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 No parent should have to bury their child - feat Terrence



Logan Dwyerd
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Ancien métier : Professeur d'histoire de l'art et d'arts visuels à l'université de Kelowna
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Statut civil : Anciennement marié, surement veuf aujourd'hui
Lieu de naissance : Dans le trou du cul du Québec

No parent should have to bury their child - feat Terrence Ln0v

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19.03.20 11:26
No parent sould have to bury their child.

   Terrence et Logan



Musique:
 

Une brise légère vint soulever les feuilles de l'arbre sous lequel se tenait Logan, faisant danser au sol milles tâches de lumière entre les brins d'herbe. Des mouches et des abeilles voletaient ça et là, bourdonnant et butinant les quelques fleurs qui s'offraient au soleil. Pissenlits, pâquerettes, petites cloches violettes, reines des prés. Autant de touches colorées qui attiraient le regard et ponctuait l'espace. De la mousse, d'un vert clair saturé, grimpait sur le tronc de l’ancêtre, lui couvrant l'écorce comme un manteau épais sur lequel une colonie de fourmis grimpait, l'une derrière l'autre dans une mécanique bien huilée, jusqu'au sommet. L'air était doux, calme, apaisant. Il y avait comme une musique dans l'air, une caresse, une promesse aussi peut être.
Dans les branches, bien au dessus de sa tête, un oiseau chanta. Qu'était-ce donc comme chant ? Se demanda l'ancien professeur. Levant les yeux, il ne vit rien entre les feuilles caduques. Le responsable se cachait bien en hauteur, dissimulé de la vue du curieux qui finit par abandonner ses recherches.

Depuis qu'il avait ouvert les yeux dans cet enfer, le grand roux avait beaucoup cherché.
Il avait cherché des réponses principalement, des réponses à ses questions incessantes, à ces manques dans sa tête. Il s'était cherché aussi, lui. Beaucoup de choses avaient changé en deux ans de latence, et il n'avait pas échappé à l'équation. L'ancien universitaire avait changé, il le sentait au fond de lui. Comme beaucoup d'autres, comme tous les autres peut être, il n'était plus le même qu'avant l'épidémie. Ce monde là, ou peut être la fin de l'ancien, avait fait évoluer la société, leur civilisation, ça les avait transformé eux en quelque chose d'autre, en survivant peut être tout simplement. Depuis quelques semaines, il apprenait donc autant qu'il cherchait. Il apprenait les nouvelles règles, il apprenait à survivre. Il réapprenait à vivre avec la peur, constante et omniprésente.
Nancy, mais aussi ses anciens étudiants qui se trouvaient encore à la Lyssa l'aidaient en ce sens. C'était d'ailleurs assez étrange de voir les rôles s'échanger. Logan n'osait aucune remarque, il suivait les conseils, assimilant comme il pouvait tout ce qu'on lui inculquait. Il était comme un enfant débarqué dans un nouveau pays, sans même connaître la langue. Mais se souvenait-il seulement de sa propre langue maternelle ? Si des flashs et des images lui revenaient parfois, tout restait très flou et approximatif, ce qui ne l'aidait pas à ré-apprivoiser son nouvel environnement, ni à se ré-apprivoiser lui-même.
Fini le grand professeur, fini le directeur de cursus, fini le chercheur, fini le docteur en histoire de l'art. Fini. Tout ce pourquoi il avait œuvré toute sa vie, tous ses combats, tout ça avait disparu, engloutit dans des souvenirs épars qui hantaient ses nuits. Le constat de la futilité de son ancien mode de vie lui aurait presque arraché un rire jaune, mais il y avait des disparitions bien plus dures à supporter que d'autres.


La poitrine du colosse se souleva dans une inspiration et ses yeux tombèrent sur la tombe au pied du grand chêne. La terre retournée, plus sombre qu'ailleurs, ainsi qu'une croix sommaire indiquaient l'emplacement. Déjà la végétation recommençait à pousser et bientôt elle recouvrirait totalement la dernière demeure de Leslie Byers. Accrochée aux bouts de bois croisés, une photographie montrait la jeune fille avec son père, un sourire apaisé sur les lèvres. Ils semblaient heureux. Heureux et vivants. Un nœud serra les entrailles du colosse, ainsi qu'une sensation d'étouffement. Il prit une profonde inspiration pour réprimer un sanglot mais ne pu retenir ses yeux de s'embrumer. Doucement, en silence, alors qu'il ne parvenait pas à détacher son regard du cliché, une larme salée humidifia sa joue et vint couler jusqu'au coin de sa bouche.
C'était donc ainsi, les nouvelles lois de ce monde cruel ? Les jeunes qui périssent et les vieux qui s'attardent ? Un constat amer et douloureux. A quoi bon tenir alors ? A quoi bon ? Quand on nous enlevait le meilleur de nous-même ?

Le visage couvert de taches de rousseur et les cheveux roux d'Owen, son sourire avec ces quelques dents de bébé, ses yeux rieurs, toutes ces images s'imposèrent dans l'esprit du père qui ferma les yeux pour les laisser l'envahir. Ses souvenirs de son fils étaient toujours brouillés, étranges, comme dans une brume d'incertitude. Il lui avait fallut du temps pour les accepter. Mais il lui avait fallut bien plus de temps encore pour accepter que c'était désormais tout ce qu'il aurait jamais plus de lui. Une sensation de vide envahit sa poitrine, ravivant une douleur sourde dans son crâne. Owen, son fils, son tout petit. Il était mort. Mort.
Personne ne pouvait savoir ce que faisait cette douleur là, la douleur du trépas d'un enfant. Personne. Personne à part ceux qui l'avait vécu. Et ils étaient de plus en plus nombreux désormais, à vivre avec cette douleur. De ne pas se savoir seul n'était pas pourtant un réconfort, loin de là. Car même si les parents restaient vivant, ils ne l'étaient plus totalement, vivant. Une partie d'eux mourrait en même temps que se fermaient les yeux de ces êtres qu'ils avaient aimé plus que de raison. Les vrais walking dead, ce n'étaient pas les zombies en définitive, mais plutôt tous les autres, ceux qui restaient, traînant encore leur carcasse en sursit sur cette terre maudite, les fantômes des êtres aimés aux fesses comme des chiens errants derrière un facteur.
Plusieurs fois, la nuit, alors qu'il était allongé seul dans son lit à l'hôpital, Logan s'était demandé s'il ne fallait pas mieux en finir. Mais peut être par manque de courage, ou encore pour ne pas devenir lui-même le fantôme d'une autre vivante, il n'avait jamais été plus loin que de fantasmer son suicide. Alors qu'il se tenait sous cet arbre aux épaisses branches, il s'imaginait bien y accrocher une corde et s'y balancer comme un pantin, mais non. Non. Il était toujours là, toujours en vie. Misère de misère.

Alors puisqu'il était toujours en vie, Logan continuait à chercher ses réponses, puisque dans le fond il ne lui restait que ça à quoi s'accrocher. Grâce à Nancy et à ses fragments de souvenirs, il avait réussi à reconstituer une partie du puzzle de sa vie, mais il restait un point qu'il avait besoin d'éclaircir. Un point auquel personne à la Lyssa ne pouvait apporter de réponse. Les circonstances de la mort d'Owen.
L'ancien professeur savait qu'il avait quitté la Lyssa avec son fils, accompagné d'une femme qui n'était jamais revenue, et d'un homme qui lui avait survécu et l'avait traîné blessé jusqu'à l'hôpital. Mais trouver cet homme, seul dernier témoin des événements tragiques dont son cerveau refusait catégoriquement de se rappeler, n'était plus désormais chose aisée.
Terrence Byers avait quitté leur groupe depuis plusieurs semaines, à la suite de la mort de sa fille, pour aller s'isoler dans la nature à l'extérieur de la ville. Les quelques fois où l'homme était repassé à l'hôpital, Logan était en expédition, si bien qu'ils ne s'étaient pas réellement recroisés depuis son réveil. Fatigué d'attendre ses visites, le colosse était aller trouver un autre colosse qui vivait en dehors de la ville et qui se trouvait être l'oncle de la petite Leslie. L'ours taciturne qu'il avait trouvé dans ce chalet perdu dans les bois ne l'avait pas beaucoup plus renseigné et avait même refusé de lui indiquer là où se trouvait le père Byers, prétextant que c'était à lui de choisir quand il serait prêt pour voir les autres. Le dénommé Khaaleb lui avait cependant conseillé de l'attendre sur la tombe de sa fille, où il se rendait souvent. La présence d'une fleur blanche et fraîchement coupée au pied de la croix venait corroborer cette hypothèse.


Cela faisait une bonne heure que Logan attendait, à l'ombre de ce grand arbre, sans même savoir si Terrence Byers pointerait ou non le bout de son nez. Dans le fond, attendre ne le dérangeait pas. Il faisait beau, et passer un peu de temps à l'extérieur, loin des autres et de la promiscuité de l'hôpital, lui faisait du bien. Il imaginait même assez bien ce qui avait poussé certaines personnes à s'isoler. Lui-même, bien que goûtant un peu de quiétude à ce silence et cette solitude, s'en savait incapable. Il était un animal social avant tout. Et bien qu'il ait gardé des réflexes acquis ces deux dernières années, il n'arrivait pas à se détacher du sentiment de peur et d'appréhension dès lors qu'il passait les portes de l'hôpital.


Ce fut alors, à une dizaine de mètres de lui, qu'une branche craqua au sol. Immédiatement son cœur bondit dans sa poitrine et sa main se serra sur le manche de la lourde masse qui lui servait d'arme. Pourtant, alors qu'il pivotait vers la provenance du bruit, il sentit un soulagement l'envahir en même temps que la peur s'estompait.
Ce n'était pas la silhouette d'un rôdeur qui approchait en contre jour mais bien celle de l'homme qu'il attendait. Il avait changé cet homme, maintenant qu'il le voyait de plus près, à l'image des épreuves qu'il avait du traversé. Il avait vieilli plus vite qu'il n'aurait du. Et au regard qu'il portait sur lui, Logan se dit qu'il ne devait pas être le seul à se faire ses remarques. Relâchant sa prise, le grand roux renifla et essuya ses yeux encore humides d'un revers de manche sans prendre la peine de se cacher.


« Bonjour Terrence... j'espérai vou...te trouver ici.» dit-il d'une voix grave et un peu enrouée en serrant la main que l'autre lui tendait dans un geste qui avait été longtemps une habitude pour eux. Le monde changeait, mais certains réflexes avaient la peau dure.
Se tournant tous les deux face à la tombe d'une fille pour l'un, d'une ancienne élève pour l'autre, ils restèrent quelques instants en silence, avec le bruit du vent dans les feuilles comme musique d'ambiance. « Je suis désolé... » finit par prononcer le géant dans un murmure. Pendant son attente, il avait longuement réfléchi à ce qu'il allait dire à cet homme. Sa fille avait été son élève, une gamine pétillante et pleine de talent dans laquelle il plaçait beaucoup d'espoir. Les deux hommes n'avaient jamais été très proches, du moins pas avant l'épidémie, gardant de bons rapports cordiaux de professeur et de parent d'élève. Ils s'entendaient bien, sans aller plus loin, et ce qui avait pu se passer entre eux ces deux dernières années, Logan ne s'en souvenait plus. Après avoir tourné plusieurs fois des phrases dans sa tête, c'était ça qui était sorti -je suis désolé- Ce n'était pas terrible, mais il n'avait tout simplement rien trouvé de mieux. Il n'y avait rien à dire de toute façon, ça il le savait mieux que personne.

Au bout d'un moment, il prit la décision de rompre le silence, et prenant une profonde inspiration il se tourna vers l'homme à l'arbalète.

« J'ai besoin de vous Terrence. Enfin de toi, j'ai besoin de toi pardon. » levant la main, il se gratta machinalement la cicatrice qui serpentait sur le côté de son crâne et le long de sa tempe. Les cheveux qu'on avait du raser pour le soigner repoussaient, ponctués de poils blancs parmi les roux. «  Je ne sais pas pourquoi mais depuis mon réveil, ma mémoire est un gruyère. Je ne me souviens de presque rien de ces deux dernières années. J'ai des flahs parfois, des trucs qui me reviennent mais ça reste... flou. C'est... c'est à peine si je me souviens de ceux du groupe... à peine si je me souviens d'Owen...» Cet aveu lui faisait l'effet d'une douche froide, et une sensation de culpabilité atroce lui envahit les boyaux. Se tournant légèrement, le colosse regarda l'homme qui se trouvait à côté de lui, un homme qui détenait les derniers éléments manquants. Pendant quelques instants, ils se regardèrent, ressentant sûrement la détresse de l'autre.
« J'ai besoin de savoir ce qui s'est passé Terrence... j'ai besoin de savoir comment mon fils est mort... »
   
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Terrence Byers
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05.04.20 14:42
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  Logan & Terry




Depuis l'enterrement de Leslie, Terry avait quasiment disparu de la Lyssa Squad. Rester là-bas, lui était devenu intolérable. Il avait bien essayé de prendre sur lui et de rester, pour Imane, pour Aïda, pour Kaniel, James mais... c'était au-dessus de ses forces. Il avait l'impression de voir Leslie partout, tel un fantôme souriant qui errait avec légèreté et espièglerie dans chaque recoin de l'hôpital qu'ils avaient investit et qu'elle avait parcouru, comme les couloirs, le réfectoire, le sous-sol, et lorsqu'il passait devant ce qui avait été sa chambre, il avait l'impression qu'elle allait en surgir soudainement, comme si tout ceci n'avait été qu'un horrible cauchemar. Alors il avait fait ce que Khaaleb avait fait bien avant lui, à son tour, il avait fini par plier bagage et s'en aller pour faire ce qu'il faisait toujours quand il souffrait, se cacher. Il savait que s'il lui avait demandé, Khaaleb l'aurait accueillit à bras ouvert dans son chalet, mais ce n'était pas seulement les gens de la Lyssa que Terry fuyait, c'était les gens en générale, et plus particulièrement les personnes comme Khaaleb qui avait eut un lien très fort avec Leslie. Le chalet de Khaaleb regorgeait de souvenirs avec sa fille, qui datait des jours où elle n'était encore qu'une gamine qui grimpait dans les arbres environnant pour gagner de la hauteur afin de mieux les bombarder avec ses boules de neige, à récemment, lorsqu'ils étaient venus trouver refuge chez lui au moment où les virulents avaient commencé à envahir tout le territoire. Retourner là-bas, alors qu'elle n'était plus là, lui paraissait tout aussi insurmontable que de s'en retourner à la Lyssa. Alors il avait trouvé refuge dans son campement, celui-là même qu'il avait construit quelques mois plus tôt et où Khaaleb l'avait trouvé, au fond de la forêt. Un lieu qu'il pourrait occuper durant les beaux jours mais qu'il serait contraint d'abandonner à nouveau lorsque l'hiver et ses températures mortelles seraient de retour, ce qui lui laissait encore quelques mois de répit. Son campement bien que dépouillé d'apparence, regorgeait de tout le nécessaire dont il avait besoin. Du bois ramassé en chemin pour alimenter son feu quand il en faisait un, une bâche pour recouvrir sa moto adossé contre un arbre, un tronc d'arbre reposant de tout son long faisait office de banc sur lequel il s'asseyait pour fabriquer lui-même ses flèches ou tout simplement pour se poser et manger. Sur un étendoir en bois qu'il avait lui-même construit, séchait une peau de lapin qu'il avait commencé à tanner. Un filet de pêche avait été tendu ainsi que de nombreux pièges disséminés ça et là pour piéger autant les morts que les vivants. Sans Clebs, Terry aurait passé ses nuits en hauteur, dans la cabane qu'il s'était construit et qui le protégeait tant de la pluie que des virulents plus chanceux qui auraient pu passer à travers ses pièges, mais avec le chien il n'était pas question de dormir là-haut en laissant l'animal seul, alors si la cabane perché dans les arbres abritait tout son matériel de première nécessité comme son stock de carreaux, des cordes, ou encore une trousse de premier soin, il n'y dormait plus et avait trouvé une solution de rechange. Il s'était construit un rafiot avec des rondins de bois et passait la nuit sur l'eau. Il n'avait encore jamais vu de virulent nager la brasse et même si l'un deux venait à s'accrocher à son radeau il ne pourrait jamais grimper dessus et quand bien même, Terry qui avait le sommeil léger, serait immédiatement réveillé par les secousses provoqué par la créature qui aurait fait tanguer le bateau en s'y accrochant et les aboiements de Clebs.

Si la solitude était un problème pour la majorité des gens, ce n'était pas son cas, au contraire, il appréciait ce calme ambiant, n'ayant pas à supporter le jacassement incessant des uns et des autres, il se retrouvait seul avec lui-même avec pour seule compagnie celle de Clebs. Ses journées étaient bien remplies, ponctuées de nombreuses tâches toutes plus diversifiées les unes que les autres, comme la pêche qui n'était pas du tout l'un de ses points forts, la chasse, tanner la fourrure du gibier qu'il avait chassé, fabriquer ses flèches, et d'autres activités qui contribuait à sa survie. Mais s'il y avait bien quelque chose que Terry faisait régulièrement, c'était se rendre sur la tombe de Leslie pour y déposer une fleur qu'il avait ramassé au cour de la journée. Il s'y rendait parfois le matin aux aurores ou à la tombée du soir, à des moments de la journée où il savait qu'il ne risquerait de croiser personne, pourtant ce jour-là, c'était en pleine après-midi qu'il avait décidé de s'y recueillir. Le coeur lourd, le visage grave, son arbalète à l'épaule et Clebs trottinant joyeusement à ses côtés, il marcha à travers les hautes herbes qui avaient envahit le paysage en direction de cet imposant chêne centenaire qui trônait au milieu du paysage et au pied duquel reposait désormais sa fille.
Ce ne fut qu’à la dernière minute, qu’il réalisa que quelqu’un se recueillait déjà sur la tombe, un homme dont la silhouette imposante ne lui pas inconnue. Maudissant silencieusement celui qui l’empêchait de venir se recueillir tranquillement tout autant que sa stupide idée d'être venu si tôt, se jurant intérieurement qu'on ne l'y reprendrait plus, Terry voulut faire demi-tour lorsque l’homme en question fit volte-face dans sa direction après l’avoir entendu marcher sur une branche sèche, manquant autant d'attention qu'un vulgaire débutant. Cet homme, qui, effrayé, avait brandit sa masse dans sa direction, il ne le connaissait que trop, et.. Leslie également. La jeune fille appréciait énormément les cours d'art que cet homme lui prodiguait deux fois par semaine en fin de journée après les cours, et si elle était naturellement douée dans ce domaine, nul doute que les talents de pédagogue de Logan l'avaient aidé à s'épanouir et à progresser incontestablement en lui dispensant les techniques qui lui manquait alors pour perfectionner ses talents naturels.

La dernière fois que Terry avait vu cet homme, il gisait inconscient dans cette forêt, une vilaine blessure à la tête. Terry l'avait trainé jusqu'à l'hôpital où James s'était occupé de lui, mais jamais, du temps où il y vivait encore, Logan ne s'était réveillé. Certains disaient même qu'il ne se réveillerait plus jamais... de toute évidence ces personnes avaient eut tort. Bien que l'envie était forte, Terry renonça à s’en aller. Il continua à s'avancer en direction de la tombe pour y rejoindre l’homme en silence. Debout à côté de lui, Terrence paraissait petit face à cette armoire à glace qui avait un peu la même carrure que Khaaleb, mais c'était bien là tout ce qu'il avait en commun avec son ex beau-frère. Face à la tombe, le père de Leslie observa la fleur blanche qui s'y trouvait et qu'il avait déposé la veille sur la modeste tombe. Au début, elle regorgeait de fleurs déposées ça et là par les gens qui avaient connu sa fille et qui étaient venus lui rendre un dernier hommage. Mais plus les jours passaient et plus les présents se faisaient rares, seul lui et Khaaleb passaient encore régulièrement. Terry fixa la photo qu'il avait punaisé sur la croix où était gravé son nom et sur laquelle la jeune fille souriait à la vie mais ça, c'était avant de quitter brutalement et beaucoup trop vite, ce foutu monde de merde

La voix grave de Logan déchira le silence et si Terry n'eut aucune réaction face à ses hésitations entre le vouvoiement et le tutoiement, il finit cependant par détacher son regard de la croix pour se tourner vers le grand roux qui lui bredouilla des condoléances qui, aux regards de certains auraient pu paraître maladroites, mais qui à ses yeux étaient on ne peut plus sincère. Logan avait les yeux vitreux et paraissait encore plus bouleversé que lui en cet instant. Il était fort probable, à en juger par sa réaction qu'il venait à peine d'apprendre pour le décès de sa fille. Acquiesçant d'un signe de tête, Terry le remercia silencieusement avant de se tourner à nouveau vers la tombe qui leur faisait face. Les mots prononcés par Logan lui suffisait, il n'avait nul besoin et surtout nul envie, de l'entendre déblatérer inutilement sur l'injustice et la cruauté de la vie.
« Je suis désolé »,
ces trois mots, prononcés avec sincérité par un homme avec qui il partageait le même malheur, ce suffisaient à eux-mêmes, il n'y avait rien d'autre à rajouter. Ils étaient tous deux bien placé pour savoir, qu'en pareille circonstance, les mots étaient inutiles.

Terry, qui n'avait pas revu Logan depuis cette agression dont il avait été la victime, aurait pu se réjouir de le voir debout sur ses deux jambes, en pleine possession de ses moyens et lui dire qu'il était content de voir qu'il s'était remis, pourtant il n'en fit rien. Terrence n'était pas là pour ça, il était là pour Leslie et la présence de Logan n'était qu'un imprévu avec lequel il composait. Aussi égoïste que cela pouvait sembler, Terrence avait déjà bien assez à faire avec sa propre douleur qu'il gérait comme il pouvait, pour encore se soucier des autres et de leurs problèmes.
S'accroupissant sur la tombe, il y déposa une nouvelle fleur blanche à côté de la première tout en effleurant de ses mains les petites pousses de verdures qui commençaient à fleurir sur la tombe. Se relevant sans quitter des yeux la petite tombe, il fut tiré de ses pensées par la voix de Logan qui lui demandait son aide. La main droite refermé sur la lanière de son arbalète, Terrence se contenta de tourner son visage vers le colosse dans l'attente de la suite. Il ignorait ce que Logan avait l'intention de lui demander mais quoi que ce fut, il savait déjà qu'il répondrait par la négative. Tout ce que Terry voulait à l'heure actuelle c'était qu'on le laisse tranquille, il ne se sentait pas en état de faire quoi que ce soit pour qui que ce soit. Entendre Logan lui avouer qu'il souffrait d'une certaine amnésie depuis son réveil fit naître un petit sourire sans joie sur ses lèvres alors que ses yeux se reposaient à nouveau sur la tombe de Leslie

- J'suis pas toubib, vois ça avec James. Pour ce qu'il y a se souvenir tout' manière...

Alors qu'il faisait demi-tour, prêt à s'en aller et à laisser Logan en plan, Terrence s'arrêta net en entendant l'ancien professeur lui avouer qu'il ne se rappelait plus des gens qui l'entourait, mais surtout qu'il n'avait plus le moindre souvenir de son fils, Owen. Silencieux, serrant un peu plus la lanière de son arbalète dans le creux de sa main, Terrence fixa le sol qui se trouvait à ses pieds. Bien que la perte de Leslie était une souffrance comme il n'en n'avait encore jamais connu, jamais il n'aurait voulu oublier ne serait-ce qu'un seul souvenir d'elle. Cela pouvait paraître plus facile de vivre ainsi, sans aucun souvenir et sans souffrance et pourtant, il ne l'aurait souhaité pour rien au monde, parce que c'était renier son existence et tout ce qu'elle lui avait pu lui apporter dans la vie. Se tournant pour faire à nouveau face à Logan il pu lire dans son regard une peine et un désarroi qu'il répondait en lui comme un écho douloureux. Comment, en de telles circonstances, aurait-il pu le planter-là ? Comment aurait-il pu refuser ce qu'il demandait ? Il comprenait plus que nul autre cette demande on ne peut plus légitime. Acquiesçant d'un signe de tête, il ouvrit la marche, invitant Logan à le suivre

- De quoi tu t'souviens au juste ?
Lui demanda-t-il de sa voix rocailleuse

Clebs devant eux, les deux hommes avaient quitté l'écrin de verdure dans lequel Leslie reposait pour s'enfoncer un peu plus dans la forêt dont la terre était recouverte de feuilles mortes ce qui rendait certains talus glissant pour ceux qui n'avaient pas l'habitude de s'aventurer dans ce genre d'environnement. Terrence ne lui avait rien dit, mais il avait décidé de conduire Logan là où tout avait commencé, en se disant que la mémoire lui reviendrait peut-être en revenant sur les lieux où le cauchemars de l'ancien professeur avait commencé. Descendant un talus, Terrence se tourna vers Logan une fois qu'il fut en bas, pour voir s'il le suivait toujours. C'est alors que derrière lui, les taillis se mirent à tressaillir, faisant volte-face en pointant son arme sur la silhouette qui venait de surgir derrière lui, Terrence décocha une flèche qui siffla dans l'air avant de se figer dans la tête d'un virulent qui portait une combinaison en lambeau. Aux aguets, il balaya les environs du regard à la recherche d'éventuels autres bouffeurs mais n'apercevant ni n'entendant rien de suspect, il s'avança vers le cadavre de la créature pour récupérer sa flèche avant de poursuivre sa route comme si tout était normal. Maintenant que Logan avait terminé de lui narrer les bribes de ses souvenirs, il entreprit à son tour de lui révéler ce qu'il savait

- Owen était tombé malade, ça faisait quelques jours déjà et sa fièvre ne faisait qu'augmenter malgré les soins de James, alors tu m'as demandé de t'amener à Highgate, c'est une autre communauté, là-bas ils ont un médecin un peu plus expérimenté que James et tu espérais qu'il pourrait t'aider. On a fait la route avec Owen et Lindsay. Tu t'souviens de Lindsay ? C'était une collègue à toi, j'crois qu'elle enseignait aussi les arts mais j'sais pas trop j'lui ai jamais parlé avant ce jour-là. Elle s'inquiétait pour Owen, c'est pour ça qu'elle nous a accompagné, et puis j'crois qu'elle voulait découvrir comment vivait les gens de Highgate. C'est ici,
fit-il en s'arrêtant tout en désignant le sentier avec la flèche ensanglanté qu'il avait utilisé et qu'il tenait toujours dans sa main, qu'on s'est fait attaquer. J'sais pas qui ils étaient mais ces types en avaient après nos vies, alors on a caché Lindsay et Owen par là.

Montant un talus, Terry sauta par-dessus un tronc d'arbre couché sur le sol avec la souplesse d'un félin puis, il descendit l'autre versant. Là, dissimulée par une rangée de sapins se trouvait une petite cabane

- On a caché Lindsay et Owen ici, puis on s'est séparé, toi t'es parti dans cette direction, et moi par là. Notre plan avait marché, ils se sont séparés pour nous poursuivre, fit-il en empruntant le chemin que Logan avait prit. J'sais pas combien de temps ça a pris mais j'ai fini par abattre mes trois poursuivants qu'étaient pas des enfants de choeurs et après ça, j'ai immédiatement fait demi-tour pour retrouver Lindsay et l'petit et t'aider. Quand j'suis retourné là où on les avait laissé...

Terry s'interrompit pour jeter un regarder navré sur Logan avant de poursuivre

- Ces abrutis étaient armés d'armes à feu, la détonation de leurs fusil à pompe et autres revolver ont attirer les virulents du coin... Quand j'suis arrivé y en avait 5 qui... il étaient entrain de dévorer le cadavre de Lindsay, du moins de ce qu'il en restait... J'suis désolé... fit-il à son tour un peu penaud en posant sa main sur le bras de l'homme qui avait perdu son fils dans cette expédition qui n'aurait du présenter aucun danger et qui pourtant avait mal tourné à cause d'autres vivants. Tout ce que j'ai retrouvé d'Owen c'était l'une de ses chaussures...

Owen n'était encore qu'un bébé, il n'aurait jamais pu s'en sortir seul. Qui plus est, et bien qu'il préféra ne rien en dire à Logan, Terry était revenu ici juste après avoir ramené Logan à l'hôpital. Il ne savait pas trop ce qu'il recherchait, peut-être un miracle, mais comme il fallait s'en douter, le miracle n'avait pas eut lieu, quoi de plus normal, depuis quand y avait-il dans ce monde de merde ? Il ne restait plus grand chose du corps de Lindsay, autant dire qu'il avait peu de chance de retrouver les reste d'un si petit enfant qu'Owen dont les virulents n'avaient du faire qu'une bouchée. C'était là, au milieu de cet amas de chair ayant appartenu à Lindsay et de sang, qu'il avait retrouvé la petite chaussure ensanglantée d'Owen. Terry laissa un peu de temps à Logan pour encaisser le choc de la nouvelle avant de reprendre

- Toi, j'sais pas ce qui t'es arrivé. Quand j't'ai retrouvé tu gisais inconscient ici. La suite tu la connais.  

Logan se rappelait-il de quelque chose à présent ? Est-ce que les événements de cette journée lui revenait en mémoire ?

 

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12.04.20 9:46
No parent sould have to bury their child.

   Terry et Logan



Depuis le décès prématuré de la petite Leslie, Terry s'était retiré de tout, fuyant dans les bois ces contacts qui ne semblaient rendre que plus poignante l'absence insoutenable de son enfant. Cette décision, qui pouvait paraître égoïste à certains rageux de la Lyssa, comme Logan la comprenait. Dès lors qu'il avait lui même éprouvé le poids du deuil, il lui était devenu difficile de soutenir le regard désolé des autres, de tous ces amis anonymes dont il se souvenait à peine du nom. L'affliction qu'il lisait dans leurs yeux, ces mains de soutien et de réconfort sur son bras, il ne les supportait pas. Il ne les supportait pas parce qu'elles rendaient plus vrai encore cet chose intolérable qu'était la disparition d'un fils dont il avait à peine retrouvé le souvenir, et peut être parce que dans le fond, il n'arrivait pas encore à l'accepter. Seules deux personnes ne provoquaient pas chez l'ancien professeur ce désir de fuite, sûrement parce qu'ils avaient été plus proche de lui que les autres. Il y avait James bien sur, le médecin du groupe, qui plus le temps passait plus lui rappelait une version plus jeune de lui-même. Et Nancy aussi. Nancy, qui plus encore que les autres avait été touchée par la mort d'Owen. Il s'en était étonné d'abord, mais après tout ça avait du sens aussi. Pendant presque deux ans son ancienne collègue avait été là pour le gamin, jouant les mères de substitution sans en avoir l'air. Pour elle aussi, la douleur de la perte devait être grande, tout comme le chagrin qui semblait être le seul sentiment qu'ils acceptaient de partager l'un avec l'autre. Depuis qu'il avait ouvert les yeux après son coma, quelque chose avait changé dans sa relation avec la jeune femme, et ses vagues souvenirs lui indiquaient que ça avait commencé bien avant ça. Mais malgré tout persistait encore la gène, l'interdiction. C'était peut être à cause de cette frustration et ces barrières qu'ils dressaient entre eux que les sentiments se faisaient tous les jours plus forts et violents. Plus douloureux aussi. Il savait ne vouloir ni ne pouvoir y céder.

La situation devenait difficile, parfois même invivable, entre ces regards compatissants qu'il fuyait et ceux de Nancy qu'il cherchait tout en sentant la morsure. Alors oui, s'il en avait été capable, lui aussi aurait comme Terry quitté la communauté pour aller trouver refuge là où personne ne pourrait lui rappeler sans cesse ce vide terrible qu'on avait creusé dans sa poitrine. Il aurait pu se consacrer entièrement à son seul souvenir, s'enfoncer dans sa mélancolie. Et un jour, s'il avait trouvé assez de courage en lui, il aurait pu en finir.
Mais ce courage là le géant en était pour le moment incapable, tout comme le fait d'abandonner ces gens qu'il réapprenait à connaître et même à aimer. Et il y avait encore ces questions, ces questions qui le hantaient jour et nuit, qu'il eut les paupières ouvertes ou clauses. Il devait savoir, à tout prix !

A voir le père Byers devant lui, à observer ses gestes et ses réponses bourrues, il était facile de comprendre que ce dernier n'avait aucune intention de l'aider, et Logan était bien placé pour comprendre pourquoi. Il savait que son interlocuteur lui fausserait compagnie à la première occasion, bien déterminé à ne laisser personne troubler sa retraite d'hermine. Mais le grand roux ne comptait pas le laisser lui échapper. Qu'il ne veuille ou non, il avait besoin de l'ancien militaire qui était le seul à détenir une des dernières clefs de sa mémoire. Il avait passé toutes les dernières heures d'attente à préparer une plaidoirie en sa faveur, pour le convaincre.
Pourtant, il comprit vite qu'il n'aurait pas besoin de beaucoup plus d'arguments. Le simple nom d'Owen avait suffit à changer le regard de l'homme qui lui faisait face. Bien qu'un peu surpris de la facilité de la chose, Logan n'en fut pas moins soulagé. Terrence vivait la même chose que lui, simplement de façon différente, et de le voir prêt à l'aider lui apportait le seul soutien dont il avait besoin présentement.


L'un devançant l'autre, les deux hommes se mirent en chemin, laissant derrière eux la petite tombe sous le grand chêne à laquelle Logan jeta un dernier regard, le cœur serré. Le géant ignorait où est ce que l'autre le conduisait, mais il savait qu'il pouvait avoir confiance en son guide qui lui semblait connaître leur destination. Très vite, ils se glissèrent sous le couvert des bois. Ici l'air était plus frai, le soleil ne traversant la cime des arbres qu'en de rares rayons de lumière dorée. La brise, toujours présente, faisait danser les branches et grincer les troncs ce qui parfois faisait s'emballer le rythme cardiaque de l'enseignant qui n'avait plus l'habitude de cette nature oppressante. Sous leurs pas, des branches et des feuilles mortes craquaient, et parfois, un insecte ou une araignée se révélait, courant se cacher là où la semelle de leurs chaussures ne pourrait les écraser. Contrairement à la ville de Kelowna qui était envahit par une odeur de pourriture perpétuelle, il n'y avait ici que sève et humus pour leur chatouiller le nez. Sentant d'ailleurs ses allergies se réveiller et la moutarde lui monter au cerveau, Logan réprima un éternuement, suivi d'un autre et encore d'un autre. Tirant un morceau de tissu de sa poche, il essaya de se moucher avec le moins de bruit possible. Ce geste avait toujours tendance à lui attirer le regard noir de Nancy dès lors qu'il le faisait en sortie à l'extérieur, mais il ne pouvait pas dignement rester la goutte au nez !
Repliant le mouchoir dans sa poche, il entendit la voix de Terrence juste devant lui. Croyant d'abord qu'il allait avoir droit à une petite remontrance, il fut surpris de constater qu'il n'en était rien et que l'autre l'interrogeait sur ce qui lui restait de mémoire. Surpris, le grand roux resta quelques secondes silencieux, cherchant les mots justes, regardant quelques mètres devant eux le grand berger-allemand ouvrir la marche.

« Je n'en sais rien... c'est très flou. » Finit-il par articuler en levant son pied pour éviter une épaisse racine qui dépassait du sol. Il n'était pas habitué à évoluer dans ce genre d'environnement, et on sentait bien que son corps aux proportions démesurées n'était pas battit pour avancer facilement dans la forêt. Heureusement pour lui, ses grandes jambes lui permettaient d'avancer vite et de ne pas se laisser distancer par son guide, beaucoup plus à l'aise dans les sous bois. Il lui enviait d'ailleurs sa démarche féline et rapide, alors que lui même se sentait lourd et pataud. Essayant de ne se cogner à aucune branche basse qui aurait eu tôt fait de l'assommer, le géant cherchait à trouver les bons mots afin de permettre à l'ancien militaire de comprendre son état. « Je sais que j'ai... enfin que j'avais un fils... » il avala difficilement sa salive en se corrigeant, sentant une main invisible lui serrer les boyaux. Oui, il avait. Au passé. « Je sais qu'il s'appelait Owen... j'ai quelques images de lui en tête, mais rien de très net ou de très concret. C'est un peu comme si des données s'étaient effacées. Des souvenirs viennent, disparaissent à nouveau, ou bien restent totalement dans le néant... comme... comme ce qu'il s'est passé... merde... » La gorge nouée par une émotion forte qui s'en était saisit, le grand roux posa la main sur le tronc d'un arbre et s'arrêta un instant, essayant de se dégager d'une ronce qui s'était agrippée à son pantalon. Comme à chaque fois qu'il essayait d'aborder le sujet, une douleur forte s'imposait à lui et lui donnait un regard vitreux qu'il voulu cacher à son compagnon « Mais à chaque fois que j'interroge les gens de la Lyssa, ils prennent tous un air désolé mais ne savent pas vraiment quoi répondre à mes questions... Ils en savent pas plus que moi... il n'y a que toi qui pourraOHPUTAINDEBORDEL !! » Lâcha-t-il soudain.

Alors qu'il était en train de se débattre avec cette foutue ronce, il n'avait pas entendu le son caractéristique du rôdeur approcher. La créature au visage putride lui apparut alors qu'elle était déjà beaucoup trop proche pour lui laisser le temps de brandir sa masse. Pendant une seconde, alors que le virulent fondait sur lui, il eu le temps de se maudire copieusement et d'entendre une voix féminine l'engueuler dans sa tête pour son manque de prudence. Mais heureusement, avant que le mort n'ait eu le temps de planter ses chicots pourris dans le bras du géant, un carreau d'arbalète se planta dans la chair mole sa tempe. Durant ce qui parut une éternité, cette monstruosité qui avait un jour été un être humain sembla regarder Logan, presque surprise de s'être faite avoir si prêt du but. Le souffle court, l'estomac retourné par la puanteur fétide que dégageait le cadavre, le grand roux le vit d'effondrer enfin à ses pieds, dans un bruit grotesque de peau et de tripes flasques. Encore sous le choc, l'ancien professeur fit un pas en arrière et renifla en jetant à la chose morte un dernier regard de dégoût et aussi un peu de pitié. « Merci » arriva-t-il a dire en se tournant finalement vers son sauveur. «... je ne l'avais pas entendu venir... j'ai un peu perdu la main depuis mon réveil. Nancy essaye de me réapprendre, mais il faut croire que je suis meilleur prof qu'élève. » En prononçant le nom de la jeune femme, il n'avait pu s'empêcher de sentir la commissure de ses lèvres s'étirer dans un très infime sourire, sourire qu'il chassa aussitôt. Ils n'étaient pas là pour ça.

Alors qu'ils reprenaient leur chemin dans les bois, toujours mené par le chien de Terrence qui s'arrêtait régulièrement pour humer l'air, le père Byers du se dire qu'il était temps de lui raconter enfin ce qui s'était passé. Comprenant que les réponses à ses nombreuses questions arrivaient enfin sur le tapis, l'enseignant adopta le silence, écoutant avec la plus grande attention chaque mot prononcé par son guide. Certaines informations corroboraient ce qu'on lui avait dit à l'hôpital, et d'autres éveillaient même ses souvenirs qui lui apparaissaient pas images brumeuses. Le nom de Lindsay fut le premier à lui rappeller vraiment quelque chose de net, sûrement parce qu'il la connaissait depuis bien avant l'infection. Comme Terrence s'en souvenait bien, c'était une de ses anciennes collègues qui avait comme lui trouvé refuge dans les locaux de l'université au tout début, puis qui avait suivi le groupe à l'hôpital. Alors que les deux hommes avançaient toujours sous le couvert des arbres, le géant revoyait passer devant ses yeux le visage de cette femme avec qui il avait travaillé plusieurs années durant au département des arts. Comme lui, c'était une passionnée, et il revoyait leurs discussions animées autour de la machine à café sur tel ou tel sujet, les regards en réunion, les éclats de rire, la croiser dans les couloirs entre deux amphis. Il y avait aussi d'autres choses que Logan revoyait, et si la lumière avait été plus forte, sans doute que Terry aurait pu apercevoir les oreilles du grand roux rougirent légèrement.
Mais il y avait des informations plus importantes que ces souvenirs ci. Ainsi donc, ils s'étaient fait attaquer par un groupe hostile. Sans pourtant être capable de revoir l'affrontement, quelque chose dans l'esprit de Logan le poussait à croire en cette vérité. Concentré sur les mots de son guide autant que sur les endroits où il posait ses pieds, l'ancien professeur se rendit alors compte qu'il y avait de plus en plus de lumière autour d'eux à mesure que les arbres se distançaient les uns des autres. Les branches laissaient davantage passer le jour et il lui fut même possible, au bout d'un moment alors qu'ils remontaient un petit sentier, de voir les silhouettes lointaines de construction humaines.


Tout à ce contact, Logan ne vit pas tout de suite que le chien comme son maître venaient de s'arrêter.
Regardant d'abord son guide d'un air intrigué, ses yeux finirent par glisser sur le décor qui les entourait à présent, cherchant ce qui avait bien pu pousser l'homme à se stopper.
C'est alors qu'il la vit enfin ; la petite cabane qui se trouvait dans l'ombre d'un grand sapin aux branches basses. C'était comme si son inconscient avait cherché à ne pas la voir, pas tout de suite. Mais dès qu'il la vit pourtant, la grand roux su immédiatement qu'il était déjà venu là, et une violente envie de faire demi-tour et de fuir le plus loin possible lui serra le cœur. Parfaitement immobile, la bouche entre-ouverte, il regardait l'air hagard cette petite cahute en piteuse état, couverte de mousse et de lierre. Son cœur semblait s'être arrêté, et en même temps battre à tout rompre dans sa poitrine. Les mots de Terrence lui parvenait encore, mais de loin, comme s'il les entendait au travers d'une grande masse d'eau. En fait, il n'avait pas besoin de mots ni d'explication. Il avait compris, il avait compris dès lors qu'il avait réussi à voir la cabane et sa porte ouvert. L'intégralité de ses entrailles semblaient s'être liquéfiée d'un coup, et une violente envie de vomir lui monta à la gorge. Tout à son envie de ne pas se trouver là, de fuir cet endroit miteux et maudit qui lui avait pris ce qu'il avait de plus précieux, il avança pourtant. Obligé de courber son dos trop grand, avec des gestes d'une extrême lenteur, il baissa la tête pour regarder à l'intérieur de l'unique pièce de l'abri où son ancienne collègue et son fils avaient trouvé leur dernier refuge. L'intérieur était aussi miséreux que l'extérieur. Les planches vermoulues laissaient passer la faible lumière du jour, et des araignées avaient tissé de grandes toiles où s'accrochaient des moucherons déjà à moitié grignotés. Un voile tomba devant les yeux du géant alors qu'il s'accroupissait pour pouvoir poser la main sur le sol où s'étendait une grande tâche brunâtre. Déglutissant avec difficulté, il ferma les yeux, poussant une larme silencieuse à rouler sur sa joue.
L'espace d'un instant, une fraction de seconde, il ne sentit plus la brise ni la douceur de l'air qui l'entourait, ni ne sentit l'odeur de l'humus et de la sève qui provenait de l'arbre au dessus de lui. L'espace d'un instant, il se revit, courant et haletant, titubant comme un ivrogne parmi les arbres. Il sentit à nouveau ce liquide chaud et poisseux couler sur sa tête et lui piquer les yeux, couler de son ventre ouvert, de son nez, de partout. Il goûta à nouveau l'acier dans sa bouche. Il sentit alors la douleur, mais surtout il sentit la peur, la peur panique qui le poussait en avant malgré qu'il se sentait aussi crever. Il avait réussi à leur échapper, en tuant certains au passage, puis il s'était traîné dans les bois afin de venir récupérer son trésor. Mais à quelques mètres de la cachette, la porte ouverte lui avait offert le pire des spectacle. Une masse infâme et sanguinolente de chaires que se disputaient les morts.

Logan ouvrit les yeux. La cabane était vide aujourd'hui, il n'y avait plus rien, hormis les fantômes qui la hantaient. Des oiseaux gazouillaient tranquillement au dehors, et le vent soufflait dans les feuilles. Sans prendre la peine de sortir son mouchoir, l'ancien professeur essaya son nez d'un revers de manche.

« La chaussure... je crois que j'aimerai bien la récupérer si tu l'as toujours... » Il ne savait pas bien pourquoi il avait dit ça. Après tout, ce n'était jamais rien d'autre qu'une chaussure. Qu'allait-il bien pouvoir en faire ? Peut être l'enterrer comme il aurait enterré son fils s'il l'avait pu.
Une incroyable lassitude venait d'engourdir chacun de ses membres et se laissait entendre dans sa voix. Si seulement c'était lui qui avait pu périr dans cette maudite cabane. Si seulement. Mais il n'était pas mort, pas encore.
Rassemblant ses forces et s'agrippant au chambranle de la porte, le géant se redressa et chercha le père Byers des yeux. Une part de lui aurait sans doute préférée être seul pour affronter ce moment, mais il était en réalité content d'avoir l'homme avec lui. Inspirant puis soufflant longuement par le nez pour essayer de reprendre totalement ses esprits, le grand roux suivi du regard la direction que lui pointait son guide. Les bras ballant le long du corps, il se dirigea d'un pas lent vers l'endroit où, comprenant ce qui venait d'arriver à son unique enfant, il s'était effondré, incapable d'un seul mouvement de plus. Regardant quelques secondes l'endroit où il serait sans aucun doute mort si l'ancien militaire ne l'avait pas retrouvé, il essaya de remonter le cheminement de ses souvenirs. Comme une vieille cassette vidéo, il appuya sur pause, contemplant sur l'écran de son cerveau ce corps blessé qui était le sien. Puis, enclencha la marche arrière, il se vit se remettre debout, puis marcher à l'envers entre les arbres. Puisqu'il était incapable de retrouver un point précis de sa mémoire, il remontait la piste, cherchant le chemin qu'il avait lui-même emprunté.
Les sourcils froncés, l'air soudain beaucoup plus sombre et déterminé, Logan regarda face à lui, vers là où les arbres étaient de moins en moins denses.

« Je... je n'en suis pas sur... mais je crois que je suis arrivé de part là... » Faisant soudain un pas en avant, sans consulter son compagnon, Logan se mit en marche. C'était vague, mais il avait pourtant l'intime conviction que c'était bien dans cette direction qu'il était venu, que c'était par là qu'il devait aller pour continuer de comprendre. N'écoutant ni les conseils ni la prudence, le géant commença à accélérer le pas, sans prendre vraiment en compte le pauvre Terrence qui devait essayer de le suivre. «Oui... oui c'est part là... » murmurait-il en boucle. Ce part là, Logan ignorait ce qu'il allait bien y trouver, mais tout ce qu'il savait, c'est qu'il devait s'y rendre parce que d'autres réponses l'y attendaient. Peut être allait-il enfin comprendre comment il avait reçu ce choc à la tête qui, avec le traumatisme de la vision de la cabane, avait été à l'origine de son coma et de sa perte de la mémoire.

Le cœur de plus en plus battant et le pas de plus en plus pressé, le géant avançait sans plus faire attention où il posait les pieds, sourd aux piqûres des ronces et aux branches qui lui fouettaient le visage.

Il ne sentit pas non plus la main de Terrence se refermer sur son épaule, ni son cri de mise en garde.

Tout ce que Logan sentit fut le sol s’effondrer sous ses pieds et une sensation de chute l'envahir.

   


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14.04.20 9:42
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 Logan & Terry




Logan ne devrait pas sortir de l'hôpital, il n'était pas prêt, il ne comprenait même pas ce qu'il foutait là, seul. Pourquoi personne ne l'avait accompagné afin de s'assurer de sa sécurité ? C'était un miracle qu'il soit parvenu jusqu'à la tombe de Leslie en un seul morceau. C'était en tout cas la conclusion à laquelle Terry était parvenu en l'observant se dépatouiller maladroitement à ses côtés. Logan était peut-être rétablit mais il était loin d'avoir retrouvé toutes ces facultés d'adaptation face à ce nouveau monde dans lequel ils évoluaient depuis bientôt 2 ans. Logan était comme un enfant qui sortait jouer dans la rue pour la première fois, sans avoir conscience du danger que pouvait représenter les voitures et qui traversait la route sans regarder ni à droite ni à gauche, toute son attention uniquement porté sur le ballon qui roulait devant lui. Le Logan qui l'accompagnait aujourd'hui était gauche, beaucoup moins alerte au danger, et surtout... bruyant. Sa présence l'agaçait tout comme ses éternuements à répétitions. Ou peut-être était-ce lui qui manquait de patience et ne supportait plus la présence des autres à force de vivre seul. En vérité, si Terry voulait être parfaitement honnête avec lui-même, le véritable problème n'était rien de tout cela. Si la présence de Logan l'insupportait autant, c'était tout simplement parce que cet homme avait lui aussi perdu un enfant. Un enfant qui n'était encore qu'un bébé, un enfant qui n'aura pas eut le temps de s'éveiller à la vie et de devenir un homme à son tour. Un enfant parti beaucoup trop tôt de la plus cruelle des manière qui soit. La souffrance de Logan, lorsqu'il évoquait Owen, lui était difficilement supportable tant elle le renvoyait à sa propre douleur. Il avait beau ériger un portail impénétrable autour de lui, paraître insensible, la détresse de Logan parvenait à l'atteindre de plein fouet. Dans le fond, ce n'était pas Logan le problème, c'était lui, et ça ne faisait que le conforter dans le fait que la décision qu'il avait prit de se retirer de la Lyssa était la bonne.

Plus Terry écoutait Logan lui parler de ses troubles de la mémoire et plus ça le renvoyait à sa propre expérience. Non pas qu'il eut jamais souffert de ce genre de trouble, mais il avait connu des vétérans, par le passé, qui avait servit avec lui, et qui avait été victimes de ce genre de traumatisme. Terrence n'était pas médecin et encore moins psychiatre mais pour lui, Logan entrait dans cette catégorie et souffrait d'un stress post-traumatique. Il imaginait sans peine que cette amnésie partielle et sélective n'était pas simplement dû au choc violent que Logan avait reçu à la tête et dont la cicatrice encore bien visible était là pour se rappeler à eux, mais par un événement plus grave encore. Cette amnésie dissociative dont il souffrait ne faisait que renforcer cette hypothèse, comme si Logan préférait vivre dans le dénie en rejetant cette réalité trop difficile à supporter. Pour Terry, le coup qu'avait reçu le géant sur la tête, se combinait avec quelque chose d'insoutenable que ce dernier avait vu et dont il refusait de se rappeler, pour se protéger. Etait-ce la mort d'Owen qu'il cherchait à occulter ou autre chose ?

Lorsqu'il lui avait montré la cabane dans laquelle Lindsay avait trouvé refuge avec Owen pendant qu'ils s'occupaient de leurs poursuivants, Terrence avait immédiatement comprit que des souvenirs étaient remontés à la surface. Des souvenirs à la fois implacables, violents et douloureux. La réaction de Logan avait été aussi violente que si on l'avait assommé avec sa propre masse. Le rouquin avait blêmit violemment et pendant un instant, au cours duquel Terry s'était légèrement reculé, il avait bien cru qu'il allait s'effondrer et régurgiter tout ce qu'il avait pu avaler dans la journée. Pourtant, Logan n'en fit rien et après s'être repris comme il pu, il pénétra dans ce taudis, les jambes encore flageolantes, prenant appui sur tout ce qui se trouvait à porté de main, comme si ça pouvait lui permettre de ne pas s'effondrer. Telle une ombre silencieuse, Terrence le suivit sans un mot, prêt à intervenir en cas de danger pour le protéger ou à le soutenir en cas de besoin. L'intérieur de la bicoque était aussi peu avenante que son extérieur, mais ce qui attira le regard de Terrence se fut la masse informe de sang séché imprégné dans le bois à la place exacte où Lindsay était morte avec Owen.
Détournant le visage vers l'extérieur en réalisant que Logan s'était mis à pleurer, le chasseur fixa les alentours comme s'il pouvait percer de son regard toutes les silhouettes qui se trouvaient des kilomètres à la ronde. Bien qu'il ne se tenait pas très loin de lui, Terry lui offrait cette intimité dont il avait besoin pour se recueillir. Ce fut la voix de Logan, qui, s'adressant à lui, le poussa à regarder à nouveau dans sa direction. Face à cette étrange requête, Terrence le fixa en silence pendant un instant. Pour n'importe qui d'autre qui n'avait pas à eut à traverser ce genre d'épreuve qu'était le deuil, cette demande pouvait paraître incongrue. Une demande incompréhensible, aux yeux de certains, qui ne servirait qu'à ouvrir inutilement les plaies déjà béantes que pouvaient représenter la douleur causée par la perte d'un être cher, mais pas pour lui. Il comprenait parfaitement que Logan puisse chercher à se raccrocher à quelque chose, n'importe quoi, qui avait un lien direct avec son enfant. Logan avait été privé d'une partie de ses souvenirs et lorsqu'il découvrait qu'il a un fils c'était pour mieux le perdre à nouveau. Sans avoir pu voir son corps dont il ne restait malheureusement plus rien, ou une tombe portant son nom, comment, dans ces conditions, pouvait-il faire son deuil ? Accepter sa disparition ? Tout ce qu'il restait d'Owen c'était cette chaussure, teinté de sang... aussi cruel que cela puisse paraître, Logan en avait besoin pour faire son deuil. Se trouver ici, était déjà une façon d'enclencher ce long processus, une manière de se représenter les derniers pas, les derniers moments des deux personnes disparues.

- J'lai laissé à l'hôpital, j'lai confié à Nancy... C'est à elle qu'il faut qu'tu la demandes

Baissant à nouveau les yeux sur le sol taché de sang, Terrence quitta la cabane pour s'éloigner un peu afin de laisser à Logan le temps qu'il avait besoin pour faire ses adieux à son fils. Ce dernier avait-il terminé de se recueillir ou s'était-il mépris sur ses intentions ? Toujours fut-il que Terrence n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que Logan n'avait pas tardé l'imiter et à le suivre. Le bruit qu'il fit en se relevant, le poids de ses pas sur le plancher vermoulues, le grincement de la chambranle de la porte lorsqu'il s'agrippa à cette dernière pour s'extirper de ce lieu en étant obligé de se courber et pour finir le bruit de ses pas sur le sol terreux étaient autant d'indice auditifs qui lui permirent de savoir où était précisément Logan. Ne sachant que dire, conscient de toute manière qu'il n'y avait rien qu'il puisse dire qui ne soit vide de sens, Terrence se contenta de garder un silence respectueux avant de lui indiquer, au bout de quelques minutes, un point situé droit devant eux. Il désignait l'emplacement exact où Terry l'avait retrouvé, gisant blessé et en sang sur ce lit de feuilles et de terre, sans connaissance. Lentement, les bras ballant, tel un automate, le rouquin se dirigea vers le lieu indiqué. Durant un court instant l'homme resta ainsi à fixer l'horizon comme s'il cherchait quelque chose, un point précis que seul lui était capable de retrouver. Puis, son expression faciale changea et ses sourcils se froncèrent comme s'il venait enfin de repérer ce qu'il cherchait

- Qu'est-ce qu'y a ?
Demanda-t-il de sa voix bourru. Tu t'rappelles de qu'que chose ?

En guise de réponse, Logan lui expliqua qu'il revenait de cette direction, de celle qui menait vers la ville dont ils étaient désormais aux abords. Et avant qu'il n'eut le temps de réagir, l'homme s'y engouffrait d'un pas aussi déterminé que pressé

- Logan attends !
L'interpella Terry en lui emboitant le pas à grandes enjambées

Mais l'homme ne prêta aucune attention à ses conseils et encore moins à ses appels, bien au contraire, il accéléra le pas obligeant Terry et Clebs à lui courir après. L'arbalète en main, Terry le poursuivit lorsque son oeil expérimentée aperçu des empreintes de pas qui l'interpellèrent. S'abaissant pour les toucher, il détermina que les empreintes étaient fraiches. Levant son regard, il vit que quelqu'un avait cassé les branches des buissons sur son passage, et il ne s'agissait pas de Logan. A en juger par les empreintes laissées sur le sol qui venait de lui fournir moultes informations, ils étaient au moins 2, peut-être trois, il y avait un homme et une femme ou un adolescent. Et au vu de leur démarche, de la régularité de leur pas, il ne s'agissait pas de virulents mais d'humains, ça signifiait qu'ils n'étaient pas seuls et qu'il y avait quelqu'un dans les parages. Cette seule perspective n'était pas pour le rassurer, d'une part parce qu'il se méfiait des vivants bien plus que des morts et d'autre part parce qu'ils se trouvaient dans une zone où on les avait déjà attaqué une première fois. Y en avait-il d'autre ? Cela n'avait peut-être aucun lien mais à tout bien réfléchir Terry préférait ne pas savoir. Cherchant la silhouette de Logan du regard, il l'aperçut continuant de courir aveuglément comme un damné en fonçant droit devant lui, occultant les possibles dangers qui les entouraient. Se précipitant à sa suite, Terry coupa à travers haie hors de la piste principale qui le mettait à l'abri des arbres et des éventuels autres personnes qui se trouvaient dans les environs. Courant à en perdre haleine, il sentit la sueur ruisseler dans son dos et sa chemise lui coller à la peau. La douceur de la journée semblait avoir soudainement laissé place à une chaleur étouffante qui n'était en réalité provoqué que par l'effort qu'il faisait. Au bord du chemin, les arbres défilaient si vite qu'il ne les distinguaient plus, mais au moins la silhouette de Logan elle, qu'il avait perdu de vu depuis quelques minutes, venaient de réapparaitre, et à quelques pas seulement de lui à présent. Alors que la distance qui les séparait s'amenuisait, Terry écarquilla les yeux de surprise en réalisant que le chemin que suivait Logan était faussé et qu'il se dirigeait aveuglément droit dans une sorte de fosse
Continuant de courir, il redoubla d'ardeur tout en tentant de prévenir l'enseignant qui se dirigeait aveuglément droit dans le piège qu'il n'avait pas repéré, tant ce dernier était aveuglé par ce fantôme qu'il poursuivait, le rendant sourd à ses appels. Alors que dans un dernier sursaut, Terry était enfin parvenu à le rattraper et à toucher son épaule de sa main, il cru, l'espace d'une seconde qu'il était parvenu à éviter le pire et à le rattraper. Malheureusement sa réjouissance fut de courte durée lorsqu'il réalisa que le sol se dérobait déjà sous les pieds de Logan, et que ce dernier l'entraina dans sa chute.  

La chute fut aussi rapide que rude, mais Terry bien qu'encore sonné, fut soulagé de constater qu'il n'avait rien de cassé et de toute évidence il en allait même pour Logan. Assis sur le sol terreux, Terrence leva les yeux en direction du ciel et estima la profondeur de la cavité dans laquelle ils étaient tombés d'au moins 8 ou 9 mètres. Lâchant un soupire contrarié, Terry balaya le sol de sa main d'un geste agacé puis se releva tout en récupérant son arbalète dont il passa la lanière autour de son épaule. Debout au milieu de ce trou, Terrence chercha un moyen de s'extirper de là ! Il n'était pas question qu'ils moisissent ici et ils devaient à tout prix trouver un moyen de sortir de là, parce que personne ne viendrait les chercher ici. Son regard se porta sur les racines qui sortaient ça et là de terre, et si certaines d'entre elles n'étaient pas assez solides pour servir de prises, particulièrement celles qui se trouvaient à portée de main, d'autres, pouvaient faire l'affaire, sauf qu'a première vue, elles étaient inaccessibles pour l'un comme pour l'autre. Passant sa main pleine de terre dans ses cheveux dans un geste qui trahissait son agacement, il aperçu la gueule du clébard qui se mit à aboyer, apparaître en hauteur au-dessus du trou.

- Arrêtes, chuuut, chuuut...
fit-il à l'adresse de son chien tout en tendant son bras en avant pour lui faire signe de se taire. Pas la peine d'attirer tous les virulents du coin dans s'trou à rats, marmonna-t-il plus pour lui-même que pour le chien ou Logan

L'animal ne se fit pas prier et obéit sans quitter son maître du regard, ne paraissant pas comprendre ce qu'il foutait là-dedans. A vrai dire Terry lui-même se posait encore la question. Le regard noir, il se tourna en direction du Rouquin, sans qui, ils ne se trouveraient certainement pas dans cette situation

- Au moins y en a un qui moins con qu'nous !
Fit-il en désignant son chien d'un geste de la main. J'peux savoir c'qui t'a pris ? Putain mais qu'est-ce que tu fous ?! Tu sais pas t'arrêter quand on t'dit qu'quchose ! Pesta-t-il en faisant de grands gestes agacés tout en tournant dans le fond de ce trou comme un lion en cage.

Bon dieu, où est-ce qu'ils étaient tombés encore ? Et surtout comment ils allaient faire pour sortir de là ?! Personne viendrait les aider, ils allaient devoir se démerder tout seul. Observant pour la énième fois la terre qui les entourait son regard perçant s'arrêta sur une racine assez épaisse et bien encastrée dans la terre. Une racine suffisamment solide pour supporter son poids. Faisant signe à Logan de s'approcher il lui désigna la racine qu'il avait repéré.

- Viens, aide-moi. Fais moi la courte échelle, et pas d'connerie cette fois !


Posant son pied sur les mains de Logan, il senti, le géant le soulever comme s'il n'était qu'un poids plume, lui faisant soudainement gagner une hauteur suffisamment impressionnante pour lui permettre d'atteindre sa prise. Calant ses pieds sur une pierre à peu près stable, il y prit appui et se hissa pour attraper une autre racine. Avec précaution, mais également quelques ratés, Terry escalada la surface terreuse. Quand son pied se mit à glisser sur une prise instable et que cette dernière tomba quelques mètres plus bas en entrainant de la terre sur son sillage, arrosant légèrement Logan au passage, Terrence, s'accrocha de toutes ses forces pour ne pas suivre le même chemin. Conscient qu'il ne pouvait pas se permettre d'échouer, il parvint à garder un certain self-control, ce qui lui permit de trouver une autre prise où caler son pied et à se hisser à nouveau pour poursuivre son ascension. Alors qu'il en voyait enfin la fin, et qu'il n'était plus qu'à deux mètres de cette foutue sortie, il s'arrêta net en entendant Clebs grogner et se montrer menaçant. C'était pas normal... il n'avait ce genre de comportement qu'à l'approche d'une menace imminente. Des rôdeurs ? Jetant un coup d'oeil en arrière en  direction de Logan, il porta sa main gauche à sa ceinture et en détacha le couteau de Leslie dont il coinça la garde entre ses dents avant de poursuivre son ascension. Il y était presque, pourtant, il n'entendait plus rien, cela n'augurait rien de bon. Parvenant à se hisser jusqu'au rebord, il s'empara de son couteau pour le serrer dans sa main droite tout en balayant le coin d'un rapide tour d'horizon sans voir le moindre virulent dans les parages. Qu'est-ce qui s'était passé ? Où était Clebs ?  

- Clebs ?
Appela-t-il avant de fournir un dernier effort pour sortir de cette saloperie de trou.

Éprouvé par l'effort, Terry se laissa tomber à genou, à quatre pattes, sur le sol recouvert d'herbe et de terre, et alors qu'il s'apprêtait à se relever, il sentit une présence derrière lui. Brandissant son couteau, il eut tout juste le temps de se tourner pour voir la cross d'un fusil d'assaut s'abattre sur son visage avant que l'obscurité ne l'engloutisse. Totalement terrassé, Terrence n'eut pas conscience qu'on le trainait un peu plus loin du rebord. Puis, une femme à la chevelure aussi folle et indisciplinée que l'était son regard, vêtue d'une longue robe noir s'approcha du rebord pour regarder Logan et lui offrir un sourire qui trahissait toute sa démence

- Oh mais qui voilà... contente de te retrouver mon mignon


Levant la sarbacane qu'elle tenait dans sa main, elle la glissa entre ses lèvres et souffla. Avant même qu'il ne comprenne ce qui lui arrive, une minuscule seringue vint se ficher dans le cou de taureau du professeur d'art qui porta sa main à l'endroit exact où il avait été piqué avant de s'effondrer à son tour

- Je t'avais dit qu'on les retrouverait, fit l'homme qui s'était occupé de Terry en revenant vers sa complice d'un air satisfait pour observer la silhouette inanimée de Logan qui gisait quelques mètres plus bas, en profondeur

- Et si tu allais le récupérer !
Fit la femme qui jubilait d'impatience, on va enfin pouvoir s'amuser, s'enthousiasma-t-elle en tapant des mains

- Et le cabot ?

- Quoi le cabot ?
Lui demanda-t-elle après avoir jeté un regard dédaigneux en direction de l'animal dont le corps endormis gisait sur le bas coté. J'ai dit pas de chien ! Cette sale bête va dormir quelques heures, fit-elle en agitant sa petite sarbacane dans un sourire satisfait, nous on sera loin quand il se réveillera, s'il ne sert pas de repas aux sentinelles entre temps. Allez vite vite, ne perdons pas de temps, il nous reste tant de choses à faire, exulta-t-elle. C'est le roi qui va être content



Le suite de cette échange se trouve ICI. (âme sensible s'abstenir)

 

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