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 Un poco loco



Rafael Nuñez Vargas
The pain doesn't go away

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Ancien métier : Pilote de l'armée canadienne
Occupation : Participant aux excursions et patrouilleur
Statut civil : Célibataire
Lieu de naissance : Kelowna, Canada

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03.11.19 18:25
Trouver du réconfort, parfois, est difficile. Et plus encore, retrouver un peu de bonheur. Dans ce monde devenu si terrifiant, je me demande parfois comment diable allons-nous nous en sortir. Et puis je me rappelle les heureux jours où nous pouvions sourire sans la crainte de la mort, je me rappelle les soirées d'automne sur le canapé, à rire devant un vieux film. Et lorsque j'ouvre les yeux, je me souviens qu'il n'est plus rien de ce temps-là. Qu'il n'est plus rien des vieilles habitudes, des vieux rituels. Aujourd'hui, nous surveillons nos arrières, nous ne parvenons plus à faire confiance. Sauf en de rares occasions où la chance nous sourit. J'ai cru ne plus jamais revoir d'humain... J'ai cru, deux ans auparavant, ne plus retrouver cette confiance que j'ai eu, en quelqu'un. Lui donner ma vie. Et qu'il me donne la sienne en retour. J'ai cru que le monde était fini, définitivement, et j'ai failli me perdre. Perdre la conscience de mon âme, la conscience de mon humanité. Et puis je les ai rencontré. Et aujourd'hui, nous voici ici. Dans ce camp, dans cette communauté. Et la confiance revient, la loyauté est toujours vivante. Et je recommence à croire que l'on peut penser aux bêtes futilités d'autrefois. C'est pour cela que je tiens cette vieille bouteille poussiéreuse de tequila entre mes doigts.

Les futilités sont importantes, pour moi. Certains rient peut-être de ma façon de tenter de faire revivre certaines choses, mais peu m'importe. Qu'ils rient, j'en ai l'habitude. C'est l'histoire de toute une vie. Et aujourd'hui, je vais fêter l'une de ces futilités. Je vais trouver l'une de mes amies, nous allons trinquer, boire jusqu'à la fin de la nuit, et rire. Parce que cela fait depuis longtemps que je n'ai pas ri, depuis longtemps que nous ne prenons plus le temps. Je veux prendre le temps. Aujourd'hui, je veux prendre tout le temps nécessaire. Et donner le sourire à cette femme que j'ai abordé, il y a plusieurs mois. Je tiens à elle. Pourquoi si vite ? Peut-être par ce point commun qui nous réunit. Nous parlons la même langue. Pourtant, je sens que ce n'est pas que cela. Nous nous sommes rencontrés par la force des choses, j'ai poussé le destin. Elle était là, assise sur un banc, seule. Cela faisait plusieurs fois que je la voyais, toujours en retrait. Doucement, j'ai commencé à ressentir une affection pour elle, mais plus encore, un besoin de venir à elle. Je n'ai pu résister à ma nature. A cette bienveillance qui me pousse à aller vers ceux qui sont seuls.

Aujourd'hui, nous allons fêter son anniversaire. Cela peut paraître légèrement futile en comparaison de l'apocalypse qui nous entoure. Peu m'importe. Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Gillian. Un jour, je lui avais posé la question, lors d'une simple conversation, sans la moindre idée en tête. Elle m'a donné sa date de naissance, naturellement, sans se douter qu'un jour une idée me vienne. Et voilà qu'aujourd'hui, j'ai cette bouteille de tequila entre mes mains, découverte en excursion à l'extérieur, deux jours plus tôt. Je n'ai rien prémédité, je n'attendais pas de trouver quoi que ce soit pour fêter ce jour. Mais je l'ai dénichée, dans une supérette, entre une lignée de bouteilles de vodka et une autre de martini blanc. L'occasion était trop belle, le jour trop proche pour ne pas m'en emparé. Dès l'instant où je l'ai vue, là, sur l'étagère, j'ai su avec qui je voulais la partager. Me voilà donc en route.
L'été apporte une chaleur agréable, une atmosphère qui réveille mes racines familiales. Un simple t-shirt suffit malgré la nuit qui tombe. Je sors de la maison de mon cousin, prend la direction de notre rendez-vous. Le banc où je l'ai rencontrée. Quelques minutes suffisent pour que je parvienne enfin au lieu donné. Et je la vois, dos à moi. Elle m'attend. Je ne lui ai pas dit pour quelles raisons je voulais la voir, je lui ai simplement demandé de venir m'y retrouver à la tombée de la nuit. Je refusais catégoriquement de lui donner la moindre information, un sourire machiavélique sur mes lèvres. Je m'approche, bouteille à la main.

- Hola chica !

L'espagnol est notre moyen de communication. Lorsque j'ai compris, deux mois plus tôt, qu'elle le parlait, j'ai été incapable de me stopper. Retrouver la langue de mon père était bien trop bon pour que je m'empêche de l'utiliser. Alors, nous parlons toujours espagnol, tous les deux. Gillian et moi.

- Déjà là ? J'espère que t'attend pas depuis trop longtemps !

Je dois me concentrer un peu pour parler, je prend toujours un peu plus de temps que les autres, entre chaque phrase. C'est un petit prix à payer pour ne plus bégayer.

- Il parait que t'es un peu plus vieille aujourd'hui ?

Je prend une pause. Et reprend, souriant derrière ma barbe.

- J'ai apporté de quoi fêter ça, je voulais pas te laisser t'en sortir comme ça. Alors... joyeux anniversaire !

Le sourire que je lui offre s'élargit sur mon visage alors que je secoue la bouteille de tequila sous son nez.

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Gillian Jenkins
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04.11.19 10:57
Un rayon de soleil tomba sur ses paupières et Gillian roula sur le côté pour enfouir son visage dans l'oreiller. Les yeux encore fermés sur les rêves du matin, le piaillement guilleret des oiseaux lui parvint peu à peu depuis l'extérieur, en même temps qu'une douce brise de vent, et elle laissa alors échapper un grognement chargé de sommeil. Une belle journée s'annonçait de nouveau à Highgate. L'été était là : radieux, chaud, généreux. Malgré les corps en putréfaction qui continuaient de errer à travers les rues et les forêts de Kelowna, le retour des beaux jours faisait planer un soupçon d'insouciance dans les cœurs de tout un chacun. Un petit rien de bonheur, là, dans les sourires de contentement fleurissant inopinément sur les visages ou dans la façon avec laquelle les gens se saluaient le matin. Gillian, elle, pourtant, restait hermétique à cet enthousiasme latent. Elle ne parvenait pas à s'en saisir, comme si elle avait essayé de retenir un maigre filet d'eau entre ses doigts. Il lui échappait inexorablement. Le sourire cordial qu'elle forçait sur ses lèvres jour après jour n'atteignait pas ses yeux et s'évanouissait lentement à l'instant où les regards se détournaient d'elle. Elle ne se sentait pas déprimée pourtant. Pour être honnête, elle ne sentait pas grand-chose en vérité.

À cette pensée, un soupire las lui échappa et l'ancienne analyste des Services Secrets rejeta la couette qui la recouvrait sur le côté. Assise sur le bord de son lit, elle prit un instant pour dénouer les muscles de son cou avant de prendre le chemin de la salle-de-bain, puis un autre une fois là-bas pour observer son reflet dans le miroir. Ses longs cheveux emmêlés ondulant sur ses épaules. La légère ride du lion entre ses sourcils. Les cernes sous ses yeux. Elle essaya alors de puiser au fond d'elle une réaction, quelque-chose, n'importe quoi, mais son être tout entier semblait plongé dans un silence profond qu'elle ne parvenait pas à interpréter. Elle se sentait... vide. Anesthésiée. Sans savoir si cette sensation devait lui faire éprouver une certaine forme de sérénité ou, au contraire, si elle devait l'inquiéter. Un éclat de rire lui parvint depuis le rez-de-chaussée et Gillian ferma les yeux, imaginant sans peine Filiz accoudée sur la table de la cuisine, plaisantant avec son père tandis qu'ils terminaient leur petit-déjeuner. Tôt ou tard elle devrait se résoudre à les rejoindre. Rien ne l'y obligeait en soit, elle aurait tout aussi bien pu retourner se rouler en boule dans son lit à attendre que les heures passent, mais elle restait un être sociable au fond, attaché au contact de ses pairs et au concept de la représentation sociale. Qu'un seul tienne et les autres suivront, qu'un seul tienne et les autres suivront... Cette phrase tournait en boucle dans son esprit depuis quelques temps. C'était le mantra qui la faisait se lever chaque matin et lui permettait d'affronter le reste de la journée comme si de rien n'était. Qu'un seul tienne et les autres suivront. Gillian rouvrit alors les yeux et accrocha un sourire aux bords de ses lèvres. Là. Factice mais convainquant. La comédie pouvait reprendre un jour de plus.

Elle ne se rappelait plus très bien comment elle avait fini par échouer sur ce banc, à souffler la fumée d'une cigarette au-dessus de sa tête. Une fois de plus, Gillian avait traversé la journée avec le professionnalisme d'un automate bien huilé. Elle se souvenait avoir trouvé une note de Rafael plus tôt dans la journée, lui donnant rendez-vous où ils s'étaient rencontrés pour la première fois, certes, mais de là à pouvoir retracer précisément l'enchaînement des événements qui avait guidé ses pas jusqu'ici... Non. C'était le problème quand on enclenchait le mode pilote automatique : on avait du mal à mettre de l'ordre dans ses souvenirs par la suite. Elle n'aurait même pas su dire depuis combien de temps elle regardait dans le vide, cela aurait pu faire une heure comme deux minutes, quand une voix l'arracha finalement à sa rêverie. Pour la première fois depuis qu'elle avait ouvert les yeux ce matin, un véritable sourire illumina alors son visage à la vue du mexicain s'avançant vers elle. Sans même y penser, Gillian bondit sur ses pieds et jeta son mégot avant d'aller à sa rencontre et de le serrer dans ses bras.

_ Hola cariño !! Qué tal ? Mírate, que guapo estás, siffla-t-elle en se reculant finalement et en faisant mine de le reluquer de la tête aux pieds.

Jamais depuis le début de l'Infection Gillian ne s'était si vite prise d'affection pour quelqu'un. Dans ce monde où survivre était une préoccupation quotidienne, accorder sa confiance ne pouvait pas se faire à la légère. L'instinct de survie prévalait sur le reste désormais, et chaque nouvelle rencontre était synonyme d'incertitudes et de méfiance. Pourtant, avec Rafael, les choses avaient été différentes. Il avait suffit d'une conversation pour que sa bienveillance désintéressée et sa bonhomie naturelle n'ouvrent une brèche dans la carapace que Gillian avait prit soin d'ériger autour d'elle. Il était attentionné, drôle, sincère, et son sourire était comme un petit rayon de soleil. Sa simple présence suffisait à faire paraître les choses un peu moins sombres qu'elles ne l'étaient et à apporter une note de réconfort à son entourage. Sans même qu'elle ne s'en rende compte, Rafael était ainsi devenu une bouffée d'air frais pour elle. Le seul en compagnie duquel elle parvenait vraiment à se raccrocher à la réalité présente.

_ Il paraît que t'es un peu plus vieille aujourd'hui ? J'ai apporté de quoi fêter ça, je voulais pas te laisser t'en sortir comme ça. Alors... joyeux anniversaire !

Elle avait d'abord haussé un sourcil, incertaine de comprendre où il venait en venir, avant que son esprit ne fasse un rapide calcul mental et qu'elle réalise soudain la date du jour. Le 8 juillet. Son anniversaire. L'espace d'un instant, son regard papillonna alors bêtement entre le sourire machiavélique du mexicain et la bouteille de tequila qu'il lui agitait sous le nez. C'était comme si toutes les connexions nerveuses de son cerveau avaient disjoncté d'un seul coup. Il s'était souvenu. Il s'était souvenu et lui avait même apporté un cadeau. Elle avait du mal à réaliser que la scène en train de se dérouler sous ses yeux n'était pas le fruit de son imagination. Elle lui paraissait d'une banalité si improbable. L'expression choquée de son visage se dérida pourtant peu à peu et Gillian laissa soudain échapper un éclat de rire tandis qu'elle jetait ses bras autour de son cou et le serrait à nouveau contre elle. Fort cette fois-ci, à la limite de l'étouffer.

_ Merci, souffla-t-elle dans le creux de son oreille au bout d'une minute, d'une voix à peine plus assurée que le tremblement d'une feuille. Elle ne s'était pas rendue compte avant cet instant précis d'à quel point elle avait eu besoin de cela. De se sentir normale. Que quelqu'un lui dise quelque-chose d'aussi anodin que "bon anniversaire". Quand elle se détacha de lui pourtant, Gillian balaya rapidement toute trace de sensiblerie de son regard et embraya sur le ton de la plaisanterie. Du coup tu t'es dit que tu allais me rendre ivre pour l'occasion ? Je te préviens camarade, du sang basque coule dans ces veines, tu risques de rouler sous le banc avant que je me mette à chanter "La Ventanita" de Garibaldi.

Elle lui décocha un sourire pétillant de malice et fit glisser sa main le long de son bras jusqu'à lui chiper sa bouteille, dont elle entreprit d'étudier l'étiquette.

_ Jose Cuervo, 100% extrait d'agave. Dis donc. Pas mal pour une tequila rescapée de l'apocalypse. Où est-ce que t'as trouvé ça ?
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Rafael Nuñez Vargas
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07.11.19 4:36
Face à l'expression de Gillian, mon sourire s'élargit. Bien sûr que j'ai conscience de la futilité de mon attention, pourtant peu m'importe. A quoi bon passer le restant de sa vie à se morfondre ou à craindre la mort ? Elle viendra, tôt ou tard, autant s'amuser encore un peu. Alors, selon moi, penser encore à ce genre de petits détails n'est absolument pas idiot, bien au contraire. S'il faut en passer par là pour retrouver le sourire sur le visage de mon amie, je le ferais. Parce que cette femme, elle me donne un goût de nostalgie. Pas seulement à cause de cette langue que nous partageons, de ces cultures cousines qui sont nôtres. Gillian me fait du bien. Son regard me rappelle le bonheur du monde passé, je ne saurais dire pourquoi. Alors, je cherche à la faire sourire, peut-être un peu égoïstement. Son sourire est merveilleux.
Je le vois, son regard qui papillonne d'étonnement et je m'en amuse, plus encore lorsqu'elle reste muette face à moi, qui brandit toujours cette bouteille de tequila devant ses yeux, amusé. Et soudain, tout semble reprendre dans l'esprit de mon amie lorsqu'un rire s'échappe de sa gorge, bruyant, tout en se jetant à mon cou. Je l'attrape, la serre contre moi, l'emporte même de quelques centimètres au-dessus du sol. Son rire m'enivre, le mien la rejoint. Et, bêtes, nous rions au milieu de cette rue presque déserte, se moquant bien des deux ou trois regards qui se posent sur nous, une image détonant dans ce monde catastrophique. Qu'est-ce qu'on y peut après tout, c'est dans notre sang !
Dans mon oreille, elle souffle un merci. Et j'en souris, mon coeur se réchauffant plus encore. Elle se détache de moi, je la relâche et j'aperçois la plaisanterie dans son regard, cet éclat qui annonce la mesquinerie à suivre.

- Aussi ivre que possible.

Et je ris plus fort encore.

- Eh, ma belle, je suis mexicain ! On verra bien qui roulera sous le banc avant l'autre en chantant "La Ventanita" !

La joie est devenue si rare, mais diable que ça fait du bien à l'âme. Il est si facile d'oublier de rire, il est si facile d'oublier de vivre, dans ce terrible monde. Les choses simples de la vie sont mises de côté alors que pourtant, c'est cela qui nous garde, c'est cela qui nous rend humains. Parce qu'aujourd'hui, il est devenu trop aisé de tuer... lorsqu'avant cet acte était tout bonnement impensable. Aujourd'hui, même l'enfant peut tuer. Et cela me fait froid dans le dos. Je me raccroche alors au sourire de Gillian, profite de cet instant présent qui nous permet d'oublier l'extérieur des remparts. Elle glisse sa main le long de mon bras, je ne la quitte pas du regard, et lorsqu'elle s'empare de la bouteille, je soupire.

- Bien sûr que c'est pas mal, je n'allais pas te prendre n'importe quoi, non ?

Je m'approche d'elle, ne la quittant toujours pas du regard, et lorsque nos visages sont proches, je dépose un baiser sur sa joue et me réapproprie la bouteille d'une main sûre avant de me reculer, faisant plusieurs pas en arrière, sourire mesquin aux lèvres.

- C'est un secret, où je l'ai trouvé. Si j'le dis à tout le monde, j'en aurais plus pour ce genre d'occasion.

Je lui offre un clin d'oeil avant de revenir à elle, de m'emparer de sa main pour la tirer derrière moi.

- Aller, viens, on va s'trouver un coin plus sympa pour trinquer à ton vieil âge !

Et sans perdre une minute, je prend la route. Honnêtement, j'ignore où aller, je n'y ai pas sérieusement réfléchi. Je me suis seulement dit qu'à la nuit tombée, dans Highgate, nous pouvions bien trouver un coin tranquille sans le moindre passage humain. Après tout, eh, c'est l'apocalypse, les gens trainent beaucoup moins dans les rues, même si cet endroit est sécurisé. Et des gens, y en a beaucoup moins, de vivants. Je tire mon amie derrière moi, sa main toujours dans la mienne. Et soudain, je vois ce coin, loin des habitations, une sorte de petit terrain d'herbe avec des jeux d'enfants. Je lance un regard derrière moi et croise le sien. Je souris. Lui lâche la main et me met à courir vers les jeux. Comme un enfant.

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07.11.19 18:26
Gillian leva les yeux au ciel et laissa échapper un petit ronflement ricaneur en entendant Rafael insinuer que ses origines mexicaines puissent lui donner l'avantage au moment de confronter leur résistance à l'alcool. Elle voulait bien reconnaître que les mexicains n'avaient pas une trop mauvaise descente, mais ils ne passaient pas non plus leurs étés à enchaîner les fêtes de village. Ils faisaient de bons sprinters, oui, mais manquaient d'endurance. Gillian tapota alors gentiment le bras de son compagnon avant de s'intéresser à la bouteille qu'elle tenait entre les mains, l'air de dire "Mais bien sûr mon grand". Elle s'écria en réprobations en revanche lorsque, profitant d'un chaste baiser contre sa joue, il lui subtilisa à son tour le Saint-Graal de la journée.

_ Hé ! Je croyais que c'était mon cadeau ! Rends-moi ça !

L'espace d'une seconde, elle eut vaguement conscience de la puérilité de sa réaction tandis qu'elle se dressait sur la pointe des pieds pour tenter de récupérer son dû, mais cela lui était parfaitement égal. Elle se fichait comme d'une guigne de passer pour une adolescente de quinze ans. Pour la première fois depuis le début de cette foutue journée, Gillian se sentait bien. Heureuse, aurait-elle même pu affirmer si elle avait pris le temps d'identifier la petite flamme nichée au creux de son ventre. Son combat était perdu d'avance cela dit. Rafael devait bien mesurer vingt bons centimètres de plus qu'elle et n'eut qu'à tendre le bras en arrière pour la garder à distance. Gillian finit alors par abandonner, non sans afficher une moue boudeuse qui se transforma vite en une expression scandalisée.

_ Mon vieil âge ! Serrant le poing, elle lui décocha un coup dans le creux de l'épaule. Pas assez fort pour lui faire mal, mais assez pour qu'il le sente passer malgré tout. Ta mère t'as jamais appris à respecter tes aînés ou quoi ? Sale gosse va.

Le sourire amusé qui continuait à courber ses lèvres laissait peu de doute pourtant. Elle n'avait absolument pas pris ombrage de sa boutade et le laissa même volontiers prendre sa main dans la sienne pour l'entraîner à travers les rues de Highgate à la recherche d'un coin isolé. Un silence paisible s'installa alors entre eux le temps de leur petite ballade. Un silence paisible durant lequel Gillian en profita pour humer l'air de la nuit tombante et écouter le chant des grillons dans le lointain. Si elle ne redoutait pas autant la pente glissante sur laquelle cela risquait de l'amener, elle en aurait presque fermé les yeux afin de s'imaginer ailleurs, loin de Kelowna et de ses vicissitudes, un soir d'été comme un autre, à une époque où ses préoccupations évoluaient à des années-lumière de celles qui la tenaient aujourd'hui éveillée jusqu'au milieu de la nuit. Il lui suffit d'effleurer cette pensée pourtant pour qu'un frisson glacé ne remonte le long de sa colonne vertébrale et qu'elle se recroqueville soudain sur elle-même. Heureusement, c'est également cet instant que choisit Rafael pour se tourner à nouveau vers elle et l'inonder d'un sourire où se lisait toute sa joie de vivre. Les ombres qui avaient commencé à s'enrouler autour de Gillian furent alors comme balayées par le vent tandis qu'un rire incrédule lui échappait en voyant ce grand dadais de plus de trente ans s'élancer à la conquête d'un tourniquet comme s'il venait de retomber en enfance.

Elle ne se fit pas prier pour le rejoindre. Ensembles, ils se coururent après comme deux imbéciles avant de se faire tournoyer chacun leur tour jusqu'à en avoir la nausée. C'était idiot, absurde et certainement passablement déplacé aux yeux des deux ou trois personnes qui passèrent dans les parages à ce moment, mais cela leur était bien égal. Quand ils se laissèrent finalement tomber côte à côte sur ce même tourniquet, le souffle court, ils se sentaient agréablement vidés. Les répliques de leurs ricanements perdurèrent encore quelques instants, puis eux aussi moururent peu à peu tandis que leurs regards se fixaient en direction du ciel et des milliards d'étoiles brillant au-dessus de leurs têtes.

_ Quarante ans... Cette fois-ci, c'est elle qui finit par briser le silence. Tu sais quoi ? Ça me fait ni chaud ni froid. Il y a quelques années je stressais à l'idée de passer le cap de la quarantaine. Je n'ai jamais eu de problème avec mon âge mais, en tant que femme, difficile de résister aux imprécations d'une société qui faisait l'apologie de la jeunesse éternelle. N'oublie pas de te mettre de l'anti-cernes ni de la crème hydratante. Surveille ton poids. Fais du sport. Habille-toi classe, sexy, mais pas chienne. Souris. Sois efficace au travail mais pas trop ambitieuse surtout. Trouve-toi un mari et fais-lui des gosses. Et j'en passe ! Bon sang, je te jure que même quand on avait l'impression de s'être émancipée de ces conneries, une part de toi pouvait pas s'empêcher d'y accorder un soupçon d'importance. Elle se tourna vers lui et sourit doucement. Ce que je peux en avoir à foutre de tout ça maintenant !

Son regard glissa vers la bouteille de tequila que le mexicain avait posé près de lui et elle tendit la main dans sa direction.

_ On peut l'attaquer maintenant cette bouteille ou t'es en train d'essayer de me la faire oublier pour ne pas avoir à souffrir la cuisante défaite que je m'apprête à te mettre ? Je crois que ma tête a arrêté de tourner. Il est temps de remédier à ça en remplaçant le tourniquet par quelque-chose de plus sérieux.
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Rafael Nuñez Vargas
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19.11.19 10:51
Coeur battant à tout rompre, je me rue sur un tourniquet, saute à pieds joints dessus. Il tourne, tourne et tourne, ma tête aussi, alors qu'aucun alcool ne coule dans mes veines. Je ris, comme un imbécile, sur ce jeu d'enfant et me rend compte de l'absurdité de l'image. Pourtant, je m'en fous. Parce qu'aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon amie et qu'il lui faut sourire, au moins une fois l'année. Les autres jours, nous pouvons nous laisser aller à une certaine mélancolie, ou de la nostalgie. Selon ce que l'on préfère. Mais pas aujourd'hui. Je veux la faire sourire, rire, danser même si elle est consentante. Et elle le sera, après les nombreuses gorgées que je vais lui faire boire. Et j'entend son rire au travers de mon univers tournoyant qui me parvient, un cadeau bien plus agréable que n'importe quel objet physique. Je la vois me rejoindre au travers de ces images saccadées que m'offre le tourniquet. J'en saute, la laisse y grimper, la fait tournoyer à son tour, ses cheveux dans le vent artificiel du jeu d'enfant. La tête commence à tourner alors que les minutes s'écoulent durant notre jeu absurde. Nous nous laissons finalement tomber côte à côte sur ce tourniquet, essoufflés, hilares. Allongés sur ce jeu d'enfant, nous rions longtemps, avant que tout ceci s'efface. Et Gillian, elle brise le silence qui s'est installé entre nous alors que nos regards fixent ce ciel nocturne brillant d'étoiles. Je ne me souvenais pas qu'elles étaient si nettes, avant. Je les compte, distrait, mais ne parvient pas à toutes les retrouver. J'écoute Gillian, attentivement, juste à côté de moi. Et lorsqu'elle tourne sa tête vers moi, je le vois du coin de l'oeil et tourne ma tête à mon tour pour planter mes yeux dans les siens. Elle sourit, ce qui étire mes lèvres à leur tour.

- Qu'est-ce qu'on en a à foutre, oui !

La preuve ce soir. Nous avons couru dans ces jeux d'enfants, insouciants, nous nous sommes laissés aller à l'enfance et à l'innocence l'espace d'un instant. Aujourd'hui, la beauté ne compte plus. Aujourd'hui, les valeurs de l'autre monde ne font plus grande valeur. Parce que des choses importent bien plus que les rides, que les vêtements, que le maquillage.

- De toute façon, c'est dans la tête, non, la vieillesse ?

Je la vois, tendre sa main vers la bouteille à côté de moi. Je souris et la laisse s'en emparer lorsqu'elle propose de l'attaquer enfin. Je me relève et m'assied au bord du tourniquet, gardant mon regard fixé sur mon amie. Je prend un air faussement déçu. Et dans notre espagnol, je la provoque.

- Une défaite ? Ma pauvre si quelqu'un doit perdre ici, ce ne sera pas moi !

Je ris et lui vole la bouteille, l'ouvre d'un geste assuré avant d'en prendre une longue gorgée. L'alcool glisse dans ma gorge, j'en avais presque oublié le goût. Je me souviens des soirées un peu trop arrosées d'avant, je me souviens de la tête qui tourne et des lendemains difficiles. Je me souviens des cadavres des bouteilles au réveil des soirées étudiantes, je me souviens des conneries qui suivaient bien souvent ces cuites bien arrosées. Je n'ai plus bu depuis plus de deux ans. Depuis le début de l'apocalypse. Et cette première gorgée me rappelle ces souvenirs, comme s'ils faisaient partie d'un autre monde. Je rouvre les yeux, tend la bouteille à Gillian.

- A ta santé ! A tes quarante ans !

Sincèrement, je suis curieux de voir mon amie avec un peu d'alcool dans le sang. Je suis curieux de la voir se dérider, de la voir rire et de se relâcher. Nous ne prenons plus le temps, pour rien. Alors, je l'observe boire sa première gorgée en souriant.

- Ola, bois pas tout, eh ! Laisses-en au mexicain assoiffé, cruelle que tu es !

Une nouvelle gorgée, je lui rend la bouteille et m'allonge à nouveau sur le tourniquet pour observer les étoiles. Je n'ai jamais pris le temps de le faire, avant. Pourquoi ?

- Qu'est-ce qui t'manque d'avant ? Moi, je tuerai pour des tamales.

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Gillian Jenkins
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20.11.19 6:28
Gillian laissa échapper une nouvelle exclamation de protestation quand Rafael lui chipa sa bouteille pour la deuxième fois de la soirée. Cet homme n'avait décidément aucune décence. Non content de l'avoir fait poireauter jusque là pour profiter de son cadeau d'anniversaire, voilà qu'il lui en niait la primeur en s'enfilant la première gorgée ! Un adorable petit gloussement vint pourtant lui chatouiller la gorge en voyant l'expression de félicité se dessiner sur son visage. En voyant comment il ferma les yeux pour mieux profiter de l'instant. De la sensation de l'alcool glissant sur sa langue. Comment pouvait-elle en vouloir à une bouille pareille ? Quand il revint enfin à lui, Gillian ne se gêna pas en revanche pour empoigner fermement la bouteille qu'il lui tendait.

_ Merci de me laisser enfin en profiter ! J'ai cru que cette heure ne viendrait jamais !

Et sans plus de cérémonie, elle porta le goulot à ses lèvres pour engloutir deux longues lampées d'affilée. Une explosion de chaleur se propagea alors immédiatement dans sa poitrine. L'alcool était comme une brûlure, à la fois douloureuse et délicieuse et, putain de bordel de merde, ce que cela pouvait faire du bien ! Tous les muscles de son visage se crispèrent tandis qu'elle rentrait la tête dans les épaules pour accuser le coup, pourtant, le "BUA" sonore qui lui échappa à l'instant où elle retrouva l'usage de la parole ne laissait aucun doute quant à son caractère libérateur. Il était devenu si rare de mettre la main sur une bouteille que l'idée de boire un verre pour relâcher la pression ne lui venait même plus à l'esprit mais, bon sang, c'était exactement de ça dont elle avait eu besoin tout ce temps là. Gillian sentit alors une vague de reconnaissance pour son compagnon, sans bien savoir comment l'exprimer. Elle avait beau avoir beaucoup d'affection pour Rafael, ils se connaissaient depuis peu en vérité et elle n'avait jamais été la plus douée quand il s'agissait d'exprimer ce genre de sentiments à voix haute.

_ Ola, bois pas tout, eh ! Laisses-en au mexicain assoiffé, cruelle que tu es !

_ Parce que tu vas te plaindre en plus ? C'est l’hôpital qui se fout de la charité ! fit-elle mine de s'indigner avant de glousser à nouveau, profitant de la diversion pour chasser le reste de son esprit. On a quarante ans qu'une fois dans sa vie. En plus, c'est la fin du monde. Qui sait. Si une horde de rôdeurs parvient à franchir les murs cette nuit, au moins je mourrais saoule et ça m'évitera une gueule-de-bois demain matin. Carpe diem, mon cher, carpe diem.

Ce disant, elle leva brièvement la bouteille au bout de son bras avant de la rendre à son compagnon, comme pour trinquer avec les étoiles. Elle laissa ensuite Rafael s'allonger sur le tourniquet tandis qu'elle-même ajustait sa position, croisant ses jambes sous elle et tendant une main en arrière pour pouvoir incliner légèrement son regard vers les étoiles elle aussi. Le spectacle était sublime. Le ciel immense et brillant de mille feux. Pourtant, sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, Gillian n'arrivait pas à se concentrer dessus. Ses yeux ne cessaient de tomber et retomber en direction des balançoires et du toboggan qui se dressaient un peu plus loin devant elle et, à chaque fois, cette simple vue suffisait à susciter une vive douleur dans sa poitrine, comme si on y avait planté une aiguille. À chaque fois, elle portait alors la bouteille de tequila à ses lèvres et avalait une gorgée avant de se forcer à relever la tête.

_ Qu'est-ce qui t'manque d'avant ? Moi, je tuerai pour des tamales.

L'ancienne analyste des Services Secrets fronça le nez et secoua doucement la tête de droite à gauche.

_ Je préfère penser à ce qui me manque pas. Les pizzas aux anchois par exemple. Ou l'odeur du pop-corn au beurre. Elle mima un haut-le-cœur. Les gens qui farfouillent dans leur cornet de pop-corn pendant tout le film quant tu vas au cinéma ! Recevoir ma feuille d'impôts, le son du réveil-matin, l'heure de pointe dans le métro, les inepties de Donald Trump et des politiciens en règle générale, me faire reluquer le décolleté par un gros lourd qui se croit drôle au comptoir d'un bar, la télé-réalité, les postillons de mon supérieur, les conversations interminables avec la voisine du 9ème quand t'as le malheur de la croiser au niveau des boîte aux lettres, se retrouver bloquer pendant des heures dans le terminal d'un aéroport parce que ta correspondance a été annulée au dernier moment, etc. etc. Je pourrais continuer pendant des heures je crois. Quand tu vois les choses sous cet angle... L'apocalypse aurait presque du bon, dans l'fond...

Elle ne voulait pas penser au reste. À ce qui lui manquait vraiment. Elle savait que Rafael avait posé la question innocemment, sur le ton de la rigolade presque, mais il avait suffit qu'il prononce ces mots pour qu'elle se retrouve assaillit par une foule de souvenirs autrement moins inoffensifs que de simples tamales. Et cela était trop difficile. Cela faisait trop mal de se rappeler le chocolat chaud que lui préparait sa mère avant qu'elles s'enroulent dans le même plaid pour regarder un film, lovées l'une contre l'autre dans le canapé de son appartement. Cela faisait trop mal de revoir les visages de ses amis riant et dansant et trinquant lors des fêtes de Lekeitio. La chaleur des bras d'Aritz quand il la serrait contre lui ou même les picotements d'excitation qu'elle sentait au bout de ses doigts quand elle devait faire face à une situation particulièrement délicate au travail. Plutôt que de faire face à ces instants perdus à jamais, Gillian avait alors préféré faire une des choses qu'elle faisait le mieux : se retrancher derrière l'humour et une fausse indolence. Avant de changer de sujet.

_ Cette explosion d'il y a quelques jours... C'était quoi, à ton avis ? Ça venait du centre-ville, non ? Les gens jasent pas à mal à ce sujet. Ils sont inquiets.

Et elle, l'était-elle ? Sûrement un peu, oui, elle ne savait pas trop. Son regard glissa à nouveau en direction des balançoires et elle fronça les sourcils, reprenant aussitôt une gorgée de tequila. Elle buvait trop, et trop vite, mais elle s'en fichait. Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait soudain envie de hurler.
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Rafael Nuñez Vargas
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13.12.19 6:28
Penser à ce qui ne nous manque pas. Cette remarque provoque un écho différent en moi. De nature optimiste, je n'ai jamais vu les choses de cette manière. Et même lorsque je pense aux tamales que préparait ma mère, ce n'est qu'avec une douce nostalgie et un sourire aux coins des lèvres. Je n'en suis pas réellement triste. Ce n'est qu'un souvenir parmi tant d'autres, non un motif à m'enfouir dans une tristesse imprégnée de larmes. Pourtant, la façon de voir de Gillian me plait aussi, c'est une bonne façon de prendre les choses du bon côté. Si toutefois il existe un bon côté à une apocalypse pareille...
Gillian fait naître un sourire sur mon visage et je l'écoute attentivement, lui jetant quelques regards de temps à autre. L'odeur du pop-corn me manque tout de même... surtout le pop-corn salé, je n'ai jamais été un fervent admirateur des pop-corn sucrés. Ni du sucré en général. Et elle me fait rire, Gillian. Elle mime parfaitement le dégoût et moi, je ris.

- Effectivement, vu sous cet angle, courir dans des jeux d'enfants dans une sorte de camp de survivants avec des rôdeurs partout tout autour de nous, ça parait une promenade de santé.

Je la regarde, un sourire mesquin en offrande. Je préférerai mille fois devoir me battre contre un abruti farfouillant dans son paquet de pop-corn dans une salle de cinéma, avec mes frères, peut-être, ma mère, mon père, que de devoir survivre une année de plus seul, dans la forêt, avec pour seul conversation, les couinements de joie de Cruz. Mille fois... Je préférerais mille fois payer une nouvelle fiche d'impôt que de m'écraser à nouveau dans mon avion, le siège éjectable coincé. La certitude de mourir, le courage de chercher un endroit déserté de vie pour s'écraser et ne toucher personne. Je préférerais retrouver tout ça, plutôt que d'ignorer qui de mes proches sont en vie. Et ceux qui sont morts... Pourtant, je garde ce sourire qui est le miens et je la regarde, mon amie, un air taquin sur le visage.
Je sens qu'elle est mal à l'aise, elle change de sujet et utilise l'humour. Quand au début de notre relation je ne la comprenais pas encore vraiment, aujourd'hui, je sens petit à petit que je déchiffre son fonctionnement. L'humour est plus aisée que de se souvenir, je peux le comprendre. Et je ne forcerai personne à s'y replonger, parce qu'il me serait tout aussi difficile de le faire à leur place. Me souvenir. Alors, je la laisse se réfugier dans l'humour et joue le jeu. Qu'un temps seulement, parce qu'elle parle soudain de l'explosion et mon visage se referme. Le Conseil n'a pas voulu inquiéter les membres de Highgate, ils n'ont pas encore fait d'annonces officielles pour mettre les choses à plat à ce propos. Mais moi, je sais ce qu'il s'est passé. Et je les ai vus... ces nouveaux morts.

- C'est une usine.

Gillian l'ignore, je ne lui en ai pas fait part, j'y suis allé. Dès l'explosion, je suis sortie de la maison, Cruz sur mes talons. Nous nous sommes précipités dehors, nous avons croisé la route de Sierra et de plusieurs autres. Sans attendre, nous avons pris la décision d'aller y jeter un coup d'oeil, pour ainsi s'assurer que le groupe était en sécurité. C'était une erreur...

- Je crois que le Conseil n'a pas encore prévu de rendre ça public, mais avec quelques gens nous sommes allés faire un état des lieux et de cette explosion. C'était une usine au centre-ville. S'il s'agissait d'un groupe, il ne reste plus rien d'eux. Mais, Gill...

J'hésite, ne sais pas s'il est raisonnable d'en parler. Et puis merde, les membres d'Highgate ont le droit de savoir. Si l'on me pose la question, je ne nierai rien. Il est de mon devoir d'être honnête et de répondre sincèrement aux questions de ceux qui s'inquiètent. Et Gillian, je le vois bien, s'inquiète. Je la regarde dans les yeux, ne cligne pas des miens une seconde.

- Ce que nous avons découvert... le Conseil attend, mais tu as le droit de savoir. Nous ne sommes pas tous rentrés, l'autre jour. Les morts que nous avons eu à déplorer, ce n'était pas dû à une simple sortie de routine, comme ils vous l'ont dit. Nous étions là-bas, au plus près de l'explosion.

Je prend une légère pause, reprend vite la parole.

- Nous nous sommes confrontés à un nouveau genre de virulents... plus rapides, plus féroces, plus dangereux. La nuit leur appartient, Gillian. Ils ont décimé notre groupe. Seuls certains sont revenus, Sierra était avec moi... Nous n'étions pas préparés à ça.

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30.12.19 18:43
Une usine. C'était donc ça, ce grand boum, cette boule de feu venue brusquement déchirer le silence de la nuit il y a quelques jours à peine. En y réfléchissant deux minutes, cela avait du sens. Sans personne pour les entretenir, il était normal que les infrastructures se dégradent peu à peu, logique qu'une tôle rouille, se gondole, qu'un boulon saute, ces petits riens finissant par entraîner des réactions en chaîne dévastatrices. Gillian ne put alors s'empêcher de se demander à combien de kilomètres de là se trouvait la centrale nucléaire la plus proche... Avant de chasser cette idée de son esprit. La pensée insidieuse qui venait d'envoyer un frisson le long de sa colonne vertébrale n'avait rien à voir avec ça et elle le savait pertinemment même si elle s'obstinait à nier l'évidence. L'ancienne analyste des Services Secrets ferma alors les yeux et inspira profondément, cherchant à se raccrocher à la réalité présente à travers la voix de Rafael à ses côtés. Elle ne prêtait qu'une oreille distraite à son récit, encore persuadée qu'il s'agissait d'une banale explosion, jusqu'à ce que quelque-chose dans le ton de sa voix finisse par réussir à la ramener vers lui, et quand elle croisa enfin son regard elle comprit. Il avait peur. Gillian sentit alors ses sourcils se froncer petit à petit tandis qu'il lui avouait le fin mot de l'histoire. Le silence du Conseil. Pire, ses mensonges. Le groupe d'éclaireurs parti en reconnaissance et ses deux uniques rescapés. Ce nouveau genre de virulents. Plus rapides, plus féroces, plus dangereux. Quand Rafael en eut terminé de ses confessions un silence de plomb s'abattit alors entre eux. L'expression de Gillian était devenue indéchiffrable bien qu'elle continuait à le fixer avec une intensité presque dérangeante.

_ La nuit leur appartient ?

On aurait dit la phrase d'un dialogue tout droit sorti d'un mauvais film d'horreur. Sa voix avait alors fini par claquer dans la nuit. Froide. Presque dédaigneuse. Pourtant un éclat de rire lui échappa bientôt, aussitôt suivi d'un deuxième, puis d'un troisième, jusqu'à ce qu'elle doive enfouir son visage entre ses mains pour tenter de contrôler les soubresauts de son corps. En vain. Une vanne avait fini par céder quelque part en elle et un raz-de-marée menaçait de la submerger de l'intérieur. Elle se sentait envahie par tant d'émotions contradictoires à la fois qu'elle ne savait plus où donner de la tête et se redressa alors d'un bond, furieuse mais ne pouvant s'empêcher de continuer à rire, ses yeux embués de larmes ne tardant pas à déborder et à dessiner deux sillons humides le long de ses joues.

_ Vous êtes tous les mêmes en fait ! Cet endroit. Toi. Jour après jour, à débiter vos fadaises continuellement, à nous faire croire que tout va bien, que vos murs nous protégeront, qu'il y a encore des lendemains qui valent la peine d'être vécus, assez pour continuer à mettre des gamins au monde au milieu de toute cette merde ! Putain, quel avenir de rêve c'est clair ! Regarde, il y a encore des tourniquets qui tournent, génial !

Un hoquet lui étrangla la gorge et, soudain, Gillian réalisa pleinement où elle se trouvait. Au milieu d'un terrain de jeux d'enfants. Un putain de terrain de jeux d'enfants. Et ce fut soudain comme si toutes les images qu'elles avaient tenté d'occulter depuis qu'ils étaient arrivés ici défilaient les unes après les autres devant ses yeux. Parce qu'elle en avait rêvé. Chacune d'entre elles, déjà, elle les avait rêvé nuit après nuit, toutes les nuits depuis la nuit où elle avait pris la décision la plus difficile de toute son existence. Celle de renoncer à son enfant à naître. Dans ses rêves il s'agissait parfois d'une petite fille escaladant intrépidement un toboggan à l'envers. Parfois d'un petit garçon, la chevelure ébouriffée par le vent de la balançoire ou les joues rouges d'avoir tant couru pour tenter d'échapper à ses bras. Et quand elle parvenait enfin à l'attraper, ce rire, toujours ce rire, ce rire si chaud et ce cri de joie si délicieux résonant à ses oreilles. "Amatxuuu* !!" Un mensonge aussi. Une tromperie naît au creux des pénombres de la nuit pour mieux l'engloutir dès qu'elle ouvrait les yeux. Et Gillian n'arrivait pas à comprendre. Elle n'arrivait pas à comprendre comment quelqu'un qu'elle n'avait jamais rencontré pouvait à ce point lui manquer. Laisser un tel vide dans sa poitrine et jusqu'au plus profond de ses entrailles.

Plus de cris ni de rires sans joie. Ne restaient plus que les larmes dégringolant en cascade de ses grands yeux sombres tandis que Gillian croisait les bras autour d'elle dans un vain espoir de s'enlacer elle-même et se laissait lentement glisser au sol, murmurant du bout des lèvres la même parole, encore et encore, comme pour apaiser la douleur qui lui broyait le cœur.

_ Barkatu, barkatu, barkatu...**



* façon tendre de dire "maman" en basque
** "pardon" en basque
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Rafael Nuñez Vargas
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11.02.20 11:59
Tout semble toujours si dramatique, aujourd'hui. La moindre chose, la moindre pensées. Et ces nouvelles, loin de là de bonnes, n'arrangent rien à la situation. Aurais-je dû me taire et garder ce moment intacte, pour ce jour spécial que l'on ne prend plus la peine de célébrer ? Peut-être... Je le pense, en tout cas, lorsque je croise le regard de Gillian, son expression qui soudain s'assombrit, je ne parviens plus à décrypter ses sentiments, elle se referme. Et soudain, sans crier gare, elle explose. Mon coeur fait un bond dans ma poitrine. Elle répète mes mots, semble perdue dans ses pensées alors qu'elle me fixe intensément de son regard indéchiffrable. Sa voix est froide, une claque aurait fait le même effet. J'entend une pointe de dégoût, de lassitude en même temps. Et je regrette presque immédiatement cette erreur de partager cet événement avec elle, maintenant, de cette façon. Pourtant, c'est elle qui a posé la question et je me dois d'être honnête, toujours, j'ai toujours été ainsi, je ne changerai pas. Elle doit savoir, elle a demandé. Son rire soudain me déstabilise plus encore et je deviens muet devant son visage qui me fixe encore, lorsqu'un éclat de rire s'extirpe de sa gorge pour la seconde fois. Un troisième s'ensuit. Incapable du moindre geste, je la vois enfouir son visage entre ses mains, son corps se secoue de spasmes. Qu'ai-je donc dit ? Qu'ai-je fait ? Et je comprend. Gillian pleure. Les remords m'envahissent, j'ai envie de la prendre dans mes bras, de la rassurer et pourtant, je n'en fais rien, paralysé par la surprise et le doute. Voudrais-t-elle que je la console ? Cette année seul m'a fait oublier comment gérer ce genre de choses alors qu'auparavant, je savais réconforter. Je me sens terriblement perdu, comme déboussolé.

Gillian se redresse d'un bond, son regard fou emporté par la colère. Et dans ma poitrine, mon coeur bondit à nouveau, jamais je n'aurais cru qu'elle réagirait ainsi face à ces nouvelles. Ses yeux embués braqués sur moi, mes mains se serrent sur le tissu de mes vêtements et je ne parviens plus à quitter ces deux sillons se dessinant sur ses joues, par ma faute. Le jour de son anniversaire. Et soudain, elle rompt le silence et sa voix me brise le coeur. Elle rage, hurle, sa colère déborde et m'atteint, ses mots m'envahissent. Et je ne peux lui donner tord, quels espoirs nous restent-ils ? J'aimerais m'enterrer, sous le tourniquet. Disparaître et je prie pour n'avoir jamais parlé de ces rôdeurs de la nuit, je prie mes dieux de revenir en arrière. Pourtant, rien n'y fait, mon amie pleure et enchaîne les mots, dans une fureur sans nom. Je ne peux l'en blâmer.
A côté d'elle, j'attend, comme un enfant coupable. Et soudain, son flot de parole est interrompu par un hoquet et quelque chose se passe dans sa tête, je le vois au travers du voile de ses yeux embués de larmes. Son silence parle plus que ses mots. Et je l'observe, inquiet, les larmes continuant d'abonder sur ses joues roses, semblant même augmenter à mesure que les pensées traversent son esprit tourmenté. Et doucement, s'entourant de ses bras, elle glisse au sol, murmurant des mots indéchiffrables du bout de ses lèvres. La douleur se lit sur son visage à présent ouvert, je vois un mal que jamais elle ne m'a confié déformer les traits de son visage.

Je n'hésite plus. Tétanisé jusqu'à maintenant, je ne peux plus la laisser ainsi, pleurer face à moi, s'effondrer sur le sol, au pied du tourniquet. Par ma faute. Sortant d'un bond de cet état paralytique, je me lève, m'accroupis à côté de Gillian, me retrouve les fesses dans la terre. Je me rapproche d'elle, glisse mes bras autour d'elle et l'attire vers moi. D'un geste tendre, ma main se pose sur sa tête que je glisse dans mon cou. Ses larmes glacées coulent dans ma nuque, peu importe, j'en ignore les frissons provoqués par le froid nocturne.

- Perdóname, perdóname Gill. No quería...

Entre mes bras, je la serre tendrement, espérant chasser les démons qui s'emparent d'elle. Est-ce la peur ? Cette certitude de la mort si proche, cette annonce d'une nouvelle menace ? J'ignore ce qui tourne dans ta tête, Gill, j'ignore les démons qui te hantent, sont-ils pareils aux miens ? J'en doute. Tu as les tiens, différents des miens. Et j'aimerais tant pouvoir te venir en aide... Doucement, je caresse ses cheveux, la serrant toujours plus entre mes bras.

- Je m'en veux, cariña. Ce n'était pas dans mon intention, de te faire pleurer, je...

Je suis l'un de ces rêveurs envers lesquels elle hurle. L'un de ceux qui voit un avenir, malgré la mort. L'un de ceux qui continue de se battre, quoiqu'il arrive, pour les autres. De veiller aux rires et aux petits bonheurs comme la célébration d'un anniversaire. Je suis ce genre d'imbécile.

- Tu as le droit d'être en colère...

Les dieux seuls connaissent tes raisons, elles sont cependant toutes bonnes. Parce qu'en ces temps d'apocalypse, toutes les raisons sont bonnes pour entrer dans une colère noire.

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20.02.20 15:51
Lorsqu'elle sentit ses mains se poser sur ses épaules, son premier réflexe fut de le repousser avec violence, comme si ce simple contact avait suffit à envoyer une décharge électrique à travers l'ensemble de son corps. Elle ne voulait pas qu'il la prenne en pitié, qu'il la console ou cherche même à la réconforter. En cet instant, la douleur qui lui broyait le cœur était sienne et elle refusait que quiconque la lui prenne. C'était tout ce qu'il lui restait après tout... La dernière chose pouvant encore la raccrocher à cet enfant auquel elle avait fait le choix de renoncer. Pourtant, Gillian ne se débattit qu'un court instant. Très vite, elle finit par céder à l'étreinte de Rafael alors qu'il attirait sa tête dans le creux de son épaule. Elle était si fatiguée. Si lasse de lutter seule contre ce sentiment de culpabilité qui la dévorait de l'intérieur depuis des mois. Alors elle se laissa aller. Ses doigts se refermèrent comme des serres autour du t-shirt du mexicain et elle s'autorisa enfin à pleurer à chaudes larmes. Sans honte ni retenue.

Elle n'aurait pas su dire combien de temps ils restèrent ainsi, agrippés l'un à l'autre comme deux naufragés à leur bouée. Une dizaine ou peut-être même une vingtaine de minutes. Le temps que Gillian déverse toute la peine, la frustration et la colère qu'elle retenait bloquée à l’intérieur depuis des mois. Peu à peu, pourtant, elle parvint à reprendre le contrôle d'elle-même. Ses sanglots se tarirent et sa respiration retrouva un rythme normal jusqu'à ce que les murmures de Rafael, qui n'avait cessé de caresser tendrement ses cheveux tout ce temps durant, soient les seuls à venir encore briser le silence de la nuit à intervalles réguliers.

_ Je ne suis pas en colère, finit-elle alors par souffler, d'une voix à peine plus élevée que le murmure du vent dans les feuilles. Enfin... si, sûrement. Mais pas contre toi. Pas à cause de ce que tu m'as dis. Je suis tombée enceinte... Cet hiver.

Se disant, elle inspira un grand coup et sentit sa respiration trembler dans sa poitrine. Elle tint bon pourtant. Son étreinte se resserra autour des épaules de Rafael, et si elle n'était pas encore prête à faire face à son regard tandis qu'elle s'apprêtait à lui confier ce qu'elle n'avait encore jamais osé verbaliser à voix haute, elle sentit qu'elle pouvait lui faire confiance. Plus que jamais, elle en avait besoin. Besoin de parler de tout ça, de ce qu'elle ressentait, de vider son sac une bonne fois pour toute. Et puisque Emrick ne semblait pas disposer à assumer sa part de responsabilité dans tout cela...

_ Je n'ai jamais vraiment voulu d'enfant. Même avant tout ça, je veux dire. J'avais d'autres priorités à l'époque ; j'étais toujours overbookée avec le travail ou partie à droite à gauche pour voyager avec des amis. Je n'étais pas non plus très douée pour les relations de longue durée. Et puis... entre le réchauffement climatique et les tensions économiques et sociales toujours plus tendues, je n'étais pas certaine de vouloir entraîner un gamin dans tout ça. Tu comprends ? Elle renifla bruyamment et secoua alors doucement la tête de droite à gauche tandis qu'elle se redressait légèrement, assez pour pouvoir jeter un regard aux alentours et balayer l'espace de sa main. Je ne savais pas que ce genre d'endroit existait encore. À ce moment, Emrick et moi étions sur les routes. Chaque jour il fallait faire face à ces rôdeurs, trouver de quoi manger ou un endroit sûr où pouvoir dormir. Je... Je ne pouvais pas avoir un bébé.

Un rire sans joie lui échappa à cette idée et elle dut fermer les yeux un instant pour retenir ses larmes d'inonder à nouveau ses grands yeux couleur noisette. Quand elle les rouvrit, son regard croisa alors enfin celui de Rafael et elle sourit tendrement. Tristement.

_ Je ne pouvais pas. Tu comprends ?
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