour me sauver. Pas même mon Winter... il m'apportait des bonbons, en cachette. Mais je restais captive, tout comme lui. Nous ne pouvions compter que sur nous-même.

Alors oui, je m'accroche à ses derniers mots, à Romy, parce que je veux apprendre des choses utiles, parce que je veux me battre. Pas que pour moi, pour maman aussi, pour papa, pour Jesse et pour les autres. Pour impressionner Gabriel, pour avoir le même regard que celui qui habite Romy, juste là. Un regard d'une confiance absolue, un regard qui hurle cette force qu'on lui étouffe en la laissant se perdre stupidement dans les cuisines.

- Ils essayent de survivre, mais ils pourraient demander. Ils n'ont pas demandé, ils se sont contentés de prendre. C'est pas normal. Rien n'est normal, de toute façon, maintenant, quoique peut-être rien n'a jamais été normal avant non plus. C'était juste l'habitude...

Ma vie avait tout ce qui était des plus anormales, si l'on pouvait appeler ça une vie, lors des deux dernières années avant l'infection...

- Moi j'ai rien contre aider des gens d'autres groupes, j'aime juste pas ceux qui prennent par la force juste parce qu'ils ont plus d'armes et plus de gens. Et après...

Incapable de quitter Romy du regard, je prend une seconde pour regarder ses yeux, plus intensément. Essayer d'y lire quelque chose, n'importe quoi.

- Peut-être qu'on devrait changer des trucs ici, oui. Comme nos rôles à nous, les femmes. J'sais qu'on est plus fortes que c'qu'ils pensent, ma mère l'est, Hilda l'est, toi aussi j'suis sûre. Et moi. On est plus fortes et plus utiles qu'à rester dans une cuisine. Faut juste nous donner une chance... Mais j'crois qu'on sera jamais assez forts quand même...

Depuis que l'on est ici, je suis constamment sur mes gardes. Derrière chaque arbre, chaque bâtiment, je crois la voir, celle qui m'a donné en pâture aux monstres. Je crois déceler son regard caché dans les ombres. Et aujourd'hui, ce sont d'autres monstres que je vois, et les morts. Je suis pessimiste de nature, on m'a obligée à l'être, on m'a faite ainsi. Et je suis sûre que le Temple ne sera jamais aussi fort que les protecteurs...

- J'ai quand même peur d'eux... soit ils nous aident, soit ils nous font du mal. C'est à double tranchant. Et j'aime pas avoir cette menace au dessus de la tête.

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