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 The world is an open market | Charlie



Abel Howard
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25.03.20 10:28

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« Dowtown Kelowna | Juillet 2019 »
"Et merde! C'est les onduleurs...A vue de nez, il y en a bien quatre ou cinq de défaillants..."
Le diagnostic était tombé. Je passais une main nerveuse sur mon front plissé. L'heure était trop tardive pour réfléchir clairement. Le soleil était en train de décliner et se coucherait dans deux heures à peine. Impossible d'envisager une sortie dans ces conditions. Pourtant, cela signifiait qu'une partie de la communauté allait devoir s'éclairer à la bougie ce soir. En effet, une petite partie de la centrale solaire qui alimentait Highgate ne fonctionnait plus. C'était déjà arrivé quelques fois auparavant que ces pièces maîtresses, trop sollicitées, lâchent mais jamais autant d'un coup. Ces pièces n'étaient pas rares mais ce genre d’installation était sensible, une erreur de puissance pouvait leur coûter cher. Tandis qu'on me posait une question portant sur la facilité à en trouver, je ne pouvais pas cacher ma préoccupation:
"Non, je me fais pas de bile. Mais faut pas se planter, sinon on va tout griller…"

Et ça, c’était tout simplement impensable. La centrale solaire était l’atout essentiel d’Highgate qui garantissait électricité et énergie à ses occupants, chauffage même si l’on arrivait à se sortir l’esprit des températures clémentes du mois de juillet et qu’on se projetait un peu dans les rigueurs de l’hiver canadien qui serait là bien trop vite. Un atout dont on ne pouvait se priver alors que les Protectors frappaient à la porte.  La communauté avait besoin de toutes ses forces.

Aussi, je n’étais pas confiant de laisser le choix des pièces à quelqu’un qui ne s’y connaissait pas suffisamment, il avait donc été décidé que je me chargerais de cette mission mais je requérais pourtant un binôme. Charlie s’était porté volontaire sans hésiter. C’était là un trait de caractère que j'appréciais chez ce compagnon de survie, il ne rechignait jamais à la tâche et à proposer ses services. Ce n’était pas la première fois que nous nous se lancions dans une expédition commune. La veille au soir, nous nous étions donc concertés pour déterminer leur plan d’action, consulter les cartes et étudier un peu le matériel à dénicher. Le moins de temps passé dehors, le moins de virulents rencontrés et donc le moins de danger encouru.

Rendez-vous avait été pris pour le lendemain matin huit heures. Cela nous laissait plusieurs heures, toute la journée si nécessaire, pour trouver ce dont nous avions besoin.  J'étais sorti de chez moi quelques minutes avant l'heure dite. Cela me laissait le loisir de profiter du calme matinal de la communauté. A voir la rue pavillonnaire aussi paisible, à peine réveillée par le pépiement des oiseaux, on aurait pu croire que le temps s'était arrêté avant l'épidémie et qu'au fond, rien n'avait changé. Et en vérité, pour la nature sauvage, rien n'avait changé. Le Soleil se levait toujours à l'Est et se couchait toujours à l'Ouest, les saisons se succédaient... Ce n'était une tragédie que pour l'Humanité.

Alors que j'allais sortir une cigarette pour tromper mon attente, un bruit de moteur se fit entendre au détour de la ruelle. Un moteur que je devinais puissant au son qu’il produisait. Tandis que la voiture descendait la petite rue, d'instinct, je la devinais pour moi. Qui à Highgate pouvait sortir avec un aussi beau spécimen sinon celui qui les idolâtrait et avec qui j'avais rendez-vous ce matin ? La belle cylindrée s’arrêta à hauteur de ma maison, la vitre baissée révélant son conducteur. Je secouais la tête, un demi-sourire étirant mes lèvres :
"Sérieusement, mec? Tu penses croiser beaucoup de nanas à impressionner peut-être?"
Puis comme je me relevais pour le rejoindre, j'attrapais mon sac à dos et le rejettais sur mon épaule tout en poursuivant la plaisanterie :  
"Moi qui croyait être ton seul rencart…"

Un instant plus tard, assis sur le siège passager, j'enclenchais ma ceinture de sécurité –réflexe coriace d’un autre temps- et lançais à l’attention de mon chauffeur du jour :
"Allez, direction le centre. Les fournisseurs de matériel solaire ne manquent pas dans le coin. J’espère seulement qu’ils auront pensé à faire des stocks en prévision de la fin des temps…"
En effet, Kelowna bénéficiait d’un temps d’ensoleillement annuel excellent et le secteur de l’énergie solaire avait décollé dans la région les dernières années avant l’épidémie. Notre mission ne s’annonçait donc pas si difficile que cela à remplir sur le papier. Restait le facteur « chance » sur lequel on ne pouvait plus trop s’aventurer à parier de nos jours…
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02.04.20 12:00
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  Abel et Charlie




Abel n'était pas le genre d'homme à solliciter les gens pour un oui ou pour non, au même titre, lorsqu'il s'inquiétait ce n'était pas sans raison, et les traits tendus qui déformaient son visage en cet instant laissaient sous-entendre que quelque chose de grave venait de se produire, et l'intuition de Charlie s'était avérée la bonne, il avait vu juste. Après qu'Abel leur eut exposé quel était le problème avec les onduleurs Charlie ne laissa le temps à personne de se dévouer pour accompagner Abel dans cette expédition qu'il s'était déjà imposé. L'ancien concessionnaire ignorait quelles étaient réellement les pièces exactes dont l'ingénieur avait besoin, et rien que pour cela, il était évident qu'il ne pouvait pas y aller à sa place, ce qui n'était d'ailleurs pas le but de cette conversation, par contre, Charlie serait celui qui l'accompagnerait dans cette expédition. Ce n'était pas la première fois que les deux hommes se retrouvaient à partir ensemble et leur duo n'avait plus à prouver leur efficacité. Charlie respectait beaucoup Abel qui l'avait accueillit sans réserve au sein du conseil. Les deux hommes s'appréciaient et se respectaient. Charlie, qui fuyait les lourdauds et les incompétents comme la peste, appréciait l'intelligence et la vivacité d'esprit d'Abel, qui plus est, l'homme savait parfaitement se défendre face à tous ces virulents et ne restait pas tétanisé comme certains pouvaient l'être encore aujourd'hui face à eux.

Pourquoi s'était-il dévoué alors qu'il venait de retrouver sa soeur Sierra ? Qu'il aurait pu laisser cette tâche ingrate à un autre ? Parce qu'il éprouvait le besoin de sortir, parce qu'il rêvait de retrouver sa femme, Alice, au détour d'une ruelle, comme par magie et si ces motivations n'étaient pas nouvelles,
quelque chose avait changé désormais et cela n'avait rien à voir avec le fait qu'il venait d'intégrer le Conseil de Highgate, c'était plutôt lié à l'arrivée de Sierra dans la communauté. Une communauté qu'il voulait désormais protéger et pour laquelle il était prêt à se battre. S'il n'avait jamais partagé ses doutes avec qui que ce soit, préférant donner le change derrière ses éternels sourires, Charlie s'était longtemps posé la question de savoir si cette communauté méritait qu'on se batte pour elle. Valait-elle vraiment qu'on risque sa vie pour elle ? Avait-il vraiment envie de risquer la vie de sa femme ou même la sienne, s'il venait à la retrouver, pour de simples murs et un toit ? Lorsque Noah l'avait retrouvé et ramené ici, en sécurité derrière ces hauts murs, Charlie n'avait eut qu'un rêve, un objectif, celui de retrouver Alice et de l'amener à son tour ici, pour qu'ils puissent vivre enfin en paix et y couler des jours heureux mais l'arrivée de Seth et des Protecors avait mis ce rêve et ses espoirs à mal. Il n'y avait rien de glorieux à s'enfuir avant la bataille, à abandonner des personnes qui l'avaient sauvé, soigné et offert un toit mais ce n'était pas mort qu'il pourrait profiter de la vie aux côtés de sa femme. Tant pis s'ils devaient partir et tout reconstruire ailleurs, tant qu'ils étaient tous les deux.... Et puis l'arrivée de Sierra avait changé la donne et sa manière de voir les choses. Highgate était chez lui désormais, et il n'était pas question qu'il laisse quiconque lui voler ou détruire ce qui lui appartenait. Il se battrait pour cet endroit, pour permettre à Sierra et plus tard Alice, d'y vivre en sécurité. Sans la centrale solaire, ils perdaient un avantage indéniable face aux Protectors, or, ce n'était absolument pas envisageable. Lorsque les Protectors franchiraient ces murs, et cela ne finirait plus par tarder, ils devaient pouvoir contre attaquer en donnant toute la pleine mesure de leur force et pour ce faire ils avaient besoin de ces onduleurs. Ils avaient passé la soirée à élaborer un plan d'action efficace en gain de temps. Ils devaient trouver les pièces nécessaires en limitant les risques et rentrer le plus rapidement possible, nul ne savait combien de temps les Protectors leur accorderaient cette accalmie. Charlie n'était cependant pas assez naïf pour croire que cela durerait encore longtemps, mais lorsqu'ils viendraient, ils devraient être prêt, et pour cela, ils devaient avoir les ondulateurs.

Les deux hommes avaient fixé leur départ à 8h du matin, et sans surprise, Charlie savait que son binôme serait là à l'heure. Après avoir préparé ce dont ils auraient besoin, Charlie déposa son épée à l'arrière de la voiture, puis monta dans cette dernière. Un agréable son quitta le moteur dès que le contact fut mis, et Charlie quitta le garage de ce petit lotissement, comme s'il s'agissait d'une journée normale au court de laquelle, il allait se rendre au travail en prenant un ami au passage, mais au final, quand on y réfléchissait, qu'est-ce que c'était que la normalité ? Dans le fond, n'était-ce pas un peu ça ? Aujourd'hui la normalité avait changé, avant c'était le métro, boulot, dodo, aujourd'hui s'était améliorer la communauté en mettant à disposition les savoirs et les compétences de chacun au service non pas de soi-même mais de tout un groupe de personne, tuer des virulents et... essayer de mener une vie normale dans tout ce bazar.

- Je t'emmène quelque part ?
fit Charlie en s'arrêtant à hauteur de son comparse, vitre baissée et sourire goguenard aux lèvres.

Un léger rire s'échapper de ses lèvres face à la boutade d'Abel. Oui, il y a quelques années, les belles voitures faisaient parti de son attirail de drague, puis après avoir rencontré Alice, elles symbolisèrent son ascension sociale, et aujourd'hui... aujourd'hui elles montraient qu'il n'avait pas changé. Qu'il aimait toujours les belles voitures et que malgré cette vie difficile qu'était désormais la leur, il était parvenu à se faire une place qui lui permettait de maintenir ce niveau de vie qu'avait toujours été le sien

- Il n'y en n'a qu'une que je cherche à impressionner, allez monte avant que je change d'avis


Se penchant pour ouvrir la portière à son ami, il démarra dès que ce dernier eut prit place et ensemble, ils quittèrent Highgate pour prendre la direction du centre

- Je n'en doute pas une seule seconde, au pire on fera un tour dans leur hangar, ce genre de truc c'est pas ce que les gens dévalisent. La plupart des survivants ne voient pas plus loin que le moment présent, aucun d'eux ne cherchent plus loin que de quoi se nourrir, s'armer et s'habiller... j'ai aucun doute sur le fait qu'on trouvera les pièces dont tu as besoin


Dès qu'ils franchirent les hauts murs protecteurs de Highgate la réalité les frappa de plein fouet. Cet environnement désertique, ces barricades faites de bric et de broc, ces objets disparates abandonnés ça et là, et ces quelques virulents décharnés errant sans but, tels des âmes en peine dans la ville, ce n'était pas des choses qu'Abel et lui, qui sortaient régulièrement, n'avaient pas l'habitude de voir, mais pour Charlie, c'était toujours un dur rappel de la réalité. Il avait conscience de la chance qu'était la sienne de vivre dans ce qui aujourd'hui pouvait ressembler à un rêve et malheureusement, susciter la convoitise. A chaque fois que Charlie se retrouvait à l'extérieur, il ne pouvait s'empêcher de penser à sa femme, se demandant le coeur serré, où elle était et surtout, comment elle survivait. Il était impatient de la retrouver, de lui faire découvrir ce lieu qu'était Highgate et qui, il n'en doutait pas, l'enchanterait. Elle pourrait enfin se doucher, avoir des vêtements propres, dormir dans un lit, vivre dans une maison, manger à sa faim....

Tournant à un carrefour, la rue se retrouve totalement bloqué par un camion et 3 épaves de voitures calcinées, suite à un carambolage qui ne datait pas d'hier, alors que le magasin où ils comptaient récupérer ce dont ils avaient besoin se trouvait juste là derrière à quelques pas seulement. Il était inutile de penser à faire demi-tour pour prendre une autre voie, car la seule route qu'ils auraient encore pu emprunter il y a deux semaines était désormais inaccessible à cause de tous ces morts qui y avait été intentionnellement coincé pour désengorger une partie de la ville...

- Pas le choix, faut qu'on fasse le reste à pieds,
fit-il en ouvrant la portière.

Après avoir récupéré son épée, il la sortie de son fourreau et passa un virulent qui s'était approché d'un peu trop près, au travers de sa lame. La morte, s'écroula sur le sol, sans un bruit. S'avançant parmi les débris de verres tant des voitures que des petites boutiques qui entouraient la rue de part et d'autres, le crissement de leurs chaussures sur ces derniers attirèrent l'attention de 3 virulents qui se  tournèrent spontanément dans leur direction. Deux d'entre eux portaient des tenues d'ambulanciers, et le troisième l'uniforme de la supérette dans laquelle il travaillait par le passé et qui n'était pas très loin d'ici. Avec adresse, les deux hommes offrirent le repos éternel à ces monstres tout en pénétrant dans le parking de la boutique qui devrait pouvoir répondre à leurs attentes. Des dalles cassées, des jardinières renversées, des rangées de chariots rouillés gisent lamentablement sur le bas côté, seul problème, les rideaux de faire avaient été abaissé pour protéger la boutique et sa marchandise du vandalisme et des émeutes qui avaient gagné les rues deux ans plus tôt. Ils allaient devoir trouver un autre moyen pour entrer

- J'espère vraiment qu'on va trouver ce qu'on est venu chercher,
souffla-t-il à son acolyte sans quitter des yeux, le lieu peu engageant et déserté, qui se dressait devant eux... va falloir faire le tour pour trouver une autre entrée

 

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17.04.20 18:13

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« Dowtown Kelowna | Juillet 2019 »
Je ne connaissais pas le Charlie d'avant, pas plus que ce qu'il avait bien voulu nous en dire en tout cas. Et peut-être que si le monde avait continué de tourner rond, nous ne nous serions jamais rencontrés. Mais je pressentais que nous n'étions pas si différents, pas sur l'essentiel du moins, et c'était sûrement ce qui me faisait apprécier sa compagnie et son aide.
Aussi, alors que la grille s'ouvrait pour nous laisser passer, brusquement les rires et les plaisanteries s'étaient tues sans qu'il ait pourtant été besoin de prononcer un mot. Oui, à l'intérieur de ces murs, rien ne semblait avoir vraiment changé, mais au dehors... Une gravité s'était imposée dans l'espace exigu qu'était la voiture, leur seul rempart désormais entre nous et ce monde. Ce monde qui avait été le notre autrefois et qui appartenait désormais aux morts. Ce monde de chaos, de pourriture et de dangers, dans lequel nous n'étions plus que des étrangers.

Deux ans avaient passés, comme tous les autres, j'avais changé, j'avais survécu, à ce jour, puis à celui d'après, mais je ne m'y étais jamais vraiment fait. Bien sûr, pris dans les impératifs du moment présent, je m'évitais de trop penser, mais je sentais mon âme lutter encore en mon for intérieur. Avant, je n'aurais jamais touché de près ou de loin à ce qui ressemblait à une arme, et jamais je n'aurais cru devoir défendre ma vie de cette manière. Ce n'était pas ainsi que j'avais été éduqué, ce n'était pas ainsi que j'avais vécu. Et, même si, poussé par la nécessité, mon instinct de survie avait pris le pas depuis bien longtemps sur ce sentiment d'abattre quelqu'un , je m'étais parfois surpris à imaginer une vie à ces virulents errants dans les rues ou au pied des murailles d'Highgate. Quel était son nom? Son métier? Ses passions ou ses hobbies? Avait-il des enfants? C'était forcément le frère, la sœur, le fils, la fille, de quelqu'un. De quelqu'un qui l'avait aimé. Il pourrait être moi, tout comme j'aurais pu être ce "quelqu'un"... Aussi, avant d'appuyer sur la gâchette de mon arme ou d'abattre la lame de ma machette, je me surprenais encore parfois à suspendre mon souffle, comme si j'étais sur le point de commettre l'irréparable, comme si la morale avait encore un sens. Oui, j'avais dû changer, et je ne pouvais pas dire que j'aimais ce que j'étais devenu.

Tandis que nous nous rapprochions du but, la voix de Charlie revint me tirer de mes pensées comme nous nous cassions le nez sur l'obstacle massif qui nous barrait la route, ce contraria le prévoyant que j'avais toujours été. Mais force était de constater que, dans cette nouvelle vie, les plans établis ne valaient plus grand chose ou du moins se devaient d'évoluer sans cesse. Je n'avais vécu seul au dehors que quelques jours avant de rejoindre mes amis Rosebury et je mesurais combien je n'étais pas fait pour cette existence d'incertitudes et d'insécurité que représentait l'errance solitaire. J'avais besoin de prévoir, d'anticiper, de préparer le plan A -celui qui ne marchait jamais tel quel- tout en songeant au plan B ou C, et si possible d'avoir quelques vagues idées pour le D... Tant pis... Si nous trouvions les pièces qu'il nous fallait nous en prendrions moins que prévu et organiserions d'autres allers-retours. Pour cela, je me félicitais chaque jour d'avoir pu échouer dans une communauté comme Highgate qui regorgeait de main d'œuvre de bonne volonté et de savoir-faire différents et complémentaires. C'était cela aussi qui faisait de cette mission une mission si capitale à mes yeux, des gens dépendaient de nous, de moi, et si l'on voulait préserver ce mode de vie que représentait Highgate, chacun de nous était un maillon indispensable de la chaîne.

Parvenus devant le magasin, nous nous heurtions sur portes et fenêtres closes, scellées de fer. Il ne fallait pas s'attendre à autre chose compte tenu de la frénésie anarchique qui s'était emparée de la ville à l'émergence de l'épidémie. J'acquiesçais face au constat de Charlie, la boutique -des bureaux, du papier, des éléments de démonstration- n'était de toute façon pas ce qui nous intéressait. Tout ce qui pouvait nous servir se trouverait sûrement entreposé dans un hangar ou une remise. Nous nous engagions à pas prudents dans une des deux ruelles qui longeaient les côtés du magasin. Je tiquais en constatant qu'il s'agissait d'une voie sans issue, pas question de se faire piéger comme des rats...

Je me hasardais à jeter un coup d'œil à travers une fenêtre à petits carreaux. Peine perdue, la poussière s'y était accumulée dedans comme dehors et n'offrait qu'une vision réduite et indistincte. Des virulents pourraient se cacher n'importe où dans cet endroit vaste et désormais à sortie et entrée unique. Charlie et moi ne pouvions risquer de nous y aventurer à l'aveuglette. Aussi je ramassais une pierre un peu plus petite que mon poing et, la montrant à mon compagnon de quête, lui désignais dans le même temps un renforcement dans le mur qui nous permettrait de se mettre à couvert le temps que l'appât fasse son effet ou pas.
Pour une raison qui m'était inconnue, ces "choses" semblaient ne pas avoir perdu leur ouïe. Elles étaient sensibles au bruit au moins aussi bien que de leur vivant, peut-être même mieux si l'on osait aller jusque là... J'espérais leur donner ainsi une occasion de se montrer curieuses et de se dévoiler, si elles étaient bien là. J'avais un instant songé à tambouriner sur la porte en métal, qui a coup sûr ferait un raffut de tous les diables, mais attirer tous les virulents du quartier n'était certainement pas le but recherché. Mon projectile lancé à toute force, la petite fenêtre céda dans une cascade de cliquetis et, à l'intérieur, l'on entendit la pierre rouler avec fracas sur le sol après avoir emporté sur son passage des objets et des outils posés sur le rebord. Entre temps, j'avais rejoins Charlie dans notre refuge de fortune. Le souffle court, le cœur battant, je resserrais mes doigts sur la garde de ma machette. Il ne restait plus qu'à attendre.
(c) DΛNDELION


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21.04.20 14:12
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 Abel et Charlie




Ils auraient pu tenter de forcer le rideau de fer ou essayer de trouver une autre entrée mais dans le fond à quoi bon ? Ils avaient bien plus de chance de trouver ce qu'ils désiraient vraiment dans le hangar qui se trouvait à proximité de la boutique, en vérité, à deux pas, puisqu'il se trouvait juste derrière, dans une impasse. Au moins là, ils avaient bien plus de chance de trouver du matériel neuf, emballé et protégé qui n'avait pas été vandalisé ou abimé. Avantage non négligeable, ils leur suffiraient de tout charger sur un diable pour s'emparer directement de tout le stock et être ainsi tranquille pour une très très longue période. Qui plus est, de son point de vu, ils avaient bien plus de chance de trouver des virulents à l'intérieur de la boutique que dans le hangar où se trouvait simplement entreposé tout leur stock.
Tout était calme, terriblement calme et s'il avait fini par se faire à ne plus entendre de voitures rouler, d'automobilistes pressés klaxonner ou encore des murmures incessants de voix plus ou moins fortes s'exclamant, riant, ou criant, par tous ces bruits que l'homme produisait par le passé, il ne pouvait prétendre que ne pas entendre des râles gutturaux typique des virulents lui manquait. C'était justement le genre de bruit qu'il se plaisait à ne pas entendre. Pour le moment tout se passait plutôt bien, si l'on exceptait ce petit contre temps causé par ce carambolage qui leur avait obstrué la route. La ruelle était déserte, il n'y avait pas vraiment de virulents dans le coin... il ne restait plus qu'à espérer que ça continue comme ça. Allumant sa lampe de poche, il tenta de voir l'intérieur du hangar au travers des ridicules petits carreaux de verres en guise de fenêtre. Malheureusement la poussière qui s'y était accumulée et qui ne datait pas seulement d'il y a deux ans les empêchait d'y voir quoi que ce soit. Dans le fond ce n'était peut-être pas plus mal, ne rien voir ne suscitait pas les convoitises

- Il devait pas faire souvent le ménage là-dedans
soupira-t-il en jetant un dernier coup d'oeil à l'intérieur. Peine perdu, on n'y voyait rien.

Se tournant vers Abel, il baissa son regard sur ce que tenait son ami dans le creux de sa main. Il s'agissait d'un caillou qui devait faire la taille de son poing et qu'il avait récupéré parmi les détritus qui jonchaient désormais le sol. Comprenant aisément ses intention, Charlie lui adressa un immense sourire

- Bonne idée,
approuva-t-il

Sans se faire prier, Abel lança ce qui allait devenir l'objet de son méfait contre la fenêtre qui n'y résista pas. Se sauvant comme l'aurait fait deux gosses fiers du mauvais coups qu'ils venaient d'accomplir et qui restait un délit des plus répréhensibles par le passé, les deux hommes trouvèrent refuge dans ce renforcement où tous deux attendirent en silence. Etrangement ce n'était pas les éclats de verres au moment de l'impact qui avait fait le plus de boucan mais plutôt ce qui était vnu après, lorsque la pierre avait entrainé avec elle, dans sa chute des outils métalliques qui avaient du se trouver dans sa trajectoire. La pierre roula encore légèrement sur le sol en béton puis, plus rien, le silence. Les secondes qui ressemblaient à des minutes s'égrainèrent, toujours silencieuses puis subitement, un visage se plaqua contre la vitre, suivi d'un second... le comité d'accueil était arrivé. Echangeant un regard avec Abel, les deux hommes quittèrent leur cachette avec précaution et s'approchèrent de la fenêtre. Dès qu'ils apparurent dans leur champs de vision les monstres commencèrent à s'exciter, planquant leurs visages visqueux contre les petits carreaux de verres et tendant leurs mains crochues en espérant les attraper. Se collant contre le mur, Charlie évalua rapidement la situation et à vrai dire, ce nombre inattendu de virulent coincé à l'intérieur du hangar était beaucoup plus important qu'il ne l'avait escompté au départ.

- J'en compte 10...
fit-il en jetant à son complice un regard qui trahissait son hésitation,

(merci les dès ! https://what-lies-ahead.forumactif.com/t575-knock-knock)

Ils étaient dix et eux seulement deux.
Dix.
Dix Virulents... C'était risqué mais... ils n'avaient pas le choix ! Il n'était pas question pour eux de rentrer bredouilles ! Ils avaient besoin de ce matériel, il n'allait pas reculer à la première difficulté non plus. Il n'était pas question de jouer leurs vies mais, Charlie était convaincu qu'il pouvait le faire. Ils pouvaient venir à bout de ces dix monstres, s'ils s'y prenaient bien.

- J'ai un plan. Tu va gérer le flux en ouvrant la porte et en la refermant dès qu'un virulent sera sortit. Il me suffira de l'embrocher comme un steak un peu périmé et on passe au suivant.  Prêt ?

Les deux hommes se mirent en place. Son épée en main, face à la porte, Charlie se tenait prêt. Abel quand à lui, s'était plaqué contre cette porte métallique un peu usagée dont les traces de peinture bleu-grisé qui avaient disparu par endroit laissait à présent place à de la rouille. A  l'aide d'une barre en métal qu'ils avaient dégotté, les deux hommes étaient parvenus à forcer la serrure en s'en servant comme pied-de-biche, il ne restait plus à présent qu'à s'occuper des virulents. D'un signe de tête, Charlie indiqua qu'il était prêt, Abel qui avait bien reçu son message, ouvrit la porte pour laisser l'un des monstres s'en échapper pour la refermer aussitôt faisant poids de tout son corps pour maintenir cette dernière clause et empêcher les autres virulents de sortir en même temps. Abattant son épée sur la créature qui fonçait droit sur lui en ouvrant et fermant mécaniquement la mâchoire, cette dernière s'effondra sur le bitume sans demander son reste. D'un second signe de la tête, Abel ouvrit la porte pour en laisser un autre s'en échapper. Il paru à Charlie qu'il eut plus de difficulté à refermer la porte la seconde fois mais peut-être n'était-ce qu'une impression, concentré sur le virulent qu'il devait abattre, Charlie fit ce qu'il avait à faire sans réellement se préoccuper de ce qu'il avait cru voir. Se mettant à nouveau silencieusement d'accord pour une troisième salve, les deux hommes répétèrent l'opération qu'ils avaient déjà accomplit par deux fois avec succès mais alors qu'Abel ouvrait à nouveau la porte, les virulents entassés derrière cette porte qui les protégeait se jetèrent de tous leur poids sur cette dernière. Les monstres avaient beau ne pas être bien épais, aussi surprenant que cela puisse paraître pour des cadavres ambulants, ils possédaient une force surprenante, et cette fois, la porte n'y résista pas. Abel, malgré tous ses efforts, ne pu la refermer et les huit virulents qui restaient coincés à l'intérieur s'en échappèrent

et là je dis pas merci aux dès XD
https://what-lies-ahead.forumactif.com/t939p20-oui-ou-non#24271


NB : Je me suis permise de faire quelques actions à Abel si jamais ça te dérange ou si ça ne te convient ou que tu aimerais que je modifie quelque chose surtout n'hésites pas à me le dire
 

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Abel Howard
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30.04.20 9:20

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« Dowtown Kelowna | Juillet 2019 »
Lorsque le visage décharné et putride des virulents vint se coller à la fenêtre, j'eus un mouvement de recul autant de crainte que de surprise. Le soulagement l'emportait malgré tout de savoir que l'appât avait fait son œuvre et que nous serions certainement pas pris au défaut une fois ces locataires éliminés. Oui, mais encore fallait-il les éliminer. Je retroussais le nez comme Charlie annonçait le fruit de son rapide calcul. Dix... A deux... Possible. Tendu, risqué, compliqué, mais possible. Il ne me fallut pas longtemps pour acquiescer au plan de Charlie qui tenait la route: notre meilleure chance était encore de ralentir le flux et de les éliminer l'un après l'autre. Quand il eut terminé son analogie culinaire, je le considérais avec un rictus dégoûté par ses propos:

"Quand tu veux... Mais par pitié, ne m'invite jamais à manger."

Maintenant qu'il le disait, ça me semblait faire une éternité que je n'avais pas mordu dans un entrecôte bien saignante, arrosée d'un bon vin rouge... Mais à coup sûr, repenser aux virulents m'en ferait passer l'envie.

Alors que Charlie se mettait en position pour cueillir au vol les indésirables et les passer au fil de sa lame, je prenais place à mon tour pour faire office de portier. La tâche ne s'annonçait pas si ardue en s'y prenant de la sorte, un infecté après l'autre, ils n'avaient plus alors l'avantage du nombre. Le premier mit du temps à arriver et à saisir l'opportunité de sortir de cet endroit où il aurait pu achever son éternité, mais le second suivit très vite et tandis que je m'arqueboutais contre la porte métallique pour la refermer après son passage, je sentais la résistance se faire de plus en plus forte. Si forte que mes pieds semblaient vouloir reculer tout seuls, comme ensorcelés par cette puissance invisible. Comment se pouvait-il que ces huit cadavres qui n'avaient -littéralement- que la peau sur les os puissent déployer une pression pareille? Les bras n'étaient plus suffisants, voilà qu'il me fallait y mettre l'épaule aussi, puis à présent le dos pour tâcher de les contenir et de garder le rythme que nous voulions leur imposer et non pas l'inverse. Je sentais des gouttes de sueur se former sur mon front et dans mon cou alors que mon cœur battait à tout rompre et que mon souffle se faisait court.

Heureusement, Charlie était plus performant en faisant son office... La vue des deux corps qui s'étaient effondrés devant lui me donna un gain de courage et d'énergie: son plan était le bon, il fallait qu'il fonctionne... Alors, tout en retenue, respiration à l'arrêt, j'amorçais l'ouverture d'un troisième passage. Il ne me fallut pas longtemps pour réaliser que je ne parviendrais pas à contenir ces huit virulents restant, affamés par deux ans de solitude dans leur hangar...

A peine ais-je eu le temps de lâcher un juron retentissant que des virulents se précipitaient déjà vers moi. Ma machette à ma ceinture, le temps même de la dégainer me manquait. Alors je plongeais en vitesse le bras pour récupérer au sol la barre de fer qui nous avais servi à forcer le verrou de la porte. J'embrassais le premier crâne qui se présentait à moi d'un revers, tandis que, l'élevant au dessus de ma tête, je l'abattis de toute mes forces sur le second. Jamais je n'aurais pu imaginer avant à quel point une boîte crânienne humaine était dure. Au début, je devais souvent m'y reprendre à plusieurs fois, je n'avais clairement pas ça dans le sang. Et puis, j'avais fini par analyser les angles, les trajectoires, la force qu'il fallait y mettre pour trouver juste le bon endroit et c'était aujourd'hui devenu presque une routine. Macabre et sordide. Mais d'une nécessité implacable.

Mon arme de fortune était efficace mais encombrante, lourde et peu maniable et je sentais mes muscles déjà épuisés des efforts qu'il avait fallu déployer pour maîtriser l'ouverture de la porte. Aussi, je profitais de ce bref répit pour sortir ma machette de son fourreau et jetais un regard inquiet vers Charlie. Ce dernier ne faiblissait pas mais si j'avais été la proie la plus proche de la sortie, il avait été la plus visible pour les six autres virulents qui avaient fondu dans sa direction. Du coude, j'entrepris de tambouriner sur la parois métallique du hangar en les hèlant comme du bétail à rabattre pour que le bruit les attire vers moi, au moins quelques uns d'entre eux, et donner ainsi un peu d'espace à Charlie.
(c) DΛNDELION


(Lancer de dés: '"Est-ce qu'Abel réussit à faire diversion?" = Non)
PS: :cache: Sorry! Tu peux considérer qu'Abel vient te donner un coup de main évidemment! :P
PS²: Message à l'attention du Walker: :fckyou:

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13.05.20 12:43
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Abel et Charlie




S'il y avait bien une chose dans la vie que Charlie détestait par-dessus tout c'était de ne rien contrôler. Lorsqu'il dirigeait la concession de leur père et qu'il l'avait fait fructifier, leur assurant à tous et en particulier à Alice une vie de privilégiés qui aurait tous dû les mettre à l'abri du besoin le restant de leur vie, c'était sans compter sur l'arrivée des Virulents.... A l'époque, tout se passait toujours tel qu'il l'avait décidé, tel qu'il l'avait imaginé, malheureusement depuis que les virulents avaient envahit leur monde, ce n'était plus des chiffres, la récession économique ou des plans de carrière qu'il fallait gérer mais leur survit et c'était bien plus difficile qu'il n'y paraissait, et ce, même lorsqu'on vivait dans une communauté aussi protégé que celle dans laquelle il vivait.
Lorsque l'on prenait la décision de s'aventurer à l'extérieur des hauts murs protecteurs de Highgate on ne savait jamais réellement sur quoi on allait tomber : Allait-on trouver des vivres ? Allit-on revenir le coffre de la voiture chargé de trésors ou au contraire revenir bredouille ? Allait-on rencontrer des gens ? Quelle genre de personne est-ce que ce serait ? La seule certitude qu'ils pouvaient avoir en ces temps troublés était de tomber sur des virulents, mais combien, là encore c'était impossible à prévoir. Il ne fallait pas croire pour autant que s'aventurer à l'extérieur pour se rendre à un endroit déterminé dans l'unique but de récupérer quelque chose de précis qui était sans rapport avec de l'alimentation était une chose plus aisée, et ce, même si on savait où la chercher. Se rendre en ville pour remplacer les onduleurs défectueux n'aurait pas du poser de problème particulier et pourtant... Cela s'était transformé en une véritable expédition : Ils avaient du abandonner leur voiture pour atteindre leur objectif à pied, un objectif qui s'était dressé face à eux portes closes et inviolables, alors ils s'étaient rabattus sur le dépôt lui-même envahit de virulents coincés à l'intérieur. Après avoir échafaudé un plan qui aurait dû être imparable pour les éliminer tour à tour le choses c'était bien évidement une fois encore compliqué parce que rien ne se passait jamais comme ça devrait !

Charlie avait bien vu qu'Abel commençait à peiner sous la pression que les morts exerçaient de l'autre coté de la porte pourtant, à aucun moment, il n'avait cherché à savoir si Abel se sentait de continuer, de poursuivre leur plan. Au lieu de ça, il avait préféré porter des oeillères, convaincu que son plan était le bon et qu'ils allaient venir à bout de tous ces morts, un à un, sans être submergé grâce à cette méthode à laquelle ils avaient recours. Mal lui en prit, car à présent qu'Abel avait été repoussé et que la porte s'ouvrit en grand pour laisser s'échapper un groupe de virulents affamés qui n'avaient pas du avoir leur becqueté depuis fort longtemps à en juger par l'état de décomposition de leurs ignobles carcasses, il se produisit exactement ce que Charlie avait tenté d'éviter et les deux hommes virent déferler sur eux une vague de virulents qu'ils ne pouvaient plus endiguer et dont ils allaient devoir se charger rapidement. Même si à présent il était trop tard pour ça, Charlie regretta de ne pas avoir prit en compte les signes avant coureur qui prédisait une telle catastrophe. Alors que cinq virulents fonçaient droit sur lui, trois autres se dirigèrent en direction d'Abel. Bien trop occupé à rester en vie et à pourfendre les monstres, Charlie ne se préoccupa pas d'Abel qu'il savait assez débrouillard pour venir à bout des deux macchabées qui l'avaient choisi comme hors d'oeuvre. Frappant tour à tour le crâne de deux créatures avec la lame de son épée, qu'il avait subtilisée lors d'une expédition dans le musée de la ville, Charlie les vit s'effondrer sur le bitume dans une giclée de sang. Allongé sur le sol, Il n'y avait pas que les cadavres de ses victimes qui s'y trouvaient puisqu'Abel était parvenu à se débarrasser des siens. Si d'autres imprévus ne venaient pas leur compliquer la vie, ils avaient une possibilité d'en venir à bout. Brandissant son épée, Charlie en embrocha un autre alors même que, muni de sa hachette, Abel tenta de faire diversion en attirant une parti des virulents vers lui. Etrangement à l'exception d'un seul, Brigit s'il en croyait le nom qui se trouvait sur son badge de caissière, aucun ne paru attiré par le boucan qu'Abel tentait désespérément de faire mais qui risquait fort d'attirer ceux qui se trouvait dans la rue voisine. Cela ne rata d'ailleurs pas puisque du coin de l'oeil il en vit apparaître trois qui se trainaient en dandinant, mains en avant, dans leur direction. Comprenant son erreur, Abel cessa aussitôt son vacarme et se précipita vers les autres macchabée sur lesquels il abattit sans le moindre égard sa machette. Quand le dernier monstre fini par tomber au sol, Charlie penché en avant, mains sur les cuisses, s'autorisa à reprendre son souffle. Ils y étaient parvenus ! C'était moins une, mais ils avaient réussi

- Je pensais pas du tout qu'un jour mes leçons d'escrimes me serviraient à ça, souffla-t-il en se redressant pour rejoindre Abel. Tout le personnel à du venir se cacher ici quand ça à mal tourné.

Et à en juger par ce qu'il avait pu en voir, leur plan avait aussi mal tourner que le leur... à la différence prêt, qu'eux étaient toujours en vie. Charlie ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui avait pu mal tourner pour que tous les dix finissent par se transformer. Avaient-ils accueillit avec eux une personne qui s'était fait mordre ? C'est vrai qu'à l'époque on ignorait encore qu'une simple morsure ou pire même une simple griffure vous condamnait et par la-même, tous ceux qui se trouvaient avec vous... Suivant Abel qui se trouvait 2 mètres devant lui, Charlie pénétra à sa suite dans le petit entrepôt balayant la pièce avec la torche dans une main et son épée dans l'autre. La première chose qui le frappa ce fut cette odeur épouvantable de renfermée qui le pris à la gorge et lui piquait les yeux

- Garde l'oeil ouvert ou cas ou il en resterait d'autre


Charlie avait apprit à rester sur ses gardes avec le temps. C'était toujours quand on s'y attendait le moins que ces saletés surgissaient subitement et lorsqu'on s'en rendait compte, il était généralement trop tard. C'est exactement ce qui était arrivé au vieux Rufus qui s'était fait mordre à l'épaule alors qu'ils pensaient tous avoir nettoyé la zone. A la recherche d'une forme allongé qui aurait pu attraper leur cheville et les mordre à la jambe, Charlie balayait le sol de son faisceau lumineux, lorsqu'il relava soudainement la tête en entendant Abel s'exclamer avoir trouvé ce qu'ils étaient venus chercher. Oubliant toute prudence, sourire aux lèvres, Charlie se précipita sur un chariot qu'il débarrassa prestement avant de rejoindre Abel. Ensemble, ils installèrent leur chargement avec précaution sur le chariot, se servant allégrement au passage.

- On fait une première navette et on vient chercher le reste ?
Suggéra-t-il.

Avec son chargement, le chariot pèse son poids et Charlie réalise qu'ils ne sont pas trop de deux pour le pousser. Alors qu'ils s'apprêtent à passer la porte l'ancien concessionnaire s'arrête, le visage grave et soucieux, visiblement préoccupé par quelque chose

- Je peux te parler franchement ? Tu vois, fit-il en prenant appui contre le chariot sans pour autant fixer Abel, on continue de faire comme si tout était normal. On a trouvé ce qu'on était venu chercher, tu vas pouvoir remplacer les pièces défectueuses... mais... et si on faisait tout ça pour rien ? Lui demanda-t-il en tournant cette fois-ci son visage dans sa direction. Et si demain les Protectors détruisaient tout ? On ne sait pas quand mais on sait que ça va arriver. Un jour ils vont débarquer devant nos portes et nous attaquer. Je déteste vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête parfois... parfois je me demande si on ne devrait pas inciter le Conseil à passer à l'action et à les attaquer avant qu'ils ne le fassent... mais... même si on bénéficierait de l'effet de surprise est-ce que nos forces de frappes seront suffisantes ? On ne sait rien d'eux ni de combien d'hommes ils disposent ni du nombres d'armes qu'ils ont à leur disposition... Et moi j'ai peur qu'à force d'attendre ça se retourne contre nous




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16.05.20 4:49

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« Dowtown Kelowna | Juillet 2019 »
Les trois invités-surprise attirés par mon boucan éradiqués, j'essuyais d'un revers de manche le sang mêlé de sueur qui perlait sur mon front tandis que Charlie reprenait son souffle: "Ben je suis bien content que t'ais été un bon élève en tout cas!" plaisantais-je avant d'ouvrir la marche vers l'intérieur du hangar que nous espérions désormais désert.

L'odeur âcre de cet endroit où avaient évolués une bonne dizaine de morts putréfiés pendant deux ans nous piqua les narines. Un remugle infâme de poussière, de graisse mécanique et de décomposition. Un odeur que nous avions tous appris à reconnaître ces derniers mois, bien contre notre volonté. Je pris le temps de chausser ma lampe frontale pour libérer mes mains et j'avançais en protégeant mon nez mis à rude épreuve dans le pli de mon coude. Inutile d'y rajouter l'odeur de mon petit-déjeuner tout juste digéré. Je savais pouvoir compter sur Charlie pour assurer mes arrières, aussi je me concentrais pleinement sur ma tâche, afin de ne perdre aucune précieuse minute. Aucun de nous deux ne souhaitait s'attarder dans cet endroit plus que nécessaire. Tandis que je parcourais le rayonnage des onduleurs, les doigts pianotant anxieusement sur le métal froid, je me faisais fébrile: je ne les voyais pas... Il y en avait plein, de toute sortes, de toute marques, de toutes puissances. Mais pas ceux que nous voulions. C'était pas possible... Puis, alors que je parcourais d'un regard inquiet le reste des rayonnages alentour je reconnus le fameux logo du fabricant que nous recherchions sur des cartons, empilés sur une palette qui attendait encore d'être déchargée. Une lecture rapide des références sur les cartons, un déballage express et je sentais mon cœur battre de nouveau:

"Charlie, ils sont là! Et c'est Noël avant l'heure! Regarde moi ça, on a de quoi faire des stocks pour une bonne vingtaine de panneaux supplémentaires, je dirais..."

Et ça, c'était inespéré. Non seulement, nous pourrions renouveler les éléments endommagés mais nous pouvions anticiper l'avenir. Un luxe suprême en ces temps apocalyptiques où rien ne comptait plus que de répondre à l'urgence du temps présent. J'acquiesce au choix de la sagesse de Charlie en ne remplissant le chariot qu'à moitié pour nous assurer un retour plus aisé. Si cela venait à tourner mal, nous avions de quoi parer au plus pressé et le reste, qui patientait déjà depuis deux ans, continuerait bien de nous attendre quelques heures ou jours supplémentaires. Nous n'avions pas encore passé la sortie que Charlie marqua une pause. Je crus au départ qu'il avait besoin de reprendre des forces après la démonstration bien involontaire de ses talents à l'épée quelques minutes auparavant. Mais au lieu de cela, et sans que je l'ai vu venir ni de près ni de loin, il me livra ses inquiétudes sur l'avenir de notre communauté. Il y était question des Protectors et de la menace qu'ils faisaient planer au dessus d'Highgate depuis maintenant de longs mois.

Dès les premiers mots, j'avais compris que ce n'était pas une conversation qui ne nous prendrait que quelques secondes et qui pouvait être conclue avec une tape sur l'épaule. Aussi, je m'adossais au cadre du chariot et je considérais Charlie longuement. Sa voix avait changée. C'est comme si elle était devenue plus grave, parce que les choses qu'il avait à dire étaient trop sérieuses et depuis longtemps réfléchies. D'aussi loin que remontaient mes souvenirs de l'homme, je ne lui avais jamais ce visage si fermé. Charlie s'était imposé comme un membre éminent de notre communauté, il avait ce charisme naturel qui nous l'avait rendu sympathique dès les premiers abords. Oh des gens aussi sympathiques que lui, nous en avions accueillis, parfois à notre détriment et nous avions payé chèrement le prix de notre naïveté des débuts. Mais Charlie, volontaire et avenant, s'était donné le peine d'intégrer pleinement le groupe, avait donné au centuple tout ce qu'il avait reçu d'Highgate et c'est ce qui lui avait finalement valu une place au Conseil. Aussi, il avait toute mon estime et sa confession méritait toute mon attention. Au fur et à mesure qu'il énonçait ses doutes et ses inquiétudes, je sentais qu'il remuait en moi des questionnements sur lesquels je peinais encore à mettre des mots. Et puis cette angoisse sourde, viscérale. Quand il eut fini, j'haussais un sourcil et lui adressais un léger sourire narquois:

"Je crois bien que tu l'as déjà ta réponse... On va faire quoi? Se pointer à l'aéroport, un beau matin, à poil, et faire feu sur tout ce qui bouge?"

Ce n'était pas moqueur malgré tout car le sujet était bien trop grave et je savais Charlie sincère dans son envie de trancher ce nœud gordien qui nous tenait tous à la gorge. Mais imaginer la scène avait tout de même quelque chose de comique et cela faisait longtemps que je n'avais pas eu l'occasion de trouver quoique ce soit vraiment drôle. Il l'avait dit lui-même: nous ne savions rien -ou en tout cas pas assez- des Protectors et l'hypothèse de passer à l'offensive dans ces conditions étaient suicidaires. Aussi même si je n'appuyais pas la forme de sa proposition, j'en comprenais le fond. Mes poumons se gonflèrent et échappèrent un long soupir:

"Mais je te suis sur le fait qu'on ne va pas pouvoir jouer les autruches encore longtemps. Katherine fera tout pour régler cela de manière pacifique, comme elle l'a toujours fait, mais ce coup-là, je ne crois pas qu'il y ait d'accord possible. Ca va péter. Et ça va péter sérieusement... Et on peut pas avancer dans le noir comme ça. Parfois, je me dis qu'on pourrait peut-être y infiltrer des gens de chez nous mais... Putain, je veux même pas penser à ce qu'il pourrait se passer si ça tourne mal..."

Cela aurait pu constituer une belle chance.  Une vraie chance. Mais les espoirs de réussite étaient trop aléatoires et le prix à payer bien trop élevé en cas d'échec. Mon visage leur était depuis longtemps connu et, évidemment, parce qu'il y avait Victoria et sa sœur, jamais je n'aurais pu me porter volontaire en espérant passer incognito. Et je n'étais pas prêt à assumer cette responsabilité-là pour d'autres. Pour avoir vu l'homme à la batte qui leur servait de leader à plusieurs reprises, je savais que les représailles seraient à la hauteur de l'enjeu. Et je ne le pensais pas stupide au point de ne pas imaginer que nous pourrions tenter une manœuvre de ce genre. Je reprenais, le regard ancré dans le vague:

"Tu vois, quand je vois ce gars-là, Whitemort, qui dépose ses deux gamines à Highgate... Je peux pas m'empêcher de penser que le Führer ne doit pas avoir que des adeptes purs et durs parmi ceux qui le suivent et que ça pourrait être ça, la faille..."

Aucun d'entre nous ne savait exactement ce qu'il se passait à l'intérieur des murs de l'aéroport, nous avions pu glaner quelques informations ça et là, et ce qui nous était revenu était glaçant mais trop de zones d'ombre demeuraient encore. Pourtant, même si je m'étais opposé à leur entrée dans la communauté pour des raisons évidentes de sécurité, une part de moi voyait dans l'arrivée des deux filles Whitemort un message qui se passait de mots sur la situation au sein des Protectors. Et peut-être une occasion inespérée à saisir. Si la peur, la violence et l'intimidation étaient des sources de motivation foutrement puissantes, elles étaient aussi une poudrière qui n'attendait que la flamme pour s'embraser. Me retournant vers Charlie, je lui faisais face désormais:

"Et dis pas ça, OK? Dis pas que c'est pour rien. On vaut mieux que ça non?"

Je lui adressais un mince sourire et secouais la tête, les commissures de mes lèvres plissées d'incertitude:

"Parce que ouais, peut-être que t'as raison. Peut-être qu'ils finiront par nous prendre tout. Et peut-être que si c'est pas eux, ce sera un autre groupe. Demain? Dans un mois? Dans un an? Mais quand bien même, ce qu'on a fait là, c'est pas pour rien. Highgate n'a pas besoin que de flingues." -Je désignais du menton l'un des précieux onduleurs que nous étions venus chercher à la force du poignée et au prix de notre sueur et d'une belle frayeur- "C'est pas juste de l'électricité, de l'eau chaude ou de l'éclairage... Ca va au-delà. C'est ça qui fait qu'Highgate tient, au moins autant que ses murs. Et qu'on sera prêts demain, dans un mois ou dans un an, contre les Protectors ou n'importe qui d'autre..."

J'avais mis toute mon énergie dans Highgate, parce que ce qu'il se passait dehors, ça ne pouvait pas être notre seul horizon d'avenir. Là où Seth offrait un abri, nous avions un foyer. Là où d'autres survivaient, nous, nous bâtissions. Aujourd'hui n'était pas notre seule perspective, nous pensions à demain. Et pour moi, cela disait tout. Toute la différence entre nos deux communautés tenait exactement à ces nuances. Je ne croyais jamais avoir eu l'occasion d'expliquer ma vision des choses à Charlie. Ni à lui, ni à n'importe qui d'autre en fait. Nos journées ne nous laissaient pas le loisir de s'épancher sur nos états d'âmes, mais peut-être qu'il fallait le prendre là, maintenant, ce temps.
Au début de la fin, lorsque j'avais rejoint les Rosebury, maintenir ces vestiges de civilisation c'était notre manière de garder pied, de refuser l'effondrement du monde. Et puis, le temps passant, j'avais compris que c'était notre ciment. Et ce n'était pas qu'une question de confort, cela représentait bien plus. C'était ce qui faisait de nous un groupe. Les gens qui vivaient à Highgate se sentaient moins seuls dans leur merde et j'étais certain que c'était ce qui ferait notre force dans les affrontements futurs: ils auraient les tripes de défendre cet endroit coûte que coûte. Parce que ça rendait l'idée d'un futur un peu moins dégueulasse possible. Parce que, quand je voyais ces familles qui nous abritions, je n'aurais pas pu imaginer autre chose pour lui.

Mais bien sûr, même si nous étions déterminés à sauvegarder notre mode de vie, les fusils que nous sentions pointés sur notre nuque étaient cruellement réels et si la détermination pouvait faire beaucoup, elle n'avait pas le pouvoir d'arrêter les balles. Et Charlie avait raison de mettre les pieds dans le plat avant qu'il ne soit trop tard.
(c) DΛNDELION

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 Abel et Charlie




Si la situation n'était pas aussi critique, aussi grave, alors peut-être, à vrai dire sûrement même, que Charlie aurait trouvé très amusant cette image d'eux allant affronter les Protectors dans le plus simple appareil. Il fallait bien reconnaitre que la scène était fort cocasse, malgré tout, cela ne dérida pas Charlie qui n'esquissa même pas un sourire. Des Protectors, ils savaient très peu de choses, l'essentiel étant qu'ils convoitaient Highgate et qu'ils ne reculeraient devant rien pour y parvenir. Et eux ? Jusqu'où étaient-ils prêt à aller ?
Abel avait beau plaisanter et se cacher derrière ses plaisanteries tout comme lui, il avait parfaitement conscience de la situation critique dans laquelle ils se trouvaient et Charlie avait la conviction que s'ils ne réagissaient pas très vite, un jour ou l'autre, dans un proche avenir, quand ils s'y attendraient le moins, les Protectors se trouveraient devant leurs portes et il serait trop tard pour réagir.

Catherine était un bon leader, c'était une femme forte, une main de fer dissimulée dans un gant de velours. Elle n'était pas de celles qui se laissaient facilement attendrir. Il n'était pas encore là lorsque cela s'était produit, mais Charlie avait entendu parler de ce groupe qu'ils avaient accueilli au sein de leur communauté et dont la confiance envers ces derniers avait été plus que mal placée, ces hommes ayant commis un véritable massacre parmi la population de Highgate. Catherine avait perdu de nombreux proches dont son fils, une perte dont elle ne s'était jamais réellement remise. Depuis cet incident les choses avaient changé et celle qui se trouvait aujourd'hui à leur tête s'était endurcit face aux épreuves qu'elle avait dû traverser. Malgré tout, elle restait diplomate et comme la plupart des gens préférait trouver un compromis dans la discussion plutôt que de se lancer dans une bataille qui, même s'ils venaient à la gagner, les laisserait tous meurtris. Mais dans le cas qui les préoccupait présentemment, il n'y avait aucune discussion possible et Catherine était bien placée pour le savoir.

Son regard toujours fixé sur Abel, Charlie compris qu'il n'était pas le seul à être tourmenté par cette situation. De toute évidence, Abel aussi y avait longuement réfléchit de son côté et Charlie devait bien admettre qu'infiltrer un homme à eux était loin d'être une mauvaise idée mais qui et comment ? Et du reste, il était beaucoup trop tard à présent. S'ajoutait encore à ça le temps qu'il leur faudrait pour se décider à nommer une personne de confiance, à s'organiser sur la meilleure manière de faire passer les informations sans se faire prendre, ce tyran et les siens seraient déjà à leurs portes. Charlie était même surpris que cela ne se soit pas encore produit. C'était avant qu'ils auraient dû réagir, dès qu'ils avaient eu vent de la menace que représentait les Protectors, à présent c'était beaucoup trop tard.
Quand à choisir qui envoyer... Abel était beaucoup trop important à la communauté pour risquer sa vie de la sorte. Si Catherine venait à disparaitre, pour Charlie il était évident que ce serait à Abel que reviendrait la lourde tâche de la remplacer. Lui ? Il n'était pas fait de ce bois-là et puis il n'était pas naïf, ce genre de mission était fort risqué. La personne qui y serait envoyé reviendrait peut-être en héros mais elle risquait surtout de ne jamais revenir, et lui, il n'avait pas l'intention de mourir. Il avait d'autres projets et retrouver sa femme en faisait partie. Il ne rêvait que d'une chose, lui faire découvrir ce paradis qu'était Highgate d'autant plus après l'enfer qu'elle avait dû vivre ces derniers mois. Alice... il ne se passait pas un jour sans qu'il ne prit Dieu d'épargner sa femme, de la protéger et de la ramener à lui saine et sauve. Si Kaniel avait été là, Charlie n'aurait pas hésité à l'y envoyer. C'était tout à fait le genre de mission pour lequel il était fait, lui qui n'avait personne dans sa vie, qui était un solitaire dans l'âme et qui avait survécu à une prise d'otage. Et puis Kaniel avait beau avoir de nombreux côtés détestables, il n'en restait pas moins une personne fiable qui ne trahirait pas sa famille et Sierra encore moins, Seth ne serait jamais parvenu à le retourner. Mais voilà, ni lui, ni Alice n'étaient à ses côtés en cet instant et ils allaient devoir trouver un autre moyen.

L'évocation de ce sombre individu du nom de Whitemort le tira de ses réflexions, lui faisant afficher aussitôt une grimace contrariée. C'était un nom qui revenait souvent dans ses discussions ses derniers jours. Noah tout particulièrement lui avait beaucoup appris sur lui, levant par la même le voile sur de nombreuses zones d'ombres. Lorsque cet homme avait demandé l'asile pour ses deux filles, Charlie s'y était farouchement opposé et avait voté contre. Le plaidoyer de Tennessee en sa faveur n’avait rien changé et il était resté sur ses positions. D’ailleurs Charlie s’interrogeait beaucoup sur les liens qui unissaient réellement Tennessee et ce sbire d’Attila en personne. Qu’elle soit parvenue à le faire prisonnier était une chose, qu’il parvienne à s’échapper alors qu’elle était sous sa responsabilité et enfermé à double tour, pourquoi pas, mais pour pourquoi appuyer la demande d’homme qu’on est supposé détester ? Un ennemi qui avait blessé Noah ? Qu’y avait-il exactement entre eux ? Plus il y réfléchissait et plus il avait l’impression qu’on ne leur avait pas tout dis. Ce connaissaient-ils d’avant ? Il en était convaincu. Il existait un passif entre eux, de quelle nature ? Ça il l’ignorait mais c’était suffisamment important pour qu’elle se porte garante de ses filles. Des filles qui n’étaient plus des enfants mais des jeunes femmes. Les accueillir c’était comme ouvrir en grand la porte de la bergerie pour y faire entrer le loup. Charlie ne leur accordait aucune confiance c’est pourquoi elles étaient sous surveillance constante.
Ce que Charlie ne s’expliquait pas c’était la raison pour laquelle Whitemort avait fait ça. Pourquoi demander l’asile à ses filles alors qu’il savait très bien que leur communauté était la prochaine sur la liste de son führer ?
Etait-ce parce qu’il était persuadé de leur victoire ? Abel avait-il raison de dire que le dénommé Seth les tenait tous par la menace ? Qu’il y avait parmi la garde rapproché de l’empereur des traitres qui n’adhéraient pas à ses idées despotiques ? Mais combien étaient comme Whitemort ? Un quart ? La moitié ? Les trois-quart ? Cela pouvait s’avérer être un avantage car tous savait comment avait fini César mais qui le remplacerait ? Combien d’hommes bien avaient suivi ce fou ? Très peu à son sens on ne pouvait pas rejoindre ce genre de groupe sans adhérer à ces idées un tant soit peu, et même si dans le meilleur des cas ils en venaient à s’étriper entre eux, ne risquaient-ils pas plutôt de voir pire émerger au pouvoir ?
La deuxième hypothèse, c’était plutôt, comme le redoutait Charlie, parce qu’il se servait d’elles pour obtenir des informations en les infiltrant, un peu comme l’avait suggéré Abel un peu plus tôt en envoyant l’un des leurs à l’aéroport. Après tout, si eux en avait eu l’idée, il doutait fort que les Protectors n’y aient pas songé et les deux filles étaient des recrues de choix. Quelles meilleurs infiltrées que ces deux gamines-là ? Quelle genre de personnes seraient-ils pour refuser l’asile à des gamines qui non seulement attireraient plus facilement la sympathie qu’un homme ou une femme, mais que l’on aurait tendance, à tort, de qualifier d’inoffensives ? Il n’avait plus qu’à tirer sur la corde sensible de Tennesse et le tour était joué. Non décidément, plus il y pensait et plus il détestait l’idée de les compter parmi eux mais ça, Abel le savait déjà et ce n’était pas le sujet actuel.

Alors qu’il s’apprêtait à formuler ses doutes à haute voix, Abel le reprit durement sur quelque chose qu’il avait dit. N’étant pas certain de comprendre ce qu’il sous-entendait, il leva sur lui un regard interrogateur. Abel ne tarda pas à éclaircir le fond de sa pensée et si Charlie avait prononcé ces paroles sans trop réfléchir à la portée de ces dernières, il allait de soi qu’il le pensait. Pourquoi chercher des pièces qui serviraient à leur confort si c’était pour laisser d’autres personnes en profiter ou pire encore, détruire tout ce qu’ils avaient construit, réduisant ainsi leurs efforts à néant. Ne valait-il pas mieux tout laisser en l’état et attendre que ce soit terminé ? Et là, Abel souleva un point qui le frappa de plein fouet, une réalité à laquelle il n’avait jamais songé parce que depuis son arrivée à Highgate il vivait un rêve, un rêve éveillé car dans toute cette désolation qu’était devenu cette Terre envahit de morts, c’était bien ce qu’était devenu Highgate à ses yeux : Un rêve mais un rêve bien réel, une oasis où il faisait bon vivre et qui les protégeait du monde extérieur, mais c’était là où il avait tout faux. Jamais avant que les Protectors n’entrent dans leur monde, il n’était venu à l’esprit de Charlie que quelqu’un puisse avoir la folie de chercher à s’emparer de ce qu’ils possédaient ou en cas extrême de le détruire, pourtant cela aurait dû. L’envie, la bêtise, ce besoin de convoitise, de destruction était inné en l’homme et ce, depuis des temps immémoriaux. N’était-ce pas ce qu’on leur avait appris en Histoire ? Guerre de conquêtes, de colonies, de religions,… pourquoi serait-ce différent aujourd’hui ? Les Protectors n’étaient pas les premiers à convoiter Highgate et ils ne seraient surement pas les derniers. Leur communauté avait déjà suscité la convoitise par le passé et cela recommencerait forcément un jour, bien après l’épisode des Protectors. Devaient-ils cesser de vivre pour autant ? Cette prise de conscience aussi violente soit-elle laissa Charlie durant un instant sans voix. Pesant soudainement le poids de ses paroles, Charlie fini par hocher la tête

- Tu as raison, tu as même totalement raison. Je n’aurais pas dû dire ça, je me suis mal exprimer. Ce que nous possédons est précieux et ne peut que susciter des convoitises, il en suscite déjà, mais ce que tu m’as fait réaliser ce que les Protectors ne seront surement pas les derniers, j’en ai conscience à présent. Que ce soit à cause de Seth et ses Protectors ou d’un autre groupe, nous ne serons jamais à l’abri, et tu as raison, on ne doit pas cesser de vivre pour autant de peur qu’un malheur vienne nous frapper mais si on en a conscience, alors c’est notre rôle de pallier coûte que coûte à cette menace extérieur, on doit s’en prémunir dès à présent. Nous avons la chance de posséder des armes, d’avoir des gens qui savent se battre mais tôt ou tard, si on ne fait rien pour se protéger on finira par tomber sur plus fort que nous, c’est ce qui arrivera un jour ou l’autre aux Protectors. On ne doit pas attendre d’être en danger pour parer à cette menace il faut former les gens à se battre pour que tout le monde soit capable de se défendre sans forcément compter sur les plus hardi comme Noah, Rafael, toi, Cathleen ou Tennessee. Mais ce ne sera pas suffisant, il faudrait trouver d’autres communautés afin qu’on puisse se protéger les uns les autres… ce sont des idées en vrac et quand tout ça sera fini je pense qu’on devrait en parler sérieusement pour ne plus se retrouver dans une situation comme celle dans laquelle on se retrouve aujourd’hui.

Une situation dans laquelle une autre communauté représente une menace suffisamment sérieuse pour leur donner des sueurs froides. Tout perdre au profit des Protectors était inenvisageable pourtant, s’ils ne se préparaient, cela risquait fort d’arriver.

- Je n’aime pas ce que je vais dire, et tu vas pas aimer non plus mais écoute moi jusqu’au bout avant de protester tu veux ? On a un moyen de pression sur Whitemort. On peut le contraindre à faire des choses pour nous s’il ne veut pas qu’on renvoie ses filles. On peut le forcer à nous informer des plans de Seth, de ses projets, de ses points forts et de ses points faibles mais même là, rien ne nous garantit qu’il ne jouera pas un double jeu avec nous. Plus j’entends parler de ce type et plus je me dis qu’il est le genre d’homme à suivre le sens du vent… La seule chose qu’il pourrait faire et qui lèverait toute ambigüité sur ses intentions c’est lui demander de tuer cet homme à la batte. Il est celui qui est le plus à même de le faire

Et s’il venait à échouer et à mourir et bien ce serait ma foi fort regrettable pour lui, mais ce n’était pas Charlie qui le pleurerait. Il n’était pas des leurs et avait choisi de se mettre au service d’un homme aussi dangereux que ce type, si cela venait à mal tourner pour lui, Whitemort était le seul à qui il pourrait s’en prendre
 

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06.06.20 16:29

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« Dowtown Kelowna | Juillet 2019 »
J'écoutais Charlie avec attention, accoudé au chariot qui bloquait l'entrée du hagard, acquiesçant silencieusement parfois. Je partageai sa méfiance à l'égard des Whitemort, nous avions eu l'occasion d'échanger déjà là-dessus. Malgré tout, et comme il l'avait anticipé, sa dernière diatribe sur le père me mit franchement mal à l'aise et je ne le lui cachais pas:

"T'as bien raison, j'aime pas du tout... Faire chanter un mec en utilisant ses gosses? Charlie..."

Mon claquement de langue et le regard qui l'accompagnait en disaient long. Il ne pouvait pas le penser sérieusement. Est-ce que nous voulions vraiment être ces types-là? Pour aussi douloureux que soit le souvenir, je me rappelais suffisamment ce que cela faisait d'être père pour éprouver au moins cette empathie à l'égard de l'homme. Je développais:

"De deux choses l'une, soit effectivement il s'écrase et s'exécute, auquel cas je pense qu'il signe son arrêt de mort. Soit il se sent acculé et il nous pète entre les doigts. Quoiqu'il en soit, ça fait de nous de sacrés dégueulasses, tu crois pas? Notre cause est juste, on peut pas la servir avec des actes injustes. Moi je m'y refuse en tout cas. Tu pourrais, toi, regarder les gamines en face après ça? Elles ne nous le pardonneraient pas et elles auraient raison. Et surtout, je suis à peu près sûr que c'est quelque chose qu'il pourrait faire, lui..."

Mes lèvres s'étaient retroussées dans une expression qui révélait tout le mépris que je pouvais nourrir envers le leader des Protectors. Nos actes devaient être mûrement réfléchis parce qu'ils parlaient pour nous. Ce n'était pas qu'une affaire de morale ou de conviction. S'ils se trouvaient quelques âmes dans l'aéroport pour s'élever contre Seth et nous prêter main forte dans sa chute, comment justifierions-nous le modèle que nous proposerions comme alternative après avoir utilisé deux gosses comme monnaie d'échange? J'avais bien relevé les termes que Charlie avait utilisé: pression, contraindre, forcer... Nous ne gagnerions pas avec ces armes-là. C'était celle de Seth, pas les nôtres. Personne n'échangeait un tyran pour un autre. La solution avancée par Charlie soulevait aussi un autre problème à mon sens:

"D'autant que rien ne nous dit que ce serait la fin. Ces bêtes-là... Tu coupes la tête, y'en a trois qui repoussent... "

Quand j'étais gamin, j'avais un livre illustré des Douze Travaux d'Hercule qui m'avait fasciné. L'image de l'Hydre de Lerne était resté ancrée dans mon imaginaire et lorsqu'il me fallait imaginer la tâche que représentait la lutte contre le leader de l'aéroport, c'était naturellement celle qui me venait en tête. Les Protectors étaient une menace et Seth, tout aussi détestable fût-il, n'était peut-être que la surface émergée de l'iceberg. Je doutais que le descendre n'anéantisse le danger que représentait tous les autres aussi simplement que cela. Peut-être cela les désorganiserait-il pour un temps, un temps sans doute précieux pour Highgate, mais nous ne devions pas nous laisser aller à croire ou espérer que cela suffise. Pour abattre le Roi pour de bon, je croyais plus volontiers sage de scier d'abord les pieds du trône.
Cependant, Charlie mettait le doigt sur la plaie. Il ne faisait que dire à voix haute les conclusions que j'avais commencé à tirer moi-même sans vraiment me l'avouer. Parce que quelque part, accepter ça, c'était accepter de céder un peu à ce chaos. J'ai assisté à la fondation d'Highgate et je n'aurais jamais pensé qu'on aurait à la défendre contre d'autres vivants. C'était peut-être de la naïveté ou de la stupidité, mais face à cette débâcle, je pensais que nous saurions tous apprendre des erreurs du passé pour ne plus les commettre. Qu'il n'y aurait qu'un seul camp, l'humanité, contre le reste du monde, les morts. Si je faisais l'état des lieux, deux ans après, force était de constater que j'avais eu bien tort. Passé le constat, que faisions-nous? Les choix qui s'offraient n'étaient pas nombreux et il nous restait peu de temps pour faire les bons.

"On aurait sûrement dû se bouger davantage depuis longtemps. J'y ai ma part de responsabilité... On peut encore faire ce qu'il faut pour se préparer au pire. Si tu choisis d'en parler au Conseil, je te soutiendrai."

Je terminais mon propos avec un signe de tête lui certifiant qu'il trouverait mon appui, même si ce n'était pas gaieté de cœur. Depuis le début, j'avais été un partisan de la stratégie défensive. Parce que c'était ce que je savais faire. Cela faisait longtemps que le sujet de l'entrainement aux armes tournait dans le Conseil et revenait régulièrement sur le tapis, notamment pour les plus jeunes. Jusque là, j'avais été inflexible sur le sujet. 16 ans, pas moins. Imaginer des adolescents avec un flingue entre les doigts me retournait l'estomac. Etait-ce la société que j'aurais aimé voir se construire? Non. Etait-ce une nécessité aujourd'hui? Oui. Nous étions nombreux à Highgate mais nous n'étions pas des soldats, ni des mercenaires et si c'était la guerre qui se préparait, des blessés, des morts, il y en aurait. Peu, s'ils savaient comment riposter. Beaucoup, si nous laissions faire. Sur ce, levant un regard vers le ciel où le soleil était déjà bien haut, je lui faisais signe de reprendre notre poussée. Le chargement était lourd et nous espérions faire encore un aller-retour. Plus nous nous attardions, plus nous risquions de voir débarquer d'autres virulents.
Alors que nous arrivions à la voiture et que nous commencions à décharger les onduleurs, je réfléchissais, concentré. Durant notre conversation, Charlie avait soulevé plusieurs points qui mériteraient qu'on s'y attarde davantage dans les semaines à venir. Une en particulier m'apparaissait comme capitale. Je m'entendis penser à voix haute:

"Tu vois, trouver d'autres communautés, ça, ça me plait par contre. Je crois même que c'est vraiment une bonne idée. Tu crois que tu pourrais t'y atteler? Je suis sérieux, tu pourrais vendre du sable aux bédouins... Et si j'avais quelqu'un à retrouver là, au dehors, je crois que je sauterai sur l'occasion pour avoir les mains libres..."

Je lui glissais un regard de connivence. Charlie ne s'était jamais caché d'être en quête de sa femme disparue, sautant sur la moindre occasion pour poursuivre ses investigations. Il avait sûrement plus de chances de la retrouver s'il élargissait son champ de recherche et entrer en contact avec d'autres communautés pouvait être un excellent moyen de remonter une ou plusieurs pistes. Bien sûr, par les temps qui courraient c'était aussi un pari risqué car cela signifiait, peut-être, faire de mauvaises rencontres. Mais je ne pouvais pas croire qu'il ne se trouve pas, ailleurs, des gens sur qui nous pourrions compter et qui pourraient s'appuyer également sur nous. C'était déjà ce qu'il se passait avec certains des survivants solitaires que nous connaissions à Kelowna, pourquoi cela serait-il impossible à plus grande échelle? Moi, j'avais trop à faire sur place, surtout si un conflit armé se profilait avec le groupe de l'aéroport, et puis, je n'avais pas le caractère amène de Charlie. Highgate ne pourrait avoir meilleur ambassadeur, j'en étais certain.
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Abel et Charlie




Abel était un homme de bien, un homme intègre, l’un des rares qu’il existait encore en ce monde. Pas une seule fois depuis qu’il le connaissait, Charlie ne l’avait vu s’écarter du droit chemin ou renoncer à ses principes pour quelques raisons que ce fut. Le cadet des Castellan, pour sa part, se considérait comme un bien également à la différence prêt, c’est que contrairement à Abel, il ne craignait pas de franchir certaines limites qui flirtaient dangereusement avec l’immoralité. Whitemort ? Cet homme avait beau prétendre vouloir les aider, être dans leur camps, Charlie ne lui accordait aucun crédit. En venant à eux, c’était plutôt sa peau et celle de ses filles qu’il cherchait à sauver. Quel mal y avait-il à se servir d’un homme qui non seulement n’était pas des leurs mais qui pour sa part ne manquait pas de les utiliser lui non plus ? Il n’y avait rien de plus facile que de lui mettre la pression en lui faisant croire que s’il ne leur obéissait pas, ils n’hésiteraient pas à mettre ses filles dehors. Charlie savait très bien que Catherine n’accepterait jamais d’agir de la sorte, pas plus qu’Abel d’ailleurs, mais ça, Whitemort ne pouvait pas le savoir. Mais même cette optique de proférer des menaces en l’air était aux yeux de cet homme qu’il respectait, une mesure bien trop radicale. Charlie avait bien conscience que Abel avait raison, en faisant cela, ils signaient l’arrêt de mort de Whitemort car quand bien même parviendrait-il à abattre le tyran, il avait très peu de chance de filer sans se faire prendre, ce qui engendrerait une rancune tenace de la part de ses filles mais c’était quelque chose que Charlie se sentait prêt à assumer sans le moindre problème de conscience, mais de cela, il se garda bien de le révéler à Abel qui ne comprendrait pas. Une attaque frontale d’opinion avec Abel n’était pas la meilleure des stratégies, il était préférable de le faire abonder dans son sens mais à moins de se retrouver au pied du mur, il allait être très difficile de faire changer d’avis à son ami. Il y avait toutefois un point sur lequel il était totalement en phase avec lui, c’est lorsqu’il affirmait que ce genre d’agissements étaient exactement de ceux dont le leader des Protectors s’était forgé une réputation

- Précisément, reconnu-il. Seth Mansfield ne s’encombre d’aucune bassesses, d’aucun coup bas du moment qu’il obtient des résultats. Penses-tu vraiment que l’on puisse vaincre un homme tel que lui en la jouant à la loyale ? Lui demanda-t-il

Toutes les personnes qui avaient trouvé refuge à Highgate étaient des personnes qui n’avaient pas à rougir de leurs agissements. Ils avaient tous leurs défauts et leurs faiblesses après tout ils n’étaient que des hommes, mais aucun d’entre eux n’étaient assoiffés de pouvoir comme pouvait l’être les Protectors. Mais n’était-ce pas justement là où le bas blessait ? Cette droiture qui les caractérisait ne risquait-elle pas de se retourner contre eux ? Pouvaient-ils vraiment encore ce permettre de suivre une certaine ligne de conduite par fierté pour ne pas tomber aussi bas que leur adversaire à un moment aussi décisif de leur vie ? Charlie pour sa part pensait de plus en plus que certaines valeurs morales devaient parfois être mises de côté pour pouvoir affronter ce que ce nouveau monde avait fait émerger de pire en l’humanité.
Malgré tout, il y avait des points, des inquiétudes soulevées par Abel qu’il partageait complétement. Ce n’était pas parce qu’ils allaient abattre le leader des Protectors que leurs soucis seraient réglés pour autant. Dans le meilleur des cas, les Protectors vaincus, reconnaissaient leur défaite et se soumettaient mais il y avait également une autre possibilité… découvrir qu’en tuant Seth Mansfield ils faisaient émerger un monstre bien plus redoutable encore. En l’état actuel des choses, Charlie avait beaucoup de mal à imaginer qu’il puisse y avoir pire pourtant c’était tout à fait envisageable et il ne fallait surtout pas négliger cette option

- Je t’avoue avoir beaucoup de mal à imaginer pire que ce diable-là. Cela étant, on ne rejoint pas un homme comme cet enfoiré s’il on ne partage pas un minimum de ses convictions ou de ses idées. Alors je te le demande, que se passera-t-il une fois que l’on aura coupé la tête du dragon ? Que ferons-nous des autres membres de sa communauté ? Comme tu l’as dit toi-même, coupe la tête de l’hydre une autre repousse aussitôt. Il y aura dans son entourage des types qui seront surement tout aussi dangereux et qui pourraient constituer une menace non négligeable pour notre avenir

Penser à l’affrontement qu’ils ne pouvaient en aucun cas se permettre de perdre était une chose, mais ils devaient également se projeter dans l’après. Qu’adviendra-t-il de ces hommes et de ces femmes qui étaient prêt à le suivre et à piétiner les autres communautés sans vergogne juste pour piller leurs ressources et les asservir ? Quand bien même n’étaient-ils pas tous ainsi, Highgate n’avait ni l’envie ni les capacités de les accueillir, mais les laisser s’en aller librement était peut-être une perspective encore plus dangereuse. Annexer l’aéroport sous le commandement de l’un des leurs ? Mais qui aurait envie de s’enterrer là-bas pour tenir en laisse ses excités qui ne pensent qu’à détruire ? Les éparpiller ? Les bannir ? Beaucoup trop dangereux car cela impliquerait qu’ils risquent de revenir un jour ou l’autre et peut-être cette fois avec de nouveaux alliés. Les abattre ? Ce serait une véritable extermination et en toute franchise, Charlie ne se sentait pas capable de franchir cette limite-ci. Mais et s’ils y étaient obligés ? Si on ne leur laissait pas le choix ?
Se posait un autre problème dans le futur. Outre de savoir ce qu’ils allaient bien pouvoir faire des sous-fifres de Seth et de ses hommes, Highgate devait songer à ne plus jamais se retrouver sans défense comme c’était le cas actuellement. On disait que le capitalisme avait rendu les gens égoïstes, qu’ils étaient devenus individualistes… n’était-ce justement pas dans ce genre de situation, face aux morts qui avaient envahi le monde, qu’il fallait se serrer les coudes ? Mais c’était tout le contraire, il fallait déposséder l’autre de ce qu’il possédait coute que coute, et survivre par n’importe quel moyen même si pour cela il fallait supprimer des personnes qui étaient prêtes à ouvrir leurs portes. Dans le fond, les leçons d’Histoire n’avaient servi à rien puisque les hommes au lieu de s’entraider répétaient inlassablement les mêmes erreurs à cause de leur éternelle soif de pouvoir.

Leur discussion avait beau être d’une importance de tout premier ordre, elle était même vitale pour leur survie à tous, ils ne devaient pas oublier pour autant les raisons qui les avaient poussé à venir jusqu’ici. S’ils s’attardaient davantage, ils risquaient fort de laisser piéger par d’autres virulents et par la nuit tombante. Acquiesçant d’un signe de tête, Charlie aida Abel à pousser leur précieux chargement jusqu’à leur véhicule qui les attendait. Alors qu’ils déchargeaient les caisses une à une dans le coffre de la voiture, Abel brisa le silence en évoquant un point qu’il avait soulevé un peu plus tôt. Relevant sur ce dernier un regard surprit, Charlie réalisa qu’Abel avait mis à profit le silence qui avait pris place entre eux depuis qu’ils avaient quitté l’entrepôt non pas pour économiser leurs forces ou se faire le plus discret possible mais pour se laisser le temps de réfléchir à leur échange durant tout le trajet qui les avait conduit jusqu’à leur voiture. Une fois encore, Abel lui prouvait toute la confiance qu’il lui témoignait et ce, même si leurs opinions pouvaient parfois diverger.
Est-ce que Charlie se sentait capable d’inciter les autres communautés à s’allier à eux ? Il n’avait pas l’ombre d’un doute à ce sujet, le commerce, il avait toujours eut ça dans le sang. Qui plus est, devenir le porte-parole de la communauté et la représenter était un grand honneur pour lui, un privilège même. De plus, Abel avait glissé à demi-mot que c’était également l’occasion pour lui de profiter des avantages que lui offrirait cette nouvelle fonction et d’intensifier les recherches autour de sa femme. Allez à la rencontre des autres communautés qu’il ne connaissait pas encore signifiait amplifier ses chances de la retrouver, et de pouvoir à nouveau la serrer dans ses bras. Après tout, Sierra et lui avaient bien trouvé refuge dans une communauté pourquoi n’en serait-il pas autant pour sa femme et Kaniel ? Si la perspective de retrouver sa femme était ce qui le motivait chaque jour qui s’écoulait celle de retrouver son frère, de le conduire à Highgate et de vivre à nouveau avec lui était une perspective qui elle, l’enchantait beaucoup moins. Mais s’il fallait en passer par là et bien il serait le premier à serrer son frère dans ses bras car retrouver Kaniel cela signifiait retrouver Alice…
Abel n’était pas le genre d’homme à tergiverser des heures durant quand une idée lui plaisait. Il savait prendre des décisions qui s’imposaient sans jamais revenir dessus et en l’occurrence en cet instant, Charlie avait plus que son soutient, il avait son aval.

- Tu peux compter sur moi, lui affirma-t-il dans un sourire volontaire et sûr de lui

Cette mission était tout à fait dans ses cordes, mieux, elle était faite pour lui. Levant la tête en direction du ciel, les deux hommes échangèrent un regard silencieux. Plus question de trainailler encore une livraison et ils pourraient rentrer chez eux, peut-être même avant que la pluie ne tombe de ces gros nuages menaçant.



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24.06.20 8:57

The world is an open market


« Dowtown Kelowna | Juillet 2019 »
Je répondis à la réponse affirmative de Charlie par une main sur l'épaule et un sourire. Je le savais parfait pour cette mission et si cela lui permettait de faire d'une pierre deux coups alors il ne fallait plus perdre de temps. Notre second aller-retour vers l'entrepôt  se fit sans encombre, exceptés quelques virulents venus à notre rencontre, sans doute attirés par le roulis du chariot sur le bitume et mis hors d'état de nuire par nos lames respectives. Ce faisant, je songeais à notre discussion à cœur ouvert et à ce qui en ressortait.

En soulevant l'idée brillante de se trouver des alliés parmi les autres communautés, Charlie venait d'allumer une flamme dont il ne soupçonnait pas l'importance à mes yeux. Quelle que soit notre bonne volonté, elle ne pouvait pas nous porter à elle seule indéfiniment. Pour Highgate, je donnais sans compter et je le ferais encore, et encore, au bout de mes forces. Mais comme tous, je doutais et le découragement rôdait, tapi dans l'ombre, attendant la nuit pour instiller dans mon esprit les plus sombres pensées. J'étais sûrement de ceux qui parvenaient le mieux à le dissimuler, mais si je pouvais mentir aux autres, y compris ceux qui m'étaient les plus proches, au Conseil, à Katherine, je ne pouvais pas me mentir à moi-même. Si nous survivions à ce conflit, qu'en serait-il au suivant? Et à celui d'après? Nous n'étions pas de taille à faire face seuls. Pas sur le long terme.
Avec cette perspective, Charlie venait de me tendre une torche pour repousser les monstres du désespoir et les maintenir à distance encore un peu. Nous avions des atouts à mettre sur la table en vue d'une éventuelle alliance: des ressources humaines, matérielles, alimentaires, des infrastructures, et si nous refusions de nous en voir dépouiller, nous pourrions volontiers les partager pourvu que l'accord soit honnête. Celui des Protectors qui réclamait la soumission ou la mort ne l'était, de toute évidence, pas. Mais tous les groupes ne pouvaient pas être comme eux...

"Eux"... Quoique cela veuille dire. Car pour l'heure, nous ne connaissions du groupe de l'aéroport que ce que son leader avait bien voulu nous en montrer: l'intimidation et la violence. Et le moins que l'on puisse dire était que ça n'était pas franchement vendeur. Mais derrière la vitrine, à quoi ressemblait l'arrière-boutique?
Charlie semblait persuadé que les Protectors se valaient tous, je comprenais facilement ce qui le faisait raisonner ainsi mais j'étais moins catégorique. Et puisque nous en étions à dresser des plans pour un futur proche, alors que notre mission touchait à sa fin et que nous nous apprêtions à rentrer, je lui faisais part de mes réflexions:

"Tu vois, je crois qu'on aurait tort d'écarter totalement l'hypothèse que les Protectors eux-mêmes puissent être nos alliés. Les meilleurs, peut-être, pour enterrer pour de bon cette ordure."

Face au regard que m'adressa Charlie, je m'empressais de me justifier:

"Te méprends pas, je ne veux rien leur céder. Mais, dans ce monde, on agit pas toujours, sinon rarement, par conviction... Tu le sais bien... Tu l'as déjà vu, avec sa putain de batte. Il se nourrit de la peur qu'il inspire. Si tu me disais, là, Charlie que tu ne l'a pas ressentie comme moi, je te croirais pas. Maintenant, imagine que tu la ressentes tous les jours, cette peur. Du matin quand tu te lèves, au soir quand tu te couches, et peut-être même la nuit si tu arrives à fermer l'œil... Tellement omniprésente que tu oublies qu'elle n'a pas toujours été là, qu'elle n'est pas légitime, que ça peut être autrement... Si on te donnait la chance de pouvoir en finir avec une bonne fois pour toutes, tu crois que tu ne te jetterais pas dessus? Tu crois qu'il y en a pas, là-bas, qui voudraient que ça s'arrête au moins autant que nous? "

Non, leur leader ne pouvait pas en être arrivé là où il était sans soutiens, ni fidèles. Et pour ce que nous en savions, l'aéroport abritait sûrement de nombreux spécimens de son espèce. Mais il était certain aussi que, de nos jours plus que jamais, nécessité faisait loi. Nous avions aujourd'hui le luxe de refuser la soumission, mais c'était oublier que nous ne l'avions pas toujours eu, ce choix. Nous avions tous, à un moment donné, fait l'expérience de la peur, la faim, l'angoisse, de la perte de contrôle totale sur nos vies. Nous avions eu la chance de connaître autre chose, d'échouer dans une communauté de gens respectables mais Dieu seul savait à quoi nous avions réchappé alors... Si les choses avaient été différentes, peut-être serions-nous aujourd'hui en train de grossir les rangs des Protectors...
Etait-ce à dire qu'il n'y en avait aucun là-bas, des gens respectables, ou sinon un trop petit nombre? Qu'il ne se trouvait personne pour refuser et condamner les agissements de son leader? Par son geste, Whitemort nous avait laissé entrevoir le contraire et tandis que Charlie se mettrait en quête de soutien extérieur, je comptais bien quant à moi, me pencher sur ce que dissimulaient les murs de l'aéroport. Les résultats n'étaient pas garantis, c'était peut-être même jouer d'un peu trop près avec le feu, mais s'il y avait un futur après tout ça, il faudrait bien compter avec le reste des Protectors, que cela nous plaise ou pas. Avec un peu de chance, le ver était peut-être déjà dans le fruit. Je concluais:

"Je vais essayer de voir ce que je peux tirer des filles Whitemort. On y a pas grand chose à perdre. C'est avec la peur qu'il dirige, et je pense que c'est aussi ce qui peut le faire tomber. A trop vouloir soumettre, c'est oublier que ceux qui te suivent sont toujours dans ton dos et que c'est ceux que tu vois le moins venir..."

Etaient-ils meilleurs ceux-là? Etaient-ils pire? Dans un cas comme dans l'autre, nous avions tout à gagner à essayer de le savoir sans tarder. Tandis que nous reprenions la route et que le paysage si familier de Kelowna défilait au dehors, je me faisais silencieux. Charlie avait, sans le savoir, ouvert d'autres portes que je m'efforçais pourtant de garder sous clé, soulevé d'autres questions plus intimes, plus personnelles. Des questions auxquelles je n'étais pas certain d'être prêt à avoir des réponses.
Qu'en était-il d'elle? Agissait-elle par nécessité ou par conviction? Depuis que je savais qu'elle avait trouvé refuge à l'aéroport avec Esther, je m'étais toujours persuadé de la première hypothèse. Mais alors pourquoi n'était-elle pas venue à Highgate avec sa soeur depuis tout ce temps? Je croyais qu'elle le ferait. En dépit de nous, en dépit de moi. Plus le temps passait, plus le doute s'insinuait dans mon esprit, car je n'étais plus certain de connaître la femme qu'elle était aujourd'hui. Que ferais-je, alors, si elle était une des têtes de l'hydre? Mon esprit butait sur cette dernière question et se refusait à aller plus loin, tout en sachant pourtant que le jour ne tarderait plus où il me faudrait y apporter ma propre réponse.

Un instant, je reportais mon regard sur Charlie qui avait le sien rivé sur la route. Je lui souhaitais de retrouver cette femme qu'il cherchait tant. De voir levé ce doute terrible qui empêche d'avancer. Mais était-il prêt seulement? Etait-il prêt à envisager qu'elle n'était sans doute plus tout à fait la même que celle qu'il avait quitté? Et que ça, ça pouvait être pire encore que le doute.
(c) DΛNDELION

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