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 Nothing left to say



Natalia F. Eriksson
High bitch in charge

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Ancien métier : Propriétaire d'une galerie d'art
Occupation : Responsable des réserves, conseillère des leaders
Statut civil : Veuve. Entretient une relation passionnée et secrète avec Max Stal
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Inscription : 30/08/2019
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30.10.19 4:41
Dans sa poitrine bat un coeur meurtri, dans ce ventre, ses tripes se tordent de douleur. Doucement, ses pas la mènent devant cette serre, aménagée pour elle. Et sa main se dépose contre le battant de la porte, le temps se fige l'espace d'un instant. Le temps s'arrête, elle croit revenir en arrière et retrouver son enfant. Ses enfants. En fermant les yeux, elle revoit leur visage. En se concentrant mieux, elle entend leurs voix, croit déceler leurs rires au travers de la nuit. Et pourtant, lorsqu'elle rouvre les yeux, elle ne voit plus rien. Le temps reprend ses droits et ses enfants, eux, restent morts. Loin d'elle, loin de ses bras. Mes bras.
J'ouvre la porte, main tremblante sur la poignée. Pourquoi tremble-t-elle ainsi ? Plus personne ne regarde la grande suédoise à cette heure, plus personne n'est là pour observer. Et moi, je soupire lorsque la porte de la serre se referme dans mon dos. Je soupire toujours alors que je m'avance, allumant une lampe torche posée à l'entrée, trouvant ma route parmi ces nombreux plants en fleurs. Je laisse retomber mon sabre sur le sol, vibrant encore de la vendetta. Je ne me sens pas mieux. Chaque année, chaque coup, je ne ressens pas moins de douleur dans ma poitrine. Tout est toujours pire. Parfois, je crois la voir, parmi la foule. Parfois, je crois les distinguer nettement, au loin, main dans la main. Il n'en est rien. Je le sais, ils sont morts. Enterrés. Un trou béant derrière leur crâne, de ma propre main. Il était hors de question qu'un autre le fasse. Je les ai mis au monde, je devais les en libérer.

J'avance dans la pénombre de la serre, éclairée d'une lune pleine. J'y vois, un peu. Et mes doigts courent sur les feuilles, je m'arrête. Ferme les yeux, quelques secondes encore. Les rouvre et m'empare de quelques feuilles. Profondément, je prend une inspiration avant de continuer mes pas sur le sol de pierre. Dans un coin, une lourde caisse que je déplace, dissimulant une seconde, bien plus petite. Plus légère, je la prend entre mes mains, la dépose sur le plan de travail où reposent de nouvelles plantations en demande d'attention. Je les repousse, ignorant leurs feuilles légèrement déshydratées. Peu m'importe, cette nuit, les plantes, plus rien n'a d'importance. Car aujourd'hui, je veux oublier, aujourd'hui, je veux revoir leur visage, encore une fois. De la poche interne de ma veste, j'extirpe une vieille photo tachée de terre. Photo de famille. Tous ces regards, ces sourires, cette joie si rare chez ces gens-là. Les Eriksson. Ils s'aiment, profondément, intensément. Et leur mère, loin d'être démonstrative, se damnerait pour eux. Cela se voit, sur la photo. Dans son regard à elle, le seul ignorant l'appareil. Les six enfants sourient face à l'objectif, elle, elle n'a d'yeux que pour eux. Tournée légèrement de côté, elle les couve. Et veille.
De mon doigt, je caresse le papier, l'approche de mon visage pour ainsi mieux distinguer les leurs, heureux. Les jumeaux, Joakim prenant son tout petit frère Ilian dans ses bras, ce dernier riant aux éclats, Joanna tenant la main d'Ava, avec tant de tendresse. Et les deux derniers, ceux au coeur de cette fratrie, bras dessous bras dessous, tentant de renverser l'autre, juste pour rire. Quelques secondes, je me revois ce jour-là. Je me revois cet après-midi, à jouer dans la piscine, courir dans le jardin. Tout était tellement parfait... Nous avions tout.

Tremblante, je dépose la photo salie sur le plan de travail. Coeur battant à tout rompre, je sens la douleur m'envahir. Je veux les voir, je veux les serrer dans mes bras. Leur dire que tout va bien, que maman les protégera. Que jamais il ne leur arrivera rien... Tout ceci est faux. Ils sont morts. Et la douleur dans ma poitrine ne s'en va pas, la colère de mon coeur augmente à mesure que les jours passent, sans vous. Mes trésors, mes amours, je suis désolée...

- Je suis désolée...

Ma voix se perd dans la nuit, un murmure suédois s'adressant aux anges. Et je chasse la nostalgie, ouvrant la petite boite. J'en sors un sachet jaunit par le temps. A l'intérieur, une poudre finement taillée. Papier à cigarette, j'enferme les plantes dedans. La flamme du briquet étincelle dans la nuit, et je fume. Je déambule entre les plantes, laisse mon regard disparaître dans le vague, la fumée dansant sur mon passage. Et je marche ainsi, longtemps. Je marche.... et je rêve. Doucement, les plantes hallucinogènes emportent ma raison, mon esprit. Et tout tourne...

Le soleil frappe son visage, de ses rayons chaud. Elle fronce les sourcils, tente d'ouvrir un oeil. Alors qu'elle relève un bras douloureux, qu'elle parvient enfin à revenir à la réalité, son regard croise un poing bandé. Et elle se souvient. De la veille, du coup contre le mur, de la chasse, de sa vengeance. Je me souviens du sang, des cris, des grognements. Je me souviens de mon fils, à mes côtés. Et de ma colère. D'une haine profonde qui est à présent quotidienne. La pierre est froide dans mon dos. Allongée sur le sol, je ne me souviens pas de l'instant où j'ai sombré, hier, tard dans la nuit. Dos douloureux, je me relève doucement, ainsi assise au beau milieu de la serre. Et j'observe ce poing. J'entreprend d'enlever le bandage, révélant un sang séché sur les jointures de mes doigts. Je soupire. Et enfin, mains plaquées sur un plan de travail, je me relève difficilement, chaque os de mon corps craquant sous l'effet de cette mauvaise nuit. Une nuit de cauchemars. La tête tourne et mon regard tombe sur une photo. Et je vois leur visage, leur regard, ils m'observent tous dans ce souvenir figé sur papier. Je reste ainsi là, alors que l'aube s'éveille, que le soleil est déjà plus haut dans le ciel. Je reste là.

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Always together. Always and forever.

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Joanna Eriksson
The pain doesn't go away

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10.02.20 13:42
Le son des claquements de ses bottes contre le sol de l’un des nombreux couloirs arpentant la base militaire se faisait entendre. La musique qu’ils provoquaient lui était caractéristique, la grâce qui lui était si naturelle se répercutent jusque dans le rythme aussi régulier que léger de ses pas. La nuit a été courte, ou plutôt particulièrement courte. Les heures ayant filées en un claquement de doigt entre l’instant ou Joakim l’avait rejoint dans sa chambre et celui où ils avaient tous les deux quittés le lit pour affronter cette nouvelle journée. Laissant derrière eux l’anniversaire de cette date fatidique ayant bouleversé le cours de la vie des Eriksson.

Les coups qu’elle avait frappé contre la porte de la chambre de sa mère étant demeurés sans réponse, Joanna n’avait pas hésité bien longtemps avant d’établir quel serait le deuxième arrêt dans sa quête. La serre. Cette pièce si particulière dont chaque coin est associé à des souvenirs de cette dernière. Comme si elles y avaient toujours vécu, comme si cette pièce venait remplacer celle qui avait autrefois orné leur résidence familiale et dans lesquels elles pouvaient entièrement perdre le fil du temps. L’amour de l’art, un point commun qui les unissaient et par lequel elles parvenaient à communiquer bien mieux qu’avec les mots.

Poussant la porte, la chaleur de la pièce venait calmer les frissons qui l'habitaient comme à chaque fois où elle ignorait le sommeil. Un réconfort qu’elle accueillait maintenant qu’elle avait dû s’arracher à celui que lui avait offert son jumeau. Comme elle l’avait deviné, la magnifique Suédoise se trouvait dans la pièce, le regard attiré par quelque chose qu’elle ne pouvait pas voir à cette distance. Doucement, elle s’était approchée. Ce n’est que lorsqu’elle a compris ce qui retenait autant son attention qu’elle s’était immobilisé et qu’instantanément, un sourire triste était venu tordre de son visage. Prenant une grande inspiration, elle tentait de ne pas laisser paraître les émotions qui l'habitent, son besoin de faire ses preuves devant sa mère étant encore plus fort que sa tristesse.

« Bonjour maman. »

S’éloignant légèrement vers la gauche, Joanna posait son dos contre le bord d’une étagère. Elle avait cherché à la trouver et pourtant, maintenant qu’elle était devant elle, la jeune femme peinait à prendre la parole. Si tu as besoin » Son regard dévia vers la main de sa mère. Aucune question ne naissait face à ces blessures, elle connaissait déjà la réponse.

« J’ai de l’antiseptique sur moi… Si tu as besoin »
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Natalia F. Eriksson
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05.04.20 12:29
La douleur reste intense dans ma poitrine, je la ressens toujours. A chaque minute, à chaque seconde. En temps normal, je fais simplement semblant de ne pas la ressentir. Alors que j'observe cette photo vieillie de poussières et du temps, j'entend le grincement de la porte de la serre. Quelqu'un vient de pénétrer dans mon monde, dans ma serre. Celle qui remplace l'ancienne, à défaut de faire mieux. Encore engourdie par les drogues et le sommeil duquel je viens de sortir, je ne me retourne pas encore, peut-être n'en ai-je pas même envie. Qui que ce soit, je n'ai ni l'envie de parler ni celle de voir le moindre visage, car ceux que j'espère, jamais je ne les reverrai. Alors à quoi bon ce matin, me mêler à ce monde qui m'a privé de ces deux êtres qui étaient toute une partie de mon univers ? Le visiteur se rapproche, j'entend ses pas contre le sol de pierre. L'agacement se glisse doucement en moi alors que mes poings se serrent sur l'établi, je sens ma gorge se serrer et si le visiteur ne retourne pas bien vite d'où il vient, je ne pourrais répondre de mes actes. La colère constante qui brûle en mon coeur grandit, je m'apprête à gronder sur cette personne insensée qui a cru bon de venir me déranger ce matin si spécial. Pourtant, lorsque cette voix s'élève dans mon dos, tout mon être se calme instantanément.
Bonjour maman.
Ma fille, ma fleur d'été, ce reflet dans mon miroir, plus jeune. Que j'ai cru longtemps épargnée par l'horreur, jusqu'à aujourd'hui... Ma précieuse Joanna. Mon regard ne quitte pas cette photo, souvenir heureux du passé. J'ai besoin de rester là-bas encore ne serait-ce qu'un instant, avant de replonger dans les drames d'aujourd'hui. Des drames que je veux contrôler, un monde que je veux gouverner. Pour la survie de mes enfants, qu'importe qui je dois éliminer pour y parvenir. Je veux la couronne... Elle me revient de droit. Mes enfants n'ont probablement jamais réellement compris mon désir de pouvoir, ma soif de force. Peu importe, tant qu'ils restent à mes côtés. Tant qu'ils continuent de survivre avec moi.

- Bonjour, Joanna.

Ce sont les seuls mots que je parviens à prononcer pour l'instant, la tristesse m'habitant encore trop profondément, ainsi que mes plantes hallucinogènes s'insinuant encore dans mes veines. Combien en ai-je pris ? Beaucoup trop, sans aucun doute... Je relève un regard vide, pour rechercher celui de ma fille que je trouve. Triste. Et mon coeur ne le supporte pas, se brise une fois de plus, bien qu'il ne soit fait plus que de cendres depuis longtemps. Je l'observe, ne quitte pas son regard, lorsque le sien tombe sur le plan de travail et je sais bien ce qu'elle regarde. Joanna prononce quelques mots de plus, j'en suis sûre à présent. Elle a vu ces blessures sur les jointures de mes poings. Sans le moindre sourire, la tête tournant encore légèrement, j'inspire profondément.

- Peut-être que j'en ai besoin... merci, mon coeur.

Sa présence me rassure, m'apaise presque. Je suis si dure avec elle... avec chacun de mes enfants. Et pourtant, ils sont toujours là. Et ils m'aiment, presque autant que je les aime. Pourquoi est-elle ici ? Je m'en doute, elle s'inquiète pour moi. Mes quatre enfants me connaissent, et ne sont pas dupes face à la colère qui m'habite, face à la violence dont je peux parfois faire preuve. Ils en ont été témoins.

- Que viens-tu faire ici ? Je peux t'aider pour quoique ce soit ?

Joanna n'est pas venue ici pour une stupide question... elle est là pour moi. Pour sa mère.

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