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 Jusqu'à en oublier ton nom - ft Nancy



Logan Dwyerd
The pain doesn't go away

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Ancien métier : Professeur d'histoire de l'art et d'arts visuels à l'université de Kelowna
Occupation : Bricolage, maintenance et parfois expédition
Statut civil : Anciennement marié, surement veuf aujourd'hui
Lieu de naissance : Dans le trou du cul du Québec

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06.10.19 7:07
Jusqu'à en oublier ton nom

    Nancy & Logan

    


Les rideaux rouges bordeaux tirés sur les grandes fenêtres en bandeau, l'amphithéâtre était plongé dans l'obscurité. Ça et là, entre les rangées de fauteuils durs et inconfortables, les étudiants attendaient dans l'ombre, leurs visages parfois éclairés par leurs tablettes et téléphones portables. Le vidéoprojecteur, placé en hauteur dans le fond de la pièce, diffusait une clarté pâlotte et bleutée qui leur donnait à tous des airs de fantômes. Le faisceau de lumière qui traversait l'air venait terminer sa course sur un grand écran qui pour le moment ne montrait rien d'autre qu'un immense monochrome bleu très Yves Klein.
Le professeur jura dans sa barbe, penché qu'il était derrière l'ordinateur préhistorique qu'il essayait de brancher au câble du projecteur. Enfin, après quelques minutes de tentatives infructueuses, une image de bureau Windows apparut à l'écran, immense dans l'obscurité régnante. Le dos douloureux, mais satisfait de son petit exploit matinal contre la vile technologie, Logan se redressa de toute sa hauteur et se retourna vers son auditoire. « Je vous pris de bien vouloir excuser ce petit contre-temps... bien alors, où en étions nous restés la dernière fois ? » Baissant les yeux, l'enseignant ouvrit un cahier qu'il avait posé sur le bureau juste devant lui, et après une rapide vérification, il releva la tête vers ses étudiants qui attendaient en le regardant. Rapidement, les murmures se tarirent et les stylos se dressèrent, prêt à prendre note. « Ah oui. Nous avions parlé de cette question du statut des œuvres d'art, et plus particulièrement de la place de ces œuvres d'art dans notre société. Ce que je souhaitais aborder avec vous aujourd'hui, c'est une autre question, dont la réponse découle de ce que nous avons déjà vu. Cette question c'est, pourquoi est ce qu'une œuvre va traverser l'histoire et le temps ? Qu'est ce qui fait que telle ou telle peinture se retrouve au musée et pas dans votre cuisine ? Ou à la décharge ? On ne compte plus les œuvres qui se sont perdues à travers les époques, tous les dessins jetés ou abandonnés, les créations détruites, soit par leur propre créateur, soit par la vie et le temps. Mais alors, qu'est ce qui fait qu'une œuvre plaît ? Pour essayer de répondre à cette question, nous allons si vous le voulez bien nous penchez sur un cas particulièrement intéressant et surtout mondialement célèbre... » En disant cela, le professeur fit glisser la souris de son ordinateur et ouvrit un fichier dans laquelle se trouvait une suite d'image. Il double-cliqua sur la première. Le portrait d'une femme apparut sur l'écran, agrandit et magnifiée par la vidéoprojection. Son regard, son sourire, sa posture, tout en elle était si connu qu'il ne fallait pas une seconde pour la reconnaître. Quelques instants, Logan se tut, laissant le temps à ses élèves de regarder la Joconde, de faire une fois de plus connaissance avec elle. C'était important de leur laisser le temps de regarder. « Mona Lisa... » Reprit-il d'une voix calme « On ne la présente plus. Cette toile est certainement l’œuvre peinte la plus célèbre au monde, celle que nous avons tous déjà vu au moins une fois en reproduction, à la télévision, et pour les chanceux qui sont déjà allé à Paris, en vrai au musée du Louvre. Cette œuvre est sans doute d'une des plus inestimable de notre temps, la plus inestimable sans doute... mais alors... pourquoi elle ? Pourquoi elle plutôt qu'une autre ? Qu'est ce qui fait que cette toile, réalisée par Leonard de Vinci à partir de 1503 est devenu le symbole qu'elle est aujourd'hui ? Regardez la... regardez la bien ! Qu'a-t-elle de plus ? Après tout, ce n'est que le portrait de la femme d'un riche marchand florentin réalisé sur un panneau de peuplier... rien ne la destinait à la réussite qu'on lui connaît désormais. Il y a forcément quelque chose qui a créée cet engouement, quelque chose qui est à l'origine de sa réussite, mais quoi me direz-vous ? Et bien plusieurs pistes s'offrent à nous. J'aborderai ses pistes en trois temps, m'intéressant tout d'abord à la représentation elle-même, puis nous aborderons la question de la technique du Sfumato utilisée ici, et nous terminerons sur une dernière hypothèse qui nous permettra peut être d'y voir un peu plus clair dans toute cette histoire... Est ce que vous avez des questions jusque là ? Bien alors rentrons dans le vif du sujet. Cette œuvre est donc un portrait de Mona Lisa, de son nom complet Lisa di Antonmaria Gherardini, épouse de Francesco di Bartolomeo di Zanobi del Giocondo, un marchand d'étoffes florentin. On remerciera d'ailleurs à la postérité de n'avoir retenu qu'une partie de son patronyme... La célébrité du tableau de l'épouse de Giocondo, la Joconde donc, a longtemps été pensée comme dû à son mystérieux sourire. » D'un clic de souris, une nouvelle image apparut, un agrandissement de la bouche de Mona Lisa. La reproduction, de très bonne qualité, laissait voir les craquelures du médium sur la surface lisse du bois. Pourtant, le sourire, d'une discrétion à la fois pudique et envoûtante, n'avait pas perdu de sa superbe. « Le sourire de la Joconde. Ce si léger sourire, à peine une esquisse aux coins de ses lèvres, a déjà fait couler beaucoup d'encre. On a souvent dit que c'était ce sourire qui avait su au cours des siècles charmer ses spectateurs. Les charmer... mais est ce que tout le mystère ne réside que dans le sourire ? Certes non... car regardez un peu celui-ci. » Un autre clic et un nouveau sourire, très semblable au premier, apparut sur l'écran. Silencieux, tous les yeux de l'assistance étaient tournés vers ce sourire. Observant les réactions de ses élèves, Logan fit défiler une nouvelle image, le tableau à qui appartenait le deuxième sourire. « Voici St Jean-Baptiste, une autre œuvre de De Vinci, réalisée soit un peu après, soit en même temps que la Joconde. Ne voyez vous pas des similitudes dans la représentation ? Comme un air de famille ? Et que ce passe-t-il si je vous montre celle ci ? » Une autre image. « ou encore celle-ci ? » Un silence tomba dans la salle. Le professeur se tut à nouveau, laissant ses paroles comme suspendues dans l'air, affichant une nouvelle image, comme une mosaïque de plusieurs dessins et peintures réalisées par le maître italien. « Ils ont tous le même sourire... » Les yeux ronds des étudiants regardaient l'écran, les sourcils froncés, réfléchissant.
D'une voix et d'un ton de plus en plus aminé par ce qu'il était en train de dire, galvanisé par l'attention que ses élèves lui portaient, Logan continua son cours. Mais petit à petit, alors qu'il répondait à la première main levée, la scène se brouilla, les contours des silhouettes devenant moins nettes, plus sombres. Un halo de brume envahit l'amphithéâtre, un voile recouvrit les voix, comme si on écoutait à travers un mur d'eau. Doucement, les images se dissipèrent, jusqu'à disparaître totalement.


Logan ouvrit les paupières.


La pièce dans laquelle il se trouvait était beaucoup plus petite que celle du souvenir, mais la même obscurité y régnait. La lumière, cachée par la fenêtre condamnée par des planches clouées à la va-vite, passait à peine. Le temps maussade du dehors n'aidait en rien. Depuis qu'il avait émergé de ses songes tortueux, il n'avait pas cessé de pleuvoir, à croire que l'été était déjà passé que que l'automne s'installait sur Kelowna.
Silencieux et immobile, l'ancien professeur se tenait debout dans ce qui avait autrefois été son bureau à l'université. L'endroit n'avait pas changé, hormis la poussière qui avait pris possession des lieux. Les dossiers, les objets, les livres, toutes ses affaires, rien n'avait bougé. Tout était à sa place là où il les avait laissé, deux ans plus tôt... deux ans. Si l'espèce de coma duquel il venait de sortir n'avait duré que trois semaines, il lui en avait coûté beaucoup plus. Deux ans de vie, de souvenirs, disparus. Ce qu'il avait vécu, ceux qu'il avait rencontré, connu pendant cette période, il n'en restait rien dans sa tête, rien que des fantômes et des réflexes étranges. Le jeune docteur qui l'avait soigné... James ! Euh... oui... oui c'était bien ça, James... avait dit que son état était sans doute dû à un choc d'une extrême violence, psychologique autant que physique, et que l'amnésie était un moyen trouvé par le cerveau pour s'en protéger. Peut être que ça allait revenir, peut être pas. Quoi qu'il en soit, le résultat était que Logan se sentait parfaitement perdu et démuni dans ce nouveau monde qu'il devait entièrement redécouvrir. Et quel monde !! Accepter que tout ce qu'il avait toujours connu, toute sa vie, sa famille, l'université, que tout était parti en fumée, avait été une réalité très dure à encaisser. Pour lui, la fin du monde n'existait que dans les livres et les films d'anticipation. Mais la fiction avait désormais sa place dans la réalité, et des morts-vivants marchaient comme des passants dans les rues d'un monde qui avait bel et bien sombré. Mais tout en sachant cela, il était difficile pour l'ancien professeur d'accepter ce changement qui dans son esprit s'était fait d'un coup. Ce bureau, miteux et poussiéreux, il se souvenait le quitter la veille en parfait état, propre et rangé.
Il devait faire le deuil de ce passé. Il le devait, car le passé ne reviendrait pas.


L'esprit tout à la nostalgie de ses vieux souvenirs, ceux qui n'avaient pas été effacé, Logan regardait une image dans un imposant livre d'art ouvert sur son ancien bureau. La reproduction de la peinture montrait le portrait d'une femme au sourire mystérieux. Doucement, du bout du doigt, le grand roux caressa le papier glacé de sa joue, créant de profond sillons dans la poussière qui la recouvrait. Il serra les dents, crispant ses mâchoires. Quittant le livre des yeux, il laissa son regard aller sur le reste du bureau, détaillant chaque pot à crayons, chaque morceau de papier abandonné là. Intérieurement, bien qu'il savait que ça ne pourrait pas marcher ainsi, il espérait que quelque chose allait redéclencher sa mémoire. Que voir quelque chose de précis allait tout faire revenir d'un coup. Mais il n'y avait pas de solution magique. Pas même son vieux agenda sur lesquels étaient notés ses dernières réunions, ces rendez-vous qui n'avaient jamais eu lieu. Posant sa main sur le dossier du fauteuil, il l'écarta de la table. Il avait envie de s'y asseoir tant tout cela le fatiguait, mais une impressionnante toile d'araignée s'y étendait, et il n'avait pas envie de voir la bestiole qui était à l'origine de cette création de soie. Logan détestait les araignées. Alors qu'il éloignait de lui la chaise à roulettes, l'une d'elles se cogna contre quelque chose au sol, dans un petit bruit de verre brisé. Fronçant les sourcils, intrigué, le géant se pencha pour récupérer ce qui était à l'origine de ce bruit. Il s'agissait d'un cadre photo, format A5, tombé face contre terre. Après avoir attrapé l'objet, il le retourna afin de voir la photographie qu'il contenait, dépliant ses grandes jambes pour se remettre debout. Le verre s'était brisé en tombant, mais il pouvait malgré tout voir sans mal ce que représentait l'image. Une femme, d'une grande beauté mais le regard sombre et orageux, tenait un nourrisson rachitique dans ses bras avec un air de dégoût sur le visage. Les vêtements qu'elle portait et les draps du lit lui firent comprendre qu'elle était à l'hôpital, sans doute celui de Kelowna d'ailleurs à voir la couleur des murs. Immobile, l'ancien professeur regarda longuement cette femme, tout comme la crevette rose couverte de fils qu'elle tenait contre elle.
Qui était-elle ? Logan avait beau fouiller dans sa mémoire, aucun nom ne sortait. Pourtant, il était sur de l'avoir déjà vu ! La femme de Léonard, le collègue avec qui il partageait son bureau peut être ? Non, non ce n'était pas elle, Martha était blonde. C'était quelqu'un d'autre... mais qui ? Alors que le grand roux fouillait son esprit à la recherche de réponse, une douleur commença à naître dans sa tête, partant de sa tempe droite jusqu'à irradier tout le reste de son cerveau. Fermant les yeux, le quarantenaire essaya de reprendre le dessus, repoussant un sentiment étrange qui l'envahissait, mais alors qu'il rouvrait les paupières, une larme naquit d'un son œil gauche et coula sur sa joue. Figé, incrédule, il leva une main et essuya cette larme d'un geste, regardant quelques secondes la trace humide laissée sur sa peau. Il y avait beaucoup de poussière ici, et il sentait ses allergies lui démanger le nez, mais une larme ! Que venait faire cette larme sur sa joue ? Et pourquoi se sentait-il aussi triste d'un coup ?
Doucement, sans comprendre le pourquoi de son geste, Logan sortit l'image du cadre brisé qu'il reposa sur son bureau et plia la photographie qu'il glissa dans la poche intérieure de sa veste. Il se sentait paumé. Seul, et totalement paumé.


Soudain, un bruit se fit entendre au niveau de la porte d'entrée de la pièce. Une latte de parquet qui craque. Le sang du géant ne fit qu'un tour et un réflexe le fit instinctivement se saisir du manche de la grande masse qu'on lui avait donné à l'hôpital en lui disant qu'elle lui appartenait. Narines retroussées et dents serrées, il était prêt à frapper son assaillant quand il se rappela que son bureau se trouvait au troisième étage du bâtiment et que jusqu'à preuve du contraire, les morts ne pouvaient pas monter les marches. Le regard fou et la respiration sifflante, il stoppa son geste dans l'air, comme une statue figée sur place. Alors seulement, il vit la silhouette qui se tenait dans l'encadrement de la porte, et il la reconnut. Sa bouche s'ouvrit, comme pour dire quelque chose, se ferma, et s'ouvrit à nouveau.


« Pro... professeur Acaster ? » finit-il par bredouiller. Voir la jeune femme ici était absolument délirant. Dans son esprit, il lui avait parlé trois jours plus tôt sur skype afin de préparer leur prochaine conférence, et elle se trouvait encore en Angleterre. Qu'est ce qui avait bien pu lui arriver pour qu'elle se retrouve là ? L'espace d'un instant, Logan se demanda s'il n'était pas encore en train de rêver et de délirer, allongé sur son lit à l'infirmerie. Mais il savait bien que non, il savait qu'il ne rêvait plus. L'enseignante chercheuse était bien là devant lui, et aussi étonnant que ça puisse paraître, il sentit d'un coup son cœur battre plus fort. C'était un sentiment étrange d'être spectateur de ses propres réactions, de ne pas les comprendre, de ne pas en connaître l'origine. Si son coup de sang avait poussé son palpitant à accélérer, il n'avait toujours pas ralentit, s'accompagnant d'une curieuse pression dans la poitrine. Une chose qu'il n'avait encore jamais éprouvé en la présence de l'anglaise. Abandonnant l'idée de trouver une réponse à cela, le géant laissa retomber sa masse, incapable de quitter la silhouette des yeux. Elle était plus petite que lui, beaucoup plus petite en vérité, et elle avait changé depuis qu'il lui avait parlé par écrans interposés. Comme tous ceux qu'il avait croisé depuis son réveil, elle semblait avoir eu à endurer bien des épreuves. Ses traits étaient tirés, son regard triste. Ou était-ce parce qu'elle le regardait qu'elle semblait triste ? Il n'aurait su le dire, comme il n'aurait su dire pourquoi est ce qu'elle était là. Loin, très loin dans son esprit, il entendait une conversation téléphonique entre son ancien collègue Léonard et la jeune femme, il lui demandait de venir. Logan ne cautionnait pas cette relation, mais il ne disait rien, ce n'était pas ses affaires après tout. Mais Léonard était mort. Cette vérité lui apparut nettement. Il était mort... alors pourquoi était-elle là à le regarder dans l'encadrement de la porte ?


Logan poussa un profond soupir. Il allait devoir apprendre à ne pas s'étonner de tout.


« Qu'est-ce que... qu'est ce que vous faites ici ? »

    
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Nancy Acaster
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06.10.19 9:14
Jusqu'à en oublier ton nom

   Logan & Nancy

   

Un mélange d'émotions la tiraillait. Elle n'aurait pas su mettre un mot sur chacune d'entre elles. Elle savait néanmoins que la peur et la colère en faisaient partie. Deux émotions qui avaient jailli en elle lorsqu'elle avait rejoint l'hôpital après avoir passé plus de vingt quatre heures à l'extérieur. Laps de temps qui avait été suffisant pour qu'elle rate deux événements importants. Le premier, Logan s'était réveillé. Cette nouvelle aurait dû la réjouir, elle qui avait passé chaque jour de ces dernières semaines au chevet de son ami, s'inquiétant sur son état après qu'il soit revenu un jour blessé et en l'absence d'Owen, son fils. S'ils n'avaient eu qu'une relation purement professionnelle avant le début de la fin, tous deux avaient ensuite formés une amitié à laquelle l'Anglaise tenait énormément. Elle avait découvert un homme à la fois gentil et explosif, prêt à tout pour protéger son enfant. Enfant désormais disparu et qui ne quittait pas la mémoire de Nancy, imaginant tous les scénarios possibles, bons comme mauvais. Elle aurait aimé allé le chercher mais comment savoir ce qui lui était arrivé? Était-il seulement vivant à l'heure actuelle? Tout ça, ils ne pouvaient l'apprendre que par Logan, lorsqu'il se réveillerait. Malheureusement, à son retour, James lui avait appris qu'il avait tout oublié de ces deux dernières années. Oublié l'apocalypse, oublié la Lyssa et oublié Owen. Son propre enfant. Lorsqu'elle l'avait appris, la première chose qu'elle fit fut de se diriger vers la chambre de Logan, pour le découvrir par elle-même car elle ne voulait pas y croire. C'est alors qu'elle apprit ce deuxième événement qu'elle avait raté. Logan n'était plus là. Il avait disparu.

- Comment peut-on perdre un homme de presque deux mètres de hauteur?! s'était-elle exclamé avec colère, la peur qu'elle ressentait n'arrangeant en rien son état.

James et les autres avaient été incapables de lui répondre, ignorant quand et où il s'était échappé de l'hôpital. Alors même qu'elle n'avait pas dormi depuis presque 24 heures, Nancy, au lieu de déposer ses affaires, les avait gardé sur le dos et s'était redirigé vers la sortie. Que pensait-elle faire lui avait-on demander?

- Le retrouver. Il a tout oublié de ces monstres. Je ne vais pas rester là sans rien faire à attendre qu'il serve de buffet à ces cadavres ambulants. avait-elle lâché avec fureur, en s'éloignant à grands pas. Si vous me cherchez je serais à l'université.

Un homme qui avait tout oublié des deux dernières années chercherait forcément à retrouver sa mémoire, à découvrir le nouveau monde dans lequel il évoluait. Il n'y avait pas milles endroits où Logan aurait pu se rendre. Deux options s'offraient à Nancy. L'appartement dans lequel il avait vécu et l'université où il avait travaillé. Ignorant la localisation de la première, Nancy choisit la deuxième option, en espérant qu'elle ne se trompait pas.

Le plus prudent aurait été de s'y rendre à plusieurs. Les universités étaient vastes et n'importe qui après la Lyssa aurait pu s'installer dans un des bâtiments de celle de Kelowna. Tout pouvait arriver. Croiser des survivants ou, et ça il était certain qu'elle en croiserait, des virulents. S'y rendre avec le niveau de fatigue qu'elle ressentait n'était pas la meilleure des idées mais l'inquiétude qu'elle ressentait à l'égard de Logan était trop fort pour qu'elle ne fasse rien. Elle devait le retrouver, absolument.

Ce n'était pas la première fois qu'elle se rendait dans cette université. Elle l'avait visité à quelques reprises pour travailler avec Léonard, cet homme qui l'avait lâchement abandonné et qui était la cause de tout ses soucis, et Logan. De ce fait, elle savait où trouver le bureau de ce dernier. Autant commencer par là. Elle pensait le connaître assez bien pour savoir qu'il y avait de grandes chances de l'y trouver. Et alors qu'elle s'engageait enfin dans le couloir menant à sa destination, Nancy eut un doute. Si elle le trouvait, qu'arriverait-il? Comment la percevrait-il? Comme cette amie qu'il avait connu ces derniers mois, la simple collègue Anglaise qui interférait dans le mariage de Léonard ou bien une totale inconnue? Elle n'en était pas bien sûr mais les deux dernières options lui était désagréables, douloureuses même. Il n'y avait qu'un seul moyen de le savoir.

Avançant prudemment et silencieusement, le craquement d'une latte sous son pas fit naître une grimace sur son visage alors qu'elle approchait de la pièce. Un son venant de l'intérieur lui parvint. Quelqu'un, ou quelque chose, l'avait entendu. Sa dague à la main, elle se pencha et à son plus grand soulagement, découvrit Logan. Rassurée elle entra doucement, une main en l'air tout on observant la masse qu'il tenait.

- Ce n'est que moi.

Après quelques secondes où Nancy espéra qu'il se souvienne, il prit enfin la parole. Professeur Acaster, voilà comment il l'avait appelé. Cela répondait à ses questions. Une réponse qui fut comme un déchirement. Elle aussi, il l'avait oublié.

- Les dernières fois où nous nous sommes vus tu m'appelais Nancy. lui dit-elle doucement.

Pourquoi lui parler d'un rapprochement dont il ignorait tout? Ce n'était pas ça qui allait l'aider à se souvenir. Tout était à recommencer à zéro. Absolument tout. Elle le comprenait alors qu'elle observait son visage. Il ne lui accordait plus le même sourire qu'elle avait encore le plaisir de voir il y a quelques semaines. Désormais, il n'avait qu'un regard perdu, presque apeuré. Il avait besoin d'aide.

- Je suis venu te chercher. James m'a expliqué ton réveil et ton départ quand je suis revenue à l'hôpital. l'informa-t-elle avant de poser ses propres questions doucement, pour ne pas le brusquer. Est-ce que tu vas bien? Dis moi que les virulents ne t'ont rien fait.

Peut-être aurait-elle dû le vouvoyer comme ils en avaient l'habitude il y a quelques années. Cependant, et même si elle ne faisait plus partie de ses souvenirs, elle était incapable de s'adresser à lui autrement. Il n'était plus le professeur Dwyerd à ses yeux. Il était Logan.

- Tu n'aurais pas dû partir seul Logan, c'est trop dangereux.

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Logan Dwyerd
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06.10.19 15:55
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    Nancy & Logan

    


Tout était calme dans les couloirs de l'ancienne université. Tout était calme autour d'eux. Il n'y avait que la respiration sifflante de Logan, et ce cœur qui tambourinait à ses oreilles. Incrédule, l'ancien professeur regardait la jeune femme avec des yeux ronds. Il n'arrivait pas encore à accepter totalement le fait qu'elle se trouvait bien là, face à lui. Il la regardait, sans comprendre ce qu'il se passait ni dans sa vie ni dans sa tête. Tout était trop soudain, trop nouveau. Il n'arrivait pas à savoir quoi faire ni même quoi penser. Il n'était plus que le spectateur silencieux de ses propres émotions.
Immobile, il cherchait dans le dédale de sa mémoire des informations nouvelles, des choses qui auraient pu lui permettre de comprendre sa présence de ce côté ci de l'océan. Mais tout ce qu'il y avait dans son cerveau c'était du vide, une absence de quelque chose qui se terrait loin dans son inconscient. C'était comme s'il n'y avait plus de connexion, comme si on avait coupé l'internet de ses souvenirs. Erreur 404.
Elle n'aurait pas du se trouver là face à lui, elle était avec sa famille, de l'autre côté du monde. Et pourtant elle était là, cette collègue qu'il ne connaissait pas tant que ça, elle se tenait là, une dague à la main, comme si elle avait toujours appartenu à ce nouveau monde sauvage et cruel. Cette dague. Le grand roux fixa l'arme avec inquiétude. C'était étrange de voir tous les gens qu'il croisait armé. Lui même aussi était armé. Un sentiment de peur lui tenaillait les entrailles.
Doucement, ses yeux glissèrent sur son arme à lui, cette masse qu'on lui avait mise dans les mains à l'hôpital en lui disant qu'elle était à lui. Soudain, il revit son geste, cet instant de panique où il s'en était saisit, quelques secondes plus tôt, alors qu'il avait sentit un danger approcher. Depuis quand réagissait-il ainsi ? Depuis quand savait-il comment se défendre ? L'ancien professeur savait se battre, il savait boxer de ses poings, mais jamais il ne s'était s'en était servit sur les autres, jamais il n'avait attrapé quoi que ce soit dans ses mains pour se défendre. Il n'avait jamais eu à le faire d'ailleurs, se défendre. En tout cas il ne s'en souvenait plus.
La douleur dans sa tête se fit plus vive, comme à chaque fois qu'il essayait de fouiller dans sa mémoire.
Toujours face à lui, la jeune femme parla à nouveau « Tu m'appelais Nancy... ». Ouvrant la bouche pour dire quelque chose, la refermant sans n'avoir rien dit, il regardait le vide à ses pieds.
Entendre le tutoiement dans la bouche du professeur Acaster était quelque chose de nouveau et de bizarre pour lui. La jeune chercheuse ne l'avait jamais fait autant qu'il s'en souvenait. Ils avaient toujours eu de bons rapports, cordiaux et professionnels, mais jamais ils ne s'étaient tutoyés, jamais il ne l'avait même appelé par son prénom. C'était de Léonard qu'elle s'était rapprochée, alors qu'ils travaillaient ensemble sur un dossier de recherches inter-universités. Eux, ils étaient restés des collègues. Alors pourquoi lui parlait-elle comme à un ami ? Depuis quand était-elle là ? A Kelowna ? Il y avait trop d'informations à assimiler, trop de choses nouvelles à comprendre et à demander. Depuis qu'il avait ouvert les yeux, on lui parlait comme si tout allait de soit, on lui parlait de tant de choses dont il ne se souvenait pas. On lui avait même parlé d'une femme, d'un fils... dont il n'avait pas la moindre idée. Il niait. Il refusait d'y croire, de croire qu'il avait pu oublier ça. On ne peut pas oublier ça. Non.
Pourtant, les cases de sa mémoire restaient désespérément vides.

Soudain, Logan se sentit las et épuisé. La masse, qui se trouvait toujours dans sa main lui sembla lourde. Incroyablement lourde comme l'était sa tête. Tendant le bras, il la reposa sur le bureau qui se trouvait juste derrière lui. La voix de la jeune femme s'éleva à nouveau dans la pièce. C'était une voix douce, réconfortante. Elle lui donnait l'impression d'être en confiance. Est ce qu'il allait bien ? Un rictus, entre le sourire et une grimace, déforma les traits de son visage dont les joues étaient rongés par une barbe qu'il n'avait pas avant.


« Vous n'auriez pas une question plus simple ? Pardon... je veux dire tu...tu n'aurais pas une question plus simple ? » Tirant une des chaises qui se trouvaient en face de son ancien bureau, il s'y installa, oubliant la présence potentielle d'autres occupantes à huit pattes. «... désolé... j'ai un peu du mal avec tout ça... » Se penchant en avant, courbant son dos immense, il posa ses coudes sur ses genoux et cacha son visage dans ses grandes mains à la peau désormais rugueuse de corne. Le mal de crâne empirait, mais il ne devait pas l'écouter. Il renifla, grogna, puis cala son menton sur ses poings fermés. Est ce qu'il allait bien ? C'était une question étrange en fin de compte, compte tenu de la situation. « Comment je vais ? J'en sais foutrement rien... Je suis vivant. C'est la seule chose que je peux vraiment affirmer, mais pour le reste... le reste est pas très brillant. » Un profond soupir fit se soulever ses larges épaules. « Je ne sais plus où j'en suis... il y a quelques jours, je menais une vie normale, tout allait bien, je faisais mes cours sans faire chier le monde... et là, je me retrouve ici... dans une putain d'apocalypse façon Romero ! Et en plus on m'annonce qu'en fait ça fait deux ans que c'est la merde et que j'ai tout oublié. Et le plus drôle, c'est que je ne sais même pas POURQUOI j'ai tout oublié... » Sentant l'énervement et la colère monter en lui, Logan ferma les yeux quelques secondes, respirant lentement. Le professeur Acaster n'y était pour rien si sa mémoire lui jouait défaut, elle n'y était pas non plus pour grand chose dans la disparition du monde qu'il avait connu. Il ne devait pas s'énerver comme ça. Ça ne lui ressemblait pas. Et ce mal de crâne qui ne partait pas. « Désolé... Je ne voulais pas m'énerver... ce n'est pas de votre faute...putain... ce n'est pas de ta faute... » murmura-t-il d'une voix éteinte. Un nouveau soupire. Pendant quelques nouvelles secondes, il n'y eu à nouveau que le silence entre eux. La pluie avait recommencé à tomber au dehors. Les goûtes glissaient le long de la gouttière.

Un mot nouveau sortit de la bouche de la jeune femme. Un mot qu'il ne connaissait pas vingt quatre heures plus tôt. « Virulents ? » dit-il en fronçant les sourcils avant de voir de quoi son ancienne collègue parlait. « Ah oui les morts... oui, le docteur... James, il m'en a parlé... mais je n'en ai pas croisé sur le chemin jusqu'ici, ou bien de loin... ». Reniflant, le grand roux se pencha en arrière et alla chercher dans la poche de sa veste un paquet de tabac qu'il y avait trouvé par hasard en essayant de chercher des affaires à lui. Sortant une feuille, il y déposa des miettes brunâtres toutes sèches, en faisant attention de ne rien renverser. Mais c'est à ce moment là qu'une araignée passa sur sa main. Sursautant comme un diable, Logan envoya la pauvre arachnée voler, avec les miettes de tabac par la même occasion. Jurant, il recommença à rouler après s'être assuré qu'aucune autre bestiole ne lui grimpait dessus. Le dos calé contre le dossier de la chaise, il étendit ses grandes jambes, essayant de se détendre un peu, même si s'était peine perdue. D'un coup de langue, il humidifia le collant de la feuille et d'un geste rapide et précis, ferma la cigarette qu'il pinça entre ses lèvres. Encore une fois, la voix de la jeune femme résonna à ses oreilles, lui faisant relever les sourcils et tourner la tête dans sa direction. Trop dangereux. Pendant un instant, il la regarda, étonné par ce qu'elle venait de lui dire. Est ce qu'elle s'était inquiété pour lui ? Un sentiment de gène lui serra le torse. Lui ne se souvenait de rien, et presque de personne, mais les autres n'avaient pas oublié eux. Ils n'avaient pas oublié les moments qu'ils avaient vécu ensemble, ni l'amitié qui avait pu se tisser avec le temps. Il se sentit mal d'être parti comme il était parti, sans rien dire à personne, comme un voleur. Honteux, il baissa les yeux, regardant le briquet qu'il venait de sortir de sa poche.


« Oui... oui j'ai cru comprendre que le coin avait un peu changé depuis... depuis... enfin voilà. » D'un geste du pouce, il alluma la flamme qu'il rapprocha de la cigarette pour en consumer le bout. Il aspira et une fumée piquante passa dans ses poumons, lui grattant la gorge. C'était parfaitement dégueulasse, mais ça faisait du bien. Tirant une nouvelle fois, il regarda la fumée sortir de sa bouche et aller voleter dans l'air stagnant de la pièce. « Mais toi aussi tu es partie seule... » ajouta-t-il en regardant à nouveau la jeune femme. Leurs regards se croisèrent. Il y avait quelque chose d'étrange à la regarder ainsi, dans cette pièce qui les ramenait tous les deux à leur passé. Et elle était jolie, malgré ses traits tirés et cette fatigue sur son visage. C'était étrange cette impression, Logan ne se souvenait pas l'avoir déjà trouvé jolie... Se penchant en avant, il lui tendit la cigarette qu'il venait d'allumer. C'était comme un instinct, il savait qu'elle prendrait la cigarette, comme s'ils en avaient déjà partagé avant, même si dans ses souvenirs, Nancy ne fumait pas. Peut être avaient-ils déjà fait ça, durant ces deux ans disparus. Et comme il l'avait sentit, elle prit la cigarette.


« En fait... je pensais qu'en revenant dans des endroits que j'avais connu, des trucs me reviendraient... mais c'est pas très concluant jusque là... » Il haussa les épaules, comme si ça n'avait pas d'importance. Bien sur que ça en avait en réalité, mais il n'osait pas le dire. Il ne voulait pas avouer qu'il était déçu de voir que rien ne lui revenait. « Mais professeur Aca... Non pardon... Nancy... » Il poussa un nouveau soupir. «... tu n'as pas répondu à ma question... Qu'est ce que tu fais ici ? Ici... à Kelowna ? Dans ma tête, tu étais encore en Angleterre avant que tout ça commence... ».

    
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Nancy Acaster
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23.10.19 14:14
Jusqu'à en oublier ton nom

   Logan & Nancy

   

Logan regardait Nancy sans comprendre et elle avait cette douloureuse impression qu'un inconnu se tenait devant elle. Un inconnu pour qui elle ne comptait pas... Elle aurait aimé que tout ça ne soit pas réel. Que jamais Logan n'ait quitté l'hôpital avec son fils pour en revenir dans le coma. Elle avait eu l'impression de le perdre ce qui, encore aujourd'hui, lui donnait un sentiment étrange. Après tout, il avait fallu une apocalypse pour que tout deux se rapprochent réellement. Et Nancy s'était attaché à lui. Un peu trop, peut-être. Elle avait fini par s'en rendre compte assez tardivement. Elle aimait la Lyssa et les personnes qui la composaient et elle avait toujours su qu'au moment venu, ce serait difficile de les quitter. Très vite, elle avait su qu'il serait douloureux de quitter James, auquel elle s'était énormément attaché. Et puis, elle avait pensé à Logan et elle avait compris que ce serait encore plus douloureux que la séparation de James, alors même qu'elle ne l'avait jamais soupçonné. Cela lui avait donné à réfléchir. Pourquoi lui? Il n'était que Logan. Enfin, ça c'est ce qu'elle pensait. Il n'était plus simplement l'homme qui avait été un collègue et qui lui avait sauvé la vie en l'emmenant à l'hôpital. Il était désormais un ami. Sa vision du géant avait complètement changé et elle ne s'en était rendu compte que lorsqu'il était tombé dans une inconscience inquiétante. Une nouvelle vision qui était accompagné d’éléments pour le moins perturbants. En particulier une certaine attirance qu'elle avait repoussé à de nombreuses reprises. Dans une autre vie, Nancy n'avait pas trouvé Logan particulièrement attirant, il n'était pas son style d'homme physiquement parlant. Son esprit semblait avoir été perturbé par cette personnalité à laquelle elle s'était attaché pourtant. Peut-être était-ce simplement le manque d'affection qui lui faisait ressentir cela. Le manque de chaleur humaine, de protection qu'elle ressentait dans les bras d'un homme. Elle l'ignorait mais elle aimait chercher à s'en convaincre. Quelle qu'en soit la raison, cette attraction se faisait douloureusement ressentir à nouveau maintenant qu'il était éveillé. Il était là, face à elle, cet humain qu'elle aurait aimé prendre dans ses bras alors que jamais elle n'avait eu un tel geste avec lui. Mais elle ne fit rien car ce soulagement et cette joie de le savoir vivant n'étaient pas suffisants pour effacer cette amnésie qui les éloignait. Peut-être était-ce pour le mieux. Peut-être cela faciliterait la reprise de son grand voyage.

A observer Logan, l'inquiétude de Nancy s'intensifia. Sa simple présence semblait perturber le géant plus que jamais. James lui avait-il parlé d'elle? Elle ne s'était pas posé la question jusqu'ici et elle craignit que cela ne complique les choses plus encore. La dernière chose qu'elle voulait, c'était le perturber plus encore, il n'avait pas besoin de ça. Il était encore trop fragile. C'est pourquoi elle regretta presque instantanément la question qu'elle lui posa. Allait-il bien? Bien sûr que non, mais elle avait malgré tout besoin de l'entendre à haute voix. Oui, James lui avait expliqué sont état mais il ignorait ce qu'il se passait dans l'esprit de Logan. Ce qu'il pensait.

- Ne t'excuses pas pour ça. Ce n'est pas de ta faute.

Nancy fit inconsciemment un pas en avant lorsqu'elle vit Logan s'asseoir et mettre son visage dans ses mains, en proie à une douleur qui lui était inconnue. Néanmoins, elle ne continua pas son chemin et s'immobilisa. Elle n'était plus l'amie qu'il avait connu. Un geste aurait sûrement était malvenu. D'autant plus que l'énervement pointa dans sa voix et l'Anglaise savait qu'il fallait être prudente dans de tels cas. Il était impulsif, elle l'avait remarqué il y a bien longtemps.

- Ne t'en fais pas, je comprend. le rassura-t-elle à nouveau. Le monde entier a changé, ça en a rendu fou plus d'un.

Il tiqua sur le mot virulent qui était pour la deuxième fois de sa vie, un concept nouveau et inattendu. Nancy en vint à se demander comment James avait pu expliquer ce phénomène à Logan. Si elle n'avait pas eu une preuve vivante de ces choses, si on pouvait appeler ça comme ça, jamais elle n'aurait cru à une telle histoire. Encore moins de la part d'un inconnu.

- Tu as eu de la chance alors. Je ne sais pas si James t'as expliqué en détail mais n'oublie pas qu'il faut viser la tête. Tant que le crâne n'aura pas été touché, ils continueront à avancer, que tu leur ai arraché le cœur ou non. Ils n'ont pas peur de nous, ils avanceront même si on pointe une arme sur eux. Ce sont de vrais monstres qui peuvent t'arracher la vie en deux secondes. Et s'ils te griffent ou te mordent, ce ne sera plus qu'une question d'heures avant que tu ne deviennes l'un d'entre eux.

Peut-être avait-il déjà entendu tout cela à son réveil mais elle tenait à le lui rappeler. Il aurait pu mourir à tout instant dés lors qu'il avait quitté l'hôpital seul. Son amnésie aurait pu finir par l'achever. Même si elle savait que leurs chemins se sépareraient un jour, Nancy ne voulait pas que ce soit dans ces conditions. Elle le refusait. Tant qu'elle serait présente, et peu importe s'il oubliait qui elle était à chaque jour qui venait, elle l'aiderait à s'accrocher à la vie. Car c'était bien là le but d'un groupe de survivants. S’entraider pour continuer à vivre. Pour s'accrocher à un espoir.

« Mais toi aussi tu es partie seule... » A elle seule, cette phrase fit manquer à Nancy un battement de cœur. Elle croisa le regard de Logan qui l'intimida pour la première fois de sa vie. Détournant le regard pour le poser sur le sol quelques secondes, le temps de réfléchir, l'Anglaise se dit qu'il était idiot d'être gênée. Il ne pouvait pas lire ses pensées. Il ne pouvait pas deviner ce qu'il se passait dans l'esprit de Nancy, ce qu'elle ressentait.

- Je passe le plus clair de mon temps à l'extérieur, j'ai l'habitude. répondit-elle en osant croiser à nouveau le regard de Logan. Mais, ok, je l'avoue. Quand James m'a dit que tu étais parti je l'ai d'abord engueulé et ensuite je suis parti à ta recherche sans attendre l'avis de qui que ce soit. J'ai été morte d'inquiétude à ton sujet pendant des jours, je ne voulais pas qu'on te perdre aussi bêtement.

Elle avait d'abord employé la première personne du singulier, ce qu'elle avait regretté assez vite. Elle ne voulait pas qu'il se fasse des idées. Alors, elle était repassé à la troisième personne, haïssant le fait qu'elle faisait attention à tout ce qu'elle disait avec lui, comme elle l'avait fait avec Leonard la première fois qu'elle l'avait rencontré.

Néanmoins, Nancy oublia bien vite cet homme qui l'avait fait souffrir quand un espoir pointa le bout de son nez. Sans qu'elle ne s'y attendre, Logan lui avait tendu sa cigarette. Un geste en apparence anodin mais qui avait accéléré les battements de son cœur car il représentait une chose importante: c'était un signe que les souvenirs, même s'ils étaient cachés, étaient toujours présent dans l'esprit du professeur d'art. Il n'en avait pas conscience mais ce geste il l'avait eu à de nombreuses reprises lors des multiples conversations qu'ils avaient eu à l'hôpital. L'espace de quelques secondes, Nancy fouilla sa mémoire. Avaient-ils déjà partagés une cigarette avant l'apocalypse? Non, c'était impossible. Alors, un sourire discret se glissa sur ses lèvres alors qu'elle répondait au geste. Plus optimiste qu'auparavant, elle écouta Logan lui apprendre qu'elle avait raison et qu'il cherchait bien à déclencher ses souvenirs en revenant à des endroits familiers. Puis, sa dernière question fit naître un mélange d'émotions désagréable: la tristesse, la colère, la rancœur... Elle aspira à nouveau la fumée de sa cigarette pour se donner du courage avant de répondre.

- Leonard...

Avec ce simple nom, il comprendrait. Essayant de chasser ces mauvaises émotions qui la tiraillaient, Nancy repassa la cigarette à Logan et s'assit sur le bord du bureau, ses pieds à plusieurs centimètres du sol.

- Il m'a convaincu de le rejoindre quelques heures avant que tout n'éclate. Il m'a lâchement abandonné pour rejoindre sa femme et sa famille. Pfff, je sais même pas si je peux le blâmer pour ça.

Elle avait déjà raconté cette histoire à Logan et, comme la première fois, c'était douloureux.

- J'avais promis à mon frère de rester en Angleterre... Au lieu de ça j'ai dû lui faire mes adieux au téléphone.

Les yeux dans le vide, elle arrêta son récit le temps de quelques secondes pour reprendre son calme et calmer l'émotion qui menaçait de la submerger. Son frère plus que n'importe qui lui manquait et cette dernière conversation téléphonique l'affaiblissait dés qu'elle y repensait.

- On avait décidé de se retrouver à Vancouver avec Leonard et j'y suis resté de nombreux mois, avec un groupe de survivants. J'ai vu énormément de ces personnes mourir sous mes yeux.

Elle lui raconta la suite. Qu'elle s'était retrouvée seule et qu'elle avait décidé de rejoindre la côte est du continent dans l'espoir fou de trouver un moyen pour traverser un océan et rejoindre le Royaume-Uni. Cependant, la solitude, la malnutrition et l’anxiété l'avaient énormément affaibli. Alors elle avait rejoint Kelowna, peut-être dans l'espoir de revoir Leonard. Pour l'embrasser ou lui tirer une balle dans le crâne, ça elle l'ignorait toujours.

- Et puis j'ai fini par croiser ta route. J'ai eu du mal à y croire au début. Sache que tu m'as sauvée. lui dit-elle avec un regard plein de reconnaissance. C'est toi qui m'a amené à l'hôpital et j'y suis resté depuis. Même si c'est une mission suicide, je reprendrais la route un jour. Peut-être que ma famille est déjà morte à l'heure qu'il est mais je dois essayer...

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Logan Dwyerd
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31.10.19 6:45
Jusqu'à en oublier ton nom
    
Nancy & Logan

    


« Ça en a rendu fou plus d'un... ». Ces quelques mots prononcés par le professeur Acaster, Nancy comme il devait désormais l'appeler, résonnaient aux oreilles de Logan, pareil à un écho lointain et lugubre qui se répercutait contre les parois de son esprit. Était-il devenu fou ? Cette question l'occupait perpétuellement depuis qu'il avait ouvert les yeux dans l'infirmerie de l'hôpital. Cette hypothèse aurait eu le mérite d'expliquer pas mal de chose. Elle était d'une certaine façon rassurante, car elle supposait que rien de tout cela n'était vrai.
Il était même venu à l'esprit de l'ancien enseignant que tout ce qu'il vivait depuis son réveil n'était rien d'autre qu'un nouveau rêve, plus étendu, plus détaillé, que tous les autres. Peut être avait-il atteint à force de plonger encore et encore dans son inconscient, une nouvelle strate du songe qui s'étendait autour de lui comme un open world. Mais il y avait trop de réalisme dans l'improbable. Trop de chose que son cerveau aurait bien été en mal d'imaginer et de créer. Non, Nancy avait raison. Il était fou. Totalement fou, car, comme les fous, il rêvait les yeux ouverts. Mais malgré ce constat qui aurait pu l'accabler, une partie de lui se réconfortait du fait qu'il n'était pas le seul. Le monde lui même avait déjà depuis longtemps basculé dans la démence la plus totale.
Logan songea alors à cette dernière carte du tarot de Marseille. Le Mat. Le Fou. Lui-même ne pratiquait bien entendu pas ce genre de charlatanerie, mais il lui était arrivé de se pencher sur l'imagerie très riche des estampes de cartes à jouer, et les tarot n'étaient après tout que des jeux de cartes comme les autres. Le Mat était une figure masculine portant un baluchon sur son dos. Un vagabond, comme ils l'étaient tous à présent, qui était poursuivi par un chien enragé qui essayait de lui mordre l'arrière train. Le rapprochement avec leur propre quotidien, avec ce monde qui essayait en permanence de les bouffer, littéralement, avait quelque chose d'ironique qui pourtant n'arracha aucun sourire à Logan. Il savait que tôt ou tard, le chien enragé les rattraperait.

Secouant la tête, il eu presque l'impression d'entendre les clochettes de ce chapeau de fou sur son crâne, mais ce n'était là que des résidus fantômes de son esprit, qui se dissipèrent comme de la fumée dans le vent. Toujours assis sur sa chaise, ses immenses jambes pliées sur lesquelles il avait posé ses coudes, il frottait sa main contre le côté de sa boite crânienne, là où une cicatrice encore fraîche avait marqué sa peau. La douleur qui lui vrillait les tempes était toujours là, tenace et lancinante, mais étrangement moins présente lorsqu'il portait son attention sur le jeune femme qui se trouvait proche de lui. Cette dernière, sans pour autant lui en faire le reproche, lui expliquait d'une façon très pédagogique la bêtise qui avait été la sienne de partir seul dans cette nature désormais hostile. Elle lui parlait de ces morts-vivants, ces virulents qui arpentaient les rues, comme un professeur faisant la leçon à un étudiant pas très investi qui aurait manqué les cours précédent. Silencieux et attentif, il écoutait ses mots, sans parvenir à la quitter des yeux. La retrouver aujourd'hui était quelque chose auquel il ne s'était pas attendu, mais ce qui était plus étonnant encore, c'était la foule d'émotions qui déferlait dans son corps et dans sa tête dès lors qu'il tournait le visage vers elle. C'était quelque chose de nouveau et d'inédit dont il n'arrivait pas à saisir le sens. Nancy aurait sans doute une explication à cela, mais il ne voyait pas très bien comme tourner son interrogation. Il préféra donc rester dans son mutisme, observant discrètement ces yeux, ce visage, ces gestes de main lorsqu'elle parlait, ces mimiques. Autant de choses qui lui étaient à la fois étrangères et familières.
Suivant la présentation sur les virulents, bien qu'une partie de l'esprit ailleurs, il se promis d'essayer de suivre au mieux ses recommandations et de ne plus partir seul. Si l'envie de ne pas se faire boulotter par une horde de zombies affamés était bien sur à l'origine de cette bonne résolution, c'était surtout l'angoisse qu'il percevait dans la voix de la jeune femme qui le motivait. Elle s'était véritablement inquiété pour lui, il en était maintenant certain, et elle ne méritait pas qu'il disparaisse à nouveau dans la nature. Si l'ancien professeur ne comprenait décidément pas tout ce qui se passait autour de lui, les dernières minutes lui avaient permis de percevoir que les mois de cohabitation qu'il avait oublié avaient du les voir se rapprocher. Jamais le professeur Acaster ne serait sortie dans un monde en déroute, risquant sa propre vie, pour aller récupérer un collègue qu'elle avait rencontré moins d'une dizaine de fois. Ce genre de chose, on le faisait pour quelqu'un qui comptait, pour un ami, peut être même plus. Heureusement qu'il faisait sombre dans le bureau, car les oreilles du géant rougirent à cette pensée qu'il chassa immédiatement. Dans cette apocalypse, il n'y avait que l'entraide qui permettait de s'en sortir, et c'était ça et uniquement ça qui avait poussé Nancy à quitter l'hôpital pour venir le retrouver. L'altruisme. Mais alors... alors pourquoi sentait-il une gène chez la jeune femme dès lors que leurs regards se croisaient ? Car si lui avait oublié deux ans de sa vie, ce n'était pas son cas à elle.
L'espace d'un instant, une image s'imposa à lui. Celle de la jeune femme assise sur le bord de son brancard à l'infirmerie, un visage inquiet posé sur lui, une main serrée sur la sienne. Était-ce le fruit de son imagination ou bien un souvenir fugace qui refaisait surface sans prévenir ? Le grand roux n'aurait su le dire, mais toujours était-il qu'une douce chaleur se rependait lentement dans sa paume, pareil à la flamme d'une bougie.

Mais la chaleur se dissipa dès l'instant où Nancy prononça un nom, celui d'un ancien collègue, celui-la même qui avait occupé l'autre bureau de cette pièce quelques années plus tôt. A l'évocation de cet homme, Logan sentit comme un nœud lui serrer la gorge et une envie soudaine de frapper lui titilla les poings qu'il referma, serrant les doigts jusqu'à les faire craquer. Étrangement, il avait le sentiment que son moi inconscient, celui qui était caché derrière la barrière de brume de sa mémoire, détestait ce nom, le jalousait presque. Cette observation l'intriguait, d'autant plus que de ce qu'il se souvenait, il avait toujours plutôt entretenu des rapports cordiaux avec son ancien collègue. L'homme était un bon chercheur, un professeur consciencieux et un très grand spécialiste dans son domaine d'expertise. Mais si son respect lui avait été gagné quant à son investissement dans son travail, ce n'était pas le cas de sa vie privée dont il ne se privait jamais de se vanter et pour laquelle le grand roux l'avait grandement méprisé. Si lui-même n'avait pas toujours été irréprochable en terme de fidélité, Léonard était un expert en la matière. Bien que marié et père de famille, il avait toujours enchaîné les conquêtes, allant jusqu'à fréquenter certaines élèves de l'université. Cette tendance avait toujours empêché les deux hommes de devenir véritablement ami. La dernière lubie que Logan lui avait connu était d'avoir jeté son dévolu sur une jeune anglaise qu'ils avaient été amené à rencontrer pour leurs recherches, et qui se trouvait être présentement assise sur son bureau, les jambes suspendues au dessus du vide. Le géant ne s'était jamais mêlé de cette histoire qu'il avait pourtant vu d'un mauvais œil. Après tout, ce n'était pas ses affaires, ni hier, ni aujourd'hui, mais il n'était cependant pas étonné d'apprendre que c'était sous les encouragements de ce pervers narcissique notoire que l'historienne anglaise avait quitté son île natale pour venir au Canada le retrouver. Il ne s'étonnait pas non plus de constater qu'après l'avoir poussé à quitter sa propre famille, lui-même avait abandonné la jeune femme pour aller retrouver la sienne. Ce récit, tout nouveau pour lui, semblait cependant éveiller des sentiments connus et enfouis. Il eu alors la conviction que le Logan d'avant le coma avait déjà entendu cette histoire, qu'il s'en était déjà indigné, qu'il avait déjà éprouvé cette colère à l'intention de son ancien collègue. Mais si tout cela expliquait cette aversion soudaine pour Léonard, il n'en demeurait pas moins qu'il ignorait d'où venait cette jalousie qu'il avait ressentit à l'évocation de son nom. Il y avait quelque chose de plus, quelque chose qu'il n'arrivait pas à élucider. Qu'avait-il eu qu'il puisse ainsi lui envier ?


Dans le coin de son champ de vision, l'ancien professeur vit la jeune femme bouger et lui tendre la cigarette qui fumait toujours. Levant un sourcil, il tendit la main pour la récupérer sans se redresser. Au moment de saisir le petit tube de papier mal roulé, leurs doigts se frôlèrent, et un frisson lui parcouru l'échine, comme une décharge électrique. Sans en comprendre la raison, il sentit son cœur qui s'était pourtant calmé battre à nouveau plus vite, et une douleur nouvelle lui retourner l'estomac. Troublé par cette réaction, il se détourna et plaça la cigarette entre ses lèvres, tirant une profonde bouffée qu'il rejeta pas le nez. Presque imperturbable, Nancy poursuivit son exposé, lui racontant son histoire, son périple, depuis ce jour où elle avait quitté les siens pour venir au Canada, jusqu'au temps présent. S'il était sur d'avoir déjà entendu le récit, Logan n'en avait plus une seule trace en mémoire, il écoutait donc avec attention, sans un mot ni un son, évitant de regarder la jeune femme. Très vite, la cigarette s'éteignit à ses lèvres sans qu'il ne la rallume. Il resta là, immobile, comme les ombres de la pièce. Il avait du mal à croire certaines choses comme le fait de l'avoir trouvé, sauvé, et ramené à l'hôpital, mais tout était tellement flou dans sa tête qu'il n'avait d'autre choix de lui donner raison. C'était elle qui avait les codes, elle qui avait les clefs. L'ancien professeur se rendit compte, alors que la jeune femme terminait son histoire, qu'elle en savait sans doute plus sur sa propre vie que lui-même.

Le silence retomba dans la pièce en même temps que les derniers mots de Nancy. Il fallut d'ailleurs au géant quelques secondes pour en comprendre le sens, pour comprendre qu'elle parlait de partir. Doucement, il remonta sa main à ses lèvres, en dégageant le mégot froid, et le jeta sur le sol dans scrupule. Puis il poussa un profond soupir qui fit se soulever ses épaules immenses.

« J'espère... j'espère que tu arriveras à trouver ce que tu cherches... » cette phrase avait quitté sa bouche sans qu'il y réfléchisse, mais maintenant qu'il l'avait dit, il se rendait compte qu'il n'en pensait pas un mot. Car trouver ce qu'elle cherchait signifiait quitter l'hôpital et Kelowna, ça revenait à dire partir, les quitter, le quitter ? Cette perspective lui paraissait insupportable autant qu'elle lui semblait insupportablement égoïste. Tout son être, comme détaché de son corps, voulait s'insurger contre cette idée saugrenue. Mais qu'est ce qui le poussait à penser de la sorte ? L'air un peu incrédule, Logan tourna la tête vers son ancienne collègue, la regardant quelques secondes, questionnant les tiroirs vides de sa mémoire. Il regarda ces yeux qui le regardaient aussi, immobiles et à la fois vacillants, et un sourire triste étira doucement la commissure de ses lèvres. « J'espère qu'on y arrivera tout les deux... » finit-il par dire, sans parvenir à la quitter des yeux.
L'instant s'étira, laissant une nouvelle fois le silence tomber entre eux comme de la poussière sur leur passé que le coma avait balayé. Puis l'ancien professeur se remit en mouvement, levant une main pour ébouriffer sa tignasse rousse et indisciplinée pour essayer de revenir à la réalité. Il fallait bouger sans quoi ils allaient se transformer en statue avant la fin du jour.
Dépliant ses immenses jambes, il se remit debout en reniflant bruyamment, et tira sur sa veste en jean pour la remettre correctement. Puis s'approchant du bureau, il y récupéra sa masse qu'il y avait appuyé et essaya de prendre un ton dégagé et léger, comme s'il annonçait qu'il allait chercher du pain.

« Bon... puisque j'ai fait choux blanc ici, je pensais repasser à mon ancien appartement... Tu as sans doute plus intéressant à faire mais je me disais... »Il se racla la gorge, essayant de cacher la gêne qui lui chauffait toujours l'arrière des oreilles. « ...je me demandais si tu voulais venir avec moi... c'est que j'aurai bien besoin d'une escorte pour me sauver si jamais je fais une mauvaise rencontre. » finit-il en posant le manche de la grande masse sur son épaule. Le sourire qui créait une ombre sur son visage s’agrandit lorsqu'elle accepta, et sans rien ajouter, il lui emboîta le pas vers la sortie de la pièce qu'il quitta sans un regard en arrière. Les couloirs, mal éclairé dans la pénombre des fenêtres barricadés, résonnaient de leurs pas conjoints, s'étirant de leurs ombres si différentes. Avançant dans les corridors, Logan voyait comme en transparence, les visions de dizaines de fantômes, projections troubles de sa mémoire, courir, parler, rire. Des anciens élèves, d'autres professeurs. Mais aujourd'hui, il n'y avait plus rien, il de restait plus rien, rien que de la poussière et des ombres. Discrètement, le grand roux observait les gestes et les regards de la jeune femme qui l'accompagnait désormais. Elle regardait en permanence autour d'eux, surveillant chaque croisement, tournant la tête au moindre son suspect. Il était impressionné de la voir ainsi agir, si à l'aise dans ce monde dont il n'avait plus les codes.

Enfin, après avoir descendu une volée de marches, ils arrivèrent à une porte qui ouvrait sur l'extérieur. Après avoir vérifié que la voie était dégagée par le hublot, ils poussèrent les battants, arrivant enfin à l'air libre. Soulagé de quitter cet univers qui appartenait à la poussière, Logan inspira de tout ses poumons la brise fraîche qui faisait danser les feuilles d'un intense vert pomme. Le printemps était là, et avec lui une promesse de renouveau salvateur.
Faisant un pas en avant derrière Nancy qui déjà s'élançait devant lui, il eu soudain une idée qui lui arracha un nouveau sourire. Tournant la tête vers la droite de la porte de sortie de l'université, il trouva ce qu'il cherchait.

« Attends moi une seconde... j'arrive ! » Lança-t-il en tournant les talons et en se rapprochant du parking à vélo où des étudiants avaient laissé bon nombre de véhicules sans jamais venir les récupérer. Aussi surprenant que ça pouvait lui sembler, il y trouva également le sien toujours attaché. Après tout, ce n'était pas si impossible que ça. Il était rentré à pieds ce dernier soir dont il se souvenait. Le métal avait un peu souffert du temps passé dehors, mais comme l'abri était recouvert d'une grande plaque de plexi, il n'avait jamais été en contact direct avec la pluie ou la neige. Il semblait utilisable. Avisant l'anti-vol rouillé qui le retenait cependant à une barre fixée dans le sol, il essaya de tirer sur le cadenas mais ce dernier ne lâcha pas. Relâchant la chaîne qui tinta dans un bruit métallique, il serra les poings sur le manche de sa masse, et essayant de viser au mieux, l’abaissa avec force sur le cadenas « Fuck !! » Lâcha-t-il en voyant que ça ne fonctionnait pas. Il réitéra l'expérience, sourd à l'impatience de sa compagne d'infortune. Enfin, l'un des maillons rouillés lâcha, et dans un rire de victoire, Logan dégagea son vélo et l'enfourcha. C'était une bestiole immense qui allait bien avec la taille de son ancien propriétaire. Posant un pied sur une des pédales, il avança d'abord hésitant, mais avec satisfaction, constata que tout fonctionnait parfaitement bien. S’arrêtant dans un crissement de pneu, il tourna vers Nancy un regard triomphant « Votre carrosse Milady... » dit-il d'un air badin en lui indiquant le porte bagage. La jeune femme eu l'air d'hésiter, mais elle finit par s'installer sur le monstre. « Accroche toi... » ajouta l'ancien professeur en démarrant, ne prêtant pas attention au creux dans son ventre lorsqu'il sentit qu'elle agrippait sa veste.


Très vite, le paysage défila sous leurs yeux comme un film en accéléré. Le campus de l'université était immense, mais en vélo il ne leur fallut pas longtemps avant d'en sortir et de serpenter dans les rues qui l'entouraient. Il y avait quelque chose d'étrange et de décalé à voir ce duo sur le vélo rouillé, comme une image normale du passé, filer dans les avenues vides et mortes. Rapide, silencieux et ne nécessitant pas de carburant, ce moyen de déplacement était bien plus pratique que l'était une voiture, son seul inconvénient étant de ne pas protéger son conducteur. Mais cela mis à part, Logan s'étonnait de ne pas voir plus de survivants en utiliser.

Une quinzaine de minutes après avoir quitté les bâtiments de l'université, et après un petit détour d'un paté de maison pour éviter un groupe de virulents, le grand roux repéra une façade dont la vision réveilla de suite son mal de crâne. Ce n'était pas un très grand immeuble, quatre étages en tout, dont chaque fenêtres étaient obstruées par des volets fermés. Un pied au sol, l'ancien professeur resta interdit, immobile, comme s'il avait soudain peur d'aller plus loin.

« J'espère que la concierge n'est plus là... elle me faisait déjà flipper quand elle était vivante » souffla-t-i entre ses lèvres. Une peur sinueuse venait de s'infiltrer dans son esprit, lui donnait l'envie de prendre ses jambes à son coup. Il savait que des réponses à ses questions l'attendaient là haut. Mais que faire... que faire, si ses réponses ne lui plaisaient pas.

    
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Nancy Acaster
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13.12.19 11:41
Jusqu'à en oublier ton nom

   Logan & Nancy

   

Voilà. Maintenant il savait. Elle partirait un jour. Quand? Elle l'ignorait toujours mais elle avait pris sa décision. Elle partirait et ils ne se reverraient plus. Il faudrait dire ses adieux. Des adieux qui seraient sûrement plus faciles à gérer maintenant qu'il avait tout oublié. Si l'un d'entre eux ne se souvenaient plus de l'amitié qui s'était forgé, peut-être qu'il y aurait moins de regrets. Ou plus. Nancy n'en savait foutrement rien et, maintenant qu'il était mis au courant, elle ne voulait plus y penser. Elle en avait marre de faire ses adieux. Tout simplement marre. Cela devenait de plus en plus régulier et ce n'était jamais agréable. On ne s'y habituait pas. Avant, ils avaient les réseaux sociaux et le téléphone pour garder contact en cas de distance. Désormais, ils n'avaient plus que leurs souvenirs et l'espoir que l'être manqué était toujours en vie. Parfois, Nancy se faisait la réflexion qu'ils revenaient tous des années en arrière. Plus de civilisation, pratiquement plus de technologie, un risque de mourir important. Un nouveau Moyen-Âge. Est-ce que le monde évoluerait à nouveau? Nancy se posait souvent la question et elle tentait alors d'imaginer ce que deviendrait le futur. En tant qu'historienne, la question la passionnait. Après tout, peut-être que certaines civilisations étaient parvenues à faire face d'une manière ou d'une autre. Elle ne pensait pas que le parlement anglais soit parvenu à garder la paix au Royaume-Uni mais la survie là haut devait être bien différente de ce qu'elle était au Canada. Si elle parvenait à s'y rendre, elle espérait que ce serait plus facile sur sa terre natale. Qu'il aura été plus facile pour Daniel et les autres de s'en sortir...

- Je l'espère aussi... dit-elle avant juste avant qu'il ne dise qu'il espérait qu'ils parviendraient tous les deux à leurs buts, ce qui la fit sourire.

Elle le savait que c'était une mission suicide et que d'autres trouvaient insensé de garder un espoir aussi fou qui ne mènerait qu'à la mort ou la déception. Mais l'espoir était tout ce qui lui restait. Elle était prête à tout sacrifier si cela lui permettait de revoir Daniel une dernière fois. Enfin, presque tout.

Elle se redressa quand elle vit Logan se lever et prendre sa masse. Elle l'observait avec un sourcil arqué, se demandant ce qu'il avait derrière la tête. Un sourire s'invita sur ses lèvres quand il lui expliqua ses intentions: retourner dans son appartement avec elle, si elle l'acceptait. Elle glissa du bureau pour retomber sur ses deux pieds et fit face au géant, sa dague à la main.

- La première fois que tu engages une garde du corps d'1,55m, hein? lui lança-t-elle avec un sourire amusé avant de se diriger vers la porte. Allons-y.

Quelques heures plus tôt, tout ce qu'elle désirait était de rentrer à l'hôpital et dormir, dormir et encore dormir. Elle était si exténuée qu'elle aurait presque été au bord d'une crise de nerfs. Crise qu'elle avait lâché contre le pauvre James avant qu'elle ne s'en aille à nouveau pour retrouver Logan. Mais, maintenant qu'il était à ses côtés, elle retrouvait une nouvelle énergie. Bien sûr, elle avait toujours envie de dormir et de retrouver le confort de son lit d'hôpital mais son envie d'aider le géant était bien plus fort. Il venait de se réveiller après lui avoir foutu la frousse, autant profiter de sa présence tant qu'il était éveillé. Et, avec un peu de chance, non seulement il se souviendrait des deux dernières années mais de leur amitié aussi. Si amitié était bien le mot à employer.

Dans le couloir, Nancy se rendit pour la première fois compte du silence qui habitait les lieux. Les quelques fois où elle s'était rendue dans cette université, il était toujours peuplé d'élèves et professeurs, un environnement qu'elle adorait tout particulièrement. A présent, il n'y avait plus que poussières, débris et fantômes. Le lieu était sinistre, habité par la peur ambiante de ce monde. C'est pourquoi l'Anglaise ne baissa pas sa garde. Plus que pour jouer un jeu des 7 différences avec ses souvenirs des lieux, elle observait ce qu'il se passait autour d'eux car elle savait que Logan avait perdu ses réflexes de survie, cela ne lui venait plus naturellement. Ainsi, elle avançait toujours sur ses gardes, prête à agir s'il le fallait. Heureusement pour eux, ils parvinrent à l'extérieur sans le moindre soucis. Décidément, les rôdeurs n'étaient pas fan des études supérieurs.

- Qu'est-ce que tu fais? lança-t-elle à son tour quand elle vit Logan s'éloigner subitement.

Cette histoire débutait mal s'il commençait déjà à prendre des initiatives sans lui en parler avant. Elle lâcha un petit soupir et le rejoignit sur un parking à vélo. Ok, elle avait compris son plan. Maintenant, les bras croisés, elle attendait juste de voir comment il allait l'exécuter. Sans une clé ou une pince en acier, il n'allait pas aller très loin pour récupérer son deux roues.

- Fais moins de bruit! le réprimanda-t-elle, soudainement sur ses gardes alors que la voix frustrée du géant avait raisonné sur le campus. Tu vas attirer du monde! Abandonne, on ferait mieux d'y aller à pied.

Têtu, il ne l'écoutait pas le moins du monde ce qui fit lever les yeux aux ciels de Nancy. Elle commença à s'éloigner, incapable de rester sur place, quand elle entendit un bruit qui la fit se retourner. Il avait réussi, à sa surprise. Elle l'observa enfourcher le vélo et venir vers elle, l'air victorieux. Il agissait comme un enfant fier de lui et Nancy se retint de sourire, n'excusant pas le boucan qu'il avait fait. Maintenant, il lui proposait de monter sur le porte bagage en l'appelant Milady, ce qui n'aidait clairement pas à garder un visage impassible. Pourtant, elle hésita.

- La dernière fois que je suis monté derrière quelqu'un sur un vélo, mon frère et moi avons terminé à l'hôpital. Je te fais une faveur, sache le.

Avec réticence, elle prit position derrière lui, peu confiante. Elle s'accrocha à la veste de Logan, légèrement mal à l'aise par cette proximité qu'ils avaient soudainement. Elle essaya de ne pas y faire attention alors qu'il commença à pédaler. Toujours sur ses gardes, effrayée à l'idée de croiser un rôdeur ou de tomber brutalement contre le sol, Nancy mit plusieurs minutes avant d'apprécier ce serait-ce qu'un peu cette balade pour le moins originale. L'homme savait ce qu'il faisait et avançait rapidement, sans mouvement brusque alors elle comprit petit à petit qu'elle n'aurait pas besoin de l'aide d'un docteur cette fois-ci.

Enfin, ils arrivèrent à destination et Nancy reposa pied à terre, ignorant si elle était déçue ou non de la fin de cette promenade contre le géant. Elle préféra concentrer son regard sur le bâtiment et remarqua que tous les volets étaient fermés. Une ou plusieurs personnes avaient tentés de survivre à l'intérieur. Maintenant, il ne restait plus qu'à savoir s'ils y étaient encore ou non.

- Tu es sûre de vouloir y aller? lui demanda-t-elle, essayant de deviner ses pensées face à un immeuble qui représentait un élément important à son passé. On peut y aller une autre fois si tu préfères.

Logan parla de la concierge mais Nancy se doutait que c'était là un moyen de contourner ses craintes réelles. Peut-être avait-il peur de retrouver sa mémoire, en fin de compte. Peut-être était-ce plus simple d'oublier. Néanmoins, elle savait qu'il serait en quête de réponses alors elle prit les devants et s'approcha de la porte d'entrée. Elle posa une main sur la poignée et la tourna doucement, la deuxième tenant fermement sa dague, mais rien ne se produisit. Elle était fermée à clé. Elle revint près de Logan.

- Il y a un autre accès à l'immeuble? J'aurais bien aimé crocheter la serrure mais j'ai pas le matériel nécessaire sur moi.

A quoi bon apprendre des techniques de la Résistance lors de la Seconde Guerre Mondiale si c'était pour oublier le matériel nécessaire? Bon, pour sa défense, ça ne se trouvait pas partout et l'astuce de la pince à cheveux n'était pas la meilleure.

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Logan Dwyerd
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28.12.19 8:58
Jusqu'à en oublier ton nom
    
Nancy & Logan

    


Le visage contracté dans un rictus, Logan observait la façade de cet immeuble où il avait vécu autrefois. Autrefois. Ce mot prenait une consonance étrange dans son esprit à présent. Pour lui, pour ce qu'il lui restait de mémoire, ce n'était pas il y a si longtemps, mais à en croire les autres, ça faisait plus de deux ans qu'il n'y avait plus foutu les pieds. Et il fallait reconnaître que ce qu'il avait sous les yeux laissait croire que cette hypothèse était bel et bien la bonne. Que ce fut les volets fermés, sans doute barricadés à l'intérieur, ou les plantes et mauvaises herbes qui sortaient des bacs à fleurs abandonnés, tout ici se voulait un présentoir du monde actuel. Refermé sur lui-même, refermé pour se préserver de la mort, laissant la nature reprendre son ascendant.
Une désagréable sensation d'être observé le fit frissonner. Pourtant, il avait l'intime conviction que personne ne se trouvait de l'autre côté des fenêtres obstruées. C'était comme si c'était son passé, aussi matériel qu'une ombre, qui le scrutait depuis les étages. L'envie de prendre ses jambes à son cou, de courir loin de cet endroit, très loin, lui serra le ventre, intensifiant la douleur perçante dans sa boite crânienne. Pour cette raison, et uniquement pour cela, parce que tout son être inconscient cherchait à l'éloigner de ce lieu, il savait qu'il devait y aller. Il devait remonter l'escalier de ses souvenirs.
Mais malgré ses convictions, il n'en éprouvait pas moins une peur latente, vicieuse, qui l'empêchait de faire le premier pas. Du coin de l’œil, qui vit la silhouette de la jeune femme qui se trouvait toujours à ses côtés, l'observant elle aussi. Ce constat le troubla autant qu'il lui redonna du courage. Il n'était plus seul. Elle était là. Pour un temps du moins.


« Non... il faut que je sache... aujourd'hui... » répondit-il à sa proposition de revenir un autre jour. Il lui avait déjà fallu du temps pour décider de venir ici, il n'était pas sur d'en avoir la force une autre fois. De réussir à combattre cet inconscient qui cherchait en permanence à l'éloigner de ce qui était de toute évidence des sources de peine et de souffrance. Il se protégeait lui-même. Mais ce n'était pas comme ça qu'il allait réussir à avancer ! Il allait falloir se faire violence !
Malgré cette envie de se remuer, il n'en fut pas moins soulagé lorsqu'il vit Nancy avancer en première et se saisir de la poignée de l'immeuble, qui s’avéra être fermé. Surpris, Logan avança, et les sourcils froncés, il vint à son tour actionner la poignée de la porte d'entrée qu'il détailla longuement, essayant de trouver une solution. L'idée de donner un grand coup de pied ou de masse dedans lui traversa l'esprit, mais ce n'était pas forcément très malin. Déjà parce que rien ne lui disait que ça ouvrirait la porte -il était costaud mais il y avait une limite à tout- et surtout parce que même si le quartier était tranquille depuis leur arrivée, ils pouvaient à tout moment tomber sur des nouveaux voisins un peu trop glouton qu'il valait mieux ne pas attirer.
Se reculant, un air contrarié sur le visage, Logan posa ses poings sur ses hanches, essayant de remonter dans sa mémoire alors qu'il regardait la façade en plissant les yeux. C'était à la fois si loin, et si proche pour lui, il fallait se concentrer. Il voyait les pièces et les appartements vides, les corps sortis dans la rue, il se voyait fermer les volets, il se voyait verrouiller la porte...


« Je crois... je crois que c'est moi qui ait fermé cette porte... si seulement j'avais encore la cl... » Il suspendis sa phrase. Il y avait bien une clef dans la poche de sa veste. Lorsqu'on lui avait rendu ses affaires après son réveil, il avec tout vidé afin de trouver quelque chose qui lui parla. Rien n'était revenu, jusqu'à maintenant. Avec des gestes précipités, il commença à vider les poches pleines à craquer de sa veste en jean. Briquets vides, paquets de tabac dont des poussières brunâtres sortaient, vieux mouchoirs. Il donna tout à la jeune femme qui s'était rapprochée de lui l'air intriguée. Enfin, après avoir déversé un flot de jurons, il sorti triomphalement une petite clef en métal argenté. De toute évidence, il ne s'agissait pas de celle de la porte d'entrée. Trop petite.


« On va faire le tour... » Dit-il en récupérant son merdier qu'il fourra à nouveau pêle-mêle dans ses poches. Silencieusement, toujours sur le qui-vive, les deux compagnons quittèrent le perron. Sur le côté du bâtiment, une petite allée permettait autrefois d'acheminer les poubelles, d'ordinaire placées dans un abri à l'arrière de l'immeuble, dans la rue. Ils débouchèrent rapidement sur une petite cours malodorante. Là, à l'arrière du bâtiment, se trouvait une petite porte. Serrant la clef entre ses doigts, échangeant un dernier regard avec Nancy qui se tenait juste derrière lui avec sa dague, il s'approcha et la glissa dans la serrure. Comme il s'y était attendu, elle fonctionna et dans un clic métallique, le verrou s'ouvrit, et avec lui la porte. Une odeur de poussière et de renfermé parvint aux narines de l'ancien professeur, mais pas celle de putréfaction à laquelle il ne s'était pas encore refait. Ne laissant pas endormir sa méfiance pour autant, il sentait la jeune femme à ses côtés prête à bondir sur le moindre danger si par hasard il s'en présentait un, alors qu'ils pénétraient de concert dans le bâtiment. Hormis la lumière qui entrait en halo pâle depuis la porte derrière eux, projetant leurs ombres déformées sur le dallage de l'entrée, on n'y voyait goutte. D'instinct, le grand roux tâtonna dans les ténèbres, longeant le mur de béton lisse jusqu'à rencontrer un petit boîtier en plastique sur lequel il appuya. Immédiatement, une lumière électrique s'alluma au plafond, rependant une lueur qui arracha au géant un sourire émerveillé. Comme beaucoup des immeubles du quartier, celui-ci était assez récent. Il était même neuf lorsqu'il y avait emménagé, et était équipé de panneaux solaires qui lui fournissaient une énergie verte et renouvelable, même maintenant. Refermant la porte de derrière afin de ne pas se laisser surprendre, Logan se dirigea vers l'escalier qui montait dans les étages avec un entrain retrouvé. Nancy semblait elle bien moins à l'aise, ne baissant sa garde pour rien au monde. S'agrippant à la rambarde, l'ancien professeur commença à monter les marches, au rythme de son cœur qui tambourinait dans sa poitrine. A chaque fois qu'ils arrivaient à un nouveau palier, il sentait sa compagne se raidir, comme si elle craignait découvrir d'anciens habitants transformés. Lui était étrangement serein de ce côté là. Il était presque certain qu'il n'y avait plus personne depuis longtemps ici, et qu'il y avait lui-même veillé. Sans doute avait-il nettoyé les lieux, le fermant au mieux pour que personne n'y rentre, de sorte à trouver au besoin un abris sur. Cette idée lui semblait logique. Véridique même.

Arrivant enfin au quatrième et dernier étage, Logan se stoppa malgré tout, les yeux braqués sur la porte qui lui faisait face. La moquette sur le sol absorbait les sons, mais il lui semblait qu'un bruit résonnait dans sa tête. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre que c'était le sang qui battait à ses oreilles. La lumière palote déformait les ombres sur les murs au papier peint gris perle qui se décollait pas endroit. Mais seule la porte l’obnubilait. La porte en bois sombre avec ce petit judas en son centre.La porte, avec ces trois noms écrits sur un petit papier à gauche du cadre qu'il ne voulu pas regarder. Il avait l'impression que plus il s'en approchait, plus elle s'éloignait cette porte. Son ventre se tordait, lui donnant invariablement la nausée.
Ce fut encore une fois Nancy qu'il sentait si proche qui le sortit de sa torpeur. Une envie étrange, lointaine, l’interpella. Il aurait voulu sentir sa main dans sa main, la serrer, en sentir la réalité physique, la chaleur. Mais il ne pouvait pour l'instant que se contenter de sa présence avec lui parmi les ombres. Serrant les mâchoires, il se décida à bouger, à éliminer les quelques pas qui le séparait de la porte, à se saisir de la poignée, à la tourner.

Sans un bruit, le battant s'ouvrit, dévoilant une petite entrée toute simple. Ici, contrairement à la cage d'escalier, une faible lumière passait à travers les persiennes. Il aurait été possible d'allumer une lampe, pourtant, le grand roux n'en fit rien. Il ne voulait pas trop en voir, il préférait comme ça. C'était comme d'entrer dans une parenthèse, un souvenir flou et lointain, préservé. Visiter le tombeau de son passé. Sans un bruit, avançant au ralenti, il entra dans ce qui avait été chez lui. Il détaillait tout, le regard hagard et la bouche entrouverte, superposant sa mémoire avec ce qu'il voyait. Dans l'entrée, des manteaux étaient accrochés à une paterne, des chapeaux, des casquettes. Sur un petit meuble s'alignaient des paires de chaussures, les siennes, et d'autres qui ne lui appartenaient pas. Il y avait aussi des cadres au mur, des photographies, dont les sourires flous ne lui parvenaient que comme des échos. Il avança, arrivant dans un salon qui ne semblait pas avoir pris conscience de la fin du monde. Tout était à sa place, bien rangé, sage. Les coussins du canapé n'était pas retourné, aucun verre du buffet n'étaient brisés au sol. A part la poussière et les plantes mortes, rien n'avait changé, c'était exactement comme il s'en souvenait. Traversant la pièce, il observait chaque élément avec attention, comme s'il espérait qu'un de ces objets allaient réenclencher d'un coup la machine de ses souvenirs. La bibliothèque et des centaines de livres d'art, ce petit secrétaire où des papiers étaient rangés, montrant une écriture fine qui n'était pas la sienne, les cadres aux murs, reproductions et originales d’œuvres. Un dessin dans un coin attira son attention. C'était un portrait sur format A3 à la sanguine. Il montrait une femme brune (bien qu'à cause du médium elle semblait rousse), souriante, le regard dur, très belle. En bas du dessin il y avait écrit « Donatella – Rome – Juin 2000 » suivi de sa signature. Longuement, il regarda dans un face à face silencieux, le regard de cette inconnue qui tout en ne lui disant rien, éveillait en lui un profond sentiment de tristesse et de solitude. Sa gorge se noua lorsqu'il s'arracha à la contemplation de celle qui avait été sa femme, et qu'il avait oublié comme le reste.
Papillonnant ses paupières humides, Logan balaya le salon des yeux. Nancy ne s'y trouvait plus. Sans doute était-elle partie explorer le reste de l'appartement, prévenant ainsi une mauvaise rencontre et le laissant seul avec lui-même et son passé. Le professeur ne savait pas pourquoi, mais il ressentait un vide, comme une instabilité, à ne pas avoir son ancienne collègue dans son champ de vision. Balayant la pièce des yeux, ces derniers tombèrent finalement sur une chaîne Hifi. Relevant un sourcil, intrigué, il s'en approcha timidement, curieux de savoir si elle fonctionnait toujours, mais aussi de découvrir le dernier cd qui avait résonné dans ses murs. Il appuya sur un bouton. Immédiatement, des lettres digitales apparurent sur l'écran « Hello », et l'appareil lança la lecture.


Un sourire étira soudainement ses lèvres alors que la musique sortait des hauts-parleurs poussiéreux. Les cuivres, le piano, les percussions, la voix de Ray Charles répétant « Unchained my heart », reprise par les choristes. Tournant le bouton du volume, il l'augmenta petit à petit, poussant toujours plus fort, commençant à secouer la tête et les épaules en rythme. La musique semblait le traverser tout entier, le secouer, comme si elle lui redonnait vie, lui rendait une énergie qu'il avait oublié. Il n'y avait plus de musique dans ce monde qu'il avait redécouvert, la musique en était bannie, interdite, dangereuse. Il s'accordait ici un exutoire grisant. Toujours en rythme, Logan recula, et se laissant porter par les voix, il commença à danser, d'une façon un peu ridicule et vieillotte il fallait le dire, mais pas dénué de classe. Les yeux mi-clos, savourant l'instant, il entendit à peine les remontrances de Nancy qui venait de le rejoindre, alertée par le bruit, tant la musique allait fort.


« On s'en fou !! Aller viens danser !! » Dit-il en criant, essayant de faire porter sa voix au-dessus de celle qui sortait des enceintes, y ajoutant des gestes pour inviter la jeune femme à le rejoindre. Cette dernière ne semblait pas goûter à la plaisanterie et le regardait avec une expression exaspérée. Lui n'y faisait pas attention, et continuait à se déhancher en rythme. Alors qu'elle tendait la main vers la chaîne Hifi, certainement avec la ferme intention de cesser ce vacarme, il l'attrapa, et l'attira vers lui, glissant son bras sous le sien, l’entraînant avec lui dans un rock endiablé et délirant. Il n'était pas un excellent danseur, mais l'énergie qu'il y mettait faisait le reste. Formant sur son visage des mimiques grotesques et forcées, il faisait un playback exagéré des paroles de la chanson, tournant avec sa cavalière dans l'espace dégagé du salon. Si la jeune femme ne semblait au départ pas très ravie de cette extravagance, elle finit par lâcher prise et rentrer dans son jeu, allant même jusqu'à sourire à ses grimaces et à ses pitreries. Voir ce rire qu'il n'entendait pas, le pétillement dans ses iris, apporta une chaleur dans la poitrine du géant.
Ce moment était un non-sens, mais il en profitait malgré tout comme un breuvage d'une extrême rareté, enregistrant dans sa mémoire défaillante ce sourire et la sensation de cette main dans la sienne.
Alors que la chanson touchait progressivement à sa fin, il se rendit compte qu'il aurait aimé qu'elle ne se termine pas du tout. Sa main gauche toujours dans le dos de la jeune femme, la droite tenant doucement la sienne, si menue, il pouvait sentir l'odeur de ses cheveux, ce corps si fluet tout prêt du sien et ces regards fuyants alors qu'ils prenaient tout les deux conscience de revenir à la réalité. Cette proximité était troublante, mais pourtant elle ne lui semblait pas étrange.
Le morceau s'arrêta. S'écartant alors doucement, brisant le contact, il coupa l'ampli puis se tourna à nouveau vers elle, croisant le regard de Nancy qu'il soutint sans vraiment comprendre le fond de leurs pensées respectives. Il renifla, se racla la gorge et frotta les deux paumes de ses mains l'une contre l'autre.


« Je... Humm... désolé...euh... Tu... tu as trouvé quelque chose d'intéressant de ton côté ? » Demanda-t-il un peu maladroitement mais en essayant de reprendre un ton sérieux, comme s'il ne s'était rien passé.  
    
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Nancy Acaster
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02.02.20 9:54
Jusqu'à en oublier ton nom

   Logan & Nancy

   
- Je touche pas à ça, dit-elle en laissant tomber les vieux mouchoirs sur le sol bien qu'elle garda les mains tendues pour prendre le contenu des poches de Logan.

Il semblait chercher une clé et elle fouilla dans sa mémoire pour savoir s'il lui avait déjà parlé d'une clé auparavant. Rien ne lui revenait en mémoire mais elle n'avait pas totalement perdu espoir. Tous avaient gardés des petits objets de leur passé ou bien qui pourraient leur être utile un jour, même si on ne les avait pas utilisé une seule fois depuis le début de l'apocalypse. Heureusement pour eux deux, le géant en trouva une et la brandit triomphalement. Pourtant, elle semblait bien petite pour la serrure de la porte d'entrée. Nancy ne fut pas la seule à se faire cette réflexion car il la guida vers la porte arrière de l'immeuble. Elle l'y suivit en silence après lui avoir rendu ses affaires. Ils débouchèrent dans une petite cour avant de s'arrêter devant une porte. La clé entra parfaitement dans la serrure et Nancy leva plus haut sa dague, s'attendant à voir débarquer un rôdeur à tout moment. Elle savait bien qu'ils aimaient se cacher pour faire une surprise à leurs proies.

Pourtant, il n'y eu aucun cadavre ambulant qui déboula. Il n'y avait pas même l'odeur de la mort, si reconnaissable. Cela soulagea Nancy quelque peu bien qu'elle resta sur ses gardes. L'expérience lui avait appris qu'il ne fallait jamais plus se sentir en sécurité. La pénombre n'aidait pas à avoir confiance non plus. Par chance, cet immeuble avait des panneaux solaires et lorsque Logan actionna un bouton, la lumière envahit l'espace. Il n'y eut aucun son suite à ce changement ce qui pouvait signifier qu'aucun rôdeur n'était bloqué dans les couloirs ou les escaliers. Mais Nancy continuait à s'attendre au pire, alors qu'elle tenter de garder la cadence du géant devant elle. Non seulement il était trop pressé à son goût mais ses grandes jambes mettaient facilement la misère aux petites qu'elle avait. Mais ils parvinrent au quatrième étage, enfin. Le problème, c'est qu'en cas de fuite, cela allait être compliqué maintenant qu'ils étaient en hauteur. Nancy n'avait plus qu'à espérer que le bâtiment soit aussi sûre qu'il paraissait.

Ils s'arrêtèrent devant une porte qui pétrifia Logan le temps de quelques secondes. Nancy n'eut aucun mal à deviner que c'était là où ils avaient habités, lui, Owen et cette femme qui les avait abandonné. Leurs noms étaient inscrits à côté d'ailleurs et l'Anglaise se demanda si ça déclenchait un quelconque souvenir chez Logan. Elle se rapprocha de lui, ce qui sembla le sortir de sa torpeur. Il parcouru les quelques pas qui le séparaient de la porte et tourna doucement la poignée, la serrure n'ayant jamais été verrouillée.

Nancy suivit Logan sans faire aucun bruit, comme effrayée que sa présence ne le dérange. C'était la première fois qu'elle entrait ici et elle s'était longtemps demandé à quoi l'appartement avait ressemblé. On apprenait beaucoup du logement d'une personne. Ce qu'elle aimait, ses goûts, sa manière de vivre. Pleins d'éléments qui attisaient la curiosité de l'Anglaise alors que son regard se promenait tout autour d'elle, oubliant presque qu'ils pourraient être attaqués à tout moment. Alors qu'elle observait naturellement la bibliothèque, toujours attirée par les livres, elle vit du coin de l’œil que Logan était immobile et observait un portrait. Après quelques secondes de silence à simplement observer, Nancy prit la parole:

- Donc c'est à ça qu'elle ressemble... Elle est belle.

Elle avait entendu parler de Donatella et elle ne la portait pas dans son cœur, c'est pourquoi elle avait constaté avec réticence que l'italienne était une très belle femme. Elle retrouvait dans son visage quelques traits qu'elle avait légués à son fils, Owen. A la pensée du petit bonhomme, le cœur de Nancy se serra. Elle avait tant espéré qu'au réveil de Logan, il se souviendrait de ce qu'il s'était passé.

Elle s'éclipsa, le laissant avec ses pensées, peut-être ses souvenirs. Elle continua son exploration et déboucha dans une chambre à coucher, sans doute celle que Logan avait partagé avec Donatella. Elle observa les quelques photos accrochées et en voyant une encadrée sur une table de nuit. Elle représentait Owen, tout bébé. Un sourire apparut sur les lèvres de Nancy. Elle allait prendre le cadre pour le montrer à Logan quand un son lui glaça le sang. En hâte, elle retourna dans le salon pour découvrir le géant, tout sourire, à écouter tranquillement de la musique comme s'il n'était pas au beau milieu de l'enfer.

- Mais ça va pas! Éteins ça! s'exclama-t-elle en se dirigeant vers la porte d'entrée pour jeter un coup d’œil dans le couloir. Il n'y avait rien.

Elle revint vers lui, les sourcils froncés. Voilà qu'il montait le son et se mettait à danser, ce qui donnait un spectacle pour le moins étrange.

- T'es complètement idiot ou quoi?! s'exclama-t-elle à nouveau, se demandant un instant si c'était cette Donatella qui le rendait fou à nouveau.

Elle comprenait bien que la chanson soit géniale, elle-même l'avait longuement écoutée avant l'apocalypse, mais Ray Charles allait retourner dans sa tombe bien gentiment avant qu'elle ne s'énerve. Oui, elle avait toujours voulu réécouter de la musique mais elle savait aussi qu'elle ne voulait surtout pas mourir. Alors, elle avança avec la ferme intention d'éteindre la musique, interrompue par Logan qui l'attira subitement, lui faisait rater un battement de cœur et l’entraînant dans sa danse. Le visage renfrogné, Nancy essayait de se dégager mais le géant l'y en empêcher, lui donnant tout le mal du monde à ne pas rire tant la scène était absurde. Au final, il réussit à lui décocher un sourire et elle ne put retenir un rire, alors qu'elle rentrait dans le jeu. C'était peut-être la fatigue, le manque de musique dans sa vie ou les sensations qu'elle ressentait dans les bras de Logan. Quoi qu'il en soit, elle s'accorda une minute pour oublier tous les problèmes.

La musique prit fin et la réalité retomba brusquement. Ils étaient très proches l'un de l'autre et Nancy se sentit gênée. Gênée de ce contact, de la situation et de s'être laisser aller ainsi. Ils s'éloignèrent, sûrement à regret, et l'Anglaise comprit qu'elle n'était pas la seule à être mal à l'aise après que Logan ait éteint la musique.

- Hum oui. Attends une seconde, je vais vérifier le couloir avant.

Il n'y avait toujours rien. Pas de rôdeurs ni de survivants alertés par la voix de Ray Charles et ses choristes. Pour autant, Nancy n'était pas rassurée et sa peur avait augmenté. C'était improbable qu'ils n'aient alertés personne. Il fallait faire vite d'après elle. Elle revint donc auprès de Logan et lui dit:

- J'ai trouvé une photo d'Owen dans ta chambre. Je me suis dit qu'elle pourrait t'intéresser.

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Logan Dwyerd
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13.02.20 9:32
Jusqu'à en oublier ton nom
    
Nancy & Logan

    


Depuis que Logan avait ouvert les yeux de son long sommeil agité, on ne cessait de prononcer devant lui des noms qui n'éveillaient rien. Les personnes associées à ces noms, leurs visages comme leurs histoires, avaient disparu de sa mémoire, comme effacée du disque dur. Il avait bien essayé d'assimiler les informations, mais c'était comme si sa tête refusait d'apprendre et de comprendre ce qu'on lui disait. Son cerveau et son efficacité, dont il avait toujours tiré un profond orgueil, lui jouait désormais bien des tours, si bien qu'il fallut quelques secondes au géant pour comprendre de qui parlait la jeune femme devant lui.
Owen.
A chaque fois qu'il entendait ce nom prononcé par ceux qui le croisait depuis son réveil, il voyait un voile se glisser devant leurs yeux. Une tristesse, comme une nostalgie douloureuse, une pluie fine et sournoise. Au début, on lui avait parlé de l'enfant comme d'une évidence, puis, lorsqu'ils avaient compris qu'il n'en gardait aucun souvenir, on lui avait expliqué. Il avait un fils. Un petit gars roux et rieur pour certains, fragile et malade pour d'autres. Le plus terrible était sans doute que malgré tous ses efforts, il n'arrivait toujours pas à y croire. Ils devaient se tromper tous. Ils devaient confondre. On pouvait oublier des connaissances, des amis, de la famille même... mais on ne pouvait pas oublier un fils. Le rejet de l'information lui semblant moins odieuse que l'oubli, Logan avait décidé de ne pas y croire. C'était d'ailleurs plus facile que prévu, son cerveau se gardant bien de lui porter à l'esprit tout élément qui aurait pu donner raison à la théorie du fils oublié. De celle qui avait été sa femme, en tout cas à en croire les autres, c'était encore bien pire. Même avec une image d'elle sous les yeux, même en lisant son nom, comme quelques instants plus tôt, rien. C'était le vide. Comme si cette femme n'avait tout simplement jamais croisé son chemin, comme si elle n'avait juste jamais existé.
Mais contrairement à elle, Logan sentait au fond de lui que le nom d'Owen ne lui était pas étranger. Bien au contraire, il éveillait des sentiments contraires, lui comprimant la poitrine en même temps qu'ils faisaient bondir son cœur. Ce nom la était important.


Suivant cette fois la jeune femme dans l'appartement, le grand roux ne regardait que sa silhouette de dos, dans la pénombre tamisée des lieux. Même s'il connaissait les différentes pièces, elle le guidait, au-delà même du simple fait de trouver son chemin. Au fond de lui, l'ancien professeur se demanda à quel moment est ce que son ancienne collègue avait pu prendre autant de place dans sa vie.
Passant devant des portes fermées et des cadres couverts de poussières, tout deux arrivèrent enfin devant la chambre à coucher qui avait été autrefois la sienne. Si Nancy y entra directement, Logan lui resta quelques instants sur le seuil, observant les lieux qui n'avaient pas changé. Ici aussi, comme dans le reste de l'appartement, des livres occupaient la plus grande partie des étagères. Il y avait également des cadres sur les murs, quelques placards ouverts qui laissaient voir de vieux vêtements abandonnés. Oubliant un instant ce qu'il était venu faire là, le géant s'avança vers la penderie, faisant glisser une des grandes portes miroir dans ses rails. Un grincement sinistre lui fit serrer les dents, mais il garda les yeux ouverts, découvrant le banal contenu de son ancien placard. Des vestes, des chemises, mais aussi des robes et des jupes, dont les motifs et les couleurs délavées juraient avec la faible lumière ambiante. Doucement, il laissa ses doigts glisser sur les tissus légers. L'espace d'une seconde, le grand roux se demanda si tout ça avait été à lui, s'il était transformiste avant que le monde sombre, mais cette idée absurde se dissipa rapidement. D'une part parce que ça ne lui ressemblait pas tellement, et surtout parce qu'il n'aurait jamais pu rentrer dans ces vêtements même avec la meilleur volonté du monde. Non, il y avait bien eu une femme pour vivre ici, une femme à qui tout ça avait appartenu. Sa femme.

Une violente décharge lui vrilla les tempes, le forçant à fermer les yeux l'espace d'un instant. Ça devait être une erreur. Une mauvaise blague... sûrement ça oui...

Toujours incapable d'accepter la vérité, il se détourna et rouvrit les paupières laissant ses yeux tomber sur la jeune femme qui le regardait un objet rectangulaire à la main. Immédiatement, l'image fugace du fantôme de sa femme disparut de son esprit pour ne laisser que celle, bien réelle, de Nancy. La jeune femme était là elle, bien là, et pour l'instant, c'était tout ce qui comptait pour lui.
Se rapprochant d'elle, il se saisit de l'objet qu’elle lui tendait et le regarda. Il s'agissait d'un cadre photo, qui comme tout ce qui se trouvait ici, était recouvert d'une bonne couche de poussière. Il le retourna, se trouvant alors nez à nez avec le visage d'un tout jeune enfant aux grands yeux sombres et aux cheveux roux comme un coucher de soleil.


Il sembla à Logan que son cœur venait de cesser de battre.
Posant une main sur sa bouche, comme pour contenir sa surprise, l'enseignant ouvrait de grands yeux de stupeur face à la réalité qui lui sautait à la gorge comme un chien enragé. Il voulu dire quelque chose, mais les mots restaient bloqués dans une gorge désormais nouée. Ce visage, cet instant, ce moment où il avait appuyé sur la détente de l'appareil photo, où il avait regardé le résultat dans l'écran, puis posé un baiser sur le front de l'enfant. Ce n'était pas tout à fait un souvenir, pas réellement, c'était surtout un flot d'émotions qui déferlait sur lui, des flashs vidéo-projetés sur l'écran brouillé de ses rétines. Aussi déroutant que cela pouvait lui paraître, Logan savait malgré tout ce que n'était pas son imagination qui lui jouait un tour. Il était bel et bien en train de se souvenir. Le visage sur la photographie avait éveillé plus encore que le nom, des informations qui se déversaient à présent dans sa tête, renforçant la douleur qui y régnait.
Les jambes légèrement tremblantes à l'image de ses mains, le grand roux s’assit sur le lit qui par chance se trouvait juste derrière lui, le visage toujours figé dans une expression d’étonnement total.


« Je... je... » commença-t-il, bredouillant plus que parlant. « Je n'en suis pas sur... mais je crois que c'est en train de me revenir... » Dire cela était un bien grand mot, car les images qui défilaient dans son crâne étaient plus floues encore que des formes de fumée. Les yeux toujours braqués sur la photographie, il ressentait en lui, comme en rétroactif, de vieux moments et de vieilles sensations lui traverser l'échine comme autant d'éclairs dans la tempête. Attente face au ventre rond, angoisse puis joie de la naissance, amour face à cette créature rose et gesticulante, colère de l'abandon, peur, peur, et peur encore. A ses sensations se mêlaient aussi des visions, tordues et troubles mais bien réelles, celle de son fils dormant à côté de lui, de son visage déformé par les pleurs et la faim, des regards bienveillants de ceux qui vivaient avec eux à l'université puis à l'hôpital, le sourire solaire de Nancy qui ouvrait les bras pour réceptionner le jeune garçon qui apprenait à marcher.

Quittant la photographie, le professeur chercha des yeux son ancienne collègue qui se trouvait toute proche de lui à ses côtés dans la chambre. La bouche entrouverte et le cœur battant, il la regarda encore quelques secondes sans savoir quoi lui dire. Elle était là, dans ses souvenirs, elle était là, comme elle était là maintenant.
Pour la première fois depuis qu'ils s'étaient retrouvés un peu plus tôt dans la journée, Logan regarda la jeune femme non plus comme une inconnue mais comme ce qu'elle était devenue avec le temps, une amie, et un peu plus que cela même. C'était comme de se réveiller vraiment, comme d'être désenvoûté. Mais prendre conscience de cela lui permit de comprendre aussi qu'il restait toujours un envoûtement, un enchaînement de cœur, pour reprendre les paroles du grand Ray.


« Je crois... je crois que je me souviens Nancy. Enfin... c'est vague... et incomplet... juste des images... mais je me souviens... » Une envie de tendre sa main vers celle de la jeune femme et de la prendre dans la sienne lui serra le ventre. Il n'en fit pourtant rien. Aussi proche qu'ils étaient dans sa mémoire à trous, il y avait toujours cette barrière entre eux, que ni l'un ni l'autre n'osaient franchir. Logan en ignorait l'origine. Peut être était-ce lié à son envie de partir de Kelowna, peut être était-ce lié à l'enfant sur cette photo. Ses yeux glissèrent à nouveau sur le portrait du bébé. C'était étrange d'éprouver ça devant un simple cliché, de se sentir troublé de cette façon, se laisser envahir par une chaleur enivrante. Un rire souleva les épaules du colosse, un sourire fendit son visage. Pour la première fois depuis son réveil, il ressentait de la joie, une joie réelle qu'il acceptait totalement.
Il avait un fils. L'espace d'un instant, il fut tout au bonheur de ce constat, ne comprenant pas pourquoi la jeune femme elle, restait de marbre. N'aurait-elle pas du se réjouir elle aussi ? Même si c'était par morceaux, sa mémoire semblait lui revenir enfin, subtilement. Alors pourquoi le regardait-elle avec cette tristesse dans les pupilles ? Il avait un fils, un petit garçon roux comme le soleil qui apportait le rire partout où il allait ! Il fallait s'en réjouir... il avait un fils...


Les yeux plongés dans ceux de la jeune femme, le cœur de Logan cessa une nouvelle fois de battre. Comme au ralenti, son sourire disparu de ses lèvres, les laissant tremblantes et entrouvertes. Où était-il ce fils qu'il venait de retrouver dans le panier percé de son cerveau ? Où était-il cet enfant qui rendait tout le monde triste dès lors qu'ils prononçaient son nom ?
« Où est Ow... » Logan ne termina même pas sa question. Comme un diable qui bondit hors de sa boite, il s'était relevé, laissant tomber au sol le cadre dont le verre se brisa dans un tintement cristallin. Sans prendre la peine de savoir si Nancy le suivait, le géant sortit de la chambre à coucher et se dirigea de l'autre côté du couloir vers une porte qu'il avait jusque là bien évité de regarder. Sur le bois blanc, il y avait quatre lettres en carton recouvertes de couleurs et de motifs enfantins. Sans plus attendre, il fit tourner la poignée et alors que la porte s'ouvrait, il avança de quelques pas dans la chambre du bébé. Comme dans le reste de l'appartement, la lumière passait à peine entre les planches clouées contre les fenêtres aveugles, donnant à l'endroit l'impression d'être plongé dans un bocal de formol. Le tapis d'éveil, la table à langer, les jouets,le lit à barreaux et son mobile, tout semblait figé dans le temps, comme s'ils attendaient tous le retour de l'enfant qui avait vécu ici. Une boule dans la gorge, prêt à exploser, le père tendit la main dans le lit, y récupérant une peluche d'ours qu'ils avaient du oublier avant de quitter les lieux, deux ans plus tôt. La fausse fourrure, bien que poussiéreuse, était encore douce. Owen adorait cette peluche.
Une des lattes du parquet grinça, et il tourna le visage vers la jeune femme qui se tenait sur le seuil de la porte. Dans la pénombre, il ne pouvait discerner les détails de son visage, comme elle les siens, mais si elle avait pu, elle aurait vu son regard se brouiller.


« Il est mort c'est ça ? » Finit-il par demander, l'ours en peluche serré dans ses grandes mains de géant. Sa voix était rauque, comme le murmure d'une montagne sur le point de s'effondrer. « Mon fils est mort... c'est ça ?» C'était une affirmation plus qu'une question. Car au fond de lui, même s'il n'en avait aucun souvenir, il savait que c'était vrai. « C'est pour ça que je me souviens de rien... pour ça que je ne veux pas me souvenir... » les derniers mots disparurent dans un sanglot incontrôlé. Incapable de supporter que la jeune femme puisse le voir ainsi, il se détourna, les épaules secouées et le visages tordus par le chagrin. En l'espace de quelques secondes, l'ancien professeur avait retrouvé un enfant pour mieux le perdre, et la douleur qui traversait chaque partie de son corps étaient plus terrible encore que de se faire briser chacun des os du squelette. Le temps sembla s'étendre, figeant l'instant. Il avait envie de tomber au sol et de se rouler en boule, il avait envie d'oublier à nouveau. De tout oublier pour mieux s'oublier lui-même. Mais il ne pouvait plus oublier, il ne pouvait plus oublier Owen.


Une main se posa sur son bras, le faisant sursauter avait de comprendre qu'il s'agissait de Nancy. Il y avait beaucoup de choses dans ce simple contact. Un soutien principalement qui lui fit relever la tête et reprendre conscience. Reniflant à plusieurs reprises, le grand roux essuya ses yeux et ses joues humides d'un revers de la manche, se raclant la gorge, reprenant rapidement sa contenance habituelle.


« On ne devrait pas rester ici... avec toutes mes conneries, ça m'étonnerait pas qu'on ait attiré tout ce que le quartier compte de charognes... Partons. » Dit-il fourrant en boule la peluche de l'ours dans la poche de sa veste. Bien que la voix toujours légèrement tremblante, il parlait d'un ton ferme et catégorique. Il ne voulait pas rester ici.

Mais alors qu'il entendit la jeune femme faire un pas en arrière, il se retourna vers elle en prononçant son nom, d'un mouvement soudain et rapide, lui attrapant le poignet et plongeant son regard dans le sien. S'il s'en voulu d'avoir agit aussi brutalement, il ne lâcha cependant pas le bras de son amie, glissant doucement vers la paume de sa main. « Je voulais te dire... » Il prit une profonde inspiration avant de reprendre essayant de ne pas écouter le battement de son cœur. « Merci... merci d'être venue me retrouver et de m'avoir accompagnée jusqu'ici... seul je n'aurais pas réussi... »
    
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