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 The hunt



Natalia F. Eriksson
The pain doesn't go away

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02.09.19 18:41
Lorsque je ferme les yeux, je revois les tiens. Ce visage aux courbes si douces, ce sourire faisant chavirer mon coeur. Toi qui illuminais le manoir de ta présence, toi qui irradiais le monde de tes rires. Ma princesse. Chaque nuit, je me mens à moi-même, sous les draps. Je mens à mon coeur, oubliant la douleur. Et je t'imagine, dans une maison trop grande, sautiller dans tous les sens, tes longues tresses blondes se balançant dans ton dos. J'ouvre enfin cette large porte d'entrée au vernis rouge et je te vois. Dans une robe d'un blanc nacré. Tu cours dans le grand hall, toi si petite, tu grimpe un grand escalier en colimaçon pour retrouver ton petit frère, caché dans l'un de mes placards. Il sait qu'il n'a pas le droit, pourtant, c'est sa cachette favorite. Je le sais. Et je ne dis rien. Je monte le ton, pour vous prévenir. Et pourtant, je ris de vous regarder courir dans tous les sens, rendant vos grands frères dingues. Mais dans ce grand manoir aux murs si blancs, vous êtes seuls. Tous les deux... Parce que j'ai failli. J'ai baissé ma garde, deux fois. Vous êtes seuls dans ce paradis, sans votre mère. Vous courez, tous les deux. Main dans la main. Et vous m'attendez. Vous nous attendez. Oh mon coeur, tu me manques tant. Et hier... c'était ton anniversaire. J'ai chanté, pour toi. Ma précieuse Ava, merveille de mon monde. J'ai chanté pour toi. Tu aurais eu quinze ans, ma princesse... Tu aurais été si grande, aujourd'hui. Je crève de te serrer contre mon coeur, ne plus te relâcher. Ne plus vous relâcher... Prends soin d'Ilian, pour moi...

Mon poing frappe le sac de sable. Un cri de rage s'échappe de ma gorge, mon poing frappe à nouveau. Encore et encore. Je vois leur visage, jour après jour. Je les sens, si proches de moi et pourtant si loin. J'ai besoin d'eux. De leurs sourires, de leurs regards. Ils ne sont plus là. Et je frappe ce sac, continuellement. Mains ensanglantées, je ne remarque même plus les blessures de mes phalanges. Peu m'importe la douleur, elle me maintient éveillée. Peu importe les regards, ils ne sont rien pour moi. Ces hommes et ces femmes, je les sacrifierai pour revoir mes enfants. Pour sauver ceux qu'il me reste. Mes trois fils, ma fille. Eux seuls comptent... Eux seuls importent. Et je frappe encore, plus fort. Plus vite. Un coup, deux coups, trois coups. J'enchaine, la sueur perle sur mon front, mon souffle s'accélère. Et mon coeur bondit dans ma poitrine. Je frappe. Fort. Et soudain, je pousse un grognement de rage. Je jure, yeux clos, front collé contre le cuir sale du sac. J'inspire doucement, expire. Et je redessine les courbes de leur visage sur la toile de mon esprit, pour ne jamais les oublier. Mes enfants...
Une main se pose sur mon épaule. D'un mouvement vif, rapide, je me retourne, empoigne le poignet de cet inopportun visiteur qui ose déranger cet instant. Qui ose entrer dans mon monde lorsque je pense à mes précieux petits. Il tente de se défendre, souplement, je tord son bras, le ramène dans son dos. Le plaque au sol. Visage contre terre, il baragouine quelques mots. Je lui laisse alors du lest, il peut retourner son visage, prendre une large respiration.

- Putain, Tia !

La colère grouille sous la surface. Cet homme, d'une quarantaine d'années, je le reconnais soudain. Je reviens à moi. Et alors que je relâche ma prise, me relève, il jure encore. J'éloigne la colère qui m'habite, ne la dissimule pas. Pourquoi le faire ? Je suis dans une rage fulgurante. Et il le sait, Georg. Je le fusille du regard lorsqu'il se relève, masse son bras malmené.

- Tu m'emmerdes, Georg. Qu'est-ce que tu veux ?

Ma haine se répand dans ma voix, ainsi que cet accent suédois que tous connaissent. Et dans ma langue, je prononce quelques jurons. L'homme reste planté là, je quitte le sac de sable du regard pour le fixer sur son visage à la barbe hirsute. Cet homme, il m'est fidèle. Plus que les autres. Et depuis peu, il me rapporte beaucoup de rumeurs. Ainsi que chaque mouvement, allées et venues.

- Ils vont dehors, chasser du zombie pour l'arène. J'crois qu'on va avoir droit à un combat, ce soir.

Je l'observe un peu mieux, sourcils froncés.

- Qui ça ?

- Un abruti qui a cru bon de voler des provisions.

Ah, lui. Je l'ai attrapé, deux jours plus tôt. Il manquait des vivres après mes comptes. D'un signe de tête, je congédie mon informateur. Il quitte la pièce, je me retrouve seule. Avec mes pensées. Une sortie. Plus que toutes autres informations, j'en désirais une comme celle-ci, pour aujourd'hui. J'ai besoin de sortir, de me battre. Non pas contre un sac de sable, mais une de ces choses. Le lendemain de chacun de ses anniversaires, j'en extermine un. Une vengeance, mais plus que cela, pour elle. Se rappeler pourquoi elle est morte. Comment. Un hommage. Ramassant mon débardeur, je l'enfile par-dessus ma brassière. J'entreprend de bander mes mains blessées. Et avant de quitter la salle, je m'empare de mon arme, la passe dans mon dos. Un sabre, aiguisé. Pratique, silencieux. Après être passée par notre dortoir pour récupérer mon sac, je prend le chemin de l'entrée, certaine de retrouver le groupe chargé des expéditions à ce point-ci. Une dizaine de minutes d'une marche rapide, j'y parviens. Et tombe nez à nez avec ce fameux groupe. Parmi les hommes et femmes prêts à partir, j'entrevois un visage familier, adoré. Je m'approche doucement.

- Je viens avec vous.

Ce n'est en aucun cas une question.

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Joakim Eriksson
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05.09.19 14:15
Natalia & Joakim



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Une douleur fulgurante qui me réveille au beau milieu de la nuit. Ce visage, ce rire, ces yeux, ces bouclettes. Ma petite sœur. Même si les jours se confondent dans ce nouveau monde, je n’oublie pas ce genre de dates. Elle aurait eu quinze ans hier si la vie n’avait pas décidé de nous l’arracher. Un ange parti bien trop tôt. Alors cette nuit-là, j’ai mal. D’une douleur qui ne peut pas se panser, d’une douleur qui ne cessera certainement jamais complètement. Un manque constant, une absence beaucoup trop présente, un cœur qu’on a envie d’arracher. J’ai mal et par conséquent, le sommeil ne revient pas. Morphée m’abandonne lâchement dans ce désert rempli de peine. Seul face à cette épreuve, une larme roule sur ma joue, puis une seconde que je m’empresse d’essuyer d’un geste brusque.

Ce sera une nuit sans sommeil comme tant d’autres auparavant. Une nuit à me tourner et me retourner une fois que la douleur se sera légèrement apaisée jusqu’à ce que l’aube pointe enfin le bout de son nez et que je sorte de la noirceur de la nuit. Je me lève brusquement, lassé de ce lit qui ne m’est plus accueillant et file vers ce qui me semble le plus libérateur : l’extérieur. Mon arme à la main, toujours prêt à attaquer la moindre menace. Il est tôt, très tôt. Mais je n’en peux plus de rester enfermé. L’air frais me fait du bien, je m’arrête, lève la tête vers le ciel et doucement, ferme les yeux. Le soleil tape contre mon visage et l’espace d’une seconde, je me sens mieux. Est-ce Ava qui m’illumine de ce rayon ? Je soupire un grand coup, compte jusqu’à trois et rouvre les yeux, pour retrouver cette réalité qui me parait terne. J’avais cette habitude à l’armée. Quand les choses me semblaient trop sombres, je fermais les yeux, comptais jusqu’à trois et rouvrais les yeux, à nouveau prêt à affronter le monde. Parfois il me fallait plus de secondes car la vie avait l’air trop moche. J’ai compté jusqu’à quinze une fois, alors que les gens hurlaient autour de moi. Des cris que j’entends encore parfois lorsqu’il n’y a aucun bruit.

Je fais le tour de la base, vérifie les recoins, profite de cet instant de calme avant de me décider à revenir à l’intérieur. On m’accueille d’un signe de tête, je réponds. Je signale à l’un des gardes que tout est en ordre là-dehors et la porte se referme derrière moi. Je profite du calme de l’heure pour aller manger un peu, avant que tout le monde se mette en activité et que ça ne soit blindé. On me rejoint. C’est Charles, l’un des autres gars de la sécurité. « Faut qu’on aille chasser du zombie. » Je lève les yeux un instant de mon assiette avant de les laisser retomber. « C’est pour qui ? » Il ricane et je relève une nouvelle fois le regard vers lui, sans sourire. « Le mec qui s’est fait choper dans la réserve. » Je soupire doucement, dépose les yeux sur les quelques personnes qui nous entourent, puis reviens sur Charles. « T’as trouvé des motivés ou ça sera que nous deux ? » Une habitude de devoir partir seuls quand les autres n’ont pas la possibilité de venir. Après tout, nous n’avons pas besoin d’être cinquante pour capturer ces saloperies. « Y’a quelques gars qui veulent nous accompagner. » Bien, nous ne serons pas seuls. Moins de risque, plus d’organisation. « Parfait. On se retrouve à l’entrée dans vingt minutes. » Il soupire à son tour, remarquant qu’aujourd’hui n’est pas le jour pour un brin de causette et se lève, approuvant mes paroles.

Vingt minutes plus tard, je le retrouve devant la porte principale. Nous attendons le reste des volontaires et je m’appuie contre le mur, l’esprit légèrement ailleurs. Mais je me redresse en remarquant une chevelure blonde venir vers nous. Je jure intérieurement alors qu’elle nous signale venir avec nous. Je m’approche d’elle et lui réponds, dans cette langue qui nous appartient, à nous seuls, provoquant quelques regards interrogateurs. « Non Maman. Je sais pourquoi tu veux venir et il n’en est pas question. » Je baisse les yeux, remarque ses bandages. « Regarde-toi… » Doucement, ma main vient chercher la sienne, attentif au moindre de ses mouvement, prêt à me ramasser ses foudres. Je la connais ma mère. Aujourd’hui est encore plus difficile pour elle et je sais qu’elle veut décompresser. Et après trente ans de vie avec elle, je sais comment elle le fait. « On peut aller se battre à la salle tous les deux si t’en as envie, mais tu sortiras pas. » Je sais qu’elle me dira que je n’ai rien à lui commander mais je vois au fond de ses yeux qu’elle a mal. Et la douleur, ça fait faire des trucs stupides.




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17.09.19 12:49
Cette lueur dans son regard me transperce, et pourtant, ne m'impressionne pas. Mon fils s'approche de moi, n'hésite pas un instant avant de se dresser face à ma décision. Il utilise notre langue, comme toujours, lorsque l'on cherche à éloigner les autres de nos conversations. Et ces regards qu'ils nous lancent, ces autres, ne m'atteignent pas, ils n'ont aucune importance pour moi. Seul mon fils ose s'élever face à sa mère, en vain. Il baisse les yeux, remarque mes bandages que je ne dissimule pas. Peu m'importe que l'on remarque mes cicatrices, le regard des autres m'indiffère.
Les raisons de ma présence ici sont évidentes pour mon fils, il sait ce que j'attend. Sa main, doucement, vient chercher la mienne, s'en empare tendrement. Rien ne perturbe l'expression dure de mon visage, j'observe toujours mon fils. Muette. Sa voix résonne à nouveau, prêt à tout pour m'empêcher de rejoindre leur groupe. Doucement, un sourire malsain se fraye un passage sur mes lèvres toujours closes. Et dans ma poitrine, je sens mon coeur battre fort, mes tempes brûler sous la douleur du jour. La colère bouillonne, j'inspire profondément alors que ce sourire se fait toujours menaçant.

- Mon fils, mon intonation t'a-t-elle donné l'impression d'une demande ? Je viens avec vous. Ce n'est pas négociable.

Il n'a aucun ordre à me donner, mes enfants l'ont toujours su. Je suis leur mère, ils sont mes enfants. Bien qu'adultes, ils restent mes petits. Et même s'ils ne l'étaient pas, je ne prend d'ordres de personne et ça, tous au Coliseum le savent. Je feinte seulement parfois d'obéir à ceux de nos leaders, bien qu'ils me demandent conseil. Natalia Eriksson n'obéit qu'à ses propres pulsions et toujours pour le bien de sa chair et de son sang. Joakim le sait. Et je comprend ses inquiétudes, il s'est toujours comporté ainsi.
J'inspire profondément, relâche la main de mon fils, fait glisser la mienne sur son visage. Ignorant ceux qui nous entourent, reprenant la conversation dans notre suédois natal.

- Je n'ai pas envie de me battre à la salle, j'en reviens, tu le vois. Et je vais sortir, que tu le veuilles ou non. Alors soit je viens avec vous, soit je sors seule. A toi de voir.

Malheur pour moi, mes enfants ont tous pris de leur mère. Un tempérament ardent. Et autant je sais qu'il ne laissera pas tomber, autant il sait que je sortirai qu'importe son avis. Ma main quitte la joue de mon fils, je me retourne et sors de notre bulle. Face aux autres, je retrouve mon expression dure. Mes poings se serrent, je ressens la brûlure des bandages sur mes phalanges meurtries. Je reprend l'anglais, accentué de mon accent nordique.

- On attend qui encore ?

Personne ne me répond, je me retiens de crier sur ces abrutis. Leur respect, je l'ai obtenu rapidement. Aussi aisément que la crainte que je leur inspire. Cruelle et sanglante, je ne retiens jamais mes coups face aux virulents, face aux ennemis. Face aux nôtres, parfois aussi. Ils ont appris à ne pas me barrer la route, pour la plupart. Ils ont appris à laisser la place, à s'éclipser parfois. Mes enfants seuls ont un passe-droit. Alors, comme souvent, aujourd'hui aussi, ils ne prennent pas immédiatement la parole face à moi, attendant qu'un autre le fasse. Je m'impatiente, le fait savoir d'un soupire agacé. Et enfin, un gamin prend un semblant de courage et s'avance d'un pas pour avouer que tous les volontaires sont arrivés. Je me retourne vers mon fils, plante mon regard dans le sien, reprend notre suédois, ces mots n'étant destinés qu'à lui seul.

- Que préfères-tu. Venir avec moi ou que j'y aille seule ?

Sa réponse, je la connais déjà. Je ne lui laisse pas le choix.

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23.09.19 14:00
Natalia & Joakim



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Je la reçois, la sentence. Elle me répond, dans notre langue, ne sourit pas, et je reconnais là ma mère, celle qui m’a élevée. Qui suis-je pour oser lui demander ça, si ce n’est son fils, sa chair. Mais elle n’en a toujours fait qu’à sa tête et je doute qu’un jour l’apocalypse la rende différente. Dans ce milieu, elle est enfin dans son élément. Elle a toujours vécu dans le chaos, y a été forgée. Elle se sent enfin elle, libre. Elle ne laissera donc jamais personne lui remettre des chaînes, encore moins ses enfants.

Je soupire, lorsqu’elle me répond. Agacé de ne pouvoir la faire changer d’avis, agacé de recevoir toujours le même discours. Je le sais bien que ce n’est pas négociable et elle le sait bien que j’ai moi aussi ma tête. C’est certainement pour cette raison que sa main vient se poser contre ma joue. Mais la douceur de sa main contraste avec la dureté de ses nouvelles paroles. Un ultimatum, comme toujours. Soit je me plie à sa volonté, soit je la laisse faire seule. Et je soupire une nouvelle fois avant qu’elle ne me lâche et s’adresse nerveusement au reste du groupe. Je les scrute, ces autres, attendant que l’un d’eux ose lui répondre. Il se fait attendre, elle peste et intérieurement, je souris. Ma mère est une vraie lionne que l’on a enfermé dans une cage, prête à bondir, rugissant contre quiconque s’approchant trop près des barreaux. Une prison qui lui sied pourtant bien.

Ma tête se tourne vers le courageux, puis vers ma mère alors qu’elle s’adresse une nouvelle fois à moi. Je rirais presque à sa proposition, mais ne me risque pas à le faire. « J’étais là avant toi, Maman. Si tu penses un instant que je vais rester ici et te laisser décimer la terre entière, tu te trompes. » Je soutiens son regard un instant, me redresse même pour la dépasser largement. Je ne sais pas ce que je cherche, mais avec ma mère, il a toujours fallu prouver nos capacités. Un bête jeu de « qui a la plus grosse » comme on disait avant toute cette merde.

Et je lâche son regard, me tourne vers nos compagnons pour lancer un « Allons-y ! ». La troupe se met doucement en route. Nous ne sommes pas énormément, mais largement suffisamment pour attraper des virulents. J'aurais même préféré être moins. Nous risquons de nous marcher dessus et je déteste ça. J'aime que les choses soient claires, que chacun sache ce qu'il doit faire et s'en tienne à ça. Et je peux déjà dire en voyant les dernières recrues du groupe que ça ne sera pas le cas. Des jeunes avec moins d'expériences, juste intéressés par le danger de la sortie. Ces jeunes qui, à l'armée, nous auraient tous mis en danger. Mais ils sont là, ils en ont le droit, je n'ai aucun pouvoir de décision et ça ne m'intéresse de toute façon pas, il faut donc faire avec. De plus, je sais que ma mère se fera un malin plaisir à les remettre à leur place, ce qui me fera certainement sourire.

J'adapte d'ailleurs mon pas au sien, regardant d'abord l'horizon, guettant le moindre danger de mon côté. Puis je lui lance un petit regard, risque un petit sourire. « Ça me plaît pas que tu sois là, mais je suis quand-même content. » Pour d'autres, ça ne veut strictement rien dire, mais elle comprendra. Elle sait ce que je veux dire. Je lui ressemble sur énormément de points et quand il s'agit de protection de notre famille, c'est comme si j'étais son copié-collé.




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01.10.19 8:20
Rien n'empêche ce sourire de prendre place sur mon visage. Pas de doute, il est bien mon fils. Toujours à s'élever contre moi, presque insolent parfois. Que puis-je y faire ? Il tient de moi. Et à mon ordre presque cinglant, implacable, il répond. Il soutient mon regard un instant, j'hausse un sourcil et ne bronche pas. Il me dépasse pourtant largement, mais se redresse, comme lorsqu'il était enfant, pour me dépasser plus encore, prouver qu'il est aussi fort que sa mère. Sauf que ce stratagème ne fonctionne pas plus aujourd'hui qu'auparavant. Je ne me laisse pas impressionner, encore moins par mon propre sang, bien que leur avis compte davantage que ceux des autres. Eux seuls sont capables de me stopper, bien que dans certaines situations, leur avis ne m'importe que peu. Je suis une lionne que l'on a libérée, refusant de retourner en cage. Personne ne m'empêchera d'accomplir mes desseins. Pas même ce fils pour qui je porte un amour inconditionnel, un amour dépassant la raison même.

- Oh, je ne compte que décimer quelques rôdeurs aujourd'hui, rassures-toi. La terre entière attendra encore un jour ou deux.

Entre nous, le silence plane. Puis enfin, il brise le lien, lâche mon regard et se retourne vers ses compagnons pour lancer un ordre de départ. Il lui est impossible de refuser ma présence, que j'impose. Et la troupe se met en marche. Sept silhouettes. Quatre hommes, trois femmes. Et moi. Huit soldats pour capturer des virulents. En vérité, sept seulement ont pour but la capture. Je ne désire que la vengeance. Et mon fils, le sait. Il connait le rituel, il connait l'importance qu'il a pour moi. Et comme chaque année, il tentera de m'en dissuader, parce qu'il est comme ça, qu'il est comme moi. La protection et la survie de son clan compte plus que tout. La survie de sa mère. Car aujourd'hui, la colère me consume et quiconque me contrarierait le mesurera à la hauteur du dérangement. Lorsque mon regard capte ceux, fuyards, des jeunes ayant rejoint le groupe d'expédition, une certitude m'envahit. Ils n'ont aucune expérience. Et je jure que s'ils devaient faire échouer ma mission, je ne répond plus de moi. Qu'importe qui ils soient. Pourtant, leur attitude envers moi me confirme une chose, ils ne tenteront rien qui pourrait me contrarier. J'espère alors qu'ils ne traineront pas dans mes pattes.

J'inspire profondément alors que nous quittons la base. La silhouette de mon fils se fraye un passage à mes côtés, il adapte son pas au miens. Alors que nous nous éloignons de notre foyer, mes instincts se décuplent, mon attention triple. A la recherche du moindre mouvement, du moindre grognement. J'entrevois soudain le visage de mon fils qui se tourne vers moi, je risque un regard dans sa direction et capte son léger sourire. Dans ma poitrine, ce coeur garde son rythme régulier. Seulement, lorsque je plonge mon regard dans le sien, je ressens cette intense passion qui bat pour lui. Pour eux. Je suis dure, exigeante, mais mon amour est infini. Je me sacrifierai pour eux, maintes et maintes fois. Et je les vengerai... Une vie pour une vie. Un monstre pour mon enfant. Pour mes enfants.
La voix de Joakim me parvient, je retrouve la réalité et le visage de mes merveilles s'effacent. Du coin de l'oeil, je couve mon fils du regard. Je souris. Parce que ses paroles, j'en sais la signification. Il est une part de moi, me ressemble en certains points. Et je suis fière de lui. Fière de cet instinct de protection familial qui l'habite. Le reflet de sa mère.

- Je le sais bien, que ça ne te plait pas.

J'en ai besoin, pourtant. Besoin d'exprimer la douleur, besoin de vengeance. Et frapper dans un sac de sable ne suffit pas, ne suffit plus. Il me faut entendre les hurlements du monstre, planter mon regard dans le sien. Lui rendre justice. Et sentir l'adrénaline brûler mes veines, avoir l'impression de ne pas avoir failli. En tant que mère...

- Je suis heureuse de faire ça avec toi, Joakim.

Rares sont les démonstrations d'affection, rares sont les instants où je déclare mon amour. Mes enfants l'ont compris depuis bien longtemps. Et lorsque mon visage se referme, retrouve cette expression assurée, exigeante, je sais qu'il n'est pas dupe. Qu'il a compris le message dissimulé dans cette phrase pourtant si banale pour une mère. Je suis fière de mes enfants, ils le savent tous malgré tout. J'aime mes enfants, ils le savent malgré le manque de mots. Et en cet instant, prononcer ces quelques mots signifie beaucoup. Joakim le sait. Mon premier fils...
Un éclaireur brise notre bulle, s'approchant de nous. Un signe de tête, il pointe une direction de la main.

- On a repéré un petit groupe de virulents par là-bas. Une dizaine, je pense. Qu'est-ce qu'on fait ?

- "Je pense" ?

La remarque acerbe sort seule, accordée d'un haussement de sourcils et d'un regard accusateur. Quel manque de rigueur...

- Euh... non, dix. Ils sont dix.

Il bafouille, me regarde quelques instants, son regard ne sait plus à quel visage se fier. Alors, ses yeux fous passent d'un visage à l'autre, attendant le premier ordre. D'un Eriksson ou de l'autre. Aussi étonnant que cela paraisse, je laisse la parole à mon fils. Je n'ai fait que me greffer au groupe, il en est à la tête. Pourtant, je confesse aisément que je ne me gênerai pas à émettre des remarques si ses décisions ne me conviennent pas.

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24.10.19 5:51
Natalia & Joakim



The hunt


Cette bulle me fait toujours ressentir cette sensation spéciale lorsqu'elle apparaît. Ce sentiment d'être nous contre le reste du monde. Tant que nous sommes les Eriksson ensemble, rien ne peut nous arriver. Même si je sais que c'est faux. Ce jour même nous le prouve chaque année. Elle serait là, avec nous, notre Ava, si les Eriksson étaient bel et bien invincibles ensemble. Ilian aussi. Cette sensation de douleur extrême au creux de moi ne se ferait pas ressentir. Mais lorsque ma mère m'intègre dans sa bulle à elle, le reste du monde ne compte plus, la douleur disparaît l'espace d'un instant. Et ces mots. Il ne suffit que d'une phrase pour que je sente mon coeur se réchauffer. Une phrase simple, banale pour d'autres familles, mais qui, chez nous, représente tout un monde. Ma mère ne montre jamais ce qu'elle ressent, la douceur ne fait pas partie de ses habitudes, alors une phrase comme celle-ci, prononcé au creux de ses lèvres, c'est un cadeau inné que je m'empresse d'attraprer et de garder près de moi. Rares ont été les déclarations de ce genre, mais chacune d'entre elles reste gravée dans ma mémoire. Notre mère nous aime, nous le savons, elle nous fait confiance comme à personne d'autre et je suis fier d'avoir ce privilège.

Je ne réponds pas à sa démonstration, peu habitué à le faire et ne voulant pas briser ce moment spécial. Surtout qu'un des éclaireurs revient vers nous. Des informations, peu précises, certes, que ma mère s'empresse de relever, pour le plus grand malheur de l'éclaireur. Il bafouille, blêmit et intérieurement, j'en ris. Natalia Eriksson ne laisse rien passer, la précision est de rigueur et ce pauvre homme finira par le comprendre au fur et à mesure de son séjour au Coliseum. Il ne sait d'ailleurs pas à qui s'adresser et je me contente de jubiler en silence, droit, fier, comme ma mère. Elle me laisse lui répondre et sans lui accorder un regard, je le fais. « On est venu jusqu'ici pour capturer des virulents, on va pas passer à côté sans rien faire, non ? » Il blêmit une seconde fois et contrairement à ma mère qui se serait contentée de lui rire au visage, je lui souris, pour le détendre. J'ai beau avoir hérité du caractère de ma mère, je préfère prendre soin de mes troupes. L'homme reprend des couleurs, et sans un mot de plus, je me mets en route.

L'homme me suit, peu sûr de ce qu'il est censé faire et d'un geste, je lui demande de venir à mes côtés. Il s'exécute. « On va rejoindre les virulents et former deux groupes. Une équipe se chargera de les attirer alors que l'autre les attrapera. » Il m'écoute, attentivement, et je retrouve cette impression que j'avais en m'occupant de mes frères et soeurs, celle d'être une figure paternelle, un grand frère. L'éclaireur ne m'a pas l'air bien vieux, il n'a certainement pas eu l'occasion de faire toutes les expériences de la vie dont il aurait eu besoin, contrairement à d'autres du groupe, des militaires. Alors je décide de le prendre sous mon aile, un peu éloignés de ma mère, puisque je sais qu'elle n'approuve pas ce genre de comportement. Nous ne sommes pas de la famille, nous ne sommes pas amis, ils doivent obéir sans rechigner et assumer leurs décisions. Mais je ne suis pas de cet avis. Nous vivons tous ensemble à présent et pour une bonne majorité, je les considère comme bien plus que de simples survivants que je croise banalement dans les couloirs. Il ne vaudront jamais ma famille, certes, mais ils valent tout de même quelque chose à mes yeux. « Compris ? » Hochement de tête de sa part. « Alors passe le message aux autres. » Je pourrais le faire moi mais ce gamin semble paumé et a besoin d'un but. Il doit d'ailleurs bien se débrouiller puisque la troupe commence à discuter entre elle pour s'organiser. Quelques minutes plus tard, il revient vers moi. « Ils sont prêts, Chef. » Je soupire. « Joakim, s'il-te-plaît, pas Chef. » Je n'ai rien d'un chef et je déteste qu'on me considère uniquement comme tel. Oui je dirige le groupe mais je ne suis en rien leur chef.

Le lieu indiqué par l'éclaireur s'approche et on peut déjà entendre au loin le râlement des virulents. Alors je m'arrête, indique aux autres de faire de même et sors mes jumelles pour observer les alentours. Ils traînent dans une ruelle, bloqués par divers containers et autres objets. Ce n'est pas l'endroit le plus pratique pour les capturer. Trop étroit, trop facile de se retrouver coincé. Alors je me tourne vers mon équipe et prends la parole. « Il faudra les attirer hors de la ruelle pour ne pas se mettre en danger inutilement. Le mieux serait de les faire sortir un par un et de bloquer les autres. Si vous trouvez des planches ou de quoi vous cacher pour les bloquer, prenez-les. Ne prenez aucun risque inutile. Je préfère avoir un virulent en moins qu'un membre. » Ils hochent la tête et je leur indique d'y aller. Au lieu de les suivre ou de les mener, j'attends ma mère et une fois à ma hauteur, je prends la parole, dans notre langue, tout en gardant les yeux sur notre groupe qui s'éloigne. « Je sais que tu vas pas participer à notre expédition et que tu vas aller faire de ton côté ce pourquoi tu es là. Je t'en garde un pour toi si tu veux, mais reste avec nous. » Lentement, je cherche son regard. C'est beaucoup lui en demander, mais je ne veux pas qu'elle prenne de risque, elle non-plus, et qu'elle se retrouve seule. « On peut même partir en chasse tous les deux, plus tard. Moi aussi je me défoulerais bien. » Elle n'est pas la seule à souffrir aujourd'hui et moi aussi, j'ai besoin de décompresser. Même si je ne le ferais pas de cette manière nécessairement, j'apprécie quand je peux passer du temps avec ma mère, peu importe de quelle manière.



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Natalia F. Eriksson
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06.11.19 11:46
La fierté d'une mère ne se mesure pas à des mots, mais à la force du regard qu'elle pose sur son enfant. Et ce regard, que cet enfant-homme reçoit, est de la hauteur d'un roi. Lorsque j'entend sa voix, sa force, cette assurance. Cet enfant, je l'ai élevé, seule. Et je l'ai bien élevé. Il sait ce qu'il a à faire et il le fait, relevant la tête, fier. Je suis fière de mon fils. Et dans mon regard, je le sais, on ne peut lire que cela. Pourtant, peu m'importe que l'on distingue cette faille en moi. Mes enfants ne sont pas une faille, ils sont ma force, et tous ici l'ont bien compris. Quiconque osera en toucher un seul subira ma colère. Alors, peu m'importe si l'on décèle dans mon regard glacé cette passion sans commune mesure que je leur porte. Parfois, je laisse les sentiments me prendre. Et aujourd'hui, je me laisse envahir par eux. Je me laisse envahir de souvenirs, de pensées, tant douloureuses qu'enivrantes. Je me souviens des sourires de son frère et de sa soeur, ils l'aimaient tant. Ava aimait son grand frère... plus que tout. Ilian essayait de l'imiter, en vain. Ilian n'a jamais été comme eux. Comme moi. Non, il était doux, tellement plus doux. Et innocent. Comme sa soeur. Comme ils aimaient leurs ainés...
Joakim est bien plus bienveillant que moi. Lorsqu'il sourit à cet imbécile, je ne peux m'empêcher de relever les yeux au ciel. Quelle perte de temps que de tenter de détendre un homme qui ne devrait pas même faire partie de cette expédition, considérant son peu de self-control. Regardez-le comme il tremble, évitant de me regarder dans les yeux. Il a peur de moi. Et moi, je le fixe, paupières légèrement plissées, l'observant intensément. Parfois, je m'amuse de ce jeu. Les intimider. Je les trouve drôles, bien que la plupart du temps pathétiques. Ils me craignent comme ils craignent les morts. Quelle idée... Les morts ne sont-ils pas plus inquiétants que moi ? Ils dévorent. Pour moi, tant qu'ils restent utiles, ils survivront. Bats-toi ou crève.

La pauvre petite chose laisse passer mon fils qui prend enfin la route, le suit. Réajustant le sabre dans mon dos, redressant le buste, je me met en route à leur suite. Joakim lui fait un geste, l'homme s'avance à ses côtés alors que je reste en retrait, continuant mon observation. Leur discussion ne m'importe que très peu, je sais ce qu'il manigance. Joakim a toujours été gentil, malgré les apparences. Il a toujours eu cette chose qui m'échappait, tous les six l'ont toujours eu. Ils ont malheureusement hérité de cette chose... cette chose tapie dans mon corps, apeurée, qui s'est enfouie depuis des années déjà. Depuis Sofia... La gentillesse est une absurdité, l'amour est une idéologie d'un autre temps. D'une époque révolue. Pour quelles raisons devrions-nous fraterniser avec d'autres lorsque la survie seule compte ? Je ne cautionne pas l'attitude de mon fils, cette attention qu'il porte aux autres. A ceux qui ne sont pas de la famille. Qu'ils obéissent, sans rechigner. Braves petits soldats.

Leur échange se termine, le petit pion s'éloigne pour rejoindre les autres, faisant passer le message donné par leur chef d'expédition. La troupe se met à discuter, je reste toujours en retrait. Peu m'importe la chasse aux rôdeurs, je ne compte pas les ramener vivants. Les murmures continuent, le gamin revient vers mon fils et je devine que les plans sont en place. Bien, nous n'allons plus perdre de temps. Nous nous approchons enfin, des râles se font entendre au loin. Je me stoppe, quelques instants avant que mon fils fasse de même, imité de tout le groupe. J'attend, bras croisés, qu'ils prennent leur décision. Je prendrai les miennes ensuite. De nouveaux ordres, je les écoute distraitement. Peut-être les aiderai-je, pour finir plus vite. Et parce que, aussi étrange que cela puisse paraître, je comprend mon fils et ses pensées qui me passent au-dessus de la tête. Aucun risque inutile, pour ne perdre personne. Ses paroles sont sincères, je le sais. Moi je ne veux simplement pas perdre de soldats. Ces derniers se mettent enfin en marche, pour dérouler le plan de leur chef. Je m'apprête à les suivre lorsque je croise le regard de Joakim qui m'attend. M'arrêtant à sa hauteur, je l'observe. Il prononce quelques mots, dans notre langue, et ne me surprend avec aucun d'entre eux.

- Je ne comptais pas vous aider, non. J'peux rien te cacher.

Pas le moindre sourire sur mon visage, ni la moindre émotion. Devant son expression à lui, je capitule. Ce regard, je le connais. L'inquiétude, l'envie de protéger, de suivre. Et il se mettra en danger, pour sauver ses ridicules compagnons, pour pouvoir me retrouver et s'assurer que je rentre entière. Impossible pour moi de le laisser seul, sachant qu'il se mettra probablement en danger pour sauver sa mère qui se débrouille très bien seule.

- Je veux bien céder cette fois-ci. Je vous aide, ça ira plus vite, et après on va se défouler sans les autres dans nos pattes. Marché conclu ?

Un cri nous parvient, fait tourner nos têtes. Et je grogne avant d'extirper mon sabre de son fourreau. Lame au clair, je n'attend pas plus longtemps avant de me diriger, au trot, dans la direction qu'ont pris le reste du groupe, sans me préoccuper de savoir si mon fils me suit. Nul besoin, j'en suis convaincue. Quelle bande d'imbéciles... Je parviens à l'angle de la rue et tombe nez à nez avec l'un de ces rôdeurs en proie avec le gamin, incapable de le retenir. Je m'avance, décapite le mort sur le coup. Je stoppe mon fils d'une main derrière moi, prenant conscience de la scène qui s'offre à moi. Les hommes ont tenté d'attirer l'un des rôdeurs hors de la ruelle, se protégeant de tout ce qu'ils ont pu trouver. C'est plutôt une réussite. Ils bloquent l'accès à la ruelle, en ont fait sorti qu'un. Plutôt bien joué, je l'admet. Le cri était celui du gamin, qui apparemment a voulu trop en faire en se chargeant de ce premier virulent. Rien de grave, les autres parviennent à contenir les neuf autres rôdeurs devant les containers qui les coincent, à l'aide de tout et n'importe quoi. Le rôdeur que j'ai décapité était ce premier qu'ils tentaient de capturer. Je lance un regard mauvais au gamin qui une fois de plus me dérange.

- Espèce d'imbécile ! Putain, on va pas y passer la journée ! Tu t'met de côté et t'interviens pas. J'te donne qu'une seule chose à faire, surveille qu'il en arrive pas d'ailleurs. Tu peux l'faire ou c'est trop demander ?

Ma voix résonne, forte, teinté de mon accent nordique prononcé. Il se recroqueville, misérable, ce gamin incompétent. Et l'ignorant subitement, je me retourne vers les autres hommes.

- Bon, faites-en sortir un. On va s'en charger, Joakim et moi.

Je me retourne vers mon fils, lui fait un signe de tête. Tout cela ira bien plus vite ainsi.

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