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 No parent should have to bury their child - feat Terrence



Logan Dwyerd
The pain doesn't go away

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Ancien métier : Professeur d'histoire de l'art et d'arts visuels à l'université de Kelowna
Occupation : Bricolage, maintenance et parfois expédition
Statut civil : Anciennement marié, surement veuf aujourd'hui
Lieu de naissance : Dans le trou du cul du Québec

No parent should have to bury their child - feat Terrence Giphy

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19.03.20 11:26
No parent sould have to bury their child.

   Terrence et Logan



Musique:
 

Une brise légère vint soulever les feuilles de l'arbre sous lequel se tenait Logan, faisant danser au sol milles tâches de lumière entre les brins d'herbe. Des mouches et des abeilles voletaient ça et là, bourdonnant et butinant les quelques fleurs qui s'offraient au soleil. Pissenlits, pâquerettes, petites cloches violettes, reines des prés. Autant de touches colorées qui attiraient le regard et ponctuait l'espace. De la mousse, d'un vert clair saturé, grimpait sur le tronc de l’ancêtre, lui couvrant l'écorce comme un manteau épais sur lequel une colonie de fourmis grimpait, l'une derrière l'autre dans une mécanique bien huilée, jusqu'au sommet. L'air était doux, calme, apaisant. Il y avait comme une musique dans l'air, une caresse, une promesse aussi peut être.
Dans les branches, bien au dessus de sa tête, un oiseau chanta. Qu'était-ce donc comme chant ? Se demanda l'ancien professeur. Levant les yeux, il ne vit rien entre les feuilles caduques. Le responsable se cachait bien en hauteur, dissimulé de la vue du curieux qui finit par abandonner ses recherches.

Depuis qu'il avait ouvert les yeux dans cet enfer, le grand roux avait beaucoup cherché.
Il avait cherché des réponses principalement, des réponses à ses questions incessantes, à ces manques dans sa tête. Il s'était cherché aussi, lui. Beaucoup de choses avaient changé en deux ans de latence, et il n'avait pas échappé à l'équation. L'ancien universitaire avait changé, il le sentait au fond de lui. Comme beaucoup d'autres, comme tous les autres peut être, il n'était plus le même qu'avant l'épidémie. Ce monde là, ou peut être la fin de l'ancien, avait fait évoluer la société, leur civilisation, ça les avait transformé eux en quelque chose d'autre, en survivant peut être tout simplement. Depuis quelques semaines, il apprenait donc autant qu'il cherchait. Il apprenait les nouvelles règles, il apprenait à survivre. Il réapprenait à vivre avec la peur, constante et omniprésente.
Nancy, mais aussi ses anciens étudiants qui se trouvaient encore à la Lyssa l'aidaient en ce sens. C'était d'ailleurs assez étrange de voir les rôles s'échanger. Logan n'osait aucune remarque, il suivait les conseils, assimilant comme il pouvait tout ce qu'on lui inculquait. Il était comme un enfant débarqué dans un nouveau pays, sans même connaître la langue. Mais se souvenait-il seulement de sa propre langue maternelle ? Si des flashs et des images lui revenaient parfois, tout restait très flou et approximatif, ce qui ne l'aidait pas à ré-apprivoiser son nouvel environnement, ni à se ré-apprivoiser lui-même.
Fini le grand professeur, fini le directeur de cursus, fini le chercheur, fini le docteur en histoire de l'art. Fini. Tout ce pourquoi il avait œuvré toute sa vie, tous ses combats, tout ça avait disparu, engloutit dans des souvenirs épars qui hantaient ses nuits. Le constat de la futilité de son ancien mode de vie lui aurait presque arraché un rire jaune, mais il y avait des disparitions bien plus dures à supporter que d'autres.


La poitrine du colosse se souleva dans une inspiration et ses yeux tombèrent sur la tombe au pied du grand chêne. La terre retournée, plus sombre qu'ailleurs, ainsi qu'une croix sommaire indiquaient l'emplacement. Déjà la végétation recommençait à pousser et bientôt elle recouvrirait totalement la dernière demeure de Leslie Byers. Accrochée aux bouts de bois croisés, une photographie montrait la jeune fille avec son père, un sourire apaisé sur les lèvres. Ils semblaient heureux. Heureux et vivants. Un nœud serra les entrailles du colosse, ainsi qu'une sensation d'étouffement. Il prit une profonde inspiration pour réprimer un sanglot mais ne pu retenir ses yeux de s'embrumer. Doucement, en silence, alors qu'il ne parvenait pas à détacher son regard du cliché, une larme salée humidifia sa joue et vint couler jusqu'au coin de sa bouche.
C'était donc ainsi, les nouvelles lois de ce monde cruel ? Les jeunes qui périssent et les vieux qui s'attardent ? Un constat amer et douloureux. A quoi bon tenir alors ? A quoi bon ? Quand on nous enlevait le meilleur de nous-même ?

Le visage couvert de taches de rousseur et les cheveux roux d'Owen, son sourire avec ces quelques dents de bébé, ses yeux rieurs, toutes ces images s'imposèrent dans l'esprit du père qui ferma les yeux pour les laisser l'envahir. Ses souvenirs de son fils étaient toujours brouillés, étranges, comme dans une brume d'incertitude. Il lui avait fallut du temps pour les accepter. Mais il lui avait fallut bien plus de temps encore pour accepter que c'était désormais tout ce qu'il aurait jamais plus de lui. Une sensation de vide envahit sa poitrine, ravivant une douleur sourde dans son crâne. Owen, son fils, son tout petit. Il était mort. Mort.
Personne ne pouvait savoir ce que faisait cette douleur là, la douleur du trépas d'un enfant. Personne. Personne à part ceux qui l'avait vécu. Et ils étaient de plus en plus nombreux désormais, à vivre avec cette douleur. De ne pas se savoir seul n'était pas pourtant un réconfort, loin de là. Car même si les parents restaient vivant, ils ne l'étaient plus totalement, vivant. Une partie d'eux mourrait en même temps que se fermaient les yeux de ces êtres qu'ils avaient aimé plus que de raison. Les vrais walking dead, ce n'étaient pas les zombies en définitive, mais plutôt tous les autres, ceux qui restaient, traînant encore leur carcasse en sursit sur cette terre maudite, les fantômes des êtres aimés aux fesses comme des chiens errants derrière un facteur.
Plusieurs fois, la nuit, alors qu'il était allongé seul dans son lit à l'hôpital, Logan s'était demandé s'il ne fallait pas mieux en finir. Mais peut être par manque de courage, ou encore pour ne pas devenir lui-même le fantôme d'une autre vivante, il n'avait jamais été plus loin que de fantasmer son suicide. Alors qu'il se tenait sous cet arbre aux épaisses branches, il s'imaginait bien y accrocher une corde et s'y balancer comme un pantin, mais non. Non. Il était toujours là, toujours en vie. Misère de misère.

Alors puisqu'il était toujours en vie, Logan continuait à chercher ses réponses, puisque dans le fond il ne lui restait que ça à quoi s'accrocher. Grâce à Nancy et à ses fragments de souvenirs, il avait réussi à reconstituer une partie du puzzle de sa vie, mais il restait un point qu'il avait besoin d'éclaircir. Un point auquel personne à la Lyssa ne pouvait apporter de réponse. Les circonstances de la mort d'Owen.
L'ancien professeur savait qu'il avait quitté la Lyssa avec son fils, accompagné d'une femme qui n'était jamais revenue, et d'un homme qui lui avait survécu et l'avait traîné blessé jusqu'à l'hôpital. Mais trouver cet homme, seul dernier témoin des événements tragiques dont son cerveau refusait catégoriquement de se rappeler, n'était plus désormais chose aisée.
Terrence Byers avait quitté leur groupe depuis plusieurs semaines, à la suite de la mort de sa fille, pour aller s'isoler dans la nature à l'extérieur de la ville. Les quelques fois où l'homme était repassé à l'hôpital, Logan était en expédition, si bien qu'ils ne s'étaient pas réellement recroisés depuis son réveil. Fatigué d'attendre ses visites, le colosse était aller trouver un autre colosse qui vivait en dehors de la ville et qui se trouvait être l'oncle de la petite Leslie. L'ours taciturne qu'il avait trouvé dans ce chalet perdu dans les bois ne l'avait pas beaucoup plus renseigné et avait même refusé de lui indiquer là où se trouvait le père Byers, prétextant que c'était à lui de choisir quand il serait prêt pour voir les autres. Le dénommé Khaaleb lui avait cependant conseillé de l'attendre sur la tombe de sa fille, où il se rendait souvent. La présence d'une fleur blanche et fraîchement coupée au pied de la croix venait corroborer cette hypothèse.


Cela faisait une bonne heure que Logan attendait, à l'ombre de ce grand arbre, sans même savoir si Terrence Byers pointerait ou non le bout de son nez. Dans le fond, attendre ne le dérangeait pas. Il faisait beau, et passer un peu de temps à l'extérieur, loin des autres et de la promiscuité de l'hôpital, lui faisait du bien. Il imaginait même assez bien ce qui avait poussé certaines personnes à s'isoler. Lui-même, bien que goûtant un peu de quiétude à ce silence et cette solitude, s'en savait incapable. Il était un animal social avant tout. Et bien qu'il ait gardé des réflexes acquis ces deux dernières années, il n'arrivait pas à se détacher du sentiment de peur et d'appréhension dès lors qu'il passait les portes de l'hôpital.


Ce fut alors, à une dizaine de mètres de lui, qu'une branche craqua au sol. Immédiatement son cœur bondit dans sa poitrine et sa main se serra sur le manche de la lourde masse qui lui servait d'arme. Pourtant, alors qu'il pivotait vers la provenance du bruit, il sentit un soulagement l'envahir en même temps que la peur s'estompait.
Ce n'était pas la silhouette d'un rôdeur qui approchait en contre jour mais bien celle de l'homme qu'il attendait. Il avait changé cet homme, maintenant qu'il le voyait de plus près, à l'image des épreuves qu'il avait du traversé. Il avait vieilli plus vite qu'il n'aurait du. Et au regard qu'il portait sur lui, Logan se dit qu'il ne devait pas être le seul à se faire ses remarques. Relâchant sa prise, le grand roux renifla et essuya ses yeux encore humides d'un revers de manche sans prendre la peine de se cacher.


« Bonjour Terrence... j'espérai vou...te trouver ici.» dit-il d'une voix grave et un peu enrouée en serrant la main que l'autre lui tendait dans un geste qui avait été longtemps une habitude pour eux. Le monde changeait, mais certains réflexes avaient la peau dure.
Se tournant tous les deux face à la tombe d'une fille pour l'un, d'une ancienne élève pour l'autre, ils restèrent quelques instants en silence, avec le bruit du vent dans les feuilles comme musique d'ambiance. « Je suis désolé... » finit par prononcer le géant dans un murmure. Pendant son attente, il avait longuement réfléchi à ce qu'il allait dire à cet homme. Sa fille avait été son élève, une gamine pétillante et pleine de talent dans laquelle il plaçait beaucoup d'espoir. Les deux hommes n'avaient jamais été très proches, du moins pas avant l'épidémie, gardant de bons rapports cordiaux de professeur et de parent d'élève. Ils s'entendaient bien, sans aller plus loin, et ce qui avait pu se passer entre eux ces deux dernières années, Logan ne s'en souvenait plus. Après avoir tourné plusieurs fois des phrases dans sa tête, c'était ça qui était sorti -je suis désolé- Ce n'était pas terrible, mais il n'avait tout simplement rien trouvé de mieux. Il n'y avait rien à dire de toute façon, ça il le savait mieux que personne.

Au bout d'un moment, il prit la décision de rompre le silence, et prenant une profonde inspiration il se tourna vers l'homme à l'arbalète.

« J'ai besoin de vous Terrence. Enfin de toi, j'ai besoin de toi pardon. » levant la main, il se gratta machinalement la cicatrice qui serpentait sur le côté de son crâne et le long de sa tempe. Les cheveux qu'on avait du raser pour le soigner repoussaient, ponctués de poils blancs parmi les roux. «  Je ne sais pas pourquoi mais depuis mon réveil, ma mémoire est un gruyère. Je ne me souviens de presque rien de ces deux dernières années. J'ai des flahs parfois, des trucs qui me reviennent mais ça reste... flou. C'est... c'est à peine si je me souviens de ceux du groupe... à peine si je me souviens d'Owen...» Cet aveu lui faisait l'effet d'une douche froide, et une sensation de culpabilité atroce lui envahit les boyaux. Se tournant légèrement, le colosse regarda l'homme qui se trouvait à côté de lui, un homme qui détenait les derniers éléments manquants. Pendant quelques instants, ils se regardèrent, ressentant sûrement la détresse de l'autre.
« J'ai besoin de savoir ce qui s'est passé Terrence... j'ai besoin de savoir comment mon fils est mort... »
   
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