AccueilAccueil  Discord  RechercherRechercher  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Le Deal du moment : -20%
Multiprise Aukey PA-S14 avec protection parafoudre ...
Voir le deal
39.99 €


 

 Dead or alive or...



Seth Mansfield
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Dead or alive or... Tumblr_pq08w2DHfe1vnzgcbo1_250

Ancien métier : Educateur spécialisé
Occupation : Leader des Protecteurs
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Vancouver

Messages : 140
Inscription : 13/04/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Jeffrey Dean Morgan

Dead or alive or... X0TurS627 / 5027 / 50Dead or alive or... BR2xH0t

Dead or alive or... DQEbQJ237 / 5037 / 50Dead or alive or... GxoDpmC

Dead or alive or... Hu1erU729 / 5029 / 50Dead or alive or... LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Dead or alive or... Empty
11.10.19 16:48
Dead or alive or...

  Seth & Khaaleb

 



Lorsque Benedict lui avait narré sa rencontre malheureuse avec cet homme des bois, et qu'il avait pu constater par lui-même l'étendu des dégâts que ce sauvage avait provoqué au sein du petit groupe d'éclaireurs mené par son homme de main, ses sentiments furent partager.
En premier lieu, il fut assailli par un puissant sentiment de colère. A l'égard de ses hommes tout d'abord, qui n'avait pas été fichu de maîtriser un homme seul, à l'égard de Benedict en particulier, qui s'était laissé dépassé comme un débutant et bien sur à l'égard de cet homme des bois qui était parvenu à s'en sortir impunément en ridiculisant les Protectors, et par ricoché, lui-même. Il ne s'agissait quand même pas de Big Foot que diable ! Comment un seul homme avait-il pu mettre en déroute toute une équipe ? !
Et puis la curiosité avait prit le pas sur la colère. Qui était cet homme ? S'il était aussi fort et débrouillard que les récits qu'on faisait de lui le laissait entendre, alors il pourrait devenir une recrue de qualité parmi les siens, une proposition qu'il ne pourrait pas refuser s'il voulait vivre...
Et puis il y avait eu le doute. Seth ne parvenait pas à cerner complétement Benedict qui lui était pourtant loyale, mais depuis la trahison de Tobias qui s'était égaré pour un petit cul latino, la méfiance de Seth s'était accru. D'ordinaire, l'homme à la batte n'accordait sa confiance à très peu de monde et encore c'était un vaste mot, mais à présent, il ne cessait de se demander, qui serait le prochain à le décevoir. Serait-ce Benedict ? Cherchait-il à l'affaiblir en faisant disparaître des hommes qui lui était fidèle ? Ce n'était pas impossible, après tout, des traîtres il y en avait partout, qui plus est, c'était un stratagème habile qui pouvait s'avérer efficace sur le long terme, mais c'était là que la bas blessait. Benedict était revenu blessé mais cela ne voulait strictement rien dire. Toutefois à quoi lui servirait-il d'agir de la sorte ? Passe une fois encore mais si cela venait à se reproduire une seconde fois, l'ancien avocat savait très bien que Seth ne lui pardonnerait pas un second échec. Le leader des Protectors avait donc écarté cette hypothèse en choisissant de ne pas remettre la loyauté de Benedict en doute... pour le moment.
Alors il avait choisit de retrouver les traces de cet homme et de le traquer, comme la bête qu'il semblait être, et lui faire passer l'envie de recommencer de se dresser contre eux

Retrouver la trace de cet homme des bois ne fut pas une mince affaire, parmi cette immense verdure, c'était un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin, pourtant ses hommes parvinrent à cette prouesse et Seth en personne décida de mener les opérations. Non seulement parce que l'on n'était jamais mieux servit que par soi-même, mais aussi parce qu'il était curieux et intrigué de faire face à cette force de la nature qui avait mis en déroute cinq de ses hommes. Les ordres avaient été on ne peut plus claire, le retrouver et attendre son arrivée. Sous aucun prétexte ils ne devaient l'approcher, établir de contact avec lui ou encore tenter quoique ce soit. La dernière fois cela s'était terminé par un fiasco, raison pour laquelle il ne laisserait à personne d'autre le soin de régler cette histoire
Le trajet à travers bois fut bien plus long qu'il ne le pensait, et cela laissa Seth songeur. Cet homme avait délibérément choisi de vivre comme un ermite. Il se débrouillait seul pour survivre tant pour trouver des vivres que pour se protéger des morts et de toute évidence, il savait y faire. Ils n'avaient donc pas à faire à un amateur qui avait juste eu de la chance. Qui plus est, à la manière dont il était parvenu à s'échapper et à semer un homme d'expérience comme l'était Klaus, pour vivre ainsi en reclus, au coeur de cette forêt gigantesque, cet homme y avait déjà vécu par le passé. Il la connaissait par coeur, il y était chez lui...
La route goudronnée qu'ils empruntèrent laissa place à un chemin de terre qui les secoua pendant un temps avant qu'il ne se transforme lui-même en un sentier qui les contraignit à arrêter les 3 Jeep. Là, à l'entrée de sentier qui ne permettait pas le passage des véhicules, deux de ses hommes l'y attendaient pour les guider à pieds à travers bois, pendant que les deux autres parti en éclaireurs, continuaient de surveiller la cible de loin, sans se faire repérer.

Ordonnant à ses accompagnateurs de rester en position, Seth suivit ses deux guides à travers forêt. Plus haut sur le sentier, après avoir dépassé une zone rocheuse qui se trouvait à découvert, les chênes, les érables et les bouleaux retrouvèrent leur place et les hommes s'arrêtèrent devant une butte d'où l'on pouvait apercevoir une très jolie maison en bois au bord d'un lac. S'accroupissant à l'abri des fourrés Seth et ses deux guides observèrent les alentours avec prudence. Très rapidement un des hommes qui était resté les rejoignit et leur fit signe de le suivre. Tapis dans l'ombre des fourrées, les quatre hommes s'avancèrent à couvert pour rejoindre le dernier observateur présent qui ne quittait pas leur cible des yeux.

- Il est là,
indiqua-t-il en pointant son index dans la direction de la silhouette massive qui venait d'entrer à l'intérieur du chalet. Le terrain est truffé de piège

Silencieux, le regard perçant, Seth observa cette silhouette qui continuait à s'activer à l'intérieur du chalet sans avoir conscience de la présence de ses spectateurs indiscrets. Un sourire s'étira sur ses lèvres qu'il humecta avant de ricaner silencieusement.

- Changement de plan, vous rentrez tous, mais laissez-moi une caisse.


A la vu de la réaction des quatre hommes qui l'entouraient, il ne fut guère difficile de comprendre que personne ne s'attendait à un tel retournement de situation. N'étaient-ils pas venus pour donner une bonne correction à cet homme ? Le soumettre ou le tuer ? N'était-ce pas là, le but de cette expédition ? S'emparer de ses possessions aussi maigres furent-elles ? Que comptait faire Seth, seul, face à cette montagne de muscle ? Cet étranger avait eut le dessus sur cinq des leurs, dont un meurtrier et un militaire de carrière, cinq imbéciles certes mais qui malgré tout étaient loin d'être des enfants de choeurs. Eux, ils étaient une douzaines et ils s'estimaient bien plus efficaces et doués que le groupe précédent alors pourquoi un tel revirement ? Que comptait faire leur leader ? Si aucun d'entre eux n'était rassuré à l'idée de laisser seul leur chef, personne ne se permis de le contredire même si le doute ou l'incompréhension pouvait se refléter dans leurs regards

- Il existe plus d'une façon de soumettre un homme,
leur assura-t-il en leur dévoilant ses dents blanches dans un sourire carnassier. Allez, disparaissez avec la même discrétion dont vous avez fait preuve jusqu'à présent. Je reviendrais demain au plus tard. Que Tobias... non Victoria prenne le relais.

Tobias..., Seth avait toujours cette manie de penser à lui en premier lieu pour prendre sa suite en son absence car il était un homme d'action, un homme qui avait de la poigne, qui savait se faire obeir et qui savait se servir de sa tête, malheureusement ce temps était révolu, aujourd'hui, il ne pouvait plus lui accorder sa confiance et c'était à Victoria que revenait désormais cette lourde charge. S'exécutant, les quatre hommes s'éclipsèrent avec discrétion sous le regard de Seth qui les observa jusqu'à ce qu'ils disparaissent définitivement de son champs de vision. Il se tourna ensuite vers cet homme qui, au loin, empilait désormais du bois, sans se départir de son sourire

****

Le jour déclinait rapidement lorsque Seth se mit en marche en direction de la cabane, sa précieuse batte bien calée sur son épaule. Il s'avançait toutefois sans se précipiter, avec prudence parmi les nombreux pièges qui jonchaient le terrain sur tout le parcours et qui avaient pour seul but de protéger son concepteur. Des virulents c'était une certitude, mais après ce qui s'était passé il y a quelques jours, Seth se doutait bien que les morts n'étaient pas la seule chose dont il désirait se protéger... Il avait prit le temps de les observer avec attention, redoublant de vigilance à chaque pas qu'il faisait pour ne pas stupidement en déclencher un par inadvertance en voulant en éviter un autre. Chaque piège avait été méticuleusement posé et étudié, il était littéralement impossible de piquer un sprint pour s'enfuir sans y laisser un peu plus que des regrets. Plus il progressait et plus il s'avançait à découvert, une attitude qui pouvait paraître totalement irresponsable à leur époque et à laquelle Seth n'aurait jamais adhéré en ignorant à qui il avait à faire.
S'avancer à couvert, après l'altercation qu'il avait eu avec ses hommes avait du le rendre méfiant et sur la défensive. En agissant de la sorte, il avait bien plus de chance de se faire tirer comme un lapin  qu'en progressant à découvert. Qui plus est, il espérait bien qu'en le voyant, il ne l'accueille pas à coup de matraque, de balle ou de flèche. Derrière l'une des fenêtres qui lui faisait face, le leader des Protectors aperçu une silhouette se mettre en mouvement avant de disparaître. S'arrêtant à mi-chemin, Seth fixa la porte du chalet qui n'allait probablement pas tarder à s'ouvrir, tout en sifflant ce petit air qu'il avait pris l'habitude de siffloter à l'aéroport et qui, lorsqu'il résonnait, avait pour habitude de glacer le sang de ceux qui l'entendait.

- A voir ta tête, il faut croire que tu pensais que je m'étais fais bouffer... Alors, dis-moi, aurais-tu le gite et le couvert à offrir à vieil ami ?  

 


   
Revenir en haut Aller en bas

Khaaleb Talarion
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Dead or alive or... 1564648549-khaaleb

Ancien métier : Garde forestier
Occupation : Chasse, pêche, expéditions
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Réserve de Kánesatake, Québec

Dead or alive or... Tumblr_pitvtrYs5P1w85r9qo9_250

Messages : 269
Inscription : 20/04/2019
Crédits : Homemade
Célébrité : Jason Momoa

Dead or alive or... X0TurS632 / 5032 / 50Dead or alive or... BR2xH0t

Dead or alive or... DQEbQJ224 / 5024 / 50Dead or alive or... GxoDpmC

Dead or alive or... Hu1erU733 / 5033 / 50Dead or alive or... LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Dead or alive or... Empty
19.10.19 11:48
Dead or alive...

    Seth et Khaaleb

    



Une respiration sifflante sortait de la gorge de Khaaleb. Elle s'agrippait contre les murs râpeux de la chambre, crissant dans l'air comme une mélopée lugubre. Une perle de sueur, fine et glacée, coula le long de sa tempe, laissant sur sa peau moite une traînée brillante avant d'aller s'écraser sur le drap du lit. Ce dernier, d'ordinaire gris, était parsemé de tâches sombres. Certaines avaient séchées, d'autres, comme celle qui s'étendait sous lui, étaient encore humides et rougeâtres. Du sang.  
Il ne coulait plus ce sang, plus trop. Il avait fini par se tarir, mais chaque mouvement brusque menaçait de rouvrit les vannes. Les mâchoires serrées à s'en faire péter les dents, les yeux fermés et les sourcils froncés, Khaaleb était tout à la douleur qui l'accaparait totalement depuis deux jours. Rien d'autre n'existait qu'elle et il ne pouvait rien faire d'autre que de l'entendre geindre et l’appeler comme une vieille amante jalouse. Cette liaison nocive avait fait fuir de lui le sommeil, et de profondes cernes cerclaient ses yeux déjà marqués. Sur l'un deux, un coquart marquait sa peau encore gonflée d'une teinte violacée dérangeante.
Sur son corps, d'autres marques rouges, jaunes, violettes, traçaient des plaques évoquant des peintures abstraites de quelques artistes modernes, révélant la peine des muscles et des membres sous la peau. Chaque partie de son corps, ses bras, son ventre, ses jambes, son dos, ses côtes, sûrement cassées pour certaines, tout lui faisait mal, là où la barre de fer de ce psychopathe de Protecteur était tombée. Mais le pire, l'épicentre de ses souffrances, c'était son épaule gauche, là où un bandage précaire dissimulait une plaie sanguinolente. La balle était entrée pour ressortir aussitôt, un bien pour un mal, car une autre plaie s'était par là même formée dans son dos. Deux blessures pour le prix d'une, et des chaires mises à vif qui n'approuvaient pas du tout ce genre de traitement. Il sentait chacun de ses nerfs hurler, déchirés sauvagement, comme bouffé avec les dents. Bouger s'était comme de lui plonger en travers du corps un tisonnier porté au rouge. Il fallait que cela cesse. D'urgence. Il devait se faire soigner. Mais dans l'état dans lequel il se trouvait, il lui était juste impossible de se rendre à la Lyssa pour y trouver l'aide secourable de leur médecin, James. Aller à la Lyssa c'était quitter le cocon protecteur de son chalet, et peut être croiser des virulents sans être capable de s'en défendre, c'était aussi prendre le risque de croiser à nouveau des vivants. Le garde forestier avait eu son quota de vivant pour un petit temps, il ne tenait pas à en croiser à nouveau. Il le savait, s'ils se montraient hostiles comme le groupe précédent, il n'y survivrait pas. Le grand brun ne s'en était tiré que grâce à une chance étonnante, et à une aide inattendue. Il était impossible pour que cela se reproduise une seconde fois. Non, il le savait, il valait mieux rester ici, le temps de reprendre des forces, juste un peu. Assez de forces pour traverser les bois et la ville, assez pour aller à la Lyssa. Mais les heures et les jours passaient, sans que grand chose ne se passe. La douleur était toujours là, mordante, piquante. Elle lui lacérait le corps, l'empêchait d'être libre. Elle l'enfermait dans une chrysalide de lames tranchantes. Un piège.
Rester ainsi, impuissant quant à sa propre souffrance, espérant quant à son rapide rétablissement, avait de quoi rendre vite l'homme des bois totalement barge. Ce qu'il pouvait faire, il l'avait fait, mais il n'était pas magicien, et ce qu'un médecin aurait fait il me pouvait l'entreprendre. Il fallait croiser les doigts pour ne pas se choper une infection et se transformer lui même en charogne avant de pouvoir se sortir de là.
Cette perspective rendait le chasseur fou de rage et de frustration. Mais l'inaction dans laquelle il était figée n'était pas l'unique centre de son ire. Bien sur, il était en colère contre ses hommes et ses femmes qui étaient à l'origine de tout ça, mais plus que tout, il s'en voulait à lui même de s'être ainsi laissé aller à la violence, une violence qui l'avait conduit à tuer, encore. Ce geste, autrefois condamné, était aujourd'hui monnaie courante. Il n'y avait plus beaucoup d'humains vivants qui pouvaient se targuer d'y avoir échappé. Mais le problème pour Khaaleb n'était pas tant d'avoir cédé à cette facilité que de ne plus éprouver le moindre scrupule à y avoir recourt. Le souvenir de la première fois n'était pas caché profondément dans sa mémoire, il savait qu'alors le choc l'avait accablé pendant des semaines. Désormais, ce n'était qu'un moyen de sauver sa vie, rester vivant à tout prix. Voila ce que devenait l'Homme, voilà ce que lui-même devenait. Plus monstrueux encore que le monstre, car les morts eux avaient au moins la décence de ne pas se buter entre eux.


Mais l'amérindien n'était pas encore mort.
Refermant la main de son bras valide sur la table basse toute proche, il tira, soufflant comme un taureau, essayant de mettre en marche ce corps qui ne lui répondait prendre plus depuis deux jours. Les jointures de ses doigts blanchirent en même temps que ses mâchoires se refermaient dans un grognement animal. L'effort pour se redresser le laissa à bout de force, le souffle coupé, le bras tremblant. Mais au moins, au moins n'était-il plus allongé comme un cadavre dans son cercueil. Toujours agrippé à la tache de chevet, il tira à nouveau, poussant sur ses jambes moles pour se mettre debout. Un bruit, à chemin entre le râle et le cri de douleur sorti d'entre ses lèvres. La moutarde lui monta au nez, faisant naître dans ses yeux un flots de larmes nouvelles. Des courbatures terribles lui contractaient les muscles, chaque pas était une torture nouvelle qu'il n'avait pas anticipée.  Mais au moins, au moins était-il debout.
Il se sentait faible pourtant, et de juste, c'était à peine s'il avait mangé depuis deux jours. Il fallait remédier à ça et vite, malgré l'impression de nausée qui lui retournait l'estomac. Levant les yeux, le regard du grand brun tomba sur le miroir attaché au mur. Il lui fallut quelques secondes avant de comprendre que l'être pitoyable qu'il y voyait était bien son propre reflet. Des cheveux longs et sales collés à son visage trempé, le visage tuméfié, un œil à moitié fermé à cause du gonflement dû au coquard, des traces de sang séchés dans la barbe. Pas sur que même sa mère, si elle était encore en vie, aurait pu le reconnaître.


Tirant le pan de la porte vers lui, l'ancien garde forestier arriva immédiatement dans le salon de son chalet. D'ordinaire, il dormait dans sa chambre à l'étage, mais il n'avait eu la force d'y monter dans son état. C'était la chambre de Terry qu'il occupait depuis deux jours. Il savait que son frère comprendrait.
Un frisson parcourut l'échine du géant, faisait se redresser les poils de son corps. Il faisait froid et humide dans la maison de bois. Le soleil, qui n'avait pas montré son nez de toute la journée, avait définitivement foutu le camp, donnant à l'endroit ce quelque chose d'abandonné qu'avait aujourd'hui toutes les maisons. L'air y stagnait, attendant une destruction lente mais certaine. Un temps viendrait où il n'y aurait plus rien.
La tête rentrée dans les épaules, le chasseur s'avança vers la cheminée où des cendres froides occupaient encore l'âtre, traces du dernier feu qui y avait brûlé. L'idée de s'accroupir pour en allumer un nouveau lui était impossible, pourtant il le fit quand même. L'envie de chaleur et de réconfort primait sur ses jambes douloureuses. La tâche fut bien sur plus complexe que prévue. Rien n'était facile avec ce corps en piteux état. Au bout d'un moment malgré tout, une épaisse fumée s'envola dans le tuyau d'évacuation, piquant les narines de l'amérindien qui s'écarta pour se tourner vers la grande table en bois qui séparait le salon de l'espace cuisine. Sur le grand plateau central, une foule d'objets en tout genre se faisait la guerre, pointes de silex et hampe de flèches, bols remplies de plantes sèches et de feuilles, des racines encore terreuses, mais surtout, une grande quantité de coton et serviettes souillés d'un liquide brun sec. Son propre sang. C'était là, deux jours plus tôt, après ses démêlés avec les Protecteurs, qu'il avait essayé de se soigner avec le concours de l'un deux. Même si sa tête le conjurait à la méfiance, l'ancien garde forestier n'avait eu d'autre choix que de faire confiance en cet homme qu'il ne connaissait pas. Il lui avait sauvé la mise, lui évitant une mort certaine, et si une part de lui pensait pouvoir voir désormais en lui un allié, il ne pouvait s'empêcher de repenser à ses derniers mots qu'il avait eu avant de partir. D'autres viendraient.
Oui. Il fallait s'y attendre. S'y attendre et s'y préparer. Au fond de lui il espérait qu'il n'y aurait pas de représailles, mais il avait tué trop des leurs pour ne pas en subir les conséquences. Terry lui avait parlé de ce groupe, il savait de quoi ils étaient capables et le sort qu'ils réservaient à leurs ennemis. Il devait se tenir prêt.
Mais se tenir prêt c'était surtout dans un premier temps reprendre des forces, se reconstruire, se soigner.
Debout devant la table, Khaaleb retira délicatement le pansement de fortune qui protégeait sa plaie avec une grimace au visage et l'ombre d'un cri sourd aux lèvres. Après avoir attendu quelques secondes que la décharge ne passe, il regarda la blessure qu'il avait recousu comme il avait pu avec les moyens du bord. Ce n'était pas du grand art, clairement, et ça laisserait une cicatrice absolument dégueulasse à terme, mais un rapide examen lui permis de conclure qu'aucune infection ne s'y développait, ce qui était au moins une bonne chose. Attrapant un bol, il récupéra à l'intérieur des miettes de plantes qu'il plaça dans sa bouche pour en faire une patte compacte avec sa salive, patte qu'il déposa sur la plaie en jurant. Des picotements, comme des aiguilles sous la peau, envahirent toutes la zones pendant quelques secondes, lui arrachant de nouveaux jurons qu'il proféra dans sa langue maternelle. Se courbant, posant son poing fermé contre le bois, tapant plusieurs fois la surface lisse, il attendit les paupières closes que la sensation de brûlure passe. Et elle passa, lentement, mais elle passa. Il lui fallut ensuite poser un nouveau pansement, et là encore ce ne fut pas une mince affaire, et encore moins lorsqu'il lui fallut faire de même pour la blessure de son dos. C'était même pire, puisqu'il lui fallait se contorsionner, chose que ses côtes fragilisées rendaient quasiment impossible. Incapable de mieux que ce que son corps meurtri lui permettait, il resta quelques instants là, immobile, pantois de douleurs, pitoyable comme jamais il ne s'était senti.


Le silence retomba sur la forêt, alourdissant l'air et l'instant. Au dehors, la lumière baissait de plus en plus avec le jour qui tombait sans bruit. Sa première action après avoir recommencé à bouger fut d'allumer quelques bougies qui donnèrent un peu plus d'éclairage à la pièce. Puis, avec des gestes lents et contrôlés, il parvint à enfiler une chemise en flanelle à gros carreaux rouge et noir qu'il ferma à peine, laissant apercevoir les larges hématomes qui couvraient sa peau. Son pantalon lui, était le même depuis des jours, et il portait encore des traces de boue et de sang séché, mais se pencher pour en changer était au dessus de ses forces.

A ce moment là, son ventre, jusque là nauséeux, émit un gargouillis long qui résonna dans l'air. Alors, il se rendit compte qu'il était littéralement mort de faim. Son état l'empêchait de chasser. Comment tenir et bander un arc avec une épaule ainsi amochée? et sortir en dehors des pièges qui encerclaient sa propriété pour aller relever ses collets étaient une autre forme de suicide. Il y avait de plus en plus de choses mauvaises qui traînaient dans les bois la nuit. Khaaleb n'avait pas le choix, il allait devoir taper dans ses réserves, à moins que quelque chose n'ait mûrit dans son petit potager. Après avoir vérifié qu'il lui restait un peu de semoule, le grand brun ouvrit la porte de sa maison et en sortit, un couteau en pointe de silex et une passoire dans la main droite. Au dehors, on voyait un peu mieux, et un rapide coup d’œil lui permis de voir que plusieurs gousses de fèves étaient bonnes à être préparée. Ce constat lui apporta un peu de baume au cœur, ce dont tout le monde pourra convenir, il avait grand besoin. Salivant déjà de la potée qu'il allait se faire, et qu'il accompagnerait sûrement d'un peu de viande d'élan séchée, le trappeur entrepris de cueillir son futur repas, ce qui n'était pas trop compliqué puisque les fèves poussaient sur des sortes d'arbustes grimpant comme du lierre et attachés à des tuteurs.

Mais alors qu'il était tout à sa tâche, une étrange impression s'imposa à lui. Quelque chose, comme un vent invisible, lui serra la gorge et la poitrine, lui vidant les poumons d'un coup. Ce n'était pas lié à ses blessures non, c'était comme une impression, comme si ses sens le mettaient en alerte. Figeant ses gestes, l'amérindien releva l'échine, immobile comme un animal à l'affût. Silencieusement, il tendit l'oreille, mais la forêt ne lui renvoyait rien d'autres que les bruits habituels de feuilles dansants dans les branches et du clapotis de l'eau dans le petit torrent qui coulait le long de la maison pour aller se jeter dans l'étang tout proche. Instinctivement, il balaya des yeux le paysage, mais il n'y avait rien entre les silhouettes de plus en plus sombres des arbres qui l'entouraient, comme une herse naturelle le protégeant d'un ennemi fantôme. Les effluves de bois, de sève et d'humus étaient également les mêmes, inchangées. Il n'y avait rien de nouveau, rien d’inhabituel, et pourtant, pourtant Khaaleb sentait que quelque chose approchait. Son instinct lui criait de prendre garde.
Mais sa faim étant plus forte que son instinct à l'instant précis, il décida de rentrer au chaud dans la maison. En effet, le froid de l'intérieur n'était rien comparé à celui de l'extérieur, et il retrouva la chaleur du feu de bois avec plaisir. Son couteau à la main et sa petite récolte dans l'autre, le jeune homme entrepris d'écosser et d'éplucher les fèves qu'il laissait tomber dans une petite casserole qu'il allait bientôt pouvoir placer sur le feu, ce qu'il fit non sans y avoir également ajouté un peu d'eau.
Puis, après avoir touillé avec une cuillère en bois, le grand brun se dirigea vers la cuisine afin d'y récupérer le reste des ingrédients pour sa recette improvisée.


C'est alors qu'il la vit.
Passant devant une des fenêtres de la pièce qui donnait sur la forêt, il aperçu très clairement une silhouette s'avancer entre les arbres, marchant d'un pas prudent mais sur vers le chalet. Son sang se glaça d'un coup, aussi vite que son cœur s'accéléra dans sa poitrine. L'obscurité allait grandissante, lui empêchant de voir nettement le visage de celui qui approchait. Mais plus la distance les séparant diminuait, plus il était certain que cette forme n'était pas celle d'un virulent. Non, c'était un vivant qui approchait. Et ce n'était pas Terry.
Réagissant en un clin d’œil, l'ancien garde forestier récupéra un de ses couteaux à lame de silex qu'il saisit dans la main de son bras valide, oubliant l'espace d'un instant que les mouvements vifs lui étaient proscrits.
Alors qu'il hésitait une seconde sur la marche à suivre et la meilleure façon d'agir, un sifflement retentit dans l'air du sous bois. Bizarrement, la mélodie ne lui était pas inconnue, sans qu'il parvienne à retrouver le nom du titre fredonné. Il fronça les sourcils, se décidant contre toute attente à simplement ouvrir la porte d'entrée.
Doucement, la poignée tourna dans sa main, et il ouvrit le pan de bois qui lui révéla la véritable nature du visiteur.
Littéralement choqué, Khaaleb resta quelques secondes à fixer l'homme, ne faisant que deux pas avant de s'arrêter complètement sur la terrasse de son chalet.
On y voyait à peine, mais bien assez pour qu'il puisse reconnaître ce vieil ami ressorti d'un passé lointain.


« J'm'y f'rai jamais... » murmura-t-il pour lui même. C'était vrai. Malgré toutes les choses incongrues et improbables qu'il avait vu et connu ces derniers mois, il n'arrivait toujours pas à s'habituer aux surprises que lui réservaient souvent le hasard.

Seth.

Cela faisait des années que les deux hommes ne s'étaient pas vu, ni même parlé, et avec l'apocalypse, Khaaleb avait du mal à faire la liste de tout ceux qu'il pensait avoir perdu. Les retrouver au fur et à mesure des jours passants le laissait toujours stupéfait et de juste ! Mais à bien y réfléchir, non, il n'y avait pas vraiment de surprise à savoir Seth en vie. Il avait toujours été ce genre d'homme qui savait quoi faire. Mais de là à le retrouver devant la porte de sa maison ? C'était une toute autre affaire.
Grimaçant à chaque marche qu'il descendait, faisant taire cette appréhension qui lui serrait le bide, l'amérindien s'approcha de son ancien ami, l'observant avec des yeux ronds, mais un véritable sourire naissant aux coins de ses lèvres. Plus il s'approchait, plus il s'en persuadait. Ce n'était pas le fruit de son esprit délirant, il était bien là. Ouvrant le bras qu'il pouvait presque bouger normalement, il donna au visiteur une accolade amicale que l'autre lui rendit, les tapes viriles qu'ils échangèrent lui arrachant malgré tout des grimaces douloureuses à travers un rire sincère. « J'aurai du savoir que tu t'en tirerais... » Se reculant, le grand brun observa l'homme. Ses yeux s'habituant rapidement à l'obscurité naissante, il pu constater que celui qu'il avait connu avait changé, tout en restant exactement le même. Ses cheveux s'étaient parsemés de gris tout comme sa barbe mal rasées, mais il y avait toujours dans son regard cette étincelle étrange qui fascinait autant qu'elle mettait mal à l'aise. Il avait l'air en bonne santé en tout cas, et bien nourrit, ce qui était assez rare aujourd'hui pour être souligné. « Je suis content de te voir en vie mon vieil ami... » Faisant un pas en arrière, il fit demi tour et s'en retourna vers la maison, tout en invitant l'homme à le suivre d'un geste de la main. « Aller viens, entre... ça sera pas le luxe, mais j'ai toujours de quoi recevoir ! » ajouta-t-il en remontant les marches de la maison.

Une fois à l'intérieur, il laissa à Seth le soin d'observer les lieux à sa convenance, se dirigeant vers la cuisine dont il ouvrit un placard. Une bonne odeur de nourriture en train de cuire, en plus de celle déjà rassurante du feu de bois venait leur chatouiller les narines. Tendant le bras, dans un effort qui lui fit presque faire sauter ses points de sutures maladroits, il réussit à récupérer une bouteille sans étiquette contenant un liquide brun et trouble ainsi que deux grands verres qu'il posa sur la table avec tout son bordel.
Tenant la bouteille dans sa main droite, il saisit le bouchon en liège entre ses dents et tira. Celui-ci se dégagea dans un « pop » assez jouissif et le grand brun l'envoya rouler sur le plan de travail d'un souffle. Immédiatement, une forte odeur d'alcool en sorti.

« Il est fort au nez... mais un régal pour la gorge... c'est moi qui le fait, tu m'en diras des nouvelles ! » dit le jeune homme un grand sourire aux lèvres tout en leur servant deux bons godets. Il était véritablement heureux de revoir ce vieil ami qu'il ne pensait même pas recroiser un jour, même pas sous forme de cadavre mordant. Cette journée ne serait peut être pas si merdique après tout. Après lui avoir tendu un des deux verres, Khaaleb leva le sien et cogna celui de Seth dans un bruit cristallin. Puis, portant le contenant à ses lèvres, il le vida d'un coup. Si l'odeur était assez infecte, le goût lui était bien plus agréable. Les fruits qui servaient à la fabrication du breuvage y révélaient tous leurs arômes, avec une bonne dose de sucre en plus. C'était bon... et forcément c'était traître. « Alors... qu'est ce qui t'es arrivé à toi ? »

Alors qu'il leur resservait un deuxième verre, ses yeux tombèrent sur la batte.


    
Revenir en haut Aller en bas

Seth Mansfield
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Dead or alive or... Tumblr_pq08w2DHfe1vnzgcbo1_250

Ancien métier : Educateur spécialisé
Occupation : Leader des Protecteurs
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Vancouver

Messages : 140
Inscription : 13/04/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Jeffrey Dean Morgan

Dead or alive or... X0TurS627 / 5027 / 50Dead or alive or... BR2xH0t

Dead or alive or... DQEbQJ237 / 5037 / 50Dead or alive or... GxoDpmC

Dead or alive or... Hu1erU729 / 5029 / 50Dead or alive or... LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Dead or alive or... Empty
25.11.19 13:33
Dead or alive or...

 Seth & Khaaleb

 



La porte n'avait pas tardé à s'ouvrir lentement pour laisser apparaître la silhouette massive de cet homme qu'il avait connu jadis dans un passé qui lui paraissait si lointain qu'il lui donnait la sensation d'avoir appartenu à un autre homme, une autre personne. Ils se fixèrent durant un instant au court duquel le temps lui paru suspendu. La stupeur s'était peint sur le visage de cet homme qui se tenait sur le pas de sa porte sans parvenir à esquisser le moindre geste et qui ne paraissait pas réaliser ce qui était entrain de se produire, ce qui donna tout le loisir à Seth de l'observer, car contrairement à Khaaleb, lui savait très bien face à qui il allait se trouver.
L'homme qui lui faisait face était presque méconnaissable tant son visage avait été marqué par les coups. De là où ils l'avait discrètement observé sans que Khaaleb n'en prenne conscience, Seth était beaucoup trop loin pour réaliser dans quel état ses hommes l'avaient mis. Grace à la lumière chaleureuse provenant d'un feu de cheminée qui émanait de l'intérieur de la bâtisse, Seth pu à loisir remarquer à quel point Khaaleb avait dégusté, c'était presque un miracle qu'il s'en soit sorti vivant. Ses longs cheveux noirs sales et fatigués, qui encadraient habituellement son visage, collaient à présent sur sa peau moite de transpiration. De profondes cernes soulignaient son regard habituellement rieur. L'un de ses yeux était d'ailleurs cerclé par un coquart encore frais, douloureusement violacée et enflée. Des traces de sang séchés souillaient sa barbe bien fournit jadis si soigneusement entretenue. Ses vêtement étaient à l'image de l'homme, usés, fatigués, et en sang.

Et puis soudainement, comme si le temps avait reprit son cours, la voix de Khaaleb s'était mis à résonner. C'était à peine un murmure porté par le vent, mais le silence qui les entourait lui permit d'entendre distinctement ses paroles qui ne faisait que refléter l'abasourdissement dans lequel l'homme qui lui faisait face était encore plongé. Assez fier de son effet, Seth se contenta d'étirer davantage son sourire carnassier en guise de réponse, avant de s'avancer à nouveau en direction de l'amérindien, accomplissant de moitié la distance qui les séparait. Toujours sous le coup de la stupeur mais avec un sourire des plus sincères malgré les efforts que lui avaient coûté cette marche inattendue, Khaaleb lui offrit cette accolade dont il était tant coutumier, avec cependant beaucoup moins de force et de vigueur que dans ses souvenirs et pour cause...
Un rire franchit les lèvres de Seth face à l'observation du plus jeune qui remarqua, on ne peut plus judicieusement, qu'il aurait du s'attendre à ce qu'il soit en vie. Pour sa part, même s'il n'avait pas pensé à lui avant que le destin ne les réunisse à nouveau, cela ne surprenait pas non plus Seth de découvrir que Khaaleb avait lui aussi survécu et plutôt bien à en juger par ce qu'il pouvait observer. Ce qui le surprenait davantage, c'était de constater qu'il avait vécu ici jusqu'à présent, isolé mais également à la merci de tous. Il avait eut de la chance de s'en être tiré jusqu'à aujourd'hui, mais sa rencontre avec ses hommes avaient du lui faire prendre conscience de sa vulnérabilité et du fait que s'il désirait survivre, il ne pourrait pas continuer à vivre ainsi en solitaire

- J'ai du style et une paire de couille en acier trempé, bien sur que t'aurais du le savoir, plaisanta-t-il. Le plaisir est partagé, lui affirma l'homme en enjoignant le pas au sien après avoir été invité à le suivre.

Suivant Khaaleb à l'intérieur du chalet, il referma la porte derrière lui (le loup est entré dans la bergerie !!!) accueillit par une bonne odeur de nourriture qu'il n'était pas parvenu à identifier mais dont il savourait déjà les effluves des plus agréables, il apprécia la douce chaleur qui émanait du feu qui brulait dans l'âtre. Balayant le chaleureux chalet de son hôte du regard, Seth s'attarda tout particulièrement sur les différents objets posés en vrac qui ornaient la table en bois. Son regard fut tout particulièrement attiré par les armes que Khaaleb forgeait lui-même de toute évidence, un activité qu'il s'était visiblement vu contraint de suspendre compte tenu de son état. Soupesant l'une des lames en silex, il glissa un regard admiratif sur l'auteur de cet ouvrage avant de le reposer tout en observant ensuite les hampes de flèches déjà taillés dont il ne manquait plus que l'élément principale : la pointe. Un homme comme lui, avec ses talents, ne seraient décidément pas de trop, il pourrait même s'avérer un sérieux atout... Parmi les armes en devenir sur lesquels Khaaleb travaillait probablement avant son altercation avec l'équipe de Benedict, se trouvait également diverses plantes et racines qui, à en juger par la présence de cotons et serviettes usagées imbibés de sang, devaient sans nulle doute posséder quelques vertus médicinale. Oui décidément Khaaleb avait sa place à l'aéroport.

- Tu vis seul ?
Lui demanda-t-il suspicieux

Tout sembler le laisser penser mais si Seth savait une chose, c'est qu'il ne fallait jamais se fier aux apparences. Un son, qui par le passé lui était agréablement familier se mit à résonner, incitant Seth à détourner son intention de la table et de tout ce qu'elle contenait, pour se concentrer sur l'homme qui servait avec un véritable enthousiasme deux godets d'alcool fait maison. Un présent que Seth accepta le sourire aux lèvres trinquant avec sincérité à leurs retrouvailles ainsi qu'à leur futur car à n'en pas douter, ces retrouvailles de quelque chose d'encore plus grand. Faisant tournoyer légèrement le liquide à la robe couleur miel, son nez se fronça légèrement lorsqu'il respira à plein nez l'odeur qui s'en dégageait, mais loin d'être dissuadé par son parfum, Seth leva le coude et imita Khaaleb, buvant son verre d'un trait avant de lever un regard des plus satisfait sur son compagnon.

- Bon dieu il arrache, mais putain que c'est bon !
Fit-il en tapant son verre contre la table avant de lui offrir un sourire complice

Les occasions de trinquer étaient rares aujourd'hui et pourtant c'était la deuxième fois que ça lui arrivait, à quelques mois d'intervalles à peine. La première fois c'était en compagnie de Victoria et ce souvenirs restait l'un des plus savoureux post-apocalyptique qu'il possédait. Préférant ne pas se remémorer cet instant qu'il préférait garder jalousement pour lui dans un autre temps, il préféra se concentrer sur le présent et sur cet homme en particulier qui avait était mis en piteux état par les siens et qui lui faisait face. A présent qu'ils se trouvaient en pleine lumière son regard s'attarda sur les différents blessures évidente de son ami qu'il n'avait pas vu depuis des années et à qui il devait nombre de connaissance sur la survit. Avant de trouver l'aéroport et d'en faire cette place forte qu'elle était devenue aujourd'hui grâce à lui, ce sont les connaissances que lui avaient enseigné Khaaleb qui lui avait permis, en grande partie, de survivre et de rester en vie, et pour cela, il comptait bien l'en remercier en lui offrant la possibilité de vivre en sécurité en rejoignant les Protectors.
Un sourire carnassier se dessina sur ses lèvres, dévoilant une rangée de dents blanches parfaites alors que Khaaleb cherchait à savoir ce qui lui était arrivé.

- Bon dieu Khaal, c'est plutôt à moi de te poser cette question,
fit-il en désignant les bandages ensanglanté qui gisaient sur la table d'un mouvement de tête tout en fixant le visage tuméfié de son ami. On dirait qu'un ours t'es passé dessus...

Et c'était peu de le dire. Si les blessures apparentes du visage tuméfié de Khaaleb était le genre de chose qui ne passait pas inaperçu, à présent, à la lueur des flammes qui dansaient en crépitant dans la cheminée, Seth découvrit les quelques hématomes que la chemise en flanelle, restée entrouverte, dissimulait à peine. Les siens ne l'avaient décidément pas épargnée ce qui avait du rendre ce combat qui les avait opposé, tout simplement dantesque.

- Elle s'appelle Justice,
fit-il en suivant le regard interrogatif de Khaaleb

Se détournant des deux godets que Khaaleb s'était fait un devoir de remplir à nouveau, Seth fit tournoyer l'arme redoutable devant son hôte. Bien qu'elle n'avait pas servit aujourd'hui, le bois s'était imbibé du sang qu'elle avait fait coulé, quand à la présence de ses fils barbelés qui l'habillaient, elle ne la rendait que plus redoutable encore.

- C'est ma plus fidèle alliée,
lui confia-t-il tout en couvant l'arme du regard. Elle est redoutable et m'a protégé des virulents à plus d'une reprise, elle ne m'a jamais déçue. Elle ne veille pas que sur moi, elle veille également sur tous ceux qui se sont mis sous ma protection, faisant ainsi respecter les règles nécessaires au bon fonctionnement de notre communauté qui ne cesse de prospérer.  Et bon dieu j'peux te dire que j'me casse le cul à maintenir l'ordre mais ça paye, et crois-moi, tout le monde marche au pas. Tu as du le remarquer mais sans une société pour les brider, sans l'établissement de certaines règles, les hommes, livrés à eux-mêmes, retournent naturellement à l'état sauvage comme dans ce livre de Golding, sa majesté des mouches ou les plus fragiles n'ont aucune chance de survivre... Putain,... la première fois que j'ai vu ce film qu'ils en avaient tiré dans les années 60, je devais pas avoir plus de 13 ou 14 ans. J'me souviens m'être dit, Bon dieu,.....tout peu disparaître en un claquement de doigt, j'avais trouvé ça à la fois fascinant et effrayant sans me douter une seule seconde qu'un jour, on y serait confronté. Cette violence, cet état sauvage, c'est encré en nous et si on lui donne la moindre occasion de s'exprimer, elle peut devenir très vite incontrôlable... Tu sais Khaaleb, beaucoup d'hommes pourraient tuer pour s'approprier tout ce que tu possèdes, fit-il en balayant la pièce du regard. Tu as tes pièges oui, mais nous savons tous les deux que tes trucs de boyscout ne feraient que ralentir tes potentiels agresseurs. Tu n'es pas en sécurité, seul ici, et surtout pas dans ton état, tu as bien du t'en rendre compte, fit-il en désignant sa blessure à l'épaule.

Si on y prêtait pas attention, on ne la remarquait pas forcément, mais une auréole rougeâtre, se fondait sur la chemise en flanelle de la même couleur, la plaie s'était visiblement ouverte à nouveau.

- Qu'est-ce que c'est ? Une blessure par balle ? Elle est ressortie au moins ? Si tu veux, nous avons un très bon médecin parmi nous, il pourra s'occuper de toi et soigner ton épaule, laisse-moi t'aider. D'ailleurs tu ne m'as toujours pas dit ce qui s'était passé

Il avait eu la version des deux survivants, Benedict et Klaus, mais il était bien plus intéressé par celle de Khaaleb qui, il le savait, n'avait lui, aucune raison de lui mentir ou de lui dissimuler quelconque information. La vérité devait sortir d'une bouche, Seth miserait sur la sienne.





 
Revenir en haut Aller en bas

Khaaleb Talarion
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Dead or alive or... 1564648549-khaaleb

Ancien métier : Garde forestier
Occupation : Chasse, pêche, expéditions
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Réserve de Kánesatake, Québec

Dead or alive or... Tumblr_pitvtrYs5P1w85r9qo9_250

Messages : 269
Inscription : 20/04/2019
Crédits : Homemade
Célébrité : Jason Momoa

Dead or alive or... X0TurS632 / 5032 / 50Dead or alive or... BR2xH0t

Dead or alive or... DQEbQJ224 / 5024 / 50Dead or alive or... GxoDpmC

Dead or alive or... Hu1erU733 / 5033 / 50Dead or alive or... LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Dead or alive or... Empty
15.01.20 13:01
Dead or alive...

    Seth et Khaaleb

    



Depuis que Khaaleb était revenu de son exil volontaire, il lui arrivait de temps en temps de recroiser de vieilles connaissances, des « gens d'avant » comme il aimait à les appeler. En reposant le pieds dans Kelowna après des mois d'errance, il n'avait d'ailleurs jamais envisagé en retrouver autant. Son angoisse de se retrouver seul dans une ville fantôme avec les mordeurs pour unique compagnie avait occupé son esprit pendant tout le chemin du retour depuis l'Est du pays, mais fort était de constater qu'il n'en était rien, et que malgré la fin du monde et la mort omniprésente, la vie tenait bon, plus ou moins. Ses rencontres avec les différentes communautés lui permettaient de retrouver des personnes qu'il avait connu autrefois, amis ou simples connaissances, et il se surprenait à en compter de plus en plus. Mais s'il en éprouvait à chaque fois une joie profonde, il n'en restait pas moins toujours surpris qu'une telle chose se produise, surtout au vue des circonstances actuelles.


« Et oui... je vis seul... » répondit le géant à la question de cet invité qu'il n'avait jamais prévu, passant sous silence les visites qu'il recevait et rendait lui-même, tout comme ces semaines passées à l'hôpital avec la Lyssa. Depuis la mort de Leslie, il était revenu ici, et il s'y sentait bien, ne croisant ses semblables que lorsqu'il le décidait. Ce n'était finalement pas chose courante que de trouver des solitaires dans ces temps troublés, mais il préférait cela en fin de compte. Les hommes avaient tendance à se rassembler pour s'aider, mais c'était aussi de cette façon que d'autres travers apparaissaient.


Car il y avait également une variable que l'amérindien tenait à toujours garder en mémoire lorsque d'aventure il retrouvait une tête connue. C'était bien sur que dans un monde tel que le leur, avec la survie comme seul mot d'ordre, il ne fallait jamais oublier que les Hommes aussi pouvaient changer. Et ils changeaient tous, à n'en pas douter.
Ils avaient, depuis ces deux ans d'enfer, tous vécus la peur, la douleur, le désespoir. Ils avaient tous, quelque fut leur âge, leur ancien métier, leur ancienne vie, vécu des horreurs qui les avaient fait devenir ce qu'ils étaient désormais, des survivants. Et des survivants, il en existait de toutes les sortes. Certains se renforçaient à force de vivre la mort au quotidien, d'autres abandonnaient, d'autres encore devenaient tout simplement fou. Ou bien l'avaient-ils toujours été ? La folie attend parfois longtemps avant de sortir son nez.


Alors qu'il se trouvait là, dans sa propre maison avec ce vieil ami en face de lui, Khaaleb attendait, observant sans en avoir l'air les regards et les gestes de cet homme du passé qui ressurgissait soudain comme un diable hors de sa boite. Il attendait de voir quel type de survivant était devenu Seth.
Étrangement, et bien qu'il éprouvait une joie sincère à revoir cette tronche qu'il n'avait jamais cru recroiser un jour, quelque chose poussait l'ancien garde forestier à la prudence. Comme une sorte d'instinct, un frisson lui parcourant l'échine. Était-ce simplement le froid et la fatigue ? Ou bien le pressentiment que quelque chose ne collait pas dans cette scène ? Le grand brun n'avait jamais eu les dons extralucide de sa grande sœur, mais il lui arrivait de sentir certaines choses qu'il avait cependant souvent du mal à analyser. Sans savoir sur quel pied danser, il décida qu'il valait mieux rester vigilent. Après tout, c'était sans doute une erreur, mais on n'avait jamais trop à perdre à rester prudent.


Sentant que son corps commençait à en avoir plein le dos d'être debout, le trappeur tira une des chaises de l'imposante table en bois vers lui et s'y installa, non sans tordre son visage dans une grimace qui exprimait toute la difficulté de la tâche. Chacun de ses membres était à la torture, et le mouvement le plus simple était un supplice auquel il ne savait comment s'arracher. L'évocation de l'ours qui lui serait passé dessus lui arracha un rire qui se transforma immédiatement en grognement. Le moindre spasme lui déclenchait des décharges électriques dans toute la cage thoracique.


« Ne me fais pas rire bordel... »
dit-il en se tenant le côté, un sourire malgré tout aux lèvres. A n'en pas douter, le trappeur aurait préféré croiser un ours plutôt que les fous furieux qui l'avaient mis dans cet état. Sur qu'il aurait été plus facile de raisonner un mastodonte de poils et de muscles plutôt que des hommes aveuglés par leur ego et leur déraison. « Pas un... tout un troupeau en fait... » ajouta-t-il en se penchant et en s'accoudant sur le bois de la table. Relevant son verre, il le posa doucement sur son arcade sourcilière tuméfiée. Le liquide et le verre apportaient un peu de froid qui faisait du bien, tout en picotant à cause du contact. Il avait frappé fort, le connard qui lui avait fait ça. Depuis quelques jours, Khaaleb ne pouvait s'empêcher de revoir des images de la scène défiler devant ses yeux, qu'ils soient ouverts ou fermés. Il revoyait cet arme braquée sur lui par l'homme, puis cette autre arme par la femme, il entendait les deux coups de feu résonner entre les troncs verticaux des sapins. Il sentait la morsure de la balle dans ses chaires, la violence des os qui craquent sous les coups de la barre de fer. La violence de cet affrontement dans les bois l'avait laissé meurtri, autant de corps que d'esprit en fin de compte.
A l'image de cette barre de fer dans son esprit se superposa celle de la batte de base-ball que tenait Seth à la main. Encore que cela devait faire un sacré bout de temps que l'objet n'avait pas du être utilisé pour taper dans des balles. Au vue de l'aspect rougeâtre et brun du bois, ainsi que des morceaux qui étaient accroché misérablement au barbelé qui l'entourait, il était évident que son propriétaire avait trouvé de nouvelles cibles pour pratiquer son swing. Détaillant l'objet, l'amérindien en ressentit une étrange sensation de malaise et d'inconfort, comme si la batte avait revêtit des oripeaux maléfiques. Cette impression ne s'arrangea pas lorsque, conscient de l'attention dont elle faisait l'objet, Seth présenta celle qu'il nommait « Justice ».
Le discours qu'il tint, qui aurait pu lui arracher un sourire autrefois, le laissa au contraire de marbre. Son vieil ami avait toujours eu un côté show-man, avec de belles tirades et des mise en scène soignées. C'est ce qui le rendait si fascinant, c'est ce qui faisait aussi qu'il était bon dans son travail à l'époque. Il imposait le respect par son charisme, par son verbe et sa force mentale, ce qui était une réelle qualité lorsqu'on travaillait comme lui avec des gosses difficiles. Les deux hommes s'étaient rencontrés dans ce contexte, Seth emmenant son groupe de jeunes prendre le grand air. Malgré leur différence d'âge, une réelle amitié avait fini par se tisser entre eux, au fur et à mesure des sorties pédagogiques. Ils avaient appris l'un de l'autre, lui enseignant ce qu'il savait de la survie, et l'éducateur lui montrant ce à quoi on pouvait parvenir en choisissant bien ses mots. Pour tout ce qu'il avait fait pour ces jeunes placés sous sa responsabilité, Khaaleb respectait énormément son aîné. Il connaissait son engagement, sa façon d'en parler...

Qui n'était plus la même aujourd'hui.
Si l'invité surprise avait scrupuleusement détaillé le chalet en entrant, c'était maintenant au géant de l'observer sans dire un mot, attentif au moindre de ses gestes. Quelque chose n'allait pas dans ce discours, quelque chose le mettait mal à l'aise, sans qu'il sache quoi. Ce n'était pas tant la présentation de cette batte, comme si elle était elle-même douée de conscience, qui le gênait. C'était davantage l'évocation de ces règles, autre mot pour dire lois, que se devaient de respecter ceux qui s'était placé sous sa protection. Bien entendu, il y avait des principes de base à respecter lorsque l'on vivait en communauté pour éviter la débâcle, mais de là à les faire respecter, comme Seth le laisser supposer, à coup de batte ? Et qu'entendait-il par « ceux qui se sont mis sous ma protection » ? Qu'il était à la tête d'une communauté ? Une communauté prospère en plus. Serrant les dents, l'ancien garde forestier repensa aux différents groupes qui occupaient les environs de Kelowna. Il y avait la Lyssa, Highgates, les Protectors, ceux du Temple d'Ezekiel. Ce pouvait-il qu'il en exista d'autre dont il ignorait l'existence ? Une autre hypothèse lui apparu également, mais il préféra ne pas l'écouter tant elle lui semblait anxiogène et malsaine.


Regardant toujours son vieil ami poursuivre son délire un poil mégalo sans l'interrompre, il devait bien reconnaître qu'il n'avait pas tord sur un point : l'état sauvage en chacun d'eux. Khaaleb en avait expérimenté l'aspect le plus sombre dans les bois, et il ignorait s'il pourrait un jour se remettre de ce qu'il y avait fait. L'amérindien avait bien sur déjà fait des choses sales pour survivre depuis le début de tout ça, mais tuer un homme était une extrémité auquel il ne se faisait toujours pas. C'était d'ailleurs davantage la façon dont il avait tué que le meurtre lui-même qui le secouait. Être confronté à sa propre violence le faisait tomber un peu plus dans sa propre folie. Le regard mort de cette femme, la tempe écrasée par sa hache, et la vibration des os de la nuque se brisant sous ses doigts. Que pouvait-il rester de son humanité après ça  ?
Sentant sa main trembler légèrement, il serra le poing, portant son verre à ses lèvres. Avalant une nouvelle gorgée du liquide ambré, il sentit la morsure de l'alcool le brûler deux fois lorsqu'on son interlocuteur évoqua le fait que des hommes pourraient tuer pour avoir ce qu'il possédait. Balayant la pièce des yeux, il revint vers Seth et soutint son regard, et ce qu'il y perçu le glaça. Malgré la faible luminosité, Khaaleb pouvait voir que ce regard avait changé. S'il y lisait toujours cette force et cette aura, il pouvait aussi y voir l'envie, la malice, comme un chat jouant avec une souris qu'il sait tenir à sa merci. Si le géant avait poussé la réflexion plus loin, il aurait même compris que c'était en réalité lui, Seth, qui aurait été prêt à tuer pour posséder tout ce qui se trouvait ici.


Détournant l'attention sur la blessure qu'il avait à l'épaule, Khaaleb tourna la tête pour jeter un coup d’œil à cette tâche sombre qui se formait sur le tissu de sa chemise, trace du passage de la balle. La plaie avait été plus ou moins soignée, et il aurait eu d'urgence besoin de l'intervention d'un médecin qualifié, mais quelque chose, comme une réaction épidermique, lui hérissa le poil lorsque son ami lui proposa de l'aide. Non seulement il aurait été suicidaire de traverser les bois dans son état, mais l'idée de devoir se confronter à d'autres êtres humains lui était pour le moment impossible. Il ne voulait voir personne, et ça lui convenait.


« C'est gentil à toi mon vieux... mais pour le moment j'préfère rester ici derrière mes pièges de boy-scout. » Dit-il avec un sourire aux lèvres. « Tu l'as bien vu... j'peux à peine marcher, et même avec ta Justice pour me sauver les miches, j'tiendrai pas deux minutes dehors... encore moins de nuit.»
C'était la vérité. Même avec plusieurs personnes pour le protéger, il lui serait impossible de marcher pendant une longue période. Il était trop faible pour rejoindre n'importe laquelle des communautés, qui bien que n'étant pas si loin, n'étaient pas non plus la porte à côté. Le grand brun était coincé ici, avec sa mauvaise humeur pour seul compagnie. Enfin pas tout à fait pour seule compagnie, puisqu'il y avait bien ce visiteur impromptu qui semblait soudain bien curieux de savoir comment est ce qu'il avait bien pu se retrouver dans cet état. Il fallait avouer qu'à le voir ainsi, on aurait pu imaginer les scénarios les plus invraisemblables, mais la vérité elle, était bien moins sexy. Il y avait aussi que dans cet affrontement, il avait trouvé un allier, allier qui ne semblait pas enclin à dévoiler ce bon côté de sa personnalité.


«Mmm rien d'bien fun j'en ai peur...» Reprenant une gorgée, il grimaça, se racla la gorge, et plongea son regard dans le liquide qu'il faisait tourner dans son récipient en verre, s'apprêtant à raconter ses mésaventures sylvestres à son vieil ami.
Il poussa un profond soupir avant de se lancer, et s'adossa à sa chaise.


« C'était y a quelques jours. Jvenais de choper un jeune élan dans les bois un peu plus haut. Comme je pouvais pas le porter jusqu'ici, j'ai voulu le préparer sur place. Là, t'as deux mecs qui se pointent, avec un des deux qui me braquent avec son arme. Moi j'avais que mon couteau à la main. Comme un con j'étais quoi ! Bref l'un des deux, celui qui pointait pas son arme sur ma tronche, un grand type tout maigre, a essayé d'entamer la discussion, le genre sociable tu vois. Mais l'autre, celui avec l'arme, il a pas attendu qu'on se dise bonjour et il a tiré. Si le grand tout maigre avait pas été là pour l'écarter... bah moi je serai pas là non plus et ça serait un verre vide que tu s'rais en train de boire. Enfin j'ai pas demandé mon reste et jme suis tiré. J'avais pas envie de jouer les héros si tu vois c'que jveux dire. Le problème, c'est qu'ils étaient pas tout seuls les cons, y en avait d'autres avec eux dans les bois. Jsuis tombé sur un jeune que j'ai assommé, puis j'me suis retrouvé nez à nez avec une nana. » La bouche du grand brun s'ouvrit, puis se referma. La morsure de la balle lui élançait dans l'épaule, au rythme des battements de son cœur, se rappelant encore douloureusement à lui. « J'ai eu une seconde d'hésitation. Elle en a profité pour tirer... » Sa bouche se tordit dans un rictus. Jamais il n'avait voulu ça, jamais il n'avait imaginé que ça puisse en arriver là. Mais il fallait se rendre à l'évidence, prétendre que ça n'était pas arrivé ne rétablirait pas les choses. « J'ai eu de la chance dans mon malheur... elle m'a loupé, enfin non, elle m'a bien touché. » rectifia-t-il en pointant la tache sur sa chemise. « Mais sans doute pas comme elle l'aurait souhaité. J'lui ai pas laissé le temps de retenter son coup de toute façon. Après, j'ai cru que j'allais pouvoir me tirer, mais des virulents qui avaient été attiré par le bruit m'sont tombés d'ssus, putain t'aurais vu les monstres... enfin j'ai réussi à m'en débarrasser, mais à cause d'eux jme suis laissé surprendre par le dernier de la bande. Un vrai malade c'lui la. Le type devait être un échappé de prison ou un truc du genre. J'étais déjà plus très frai, autant te dire que là j'ai dégusté... en fait, j'ai bien cru que c'était fini... » dit-il en haussant le seul sourcil qui voulait bien encore se lever. Sous la chemise entrouverte, on pouvait sans mal distinguer les énormes hématomes qui couvraient son torse comme une seconde peau. Le géant resta quelques instants silencieux, les yeux dans le vague. Il avait vraiment cru, alors que l'autre le molestait avec cette maudite barre de fer, qu'il allait crever comme ça, comme une merde, sur le sol de la forêt. « Mais tu m'connais, il faut plus qu'un fou furieux pour m'abattre. J'ai profité d'une ouverture et j'l'lai frappé aussi fort que j'ai pu, ça m'a donné le temps de me relever... Jsuis pas fière de la façon dont ça s'est fini, mais disons que j'ai pu rentrer chez moi... enfin rentrer... jme suis traîné comme une merde en me vidant à moitié de mon sang... mais jsuis rentré quoi. »


Il arrêta là son discours, omettant volontairement l'aide précieuse que Benedict lui avait apporté. Sans cet homme qui pourtant ne le connaissait en aucune façon, sur qu'il serait soit étendu sur le sol des sous-bois, soit en train d'errer les bras ballants avec les autres morts. Il l'avait sauvé, par deux fois qui plus est, et Khaaleb aurait à présent une dette envers lui, jusqu'à ce qu'il puisse lui rendre la pareille.


Tendant la main de son bras valide vers une petite boite en bois, il en sorti un vieux paquet de cigarettes et un briquet, des produits de luxe dans ce monde en déroute. Il les économisait avec soin, mais le récit lui avait laissé dans la bouche un goût aigre qu'il voulait à tout prix chasser. Après en avoir placé une entre ses lèvres, il l'alluma, tirant une profonde bouffée de fumée qu'il souffla par le nez, tout en poussant le paquet vers son invité. Puis il attrapa un petit torchon qui emballait un gros morceau de viande d'élan séchée et un couteau et essaya d'en couper des lamelles. La tâches n'était pas aisée, mais il le faisait quand même, essayant de cacher à l'autre ses difficultés. Il n'y avait aucun bruit dans le chalet, en dehors du feu crépitant.


« C'était des Protecteurs » La voix grave de Khaaleb résonna, comme si de tout ce qu'il venait de raconter, c'était l'information la plus importante. « ... une communauté basée à l'aéroport... tu connais ? » Demanda-t-il, l'air grave, la clope toujours coincée entre ses dents. Son regard remonta et croisa celui bleu d'acier de Seth. Une fois encore, ce qu'il y lu ne lui plus pas.







    
Revenir en haut Aller en bas

Seth Mansfield
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Dead or alive or... Tumblr_pq08w2DHfe1vnzgcbo1_250

Ancien métier : Educateur spécialisé
Occupation : Leader des Protecteurs
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Vancouver

Messages : 140
Inscription : 13/04/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Jeffrey Dean Morgan

Dead or alive or... X0TurS627 / 5027 / 50Dead or alive or... BR2xH0t

Dead or alive or... DQEbQJ237 / 5037 / 50Dead or alive or... GxoDpmC

Dead or alive or... Hu1erU729 / 5029 / 50Dead or alive or... LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Dead or alive or... Empty
02.02.20 14:46
Dead or alive or...

Seth & Khaaleb




Savoir que Khaaleb vivait seul n'était pas une surprise, c'était quelque chose qu'il avait instinctivement deviné en observant le chalet. En effet, rien ne laissait supposer que quelqu'un d'autre vivait avec lui et s'il n'y avait rien de surprenant à découvrir que l'homme s'était retiré ici, au coeur de la nature qui lui correspondait tant, ça l'était un peu plus de le retrouver seul. Certes, la solitude était l'un des nombreux aspects de son précédent métier mais l'ancien garde forestier de ses souvenirs aimait les gens en général et les mômes en particulier. Il suffisait de voir avec quel plaisir il aimait partager ses connaissances, et ce même avec les plus difficiles d'entre eux. Il savait les intéresser et plus important encore, il savait se faire écouter et respecter d'eux. De ce qu'il avait pu en voir, sans pour autant appartenir à son cercle intime, Khaaleb était le genre d'homme dont la compagnie était appréciée et recherché. Il savait rire et plaisanter autant qu'il pouvait faire preuve de sérieux. Même s'il appréciait sa tranquillité, Khaaleb allait facilement vers les autres, c'était même naturel chez lui et généralement, les gens le lui rendait bien. Il n'aurait donc pas été surprenant que l'homme offre le refuge à des collègues ou d'anciens amis mais curieusement, il n'en n'était rien. Ce pouvait-il que toutes ses connaissances soient mortes ? Non pas que Seth s'en préoccupait, à vrai dire, il n'accordait aucune espèce d'importance à la vie des gens qu'il ne connaissait pas mais il fallait bien admettre que retrouver Khaaleb seul ici, l'intriguait

- Comment en es-tu arrivé là ? Bordel Khaaleb, de nos jours on ne peut plus vivre seul, tu l'as bien vu toi-même. Et puis quoi ? Pas de chatte non plus ?
Plaisanta-t-il en faisant vulgairement référence à la douce présence féminine. Ce qui nous rend fort désormais, c'est le nombre, seul tu es une cible facile. On se retire pas du monde sans une bonne raison, quelle est la tienne Khaaleb ?

Quel était son histoire ? Seth mourrait d'envie de l'entendre. Suivant le geste de Khaaleb des yeux, il l'observa porter son verre jusqu'à son arcade sourcilière tuméfié, afin que le froid soulage les élancements que sa blessure devait lui faire ressentir tout en écoutant sa métaphore avec amusement. Aujourd'hui les personnes qui se permettaient un brin d'humour avec lui étaient quasi inexistantes et lorsque l'un d'eux s'y essayait, 9 fois sur 10 cela ne lui tirait même pas un sourire, ce qui ne faisait qu'accentuer le malaise de la personne qui ne savait généralement plus où se mettre. Selon ses humeurs ce genre d'attitude pouvait soit l'amuser soit l'excéder au possible. Il était préférable pour les empotés et les lourdaux de longer les murs en sa présence.
Seth n'était pas le genre d'homme avec lequel on plaisantait, il était l'homme que l'on craignait, que l'on respectait, celui qui vous faisait perdre vos moyens dès que sa silhouette se profilait, celui que l'on adulait ou que l'on enviait mais devant lequel on s'inclinait. L'homme à la batte avait parfaitement conscience que dans son îlot se trouvait de fortes têtes qui rêvaient d'être calife à la place du calife, des brutes sanguinaires qui laisserait court à leur bêtise et cruauté si on leur donnait l'occasion. Des personnes qui n'avaient absolument rien compris et détruiraient tout ce qu'il avait si patiemment réussi à ériger, s'ils avaient la possibilité de prendre sa place. Mais aussi sanguinaires puissent-ils être, ces hommes n'étaient pas assez fous pour s'opposer à lui. Les petites démonstrations de puissances dont il avait fait preuve jusqu'ici, et qui avait assis son autorité, s'étaient montrées on ne peut plus efficace et ça le resterait tant qu'il les tiendrait tous en laisse. Seth n'avait pas besoin de leur amitié, ce qu'il voulait, c'était les voir trembler devant lui et de cela, il y avait immanquablement prit goût. S'il y avait bien quelque chose dont Seth était sur, c'est que les hommes, sans société et loi pour les régenter, retournaient aussi naturellement qu'un claquement de doigts, à l'était sauvage. Et à en juger par sa réaction et ce regard perdu qui ne s'assumait pas, Khaaleb y avait gouté, à cet aspect de sa personnalité, ce qui le fit découvrir ses dents dans un sourire carnassier

Contrairement à ce qu'il s'attendait, Khaaleb ne paru guère enthousiaste à l'idée de se faire soigner par un véritable médecin alors que dans son état, il lui offrait une chance inespérée. Les médecins ne courant plus les rues et la moindre infection pouvant devenir mortelle, pour qu'elle raison un homme intelligent comme Khaaleb déclinait-il de la sorte, une proposition qui pourrait lui sauver la vie ? Quand à ses objections qui n'étaient en réalité que de pâles excuses sans fondements, Seth aurait très vite pu les balayer d'un revers de main, mais il n'était pas ici pour tenter de convaincre qui que ce soit des ses intentions et encore moins de demander des autorisations, pas même à Khaaleb. Lorsqu'il décrétait quelque chose, il ne demandait pas la permission, il agissait, mais pour l'heure Seth ne répliqua pas, préférant se concentrer sur le récit de la rencontre de Khaaleb avec ses hommes. Que Benedict ait tenté de jouer les négociateur face aux autres ne le surprit absolument pas, cela faisait parti de son tempérament et connaissant Torgeir ça n'avait pas du lui faire très plaisir. Guère étonnant que tout ait dégénéré aussi vite. Toutefois, le récit de Khaaleb l'interpella malgré tout. Blessé par balle à l'épaule, Khaaleb serait parvenu à s'en sortir seul ? Echappant à une meute de charognard affamé ainsi qu'à trois autres de ces hommes qui n'étaient pas des débutants ? Seth voulait bien admettre que lorsque l'on se retrouvait confronté à la mort, on pouvait puiser en soi des ressources absolument surprenante, mais aussi fort puisse être Khaaleb et son envie de survivre, Seth n'y croyait pas une seule seconde. Il avait forcément bénéficié d'une aide extérieur. Soit il lui avait menti et Khaaleb ne vivait pas tout seul, ce dont, à en juger par l'état du chalet, paraissait peu crédible. Rien ne laisser penser qu'une autre personne vivait ici tant dans la vaisselle utilisé que parmi les affaires personnelles de Khaaleb que l'on pouvait apercevoir. Donc comme aucun des deux rescapés n'avait mentionné l'intervention d'une aide extérieur, ce qui aurait été moins honteux que d'avouer qu'un type seul leur avait échappé, on l'avait aidé ou du moins on lui avait porté une aide. Et des deux survivants, il ne voyait que Benedict pour agir de la sorte

- Et ben putain d'bon Dieu ça c'est du récit ! Mais tu vois, y a un truc que j'pige pas dans ton histoire. J'veux bien admettre que, bon dieu t'es fort comme un boeuf mais de la à affronter 4 tueurs à tes trousses et des charognes, seul, blessé comme tu es ? Et ensuite parvenir à te trainer seul, une fois encore, jusqu'ici pour te soigner, toi qui admet avoir du mal à marcher... ? J'y crois pas une seule seconde. Soit tu enjolives ton récit, soit... tu ne me dis pas tout.

Avait-il lâché sans le quitter de son regard sombre qui cherchait à lire en lui, tout en faisant glisser hors de son paquet, une cigarette si généreusement proposée. Seth n'avait jamais été un grand fumeur, la cigarette c'était une dépendance et l'homme à la batte s'était toujours flatté de n'être dépendant de rien. Là où certains trouvaient refuge dans l'alcool, le chocolat ou la nicotine, lui n'avait aucune de ces tares. Mais en ces temps difficile, où il était devenu compliqué de trouver ces merdes, un tel cadeau ne se refusait pas. Recrachant la fumée de sa cigarette, son regard brilla d'une lueur indescriptible alors que Khaaleb évoquait la responsabilité des Protectors dans cette sombre histoire ce qui eut pour réaction de faire légèrement ricaner Seth qui faisait glisser ses doigts sur le bois brute de la table. Pour quelqu'un qui vivait isolé, Khaaleb en savait des choses.
Connaissait-il les Protectors ? La question formulé par Khaaleb pouvait paraître simple et innocente et pourtant elle n'était ni l'une ni l'autre. Un sourire aussi énigmatique que carnassier fendit le visage du plus vieux. Retirant le Talkie-walkie qui se trouvait dans la poche intérieur de sa veste, Seth leva le matériel à hauteur de sa bouche avant de l'allumer

- Ramènes la caisse au plus proche du chalet, j'ai un homme blessé avec moi qui a besoin de soin et qui ne peut pas se déplacer


Coupant la communication, Seth leva son regard sur Khaaleb.

- Tu ne pensais quand même pas que j'allais repartir comme si de rien n'était ? Tu n'en veux peut-être pas mais je ne te laisse pas le choix. Tu as besoin de soin, or il s'avère que nous avons un bon médecin. Que ça te plaise ou non, tu viens avec moi, il te soignera, pas question de te laisser crever seul ici et il est hors de question qu'il sorte de l'aéroport


Faisant glisser sa chaise sur le parquet tout en écrasant le mégot sur la table, Seth s'approcha de l'ancien garde forestier et d'un signe de tête tendit la main pour lui demander la permission de prendre son couteau afin de se charger lui-même de l'ouvrage qu'avait commencé son hôte mais qui d'un point de vu extérieur, avait tout d'une opération compliqué pour le blessé. Cela pouvait paraître être un geste anodin, mais accepter de lui confier le couteau était une question de confiance. Khaaleb avait-il suffisamment confiance en lui pour ne pas craindre que Seth ne retourne la lame affutée contre lui ?

- Tu m'as demandé si je connaissais les Protectors mais et toi alors ? Les connais-tu ? Je veux dire en-dehors de cette malheureuse rencontre ? Qui t'en a parlé ? Je suis curieux tu vois. Tu ne veux pas répondre ? Peu importe, mais je préfèrais que tu te fasses une idée par toi-même. Les Protectors c'est le nom que j'ai donné à la communauté que j'ai fondé, mais ça, tu l'avais compris. Ah, on dirait bien que notre chauffeur s'est enfin bougé le cul, fit-il remarquer joyeusement en portant la main vers son oreille .

De l'intérieur, on pouvait entendre le moteur d'une voiture rouler lentement dans l'allée bordée de feuilles mortes avant de s'arrêter subitement. Le moteur tournait toujours et les phares, puissants, tranchaient impitoyablement l'obscurité de la nuit, baignant légèrement l'intérieur du chalet de sa lumière artificielle.

- Avec moi, tu ne risques rien, alors ne fais rien que tu pourrais regretter et laisse-moi t'aider et te prouver qu'on n'est pas les méchants de l'histoire.


****

La matinée était déjà bien avancée lorsque Seth pénétra dans l'infirmerie où se reposait Khaaleb. Comme il fallait s'y attendre, Seth avait été bien inspiré de ne pas écouter le récalcitrant qui, malgré ses remèdes de bonnes femmes, aurait fini par y perdre bien plus qu'un bras s'il s'était obstiné à rester dans son foutu chalet. La blessure était sérieuse mais à présent qu'elle avait été soigné, tout risque d'infection était désormais écarté et la blessure allait enfin pouvoir se refermer à condition bien sur que le patient évite tout gestes brusques. Preuve qu'il se portait mieux, Khaaleb n'avait plus le teint cireux et ne transpirait plus comme un boeuf comme c'était encore le cas la veille au soir. Se positionnant au pied du lit de Khaaleb, Seth arbora un sourire conquérant aux lèvres, sa batte de base-ball reposant négligemment sur son épaule.

- Alors comment trouves-tu notre docteur ?
Lui demanda-t-il. Je t'avais dis qu'il te soignerait sans ses soins, si tu t'étais entêté, tu l'aurais regretté. C'est que ça court pas les rues les médecins de nos jours, tu as du t'en rendre. Tu as vu le monde que j'ai récupéré ? Et pourtant parmi eux, il n'y a qu'un seul médecin autant dire que celui-là j'y tiens ! Tiens, habille-toi ! Fit-il en déposant une nouvelle chemise sur son lit. On va marcher un peu, il est grand temps que je te fasse visiter

Tel un conquérant, Seth se plaisait à parader dans son domaine. L'aéroport était transformé en une véritable fourmilière dans laquelle les personnes qui y vivaient, ne cessaient de s'activer du matin au soir. Tous ceux qu'ils croisaient, s'inclinaient et retenaient leur souffle jusqu'à ce que Seth les ai dépassé. Cette soumission quasi totale était uniquement motivé par la peur qu'il inspirait. Seth avait beau prétendre que c'était simplement la manifestation du respect qu'ils vouaient tous à son égard, aucun d'eux n'était dupe. Seth se nourrissait de leur peur et faisait absolument tout pour cultiver ce sentiment à l'égard de toutes les personnes qui avaient choisit de vivre à ses côtés, ici, sous sa protection. Toutes ces vies qu'il tenait entre ses mains, et qui ne dépendaient désormais que de son bon vouloir ou selon Seth, de leur comportement à l'égard des règles qu'il avait édicté et imposé. Tant qu'ils suivaient les règles, tout se passerait bien, dans le cas contraire, il était là pour les remettre sur le droit chemin. Seth savait très exactement ce qu'il fallait faire pour survivre, pour qu'ils survivent tous, sans exception. Il ne prenait pas sa tâche à la légère et si ses méthodes pouvaient en rebuter certains, il était indéniable qu'elles étaient efficaces. Tout le monde mettait la main à la pâte, les tirs au flanc et les voleurs étaient punis, ceux qui discutaient ses ordres apprenaient à se taire et à lui dédier le respect qu'il méritait. Sans lui, sans les protections qu'il avait fait installer autour de l'aéroport, sans ces différents avant-postes qu'il avait établit autour de l'aéroport sur quelques kilomètres à la ronde, la plupart d'entre eux ne serait plus là aujourd'hui pour se plaindre soit parce que les morts auraient envahit l'aéroport depuis belle lurette, soit parce qu'un autre groupe hostile aurait fini par les attaquer et les décimer tous, soit enfin, parce que la famine aurait eut raison d'eux. Sans lui, ils n'en seraient pas là. Ils lui devaient beaucoup, et tous en avait parfaitement conscience.

- C'est moi qui ait organisé et fortifié ces lieux pour en faire un endroit sur où les morts n'ont pas leur place, si ce n'est à l'entrée sur nos grillages. Le soucis c'est qu'il faut les changer régulièrement parce que ces merdes pourrissent sur place. Enfin, c'est pas comme si ces saloperies était une espèce en voie de disparition. En tout cas c'est efficace, ça à le mérite d'être clair, voilà le sort que l'on réserve à ceux qui pensent pouvoir nous attaquer. Comme tu peux le voir, ici tout le monde met la main à la patte, les tirs aux flancs n'y ont pas leur place. Si tu veux bouffer, ça se fait en échange de ta sueur. Tu travailles, tu fais des choses pour la communauté, alors tu obtiens des points et en fonction des points cumulés tu peux acheter ce que tu désires. Ça fonctionne comme avec notre ancien système monétaire, les points remplaçant l'argent et autant te dire que la maison fait pas crédit. Les gosses sont évidement exclu de ce système de points. Pour eux, tout est gratuit, jusqu'à ce qu'ils soient en âge de travailler à leur tour. Tu aurais ta place parmi nous Khaaleb, j'aurais besoin d'un homme comme toi, sur qui compter. Vivre ici t'apporterait de nombreux avantages


L'aéroport était un lieu immense, qui pouvait accueillir bon nombre de survivants. Comme Seth l'avait déjà expliqué à Khaaleb la veille, plus on est nombreux, et plus on est fort. Dans ce monde où les virulents étaient devenus plus nombreux que les vivants, les vivants étaient devenus une denrée rare, une ressource précieuse qu'il ne fallait ni perdre ni gaspiller. Seth était prêt à accueillir quiconque le lui demanderait, mais intégrer les Protectors, c'était se plier aux règles. Les fortes têtes qui avaient le malheur de contester son autorité, étaient rapidement dressé,... dans le meilleur des cas.

- Le seul soucis ici, c'est la nourriture. Les terres sont infertiles, pas moyen de faire pousser quoique ce soit. Alors on offre nos services. On protège les autres communautés et en échange ils travaillent pour nous, c'est donnant donnant. Le groupe sur lequel tu es tombé cherchait simplement à nourrir leur proche. Il faut que tu saches que dernièrement nous avons été attaqué par une autre communauté, qui a été jusqu'à séquestrer un de mes gars, un père de famille pour en savoir plus sur nous. Alors oui, certains sont sur les dents, plus que d'autres et en d'autres circonstances cette première approche que tu as eu avec mes hommes aurait été très différente. Viens je vais te présenter quelqu'un.


Les deux hommes traversèrent ce qui, à une certaine époque, n'était autre que le hall d'embarquement. Regroupé dans un coin, se trouvait une quinzaine d'enfants, tout âge confondu allant de 4 à 14 ans environs, réunis en cercle autour d'une personne qui faisait office de professeur. Dès leur arrivé, toutes les têtes se relevèrent de leur problème de mathématique, pour saluer celui à qui ils devaient leur protection et de quoi manger à leur faim : Seth.

- Beverly, Peter, vous m'accordez une minute ?


Sans poser la moindre question les deux enfants posèrent leurs stylos et leurs cahiers sur le sol puis se relevèrent, quittant la « salle » de classe afin de rejoindre les deux hommes. Se mettant en retrait, Seth les conduisit jusqu'aux sièges qui se trouvaient face à l'immense baie vitrée dont la vue donnait sur l'ancienne piste atterrissage. L'ainée devoir avoir une dizaine d'année à peine et était le portrait de sa mère dont les traits n'étaient pas difficile à identifier même pour quelqu'un qui, comme Khaaleb, n'avait croisé sa route qu'une seule fois. Grande pour son âge, les cheveux portée court, elle avait le regard vif. Son frère quand à lui, devait avoir 6 ans à peine. Les joues encore rondes de l'enfance, quelque chose d'attachant et de tendre se reflétait encore dans ses yeux qui avaient, malgré la cruauté de la vie, gardé cette précieuse part d'innocence qu'il possédait encore. Bien qu'intrigué, aucun d'eux ne souriait.

- Beverly, Peter, je vous présente Khaaleb, Khaaleb, je te présente les enfants de Miranda

Miranda... la seule femme de cette expédition qui avait croisé sa route et à qui Khaaleb avait ôté la vie. Des enfants à présent orphelins et envers lesquels, Seth le savait très bien en faisant cela, Khaaleb aurait désormais une dette à vie.

- Tu connaissais maman ?
Demanda le plus jeune alors que des larmes perlaient sur le rebord des yeux de l'ainée qui se retenait pour ne pas pleurer



Revenir en haut Aller en bas

Khaaleb Talarion
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Dead or alive or... 1564648549-khaaleb

Ancien métier : Garde forestier
Occupation : Chasse, pêche, expéditions
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Réserve de Kánesatake, Québec

Dead or alive or... Tumblr_pitvtrYs5P1w85r9qo9_250

Messages : 269
Inscription : 20/04/2019
Crédits : Homemade
Célébrité : Jason Momoa

Dead or alive or... X0TurS632 / 5032 / 50Dead or alive or... BR2xH0t

Dead or alive or... DQEbQJ224 / 5024 / 50Dead or alive or... GxoDpmC

Dead or alive or... Hu1erU733 / 5033 / 50Dead or alive or... LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Dead or alive or... Empty
18.02.20 10:30
Dead or alive...

    Seth et Khaaleb

    


Musique:
 

Mentir n'était pas naturel pour Khaaleb. Aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir, il n'avait jamais aimé avoir recourt au mensonge, dans n'importe quelle type de situation. Même ce qu'on appelle les bons et pieux mensonges, ceux que l'on faisait aux enfants pour les protéger ou pour préserver la magie d'une quelconque fête, il n'aimait pas ça. Sans doute était-ce parce que l'amérindien était un homme honnête, mais aussi sûrement parce qu'il n'était pas très bon menteur.
Mais lorsqu'il s'agissait de survivre, il savait pourtant faire un effort et mettre ses convictions de côté l'espace d'un instant. Et puis le fait de s'en être sorti seul face au groupe qui l'avait attaqué dans les bois n'était pas véritablement un mensonge, ce n'était d'une légère déformation de la réalité. Pourtant, malgré tout les efforts et les formes qu'il avait mis dans son récit, le trappeur compris que son interlocuteur était déçu, et plus encore, qu'il n'y croyait pas, pas totalement en tout cas. Inconsciemment, le grand brun se sentit mal à l'aise de n'être pas cru, comme si ça pouvait avoir des conséquences qu'il ne pouvait pas encore voir. Comme s'il était un malfrat dans une salle d'interrogatoire. Car il le comprit soudain, mais c'était bel et bien ça, un interrogatoire. La curiosité jouée de son vieil ami avait une portée et un but, et s'il ne le percevait pas encore, la conversation le mettait de plus en plus mal à l'aise. Le piège se resserrait autour de lui, sans qu'il puisse rien y faire.
Haussant les épaules dans un geste qui se voulait détaché, mais ne pouvant réprimer une grimace, Khaaleb restait concentré sur la tâche qu'il s'était donné de couper de la viande séchée, la clope toujours entre les lèvres.


« Oh tu sais... j'ai surtout eu de la chance... » ajouta-t-il devant la méfiance de l'homme à la batte. Reniflant, il aspira une profonde bouffée qu'il recracha par les narines, lui donnant encore plus l'aspect d'un animal. « Si tout l'groupe m'était tombé d'ssus ensemble, j'en aurai pas réchappé c'est sur... mais individuellement jm'en suis tiré. Et puis j'avais l'avantage du terrain... ils connaissaient pas les bois comme moi j'les connais. »


Dans le fond, le géant ignorait pourquoi il mettait tant d'énergie à dissimuler l'intervention de Ben dans cet affaire, et l'aide précieuse qu'il lui avait alors apporté. Quelque chose, comme une petite voix intérieure, le poussait à la prudence et surtout à ce pas parler de ce nouvel allier qu'il s'était fait au sein même de la communauté de l'aéroport. La vérité était surtout que cette petite voix dans sa tête lui soufflait que cette petite visite impromptue ne signifiait rien de bon. Quelque chose n'allait pas, et plus la conversation avançait, plus l'ancien garde forestier sentait qu'il perdait la main en même temps que grandissait ses doutes. Si son vieil ami avait toujours eu un caractère et un bagout bien à lui, il y avait quelque chose dans ses gestes et ses questions qui n'allait pas, dans cette empressement de savoir s'il était bien seul. Et puis, il y avait cette interrogation qui lui trottait dans la tête, s'imposant toujours plus à son esprit. Pourquoi maintenant ? Comment se faisait-il que Seth, après avoir disparu de sa vie pendant des années, réapparaissait subitement sur le pas de sa porte juste après son affrontement avec ce groupe de Protector ? Hormis quelques amis de la Lyssa et de Highgate, personne ne connaissait l'emplacement du chalet, et il était assez paumé dans la forêt pour qu'on ne puisse pas tomber dessus par hasard. Et si leur quotidien était désormais souvent fait de coïncidences étonnantes, Khaaleb n'y croyait pas cette fois. Il imaginait mal Seth se balader tranquillement dans les bois à la tombée du jour et trouver une maison accueillante dans laquelle, comble de la bonne fortune, se trouvait un ancien pote. Non. Si Seth était ici devant lui, c'était parce qu'il l'avait cherché, parce qu'il l'avait traqué et trouvé dans sa tanière. L'ancien éducateur n'était pas venu discuter avec un vieux camarade, il était venu achever une proie gênante. Le fait qu'ils se connaissent avait peut être changé la donne, mais le résultat était le même. Seth n'était pas là en ami. Il était là en chasseur, en conquérant, avec cette suffisance dans le regard comme s'il avait conscience d'être le seul à tirer les ficelles. Mais était-il seulement seul ? Plus les minutes passaient, plus l'amérindien en doutait. Avec son laïus sur l'importance du groupe et sur le fait d'être une cible facile lorsqu'on était seul, il voyait mal l'homme à la batte traverser seul les bois dans cette obscurité, avec toutes les horreurs qui y rampaient désormais. Il y en avait forcément d'autres, attendant sûrement les ordres dehors, comme de bons toutous. Son ancien ami avait dit être à la tête d'une communauté, mais quelle était-elle cette communauté ? Pourquoi est ce que leur chef irait traquer un homme blessé jusque dans son repaire ? Certainement pas uniquement pour goutter à sa cuisine ou admirer sa déco. Si un homme comme Seth, avec tout cet ego qui était le sien, se déplaçait, c'était pour une raison importante. Pour montrer son pouvoir et son autorité. Pour punir ceux qui manquaient de respect à ce même pouvoir, ceux qui tuaient ses hommes dans les bois.


Lentement, Khaaleb releva la tête, figeant son geste, chacun de ses muscles tendus à se rompre. L'autre le regardait, son regard sans la moindre trace de compassion le fixant comme un prédateur fixe sa proie avant de porter le coup fatal. Un sourire, carnassier et sauvage, fendit son visage, créant des rides profondes dans sa peau. Pendant quelques secondes, les deux hommes s'affrontèrent du regard, l'un les mâchoires serrées et l'autre un sourire victorieux aux lèvres. Le géant savait, et le leader des Protectors savait qu'il savait. Il n'y avait plus de porte de sortie, plus d’échappatoire. Il avait perdu.

Soudain, Seth sorti un talkie-walkie d'une des poches de sa veste, appelant ses hommes qui comme le grand brun l'avait envisagé, attendait dehors que leur chef décide de son sort. L'espace d'un instant, il avait cru qu'il allait vouloir en finir vite, après tout, l'amérindien avait tué deux des membres de son groupe et participé à la mort d'un troisième. Mais selon toute vraisemblance, Seth avait d'autres projets que de le tuer dans la minute. Il semblait même tenir absolument à le soigner et à ne pas le laisser crever seul ici. Qu'avait-il donc en tête ?


Voyant l'homme à la batte repousser sa chaise dans un raclement de plancher et écraser sa clope à même le bois clair de la table, le grand brun s'adossa lentement au dossier de sa propre chaise, ne quittant pas des yeux l'homme qui se rapprochait de lui. Ses doigts, bien que meurtris par les coups qu'il avait donné, se serrèrent contre le manche en os de son couteau alors que l'autre tendait la main pour le lui demander. Que pouvait-il bien faire ? Que lui restait-il comme choix ? En une seconde, des dizaines de scénarios affluèrent dans son esprit sans qu'aucun ne lui sembla envisageable. Il avait perdu.
Le visage contracté par la frustration et la colère de ne pouvoir rien à faire, Khaaleb desserra les doigts et posa avec humeur le poignard en silex sur le bois de la table devant lui, laissant à l'autre le loisir de s'en saisir s'il le souhaitait. Seth avait beau prendre son ton le plus concilient, le géant savait qu'il était loin d'avoir fini de jouer avec sa proie. Alors que l'homme à la batte avait repris sa tâche de couper de la viande, le questionnant l'air de rien sur comment il avait connu son groupe, l'amérindien resta muet, ne digérant pas la situation. Il avait réussi à se sortir presque vivant de cet affrontement dans les bois, mais c'était chez lui, à cause d'un ancien ami, qu'il subissait sa plus grande défaite.
Soudain, son regard fut attiré par la lumière des phares qui venait du dehors. Quelques secondes, il resta à les observer, imaginant ce qui allait l'attendre de l'autre côté de cette porte. La fuite n'était plus une option envisageable, ce n'était que précipiter une mort certaine. Mais est ce que ce qui l'attendait était véritablement mieux que la mort ? Tout à son doute, Khaaleb prit appui sur le bois de la table et, serrant les dents, il parvint à se mettre debout non sans difficulté. Chaque partie de son corps était à la torture, et chaque pas qu'il faisait étaient un rappel de l'état pitoyable dans lequel il était. Pourtant, sans un regard pour Seth, il se redressa de toute sa taille, faisant se taire les hurlements de ses muscles, et avança vers la porte d'entrée qu'il ouvrit, avec sur ses talons le chef de ce groupe qui faisait sa loi dans toute la région.
Au dehors, éclairé par les phares du gros pick-up, des hommes en armes le regardaient l'air mauvais. S'il n'y avait pas eu les ordres, sur qu'ils l'auraient immédiatement abattu sans autre forme de procès. Mais ils n'en firent rien, se contentant de le fixer de leurs yeux noirs, à moitié cachés dans l'obscurité de la clairière. Boitant, le visage tuméfié et luisant de sueur, sa chemise en flanelle se tintant du sang de cette blessure qu'il ne pouvait soigner seul, le géant descendit malgré tout les quelques marches du perron, le dos droit et les poings serrés, se livrant à eux en homme libre, sans même savoir s'il pourrait encore une fois voir la lumière du matin.

****


Le soleil passait à travers la fenêtre sale de la petite pièce dans laquelle il avait été placé. Les rayons de lumière traversaient l'espace, coupant l'air de rayures jaunes dans lesquelles dansaient la poussière. Au dehors, un ciel bleu sans nuage couvrait l'aéroport, promesse d'une belle journée à venir. Bougeant lentement les pupilles, Khaaleb détailla encore une fois chaque élément du décors dans lequel il avait passé la nuit. C'était très sommaire : un lit au matelas dur, une chaise cannée sur laquelle reposait sa vieille chemise tachée de son propre sang, une petite table où le médecin avait laissé quelques compresses. Depuis qu'il avait quitté son chalet la veille au soir, l'amérindien n'avait pas dit un mot, se laissant conduire dans ce qui était la base de cette communauté dont il avait tant de fois entendu murmurer le nom. On l'avait guidé à l'infirmerie, on l'avait soigné, puis couché dans ce lit aux draps propres. Personne ne lui avait posé la moindre question tout comme lui-même s'était gardé de le faire. Il s'était effondré de fatigue à peine couché, ne prêtant pas même attention à la surveillance dont il faisait très certainement l'objet. Le matin était venu sans un seul réveil nocturne et le grand brun avait difficilement émergé d'un sommeil sans songe. Sans doute y avait-il un somnifère dans ces médicaments que le docteur lui avait fait avaler.

Observant la poussière dans les rayons de soleil, l'ancien garde forestier dû bien reconnaître qu'il se sentait un peu mieux. Que ce fut grâce aux soins ou à cette longue nuit de sommeil forcée, il avait l'impression d'être un peu plus en vie, bien que le corps toujours meurtri des coups qu'on lui avait porté. S'il était reconnaissant pour ces soins qui lui avaient très certainement empêché de crever d'une infection, il s'inquiétait encore du prix qu'il allait devoir payer pour ça. Depuis qu'il avait ouvert les paupières, cette inquiétude lui serrait le ventre, en même temps qu'une question tournait dans sa tête. Pourquoi donc le garder en vie ? Il s'était opposé aux Protectors, il en avait tué, il était donc un ennemi, alors pourquoi utiliser des médicaments pour lui ? Seth devait avoir des projets qu'il ne parvenait pas encore à concevoir. Naïvement, une part du géant se demandait même s'il ne s'était pas fait toute une montagne de cette histoire. Son ancien ami l'avait aidé peut être uniquement par charité et par bonté. Ce groupe n'était peut être après tout pas si mauvais qu'on le disait? Peut être souffraient-ils simplement d'une mauvaise presse. Bien qu'il aurait donné cher pour y croire à cette théorie, au fond de lui Khaaleb savait qu'il n'en était rien. Il savait qu'ici le danger était partout, et que le mal rodait derrière chaque mur, tel un serpent prêt à bondir.


Ses pensées se dissipèrent lorsqu'il entendit la porte de la pièce s'ouvrir. Seth entra, avec sur le visage un air victorieux qu'il ne lui connaissait désormais que trop et qu'il apprendrait vite à détester. Serrant les poings, le géant essaya de se redresser sur son coussins, afin de mieux voir celui qui le retenait désormais captif, mais à qui il devait aussi à présent d'être encore en vie. Sans dire un mot, il récupéra la chemise qu'il lui tendait, et rejetant les couvertures, il s'assit sur le lit, posant ses pieds contre le sol dur. Bien que la blessure à son épaule et ses nombreuses contusions aient été bien soigné, passer le vêtement se révéla une tâche toujours complexe, lui prenant deux à trois fois plus de temps qu'à l'ordinaire. Puis enfilant ses chaussures, il se remit debout, essayant de cacher à son ancien camarade la faiblesse qui était encore la sienne.
Sans un regard en arrière, il passa la porte que Seth lui tenait ouverte, découvrant alors les lieux sous un jour nouveau. La veille, il n'avait pas prêté grande attention à cet endroit qui grouillait désormais de monde, comme autrefois avant l'infection. A l'époque, Khaaleb était déjà venu à l'aéroport afin de prendre un avion. Tout était bien différent de ce dont il se souvenait. Les habitants avaient transformé le bâtiment pour en faire une forteresse et un espace de vie pour toute la communauté. Si Terry et d'autres connaissances avait déjà évoqué ce groupe et leur lieu de vie, il était le premier de ses contacts à en découvrir tous les aspects, guidé en prime par le patron lui-même. Dire patron n'était d'ailleurs pas le terme approprié, car à la façon qu'il avait de parader dans les couloirs , et à ces têtes baissées sur son passage, Seth faisait bien plus penser à un monarque en son royaume. Constater celui glaça le sang du géant. C'était une chose d'être à la tête d'un groupe, s'en était une autre que de gouverner des survivants et de leur imposer des lois. Car si des groupes comme la Lyssa ou Highgate prenaient les décisions à plusieurs pour le bien de leur communauté, Khaaleb comprit très vite qu'ici il n'y avait qu'un seul homme qui menait la danse dans un régime autoritaire et autocratique. Plus terrible encore, comme il le lui expliquait alors qu'ils passaient de salle en salle devant des visages baissés, il avait mis en place un système de points au mérite, à l'image de leur ancienne monnaie, qui permettait à chacun de se nourrir et de survivre en ces murs. Le cœur battant de révolte, le grand brun ne soufflait mot, constatant les choses sans rien pouvoir y faire. Certain d'avoir raison et d'être dans son bon droit, Seth avait ramené à l'aéroport les deux pires vices de l'ancien monde, l'argent et la hiérarchie, s'octroyant par la même le pouvoir suprême des tyrans.
Horrifié par cette idée et par la démesure de la situation, Khaaleb avançait comme un homme perdu, laissant ses yeux glisser de murs en portes, de fenêtres en sol, de regards en regards. Car si tous ceux qu'ils croisaient baissaient la tête sur le passage de leur leader, beaucoup étaient ceux qui relevaient les yeux pour le regarder lui. Et dans ces pupilles tournées vers son imposante silhouette, il pu lire beaucoup de choses. La peur bien sur, la peur que leur inspirait leur chef, la colère et la haine aussi, contre lui cette fois, car ils savaient qui il était et ce qu'il avait fait. Il y avait également parfois la surprise, car parmi tous ces hommes et toutes ces femmes, il y avait également des gens qu'il avait connu autrefois, des connaissances, des amis. Mais peut être à cause de la présence de Seth, ou à cause de ses propres actes, ils ne firent rien, restant figé dans leur attitude de soumission.


Au bout d'un moment, les deux hommes débouchèrent dans un grand hall où l'ancien garde forestier se souvenait d'avoir couru un jour pour ne pas louper un vol. Tout avait bien changé, et à la suite de son guide, il se rapprocha d'un petit groupe constitué principalement d'enfants en train de suivre une leçon. Ils n'étaient pas très nombreux, mais dans l'ensemble ils ne bougeaient pas, et étaient tous très attentifs face à leur professeur qui semblait leur expliquer un problème mathématique, tout en berçant contre elle un petit aux cheveux roux.


Khaaleb fronça les sourcils, ne sachant pas ce qu'ils allaient faire avec ce groupe d'enfants, mais il comprit dès que, répondant à l'appel de l'homme à la batte, un garçon et une fille tournèrent la tête vers eux. La ressemblance avec leur mère était flagrante, et même s'il ne l'avait pas croisé plus de quelques secondes, il revoyait dans leurs yeux ceux de celle qu'il avait tué dans la forêt. Son cœur ne sembla soudain plus intéressé par l'idée de battre, et ses pieds se figèrent dans le sol, le laissant immobile face à l'horreur de cette rencontre. Tournant la tête vers Seth, il lui découvrit ce sourire de prédateur, et plus encore une lueur sadique au creux des prunelles. Le leader des Protectors prenaient son pied, et demander pitié n'y aurait rien changé. Était-ce donc pour cela qu'il l'avait gardé en vie ? Le torturer en lui mettant sous le nez les enfants de celle qu'il avait assassiné ? Une profonde envie de vomir lui retourna le ventre alors qu'ils se dirigeaient vers ces sièges dans un coin de la salle. Là ils s’assirent, les enfants en face d'eux. Le garçon était si petit que ses pieds ne touchaient même pas le sol. La bouche ouverte, le souffle sifflant, Khaaleb n'entendit pas les présentations de Seth, il n'entendit pas non plus la jubilation dans la voix de son ancien ami. Tout ce qu'il entendit, ce fut la question de Peter. Tout ce qu'il vit, ce fut les larmes dans les yeux de Beverly.
Doucement, il tourna le visage vers l'homme à la batte, croisant son regard impérial et sadique. Qu'est ce qui avait bien pu se passer dans la tête de cet homme qu'il avait connu pour en faire une enflure pareille ?
Déglutissant avec difficulté, il reporta son attention sur les deux jeunes enfants, essayant de choisir au mieux les mots qu'il allait devoir utiliser. Une douleur terrible, mordante, lui élançait dans l'épaule, là où la balle de Miranda était passée.


« Non... enfin oui je l'ai connu... je... » Finit-il par dire, conscient de ce dégoût de lui-même qui lui retournait les entrailles. Sa voix, rauque et caverneuse, avait quelque chose de terrifiant que sa carrure ne faisait qu'accentuer, mais dans le fond c'était bien lui le plus terrifié. Qu'est ce qu'il allait bien pouvoir raconter à ses pauvres gosses qui se retrouvaient orphelins par sa faute ? Pendant une seconde, il baissa la tête, incapable de parler, comme s'il était devenu muet devant le reflet que lui renvoyait sa propre sauvagerie. Avaient-ils besoin de tout savoir ? N'était-ce pas déjà assez de ne plus jamais revoir leur mère ?

Mais mentir n'était pas naturel pour Khaaleb. Aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir, il n'avait jamais aimé avoir recourt au mensonge, dans n'importe quelle type de situation. Même ce qu'on appelle les bons et pieux mensonges, ceux que l'on faisait aux enfants pour les protéger ou pour préserver la magie d'une quelconque fête, il n'aimait pas ça. Sans doute était-ce parce que l'amérindien était un homme honnête, mais aussi sûrement parce qu'il n'était pas très bon menteur.


Relevant la tête avant que Seth ne puisse dire quoi que ce soit de plus, l'amérindien regarda ces enfants, serrant les poings, prêt soudain à assumer les conséquences des actes qui avaient été les siens. Il ne pouvait pas leur mentir. Il ne pouvait pas faire ça. Aujourd'hui ses gamins étaient seuls par sa faute, et s'il y a bien une chose qu'il leur devait c'était bien la vérité.


« En fait... c'est moi... c'est moi qui ait tué votre mère. » Dire ses quelques mots furent comme de planter un fer rouge dans son ventre. Mais si c'était une chose de le dire, c'était encore bien pire de voir la réaction tordre le visage des deux enfants. Le jeune garçon c'était soudain plaqué contre le dossier de son fauteuil en plastique, son teint devint plus pâle, comme si soudain la peur le prenait. Mais le regard de la fille était bien pire, car de ces larmes de tristesse naquit des larmes de rage et de haine. La colère se lisait sur chacun de ses traits, sur ses petits poings serrés. S'il n'y avait eu la présence de leur protecteur à tous pour la retenir, sur qu'elle se serait jeté sur le trappeur, oubliant la différence de taille et de force, mais pourtant elle restait immobile. Si désormais bien peu d'homme et de femme pouvaient se vanter de ne jamais avoir tué d'autre êtres humains, aujourd'hui Seth avait fait de Khaaleb un véritable assassin, contraint de se repentir devant les propres enfants de sa victime. « J'étais seul dans les bois quand son groupe m'est tombé dessus. » Expliquer ne changerait rien à la situation, ce n'était pas ainsi qu'il laverait son nom, mais il le devait à ses pauvres gosses. « Un d'entre eux a voulu me tuer, alors je me suis enfuis et dans ma course, je me suis retrouvé nez à nez avec votre mère. Je ne voulais pas lui faire du mal, j'ai même baissé mon arme, mais elle a du avoir peur alors elle m'a tiré dessus...juste au dessus du cœur. » Dit-il en pointant son épaule. « Un peu plus bas, et elle m’abattait. Lorsqu'elle a compris que j'étais toujours debout, elle a voulu tiré une nouvelle fois... mais je ne lui en ai pas laissé le temps. Je l'ai tué.» Le géant ferma les yeux un instant, revoyant l'espace d'une seconde la lame de silex de sa hache se planter dans la tempe de la femme, la tuant sur le coup, vidant son regard de toute expression de vie, n'y laissant que l'horreur. « Je n'ai jamais voulu ça... mais dire ça ne changera pas ce que j'ai fait et ça ne vous rendra pas votre mère... tout ce que je peux vous dire c'est qu'elle n'a pas souffert... et qu'elle n'est pas revenue... » Il se tut encore, regardant l'un après l'autre ces deux orphelins figés face à lui. « Je suis désolé... » Le géant ne pouvait être plus sincère en disant ses mots. Il savait que ce meurtre le hanterait à jamais, et faire face à eux ne faisait qu'enraciner encore plus cette culpabilité en lui. « Je ne pourrai jamais réparer ce que j'ai fait, mais puisque c'est moi qui vous ais privé de votre mère, je vous fais aujourd'hui la promesse de toujours veiller sur vous, de m'assurer que vous ne manquiez jamais de rien. Si ma présence vous ait insupportable, ce que je comprendrais, je resterai à distance, mais je vous jure de tout faire pour qu'il ne vous arrive rien, non pas pour me faire pardonner, mais parce que je le dois à votre mère... et si un jour vous voulez la venger et me tuer... alors...alors vous saurez où me trouver. » Se mordant les lèvres, essayant de ne pas lui-même céder à l'émotion, Khaaleb n'ajouta plus rien.

Alors, Seth renvoya les enfants rejoindre les autres. Il avait eu ce qu'il attendait, et affichait un sourire qui lui donna envie de vomir. Suivant Beverly et Peter des yeux alors qu'il regagnaient le groupe, l'amérindien surprit un regard de l'aînée sur lui. La haine totale qu'il pu y lire déchira en lui ce qui restait de force, le laissant plus affaibli que s'il avait à nouveau du affronter un groupe entier de Protecteurs. Leur leader toujours à ses côtés, sans doute fort satisfait de sa petite mise en scène, Khaaleb se pencha en avant pour se prendre la tête dans les mains. Une fatigue et une lassitude immense s’abattit soudain sur ses épaules. Pourquoi donc Seth avait-il fait ça ? Pourquoi cette rencontre, si ce n'était pour les faire souffrir gratuitement et asseoir encore plus son autorité ? N'y avait-il donc plus une once de compassion dans cette personne qu'il avait autrefois connu ? Sa vie n'avait-elle donc plus aucun sens pour s'adonner ainsi à un tel sadisme ? La tête toujours dans les mains, les yeux fermés, l'ancien garde forestier revoyait des images et des souvenirs de son vieil ami, de l'homme qu'il avait été et qui était si différent de celui qui se tenait à présent assit à côté de lui. Tous les survivants changeaient, mais la transition était ici bien difficile à encaisser.
L'amérindien se demandait d'ailleurs s'il restait seulement un peu de bon dans cet homme despotique, ou bien si dans le fond, le monstre n'avait-il pas toujours été là, en sommeil, prêt à asservir le monde. Il prit une profonde inspiration et souffla longuement.


« Tu sais Seth... c'est peut être moi qui vit seul dans les bois... mais toi ici... même avec tous ces gens pour te servir et te craindre... je crois bien que tu es plus seul que je ne le serai jamais... » murmura-t-il de façon à n'être entendu que de son ancien ami. Dire de telles paroles à ce leader tyrannique n'était sans doute pas très malin, mais dans le fond, Khaaleb n'en avait plus rien à foutre. Il pouvait bien le tuer dans les pires conditions, le torturer pour son seul plaisir, rien ne serait pire que ce qu'il venait de lui faire vivre. « Je t'ai vu faire des choses terribles pour des gosses autrefois, je t'ai vu les mettre dans des situations que personne n'auraient envié, je t'ai vu leur secouer les puces comme personne, tout ça pour les aider, les accompagner, les remettre dans le droit chemin... mais j'que t'as fait là... confronter des gamins avec l'assassin de leur mère... ça... ça je t'en s'rai jamais cru capable... » Redressant le dos, l'amérindien tourna la tête vers cet homme qu'il avait appelé autrefois ami. Plantant son regard dans le sien, il y chercha des traces de cette personne qu'il avait connu il y a longtemps, avec qui il avait ri, parlé. Mais sans doute était-il trop profondément enfermé dans son âme sous des couches d'une carapace impénétrable. Le géant serra les dents et les poings, se reconstituant lui-même sa carapace que le regard des enfants avait fait voler en éclat. Si son corps était toujours marqué des coups, faible, son regard lui soudain, retrouva un peu de la force qui lui était propre. « Qu'est ce que tu attends vraiment de moi ? Je ne pourrais jamais rester et vivre ici et ça tu le sais. La moitié de tes hommes me haït pour ce que j'ai fait et même s'ils te craignent, il y en aura bien un un jour, demain, dans une semaine, un mois, pour défier ton autorité et me buter. S'il est malin il fera passer ça pour un accident, sinon au moins il aura vengé les siens. Toi même tu sais que les hommes n'ont jamais peur de crever lorsqu'il s'agit de vengeance. Tu n'y gagneras rien si tu me forces à rester ici, à par de me retrouver canné, et si tu avais voulu me buter, je crois que tu n'aurais pas utilisé tes précieux médicaments pour moi... tu m'aurais planté hier soir ou alors t'aurais envoyé tes gars me descendre... au lieu de ça tu m'as soigné et je crois pas que c'était uniquement pour le kiff de ces petites retrouvailles. » ajouta-t-il en faisant un geste vers le groupe d'enfants plus loin. « Depuis que j'te connais, t'as jamais rien faire par hasard, sans un but ou une idée derrière la tête. Alors maintenant Seth dis moi... pourquoi tu m'as gardé en vie ? »


    
Revenir en haut Aller en bas

Seth Mansfield
The pain doesn't go away

à propos
sac à dos
Dead or alive or... Tumblr_pq08w2DHfe1vnzgcbo1_250

Ancien métier : Educateur spécialisé
Occupation : Leader des Protecteurs
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Vancouver

Messages : 140
Inscription : 13/04/2019
Crédits : PresleyCash
Célébrité : Jeffrey Dean Morgan

Dead or alive or... X0TurS627 / 5027 / 50Dead or alive or... BR2xH0t

Dead or alive or... DQEbQJ237 / 5037 / 50Dead or alive or... GxoDpmC

Dead or alive or... Hu1erU729 / 5029 / 50Dead or alive or... LWcMbb0



Survive
Sac à dos:
Possessions:
Carnet de santé:

Voir le profil de l'utilisateur
Dead or alive or... Empty
21.03.20 14:55
Dead or alive or...

Seth & Khaaleb




- Bordel, on dirait que tu viens d'voir un fantôme !
S'exclama Seth qui ne cachait pas l'amusement que provoquait en lui la stupeur de Khaaleb dont le corps s'était figé dès l'instant où son regard avait croisé celui de Beverly

Il n'était pas toujours évident de d'identifier les traits de parenté entre certains parents et leur progéniture, alors qu'a contrario, d'autres paraissaient avoir été littéralement conçu sur la photocopieuse tant ils étaient leur portrait craché. Son fils Dylan tenait énormément de sa femme, les mêmes cheveux clairs, le même regard sur la vie... et bon dieu qu'est-ce qu'il avait pu les aimer tous les deux, un peu trop d'ailleurs, au point de s'éteindre à son tour à la mort de son fils. Contrairement à eux, Seth avait survécu, mais pas seulement, il s'était endurcit, et les épreuves avaient fait de lui ce qu'il était désormais aujourd'hui. Un leader craint et respecté qui protégeait les siens et leur apportait ce dont ils avaient tous besoin pour survivre. Seth était un leader né, qui avait rapidement su faire face à cette situation en prenant les armes pour affronter le nouveau monde au lieu de se faire bouffer avec l’ancien. Un homme aussi ridiculement idéaliste que Khaaleb ne pouvait pas comprendre certaines nécessités de la vie d'aujourd'hui et c'était la raison pour laquelle il vivait seul dans un chalet perdu au fond des bois alors que lui se trouvait à la tête d'une importante communauté d'hommes et de femmes qui s'étaient placés sous sa protection. Miranda faisait partie de ces survivants qui avaient placé sa vie ainsi que celle de ses enfants entre ses mains, or, on ne levait pas impunément la main sur les siens sans en faire les frais. Certaines punitions pouvaient aller de la simple réprimande... à la mort. Quelque soit la gravité de la faute, la sentence était toujours appliqué le plus lourdement possible afin que toute erreur serve de leçon et passe l'envie à qui que ce soit de recommencer. C'était ainsi, que l'on gardait ses troupes au pas, en maniant tant le bâton que la carotte. Khaaleb aurait du mourir ce soir-là, c'était son intention première, sauf que dans ses desseins initiaux, l'homme n'aurait pas été exécuté ici, à l'aéroport mais à Highgate, pour que cette petite communauté qui s'opposait à lui, comprenne à qui ils avaient à faire, et ce qu'il en coutait de s'opposer à lui. Il aurait tué cet homme dans une mise en scène des plus glaçante qui aurait fortement marqué les esprits afin de dissuader les plus malins de poursuivre dans cette direction qu'ils avaient choisi emprunter et qui allait à l'encontre de leur intérêt et de tout bon sens. Puis, pour achever sa démonstration, il aurait abattu une personne appartenant à leur communauté et son choix s'était porté sur l'ancien compagnon de Victoria qui, il le sentait, restait encore profondément attaché à cet homme, or, Seth avait la concurrence en horreur. Mais dès l'instant où Seth avait reconnu la silhouette de Khaaleb, ses plans avaient changé du tout au tout.

Seth n'était pas le genre d'homme à s'emmerder avec un sentimentalisme à outrance, d'ailleurs, il estimait que ne rien ressentir, posséder aucune attache, était l'un de ses points forts. Par le passé, Khaaleb avait appartenu à son cercle d'amis, ou plus exactement de connaissance proche. Ils ne se voyaient jamais en-dehors des rares fois où leur travail les réunissaient et ils ne s'envoyaient jamais de messages à quelques exceptions prêt lors de leurs anniversaires respectifs ou pour Noël et nouvel an, malgré tout, cela avait suffit à les rapprocher. Seth avait toujours apprécié la droiture et la simplicité de ce garde forestier qui lui avait apprit beaucoup de choses sur la nature en général et la survie en particulier. La promiscuité encouragé par l'isolement que la forêt leur avait procuré, Seth s'était naturellement confié à cet homme qu'il s'était mis a apprécier chaque jours davantage. Il lui avait révélé pourquoi il avait choisi d'exercer ce métier qu'était devenu le sien. Il lui avait parlé de certaines anecdotes qu'il avait vécu avec les mômes qu'il avait côtoyé et parfois même, certaines d'entre elles, incluait des parents qui en tenaient une sacré couche ! Et bien entendu, il lui avait parlé de sa famille, sa femme et son fils. Ils avaient passé de sacré bons moments ensemble et Seth serait bien le dernier à le nier. Certaines personnes avaient besoin de se voir continuellement pour entretenir leurs liens d'amitié, eux n'en n'avaient jamais ressenti le besoin. Ils pouvaient ne plus se voir pendant 1 an, ne pas se donner de nouvelles depuis plus de 6 mois... et pourtant lorsqu'ils se revoyaient c'étaient un peu comme s'ils s'étaient quittés la veille. Mais ça s'était avant... aujourd'hui les choses avaient changé, Khaaleb avait changé et plus il se refermait face à lui, plus Seth avait envie de lui faire regretter cette attitude. Si Khaaleb était toujours en vie c'était à lui qu'il le devait, à lui qui aurait eu plus d'une raison et plus d'une occasion de lui faire rejoindre ses putains d'ancêtres ! Mais non, il était toujours là, et c'était uniquement à son bon vouloir qu'il le devait. Un peu de reconnaissance ce n'était pourtant pas trop demandé que diable ! Peut-être était-il temps de lui rappeler qui était le gentil de l'histoire et qui était le méchant. Si on demandait leur avis à ces deux enfants qui les avaient rejoint, le monstre ne serait certainement pas celui que l'on aurait pu penser et à en juger par la tête que faisait Khaaleb en cet instant, il semblait se prendre sa propre cruauté en pleine face. Quel effet cela faisait-il de réaliser que l'on était loin d'être aussi irréprochable qu'on voulait bien le faire croire ? C'était douloureux visiblement de se voir tel que l'on était vraiment et loin d'éprouver de l'empathie pour lui, Seth se délectait de son désarroi.

Avec intérêt, Seth observa Khaaleb perdre de sa superbe, bredouiller des mots avec hésitation, incertain de ce qu'il pouvait ou devait dire à ces deux enfants désormais orphelins par sa seule et unique responsabilité. Il était intéressant de voir un homme pourtant si sur de lui quelques minutes plus tôt, être ébranlé par son propre reflet, par ce côté obscur qui faisait parti de lui mais qu'il n'assumait pas. Seth n'avait pas la moindre idée de ce que comptait faire Khaaleb : pleurer ? Bredouiller des excuses ? S'enfermer dans un silence coupable ? Pourtant, et bien qu'il aurait pu s'en douter connaissant l'homme, il devait reconnaître que l'amérindien lui avait coupé la chique en l'entendant avouer son crime à ces deux innocents. Si Khaaleb le privait en cet instant du plaisir évident de l'accabler en le remettant en place devant les enfants de Miranda, Seth devait admettre que ce courage, cette manière qu'il avait d'assumer ses actes, était tout à son honneur et ce fut l'une des raisons qui le poussa à siffler d'admiration tout en se penchant légèrement vers l'arrière le sourire aux lèvres.
Le regard de Beverly, qui peinait visiblement à se retenir de ne pas sauter à la gorge de son ancien ami, renvoyait à Khaaleb ce qu'il était réellement. Un assassin qui dans le fond, n'était pas meilleur que lui, contrairement à ce qu'il voulait croire. Attentif, il écouta Khaaleb raconter à ces deux gosses comment s'était déroulé son affrontement avec leur mère, prenant bien soin de ne pas se défendre en rejetant toute la responsabilité sur elle, lui cherchant même des excuses en employant des termes comme « elle a du avoir peur ». Khaaleb pensait-il réellement adoucir l'horreur de la situation en disant à ces deux gosses que leur mère n'avait pas souffert ? Croyait-il pouvoir se racheter de la sorte à leurs yeux ? La suite durant laquelle Khaaleb promis de veiller sur eux à la place de leur mère, était tout bonnement dégoulinant de bons sentiments bien sirupeux comme il les détestait, mais en agissant spontanément comme il venait de le faire, Khaaleb n'avait probablement pas encore conscience qu'il venait de faire exactement ce qu'il attendait de lui. N'était-ce pas pour cette raison qu'il avait fait tout ça ? Parce qu'il connaissait suffisamment Khaaleb pour savoir qu'il était le genre d'homme à prendre ses responsabilités
Après avoir renvoyé les enfants, Seth observa Khaaleb en haussant les sourcils puis, sa batte calé sous son bras, il se mit à applaudir tout en sifflant d'admiration

- « Si un jour vous voulez la venger et me tuer... alors...alors vous saurez où me trouver. » Bon dieu t'es un dramaturge dans l'âme ! Quelle représentation j'en suis resté sur le cul ! Une chance pour toi que Beverly n'avait pas de revolver à la place des yeux, tu serais mort depuis longtemps


Et c'était peu de le dire, cette gamine avait de l'avenir au sein de leur communauté. Avec elle dans leur rang, la relève était assuré à n'en pas douter. Prenant une profonde inspiration Khaaleb souffla longuement avant de prendre la parole. Etait-ce une manière à lui de garder son calme et de ne pas l'agresser ? Peut-être. Toujours fut-il que ses premiers mots qu'il lui destina n'eurent sur lui, pas l'effet escompté. S'il cherchait à le provoquer c'était raté car tout ce qu'obtint Khaaleb en guise de réaction se fut un sourire carnassier

- Et alors ?
Lui demanda-t-il

Qu’en avait-il à faire des autres ? Strictement rien. Ils n’étaient là que pour le servir. Des amis ? Il n'en n'avait pas besoin, surtout si c'était pour mieux le poignarder dans le dos. Ce qu'il lui fallait c'était des alliés qui avaient tout intérêt à le soutenir envers et contre tous afin de préserver ce qu'il avait construit et Khaaleb était le genre de personne de valeur qu'il était bon d'avoir à ses côtés car il savait que s'il s'engageait derrière lui, il pourrait compter sur sa fiabilité sans craindre un mauvais coup une fois le dos tourné. Ce tempérament était à la fois la force et la faiblesse de Khaaleb qui était un homme d'honneur. Loin de se laisser impressionner, Khaaleb lui rappela tout ce qu'il avait fait dans sa chienne de vie pour aider tous ces gosses à sortir du trou dans laquelle la vie les avait impitoyablement plongé, quitte à les bousculer sans la moindre hésitation. Franchissant des limites que nul n'avait osé avant lui, tout en les poussant sur des territoires sur lesquels ils n'auraient jamais pensé s'aventurer un jour. Pour avoir été le témoin silencieux de certaines de ces scènes qui l'avait opposé à certains adolescents, Khaaleb sans rappelait parfaitement, peut-être même se souvenait-il de certaines histoires qu'il lui avait narré au coin du feu... Mais Khaaleb n'était pas le seul à s'en rappeler. Seth se souvenait de chaque visage, chaque nom, chaque histoire des plus sordides aux plus banales. Chacun des gosses qui avaient croisé sa route était entré dans sa vie, d'une manière ou d'une autre... Jamais il ne pourrait oublier le moindre d'entre eux

- C'est marrant, moi j't'aurais jamais cru capable de priver une mère de ses gosses, lui répondit-il au tac-o-tac

Seth n'avait pas prononcé ces mots aux hasard, il savait ô combien chacun d'entre eux seraient comme un coup de poignard dans la chair de Khaaleb. S'il les avait choisit dans le but de faire mal, ce n'était pas la seule et unique raison qu'il lui avait valu de les employer. Il voulait faire ravaler un peu de sa fierté à cet homme pour lui rappeler que non, contrairement à ce qu'il s'imaginait, il n'était pas meilleur que lui, loin s'en faut. Lui, avait toute une communauté à sa charge alors ses méthodes ne lui convenaient peut-être pas, mais s'il avait désiré connaître son avis sur la question ça se serait su. Il n'avait que faire de l'opinion d'un homme qui avait choisi de vivre seul en reclus, sans essayer de construire quelque chose pour préserver ce qu'il restait de l'humanité. S'il avait des leçons à recevoir de quelqu'un ce n'était certainement pas de lui.

- Tu l’as dis toi-même, le monde n’est plus ce qu’il était, s’ils veulent survivre ces gosses ne doivent plus être traité comme des gosses mais comme des adultes. Si j’avais voulu être cruel j’aurais mis une arme dans la main de Beverly. Un conseil... fit-il en agitant sa batte dans sa direction, ne me tente pas.

Une menace que Seth ne répéterait pas. Qu'il s'agisse d'un ordre, d'un conseil ou d'une mise en garde, Seth ne se répétait jamais deux fois et ceux qui avait eut le malheur de ne pas tenir compte de son avertissement à ce sujet n'étaient désormais plus là pour en témoigner. Un sourire mesquin se dessina sur ses lèvres qui n'équivalait en rien à la cruauté qui luisait dans son regard alors que Khaaleb lui demandait ce qu'il attendait de lui

- Putain de merde, Khaaleb, retire-moi ce bâton que t'as dans le cul ! Ce que j'attends de toi ? Déjà tu pourrais commencer par dire merci parce que jusqu'ici j'ai rien entendu ! J'avais plus d'une raison et plus d'une occasion pour te tuer, après tout, tu as toi-même tué certains de mes hommes, ce ne serait qu'un juste retour des choses, et pourtant qu'est-ce que j'ai fais à la place ? Je t'ai emmené ici, je t'ai fais soigné et franchement on peut dire que je t'ai sauvé les miches parce que sans moi, en cet instant, tu serais encore coincé dans ton putain de chalet, bouffé par la fièvre, entrain de te transformer en macchabé alors oui un peu de reconnaissance ce serait pas du luxe

Il était préférable pour Khaaleb de ne pas s'opposer à sa requête et de lui donner satisfaction, après tout, un merci ce n'était pas cher payé en reconnaissance de tout ce qu'il avait fait pour lui.

- Qui plus est, tu me sous-estimes si tu crois que n'importe quel trou du cul se permettrait d'aller à l'encontre de ma volonté. Tu crois que je ne sais pas tenir mes hommes ? Tu crois qu'ils sont prêt à risquer leurs vies pour te faire la peau ? Ne te donnes pas autant d'importance tu veux. Je crois que t'as pas encore compris comment ça se passait ici. Crois-moi, personne te touchera parce qu'à part toi, ils ont tous compris qu'il était préférable de ne pas aller à l'encontre de mes décisions. C'est comme ça que ça tourne ici, je te l'ai déjà dit, celui qui maintient l'ordre ici, c'est moi, sans moi pour veiller au grain, tu ne serais déjà plus là

Khaaleb ne devait pas en douter, celui qui tenait tous ces hommes en respect, c'était lui. Ses pulsions colériques aussi célèbre que craint le faisaient être redouté par tout ceux qui vivaient sous son joug. Bien sur, Seth n'était pas naïf, il savait que quelque uns rêvaient de prendre sa place, mais aucun d'entre eux n'avait les couilles de l'affronter de face car il n'y avait pas une seule personne vivant ici, qui ne s'étaient déjà vu mourir sous sa brutalité ! Chacun se tenait à sa place afin de ne pas avoir un rendez-vous en tête avec "Justice". Personne n'était sans ignorer que Seth pouvait exploser en quelques secondes et tous redoutait ses pulsions colériques. C'était grâce à l’intimidation qu’il obtenait la soumission totale de toutes ces vies. Son impulsivité le rendait redoutable et ses silences bien plus inquiétant encore car ils étaient généralement le prélude à des foudres qui finissaient toujours par s’abattre sans pitié. Seth avait donné plus d'une occasion à chacun d'entre eux de s'imaginer mourir sous ses coups ce qui les poussait tous à se tenir bien à carreau, à leur place, afin de ne pas être celui ou celle, qui abreuverait "Justice" de son sang.

- Soit rassuré, pour le moment je ne te demande pas de vivre ici, cependant le jour où je te l'exigerais tu auras plutôt intérêt à rappliquer fissa, mais ne t'imagines pas libre pour autant ! Désormais tu m'appartiens, tu es des nôtres. Puisque tu as tué leur mère, il n'y a plus personne pour nourrir ces gosses alors, comme tu l'as promis, tu vas prendre à ta charge le travail de Miranda. Chaque semaine, tu apportera du gibier et la moitié de tes réserves. N'essaie pas de me doubler, je le saurais. Si je décide que des hommes à moi doivent venir trouver refuge chez toi, tu les accueilleras sans faire d'histoire. Je veux que tu apprennes aux hommes que je t'enverrais, absolument tout sur l'art de la chasse et de la survit. Je ne t'enverrais pas d'abrutis fini ni d'empotés, mais je compte sur toi pour les former correctement. Voilà ce que j'attends de toi, maintenant dis-moi, est-ce que je peux te faire confiance ? Est-ce que ces gosses qui sont désormais sous ta responsabilité peuvent compter sur toi ou est-il préférable que j'en finisse une bonne fois pour toute avec toi et eux avec ? Eux qui n'ont désormais plus que toi pour subvenir à leur besoin...

L'honneur encore et toujours. Peut-être Khaaleb ne tenait-il pas plus à la vie qu'on ne pourrait le croire, peut-être verrait-il la mort comme une délivrance, une manière de fuir l'acte atroce auquel il s'était livré. Peut-être voyait-il dans sa mort, une manière d'absoudre ses pêchés... peut-être bien... mais jamais cet homme ne laisserait quiconque s'en prendre à ces gosses. En vrai, ce n'était pas l'intention de Seth. Si s'en prendre à des femmes était une chose, à des gosses, jamais il n'en serait capable mais ça, personne ne pouvait le savoir, pas même Khaaleb qui ne semblait plus sur de rien le concernant. Et si menacer la vie de ces gosses pouvait lui permettre d'obtenir ce qu'il désirait pourquoi hésiterait-il ? Seth préférait que les gens s'imaginent le pire le concernant, au moins ainsi, il avait beaucoup moins de mal à se faire obeir.

Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

à propos
sac à dos


Dead or alive or... Empty
Revenir en haut Aller en bas
 
Dead or alive or...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [UPTOBOX] Dead or Alive [DVDRiP]
» [UPTOBOX] Requiem for a Dream [DVDRiP]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
What Lies Ahead :: Kelowna & Beyond :: Beyond-
Sauter vers: