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 This road is yours - feat. Autumn



Jessica Bane
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03.02.20 22:05
This road is yours
Les états d'âme de la première fois
Jessica & Autumn
Le poison m’a toujours donné le sentiment, dans le jeu du cluedo, que c’était une façon plus belle de donner la mort. Bien sûr, cela dépendait du poison, mais j’imaginais la belle mort. Celle que l’on obtient quand on s’endort par grand froid et où la personne ne se réveille pas. Je me rappelais toujours la première mort que j’avais donné et toujours la dernière. Le dernier survivant que j’avais achevé avait sa gorge coincée entre mes jambes. Une fois que j’ai vérifié que son cœur avait arrêté de se défendre, je l’avais allongé correctement, baissé ses paupières… On aurait dit qu’il dormait. Je l’ai laissé là. J’étais toujours intimement convaincue que chaque mort que j’avais apporté était juste. Je ne faisais qu’un ménage nécessaire, je me débarrassais de ceux qui voulaient du mal aux autres. Cela dit, tout le monde ne conçoit pas la justice de la même façon que moi. Malgré tout, il y a cette journée qui me restait dans un coin de ma tête. Il m’arrivait de commettre des meurtres violents, mais je ne faisais jamais dans la préméditation. Il fallait que le meurtre soit fait sous l’impulsion. C’était sans doute cela qui faisait que je n’avais jamais de remords. Tous les êtres que j’avais tués étaient vils et il fallait agir.

Cette gamine, cette fragile petite poupée avait été prise comme un oisillon que Seth, notre chef, avait pris sous son aile. Elle était jeune et tellement influençable. J’avais choisi ma voie, personne ne m’y avait poussé. Seulement le monde n’est plus le même et j’avais fait mon choix avant que tout ce sang n’imprègne le sol. Je n’étais pas en mesure de savoir si ce que Seth avait fait était juste ou injuste. Quelque chose s’était déchiré chez moi. Une chose totalement inexplicable. Jamais je n’aurais laissé cette enfant prendre l’arme pour tuer celui qui lui avait fait du tords. J’avais entendu des bruits de couloirs, mais rien qui ne m’intéressait. Quand il s’agissait d’une enfant, je voulais avoir la version que d’une seule personne : elle-même.

En position du poirier, j’avais le sentiment que ma tête fonctionnait enfin normalement. Je savais que Seth allait finir par montrer le bout de son nez et il fallait que je sois en toute possession de mes moyens. Je voulais lui parler, je voulais faire mes preuves et lui montrer que j’étais digne de confiance. J’avais besoin que ma soif de sang ait un maître mot, il était plus facile d’utiliser mon don pour une cause noble comme celle du groupe. C’était pour cela que d’un pas feutré, j’avais suivi ses pas quand je l’aperçu. Rapidement je m’étais aperçu que comme n’importe quel chef, il avait mieux à faire que de s’intéresser à une petite brune dans un grand groupe. Il s’était plutôt arrêté sur la petite blonde, celle au regard si triste. Quand j’arrivais enfin à avoir un aperçu de la situation entre deux personnes imposantes du groupe, le chef lui tendait sa batte. Un homme était à la merci de tout le groupe. Peu importe ce qu’il avait fait, il était évident qu’il était à présent sur l’échafaud. Cela peut paraitre curieux pour une tueuse en série, mais je n’aimais pas ces exécutions. Je les trouvais trop démonstratives, trop violentes, surtout face à une enfant.  

De ses petits poings fragiles, elle prit la batte et mon cœur s’arrêta net. Je voulu me frayer un passage, mais une main empoigna fermement mon bras et murmura à mon oreille, me ramenant vers lui : « Jessica, laisse, ce n’est pas à toi de choisir pour elle. » Le premier coup fut donné. Je n’ai même pas songé à me retourner et savoir qui m’avait retenu. Avec mon esprit qui déviait du droit chemin, peut-être que c’était seulement mon subconscient. Je prétendais toujours que je n’étais pas sensible aux enfants. Alors qui aurait fait attention à moi et aurait deviné que je voulais agir ? Personne. Seul mon inconscient savait que ça me mettrait en position délicate alors que j’avais pourtant toute confiance en Seth. Mais avait-il commis une erreur en cette heure ? Peu importe, je tournais bientôt le dos à la scène. Les bruits suffisaient à l’horreur. C’était un spectacle, ce n’était pas un meurtre, c’est cela que j’avais du mal à encaisser. Cette gamine allait avoir chacune de ces images tout le long de sa vie, si, comme je le pensais, c’était son premier meurtre. J’aurai dû mal à concevoir qu’il soit possible que Seth ait commis son premier meurtre de façon aussi sanglante.

A ce jour, je ne m’étais donc toujours pas entretenu avec Seth. Quand c’était lui qui tenait son arme personnelle, même si c’était sanglant, il asseyait une fois pour toute son autorité et faisait ployer le genou de n’importe quel survivant. C’était normal. C’était justifié. Il avait tout mon respect pour réussir à tenir un groupe comme celui-ci. Mais j’avais besoin de savoir au fond si cette enfant avait vraiment fait le choix qui lui convenait. Boucle d’ores était justement dehors alors que je prenais seulement l’air, collé au bâtiment de l’aéroport. Je n’avais pas encore eu l’autorisation de partir en chasse, alors je me contentais de sentir le soleil frapper ma peau. D’ordinaire j’aurais archivé cette histoire sans me poser de question. Personne réelle ou non, c’était juste : c’était son choix et cela ne me regardait pas. Mais elle semblait tellement perdue en cet instant.

L’adolescente semblait s’être arrêtée nette là où l’événement s’était produit. Je n’étais jamais revenu sur mes lieux de crimes en pensant à ce que j’avais fait. Jamais. Seulement il fallait que je prenne conscience que je n’avais pas la même façon de penser que le reste de la plupart des gens. Il fallait que quelqu’un la rejoigne de toute façon et le meurtre n’était pas quelque chose qui m’était inconnu. En tout cas cette partie-là ne l’était pas. Je me décollais du bâtiment et m’avançait vers la jeune fille au regard perdu. Une fois à son niveau, je n’avais même pas le sentiment qu’elle avait remarqué que quelqu’un s’était approché.

« Hey… Je m’appelle Jessica et toi ? » Je lui tendais une main comme si j’attendais qu’elle la sert. En réalité, c’était simplement une image visuelle à mes mots pour la sortir de sa stupeur. « Ça va ? »

Ne pas la noyer dans des paroles inutiles, c’était ce qui me semblait être important. Cela lui permettait d’avoir une ouverture sans se sortir acculer. Beaucoup l’aurait vu comme une jeune femme, mais je la voyais comme une petite fille perdue qui cherche encore son chemin. Elle était à un tournant, comme je l’avais été, mais elle n’était pas obligée de choisir le même côté de la route. J’avais besoin de cette soif de sang dans ma vie, mais je m’en portais bien, cela me faisait du bien. Ce n’était pas à moi de lui dire si ce qu’elle avait fait devait l’amener sur cette route.



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03.02.20 23:37
Tout est gris. Les fleurs, le ciel, la poussière. Et cette terre sous mes pieds, qui crisse alors que je descend du camion. Je relève la tête, les mains crispées sur les pans de ma jupe. Je reste plantée là, mes yeux fixés sur la terre qui doucement se colore, devient d'un brun sale qui me rappelle un souvenir. Et alors que ma main commence à trembler légèrement, quelqu'un me bouscule, crie contre moi. Je sursaute, fais un pas, je veux rentrer à la maison. Je veux tout oublier, revenir en arrière, retrouver la grande maison blanche de mon enfance, le sourire de ma mère, les rires de mon père. Et surtout, la cabane au fond du jardin. Cette cabane que j'appelais château, cette cabane où nous trouvions mille et un jeux avec mon amie, ma soeur. Ma Dixie. Notre château était un repère, interdit aux adultes. Interdit à la tristesse, au mal et à tout ce qui fait que le monde est si moche aujourd'hui. J'étais si bien... et aujourd'hui ? Je ne sais même plus qui je suis, ce que je dois faire, comment vivre... C'est quoi comme monde, ça ? Et après tout... ce n'est pas plus mal ? Et surtout, pas pire. J'ai connu l'enfer... j'ai connu la souffrance continue, l'emprisonnement. J'ai eu le coeur brisé et l'envie de mourir. L'envie de m'arracher au monde, malgré tout, je n'en ai jamais eu la force. Parce que j'étais faible. Aujourd'hui, que suis-je ? Qui suis-je ?
J'ai tué un homme.
Ce monde n'est pas pire que le précédent. J'étais un objet, aujourd'hui je suis libre. Plus ou moins. Aujourd'hui, plus personne ne me touche. Plus ou moins...
J'ai tué un homme.
Une silhouette me bouscule à nouveau, la même que tout à l'heure. Il grogne, l'homme, il jure pour me faire réagir. Pousse-toi de là, gamine. Ce sont ses mots. Et moi, je fais un nouveau pas et avance vers le bâtiment. j'hésite avant de me stopper net, là. Au centre. Mes yeux glissent sur le paysage affreux bétonné, j'observe les murs de l'aéroport, les grillages et toujours cette terre souillée à mes pieds. Je le vois... Une goutte tombe sur le sol. Je sursaute, mais ne relève pas un seul regard. La goutte s'éparpille sur la terre, rougit. Une seconde s'écrase aux côtés de la première. J'inspire, lentement, profondément. Une troisième goutte, plus grosse, explose, vient souiller le bas de ma jupe.

*Oups.*

Je soupire, ferme les yeux. Lorsque je les rouvre, aucune goutte. Pas la moindre tache sur le bas de ma jupe. Une hallucination, rien de plus, rien de moins. Encore une. A côté de moi, je parviens à distinguer sa silhouette. Et lorsque je relève les yeux, il me regarde de ses grandes iris fixées sur moi, pattes croisées dans son dos, sourire denté d'un fou. Les poils de ses joues sont en bataille, comme d'habitude. Ses oreilles à moitié dressées, ses vêtements emmêlés. Je lui lance un regard, il sourit et laisse échapper un rire nerveux.

*C'est là, c'est c'est c'est c'est c'est là !*

Il se dandine, d'avant en arrière, ses yeux jaunis alternant entre le sol et mon visage. J'inspire encore, plus lentement. Et je le regarde, pour éviter de penser aux gouttes. Pour éviter de penser au sang. C'est ici... c'est ici que j'ai tué un homme. C'est ici que tout en moi a changé, pour la deuxième fois. Je me souviens de tout. Du bois de l'arme contre ma peau, de son poids entre mes mains, du tremblement de mes bras. Je me souviens de son regard, de ses supplications. Et je me souviens de sa violence... de ses mains contre mon corps, des coups qu'il faisait pleuvoir sur moi. Je me souviens de tout. Ce jour-là, trois jours plus tôt, il m'a touché pour la dernière fois. Trois jours plus tôt, j'ai senti son odeur pour la dernière fois.

*C'est l'heure du thé ? NON NON NON !*

Contre ma poitrine, les battements de mon coeur frappent si fort. Je l'entend, il s'emballe. Il sait que c'est mal... Et ma main tremble alors qu'elle s'agrippe à ma jupe, moi, je fixe le lièvre qui se dandine toujours en m'observant. Pourquoi reste-tu ici, vas-t-en... Tu me pourrie la vie, me rappelle que je suis folle ! Non... reste. Parce que toi, au moins, tu comprends. Toi au moins, tu peux comprendre. T'es dans ma tête. Tu sais ce qu'il s'y trouve. Maman, elle, essaye de me parler, elle essaye de m'écouter. Mais moi, je la fuis. Personne peut me comprendre, sauf toi, lièvre fou à lier. Reste.

*On n'a plus de thé. Des biscuits ? Ou du gâteau ? Il nous faut du sucre ! BEAUCOUP DE SUCRE ! Rouge ? Pourquoi rouge. Le sang ! Ouh oui, ça, le sang c'est rouge !*

Immédiatement, je ferme les yeux. Une douleur à mes tempes me fait détourner la tête, me tire une grimace. J'ai si mal au crâne, mon coeur bat tellement vite et mes mains tremblent beaucoup trop, même agrippées comme ça au tissus sale de mes vêtements. Je vois le rouge, je sens l'odeur du sang et de la crasse. J'entend encore les os craquer, je ressens l'allégresse de la vengeance, la satisfaction de s'assurer que jamais plus il ne m'approchera, parce que je l'ai tué. De mes mains, de ma rage. Est-ce juste, de ressentir tout ça ? Est-ce bien ? J'aimerais qu'on m'apporte des réponses, j'aimerais que Lui, il m'aide. Est-ce qu'il le pourrait ?

- Hey… Je m’appelle Jessica et toi ? Ça va ?

Je sursaute, ce n'est pas la voix du lièvre. Je rouvre les yeux, immédiatement, tombe nez à nez avec une brune, au visage si doux. Elle me regarde, elle a l'air si réelle. Je jette un coup d'oeil autour de nous, il y a des gens. Et nulle trace de mon hallucination. Disparu. Mon coeur se calme, cesse de courir dans ma poitrine. Et moi je la regarde, cette femme, hébétée, comme tirée d'un rêve. Ou d'un cauchemar.

- Je... je m'appelle Autumn.

J'observe sa main quelques minutes, mais je ne la prend pas. J'ai en horreur les contacts humains, je n'y arrive plus. Tout le monde le sait, au Temple. La première fois que quelqu'un a tenté une approche, peu après notre arrivée, j'ai hurlé, si fort. A en faire trembler les murs. Et alors, j'étais muette. C'est ainsi qu'ils ont entendu ma voix, pour la première fois. Alors, sa main tendue, je ne la prend pas, je me contente d'observer son visage, étonnée et presque inquiète de connaître la raison de sa présence si proche de moi.

- Oui, ça va, je... je viens d'arriver avec le camion, du Temple. Je viens voir un ami. Et je...

Machinalement, je fais un pas en arrière, elle est beaucoup trop proche de moi et ça me met terriblement mal à l'aise. Une fois une distance raisonnable entre nous, je me sens un peu mieux. Alors, je relève le menton et regarde la brune.

- Je sais pas.

Cette femme a quelque chose que les autres n'ont pas. Dans son regard ? Dans sa façon de m'observer ? Elle a l'air si forte...

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06.02.20 15:21
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Jessica & Autumn
Je ne la connaissais pas. Elle ne me connaissait pas. Alors pourquoi il y avait cette rage qui montait tout au fond de mon être quand je vis sa réaction face à ma main tendue ? Le pas en arrière. Je ne le connaissais que trop bien. Cette peur permanente d’être à porter de coups. Une mère ivrogne ne fait pas la différence entre son enfant ou ce fils de pute qui l’a laissé seule alors qu’il l’avait engrossé. A moins qu’elle en voulût aux deux. Mais l’excuse était facile à trouver. J’avais beaucoup de défauts ou de travers, mais je n’étais pas du genre grossier parce que ces mots étaient gravés dans mon esprit à jamais. Quand ma mère voulait seulement poser une main sur ma joue, j’avais ce geste de recul qu’Autumn avait eu.

« - Je crois que cet enfoiré la violait en fait…
- De quoi tu parles ?
- Tu sais… La gamine qui a fait exploser la tête du type comme une pastèque dans la cour.
- Ah oui ! J’ai même entendu qu’elle était utilisée comme… Enfin tu vois.
- Merde… Tu veux dire que ça fait peut-être des années que…. C’est qu’une gosse ! C’est dégueu.
- Va savoir, les enfants sont si précoces !
- T’es trop con de faire des blagues là-dessus ! Si Seth t’entend, tu risques de t’en manger une !
- Tant que je ne finis pas comme le type dans la cour, ça ira… Arrête, je déconnais et tu le sais… »


Ses paroles me faisaient froids dans le dos. Les autres membres du groupe me passaient généralement devant sans même me voir. Jusqu’ici et grâce à Woody, ma soif de sang avait été rassasiée et j’étais plus à même de raser les murs sans que l’on puisse se douter du monstre qui criait de temps en temps famine au creux de mon être. J’avais tu cette conversation, les rumeurs sont comme un poison lent qui se glissent dans les veines de chaque individu qui à l’oreille trop tendu. Si j'avais bien appris quelque chose sur les relations humaines, c’est que la parole qui a de la valeur provient seulement des personnes intimement impliquées dans l’histoire dont il est question. Seulement, ces gestes de la part de Boucles d’or… Cet homme la frappait au mieux, au pire… Non, il ne fallait pas que je laisse le poison s’emparer de mon être. Il avait eu de la chance en réalité. Oui, cet homme qui avait eu une fin impressionnante. Il avait eu de la chance si cette histoire était vrai. Il avait de la chance qu’à cette seconde où je voulu intervenir, je ne savais rien. Ce n’était pas sa tête que j’aurai visé en premier… Je me serais chargée de le garder en vie en lui brisant chacun de ses membres. Je l’aurai laissé agoniser pendant des jours en lui donnant le minimum pour qu’il survive.

Je savais pertinemment que c’était le monstre en moi qui parlait. J’avais toujours fait des exécutions rapides. Mais quelque part, cela faisait toujours du bien de se dire que peut-être une justice divine était en train de corriger les tords qui avaient été commis sur cette gamine… Et peut-être d’autres. C’était sûrement une mauvaise nouvelle pour moi si elle existait, même si j’étais persuadée de tuer les bonnes personnes. Il parait que faire justice soi-même est mal vu, mais qu’importe, c’est mon dictat.

« Le camion ? » lançais-je avec un grand sourire, sans laisser transparaître le fait que la rumeur avait quand même atteint tout mon être l’espace d’un instant. C’était à ce moment que je le remarquais. Plusieurs personnes passaient à côté de nous. Le temple. J’en avais entendu parler, mais on ne peut pas dire que je faisais parti des personnes importantes du groupe, alors ce genre de nouvelles m’étais passée complètement au-dessus. En vérité, c’était ce visage juvénile et cette étincelle dans ses yeux qui risquaient de s’éteindre si elle était rongée par le remords qui avait toute mon attention. Les troubles dont je souffrais certainement avait obstrué le fait que nous n’étions pas que toutes les deux dans cette cour. « Dis-moi, tu vas rester au temple ou tu vas venir poser tes valises ici avec ton ami ? » Mon esprit avait déjà fait le vide et je ne voyais de nouveau plus que la blondinette. Je glissais alors ma main dans ma poche et en tirait un ticket de métro que j’avais trouvé sur le sol à ma dernière expédition pour ramener des proies pour le groupe. « Tu sais… Quand j’étais jeune je passais souvent devant un petit bassin où les enfants jouaient avec leur bateau télécommandé. Je n’en avais pas, mais un adulte m’a montré comment me fabriquer un bateau qui m’emmènerait n’importe où si je savais encore user un peu d’imagination et de poudre de fées… » En quelques pliages, prenant soin moi-même de faire un pas de recul vis-à-vis de la gamine, je déposais alors à ses pieds un petit bateau fait en ticket de métro. « Il a toujours su me faire visiter le reste du monde quand le moment présent était trop dur à assimiler. Il m’a toujours permis de fuir et de prendre suffisamment de distance pour… Aviser pour la suite ? Quoi qu’il en soit, il est à toi maintenant. C’est à toi de décider où tu veux aller. »

Lui offrant un sourire bienveillant, je prie soin de me mettre en tailleur sur le sol, là où, précisément, son regard n’arrivait pas à décoller. Il fallait qu’elle désacralise cette place. Peu importe son choix, continuer dans le sombre sentier ou s’approcher du soleil. Il fallait qu’elle puisse s’avancer ici sans être hanté par son tout premier fantôme. « C’est normal de ne pas savoir… Mais garde quelque chose en tête. Autumn est un joli prénom et il peut faire ta force. Les arbres abandonnent leurs feuilles qui colorent si simplement le sol, ils se préparent pour l’hiver. Ils se délestent de ce dont ils n’ont plus besoin et parviennent à faire le bonheur de beaucoup d’autres en abandonnant leurs couleurs. Si quelque chose te pèse, débarrasse-t’en et renforce-toi pour te préparer à la suite du voyage. »

L’observant avec un regard bienveillant, je ne lui demandais pas forcément de s’asseoir avec moi. C’était à elle de décider si elle voulait rester et s’exprimer sur ce qui s’était passé. Être assise lui permettait d’être mon égal au niveau de la taille et de ne pas être impressionnée. J’imaginais que les adultes pouvaient aussi la stresser si on l’avait tellement malmenée. Les enfants étaient notre avenir et peut-être aurait-elle la chance de reconstruire ce monde si cette folie finissait par cesser d’une façon ou d’une autre. Il fallait réussir à la préserver pour qu’elle puisse reconstruire cette Terre. « Tu veux m’en parler ? J’aime bien écouter de nouvelles histoires… Si c’est simplement que tu as fais un cauchemar ou que tu as trébuché en descendant du bus, ça m’intéresse aussi. » Mon regard bifurqua l’ombre d’un instant sur le camion qui avait amené Autumn et je l’aperçu, là, posé contre le véhicule avec ce même regard bienveillant. L’ornithologue qui m’avait tant apporté. Peut-être que je pouvais sauver la jeune princesse Peach et le peu d’innocence qui lui restait, comme il avait retiré de mes mains l’arme qui devait m’emporter vers l’ailleurs. Cette douce illusion fonctionnait comme ma conscience et il semblait être autant persuadé que moi que j’agissais le mieux en veillant sur la fillette.



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28.03.20 20:52
Les gens tournent autour de nous, alors que la femme se tient toujours là, devant moi, et je suis incapable de me soustraire à elle. Son regard est fort, c'est une femme et elle m'effraye comme elle m'impressionne. Pas comme la morue le faisait... non, bien tout autrement. Cette femme-là a l'air... juste forte. De ne pas se faire marcher sur les pieds, malgré ce sourire qu'elle me lance lorsqu'elle recommence à parler, m'interrogeant. Pourquoi veulent-ils tous me poser des questions, ici ? Pourquoi veulent-ils tous que je reste ? J'ignore ce que je veux réellement, je ne sais plus, parce que je ne sais pas qui je suis moi-même, alors comment savoir ce que mon coeur désire? Je veux être avec maman et papa. Mais aussi rester dans notre bulle, avec Winter, et ne voir personne d'autre que lui, entendre son rire si rare et faire naître des sourires sur son visage. Je veux jouer avec Dixie, pour toujours, sans que personne ne nous coupe dans nos secrets. Mais je sais que tout ça, c'est impossible. Parce qu'il faudrait que je me déchire en plusieurs morceaux, pour être partout à la fois. Mais... est-ce que tout cela sont des désirs de mon coeur ? Ou de nouvelles illusions de mon esprit ? Je n'ai jamais voulu tuer... On m'a toujours appris que c'était un acte atroce, menant droit à l'enfer. Pourtant, n'y suis-je pas déjà, en enfer ? N'ai-je pas déjà croisé la route du diable ? Ce monde, c'est l'enfer. Rien ne pourrait être pire.

- Non, je ne vais pas rester ici, des gens m'attendent au Temple.

La conversation aurait pu couper court, se terminer ici, aussi simplement qu'elle avait débuté. Seulement, la femme en décide autrement lorsqu'elle glisse sa main dans sa poche, attisant ma curiosité, avant d'en sortir un ticket de métro. Depuis combien de temps n'en avais-je pas vu ? Je ne m'en souviens pas. Ce sont des choses auxquelles nous ne pensons pas lorsque l'on est captif, ces petites choses ridicules qui font de la vie une monotonie. Prendre son ticket, aller dans le métro, le jeter dans sa poche et l'oublier jusqu'au mois prochain pour le jeter dans une poubelle et l'oublier à jamais. Je ne pensais pas à ça et aujourd'hui, j'avais oublié jusqu'à l'existence de ces petits bouts de papier. Lorsqu'elle me le montre, j'observe le moindre détail du vieux ticket alors qu'elle commence à me raconter une histoire, comme à une enfant. Parfois, je me demande quel âge me donnent-ils, tous, à toujours vouloir me materner et me conter des histoires. Je n'ai plus dix ans, mais seize. Je ne suis plus une enfant, de par mon âge, ce passé sombre qui me hante et ces jours sombres qui nous attendent. Je ne suis plus une enfant... j'essaye de m'en convaincre. Mais je crois que mon visage me donne bien moins que mon âge, j'en suis sûre, lorsque la femme commence à me parler de poudre de fée, me faisant légèrement sourire par la même occasion. La femme plie alors son bout de papier, le dépose à mes pieds, respectant la distance que je venais de mettre entre nous, lui intimant de ne pas s'approcher trop près. Reconnaissante, je lui lance un regard avant de me pencher pour ramasser le petit bateau et l'observer entre mes doigts alors que l'inconnue continue son histoire. Un bateau magique en papier qui permet de fuir...

- Merci...

La femme s'assied soudainement en tailleur sur le sol, pour trouver mon regard. Pourquoi faisait-elle cela ? Pourquoi je reste encore ici ? Je ne sais plus rien, je ne comprend plus rien. Le lièvre tourne autour de moi en faisant des roues maladroites, ne pipant le moindre mot. Je le vois qui s'excite et se calme de lui-même, mais jamais ne disparait. Et cette femme qui reste là, à me regarder.
Je reste là, debout, les chaussures dans la poussière, le bateau entre les mains. Les gens passent toujours autour de nous, mais je m'en fiche, parce qu'elle m'intrigue et que je veux savoir ce qu'elle me veut. Tant qu'elle ne s'approche pas de moi. Fort heureusement, elle semble respecter ce souhait. Les derniers mots de la brune résonnent encore dans mon esprit alors que j'observe le petit bateau en papier, fixe mon regard sur elle.

- Pourquoi vous me parlez ?

J'ignore ses questions, je ne veux pas vraiment y répondre. Penser à ce que j'ai fait, mettre des mots dessus, en parler... je n'ai pas envie. Rien que leurs regards à tous me suffisent, et ces bruits de couloirs, ces rumeurs qui trainent à chaque fois que je pose un pied ici, dans l'aéroport, ça me suffit. Je n'ai pas envie d'en parler, pas maintenant et surtout, pas ici. Au milieu des gens qui passent et de ces oreilles qui écoutent. Alors j'ignore ses questions.

- J'veux dire, pourquoi vous vous préoccupez de moi ? On se connait même pas, vous pourriez faire comme les autres et m'ignorer en passant votre chemin. Ou parler dans mon dos, comme ces trois types là-bas.

Toujours debout, je prend quelques secondes avant de continuer quelques mots de plus.

- Vous attendez quoi de moi ?

Ils attendent toujours tous quelque chose.

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01.05.20 20:45
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Les états d'âme de la première fois
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Un long silence s’imposa aux questions de Boucle d’or. Je me contentais de lui sourire de façon tellement douce et naturelle que je me serais effrayée dans le miroir. D’ordinaire, je souriais pour faire semblant, je le faisais pour paraitre normal et pour obtenir des choses. J’avais l’art et la manière d’être une excellente comédienne quand on me l’imposait. Là, je ne jouais pas. Je ne jouais plus. J’étais comme le stroumph grognon qui aime les fleurs, mais n’aime pas qu’on découvre qu’ils les aiment. La jonquille qui était face à moi ne pouvait être qu’une enfant à mes yeux. Elle était sans doute plus âgée que je ne l’imaginais. Mais le temps m’avait appris que parfois, l’apparence reflète en partie notre âge qui se trouve dans notre tête. On n’est pas égal sur le temps qui passe. C’était une question redoutée à un temps qui semble presque être oublié : Quel âge me donnes-tu ? Cette frayeur de devoir donner une réponse honnête est bien loin derrière nous désormais.

« Tu as des questions pertinentes… On n’a pas toujours la réponse. Certaines personnes ne se soucieront jamais de toi. Certaines personnes penseront toujours te voir pour la première fois. Mais finalement c’est un peu le cas de tout le monde… Il y a des personnes que je ne regarde pas, qui me paraissent insignifiantes et qui ne le sont sans doute pas. Et puis il y a toi…. J’aurais pu faire comme les autres, mais ton regard m’a arrêté. Ne te préoccupe pas des personnes qui vont et qui viennent, rare sont ceux qui savent réellement écouter. »

Bien sûr je faisais allusion à ceux qui traînaient dans le même espace que nous deux. Ce n’était pas le moment pour moi d’engrainer des informations sur les autres. Ce que je voulais s’était protéger le visage angélique qui me faisait face. Boucle d’or entourés par les ours et qui finirait peut-être croquer si elle ne faisait pas les bons choix. A ses agissements, à sa façon de se comporter, je craignais que les bruits de couloirs soient vrais.

« Te maintenir en vie, veiller sur toi. »

S’il fallait lui parler comme à une adulte, je pouvais le faire aussi, mais seulement quand j’estimais que c’était pertinent. Autumn avait bien des raisons d’être sur la défensive, j’étais un ours qui avait tué tellement de brebis que je cachais forcément plusieurs squelettes dans mon placard. Cependant, en apparence, j’étais telle la rosée du matin : l’air inoffensif. Je cherchais du regard de qui elle voulait parler en disant les trois types là-bas. J’espérais juste que ce ne soit pas trois ours comme dans le Conte, sinon j’étais bonne pour faire le poirier afin d’effacer mes hallucinations.

« Si quelque chose te préoccupe, tu peux croire que l’on murmure à ton sujet. Qu’est-ce qui te fait croire qu’ils parlent réellement sur toi ? »

Combien de fois on a honte d’un geste et l’on pense que tout le monde en parle en chuchotant autour de nous ? Je savais qu’entre nous deux, j’étais la folle avec une certaine prédisposition pour le meurtre, la question restait néanmoins pertinente. Je me relevais alors sans poser mes mains au sol. Je n’en avais pas besoin, les danseurs savent se relever sans s’appuyer avec autre chose que leurs jambes. Même avec ma jambe qui me lançait parfois, cela m’était égal.

« Tu veux changer de place ? Il y a des endroits moins fréquentés, plus discrets. Mais si tu ne veux vraiment pas être écoutée, c’est justement dans les endroits où tout le monde parle qu’il faut aller… Le bruit empêche les curieux de tendre réellement l’oreille. »

Mon regard se posa de nouveau sur Peach et je ne cessais de réfléchir à ce qui pouvait se cacher comme tonnes de traumatismes sous ses boucles blondes. Un autre silence se noya parmi l’agitation qui tournoyait à côté de nous. Alors me vint à l’esprit une question pertinente et tranchante qui ne faisait que rentrer dans le vif du sujet sans pour autant l’atteindre :

« Tu as confiance en nous ? »

Le sourire s’était un peu effacé, je craignais pour elle, j’étais soucieuse et tout ce que je souhaitais, c’était pouvoir garder un œil sur elle.



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28.05.20 16:18
Pas une seconde je ne la quitte du regard. Là, debout face à elle, toujours assise dans la poussière, j'hésite à m'assoir. On est toujours au milieu du passage et au milieu des autres... Je n'aime pas me sentir observée ou en position de faiblesse. Et étrangement, je n'ai pas envie de lui montrer qu'elle m'intéresse, parce que ça voudrait dire qu'on peut parler comme si on se connaissait... Et moi je n'aime pas vraiment ça. Je ne la connais pas, et même si elle est impressionnante et que son regard me captive, j'ai toujours tellement de peine à faire confiance... Que ce soit un homme ou une femme.
C'est le silence qui répond à mes questions en premier, la brune ne pipe pas le moindre mot. Et moi je l'observe toujours de mes grands yeux. Elle me sourit, c'est tout, d'un sourire doux et naturel, rien de faux. Rien qui le semble, en tout cas. Mais j'ai appris à me méfier des faux-semblants... Pourtant, un instinct me dit qu'elle, elle sourit vraiment. Pas comme les autres qui se contentent de me sourire, parce qu'ils veulent me rassurer. Me rassurer de quoi, d'abord ? Et soudain, elle ouvre la bouche, enfin. Et moi je l'écoute très attentivement. Elle m'avoue que mon regard l'a arrêté et m'assure que les gens qui vont et viennent ne savent pas réellement écouter. Pourtant, moi, je ne vois que des oreilles, que des yeux, je ne vois que des ennemis qui pourraient s'en prendre à moi et utiliser ce que je pourrais dire contre moi. Chez la vieille morue, les murs avaient des oreilles... alors que c'étaient des murs. Là ce sont des gens, ils ont vraiment des oreilles. Et en plus de ça, des yeux. Mes yeux à moi, ils se plissent sous mes sourcils qui se froncent lorsque la femme m'avoue enfin ce qu'elle veut de moi...
Te maintenir en vie, veiller sur toi...
Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? On ne se connait même pas... Pourquoi est-ce qu'elle voudrait veiller sur moi ? Le lièvre ricane et se rapproche de la femme au visage tendre, de l'une de ses énormes pattes, il s'empare d'une mèche de cheveux de la femme, la soulève et la renifle de son petit museau qui ne cesse de bouger, comme les vrais lapins. Ceux qui ne font pas deux mètres de haut et qui ne sont pas habillés d'un costume trois pièces coloré. Je ferme les yeux une seconde, les rouvre. Le lièvre n'est plus là, les cheveux de la femme se soulèvent sous le vent, simplement.
Je me concentre à nouveau sur les mots qu'elle prononce. Et cette fois, elle me pose une question.

- Ils me regardent et je les ai entendus, ils parlaient de moi.

La gentille femme se relève soudain, sans poser ses mains au sol. Et soudain, elle me propose de changer de place. Je hoche de la tête, presque reconnaissante qu'elle me le propose. Je n'aime pas rester trop longtemps à découvert, près d'autant de personnes. Passer vite à côté, ce n'est plus un problème aujourd'hui. Mais rester là, sans bouger, alors qu'ils sont tous là autour à bourdonner, ça me donne le tournis. Je sens mon coeur qui bat plus vite et plus fort dans ma poitrine, je ne me rend pas compte que le silence perdure un petit moment, avant d'entendre à nouveau la voix de la femme au visage d'ange.

- Non.

La réponse fuse si vite, que j'en sursaute. Je n'ai pas la moindre confiance en eux, mais à leur décharge, je n'ai confiance en personne. Ou en très peu de monde... Papa, je l'aime, mais il y a bien des choses que je refuse de lui dire. J'ai confiance, mais j'ai peur du regard qu'il pourrait me lancer. Maman... elle m'a laissée dans cette supérette. Ce n'est pas sa faute, je le sais, mais quelque chose s'est brisé entre nous ce jour-là. Aujourd'hui je ressens quelque chose de froid dans ma poitrine, comme un cure-dent planté dans l'une des valves, l'empêchant de bien respirer. Asael... il est mort. Madeline... elle est partie. Finalement, je n'ai confiance qu'en une seule personne. Mon bonhomme de neige, mon Winter. Une confiance aveugle. Quand à tous les autres... non, je n'ai pas la moindre foi en eux. La nature de l'homme est la trahison, provoquer la douleur et offrir le mal. Je n'ai plus confiance, parce qu'on m'a fait mal, beaucoup trop souvent.

- Non, j'ai pas confiance. Mais très peu de personnes m'inspirent ce sentiment, alors c'pas vraiment grave.

Je tiens toujours son pliage du ticket de métro entre mes doigts.

- On peut rester là, mais pas en plein milieu. Je n'aime pas qu'on me tourne autour comme ça.

Sans attendre qu'elle me réponde, je me retourne et me dirige dans un coin un peu plus éloigné, mais donnant toujours sur cette petite place où l'activité grouille toujours de protectors. Je n'ai pas très envie de me retrouver seule avec une inconnue, je n'aime vraiment pas ça. La seule et unique fois où c'est arrivé depuis que je ne suis plus la chose de la morue, c'était avec le diable. Un tête à tête avec lui.
J'avise un mur de l'aéroport et m'y adosse, me laisse glisser jusqu'au sol, ajustant mon sac en bandoulière à côté de moi. Les fesses dans la poussière, dos contre le mur, j'étend mes jambes et je la vois, la femme, qui m'a suivie. Elle m'intrigue, son regard il est tellement différent de ceux des autres, j'ai l'impression de m'y retrouver, moi, la folle au lièvre, la poupée brisée aux trop nombreuses hallucinations.

- De toute façon, en vrai, qu'est-ce que c'est la confiance aujourd'hui ? Les gens ont trop peur de mourir alors ils n'ont plus de parole.

Asael m'avait dit qu'il serait là, Madeline elle, elle nous a abandonné. Les gens n'ont plus aucune parole, alors à quoi bon leur faire confiance ?

- C'est quoi ton prénom ? Moi c'est Autumn.

Mes mains reposent devant mon ventre, sur mes jambes. Et je joue avec le petit bateau en papier, comme ramenée des années en arrière. Comme si j'avais toujours dix ans. Sauf que j'en ai seize et qu'il ne s'agit plus de la grande maison blanche de mon enfance, derrière moi, mais l'aéroport de Kelowna. Rempli de monstres...

- Et toi, tu leur fais confiance, à tous tes copains de là-dedans ?

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29.05.20 20:24
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On pouvait ne pas avoir toute sa tête, avoir de gros problèmes qui nous poursuivaient où que l’on aille. C’était ancré en nous, notre passé nous a poursuivi et il s’inscrivait malgré nous dans le présent et l’avenir. Parfois il était tout simplement bon de fermer la porte et d’en perdre la clef. Cependant, même pour les personnes brisées, elles pouvaient connaître des accalmies et avoir des éclairs de bon sens. La jeune princesse Peach pouvait devenir celle du conte si quelqu’un décidait de prendre ses blessures et ses responsabilités à sa place. Pour qu’elle soit bonne et juste, il fallait que quelqu’un se pose à sa droite et devienne le bourreau des personnes qui voudraient salir son esprit. Elle était l’espoir de demain et elle ne devait pas devenir quelqu’un comme moi. Tuer, faire justice soi-même, ce n’était pas pour tout le monde. Ce serait le choix de Boucle d’or, pas le mien et je resterais à sa droite pour la relever à chaque fois qu’elle trébucherait. Le vent venait caresser mes cheveux et mon regard se penchait légèrement sur la gauche. M’écoutait-il encore ? Il ne semblait plus être là. Il approuvait sans doute mes faits et gestes. Ce n’était donc que le vent. Glissant un élastique qui se trouvait sur mon poignet, j’entreprenais de faire une queue de cheval bien serré comme si j’empêchais le vent lui-même de flirter avec moi.

Entendre et écouter, deux choses totalement différentes. La jeune princesse aux cheveux d’ors aurait dû tendre l’oreille. Il est plus facile de savoir comment agir et paraître sans défense quand on sait à qui on à affaire. Après il suffit de prendre par surprise. Mais là c’était la tueuse au plus profond de moi qui pensait. Tous ces hommes qui voulaient voir sous mes jupes sans y être invités qui avaient obtenus un crac, mais pas celui auquel ils attendaient.

Les yeux qui perdaient peu à peu leur âme qui s’évanouissait et devrait rendre leurs comptes aux Enfers. Ils s’étaient éteints sur le sol de mon plancher. Il n’était pas toujours évident de tendre l’oreille et de prêter attention, mais au moment où tu rentrais dans un groupe, il était important de savoir le faire, surtout si tu ne souhaites pas faire confiance à n’importe qui. L’enfant aux traits presque adulte avait encore tant à apprendre. Parfois il est plus facile de s’enfermer dans son enfance pour se protéger des montres. En revanche, je n’étais pas certaine de pouvoir maintenir l’illusion qu’elle s’était créé sans même forcément s’en rendre compte. Je ne devais pas être la seule à la voir comme une enfant plus qu’une pré-adulte. On a tous un enfant en nous et si nous l’écoutions mieux, peut-être que l’humanité s’en serait déjà sorti. Mais l’individualisme prenait une place tellement importante en chaque adulte, d’autant plus à la fin de la société et à la fin des institutions.

Une nouvelle fois je me contentais d’abord de l’écouter, de la laisser s’exprimer sans jamais montrer ce que je pensais être une bonne ou une mauvaise chose. Elle n’était pas une personne mauvaise, elle ne semblait pas fermée comme moi et c’était une très bonne chose. Elle n’était encore totalement brisée et elle pouvait être réparée. Elle pouvait encore être protégée. Je suivais les pas de Peach là où elle avait décidé qu’elle se sentirait plus en sécurité. C’était amusant, jamais je ne me serais mise contre un mur en pensant être en sécurité. Cela enlevait des perspectives de fuites. Un léger sourire amusé se dessina sur mes lèvres sans pour autant que je n’exprime le fait que je n’aurai jamais été là à sa place. Chaque personne est différente, si pour elle c’était mieux, alors ça le serait pour nous deux. Un léger gloussement m’échappait néanmoins quand elle se présenta une seconde fois. La différence entre entendre et écouter, ou peut-être retenir dans ce cas précis. Puis tomba une question encore plus pertinente que les autres.

« Jessica… Mais tu peux m’appeler comme tu veux… Qu’est-ce qu’ils disaient sur toi ? Tu te souviens ? » La question était innocente, mais la personne qui la posait l’était nettement moins. Seulement il faisait parti de mon groupe et était donc intouchable, sauf si je trouvais qu’ils frisaient la limite et là peut-être que je glisserais un mot sous la porte de Pratt. Un oiseau sait se faire discret dans le ciel alors qu’il est pourtant à découvert. S’il fallait que je mette un ours sur les pistes des fouines qui se faufilaient dans les rangs, cela ne me dérangeait pas le moins du monde.

« J’ai confiance en moi et en mon jugement… C’est un bon début, tu ne crois pas ? Et toi… Est-ce que tu crois en toi ? »

Sa logique était bonne et tenait debout, pourtant, quand ses émotions étaient trop fortes, elle écoutait le chef des protectors et abattait de façon froide un homme, de manière violente et lente. Une mort douloureuse aux yeux de tous. Il n’y avait peut-être que moi qui voyait l’enfant et non un monstre assoiffé de sang à ce moment-là.

« J’ai confiance en notre chef… Tu sais pourquoi ? » Mais c’était une question rhétorique puisque j’allais lui donner la réponse. « Parce que je ne peux pas veiller sur tout, je n’ai pas l’âme d’un chef et je ne peux pas maintenir les monstres en laisse. Lui, il sait. Moi j’ai ma parole… Sauf si c'est un monstre en face de moi. Là elle ne vaut plus rien. Enfin… Un monstre qui ne fait pas parti du groupe. Ici c’est un semblant de société. Faire justice soi-même est une mauvaise idée, mais tu peux amener les miettes de pains aux bonnes personnes pour t’assurer que le glaive tombe au bon endroit… Je t’apprendrais si tu veux. Ne deviens pas quelqu’un que tu ne veux pas être Autumn… C’est très important ce que je te dis, d’accord ? » Caressant le sol poussiéreux avec la pointe de mon pied droit, je tentais de faire un dessin qui ne serait pas emporté tout de suite par le vent. « Dis-moi, si tu étais un animal, tu serais lequel ? » Cette question que l’on peut poser avec désinvolture avait une importance bien plus grande pour moi, et bientôt pour elle.


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03.07.20 10:58
Le papier est plié avec précision, les pliures écrasées avec soin. J'ai toujours voulu apprendre à faire ça, quand j'étais petite. Savoir faire des cygnes en papier, toutes sortes de formes, des canards, des dragons peut-être. Ca existe des hirondelles en papier ? Je tourne le bateau entre mes doigts et je deviens pensive, attendant la réponse de la grande dame aux si beaux yeux, à côté de moi. Je tente de décrypter cette chaleur qui s'empare de mon estomac... ce n'est pas de la joie, je sais la reconnaître. La joie, c'est quand je croise le regard de mon chevalier. C'est quand il me prend dans ses bras et que je peux sentir l'odeur de sa peau. La joie, c'est quand ma Dixie me sourit et me prend par la main. La joie, c'est que ça. Ce n'est pas non plus de la colère... ça, je connais la colère. Celle qui t'emporte et te dévore de l'intérieur. J'pense pas que ce soit de la confiance non plus, ni de la tristesse. Non... Je n'sais pas encore, mais je vais trouver. En tout cas, c'est quelque chose qui se passe là, entre la guerrière et moi. Je suis sûre, c'est une guerrière... Son regard ne me trompe pas, bien qu'elle ait cet air si doux au coin des yeux. Et elle me donne son nom, je me souviens alors qu'elle me l'a déjà dit...

- Ah oui, c'est vrai...

Quand la peur me tétanise, mon esprit s'embrouille. Et quand mon esprit s'embrouille, le lièvre est toujours là. Et je n'écoute plus. Les informations me passent au travers sans que je ne parvienne à les attraper de mes doigts tellement fins. Alors j'oublie ce qu'on me dit, comme son prénom. Peut-être n'ai-je pas même écouté, trop préoccupée par une quelconque fuite. Les inconnus me terrifient, mais ça, je l'ai déjà dit. Alors quand ils viennent me parler, je n'ai qu'une idée en tête...

*Mets-lui une gifle et cours. Parce que c'est l'heure du thé, et on ne rate jamais l'heure du thé ! JAMAIS !*

Une seconde, je ferme les yeux et soupire, avant de les rouvrir pour les fixer sur le bateau, comme une ancre à la réalité. Le lièvre se dandine dans la périphérie de mon regard, je reconnais ses grosses et larges pattes sur le sol poussiéreux de l'aéroport. Tu veux pas me laisser tranquille, pour une fois ? Son rire me parvient et j'inspire profondément avant de me concentrer à nouveau sur la jolie dame. Je dois l'écouter, je dois pouvoir lui répondre, sinon elle va me prendre pour une gamine incapable de tenir une conversation... et j'aime pas ça. Reprends-toi, Autumn... Qu'est-ce que ferait Dixie, à ta place ? Elle a toujours été plus forte que toi... De vous deux, c'était elle qui menait son monde. Notre monde. Et je le vois dans ses yeux, c'est encore plus le cas aujourd'hui. Moi je suis trop brisée... J'ai perdu mes rames, je ne sais plus mener ma barque.
Je relève la tête, elle me pose tous pleins de nouvelles questions. Et moi je la laisse continuer, secouant la tête pour lui dire que je ne savais plus ce qu'ils racontaient sur moi. Je voulais ni écouter ni comprendre, mais je les ai bien vu me pointer du doigt sans même se préoccuper de savoir si je les voyais. C'est de moi qu'ils parlaient. La guerrière dit avoir confiance en elle et en son jugement. Je l'admire. La confiance, je sais plus ce que c'est. Et quand elle me pose cette question, est-ce que je crois en moi, j'ai envie de lui répondre... que je ne crois plus en rien d'autre qu'en la cruauté de l'homme. Pourtant, je ne dis pas un mot. Si les adultes me croient encore une enfant, ils m'embêtent moins. Même si je ne supporte plus cette pitié qui brille dans leurs yeux. C'est drôle comme parfois, je rêverai qu'ils me prennent au sérieux, comme parfois je préfère largement qu'ils pensent à moi comme à une enfant.
La jolie dame prononce alors des mots qui m'intriguent soudainement. Je secoue vivement de la tête, je veux savoir pourquoi elle a confiance en son chef, le diable au sourire effrayant et pourtant si hypnotique... Raconte-moi, s'il te plait. Et la réponse ne tarde pas. Il sait maintenir les monstres en laisse... Mes doigts se resserrent sur le petit bateau. je veux savoir faire ça, je veux combattre les monstres. Et gagner, pour une fois. Comme l'autre jour... La guerrière, elle me sort de ces pensées-là pour me parler de leur société, de la justice. Encore elle... Je souris en entendant ses mots et détourne enfin mon regard du pliage en papier pour le tourner vers elle, le plongeant dans le sien qui m'observe depuis tout à l'heure. Je m'apprête à lui répondre, quand elle me prend au dépourvu avec une drôle de question.

- C'est quoi cette question ? C'est stupide.

Ma voix s'exprime d'elle-même, je rougis et regarde le pied de la jolie dame dessiner dans le sol.

- Enfin, j'veux dire, ça a pas grand chose à voir avec c'que tu as dit avant... mais j'pense je serais une hirondelle. Ou un chat... Non, une panthère. Avec le pelage noir, très noir. Et toi ? Tu serais quoi ?

Quelque chose de féroce, qui empêcherait quiconque de s'en prendre à moi. Quelque chose d'indépendant, qui sait ce qu'il veut et qu'on ne prend pas pour ce qu'il n'est pas. Un tendre petit agneau... Je ne veux plus être un agneau. Je ne veux plus être un petit lapin apeuré dans sa tanière, enfouit sous la terre. Je veux grogner, gronder, rugir. Je veux qu'on me prenne au sérieux.

- Dis... c'est quoi un monstre pour toi ? Pas un vrai monstre je veux dire, mais un quelqu'un de mauvais qui mérite le glaive...

S'il te plait, apprends-moi... J'veux être une guerrière, moi aussi. Je relève la tête soudainement, me rend compte que j'ai commencé à la tutoyer naturellement. Et mon coeur, lui, ne bat plus aussi vite qu'avant...

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